L'allergie de Draco Malfoy
Disclamer: Merci àJ.K Rowling pour avoir créé le monde d'Harry Potter.
Pairing: DM/HP BZ/RW
Rating: M
Résumé: "L'allergie provoque un trouble du comportement et une envie de baiser Potter, c'est connu... Non?"
Note de l'auteur: Après un temps d'attente important pour faute d'examens, me revoilà avec un nouveau chapitre! J'espère qu'il vous plaira.
Je remercie Justbemad et Tintall sans qui je n'aurais jamais eu l'inspiration qu'il me fallait pour écrire ce chapitre. Je remercie aussi toutes celles et ceux qui ont mis des Reviews au chapitre précédent, et bien évidemment ceux qui ont mis en Follow/Favorite.
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Chapitre 7: Jeu de perception: Vision.
2 mai 1998, Bataille de Poudlard.
Une cérémonie funèbre.
S'il y avait une phrase pour décrire l'arrivée des Mangemorts à l'intérieur de Poudlard, ce serait celle-là.
Le mage noir avançait vers le château, triomphant, sa cape sombre se confondant avec le ciel comme une pluie de ténèbres s'abattant sur le monde.
Tous les regards étaient braqués sur lui. Sauf un. Les sourcils froncés, Draco Malfoy ne voyait que le corps étendu dans les bras du demi-géant, inerte.
"- Qui est-ce ? Qui est dans les bras d'Hagrid ? Neville, qui est-ce ?" Demanda la Weasley, énonçant tout haut ce que les autres commençaient à penser tout bas.
Le Serpentard -sans quitter la scène du regard- roula des yeux. Comment cette idiote pouvait-elle sortir avec lui? Même pas capable de le reconnaître! Elle était, si irresponsable, si loin de ce qu'il méritait.
Si seulement il pouvait s'approcher de lui pour s'assurer qu'il allait bien, ne serait-ce que quelques instants. Ses paupières se fermèrent avec habitude, et une image habituelle s'insinua dans le noir.
C'était comme si ce visage mince reconnaissable entre mille, ces cheveux noirs, ces lèvres pleines, et ces yeux émeraude derrière d'horribles lunettes étaient -sans qu'il n'en prenne conscience- sa bouée de sauvetage. L'image dont il prenait la force dans les moments difficiles. Toujours lui. Parce que dans l'obscurité ce même enfant de onze ans, maigre, habillé de vieux vêtements quatre fois plus gros que lui souriait.
Il se rappelait de la première fois où il s'était tourné vers lui, de la première fois où il lui avait adressé la parole. Ces moments où ils ne se connaissaient pas. Où il n'avait pas encore vu cette cicatrice, où ils n'étaient pas encore obligés de s'affronter. Il ressentait de nouveau ce qui lui avait comprimé la poitrine et ce désir, non, ce besoin de lui poser des questions, comme s'il lui avait paru primordial de tout savoir sur lui, s'il allait à Poudlard, s'il avait un balai, s'il jouait au Quidditch, dans quelle maison il serait…
Son cœur se serra. Malheureusement pour lui, il le connaissait mieux que n'importe quelle rousse en manque d'héros. Mieux que toutes les Weaslaide qui se croyaient fortes juste parce qu'elles savaient effectuer un patronus. Il était le seul qui l'aurait reconnu même sous polynectar, même le visage déformé, toujours.
Pourquoi?
Parce qu'il connaissait son regard, qu'il ressentait sa présence.
Parce que s'il n'avait pas attendu avant de voir cette maudite cicatrice, s'il n'avait pas entendu son nom dans le train après s'être remémoré son regard une vingtaine de fois...
Si tout c'était passé différemment, et de telle sorte qu'il ne puisse jamais le rencontrer dans cette boutique mais uniquement comme étant LE survivant, peut-être n'aurait-il jamais éprouvé ces choses pour lui.
Peut-être n'aurait-il jamais été aussi faible, aussi sentimental, aussi...
Vulnérable.
Son poing se serra. C'était le terme. Vulnérable.
"- ... est mort !
-Non!" Le cri poussé par Ginny fit écho à son cœur.
Sa mâchoire se crispa violemment tandis que son cœur semblait se dissoudre lentement.
"- Petite idiote." Cracha Voldemort à l'encontre de la rousse. "… est mort. À partir de ce jour, vous mettrez votre foi, en moi. … est MORT !" Cria-t-il, dans une exaltation qui lui glaçait le sang.
Il rouvrit brusquement les yeux, et sa vue se troubla. Ils avaient gagné, il était finalement mort. L'euphorie devait régner dans le camp des Mangemorts.
Lui aurait dû partager cette joie. Mais non.
Il se sentait suffoquer, agoniser lentement. Parce que ce n'était pas comme cela que ça aurait du se finir. Il ne pouvait pas être mort. Tout le monde, mais pas LUI.
"- Et l'instant est venu pour vous de déclarer votre foi. Présentez-vous et rejoignez nos rangs, ou mourrez."
Chaque mot lui apparaissait comme un poignard. Une multitude de poignards qui lui tailladaient les entrailles, et le décimaient de l'intérieur. Des rires s'élevèrent autour de lui, lui donnant envie de vomir. Voldemort se tenait droit, fier de son exploit, de son meurtre. Que faire ? Il refusait d'avancer vers eux, eux qui l'avaient tué. Se rapprocher d'eux c'était se rapprocher de lui, de son corps, de sa peau si pâle qui contrastait avec son teint habituel, de ces yeux, à jamais fermés. En fait s'avancer vers eux, c'était affronter la réalité.
"- Draco ? Draco."
Non ! Il ne voulait pas. La réalité était trop difficile à supporter. Il déglutit difficilement, et sa gorge se noua. Lui qui avait tout fait pour que ce cauchemar ne se réalise pas, il ne pouvait pas avoir lieu ! Il fallait qu'il se réveille !
"- Draco. Viens." Insista son père.
Sentant les regards dirigés vers lui, il s'avança lentement, le battement de son cœur s'accordant à ses pas. Il se sentait perdre tout contrôle de lui-même, ses membres devenir ballants, et ses jambes arriver difficilement à le faire tenir debout.
Le mage noir le prit délicatement dans ses bras, il dut se faire violence pour ne pas le repousser. Pour ne pas courir vers lui et toucher son pouls.
Quelque chose en lui, lui disait que ce n'était pas fini, quelque chose en lui, lui prouvait que tout n'était pas terminé. Il n'arrêtait pas de jeter de rapides coups d'œil au corps sans vie. Lui suppliant d'ouvrir les yeux...
Quand soudain, les yeux s'ouvrirent.
Retour au présent
Allongé dans son lit, les bras croisés derrière sa tête, le regard fixé sur le plafond de sa chambre de préfet, Draco Malfoy réfléchissait. Oh, son cerveau n'était plus sans cesse tourmenté par le conflit entre conscience et inconscience, mais semblait tenir à ce qu'il se rappelle de quelque chose sans qu'il ne sache quoi. Et ça le perturbait.
Le Serpentard n'arrivait pas non plus à se rappeler encore une fois entièrement du rêve qu'il venait de faire. Il savait qu'il y avait un rapport avec un homme, et se remémorait sans peine chaque détail, mais c'était comme si son nom et son image lui échappaient totalement.
...
D'un geste rapide, il se leva souplement et entra dans sa salle de bain, pour se diriger directement sous la douche. Après avoir retiré le seul bas de pyjama qu'il portait, fermant la porte coulissante derrière lui, il ouvrit le jet d'eau chaude qui coula sur son corps, lui faisant un bien fou.
Comment faire pour se rappeler de lui ?
Appuyant sa tête contre le carrelage froid, il ferma les yeux, comme le Draco de ses rêves l'avait fait, souhaitant voir le visage de celui dont il rêvait. Mais tout ce qu'il vit ce ne fut pas un visage, il ne vit que du noir.
" - Et merde! Sors de ma tête!" Marmonna- t'il entre ses dents.
Son poing heurta le côté de sa tête. Si ça continuait, il allait devoir prendre des potions de sommeil.
Après un temps ridiculement long, il finit par sortir de la douche, sa tête se tournant automatiquement vers le miroir. Sa main attrapa la serviette rangée près du lavabo, et la passa autour de sa taille, remettant ses cheveux d'un blond presque blanc en arrière dans un geste décontracté. Le Serpentard se regarda quelques instants dans le miroir, ses yeux gris luisaient à la lumière, les pupilles légèrement dilatées, tandis que la chaleur de la pièce créait une buée autour de son visage, qu'il enleva d'un geste de main. Il soupira. Sa taille fine, ses musculatures considérablement développées suite aux entrainements intensifs de Quidditch et sa gorge alléchante témoignaient une beauté physique telle que certaines personnes l'avaient à plusieurs reprises comparé à un Veela. Mais habitué à son propre corps il constatait plutôt les effets négatifs. Son reflet qui le dévisageait d'un air vide, son teint blafard, ou encore les légères cernes apparaissant sous ses yeux. Il posa sa main sur sa joue pâle, puis sur son torse, passant de ses abdominaux finement taillés à ses pectoraux, pour s'attarder sur son cœur. Le Serpentard sentait comme un poids dans sa poitrine, qui le comprimait, sans savoir d'où il venait. En fait, il ne se rappelait pas n'avoir jamais ressenti ce genre de chose.
"- N'y pense pas. Tu es le maître. Tu es un sang-pur." Murmura-t-il à son reflet.
Il s'habilla impeccablement d'un ensemble noir et passant sa cravate vert et argent, ouvrit la porte de sa chambre. Une bonne quinzaine de personnes l'attendaient, visiblement impatients.
Il n'y avait que Zabini qui semblait s'être délibérément mis à l'écart, appuyé contre le mur, le dévisageant. Le Malfoy détourna son regard du métis, et toisa les quelques Serpentard dont il ne connaissait pas le nom.
"- S'il y a le moindre sang de bourbe ici, il ferait mieux de partir. Y en a-t-il ?"
Tous secouèrent négativement la tête.
"- Bien."
Puis Draco se dirigea vers la grande salle, suivi immédiatement par le reste. Ils avancèrent sans un bruit dans les couloirs, l'entourant tels de véritables serpents. Aussi silencieux qu'agressifs. Arrivés devant la porte, Crabe et Goyle la lui ouvrirent, et il entra les mains dans les poches, contemplant la salle d'un air supérieur.
Son regard fut attiré sur le groupe de Gryffondor qui semblait aussi venir d'arriver. Deux Weasley et une sang-de-Bourbe. Hé bien. Il s'avança vers eux, et tourna sa tête dans la direction de Blaise.
Le métis ne semblait pas assumer son petit gryffondor. Parfait. Lui et le Weasley se dévisageaient sans s'approcher. Ainsi donc, ils ne montraient pas leur couple aux yeux des autres. Connaissant le Serpentard et sa hantise envers les gestes d'affection en public, il n'allait jamais réagir. Même pour son « Ron ».
Tant mieux, cette fois il n'aurait pas à s'arrêter.
Croisant ses bras sur son torse, le Serpentard toisa le groupe face à lui.
"- Weasley encore te revoilà… C'est fou, à chaque fois que j'entre quelque part, je suis obligé de tomber soit sur un rouquin qui déshonore son sang, soit sur une sang-de-bourbe. Mais ne fait pas cette tête. J'en suis honoré. Après tout, Weasley est notre roi." Commença-t-il, un sourire aux lèvres. Des rires résonnaient dans son dos, tandis qu'aussitôt, la chanson qu'il avait lui-même inventée s'élevait dans les airs.
- « Weasley est un grand maladroit
" Poudlard devrait être exclusivement réservé aux vrai sang-purs." Ne put s'empêcher de faire remarquer Draco, en se tournant vers la table des Serpentard, souriant en voyant la bouche du Weasley s'ouvrir puis se refermer.
Il rate son coup à chaque fois
Il se sentait vivant, comme s'il avait envie que Weasley lui réponde, qu'il n'attendait que cela.
Voilà pourquoi les Serpentard chantent avec joie
" Ceux qui viennent d'autres familles ne sont pas comme nous, ils n'ont pas eu la même éducation. " Précisa-t-il tournant son regard vers son meilleur ami, qui restait impassible. Excellent. Croisant plus fermement les bras, il toisa Weasley comme s'il était une bête de foire.
Weasley est notre roi.
" Tu n'aurais pas dû exister, aucun Weasley n'aurait dû exister. Mais regarde ta famille, ton père travaille au ministère et est passionné de moldus." Il appuya sur ce mot "Ta mère ne fait même pas attention à toi. T'a-t-elle félicité quand elle a appris que tu étais préfet ? Je suis sur que non. Et regarde tes frères, l'un est dans une stupide boutique de farces et attrape et l'autre est mort, je ne parle même pas du reste."
Weasley est né dans un trou à rats
" Tout aussi insignifiants. Regardes-toi, tu n'es même pas fichu de protéger ton propre sang indigne. Tu devrais continuer le travail, et mourir à ton tour, maintenant. Tu ne seras jamais un vrai sorcier, ce serait la meilleure des choses à faire. "
Il laisse le Souafle entrer tout droit
Il commençait à voir des larmes s'esquisser aux coins des yeux de Weasley. Et ne put s'empêcher d'exulter. La table des Serpentard s'esclaffa à nouveau.
Pourquoi ne répondait-il pas ? N'y avait-il personne ici pour lui répondre ? Qu'il se batte en duel contre un vrai sorcier ? Il commençait à véritablement s'énerver.
Grâce à lui, c'est sûr, on gagnera.
" Alors quoi ? Tu pleures maintenant ? Tu veux ta mère la putain, Weasley ?"
Weasley est notre roi.
La première larme coula lentement sur la joue du Weasley.
Les yeux du préfet s'écarquillèrent, stupéfait, et ce fut cette étreinte qui le fit réagir. Comme sortant d'une transe, il remarqua enfin ce qu'il avait fait. Il regarda partout autour de lui, sentant une sueur froide le parcourir, heureusement, vu de l'extérieur, son expression était complètement neutre. Son regard passa du Weasley au reste de la salle, tour à tour, et s'arrêta sur Rogue, Le professeur de potions secouait lentement la tête, le regardant comme s'il était Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom même. Le prince des serpents grimaça, mais qu'est-ce qu'y lui avait pris ?
Après un dernier regard, il fit signe aux Serpentard de le suivre, puis s'assit à sa place. Les coudes sur la table, il croisa ses mains devant sa bouche, et appuya ses lèvres dessus, se rendant compte des conséquences de ses paroles.
" - Dragounet !" Cria Pansy en s'asseyant à côté de lui. Il roula des yeux, sentant la fatigue le prendre. Sa tête se tourna vers la table des professeurs, sentant un regard perçant. Dumbledore le fixait, un sourire aux lèvres. " Wow Draco! Tu as été si...
- Ferme ta gueule Parkinson. " Il sursauta presque face à la rage qu'il sentait dans la voix de Zabini. Sa tête se tourna brusquement vers sa droite. Le métis avait les yeux baissés sur son assiette.
"- Mais Draco, tu ne peux pas le laisser me parler comme ça. Ce sale sang-mêlé." Continua-t-elle en prenant son bras.
Sans qu'il n'ait le temps de répondre, le métis avait levé les yeux de son assiette, et grogné.
"- Dégage." Il lui montra d'un signe de tête une chaise vide à côté de Nott. Silencieux, le blond écarquilla les yeux face à la violence si rare chez le brun.
Après un regard embué et un reniflement, la brune se leva dignement et s'assit là où il le lui avait indiqué.
"- Alors Zabini, on est de mauvaise humeur ?" Ricana un Serpentard dont il ignorait le nom.
Le métis se leva brusquement, et sans un regard en arrière, sortit de la grande salle.
Tant mieux, peut-être qu'ainsi il retrouvera la raison.
Il recommença à manger, écoutant d'une oreille distraite les discussions qui l'entouraient.
Durant le cours d'histoire de la magie il ruminait toujours ses pensées envers Blaise. Comment pouvait-il l'ignorer comme ça? Il n'avait pas pu faire autrement ! Entre hier où il lui avait tenu tête et aujourd'hui… C'était vrai que Nott aussi était un traitre. Il sortait en secret avec la sang-de-bourbe. Mais lui ne s'était pas opposé délibérément devant lui ! Il n'avait pas pu faire autrement.
Il se prit la tête entre ses mains. Surtout, ce qu'il ne comprenait pas, c'était son énervement. Il aurait dû être détendu d'avoir fait souffrir le Weasley, mais ça ne le détendait pas.
Il lui fallait quelque chose pour se détendre.
Sa main griffonnait violemment sur le coin de son cahier, il la laissait écrire sans s'en rendre compte.
Ce ne fut qu'à la fin de l'heure qu'il inspecta son cahier. Toute sa page était remplie de petits éclairs. Sans qu'il ne comprenne pourquoi.
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Il n'ouvrirait plus jamais les yeux. Voilà ce qu'il avait décidé au bout d'une nuit entière de réflexions. Ouvrir les yeux ce serait comme accepter une réalité inacceptable.
Merlin, qu'il était lâche, qu'il était faible. Mais il était las, épuisé, et en fait, il avait peur. Peur d'affronter la réalité, de voir que désormais tout allait changer. Tout serait pareil, et en même temps, tout serait si… Différent. Sa façon de vivre par exemple, comment allait-il réagir quand il verrait Malfoy vivre, sans que lui ne fasse plus partie de sa vie? De savoir qu'il ne l'appellerait plus jamais « Potty », qu'il ne l'affronterait plus au Quidditch avec cette rivalité qu'il aimait tant, ne pourrait plus jamais l'approcher, ni le toucher, qu'il n'y aurait plus ce lien qu'ils entretenaient, ce lien réservé uniquement à eux deux. Et il essayait de se convaincre que ça ne lui manquerait pas, mais savait qu'il se mentait encore à lui-même.
"- Harry !"
Leur vie avait été faite de telle manière que c'était la meilleure des choses à faire. Ils n'étaient pas faits pour vivre dans le même monde. C'était vrai. Dans ce conflit qui s'éternisait et d'où on ne voyait pas l'arrangement, une séparation brutale comme un mur était la meilleure des solutions. Oui, c'était vrai. Un mur les séparait, plus solide que n'importe quelle séparation, plus insupportable que n'importe quelle parole. Harry aurait même pu l'accepter. Il aurait pu vouloir cette séparation, mais le voilà le problème, Malfoy, ce traitre, avait préféré le faire dans son dos. On ne pouvait pas l'obliger à accepter cette séparation sans lui demander !
Tout ça parce que Môsieur le Serpentard n'avait pas désiré lui en parler avant !
Ou peut-être était-ce la meilleure des choses à faire finalement.
Il n'arrivait pas à voir le bon côté des choses.
"- Harry il va bien falloir que tu sortes de ton lit un jour ou l'autre !"
Ce qu'il voyait, c'était qu'il n'aurait plus personne à affronter. Il n'y aurait plus cette adrénaline qui le poussait chaque matin à se lever et se dire « Qu'est-ce que Malfoy va encore préparer ? » Harry était un homme d'action. Il avait besoin de se confronter avec des personnes, de chercher les problèmes où il n'y en avait pas, Malfoy était sa dose d'adrénaline quotidienne.
"- Non !" Répliqua-t-il, d'un ton enfantin.
Alors il allait rester dans ce lit. Comme si la réalité n'était qu'un mensonge, et qu'il ne puisse la confronter qu'en s'en éloignant au maximum. Merlin, bien sur qu'il savait qu'il allait devoir se lever, il retardait juste la séparation que l'on ressentait entre le rêve et la réalité.
Une main tenta de tirer sur la couette au-dessus de sa tête, sans y arriver.
"- Laisse tomber Hermione, il a refusé de me parler depuis qu'il sait le truc dont je t'ai parlé."
Il retira la couverture au-dessus de lui, choqué.
"- Attends, RON ! Quand avez-vous parlé du truc dont on a parlé !
- Depuis que tu refuses toute communication avec nous et que je commençais vraiment à m'inquiéter." Répliqua Hermione, un air sévère sur le visage.
Alors que le trio légendaire se dévisageait, une voix s'éleva de l'autre côté de la porte.
"- Moi je n'ai aucune idée de quoi vous parlez, mais ce que je sais c'est que si vous ne vous dépêchez pas, il n'y aura plus de bouffe, et là vous entendrez parler de moi !
- Oh la ferme Seamus !" Crièrent en cœur Harry et Ron.
"- Bon en tout cas, nous on va déjeuner." Déclara de sa voix tranquille Dean en sortant de la chambre, les laissant seuls tous les trois. Hermione se tourna vers le roux, oubliant momentanément Harry.
"- Je pense qu'il serait préférable qu'Harry n'aille pas manger." Fit-elle, d'une voix craintive, un sourire contrit sur le visage.
"- Comment ça ne pas manger !" Maugréa le préfet.
Le visage de la brune se décomposa.
"- Ron, tu ne vas pas non plus t'y mettre ! Pour une fois ne pense pas à ton fichu estomac et pense au fait que ce serait vraiment une très mauvaise idée." Répliqua la Brune, en accentuant bien ces derniers mots entre ses dents.
"- Ecoutez…" Débuta le survivant, mais il fut ignoré par ses deux meilleurs amis.
"- Mauvaise idée ou non moi j'ai faim !" S'énerva le roux, s'asseyant au bout du lit d'Harry.
"- Ron ! Je suis sure que c'est pour une autre raison que tu as tant que cela envie de descendre manger !
- Hein ? Je ne vois pas de quoi tu parles." Grommela ledit Ron dans sa barbe inexistante.
"- Ecoutez…" Retenta Harry avec un sourire, mais il fut encore royalement ignoré et retomba mollement sur son matelas, totalement vaincu. "J'abandonne !" Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu ces deux-là se disputer.
"- Enfin Ron ! Quand je l'ai vu se lever de sa chaise, sous les yeux de tous les Serpentard, pour TE suivre j'ai très bien compris que ce n'était pas pour aller aux toilettes ! Et vu ton sourire à ton retour dans la salle commune il était pourtant clair que quelque chose c'était…
- Oui bon d'accord !" La coupa Ron, le rouge aux joues. "Tu pourrais maintenant arrêter de crier je crois que tout Poudlard n'a pas fini de t'entendre !
- Ecoutez !" Finit par crier Harry en se levant pour se diriger sous la douche. "Je me lève, à condition que vous ne parliez pas de ce que vous savez. "
Alors qu'ils avançaient vers la grande salle en silence, Hermione scrutait d'un air faussement calculateur Ron, le faisant soupirer, et il finit par craquer.
"- Ce qui se passe entre Blaise et moi ne regarde que nous. Ok ?
- Alors c'est Blaise maintenant ? Donc tu avoues qu'il s'est bien passé quelque chose ! Raconte !
- Et si tu nous racontais plutôt ce qui se passe entre Nott et toi !"
Le brun pouffa en les observant, et ils arrivèrent devant les portes de la grande salle.
"- Harry !" Cria Ginny en s'avançant vers lui. Ils se dirigèrent vers leurs places habituelles, et le survivant ignorant la rousse se tourna automatiquement vers la table des Serpentard.
Il se stoppa. Il n'y était pas. Malfoy n'y était pas. Avec un soupir de soulagement il baissa la tête et s'apprêta à s'assoir à sa place habituelle, entre Ginny et Hermione, lorsque la porte s'ouvrit, le faisant relever immédiatement la tête.
Puis la scène se déroula si rapidement qu'il ne put même pas réagir. C'était si inhabituel, jamais Malfoy n'aurait été aussi dur, même avec Ron. Alors qu'il gardait la bouche entrouverte de stupéfaction, sans effectuer le moindre mouvement, il vit Ron s'assoir, Hermione le tenant dans ses bras. Son regard quitta ses deux meilleurs amis, pour se poser sur Malfoy avec inquiétude. Il n'aimait pas ce Malfoy-là, il voulait retrouver l'ancien, merlin. L'ancien Draco Malfoy.
Pourquoi Malfoy avait-il tant voulu l'oublier ? Qu'avait-il fait ? Une douleur lui brisait les entrailles. Une petite voix dans sa tête lui disait qu'il y avait un rapport avec le baiser.
"- Pourquoi tu n'as pas défendu Ron ?" Lui demanda Ginny, un air d'incompréhension sur le visage. Comment pouvait-il juste lui dire qu'il n'arrivait même pas à parler à Malfoy ? Que le fait qui l'ait oublié l'avait transformé, que le Serpentard ne pouvait plus le toucher, ni lui parler, ni l'entendre, ni le voir ? Il n'allait tout de même pas lui dire que Malfoy avait pris une potion, ce n'était pas… Juste. Pour lui.
Sa main se crispa en poing, et ses yeux se refermèrent douloureusement. Alors c'était bien le cas, il n'allait jamais revoir l'ancien Malfoy.
Au moment où il l'avait perdu, il aurait tout fait pour le garder.
Une vague d'énervement le parcourut, et il comprit ce qui lui restait à faire.
Abandonnant la lâcheté, il ouvrit les yeux, fixant le blond qui semblait perdu dans son assiette, et affronta la réalité. Il ne voulait pas que cela se termine ainsi. Ne pouvait pas. Il allait tout faire pour que Malfoy le regarde.
Tout.
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Ne me tuez pas! Même si j'adore Ron, j'étais obligé de le faire souffrir autant. Vous le comprendrez dans le prochain chapitre.
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions.
À bientôt pour la suite!
Aiko
