L'allergie de Draco Malfoy
Disclamer: J.K Rowling possède tous les droits sur Harry Potter.
Pairing: DM/HP BZ/RW
Rating: M
Résumé: "L'allergie provoque un trouble du comportement et une envie de baiser potter, c'est connu... non?"
Note de l'auteur: Ce chapitre m'a posé tellement de problème que je ne pensais pas qu'il verrait le jour. Mais le voilà, je n'en suis pas pleinement satisfaite mais je devais le publier pour avancer dans l'histoire. Et c'est avec un grand soulagement que je vous préviens des parutions prochaines des prochains chapitres! Merci à tous ceux qui ont continuer à me solliciter pour que je publie la suite. Un grand merci aussi à toutes vos reviews, follows, favorites, vous êtes géniaux.
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Chapitre 10 : Une histoire de fantôme
« Intéressant, très intéressant Blaise… » Chantonna Pansy Parkinson, la tête penchée sur le côté, un sourire sarcastique aux lèvres.
La brune croisa les bras autour de sa poitrine, la tête haute. Son expression était indéchiffrable, elle oscillait entre une haine profonde et un plaisir évident. Blaise sentit immédiatement le danger, d'un mouvement fluide, il se positionna devant Ron, attrapant d'un geste vif sa baguette. Relevant fièrement son menton, il la dévisagea d'un air supérieur.
« Qu'est-ce que tu veux, Pansy ? »
La préfète des Serpentard fit tournoyer pensivement sa baguette dans ses mains. Elle joua quelques instants avec, la faisant se mouvoir habilement avec ses doigts, puis arrêta son geste, et pointa sa baguette dans sa direction.
« Tu le sais très bien ça, mon cher Blaise. » Son sourire s'agrandit. La gorge dudit Blaise déglutit difficilement. Evidemment qu'il savait ce qu'elle cherchait à faire. Cette fille était aussi lisible que prévisible. Il ne lui répondit pourtant pas, voyant sa bouche se rouvrir de nouveau dans une grimace coutumière. Sa voix prit une teinte lascive, alors qu'elle s'avançait vers eux.
« Ça fait un moment que je cherchais quelque chose chez toi-
- Quoi ? » La coupa le métis, de plus en plus ennuyé.
« Un point faible. Evidemment. Mais tu étais inatteignable, infaillible. C'était une véritable torture pour moi de te voir avec Draco tous les jours, alors que tu n'es rien d'autre qu'un lâche. Un traître. » Elle crachait ces mots. « Tu nous as lâchement abandonnés durant cette guerre Blaise ! » Son ton accusateur reflétait une déception qui le surprit. « Je n'aurais jamais imaginé que la clé de ta destruction ce soit… Ça. » Elle désigna du doigt le roux, toujours appuyé contre le mur, qui restait silencieux. Ça s'annonçait mal pour lui. La particularité avec les Serpentard, peu importe ce qu'ils trouvaient, s'ils détenaient le point faible d'une personne, ils étudiaient toujours la meilleure manière de la détruire. Lentement, vicieusement, et sans aucun regret.
« Blaise Zabini »
Elle s'arrêta face à lui, si près qu'il pouvait voir sa baguette crépiter légèrement, prête à lancer un sort.
« Le fidèle Blaise. » Sa main se crispa si fermement qu'il poussa légèrement Ron et la força à s'éloigner du roux, tournant autour d'elle comme un prédateur sur sa proie. Pansy suivit son mouvement. « Draco avait de l'espoir pour toi. » Son ton s'éleva. « Tu étais destiné à faire de grandes choses. Et maintenant tu l'abandonnes. Alors que tout le monde sait très bien que quelque chose s'est passé, qu'il est différent. Qu'est-ce qu'il fait, là? Tu ne sais pas n'est-ce pas ? Et bien je peux t'assurer que tu ne sauras plus jamais rien. Je ne te laisserais pas l'approcher alors qu'il est aussi puissant... Aussi… Influençable.
- Draco n'est pas influençable. Tu devrais le savoir mieux que personne.»
Pansy accusa amèrement ses paroles et d'un geste, lança un sort en sa direction qu'il esquiva facilement. Beaucoup trop prévisible. Elle hurla de rage, et s'élança vers lui.
« Je vais te détruire, Blaise. »
Il la repoussa, la projetant quelques mètres en arrière, à quelques dizaines de pas de son gryffondor. Il se délaissa de sa vision quelques instants pour regarder Ron du coin de l'œil. La bouche de Ron formait un sourire timide, chaleureux. Le roux capturant alors son attention, se décolla lentement du mur, et tout en ne le lâchant pas du regard, s'avança vers la brune. Il semblait calme et étrangement détendu par la situation. Le brun ne pouvait s'empêcher à cet instant de le trouver extrêmement séduisant, son cœur s'emballa à nouveau.
« Parkinson. » Ron dévisagea la brune qui se relevait difficilement. « Qu'est-ce que tu crois être en train de faire, exactement ?
- Je n'ai pas peur de toi, Weasley. » Le ton de Pansy restait fier bien que vacillant, légèrement essoufflé. Ron rit amèrement, et son regard se fit bien plus sombre, ses mains dans ses poches, Il attendit qu'elle se soit relevée pour la dévisager avec un air que Blaise n'avait jamais vu sur son visage.
« Tu devrais pourtant. » Sa voix grave fit frissonner Blaise, qui sentit le rythme de son cœur battre violemment dans sa cage thoracique.
« Et qu'est-ce que tu vas-» Elle s'arrêta brusquement de parler, le teint livide. Puis sortit de la pièce précipitamment. Ses pas résonnèrent dans le couloir, son départ créant un silence entre les deux garçons. Ron lui tournait toujours le dos, le visage figé vers la porte, il pouvait, plus qu'il ne le voyait, sentir un sourire orner son visage.
« Comment as-tu… » Blaise avait du mal à trouver ses mots, légèrement crispé. « Qu'est-ce que tu lui as fait ? Pour qu'elle parte aussi vite. »
Le roux haussa les épaules, se détournant de la porte pour le regarder, un sourire éclatant aux lèvres.
« Rien… Un petit truc que m'ont appris mes frères. » Il s'avança vers lui, les yeux brillants. Cette vision décrocha un sourire timide sur ses lèvres, il ne se rappelait plus depuis combien de temps il ne s'était pas sentis aussi heureux, et malheureux à la fois. Le roux encercla sa taille et colla son front contre le sien. « Que dirais-tu de prendre l'air avec moi ? »
Il ferma les yeux un instant, inspirant profondément le parfum du roux. Ses épaules se détendirent instantanément. Après un bref silence, il répondit, dans un murmure « C'est quand tu veux, Weasly. »
Il sentit le roux rire doucement contre lui, puis lui prendre la main et l'entraîner avec lui. Ils se dirigèrent vers le lac, et passèrent une grande partie de la journée à discuter, à se chamailler gentiment, à se bagarrer pour savoir qui des Canons de Chudley ou des Harpies étaient les plus positionnés pour emporter la coupe du monde, à se lancer des piques, et à s'embrasser par moments, au détour d'un chemin, ou lorsque leurs regards n'arrivaient plus à se lâcher. Ils apprirent un peu plus l'un de l'autre, et lorsqu'il fut l'heure pour Ron de rejoindre Potter et Granger, ils se donnèrent rendez-vous le lendemain, et le roux partit, le laissant dans un état extatique difficilement contenu. Il souriait sans cesse, sans pouvoir se contrôler.
Et c'est ainsi que le Serpentard se retrouva à siffloter joyeusement, comme un poufsouffle –aurait dit Draco s'il l'avait vu, alors qu'il traversait le parc. Il escalada souplement le muret séparant le terrain de Quidditch des serres, atterrissant avec légèreté. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien, aussi détendu. Il aperçut au loin les Serpentard revenir du terrain de Quidditch et se concentra pour voir beaucoup plus loin un groupe arrêté. Crabe et Goyle étaient tellement reconnaissables avec leur carrure, il chercha des yeux Draco, mais il ne le vit pas. Continuant son avancée, il s'arrêta brusquement, figé, une vision lui glaçant le sang, avant de courir le plus rapidement qu'il put vers le petit groupe face à lui. Il écarta d'un geste méthodique les deux balourds qui servaient comme garde du corps à son meilleur ami, et son estomac se noua lorsqu'il vit Draco.
Son esprit restait bloqué alors qu'il s'approchait de lui, comme un pantin.
Ce n'était pas normal, quelque chose de grave venait d'arriver. Draco ne bougeait plus. Recroquevillé sur lui-même, le souffle saccadé, il n'arrivait même pas à voir ses yeux. Il posa sa main sur l'épaule de son meilleur ami, hésitant, et fit signe aux deux autres de s'éloigner d'un geste vif.
« Draco. » Le blond ne répondit pas, il ne semblait même pas s'apercevoir de sa présence. Il lui secoua l'épaule doucement, la boule dans son ventre se nouant à tel point qu'il eut l'impression que sa tête tournait, et s'accroupit à sa hauteur.
« Draco, est-ce que tu te sens bien? » Sa voix tremblait alors qu'une sueur froide lui traversait le corps. Le blond tourna légèrement la tête vers lui, les yeux si vides qu'il crut un instant qu'il était sous imperium. Sa bouche restait entre ouverte, sans qu'aucun son n'en sorte.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Cria-t-il aux balourds un peu plus loin, projetant déjà de leur faire subir les pires tortures s'ils ne lui répondaient pas.
« C'est Draco ! » S'écria Goyle de là où il était. « Il arrêtait pas de nous demander comment s'appelait Potter.
- Ouais. Et d'un seul coup il a crié et il s'est assis. » Enchaîna rapidement Crabe. « C'était comme si… C'était comme s'il avait vu un fantôme. 'Fin pas comme le baron sanglant, tu vois. »
Ses sourcils se froncèrent, il regarda de nouveau le préfet des Serpentard, dont les yeux étaient désormais fixés sur sa main droite tremblante.
« Draco. Je suis là. Je suis là, ok ? Regarde-moi. » Le supplia-t-il, « Parle-moi. » Un poids s'abattait sur son cœur au fur et à mesure que le temps avançait.
Le préfet ne montrait aucun signe qui lui aurait indiqué qu'il l'avait bien entendu. Il regardait fixement sa main, comme si rien d'autre ne comptait, comme si c'était la seule chose réelle, concrète, comme si c'était la seule chose qui le maintenait éveillé. « S'il te plaît. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?» Il se positionna face à lui. Il ne parvenait pas à voir la moindre émotion dans ses yeux. Le blond resta sans bouger un instant, puis resserra sa main, et murmura si doucement qu'il n'arrivait pas à l'entendre. Son murmure semblait continuel, comme s'il répétait constamment les mêmes mots, en boucle. La respiration de Draco s'accéléra et il gémit faiblement, se prenant sa tête dans ses mains.
« Qui ? De qui tu parles Draco ? » Dit calmement Blaise, sa voix sonnant plus grave et plus profonde qu'il ne s'y attendait. Il le prit doucement dans ses bras, posa sa tête sur son épaule, et passa son bras autour de son corps, dans un signe de protection.
« Qui t'a fait subir ça ? » murmura-t-il près de son oreille.
Quand soudain, il entendit nettement la voix de son meilleur ami, lui glaçant le sang…
« Harry Potter »
Le lendemain
Vous allez vous dire, il y a comme un petit air de déjà vu.
Et vous auriez raison.
Ron était toujours au même endroit, et il réfléchissait. Comme on dit, on ne change pas les vieilles habitudes, hein ? Enfin. Il devait réfléchir plutôt, il devait se concentrer. Comprendre un peu tout ce qu'il venait de se passer. Blaise lui plaisait. Trop, peut-être ? Il se demandait comment toute cette histoire avait réellement pu avoir lieue. Le Ron assis à cet emplacement même il y a moins d'une semaine lui semblait si loin désormais. Il y a peu de temps encore, il ne parlait plus à Hermione, presque plus à Harry, ne connaissait rien à la vie de Malfoy et surtout, n'avait jamais fait attention à Blaise.
Et maintenant, il avait passé sa journée d'hier avec lui.
Il avait aimé passer du temps avec lui. Il aimait son sourire, il aimait la petite fossette qui apparaissait sur ses joues lorsqu'il souriait. Il aimait son regard, et particulièrement les yeux noirs sombres posés sur lui. Il aimait sa voix, il aimait son corps. En fait, il se sentait bien à ses côtés. Alors qu'il était supposé être l'homme ayant la capacité émotionnelle d'une petite cuillère, toutes ces émotions lui prouvaient amèrement le contraire. Et il n'aimait pas ça.
Il se sentait… Il n'arrivait pas à décrire comment il se sentait, mais c'était nouveau.
« Amoureux » fit une voix joyeuse à côté de lui, des rires le tirèrent de ses pensées, le faisant sursauter violemment. Sa tête se tourna si vite qu'il entendit sa nuque faire un bruit inquiétant, et aperçu Neville à côté de lui.
« Bordel Neville ! Arrête d'apparaître tous le temps à côté de moi comme un putain de fantôme ! » Il passa une main vive dans ses cheveux, le décoiffant. Le brun rouspéta pour la forme en riant légèrement.
« Tu devrais surveiller ton langage Ron, c'est fou comme tu peux être vulgaire. »
Le roux lui lança un de ses regards les plus condescendants qu'il possédait. Puis il l'ignora, contemplant la forêt interdite.
Il se sentait amoureux. Mais l'était-il vraiment ? Aussi étonnant que ça puisse l'être, Ron Weasley, gardien de gryffondor, et membre du trio infernal éprouvaient des sentiments qu'il n'avait jamais expérimentés envers Blaise Zabini, meilleur ami de Draco Malfoy, un Serpentard. Et ça, en l'espace d'à peine deux jours. C'était surréaliste.
Son regard se perdit entre les feuillages avant que son cerveau n'analyse ce que Neville venait de dire.
« Comment ça amoureux ? »
Il sentit ses joues chauffer, et son cœur commençait à battre violemment dans sa cage thoracique. Comment avait-il su à quoi il pensait ? Il lisait dans les pensées, non… Il n'avait quand même pas l'un des nouveaux liseurs de pensée de Fred et George, si ? Il constata qu'Hermione et Harry se trouvaient derrière lui. Il avait raté un truc. Il venait juste de se faire découvrir en l'espace d'une seconde, peu importe comment il avait fait, l'inquiétude le prit et il sentit son sang glacer dans ses veines.
« Je ne sais pas. J'essayais de vous montrer que j'arrivais à identifier les différents sentiments qui apparaissent dans le regard des gryffondor durant le cours d'Hagrid. Comme tu n'écoutais pas je t'ai analysé. Et je dis que tu ressembles à quelqu'un d'amoureux. »
Quel fourbe.
Ses sourcils se froncèrent alors qu'il dévisageait Neville Longdubat. Il avait vraiment des talents cachés insoupçonnés. Hormis la botanique et la danse où il excellait, il ne cessait de le surprendre.
Il se souvenait encore de toutes les fois où Neville l'avait vraiment surpris. La première avait été lors de sa première année quand il était allé jusqu'à pointer sa baguette sur lui pour les protéger. La seconde, lorsqu'il avait trouvé et donner la solution à Harry pour sa deuxième épreuve du tournoi des trois sorciers, puis la troisième, lorsqu'il les avait aidé durant leur cinquième année contre Ombrage. Et malgré ces trois actes de bravoure, il ne se passait pas un jour sans que Neville ne continue de le surprendre. À cet instant, alors qu'il avait l'attention des gryffondor sur ses paroles, ses yeux pétillaient de joie et son sourire immense faisait apparaître une fossette sur sa joue. Ses cheveux en bataille sombres dansaient sur ses yeux alors qu'il lui faisait un clin d'œil complice.
Il avait bien changé le Neville qui courait après son crapaud.
« Alors Ron, mon jugement est-il exact ? » Lui demanda le brun, un sourire sarcastique aux lèvres.
« T'aimerais savoir, avoue-le. » Il lui sourit à son tour, puis prit un air de défi. « Mais vas-y, continue de tester ta science de l'être humain, que je vois tes talents. » Il appuya sur le dernier mot, un sourire sardonique sur les lèvres.
- Bien, tu veux donc voir le professionnel en œuvre, je comprends. » Plusieurs personnes se mirent à rire. « Avec qui je pourrais commencer… Alors Hermione. Sérieuse, elle écoute ce que dit Hagrid. Concentrée comme toujours, c'est fou ce qu'elle peut rester concentrer… Dans n'importe quelle situation... Même quand il s'agit de contempler des scouts à pétards. Et Harry… » Tout à coup il se figea, regardant le brun intensément. « Harry ? »
Le brun sursauta, et se tourna vers eux, des cernes légèrement visibles au coin des yeux. Il bailla avant de demander, incertain.
« Neville ? Tu m'as appelé ?
- Non rien, rien » Longdubat le dévisagea silencieusement avant de reprendre, « Tu devrais aller te reposer Harry, t'as l'air épuisé. »
Hermione sortit de sa transe intellectuelle et se tourna immédiatement vers le brun, son visage prit étrangement l'expression de sa mère, lui passant une main sur le front. Il savait maintenant ce qui l'avait attiré chez elle.
« Ta température est légèrement supérieure à la normale, tu ferais mieux d'aller voir madame Pomfresh .
- Je vais bien Hermione, pas de quoi en faire toute une histoire. » Il vit tous les regards posés sur lui et émit un semblant de sourire tout sauf rassurant. « Je suis juste fatigué. Ça va. »
Ron grimaça imperceptiblement. Il détestait quand Harry utilisait ce ton. C'était le ton qu'il avait utilisé durant toute leur scolarité quand le sujet le concernait, prétendant qu'il allait bien. C'était le ton qu'il prenait lorsqu'il faisait un cauchemar où Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom apparaissait.
Son regard croisa celui de la brune, ils se comprirent immédiatement. Il était arrivé quelque chose à Harry cette nuit. Depuis ce matin, le brun semblait soucieux, voire incertain.
Il avait parlé à Ginny hier, d'après ce que sa sœur lui avait dit le soir même. Il ne savait pas trop ce qu'ils s'étaient dit, mais ils ne sortaient plus ensemble, elle le lui avait bien affirmé. Mais ce n'était pas ça qui troublait Harry, évidemment. Il passa un bras autour de son épaule et tenta vainement de le faire un peu réagir, mais sans grand effet. Le survivant semblait obstiné à rester silencieux, et il ne savait toujours pas s'il y avait eu un résultat concluant lorsqu'il était allé parler à Snape. Alors il se contenta de le maintenir contre lui, lui apportant la seule aide qu'il pouvait lui donner. Harry viendrait lui parler, il le savait. Pas maintenant, c'est tout. Ce n'était pas le bon moment.
Il vit Harry partir seul à la fin du cours, et se diriger vers le stade de Quidditch. Son meilleur pote devait surement avoir envie de voler.
oOo
Son visage conserva cette expression pensive toute la journée, des questions se bousculant dans sa tête.
« Lorsque j'ai analysé Harry tout à l'heure, tu sais ce que j'ai vu ? » Lui marmonna Neville lors du souper, la bouche remplie de sucreries.
« Dis-moi? » Demanda Ron, intéressé.
« J'ai vu la flamme de l'espoir s'éteindre lentement dans ses yeux… » Il laissa un silence, puis sourit, fier de lui, « J'ai cogité toute la journée sur la meilleure manière de le définir, et à vrai dire, je suis assez fier de moi.
- Tu te fous de moi ? » Il éclata de rire, « La flamme de l'espoir s'éteindre lentement dans ses yeux ? Vraiment ? » Il attrapa une cuisse de poulet en continuant de pouffer quand son regard capta un autre regard dans la salle. Il frissonna. Blaise le regardait si intensément à cet instant, qu'il ne put s'empêcher de rougir légèrement. Le sourire de Ron s'agrandit alors qu'il posait son assiette et le fixait du regard. Il était vraiment très beau ce soir, il ne l'avait pas vu de la journée et étrangement, Blaise lui avait manqué. Il pensait vraiment comme une fille en ce moment, c'était dérangeant. Le repas se déroula ainsi, les deux garçons se regardaient, et mangeaient, assez rapidement. Lorsque Blaise eut fini, il se leva et ne le quitta du regard qu'au moment de sortir de la salle. D'un geste discret bien qu'empressé, il disparut à sa suite.
Lorsqu'il franchit les portes de la grande salle, Blaise l'attendait là, contre le mur, les bras croisés.
Le Serpentard s'avança lentement vers lui, ses pas ne résonnaient même pas contre le sol, si discrètement qu'il lui fit un instant penser à un félin plus qu'un serpent, un félin extrêmement séduisant. Il sentit son cœur s'accélérer alors que Blaise le regardait, et ne put s'empêcher de penser qu'il aimait vraiment ce regard.
Doucement, Blaise avança son visage, et Ron franchit les quelques centimètres qui les séparaient, posant délicatement ses lèvres sur les siennes. Blaise l'enlaca alors que leurs yeux se fermaient, tandis que Ron posait une main sur sa nuque, approfondissant le baiser. Leurs langues se retrouvèrent et Ron ressentit un sentiment de joie incontrôlable. Blaise sourit contre ses lèvres, le faisant sourire lui aussi.
Il s'éloigna légèrement de lui, son regard captant le sien une nouvelle fois.
« Salut. » Sa main descendit lentement le long de la nuque du Serpentard.
« Salut. » Lui répondit-il alors, un sourire éblouissant aux lèvres. Puis il sembla se souvenir d'un truc et ses sourcils se froncèrent. « J'ai une mauvaise nouvelle. » Voyant Ron se brusquer, le brun poursuivit précipitamment, balbutiant. « Non je ne vais pas te dire ce que tu penses que je vais te dire, enfin sauf si tu penses vraiment, ce que je pense que tu penses que je vais te dire. » Ron éclata de rire, la réaction de Blaise était adorable. Il lui fit un signe de tête pour qu'il poursuive.
« Draco se rappelle de tout. »
Son rire s'arrêta net.
« Comment ça, il se rappelle de tout ? » Demanda-t-il alors prudemment.
« Il se souvient de Potter. »
« C'est… » Il chercha ses mots, perturbé par le qualificatif de cette nouvelle. En quoi serait-elle mauvaise ? C'était une excellente nouvelle ! Malefoy allait enfin le laisser tranquille ! « Une bonne nouvelle, non ? En quoi ce serait une mauvaise nouvelle qu'il se souvienne d'Harry ? »
Blaise hésita à poursuivre, mal à l'aise.
« Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? » Poursuivit Ron, ses sourcils se fronçant d'anticipation.
« Je ne sais pas trop si c'est une bonne nouvelle, à bien y réfléchir. » Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, s'éloignant un peu de Ron. « Je sais que je ne devrais pas te demander ça, mais, pourrais-tu dire à Potter de ne pas s'approcher de Draco ? »
« Pourquoi ? » Lui répondit brusquement Ron, croisant ses bras sur son torse dans un signe défensif.
« Parce que je pense que sinon, Draco risquerait de le tuer. Je ne sais même pas s'il ne va pas tenter de le faire en le croisant simplement dans les couloirs… Draco fera tout pour ne pas avoir à lui parler, plus jamais. Il peut toujours communiquer par rêve avec lui, non ? C'est la seule manière pour lui d'être totalement honnête avec Draco, et je pense aussi que c'est l'unique moyen qu'ils auraient… Pour parler. … Ce sera plus difficile que je le croyais... » Il sembla perdu dans ses pensées, comme s'il avait peur de sa réaction s'il osait dire ce qu'il voulait dire. Haussant les épaules il poursuivit doucement, se recroquevillant légèrement sur lui-même, son expression prenant un air anxieux. « Ecoute Ron, je sais que c'est difficile à admettre, mais Draco n'a pas entièrement tort. »
Ron recula d'un pas, incertain. Sa voix fut plus aiguë qu'il n'aurait cru quand il glapit ;
« Il n'a pas tort ?
-Il a bu cette potion pour oublier Potter, et au moment où il parvient à l'oublier, Potter lui fait retrouver la mémoire, par je ne sais quel moyen. Comment tu te sentirais, si ça t'arrivait ?
- Pas au point de vouloir le tuer !
- Ce n'est pas Draco. Je pensais que lorsqu'il retrouverait la mémoire, il redeviendrait celui qu'il était avant, mais il n'a pas changé Ron. En fait, si il a changé, je dirais plutôt qu'il est encore plus sombre qu'avant. La magie noire, elle émane de tous les pores de sa peau.» Ron lui attrapa tendrement la main, qu'il n'avait pas sentie trembler.
- Plus… Sombre ? Crois-moi, s'il y a bien une chose que j'ai apprise dans ma vie, c'est qu'Harry Potter n'abandonne jamais, et gagne toujours, peu importe à quel point ton cœur est sombre. Ce qui lui faut, c'est un petit coup de pouce. Et nous lui donnerons ce coup de pouce. »
Le sourire de Blaise s'élargit, il passa un bras dans son dos, se rapprochant de lui davantage, et Ron ne put à cet instant que se faire la réflexion, aussi insolite soit-elle, qu'il était bel et bien amoureux de lui.
