.

Chapitre 11: Le sauveur

« Qui ? De qui tu parles Draco ? Qui t'a fait subir ça ?

- Harry Potter »

.

Assit sur son lit, sa main étroitement serrée sur sa baguette magique, le préfet des Serpentard étouffa un bâillement et se passa une main lasse sur son visage, ébouriffant au passage ses cheveux plus qu'ils ne l'étaient déjà. Prenant une profonde inspiration, il posa sa baguette sur sa table de chevet, et commença à défaire lentement les attaches de sa chemise blanche, son visage baissé laissant percevoir une profonde perplexité.

Potter.

Sa mâchoire se contracta presque douloureusement, alors que sa main se crispa brusquement sur le dernier bouton de sa chemise, la jetant rageusement au sol comme si celle-ci ne valait pas plusieurs centaines de galions. Stupide gryffondor. Il avait fallu qu'égoïstement il tente encore et une fois de sauver la veuve et l'orphelin. L'orphelin, dans son cas.

Il ne voulait pas être sauvé.

Il ne voulait pas se rappeler de lui, c'était une décision à sens unique, et il n'avait encore moins prévu de se souvenir. Loin de là.

Il devait l'oublier, il devait disparaître de sa vie, et il avait échoué. Et maintenant, tout allait redevenir comme avant. Un gémissement lui échappa et il fit rouler sa tête sur les paumes de ses mains, en proie à un sentiment d'agonie. A toujours le suivre partout où il allait, toujours vouloir se mêler de ce qui ne le regardait pas, et maintenant ça… Oui… C'était ça… Potter était sa longue et douloureuse destruction.

C'était sa putain d'allergie.

Sa maladie.

Maintenant qu'il y pensait, tout était de sa faute.

Il s'affaissa sur son lit, et, poussant un profond soupir, leva les yeux sur le plafond de sa chambre décoré magiquement d'un ciel étoilé. Ces lumières avaient toujours été pour lui une source d'apaisement, mais aujourd'hui, il semblerait que rien au monde ne pouvait lui faire oublier que la potion avait échoué, et que, durant un cours moment de sa vie, le monde avait semblé si différent sans Potter.

Tellement mieux… Tellement… Reposant.

Tout était devenu si compliqué maintenant qu'il se rappelait.

La potion avait échoué. Et pour cause, la seule et unique chose qu'il voudrait à l'instant ce serait que Potter disparaisse de nouveau de sa vie. Ou alors… Qu'il ressente la honte qu'il lui avait fait ressentir en osant l'obliger à se souvenir de lui, de ce qu'il est, de ce qu'il représente pour lui. Ses longs doigts fins s'agrippèrent au tissu de son pantalon alors qu'il le retirait lentement. C'était son problème. Il ne cessait d'hésiter.

Et si...

Si Potter tentait d'entrer une nouvelle fois en contact avec lui? Le pouvait-il vraiment encore?

Sa lutte contre le sommeil se faisait de plus en plus difficile, il sentait ses paupières se fermer sur ses yeux gris sans qu'il ne parvienne à les garder ouvertes, et devait se forcer pour rester concentré.

Madame Pomfresh s'étant assurée de retarder le match pour lui, au moment où Blaise l'avait emmené à l'infirmerie pour "une vérification". C'était sûr maintenant, il était un véritable poufsouffle quand il s'y mettait. Il réprima un sourire qui disparut à la seconde même où un autre problème s'imposait. La rencontre était contre les gryffondor.

Potter allait jouer contre lui.

Il gémit de désespoir, son bras passant sur ses yeux dans une veine tentative d'échapper à la réalité, ses paupières se fermèrent et, malgré toute sa volonté, il s'endormit.

.

Une puissante aura de magie noire le fit frissonner. Ajustant sa robe sombre, il vérifia inconsciemment que sa baguette se trouvait bien dans sa poche, et regarda une dernière fois sa mère au moment où transplanaient autours de lui plusieurs Mangemorts. Son père s'avança pour aller parler à sa mère, un air grave sur le visage, et Bellatrix sorti de la foule, de cette présence qui la caractérisait tant, poussant sèchement les Mangemorts qui se trouvaient devant elle. Un vrombissement à sa droite le prévint de la venue d'un second groupe qu'il reconnu comme des chasseurs. Adoptant une posture indifférente, il sentit un poids s'abattre sur sa poitrine et sa main serra inconsciemment le haut du fauteuil sur lequel il était appuyé.

Ils l'ont trouvé.

C'était fini. La guerre était finie.

Sa tête se tourna lentement vers l'homme assit entre les deux chasseurs, et éprouva l'espace d'une seconde l'espoir que ce n'était pas peut-être pas la bonne personne. Ça ne pouvait pas être lui. Il ne pouvait pas avoir été assez stupide pour avoir dit à haute voix le nom de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… Sa gorge se noua alors que, peu à peu, il distinguait le jeune homme défiguré face à lui.

Leurs yeux se rencontrèrent, et il perdit toute l'énergie qui lui restait, s'appuyant sur le dossier du fauteuil. Evidemment que c'était lui. Il l'aurait reconnu entre milles, et merlin, revoir son visage, même défiguré, était une véritable torture.

« Est-ce Harry Potter ? »

Bellatrix Lestrange tenait fermement sa baguette dans ses mains, la pointant sur Potter. Elle se tourna vers lui brusquement, son visage défiguré par la haine. Il s'avança automatiquement, ses pas résonnant étrangement avec les battements de son cœur, et franchit les derniers pas qui le séparaient de lui.

Il hésita, regardant partout sauf l'endroit attendu.

Il ne pouvait pas le regarder, non, il ne pouvait… Il ne pouvait pas.

Un mouvement à sa droite lui signala que sa tante s'impatientait, et, prenant une profonde inspiration, il se constitua un visage neutre, et s'accroupit à sa hauteur, laissant ses yeux dériver vers le visage tuméfié face à lui.

La première chose qui attira son attention, c'était ses yeux, si expressifs. Son cœur battit violemment dans sa poitrine quand leurs regards se rencontrèrent, et il se sentit trembler. Ce regard lui avait manqué. Plus qu'il ne l'aurait cru.

« Je ne sais pas qui il est. »

Il tenta de se relever, détournant prestement ses yeux pour ne pas avoir à croiser de nouveaux les siens. Beaucoup trop verts. Il respira profondément, ne s'étant pas rendu compte qu'il contenait sa respiration. Tout à coup, un frisson lui traversa violemment toute la surface de son corps. Il ne réagit pas sur le moment, mais sentit une main attraper délicatement son bras, et le temps sembla de nouveau s'arrêter.

Potter

« Malfoy. »

La voix de Potter raisonna dans la grande salle, et il sentit tout son sang le quitter.

Merlin, il voulait juste pouvoir bouger. Rien qu'un petit peu.

« Tu ne te rappelle toujours pas de moi, n'est-ce pas ? » Il y avait cette intonation dans la voix, il n'aurait pas sut vraiment comment la décrire, mais elle était douce, elle était inhabituelle. Il déglutit difficilement, tentant de garder un visage neutre, et ce, malgré l'incroyable chaleur qui émanait de la main qui tenait toujours la sienne. Potter sembla remarquer son trouble, et relâcha sa main, comme s'il s'était brûlé.

« Désolé. »

Il se passa une main nerveuse dans les cheveux, le regardant mal à l'aise.

« Tu dois trouver sa bizarre que je te prenne la main, et je n'imagine même pas ce que tu aurais fais si tu te rappelais de moi… »

Il avança lentement vers lui jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Plus le temps avançait, plus le sort que Potter avait lancé disparaissait. Peu à peu, le visage de Potter devenait celui qu'il avait toujours été, et il sentit son sang se glacer. Mais Potter n'effectua plus aucun mouvement.

Il se contentait de le regarder, d'un regard indéchiffrable. Et, alors que Draco s'attendait à un geste de sa part, ses lèvres se courbèrent d'un sourire.

C'était la première fois qu'il le voyait sourire comme ça. Ses sourcils se froncèrent. Il semblait triste, et le regardait comme si c'était la dernière fois qu'il le voyait.

Pourquoi le regardait-il ainsi ? Les yeux de Draco passèrent successivement de ses lèvres à ses yeux, essayant de comprendre, lorsqu'il vit le regard d'Harry s'adoucir.

« Ce regard me manque. »

.

Draco sortit de ses pensées, perplexe, et reprit conscience de la réalité qui l'entourait. Il était en cours pour la deuxième ou troisième heure de la matinée. Il n'en avait pas la moindre idée. A cote de lui, Théodore lisait un livre sur les runes antiques. Il semblait profondément concentré, et le préfet se demanda s'il n'avait pas rêvé.

« Qu'est-ce que tu as dis? »

Nott releva une fraction de secondes son regard de son bouquin, avant de retourner à sa lecture comme s'il ne l'avait pas entendu.

« Je déteste me répéter. Tu le sais très bien. »

Il soupira, sa langue claquant sur son palet dans un bruit particulièrement insupportable.

« Tu as changé. »

« Et qu'est-ce qu'il te fait penser que j'ai changé, Nott? » Répliqua-t-il rapidement, sur la défensive.

« Ne me la fait pas à moi ça Draco, pas à moi. Tu as changé. J'ai ma petite idée sur le pour qui, ce que je voudrais savoir, maintenant, c'est pourquoi. »

Il referma son livre sur les runes anciennes d'un coup sec, et s'affala contre le dossier derrière lui dans une position décontractée. Puis, voyant que le blond s'obstinait à ne pas lui répondre, il soupira lourdement, croisant ses jambes sur la table devant lui.

« Quand est-ce que tu continueras à te cacher ?

- Où est-ce que tu veux en venir ? » Lui répondit froidement le préfet, n'aimant pas la tournure que prenait cette discussion.

« C'est pourtant simple Draco, si tu veux te le faire le Potty, dans n'importe quel sens que pourrait avoir cette phrase pour toi, arrête de te cacher. T'as le contrôle de la situation maintenant, profites-en. »

Voyant le regard insistant du professeur de défense contre les forces du mal, le préfet se détourna de Théodore pour fixer le tableau, un sourire aux lèvres.

« C'est prévu… »

.


.

La tête posée sur la paume de sa main, Harry Potter soupira pour la trentième fois en l'espace de vingt minutes.

Il n'arrivait pas à savoir ce qui était le plus douloureux. Que ce soit le 5 ème jour, que Malfoy ne se souvenait toujours pas de lui, qu'il devait donc abandonner l'idée de lui reparler un jour, ou que celui-ci soit actuellement en train de roucouler avec une petite brune de Serpentard dont il ignorait le nom. Et en plus elle semblait plus jeune que lui !

« Harry, pose ce couteau. » Ricana Ron à sa droite, la bouche pleine. Ne lâchant pas d'un seul regard la scène face à lui, il posa ses couverts sur son assiette brutalement, les paumes blanchies par la force qu'il y avait mise.

« Ne te moque pas de lui Ronald, et par pitié, arrête de manger ou tu vas finir par véritablement exploser.

- Mais j'ai faim ! » S'offusqua le roux, attrapant le saladier face à lui.

Il bouillonnait de rage. Une aura menaçante émanait de la table des gryffondor, faisant tourner plusieurs regards dans sa direction. Mais pas celui de Malfoy. Non. Parce qu'il ne le voyait pas, ne l'entendait pas, et parce qu'il était actuellement bien trop occupé à passer une mèche de cheveux derrière l'oreille de cette charmante demoiselle pour se rendre compte de quelque chose.

Et l'autre là, comment osait-elle poser ses mains sur lui ? Et vas-y que je rigole à gorge déployée, et vas-y que je me penche lascivement au dessus de lui pour prendre à manger…

« Tu ne peux pas continuer comme ça Harry, il faut que tu te changes les idées.

- Non merci Ginny » Lui répondit-il par une grimace dégoûtée. « Très peu pour moi. »

« Je ne parlais pas de ça… » Elle lui attrapa le bras, le forçant à détacher son regard de cette vision. « Mais je ne sais pas, joue au quidditch, va Pré-au-Lard, vis ta vie, mais arrête de pleurer sur ton sort ça m'exaspère.

- Désolé d'être exaspérant. » Lui répliqua-t-il, la mine sombre, se dégageant de sa poigne pour regarder de nouveau dans la direction de Malfoy.

« Laisse-le Ginny » Intervint Hermione, lui lançant un regard compatissant. « Tiens, Colin, que nous vaut ta présence ? » S'exclama-t-elle, essayant de détourner le sujet le plus rapidement possible. Il détourna ses yeux de la table des Serpentard pour l'observer. Colin Crivey, qui avait bien grandit par rapport à la dernière fois qu'il l'avait vu, sortait son appareil photo de son sac, les yeux pétillants de malice.

« Je vais faire une photo pour le journal du Lycée. » Il prit un cliché, puis plusieurs autres, et poussa une exclamation qui le fit sursauter. « Ah ça, pour une surprise ! Il faut que j'immortalise ce moment, c'est pas tous les jours qu'on voit ça !

- Qu'on voit qu- » Sa phrase mourût dans sa gorge, abasourdie.

Devant lui, Malfoy avait posé une main sur la nuque de la Serpentard, et l'embrassait délicatement.

Il s'entendit murmurer d'une voix rauque qu'il avait oublié son livre et se leva brusquement. Les élèves qui étaient sur son chemin s'écartèrent précipitamment, chuchotant sur son passage alors qu'il passait entre les portes entrouvertes. Dévalant les escaliers, il prit une direction au hasard, et avança jusqu'à en être essoufflé. S'arrêtant finalement dans un couloir qu'il n'avait encore jamais vu, il posa sur le haut de ses cuisses, inspirant et expirant si rapidement que sa vue se troubla.

.

Des coups claquèrent sèchement contre la porte des appartements du professeur de potion.

Apres un temps qui lui semblait interminable, la porte s'ouvrit dans un grincement, révélant derrière elle la figure imposante de Severus Rogue. L'ancien mangemort le dévisagea d'un regard méprisant, une grimace dédaigneuse sur les lèvres. Il avait l'air visiblement ravi de le voir.

« Laissez-moi entrer Rogue.

- Et pourquoi ça ? » Répliqua le directeur des Serpentard, il souleva un de ses sourcils sarcastiquement, le toisant dans une posture de supériorité.

« Vous savez très bien pourquoi.

- Ce que je sais, c'est que vous avez échoué Potter. Lamentablement. »

Les deux hommes se fixèrent froidement, une tension palpable les entourant. Il voyait dans le regard du professeur toute la déception qu'il incarnait à ses yeux.

- Laisse-le entrer. » Émit un grognement sourd derrière la porte, visiblement accablé par le comportement des deux hommes.

Rogue lui lança un dernier regard condescendant puis l'invita à entrer d'un signe de tête.

Incertain, Harry avança dans la pièce prudemment. Il tourna la tête vers la provenance de la voix, et aperçut Sirius Black appuyé contre l'un des murs de la pièce. Son parrain le regardait les sourcils froncés, et d'un seul mouvement franchit les pas qui le séparaient de lui, l'attirant d'un geste brusque dans ses bras.

« Harry … »

Le parfum familier lui engourdit légèrement les pensées, et il se laissa aller dans cette étreinte. Merlin, malgré toute sa volonté de lui en vouloir, pour son abandon, pour ne pas lui avoir dit qu'il était en vie, sentir sa présence était vraiment tout ce dont il avait besoin à cet instant. Il laissa sa tête se reposer contre son épaule, se laissant bercer par la chaleur réconfortante qui émanait de son étreinte.

« Je voulais te prévenir, je l'aurais fais si j'avais pu. Je suis tellement désolé… » Chuchotait-il à son oreille, alors que ses bras se resserraient encore plus sur son corps. Il finit par s'éloigner légèrement, pour lui lancer le sourire le plus lumineux qu'il n'ait jamais vu sur son visage.

« Tu as vaincu Voldemort, je suis si fier de toi ! Je savais que tu allais y arriver, tu es bien le fils de ton père…

- Et toi, comment t'es-tu échappé du voile ?

- Grace à lui. » L'ancien prisonnier désigna du menton son amant, qui s'était éloigné d'eux pour aller s'occuper d'un chaudron où émanait une potion d'une couleur verdâtre. « Il ne veut pas me dire exactement comment, mais je pense qu'il a du donner quelque chose en échange. On ne sort pas une âme du royaume des morts aussi facilement… » Ses yeux se perdirent un instant dans le vide avant qu'il ne l'attrape par le bras, l'entraînant à sa suite.

« Je ne peux pas être visible pour le reste du monde, pas pour l'instant en tout cas. Il faut tout d'abord que Dumbledore voit avec le ministère, et que des enquêtes soient faites, parce que tout le monde pense que, enfin, que …

- Tu es mort. » Acheva Harry, le regard sombre.

« Que je suis mort, en effet. » Répéta Sirius, se raclant la gorge. Il s'arrêta, lui désignant une entrée dans un coin de la pièce qu'il reconnut comme étant l'endroit par lequel il l'avait vu passer la dernière fois. « Ce passage secret est l'un des seuls qui n'est pas présent sur la carte des maraudeurs, Sev' l'a fabriqué il y a quelques années, et il me permet d'atteindre un petit appartement dans Pré-

- Pourquoi ne m'as-tu pas dis que tu étais en vie ? » Le coupa le plus jeune, une rancœur visible dans la voix. « Je méritais de savoir » il accentua chaque syllabe, murmurées entres ses dents serrées.

« Je ne pouvais pas. » Lui répondit calmement Sirius, une peine visible dans les yeux. « Et crois-moi, je voulais le faire. Il ne s'est pas passé une seule seconde depuis que je suis ici sans que je ne veuille te tenir au courant.

- Mais tu ne l'as pas fait… » Poursuivit Harry, ses yeux s'embuant de larmes sans qu'il ne parvienne à les contrôler.

Il croisa ses bras sur son torse, tentant de garder contenance, mais ses tremblements le trahissaient.

« Tu ne m'as rien dis. Tu m'as laissé seul, au moment où j'avais le plus besoin de toi. Je te croyais mort… » Il avala difficilement sa salive, « Tu es mort devant mes yeux. Puis Remus est mort, et Tonks, et Fred… Vous êtes tous morts à cause de moi. »

Il se sentit trembler, et baissa la tête de honte, des larmes coulant lentement sur ses joues.

« Je suis tellement désolé… Si je n'avais pas été aussi stupide tu n'aurais pas eu à mourir. Tu n'aurais pas eu à te sacrifier. » Sa gorge laissa échapper un sanglot alors qu'il séchait ses larmes sur ses joues.

« Non… »

Sirius posa une main sur son épaule, la serrant

« Tu as fait ce qu'il t'a semblé juste de faire. Et je l'ai fais parce que c'est ce qu'il m'a semblé juste de faire. Je devais te protéger, pas l'inverse. »

Il se pencha vers lui, lui souriant doucement. Ce sourire le rajeunissait, seuls les signes de fatigue sur son visage, ses joues creusées et ce teint pâle pouvaient trahir ce que cet homme avait enduré. Et pourtant, ce sourire resplendissait d'une joie et d'une énergie unique. C'était le sourire de Sirius.

« Tu ne peux pas sauver tout le monde Harry. »

.

Des sorts fusaient de tous les côtés. Tentant de rester concentrer, il les évita d'un mouvement maîtrisé, et franchit les obstacles aussi vivement qu'un lion. Le souffle court, Harry releva la tête, passant une main dans ses cheveux mouillés.

« Alors ? » Cria-t-il au petit attroupement.

- Tu veux la bonne ou la mauvaise nouvelle ? » Lui répondit amèrement la voix de Ron dans un grognement indistinct.

« Ce que Ronald essaye de dire », intervint Hermione, réajustant sa cape alors qu'Harry s'approchait d'eux « C'est que la bonne nouvelle est que tu peux commencer le cycle d'apprentissage pour devenir animagus haut la main, et la mauvaise nouvelle, est qu'il est presque l'heure du couvre feu, qu'il fait froid, qu'il pleut et si j'en note son petit regard malicieux, que ton patronus l'a dérangé dans un moment romantique avec un certain Serpentard. »

Harry explosa de rire, attrapant la tête de Ron pour l'ébouriffer. Il attrapa sa cape, la posant sur ses épaules alors que le trio légendaire attrapait ses affaires et se dirigeait vers les portes du château.

« Je vais pouvoir devenir animagus, tu te rends compte ? Comme mon père. Patmol a dit qu'il allait m'apprendre. » Sa voix chantonnait presque alors qu'il ouvrait les grandes portes. Entrant à l'intérieur, il secoua violemment ses cheveux pour en retirer toute la pluie, et se passa une main fatiguée dans ceux-ci.

Il ne devait plus réfléchir, il devait juste poursuivre son rêve, faire ce qu'il avait à faire, et oublier Malfoy. Juste, l'oublier. Relevant sa tête vers les escaliers, il entama d'enjamber les marches de marbre.

« Pourquoi cette décision d'ailleurs ? » Demanda Ron derrière lui, grommelant toujours contre la pluie.

« Une envie de changement. » Se contenta de répondre Harry, un sourire énigmatique aux lèvres, alors qu'il tournait vers la tour des gryffondor.

Il entendit ses meilleurs amis comploter derrière lui, et n'eut aucun mal à comprendre sur quel sujet se portait leur conversation. Ils devaient surement se dire que la raison de cette envie de changement avait un rapport avec un certain Serpentard, et ils n'auraient pas entièrement tord. Il devait se changer les idées. De toute manière, c'était fini. Il n'y avait plus aucun espoir pour lui de pouvoir entrer en contact avec lui désormais.

Harry sentit son cœur se serrer de nouveau, et hésita un instant à se frapper la tête contre le mur comme Dobby l'avait fait. Regardant sans vraiment regarder ou il allait, ses jambes le menaient automatiquement dans les couloirs, et il ne vit pas la personne qu'il bouscula. S'excusant, il fronça les sourcils et continua son chemin. Comment pouvait-on rentrer dans quelqu'un dans un couloir aussi grand ? Il n'y avait personne dans Poudlard qui pouvait faire ça. Personne n'osait le bousculer.

Enfin, une personne le faisait.

Il s'arrêta brusquement. Maintenant qu'il se concentrait, il reconnaissait cette odeur. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, et le brun tenta d'ignorer la sensation d'espoir qui l'envahit à cet instant. Se retournant d'un mouvement brusque pour regarder derrière lui, il vit un sourire orner les lèvres d'une silhouette bien connue, avant qu'elle ne disparaisse au détour d'un couloir.

Il entendit la voix de Ron s'exclamer à côté de lui.

« Tu viens bien de toucher Malfoy, ou c'est moi qui suit encore en train de rêver ?

- Et bien... » Soupira Hermione, attrapant ses cheveux pour les attacher. « Ça c'est une excellente nouvelle. »

Il ne l'avait pas rêvé… Il pouvait toucher Malfoy.

Cela signifiait que…

Un sourire apparut alors sur son visage, si grand qu'il en était presque douloureux.

« Cet enfoiré… »


A bientôt pour la suite!

Aiko