Hello ! Vous allez bien ? Moi oui. C'est cool. La vie est cool.

Je sais pas trop quoi dire, en vrai, alors je vais me contenter de vous souhaiter une agréable lecture !


49. Secousses

Riku allait porter un coup horizontal à Maléfique, lorsque celle-ci disparu. Volatilisée. Il se retourna, chercha tout autour de lui la silhouette sombre de son adversaire. Plus trace d'elle, hormis les hautes flammes l'encerclant, qui formaient comme un mur et l'empêchaient de fuir. Il resta en garde, les sens en alerte, jusqu'à ce qu'elles se dissipent d'elles-mêmes, au bout d'un moment qui parut une éternité à son cerveau gorgé d'adrénaline. À ses pieds, le Nescient bleu s'agitait dans le vide, prêt à agir à la moindre menace.

Était-ce un piège ? Pourquoi la sorcière aurait-elle disparut ainsi en l'entravant temporairement, sinon ? Et pourtant...

Quelques mètres plus loin, il vit Kairi se débattre, aux prises avec Terra et Luxord, l'air d'esquiver plus qu'elle n'attaquait. Il se précipita pour attaquer Luxord dans le dos pendant qu'il ne le voyait pas encore, mais une Keyblade incroyablement lourde rencontra la sienne, son opposant appuyant de tout le poids de son arme et le sien.

Terra. Il le connaissait sans le connaître. Sentiment de tristesse, familiarité, nostalgie, et une rencontre sur la plage. Oh, il n'aimait vraiment pas la tournure que prenaient les choses…

« Je ne veux pas me battre contre toi. »

Mais le réceptacle ne l'entendait pas, ou ne pouvait pas le lui faire savoir. Riku ferait ce qu'il fallait, mais affronter Terra, l'homme qui lui avait transmis le pouvoir de la Keyblade… Il poussa un soupir.

« Si tu ne me laisse pas le choix…

-Riku ! lui lança Kairi. C'est Luxord le plus dangereux ! »

Il hocha la tête sans la regarder. Reçu. Seulement, Terra se trouvait tout de même sur son chemin. Ah, non, vraiment, il n'aimait pas ça du tout.


Lorsque Sora ressentit son pouvoir enfler, il ne s'aperçut pas tout de suite qu'il ne s'agissait pas du sien propre. La montée de puissance, bien qu'elle ne lui appartienne pas, le remotiva… Jusqu'à ce qu'il ne se mette à voir par les yeux du dragon.

Un dragon ! Mince, c'était pourtant évident. Maléfique ! Comment n'y avaient-ils pas pensé ? Xehanort possédait un dragon ! Et un dragon en colère, en plus du reste. Sora eut du mal à se focaliser sur autre chose. Heureusement, Xehanort aussi. La transformation de Maléfique consumait sa concentration, et les attaques de Néo, moins précises, s'en faisaient sentir.

Mais ce n'était pas tout. Les yeux du dragon jaugeaient un Roxas qui, sans être terrifié, ne paraissait pas tellement rassuré non plus. Sora sentit un mouvement de panique en lui qui le ramena presque totalement à la raison. De ses propres yeux, il put apercevoir en contrebas dans la vallée, quelque chose qui ressemblait à des flammes vertes.

Laisser son Simili affronter seul cette créature lui semblait inconcevable. Mais il ne pouvait pas abandonner le Roi non plus ! Cela dit, avec Néo affaibli ainsi, son ami pourrait sans doute s'en sortir seul…

« Majesté ! Roxas est en danger !

-Très bien. Vas-y ! »

Il avait ordonné ça sans se retourner, trop concentré sur l'affrontement. Sora hocha la tête, ne se le faisant pas dire deux fois.

Un putain de dragon ! Il ne manquait vraiment plus que ça !


« Ma reine ! »

Mélodie poussa un soupir d'agacement, se tournant vers son lieutenant, qui revenait vers elle sans avoir accompli sa tâche, étalant ainsi toute son inutilité, désormais frappante. Les deux imbéciles qui s'acharnaient à tenter de l'atteindre continuèrent de l'attaquer, mais elle pouvait aisément les maintenir à distance sans avoir à focaliser son attention sur ces parasites, alors elle baissa les yeux vers Lumaria.

« Ne t'avais-je pas dit de te débarrasser de l'abomination ? Je sens encore sa présence ! »

Le chien eut la jugeote de tenter de s'en prendre à Lumaria, qui ne se trouvait pas en position de combat, mais Mélodie le repoussa de sa hallebarde sans trop d'efforts. Ces nuisances résistaient un peu trop aux coups à son goût, mais ils ne tarderaient pas à mourir. Elle n'allait tout de même pas leur faire l'honneur de déployer toute sa puissance contre eux !

Lumaria balbutia, craignant, davantage que sa colère, de l'avoir déçue. Et à raison.

« Il a libéré les créatures, ma reine ! J'ai trouvé plus avisé de vous rejoindre afin de vous protéger. »

Le mur de Nescient était tenace, en effet, mais pas dangereux. Pas pour elle. Chaque fois qu'elle en éliminait un, de nouvelles créatures prenaient sa place, mais elles ne pouvaient rien contre sa Lumière. Ce contretemps serait bientôt réglé.

«Tu sais très bien que ces choses ne peuvent pas me faire le moindre mal ! Si tu supprimes Vanitas, ils disparaîtront !

-Je… »

Elle était décidément entourée d'imbéciles, et Lumaria ne faisait pas figure d'exception ! Il ne serait bientôt plus d'aucune utilité, s'il continuait à tergiverser ainsi.

« Va ! »

Mais Lumaria n'eut pas besoin d'aller bien loin. Mélodie le sentit arriver, avec sa puanteur caractéristique des Ténèbres. Mais qu'importe ! Le temps filait vite, et il fallait à présent passer aux choses sérieuses.


Il y eut une explosion quelque part, mais Riku serait bien en peine de deviner où. Il soupçonnait Xehanort de vouloir les isoler le plus possible les uns des autres. Luxord et Terra étaient parvenus à les faire reculer jusqu'à une mince crevasse située dans la falaise, juste suffisamment large pour qu'un combat s'y déroule malgré la difficulté de se mouvoir. Il se retrouva dos à dos avec Kairi, tous deux essoufflés, de même que leurs adversaires. Match nul pour le moment.

« Tu tiens le coup ?

-Évidemment ! » répondit sa meilleure amie sans flancher.

Question idiote. Riku eut un mince sourire de fierté.

Il s'apprêtait à aller porter un coup d'estoc, lorsqu'un projectile lui arriva droit devant le visage. La fléchette ou quoi que ce soit, l'aurait touché, trop vite pour qu'il ne puisse réagir, si un éclair bleu n'avait pas surgi devant ses Nescient disparut dans une gerbe de Ténèbres et le projectile atterrit aux pieds de Riku.

« Eh bien, comme nous nous retrouvons... »

Riku leva la tête vers la voix. En hauteur, perché en haut du ravin, se trouvait Ienzo, ou du moins une créature lui ressemblant, qui le visait de son bras mécanique, sûrement la source de la flèche que venait d'arrêter le Nescient en se sacrifiant. L'ancien scientifique paraissait malade, ou victime d'un maléfice peut-être. Pâle, maigre à faire peur, et ce sourire inquiétant sur le visage...

Même les réceptacles de Xehanort avaient cessé le combat pour le fixer, hostiles.

« Tiens donc, Kairi... poursuivit Ienzo avec ce qui pouvait passer pour une révérence. Mélodie est prête à passer outre tes manquements, si tu décides de revenir à la raison. Cette guerre est perdue d'avance, de toute manière. Nous sommes déjà en train de gagner, alors pourquoi ne pas venir avec nous ?

-Et puis quoi, encore ?

-Tu ne veux pas savoir si ta chère Simili se porte bien ? »

Kairi lui renvoya un sourire presque arrogant. Riku s'aperçut que son bras gauche pendait le long de sa flanc, inutile, peut-être cassé. Il ne l'avait pas entendue broncher, pourtant, à aucun moment.

« C'est gentil à toi, mais je sais qu'elle va bien. »

Ienzo la fixa d'un air moment, avant de déclarer :

« Oh, ce n'est qu'une question de temps... Rien ne peut résister à Mélodie ! Sa Lumière brille plus fort que la vôtre ! »

Avant qu'ils aient pu répondre, Luxord s'était téléporté dans le dos du scientifique.

« Il n'est pas bon de s'immiscer dans les affaires d'autrui, Ienzo. Tu as vu ce qu'il t'en a coûté, autrefois, n'est-ce pas ? »

Le dénommé se retourna. Riku, d'en bas, ne put pas apercevoir son expression, mais la haine transparut clairement dans sa voix lorsqu'il cracha :

« Xehanort !

-Qui d'autre ? sourit Luxord. Quitte ce champ de bataille immédiatement, veux-tu ? Si ta maîtresse a un message à me transmettre, qu'elle attende. Ton cœur risque d'influer sur la création de ma X-Blade. Je devrais t'éliminer sur le champ, mais en souvenir du passé, je vais te laisser quelques minutes pour quitter les lieux. »

Oh, donner des ordres à Ienzo... Mieux valait ne pas s'y risquer, vu l'orgueil du jeune homme. Celui-ci éclata d'un rire discordant.

« Me tuer ? Me tuer ? Je suis plus puissant que tes treize nouveaux corps réunis ! Plus puissant que ces pathétiques gardiens qui se revendiquent de la Lumière ! Regarde ! »

Et il écarta les bras pour mieux déployer sa folie.

Les âmes se déversèrent de son bras mécanique en un flot bleuté, puissant. Elles hurlaient en fendant l'air et vinrent frapper la terre violemment, d'une façon terrible qui fit trembler le sol sous leurs pieds et les murs de la falaise. Riku crut que ses tympans se déchiraient face au grondement des pierres qui se détachaient de la façade, qui toute entière s'affaissait au-dessus d'eux.

Sur eux.

« Kairi ! »

Son amie fuyait déjà, preste comme l'éclair. Il fit deux pas pour la rattraper, commença à courir, et puis tout devint noir.


Avec un sourire figé, Ienzo contempla son œuvre. Aucune chance qu'ils en soient ressortis vivants. Plus de traces du réceptacle de son ancien mentor, non plus.

« Je n'ai plus besoin de toi, à présent... » murmura-t-il au vent.

L'enfant qui suivait aveuglément ses aînés était mort depuis longtemps. Il pouvait éliminer ces pitoyables parasites tout seul. Rien ne pouvait le stopper. En un claquement de doigts, il venait de supprimer plusieurs guerriers d'un coup !

Et pourtant, pourquoi ne se sentait-il pas satisfait ?

En son cœur ne régnait qu'un ennui stérile.

Bon, peu importait. Il ne se trouvait pas là pour s'amuser, de toute façon. Il leva le nez vers le ciel. Derrière le lourd nuage de magie, il pouvait presque distinguer un éclat métallique, tangible. La X-Blade serait très bientôt forgée. Il allait prévenir Mélodie d'écourter la bataille. Avec ses pouvoirs et les siens combinés, ce ne serait pas trop difficile.

Il marcha trois pas et s'arrêta pour cracher un peu de sang qui lui remonta dans la gorge. Il sentit les âmes des morts frissonner dans sa chair, s'enrouler le long de sa cage thoracique, comme pour lui montrer qu'elles seraient toujours là, qu'elles lui appartenaient, et que rien ni personne ne se mettrait plus en travers de sa route.


Xion baissa les yeux vers l'homme qui gisait à ses pieds, trop faible à présent pour se tenir debout. C'était la première fois qu'elle blessait quelqu'un à ce point, au point de presque le tuer. Even la regarda, épuisé, allongé sur le dos, peinant à respirer.

« Eh bien, jeune fille, tu ne m'achèves pas ? »

Doucement, elle secoua la tête. Mais était-ce la bonne façon d'agir ? Elle ne voulait pas le supprimer, mais il s'agissait peut-être de la meilleure solution pour son adversaire, par compassion. Sans ça, il se viderait sans doute de son sang, lentement, douloureusement, et même s'il s'en sortait...

Elle avait lu ses souvenirs à chaque entaille qu'elle lui faisait grâce au pouvoir de sa nouvelle épée, et elle le plaignait. La mort serait peut-être une douce fin.

« Pardon, fit-elle doucement. Je ne peux pas faire ça. »

Il soupira faiblement. Sa gorge sifflait lorsqu'il inspirait.

« Je ne... t'y forcerais pas... Mais fuyez, toi et tes amis. Mélodie est trop puissante... Surtout... avec la Pierre...

-C'est impossible. Nous sommes ici pour l'arrêter. »

Faiblement, Even hocha la tête, un sourire amer sur le visage. Elle devina qu'il ne pouvait pas lui souhaiter bonne chance, puisqu'il ne pensait tout simplement pas qu'ils gagneraient ce combat.

« Nous nous reverrons dans l'au-delà, alors... »

Xion ne tenta pas de le convaincre du contraire. Elle n'avait pas le temps pour ça. Ses amis comptaient sur elle, et si elle pouvait atteindre Mélodie, si ça se trouvait... Si elle parvenait à lire ses souvenirs, alors sans doute trouverait-elle dans ceux-ci un moyen de la vaincre !


« Demande aux Nescients de faire un couloir pour les blessés.

-Eh bien, je ne te savais pas si injonctive...

-Ce n'est pas le moment pour l'humour, Vanitas. »

Il s'exécuta. Pas à cause de l'ordre, mais parce qu'il le fallait bien. Ils venaient d'arriver à proximité du champ de bataille, en était témoin le mur de monstres juste devant eux. Du bel ouvrage, même si une certaine personne n'arrêtait pas de frapper dans le tas pour essayer de le briser...

Oh, c'était douloureux, mais rien qu'il n'avait pas vécu auparavant. C'était toujours en tâche de fond, insupportable comme un os brisé, mais il ne paniquait plus comme tout à l'heure, heureusement. Il se jura de ne plus jamais recommencer à hésiter à un moment pareil, sans être certain de parvenir à respecter cette promesse.

Les Nescients apportèrent un Donald et un Dingo à moitié inconscients, qu'ils posèrent à terre pour que Naminé puisse soigner leurs très nombreuses blessures. Oh, la colère de Mélodie s'intensifiait. Elle enrageait de s'être fait subtiliser ses victimes sous le nez, ça se sentait. La puissance de ses coups contre les Nescients redoublait. Avec une grimace, Vanitas se fit la réflexion qu'elle n'avait décidément aucun self-control, pour une demi-déesse.

Un passage s'ouvrit soudain dans le mur vivant, et Xion en ressortit, épée au clair. Il lui semblait également apercevoir une forme allongée avant que les créatures ne se resserrent. Il observa davantage la jeune fille, couverte de sang, mais pas du sien, ou assez peu.

« Tu l'as tué ?

-Non... Ils vont bien ? »

Naminé lui répondit par un hochement de tête.

« Ça devrait aller, mais il faut les emmener ailleurs. S'ils continuent à se battre dans cet état...

-On ne pourra pas vaincre Mélodie seuls ! protesta Xion.

-Et pourquoi pas ? soupira Vanitas. Franchement, ça v... »

Il fronça les sourcils. Un Nescient venait de se désagréger et de lui revenir. Pas un de ceux qui formaient le mur, mais celui à qui il avait confié Riku. Est-ce que... Non, il devait aller bien. La créature était justement là pour prendre un coup mortel à sa place. En espérant qu'il n'ait pas à en essuyer un deuxième... Le doute et l'inquiétude refluèrent en vagues, soudain.

De lourds pas derrière lui le tirèrent de ses pensées, et il manqua d'en rire. Oh, Lumaria ne semblait pas en forme... Le coup qu'il avait essuyé dans le dos le faisait marcher d'une drôle de manière, à moitié en boitant, et il ne fixait que Vanitas, le regard terne et rempli de haine.

« On m'a expressément demandé de ne pas te laisser vivre, déclama-t-il avec un sourire tordu. Rien de personnel, juste... Dans le monde parfait que dame Mélodie souhaite construire, il n'y a pas de place pour un monstre tel que toi, tu comprends ?

-C'est pas mon problème.

-Oh, ça va le devenir... »

Et Lumaria chargea, lentement, trop pour lui faire le moindre mal, vraiment. En le repoussant de sa Keyblade, Vanitas ne put s'empêcher de s'esclaffer.

« Eh bien, j'attends.

-Tais-toi ! »

Qui a affirmé que ce ne serait pas facile, déjà ?


Xion s'interrogeait. Devait-elle porter secours à Vanitas ? Il s'en sortait bien tout seul, mais ils iraient plus vite à deux. Ce serait facile, vu l'état d'épuisement de Lumaria, de se glisser dans son dos et lui porter le coup fatal... Mais elle n'était pas certaine de le vouloir. Et puis, ça signifiait de devoir subir de nouveaux flashs de souvenirs.

La voix de Naminé retentit alors.

« Empêche-le ! Xion ! »

Elle se tourna vers la scène. Donald, reprenant conscience, se dirigeait faiblement vers le mur de Nescients. Il était toujours blessé et respirait faiblement, mais ses yeux exprimaient une avidité qui ne plaisait pas trop à Xion. Sans attendre, elle se plaça sur son chemin.

« Donald, non ! Arrête ça, c'est de la folie !

-Dois... Y retourner... »

Alors elle avait eu raison... C'était la puissance de la Pierre de Lune qui l'attirait. Certains esprits se trouvaient plus faibles face à son pouvoir, lui avait-on dit. Elle pinça les lèvres. Faire preuve d'autorité ne lui plaisait pas, et elle craignait de ne pas y arriver, mais qui d'autre pourrait empêcher Donald de foncer aveuglément vers sa mort ?

« Non, ça suffit. Tu n'es pas toi-même.

-Écarte-toi ! lui somma le magicien.

-Non ! »

Elle eut un mouvement de recul, lorsque le canard leva son sceptre dans sa direction. Bien qu'elle sache ce qui le rendait ainsi, elle ne parvenant pas à se séparer d'un certain sentiment de trahison... Elle ne le connaissait pas bien, mais elle conservait des souvenirs du premier périple de Sora, et elle ne voulait pas de mal à ses compagnons de route ! Que faire ?

« Je ne peux pas te laisser faire, expliqua-t-elle de nouveau. Pour ton bien. »

Et elle brandit son épée.

Heureusement ou malheureusement, ni l'un ni l'autre n'eut pas le temps d'attaquer avant qu'une force incroyable ne fasse trembler la terre.


Sora brandit sa Keyblade et l'asséna dans le museau du dragon. Pas suffisant pour le blesser, mais assez pour détourner la gueule ouverte de Maléfique et l'empêcher de ne faire qu'une bouchée de Roxas. Finalement, il atterrit près de son Simili, Keyblade en avant.

« Tu vas bien ? s'inquiéta-t-il sans entrée en matière.

-On va dire ça ! répondit Roxas.

-Un dragon, sérieusement...

-Oh, ça doit pas être très difficile pour toi ! »

Il l'avait déjà affronté, effectivement, mais ça n'avait pas été une partie de plaisir... Sans Donald et Dingo, ainsi que l'invocation de la fée Clochette, il y serait resté. Néanmoins, Sora sourit à la taquinerie.

« Bah... Je suppose qu'à nous deux, on peut lui donner du fil à retordre ! »

La créature cracha un jet de flammes vertes dans leurs direction, les forçant à rompre leur échange pour bondir chacun d'un côté. Sora réagit plus lentement, déconcentré par un vertige qui ne semblait pas vouloir passer. Il ressentait un malaise depuis que Maléfique s'était transformée en immense lézard. Donc, Xehanort et ses autres corps devaient se sentir dans le même état que lui. Peut-être que contrôler ce monstre lui prenait trop d'énergie. Il ne pourrait pas soutenir cette forme reptilienne très longtemps sans s'affaiblir.

Les écailles du monstre étaient solides, constata Sora. Il allait falloir y aller à l'usure, en frappant si possible aux mêmes endroits que Roxas, lequel venait de pirouetter pour frapper la nuque de Maléfique, d'une Keyblade puis de l'autre. Sora vint le rejoindre.

« Tu dois partir ! lui asséna son Simili.

-Et puis quoi, encore ? »

Maléfique déclencha une onde sismique de ses énormes pattes, qui les fit chavirer sur le sol, avant de cracher un jet de flammes en leur direction. Sora sauta en l'air, alors que Roxas se protégeait comme il pouvait de ses bras. Il accusa le coup tant bien que mal.

« J'ai trouvé comment faire pour sauver les réceptacles ! cria Roxas pour se faire entendre de son original. Il faut qu'ils soient mourant ! Tu dois aller le dire aux autres ! »

Mourants ? C'était donc ça, qu'il avait senti, durant l'agonie de Xigbar ? Un fil qui se coupe. C'était logique. Mourir était douloureux, Sora l'avait expérimenté malgré lui trop de fois aujourd'hui, et Xehanort souhaitait sans doute se préserver le plus possible de cela, en libérant ses réceptacles inutiles.

La queue du dragon battit l'air et lui asséna une gifle qui l'envoya au tapis, le souffle coupé. Roxas le tira de là avant qu'il ne se fasse piétiner en le tirant par la capuche.

« Ok, mais s'ils meurent, ça sert à rien.

-Faut trouver un moyen de les sauver avant. »

Le dragon allait cracher. Durant un instant, Sora se vit à travers ses yeux, il sentit la fureur et l'envie de tuer primitive de la bête, couplée à la volonté de Xehanort, qui faisait de son mieux pour maintenir son influence sur elle.

« Attention ! »

Il parvint à jeter un sort Miroir très bref, pile au moment où il le fallait, l'englobant lui et son Simili. Roxas lui renvoya des yeux ronds devant sa réactivité.

« Comment tu as su... ?

-Pas important.

-Il faut que tu préviennes les autres ! insista une nouvelle fois Roxas.

-Je ne te laisse pas ici ! »

Pas le temps de parler, il profita de l'essoufflement du dragon pour le frapper à la gorge, à l'oeil, dans la gueule.

« Sora, on pourrait sauver des gens !

-Eh ben, plus vite on battra cette charmante dame, et plus de personnes on pourra sauver ! »

C'était leur peau d'abord. Il ne comptait pas abandonner Roxas. Il lui devait bien ça, pour tout ce que le Simili avait eu à subir par sa faute. Et puis, franchement, un dragon... On avait vu bien pire, comme adversaire, pas vrai ?

Ah, peut-être que non, à bien y réfléchir.


Il y eut un grand flash de Lumière et le mur de Nescient explosa. Quelque part, Xion entendit Vanitas hurler, mais le son ne lui glaça pas autant le sang que l'expression de Mélodie, qui avançait vers eux en lévitation, froide, blanche. Elle paraissait immense, quoique Xion n'aurait su dire s'il s'agissait d'un effet de son imagination ou non.

Lumaria gisait à terre, vivant, mais en sale état. Mélodie eut un reniflement méprisant en sa direction. Xion frissonna. Elle se sentait étrangement coupable, criminelle de participer à l'agacement de cette reine de Lumière, et elle avait beau savoir que ce n'était pas exactement ses émotions à elle, qu'il s'agissait de l'aura de l'enchanteresse, ça la perturbait tout de même.

« Dois-je vraiment m'occuper de tout moi-même, Lumaria ? cracha-t-elle, dédaigneuse. Très bien, mais tu en assumera les conséquences. »

Donald s'élança de nouveau, s'écroula sans que Xion n'ait à le retenir, beaucoup trop blessé pour tenir debout, même avec toute la volonté du monde. Alors il se mit à ramper. Mélodie baissa ses yeux céruléens vers lui et éclata d'un rire enfantin. Ses doigts effleurèrent la Pierre de Lune à son cou.

« Cesse donc de t'acharner, tu ne mérites pas ce pouvoir... »

Ce n'était pas à Donald qu'elle aurait dû prêter attention, mais à Vanitas. Il faillit l'atteindre de sa Keyblade, mais Mélodie le repoussa au dernier moment, une expression dégoûtée sur le visage.

« Tu as quelque chose qui m'appartient » siffla Vanitas.

Xion devina avec horreur qu'il parlait de la Pierre de Lune. Non... Lui aussi se trouvait sous l'emprise du pouvoir de l'artefact, et pas qu'un peu ! Mélodie eut un nouveau rire, plus sec et cruel.

« Ne sois pas ridicule, vermine ! Tu ne mérites même pas que je pose les yeux sur toi. Néanmoins, si tu insiste, tu périras de ma main ! »

Xion les regarda s'affronter, effarée. Alors que Vanitas semblait déployait toute son énergie, Mélodie ne paraissait faire aucun effort, et pourtant il ne parvint pas à la toucher une seule fois. Il fallait que Xion lui vienne en aide, mais cela signifiait risquer qu'il ne s'empare à son tour de la Pierre...

Eh bien, elle aviserait ! Rapidement, elle se pencha sur Donald et lui passa un bras sous l'aile pour le ramener auprès de Naminé, malgré ses protestations.

« Ouvre un Portail pour les amener en sécurité, ordonna Xion à l'autre fille. Ne laisse pas Donald revenir, mais si Dingo est en état, son aide ne sera pas de refus.

-Ça ira ?

-Sans doute pas, admit Xion. Il faut que Vanitas revienne à la raison, mais même si ça se produit... Enfin, on verra ! »

Pas le temps de discuter. La guérisseuse hocha la tête, et Xion lui tourna le dos sans vérifier si elle lui obéissait. Elle fonça vers Mélodie, mais celle-ci la repoussa d'une des pointes de sa hallebarde, tout en éloignant Vanitas de l'autre côté. C'était le problème des armes longues : difficile de toucher leur porteur, à moins de détourner leur attention... Et Mélodie semblait quasiment omnisciente. Même les nuées de Nescients que Vanitas déployait ne parvenaient pas à l'effleurer !

Nescients qui, au bout d'un moment, vinrent également s'en prendre à Xion. Elle n'eut d'autre choix que de les pourfendre.

« Eh ! Vanitas, arrête ça ! »

Mais celui-ci lui renvoya un regard mauvais.

« Je ne te laisserai pas prendre la Pierre ! »

Oh, non, il avait bien perdu la raison... Ce n'était pas le moment !

C'est alors qu'une ombre se posa en ce Monde, tel un nuage sinistre. Xion ne comprit pas tout de suite ce qu'elle ressentait, ni pourquoi. Mélodie se stoppa net, et Vanitas aussi. Un rire nonchalant retentit de quelque part, ou de partout à la fois. Les traits de l'incarnation de la Lumière se tordirent d'une rage qui la firent soudain paraître très vieille, à mesure qu'elle comprenait ce qui se passait.

« Toi !

-Moi ! »

C'est alors que Xion le vit, du moins partiellement, posé sur la cheminée d'un toit délabré. Elle apercevait le sourire, immense, mais pas le chat.


« Riku ! Tu vas bien ? Riku ! »

Mais son ami, de l'autre côté de l'amas de roches, ne répondit pas. Kairi sentit le gel glacial de l'inquiétude s'écouler dans sa cage thoracique. L'avalanche avait été brutale, et elle avait eut la chance de parvenir à fuir, persuadée que son ami ferait de même. Avec un peu de chance, Riku se trouvait derrière les nombreux gravats qui les séparaient. Dans le pire des cas, il se trouvait juste en dessous. Elle réessaya.

« Riku ! »

Mais seul son propre écho lui répondit. Et les réceptacles de Xehanort avaient disparu. Perdue, Kairi prit le temps de se remettre à réfléchir correctement. Son bras gauche était cassé, et chaque mouvement l'élançait terriblement. Elle se serait bien administré un sort de soin, mais si l'os était déplacé, elle risquait de le souder de travers... Et de toute manière, ça pouvait attendre.

Sans autre solution, elle décida de grimper la falaise, par le morceau non éboulé pour éviter de déplacer des morceaux de cailloux et de provoquer un nouveau glissement de terrain. Elle ne tenait pas tellement à enterrer Riku vivant, si ce n'était pas déjà fait.

Kairi se mit donc en quête d'une zone suffisamment en pente pour pouvoir la franchir de quelques bonds, tout en restant vigilante aux éventuelles attaques ennemies.

Ce Ienzo... Que venait-il faire ici ? Normalement, il aurait dû se trouver aux côtés de Mélodie, pour affronter Naminé et les autres... Ce n'était pas déjà fini, tout de même ? Ils ne pouvaient pas avoir perdu, si ? Kairi secoua la tête avec force. Non. Elle l'aurait senti, s'il était arrivé quoi que ce soit à Naminé. Elles étaient liées. Tout irait bien. Si elle commençait à penser le contraire, ça n'allait pas le faire. Et Riku allait bien également, elle en était persuadée.

Il fallait juste qu'elle le retrouve.


Est-ce que vous commencez à avoir peur ?

Bim, un Chat de Cheshire sauvage apparaît ! J'aime beaucoup ce personnage. Pour tout vous dire, je l'ai même en peluche. C'était obligé qu'il passe faire un ptit coucou.

Eeeeh voilà voilà ! Si vous voulez, vous pouvez laisser un commentaire, ça fait toujours ultra plais' !

Bisous !