Chapitre 14: Partie 2. Qui es-tu réellement ?
"Armoria !" Énonça distinctement Neville.
Aussitôt, la porte de la grosse dame s'ouvrit dans un grincement.
Les élèves présents purent entendre distinctement la musique qui résonnait dans les murs de la tour de Gryffondor. Neville fit un signe de main pour l'inviter à entrer. Harry traversa incertain le petit tunnel qui menait vers l'entrée de la salle et s'arrêta bouche bée. La salle commune avait été organisée pour l'occasion, des décorations de toutes sortes étaient installées pour célébrer leur victoire, donnant une atmosphère joviale et chaleureuse à la pièce. A l'intérieur de la cheminée, un chaudron laissait percevoir des vapeurs bleutées. Sur la table basse, étaient disposées des bièraubeurres et plusieurs bouteilles de whisky, et à ce qu'il pouvait voir, il y avait une grosse quantité de cocktails dans des bocaux alignés en cercle. L'un d'eux créait des bulles multicolores qui disparaissaient comme ensorcelés, et un autre avait comme des sortes de tentacules qui agrippèrent vivement la main d'un élève qui avait osé s'en approcher. Ron laissa échapper une exclamation de stupeur quand il entra à son tour derrière lui. Harry croisa le regard de son meilleur ami, et releva les yeux, apercevant des verres lévitant dans les airs de différentes formes, plus insolites les unes que les autres. Il attrapa habilement un shot en forme de vif d'or qui volait faiblement au-dessus de sa tête. Le monde magique ne cesserait jamais de le surprendre.
"Eh bien, ça c'est une fête !" Commenta Dean.
"Ça tu l'as dit." Répondit Seamus en sortant une bouteille sombre dont ne sait où. "Un alcool tout droit de la famille, dans la campagne profonde irlandaise." Il en versa dans le shot vide du survivant avant de s'exclamer: "A la santé de l'équipe de Gryffondor, sans qui nous n'aurions jamais pu mettre une dernière et ultime raclée à Serpentard." Seamus lui fit un léger clin d'œil avant de poursuivre. "Et particulièrement à Malfoy." Un grand nombre levèrent leur verre en approuvant vivement ses propos, et le vidèrent d'une traite. Harry grimaça en réponse, avant de boire lui aussi.
Il s'approcha de la table basse pour observer les différentes mixtures qui s'y trouvaient, écoutant d'une oreille distraites les compliments de certains élèves. Harry aperçut Hermione qui discutait joyeusement avec Ginny, et lui fit un signe de tête pour qu'elle le rejoigne sur le canapé. Optant pour le cocktail aux allures multicolores, il prit une louche, observant avec fascination les petites bulles qui lévitaient de son verre, sans pour autant en réduire la quantité.
"Alors, on fête sa victoire dignement ?" L'accosta Hermione, un large sourire aux lèvres.
Il désigna d'un geste le verre qu'il avait en main et gouta la mixture, au gout de caramel.
"En tout cas, je suis bien parti pour." Commenta-t-il finalement, souriant légèrement. C'était vraiment délicieux. "Dis-moi, Hermione.." Poursuivit-il incertain. "Je pense avoir mal entendu tout à l'heure, Neville a prononcé le nouveau mot de passe de Gryffondor..."
"Oui. Moi aussi j'étais très surprise en l'apprenant." Elle se pencha vers lui, et murmura "Armoria... Encore une fois, tout nous ramène à cette légende qui est malheureusement, impossible à connaître. A moins qu'on ne soit né depuis des siècles..."
Harry approuva d'un signe de tête et bu la fin de son verre d'une traite. Il savait qu'il ratait quelque chose qui devait être sous son nez, mais il n'arrivait pas à savoir quoi.
"Des centaines d'années auparavant..." Répéta la brune, perdue dans ses pensées. "Autrement dit, il faudrait s'adresser à un fantôme."
"Un fantôme ?" L'interpella Ron, s'asseyant à côté d'elle sur le canapé, le bras appuyé sur l'accoudoir.
"Parler à un fantôme qui pourrait savoir quelque chose à propos d'Armoria"
"Armoria... Je me disais bien que ce nom me disait quelque chose ! Mais ce n'est pas la grosse dame qui choisit le mot de passe ? On pourrait peut-être commencer par ça."
"C'est... brillant Ron."
"Pourquoi tu dis toujours ça comme si c'était surprenant ?" Répliqua Ron, en grimaçant.
Les trois amis se regardèrent, avant d'exploser de rire. Ils discutèrent un long moment ensemble, mais aussi avec Neville et Luna qui les avait rejoint devant la cheminée, et le défilé de toutes les personnes venue le féliciter pour sa victoire. Harry ne vit pas le temps défiler, profitant d'un moment de détente, les yeux rivés sur les flammes de la cheminée et quand il chercha Ron des yeux, il ne le vit nulle part.
"Il est où Ron ?" Demanda-t-il d'une voix roque, s'appuyant sur le dossier du fauteuil pour ne pas tomber.
"Parti depuis longtemps. Devait retrouver quelqu'un pour une partie d'échecs." Lâcha une voix parmi ce qui restait de ceux qui tenaient encore le choc, bien qu'il ignore de qui elle pouvait provenir.
"Beaucoup trop d'alcool. Pas bon. Pas bon du tout. Envie de prendre l'air..." marmonna faiblement Parvati Patil à côté de lui, alors qu'elle vomissait.
Harry ne put qu'acquiescer, le regard trouble et tenta de se lever pour voir ce que faisaient les autres. Sa vue était légèrement brouillée et il tanguait légèrement, luttant pour avancer vers la sortie. Il entendit Lavande grommeler un "recurvite" avant de tirer son amie de force vers le dortoir des filles, celle-ci la suivant sans résister, chancelante. Le gryffondor avait toujours cette désagréable sensation de ne pas avoir assez bu, de ne pas être parti dans un monde où l'imagination éveille les sens à tant de possibilités insoupçonnées. Il regarda le verre vide qu'il avait dans la main, et tous les autres qui jonchaient le sol. Partout, des élèves de gryffondors continuaient de fêter leur victoire, pendant que d'autres déclaraient forfait et s'endormaient dans différents endroits de la pièce. Harry n'arrivait pas à apercevoir Hermione non plus. Harry sourit bêtement en voyant à côté de la porte du dortoir, Dean et Seamus les mains étroitement serrées alors qu'ils semblaient ne pas s'en rendre compte, en pleine discussion avec des personnes opposées. Le regard trouble, il franchit d'un pas incertain la porte de la salle commune des gryffondors.
"Alors comme ça on sort après le couvre-feu ?" Demanda d'une voix emprunte de sarcasme la grosse dame.
"C'est pas comme si c'était la première fois." Lui répondit-il dans un léger rire, s'appuyant sur le mur adjacent. "Je voulais vous parler du mot de passe."
"Si tu l'as oublié, c'est ton problème."
"Non, c'est pas pour ça que je suis là... Je voulais savoir d'où il provient."
"C'est une légende, perdue depuis bien longtemps."
"Quelle légende ?"
"Celle de deux âmes déchirées par leur différence. Bien. Je veux dormir, maintenant fiche le camp."
L'élu la remercia, et chancela lorsque l'escalier se mit en mouvement alors qu'il venait de le franchir et il se retint à la rembarre maladroitement, rigolant à sa propre maladresse. Il avait besoin de respirer, et puis de toute façon, il se sentait incapable de s'endormir.
Au moment où Harry entrait dans la tour des gryffondors pour célébrer sa victoire, Draco Malefoy tournait en rond.
Ses déplacements irréguliers et hâtifs donnaient un effet de bombe à retardement. Le match n'aurait jamais dû se dérouler comme ça. Le plan était simple, retenir Potter assez longtemps pour permettre au reste de l'équipe de l'emporter. Tout le monde savait que l'équipe de Gryffondor gagnait la majorité de ses matchs grâce à leur attrapeur et leur gardien. Weasley avait été perturbé par un cognard. Draco ignorait totalement qui avait pu l'ensorceler, mais ça avait parfaitement fonctionné. De son côté, il avait reussi à détourner l'attention de Potter tout au long du match, en lui sortant les insultes les plus fleuries qu'il ait pu trouver, et il avait quand même perdu.
"Je n'aurais jamais dû me souvenir de lui." Lâcha-t-il finalement, les dents serrées.
Le silence de la pièce sombre le fit trembler d'énervement.
"Tu m'avais dis trois heures. Je n'aurais jamais dû me souvenir de lui." Grommela Draco, continuant à faire les cent pas. Puis soudain, il s'arrêta et réalisa qu'il restait un détail qu'il n'avait pas pris en compte, et le ton de sa voix haussa.
"Tu savais ce qui allait se passer. Tu me l'as donné après le cours, cours qui dure trois heures. L'oublier était impossible depuis le départ, n'est-ce pas ?"
"Oui. C'est vrai que je te l'ai donné après le cours, mais ce n'est pas pour cela qu'elle n'a pas fonctionné."
Draco souleva un de ces sourcils d'un air hautain.
"J'ai amélioré la potion initiale. Sa durabilité avait augmenté de deux heures, et je ne rate jamais une potion. Tu ne l'as pas prise trop tard."
"Alors pourquoi je peux le voir ? Pourquoi je peux le toucher ? Pourquoi il est toujours là !" Cria-t-il hors de lui.
Severus s'avança vers lui, le visage indéchiffrable.
"Tout est écrit dans ce grimoire."
Draco se pencha sur la page jaunie par le temps, et lu à voix haute ce que son parrain lui indiquait.
Si après trois heures, il ne l'a pas prise à la bonne heure. Alors avant cinq jours il se rappellera de lui, et leur lien sera à nouveau réuni.
"En quoi ça peut m'aider ? Je sais déjà tout ça." Il haussa un sourcil sceptique.
"Tourne la page."
"Si après cinq jours, rien ne se passe, c'est que la potion a bien fonctionné. Attends, les souvenirs referont surface, car un puissant amour ne pourra jamais s'oublier..." sa voix se brisa.
Un puissant amour.
La seule chose pour laquelle il était certain, c'est qu'il s'était rappelé de lui avant le cinquième jour. Il resta silencieux, fixant ces quelques mots qui semblaient le narguer. Puis après un moment, sa voix s'éleva dans un murmure.
"...C'est impossible."
Quelque chose n'allait pas dans son raisonnement.
"Tu aurais très bien pu ne jamais te souvenir de lui" poursuivit Severus. "S'il n'avait pas essayé de te faire revenir, les souvenirs qui apparaissaient dans tes rêves se seraient petit à petit évaporés, et tu aurais fini par l'oublier. Jusqu'au moment où il a réussi à entrer en contact direct avec toi."
"Il est entré dans mes rêves! Attends... Tu as aidé Potter?"
Le regard de Draco migra une seconde sur sa main qui avait pris la manie de trembler légèrement quand il pensait à Potter.
"Tu l'as aidé à entrer en contact avec moi. " Répéta-t-il sombrement. "Pourquoi ?"
"Je ne l'ai pas aidé, je lui ai laissé le choix."
"C'est exactement la même chose !" Explosa Draco, frappant durement ses poings sur le bureau. " Tu devais être de mon côté, pas du sien. Tu n'avais aucun droit de faire ça!"
Draco toisa son parrain, qui restait obstinément silencieux, avant de se détourner de lui, prêt à partir.
"Tu le ressens de nouveau, n'est-ce pas ?"
Les épaules de Draco se crispèrent. Sirius venait d'entrer dans la pièce. Il croisa ses bras sur sa poitrine et leva un sourcil sceptique.
"Ce besoin de te rapprocher de lui… presque intarissable… qui te comprime la poitrine et t'empêche de réfléchir convenablement. Ce... Comment tu disais déjà ? Cette impression de manque."
Il ne lui répondit pas et s'apprêta à partir, quand une question émergea dans son esprit.
"Est-ce que Potter sait que je suis au courant ?"
"Non. Je ne lui ai pas dit que tu avais aidé Sev' à me sauver la vie, en me libérant du voile. Je n'aurais pas osé ternir ta réputation." Argumentât-il sarcastiquement.
"… Merci."
-.-
"C'est pas vrai, tu mens !"
A peine entré dans la salle commune de serpentard, l'effusion de gloussement qui ressortit de cet échange lui vrilla les tympans. Il se concentra pour essayer de déterminer la source du bruit, tombant sur un groupe de troisième année non loin de lui. Celles-ci semblaient en grand débat de ragots et autres insanités qui peuplaient les conversations inintéressantes et puériles des femmes. Les serpentards aimaient écouter les rumeurs, c'était leur meilleure arme de répartie. Seulement à ce moment il voulait réfléchir, et ces imbéciles faisaient autant de bruit qu'un troupeau de centaures.
"Comment ça, attends, tu peux répéter ?" demanda alors brusquement Théodore Nott derrière lui, le contournant pour s'approcher vers le groupe de filles. Il fallait vraiment que Nott lui dise un jour comment il faisait pour arriver à tirer aussi facilement des informations à qui il le voulait. C'en était presque effrayant.
"Tu savais que c'était Potter qui avait largué Ginny Weasley ?"
Cette phrase le tira de ses pensées et il fit mine de s'intéresser à ce que racontait Daphné Greengrass, en pleine discussion avec Pansy Parkinson, son attention rivée vers le groupe non loin de lui.
"Non, sérieux ?" s'esclaffa Nott, lançant un rapide coup d'œil dans sa direction, pour s'assurer que Draco l'entende lui aussi.
"Après le match je l'ai entendu se plaindre, elle disait que Potter lui avait dit qu'il était amoureux de quelqu'un d'autre. Quand Londubat lui a demandé de qui il s'agissait, elle s'est mis à marmonner et elle est partie. En tout cas j'en suis sure, un nouveau couple s'apprête à émerger dans notre triste et insalubre lieu qu'est Poudlard."
"Tu n'arrêteras donc jamais ? C'est ridicule." Gloussa son amie, une grande brune aux yeux bleus.
Potter amoureux de quelqu'un d'autre ? Ses joues le brûlèrent alors qu'il repensait à ce qui s'était passé dans le vestiaire. Draco serra sa mâchoire pour se contenir de dire deux mots à ces idiotes qui faisaient beaucoup trop de bruit quand l'une d'elles se mit à enfler brusquement, devenant aussi rouge que ses cheveux.
"Oh super, tu as encore mangé des raisins ! Tu sais bien pourtant que tu es allergique !" La mine pincée, son amie aux yeux bleus mis un de ses bras autours de son bassin et l'emmena vers l'infirmerie, écoutant difficilement les gargouillements de la rousse.
A sa droite, Nott se pencha par-dessus son épaule et avant même qu'il murmure quoi que ce soit, Draco lui lança un regard menaçant.
"Ne t'avise même pas de commenter."
"Si je peux plus rien dire maintenant..." se plaignit innocemment Théodore, un sourire espiègle sur le visage.
Levant les yeux au ciel en signe de désespoir, Draco s'allongea paresseusement dans le sofa de la salle commune des Serpentard. La tête pendue lâchement dans le vide, il poussa un profond soupir de désespoir. Dès qu'il fermait les yeux, il revoyait les yeux verts de Potter fixés vers lui. Ces mêmes yeux qui avaient exprimé une émotion dans les vestiaires qu'il n'aurait jamais cru voir dans ce regard. Potter était donc amoureux de quelqu'un d'autre, et le grimoire parlait d'amour. Mais Potter ne pouvait pas l'aimer. Ce n'était pas pour rien qu'ont les considéraient comme les pires ennemis de Poudlard. Ils ne pouvaient pas se supporter plus de quelques minutes, alors éprouver des quelconques sentiments l'un pour l'autre... c'était purement ridicule.
Il devait y avoir une explication, et malgré toutes celles qu'avaient pu lui exposer Nott juste avant d'entrer, aucune n'était réellement plausible. Déjà il y avait l'acte qu'il ne pouvait vraiment réfuter, Potter était allé voir son parrain pour lui demander de l'aider à faire en sorte qu'il se souvienne de lui. Mais ça pouvait signifier beaucoup de choses. Le fait que Weasley et Potter ne soient plus ensemble ne signifiait pas forcément qu'il y avait un rapport avec lui. Que Potter se soit déconcentré d'un match aussi décisif pour l'écouter l'insulter non plus, il était habitué. Qu'est-ce qu'il avait dit d'autre déjà ? Que... si Potter ne lui avait pas collé une bonne droite quand Draco était venu le voir dans les vestiaires, il devait tenir à lui.
Draco mit un bras sur ses yeux, couvrant les lueurs dorées des flammes du feu de cheminée. Il se souvenait de leur proximité dans les vestiaires. De la manière dont Potter l'avait attiré plus proche de lui, alors que leurs souffles se mêlaient et que leurs lèvres se rapprochaient. Pour la première fois de sa vie, l'attraction et l'appréhension qu'il avait ressentie à la pensée de l'embrasser l'avaient coupé de toute pensée cohérente. Draco se souvenait de ce que lui avait dit Severus avant de lui donner la potion. Quelque chose avait effectivement changé en lui... C'était la raison pour laquelle il avait avoué à Potter son plan, lui laissant la possibilité de récupérer le vif d'or à temps. C'était ce qui expliquait la sensation qui lui tiraillait le ventre depuis qu'il avait senti la chaleur du corps de Potter contre le sien.
Après un autre soupir à fendre l'âme, Draco se releva péniblement, mais resta assis. Il regarda vaguement la table basse devant lui et fronça les sourcils en voyant un éclair presque minuscule apparaître sur la surface boisée. On ne pouvait vraiment le voir si on ne regardait pas attentivement. Des fractions d'images apparurent brusquement dans son esprit, comme des flashs des rêves qu'il avait pu faire dernièrement. Il revoyait son visage déformé par la peur alors qu'il se regardait à travers l'un des miroirs des toilettes des filles, et suppliait le monde entier de laisser Potter en vie. Il se souvenait du corps sans vie de Potter, du sentiment de terreur et d'impuissance qui l'avait alors traversé... Il repensait au désespoir qu'il avait ressenti en buvant cette potion. Il revoyait la première fois que leurs regards s'étaient croisé. Ces yeux émeraude qui l'avaient regardé avec curiosité. Les mêmes yeux qui l'avaient regardé avec passion et convoitise à travers des mèches de cheveux noirs ébouriffés.
Il se leva brusquement.
- Je dois retrouver Potter.
Théodore Nott qui s'était à moitié endormis à côté de lui poussa une exclamation de joie avant de frapper dans ses mains d'excitation.
Après de nombreux détours dans les couloirs, un Harry légèrement chancelant observa l'immense porte de la salle sur demande.
Il laissa sa main glisser le long de ses ornements et regretta de ne pas l'avoir fait auparavant. La matière boisée lui apportait un certain réconfort, un sentiment de bien-être, d'ancienneté.
Pour la première fois depuis qu'il connaissait l'existence de cette salle, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle pouvait bien renfermer. A vrai dire, il n'avait pas la moindre idée de ce dont il avait vraiment besoin à cet instant, ce qu'il avait pu espérer. Ses pas l'avaient mené ici, il avait machinalement effectué les trois tours nécessaires, sans y réfléchir, et elle était apparue devant lui, l'invitant à y entrer. Sa curiosité prenant le dessus, sa main voyagea lentement sur la surface rugueuse avant de descendre sur la poignée, il l'attrapa et la tira vers lui d'un coup sec, l'ouvrant. La salle était entièrement plongée dans le noir, c'était un noir profond, qui lui semblait refléter le néant qui menaçait de s'emparer de son âme. Sans réfléchir Harry avança d'un pas hésitant dans la pièce, puis un autre, et la porte se referma brusquement derrière lui. Il fit volte-face et soupira, tentant de calmer les battements de son corps et sa main se décrispa de sa baguette. Il retourna face au néant de la salle.
Qui il était réellement ?
Une question bien compliquée avec beaucoup trop de possibilités et pas énormément de réponses. Toute sa vie on avait cessé de lui attribuer un titre honorifique. Le survivant. L'élu. Le sauveur.
Pour des actes qu'il n'avait jamais commis seul.
Hermione, Ron, Dumbledore, Sirius, Remus, sa mère, son père, les weasley, l'Ordre du Phoenix, Macgonagall, Snape. Et ce n'était que les principaux sur une liste beaucoup trop longue. Ils avaient tous été une famille, un point d'ancrage pour ne pas sombrer. Il n'aurait jamais réussi seul. il n'avait jamais été seul. Il n'était personne. Juste une des pièces de puzzle d'une prophétie qui avait décidé de son sort bien avant sa naissance . Il n'avait jamais eu le choix. Finalement, il n'était qu'un rêveur à qui on avait coupé les ailes.
La lumière s'alluma brusquement.
Merci infiniment de continuer à me suivre, pour vos commentaires, et votre gentillesse.
Aiko
