- Que veux-tu ?
- Il semblerait, qu'effectivement, tu sois aussi agréable que le dit Rosier.
Lucius Malfoy entra dans son champ de vision. Eleana lui lança un regard noir.
- Tu serais mieux de partir maintenant, histoire de ne pas te retrouver dans le même état que ce cher Rosier.
Elle fit volte-face mais fut rattrapée par une poigne de fer qui la stoppa net.
- Ne me touche pas ! Murmura-t-elle d'une voix calme mais dangereuse.
Lucius Malfoy observa avec intérêt les cheveux d'Eleana devenir noir. Eleana réussit à libérer son poignet non sans mal.
- Si tu t'amuses à refaire ça, tu vas gagner un aller simple pour Ste Mangouste.
Lucius eut le culot de sourire.
- Malfoy, si j'étais toi, j'arrêterai maintenant !
Il retient avec grand mal son sourire, mais même lui savait quand il devait s'arrêter.
- Tu sais que tu ressembles de plus en plus à Bellatrix ?
Exaspérée par la manie que ses cheveux avaient de changer de couleur chaque fois qu'elle ressentait une émotion trop forte, Eleana attrapa une mèche de ses cheveux, devenu noir, et la repoussa férocement.
- Sérieux Malfoy, tu n'as pas autre chose à faire que de me comparer à Bellatrix ?
- Oh, je suis devenu Malfoy, maintenant ? Tu me blesses !
Lucius porta la main à son cœur.
- Arrêtes ça. Je ne suis pas d'humeur.
- Attends ! Cria Lucius quand il vit Eleana prête à s'éloigner à nouveau.
- Quoi ?
- « Quoi ? ». Sérieusement, Ella, tu me demandes « quoi ? » ?
Eleana leva les yeux vers lui. Elle savait très bien pourquoi il était là. Elle soupira.
- Je n'ai pas envie de parler de ça.
- Oh, ça je n'en doute pas. Mais tu vas le faire quand même.
Elle attendit qu'il reprenne la parole, sachant qu'elle ne pourrait pas partir avant qu'il n'ait eu ce qu'il voulait. Un véritable Malfoy.
- Bon, maintenant que tu es disposée à m'écouter, tu vas m'expliquer pourquoi il y a deux mois tu es apparue dans mon salon à moitié morte ?
- Tu sais très bien ce qu'il s'est passé. Pas besoin d'en parler.
Elle le fixa, soutenant son regard glacial.
- Je sais qui t'as fait ça. Je ne sais pas ce que tu as fait pour l'énerver à ce point.
- C'est facile. Je suis moi, répliqua-t-elle.
- Ella !
- Je ne suis pas obliger de te dire quoi que ce soit, Lucius. J'étais mal en point, je suis venu chez toi, point. C'est très sympas de ta part de m'avoir aidé, et je t'en suis reconnaissante mais le reste ne te regardes pas.
Eleana croisa son regard furieux sans sourciller.
- Ah quoi tu joues sérieusement ? Tu cherches à te faire tuer ? Parce que si tu crois que ton père ne finira pas par te tuer un jour, laisse-moi te le dire, tu te trompes !
Lucius avait haussait le ton, des regards curieux s'étaient tournés vers eux. Eleana lui fit un signe de tête et ils quittèrent silencieusement la réception, se trouvant un endroit calme où ils pourraient parler à leur aise. Après quelques minutes de silence, Eleana reprit la parole de sa voix calme :
- Je sais parfaitement qu'il est capable de me tuer. Écoutes, j'ai pas envie d'en parler.
Mais Lucius n'avait pas dit son dernier mot.
- Ella, je ne plaisante pas. Tu veux finir comme ton traître-à-son-sang de...
La gifle retentissante était partie sans que Lucius ne puisse l'éviter. La baguette à la main, pointée contre la gorge du jeune homme, les cheveux d'Eleana étaient noirs comme du charbon.
- Ne t'avise pas d'insulter Sirius devant moi ! Comme oses-tu !
Eleana respira profondément, contrôlant sa voix.
Même Lucius Malfoy savait reconnaître quand il avait tort. Enfin, quand il devait le reconnaître devant Eleana, pas n'importe qui, s'entend. Il caressa sa joue meurtrit, baissa la baguette de la jeune fille avec la main et prit un air désolé, qui ne sembla pas toucher la jeune fille devant lui, puisqu'elle continua à le fusiller de ses yeux vairons.
- Je suis désolé... Ce n'est pas ce que je voulais dire.
- Bien sûr que si, c'est ce que tu voulais dire !
Elle tourna les talons bien décidée à le semer une bonne fois pour toute. Elle partit se réfugier dans l'imposant manoir qui lui faisait face. Malheureusement pour elle, Lucius connaissait aussi bien le manoir qu'elle, il ne lui fallut même pas un quart d'heure avant de la trouver dans une des nombreuses chambres de la maison. Assise sur le lit, elle ne bougea pas tandis qu'il s'asseyait à ses côté.
- Alors ? Es-tu décidée à m'en parler ?
Elle soupira.
- Tu sauras tout à la rentrée, Lucius.
Il n'ajouta rien et sortit de la pièce. Ils n'avaient pas besoin de s'attarder plus sur cette conversation, elle lui avait dit à la rentrée, il attendrait.
- Pourquoi tu ne portes pas les couleurs de ta maison ?
Eleana inspira un bon coup. Elle baissa les yeux vers le gamin assis en face d'elle. Elle ne s'étonna pas quand le gamin en un mouvement de recul quand son regard rencontra le sien. Elle avait l'habitude de provoquer ce genre de réaction.
- Pourquoi tu portes des gants ?
Elle lui répondit par un silence pesant.
- Pourquoi...
Elle le coupa d'une voix glaciale.
- Si tu ouvres encore une fois la bouche, je te jette un sort qui t'empêchera de prononcer le moindre mot ces trois prochains mois.
Depuis que le gamin avait franchi la porte du wagon pour s'asseoir en face d'elle, il ne cessait de parler, lui posant toutes sortes de questions indésirables. Eleana n'était pas réputée pour sa sociabilité. Elle était bien assez stressée, sans devoir répondre aux questions indiscrètes d'un gamin de 11 ans. Elle le vit avaler sa salive deux fois avant d'ouvrir à nouveau la bouche à son plus grand désespoir.
- T'es à Serpentard, hein ?
Un dernier coup d'œil suffit à faire taire le gamin le reste du voyage. C'est avec soulagement qu'elle quitta la cabine à peine le train fut arrêté. Elle essaya de se fondre dans la foule des élèves sortant du train. Elle n'était pas très douée pour se fondre dans la masse, mais elle parvient, non sans fierté, à atteindre le château sans qu'un seul élève n'ait remarqué l'élève de septième année au visage inconnu, sans blason. Dans le hall, elle resta derrière la foule d'élèves, et après qu'ils commencèrent à entrer dans ce qui semblait être la Grande Salle dont on lui avait tant parlé, un professeur s'approcha d'elle.
- Miss Black ?
D'après l'âge de la sorcière, sa posture et son célèbre chignon, Eleana en déduit que c'était le professeur McGonagall.
- Oui, professeur.
- Je suis le professeur McGonagall, la directrice de la maison Gryffondor, commença-t-elle.
Tout ça, Eleana était déjà au courant.
- Le directeur, souhaiterait que vous restiez devant les portes de la Grande Salle, le tant que la répartition des premières années soit faite. Une fois celle-ci fini, les portes se rouvriront, et se sera votre tour de vous avancer pour votre répartition. D'accord ?
Elle hocha la tête, et le professeur rattrapa les derniers élèves avant de refermer les portes devant elle.
Eleana ne put s'empêcher de se demander si le directeur ne l'avait pas fait exprès ? Il faisait tout pour qu'on la remarque encore plus ou quoi ? Elle jeta un coup d'œil anxieux aux énormes portes devant elle. Elle allait devoir s'avancer devant le regard de tous les élèves de Poudlard. Elle passa la main dans les cheveux, en fermant les yeux et en écoutant sa respiration. Elle avait l'habitude qu'on la regarde, alors pourquoi ça la dérangeait aujourd'hui ? Elle rouvrit les yeux, une fois que sa respiration fut calmée. Elle avait à peine entraperçut la Grande Salle, mais elle avait eu le temps tout de même de voir le plafond, il était tout simplement magnifique ! Elle comprenait ce que voulait dire Sirius à présent. Elle sursauta quand les portes s'ouvrirent, annonçant que c'était à elle maintenant. Elle se composa un visage inexpressif et s'avança d'une démarche assurée. Elle porta son regard au fond de la salle, derrière la table des professeurs pour éviter de croiser un quelconque regard. Elle entendait des murmures sur son chemin. Son nom était sur toutes les lèvres. Elle s'approcha du professeur McGonagall, et s'assit sur le tabouret. Elle lui posa le choixpeau sur la tête.
- Oh ! Encore une Black... La dernière des Black... Renvoyée de Durmstrang... Septième année... Hum, tu n'es pas une Black facile à répartir... Poufsouffle ? Non ! Tu as soif de connaissance... Serdaigle te correspondrait bien... Non, pas Serdaigle.
La voix du choixpeau retentissait dans sa tête exactement comme on le lui avait dit. Son cœur battait à la chamade. Il ne restait plus que deux maisons. Elle avait espéré être envoyée à Serdaigle, même Poufsouffle lui aurait suffi. Elle ne souhaitait pas aller à Serpentard, mais en même temps c'était le meilleur choix pour elle. Sa vie semblait déjà être tout tracé, Serpentard finirait de façonner celle qu'elle deviendrait. Gryffondor n'était pas envisageable.
- Gryffondor pas envisageable ? Tu as sans conteste une place à Serpentard...
Elle soupira à moitié de soulagement et de déception de se retrouver sur les pas de sa famille.
- Mais ton éducation ne fait pas tout... Tu ressembles bien plus à ton cousin que tu ne le crois. J'en suis sûr maintenant, ta place est à GRYFFONDOR !
Il avait hurlé le dernier mot. Elle ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux de surprise. Il lui fallut un moment avant de réagir, le choixpeau avait déjà été retiré de sa tête. La salle était parcourue de murmures de part et d'autre. Elle ne put s'empêcher de jetait un coup d'œil à la table des Serpentard. Bellatrix était la seule debout, la colère se lisant sur son visage. En parcourant la table elle ne vit que des visages d'enterrements. Elle inspira un bon coup et se recomposa un visage dénué de toutes émotions. De timides applaudissements retentir à la table des Gryffondor, et elle se dirigea vers eux, d'une démarche qu'elle espérait assurée. On lui fit une place, et elle s'installa. Elle avait l'impression d'être sous le choc. Sur tous les scénarios qu'elle avait pu s'imaginer, jamais il ne lui était venu à l'esprit de finir à Gryffondor.
- Hé !
Elle leva la tête pour apercevoir Sirius en face d'elle. Il n'était pas là quand elle s'était assise, et au vu des regards mécontents de ses voisins, il avait dû les pousser pour prendre cette place.
- Ça va, Ella ? Demanda-t-il d'une voix douce.
Elle n'eut pas besoin de lui répondre, il connaissait déjà la réponse. Il attrapa sa main, couverte de ses gants qui était comme une seconde peau pour elle, sous la table. Tandis que les assiettes se remplissaient, et qu'elle échappait aux regards curieux des élèves, elle serra si fort sa main qu'elle était sûr qu'elle devait lui faire mal. Pourtant il ne la retira pas, et son visage ne montrait aucun signe de douleur. Tandis qu'elle maintenait avec peine le masque inexpressif de son visage, il la laissa s'accrocher à sa main.
Ce foutu choixpeau venait de faire de sa vie un véritable enfer. Bien pire que celui auquel elle s'était habituée.
Hey ! Que pensez-vous de ce premier chapitre ? Je veux tout savoir :)
J'écris la suite au fur et à mesure, je n'ai aucun chapitre d'avance, donc je m'excuse d'avance si c'est un peu trop long entre la publication des chapitres.
Une bonne journée, et merci !
