III- JUSQU'À CE QUE LA MORT NOUS SÉPARE
Glenda Grady et Betty Woodrow s'étaient installées devant les jardins de leur maison, sur la petite frange de pelouse soigneusement tondue qui faisait office de trottoir, dans ce village de campagne. Elles avait sorties les chaises pliantes, la table ronde en fer forgé, où trônait le nécessaire pour le thé. Le parasol était même de sortie.
Un sucre, très chère ?
Volontiers, avec un nuage de lait, merci, répondit Betty à Glenda.
Les inspecteurs arrêtèrent leur voiture à leur niveau. Barnaby ouvrit la fenêtre pour les saluer.
Eh bien Mesdames, quel est le spectacle du jour ?
Les mariages, évidemment !
Les mariages ?
Vous débarquez de quel comté ? La petite Worthington et la cuisinière du pub, Maggie, et la petite Redding, la métisse, et son avocat de Londres !
Ah...
Ils se marient aujourd'hui, tous les quatre ! Vous pensez bien, on n'allait pas rater ça...
Et d'ici, vous êtes très bien placées, fit Barnaby, jetant un coup d'œil à l'église et à la mairie, au coin de la place.
Les deux voisines étaient juste en face, et le gazon de la place arborée leur offrait une vue imprenable sur l'ensemble.
Vous êtes ici pour le mariage, ou pour une arrestation ?
Bon mariage, Mesdames, conclut-il en fermant la fenêtre.
Jones s'apprêtait à repartir, quand Betty posa la main sur la portière. La vieille s'était levée d'un bon. « Plus vive qu'il n'y paraît », pensa Jones, en soupirant discrètement.
J'ai entendu quelque chose, hier soir, à la réunion publique d'information sur le nouveau règlement pour les couleurs de peinture de volets. Le bip.
Vous l'avez de nouveau entendu ?, demanda Barnaby.
Oui. Ça m'a tellement surprise que j'ai fait un bond sur ma chaise. Mais il y avait plein de monde, tout le monde était debout parce que le maire a annoncé que désormais il n'y aurait que trois couleurs d'autorisées. Je n'ai pas bien vu qui avait un machin qui faisait ce bruit au milieu de ce boucan. Ce n'est pas faute d'avoir regardé dans tous les coins, hein, Glenda ?
Oui, affirma sa comparse. On a levé la tête et regardé partout autour de nous, mais c'était très confus. En tout cas, tous les Worthington étaient là. Tous ceux qui habitent ici, du moins : Diane, Clarice et Robbie, énuméra-t-elle posément. Mais nous n'avons pas réussi à voir de qui provenait le bruit, se désola-t-elle.
Et vous êtes bien sûre que c'était le même bip ?
Ah oui. Ça j'en suis tout à fait sûre, ça m'a même surprise. On a eu beau regarder tout le monde, nous n'avons rien vu. Mais notre vue...
Parle pour toi !
Nous n'avons pas trouvé d'où venait le bip.
Elle était visiblement déçue de n'avoir pas pu tirer au clair ce mystère. Barnaby se voulut rassurant. Il leur promit le passage d'un agent pour prendre leurs déposition, avec son sourire bonhomme habituel. Mais au fond, il commençait à s'inquiéter pour les deux voisines. Car elles n'avaient sans doute pas été d'une grande discrétion dans leur observation, et le meurtrier avait très bien pu les repérer. Et donc se préparer à les éliminer. C'était ça qui l'inquiétait. Devant elles, il appela le commissariat pour s'assurer qu'un agent passerait dans la journée, ce qui eut l'air de les satisfaire. Ils roulèrent au pas pour atteindre le cottage de Clarice Worthington.
Si tu veux mon avis, ce n'est pas normal que des policiers ne soient pas au courant de ces mariages, quand même. Tu ne trouve pas, Glenda ?
Tout à fait d'accord, confirma-t-elle en prenant une gorgée de thé. Les voitures des invités commençaient à défiler, pour rejoindre le manoir. « Pas n'importe quelles voitures », jugea Betty, avec un regard entendu. « C'est quand même bien mieux que la télévision », savourait sa voisine.
Jones et Barnaby tambourinaient à la porte du cottage. Au bout de quelques minutes, Jones risqua un regard par la fenêtre du salon, avant de vivement se reculer à côté de son patron.
Eh bien, Jones ? Devons-nous enfoncer la porte.
Euh, chef, c'est à dire que...
Il rougissait comme jamais Barnaby ne l'avait vu encore. La porte d'entrée s'ouvrit alors en grand, sur Clarice, débraillée en robe de mariée. Quelques secondes plus tard, Maggie la rejoignit dans l'encadrement de la porte, elle aussi avec les tulles de sa robe immaculée en bataille. Elles arboraient un large sourire, et un souffle court qui ne laissait pas de place à l'imagination quant à leur précédente occupation.
Ça ne porte pas malheur, de voir la mariée avant la cérémonie ? Leur demanda Barnaby, malicieux.
Oh, croyez-moi, nous ne sommes pas superstitieuses. Et nous avons fait ce qu'il fallait pour exorciser une éventuelle malédiction, n'est ce pas ?
Oh, oui...
Maggie embrassa Clarice avant de retourner à l'intérieur. « C'est vrai qu'on va finir par être en retard, tu as vu mon voile, quelque part ? Je ne le trouve pas », cria-t-elle.
Dans le dressing, peut-être, c'est là qu'on a commencé à...
Elle s'interrompit, pour s'intéresser aux inspecteurs, qui ne quittaient toujours pas sa porte.
Oui ? Vous voulez ?
Que vous rejoigniez tous les membres de la famille, dans le grand salon du manoir, pour une discussion, rien de bien long, quelques minutes, avant la cérémonie. Vous voulez bien ?
Oui, enfin...bien sûr, si ça ne nous met pas plus en retard sur le planning que nous ne le sommes déjà...
Qu'est ce qu'il dit ? Fit Maggie, du fond de la maison.
On doit aller au manoir, avant la cérémonie.
Mais pourquoi faire, on y va après !
Clarice interrogea du regard l'inspecteur.
S'il vous-plaît, Mesdames, sourit-il poliment.
Ça a l'air important, on y va, lança Clarice à l'intérieur de la maison. « Maintenant si vous voulez bien nous excuser, nous devons finir de...
… Vous rhabiller. J'entends bien. À tout de suite.
La porte se referma sur le sourire de Clarice.
Jones, vous voulez bien allez chercher Robbie Swann ? Il habite une rue plus loin.
Euh, chef..., commença-t-il à protester.
À moins que vous ne vouliez aller directement au manoir pour réunir le reste des Worthington.
Je m'occupe de Robbie, chef. Tout de suite.
Il fit demi-tour sans demander son reste. « C'est fou comme les vieilles folles font peur aux jeunes hommes », s'amusa Barnaby en prenant la direction du manoir, à pied.
Cette fois-ci, Jones resta fermement devant la porte, sans passer la tête d'un côté ou de l'autre. Robbie lui ouvrit, en quelques secondes, tout en nouant son nœud papillon. Visiblement, le costume trois pièces lui allait aussi bien qu'à son défunt père, « prestance égale, carrure en moins », pensa Jones. Encore que. Alors qu'il le faisait patienter dans son salon, Jones promena son regard sur les rares photos encadrées sur une console à côté de l'immense canapé. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la maison ne débordait pas de chaleur. Tout était à sa place, comme dans un catalogue. Mais il manquait la touche de désordre qui laisse deviner que quelqu'un habite réellement là.
Vous avez joué au rugby ? Avec un père comme Charles Swann ?
Oui, pendant quelques années, au lycée. Croyez-moi, c'était plus facile de jouer au rugby qu'au foot, justement à cause de mon père. Ils étaient presque indulgents avec moi, au rugby. Même si personne n'a vraiment compris pourquoi j'avais choisi ce sport.
Un pied de nez à votre père, aussi ?
Un peu, concéda-t-il, souriant. Je n'étais pas mauvais. Mais je dois dire que le sport... ça n'a jamais été mon truc.
On aurait pu croire, vu vos parents... moi c'était le criquet. J'étais pas mauvais non plus, mais c'est toujours resté un truc pour me faire plaisir. Vous jouez encore, de temps en temps ?
Pas vraiment. Je n'ai pas le temps, avec l'entreprise. Mais pour être le meilleur de son secteur, il faut de la rigueur. La même que dans le sport. Ça je l'ai appris de mes parents. Faire quelque chose pour le plaisir... je n'y arrive pas vraiment. Même si Sandra m'apprend, Clarice aussi, elle essaye, à sa manière.
Jones ne sut pas quoi répondre. Se faire plaisir, c'était inné pour lui. Parfois même un peu trop.
Nous y allons ?, demanda Robbie, dans un magnifique costume trois pièces. Détendu, sûr de lui. Il ajustait ses boutons de manchettes tranquillement. Il troquait sa montre connectée contre une autre, un modèle à aiguilles, de luxe, ça allait sans dire. Jones ne put s'empêcher d'essayer de défroisser sa cravate. « Comment j'ai réussi à froisser une cravate ? Hein ? », s'agaçait-il. À côté de Robbie Swann, il avait l'air du cousin de province, un peu pataud. Classe pour un provincial, en somme. Là où Robbie avait simplement l'air chic. « L'aisance, ça doit être ça... peut-être la démarche, aussi ? », se questionnait-il en observant Robbie, devant lui.
Je vous aurait bien emmené au manoir, mais je dois passer au bureau, inspecteur.
Jones continuait à faire le tour de la pièce de trophées d'entreprise en coupures de presse encadrées, dans ses pensées, sans voir que Swann s'impatientait, dans l'entrée.
Bien. Vous n'aurez qu'à claquer la porte en sortant, inspecteur. Je n'ai rien à cacher, laissa-t-il tomber en s'éloignant dehors.
Oui, oui... répondit Jones, sans l'écouter. Ça le fascinait, qu'une maison puisse être aussi pleine d'objets de valeur, mais aussi vide de présence humaine. Seul dans ce salon immense et froid, il se sentait mal à l'aise. Comme toujours quand les lieux étaient trop nets, ou dénotaient une certaine richesse, qu'il était loin de pouvoir atteindre, même en ayant la carrière de ses rêves. C'est alors qu'il l'entendit.
« Bip. Bip. Bip. » La montre connectée posée sur la table basse. Jones se précipita, et s'accroupit, le regard au niveau de l'écran. Robbie venait de recevoir deux messages et un mail.
« Est-ce que ce serait... ? », pensa-t-il tout haut. Il prit en photo la montre avec son téléphone, puis appela Barnaby, tout en sortant devant la maison. Il cherchait le costume sombre de Robbie, dans la rue. Rien. Pourtant il n'était pas sorti depuis très longtemps. « Allez-y, foncez », hurla Barnaby dans le téléphone à son oreille. Il ne se fit pas prier, et remonta la rue au pas de course, pour déboucher sur la place. Il manqua de se faire faucher par un taxi qui déposait un couple d'invités au mariage devant l'église. Contre l'avis de la pancarte « ne pas marcher sur la pelouse », il traversa la place, pour se diriger droit chez les vieilles voisines, qui n'étaient plus installées devant leurs maisons. Les sièges étaient vides, les tasses de thé encore fumantes, nota-t-il, en se précipitant d'abord chez Betty, dérapant sur les graviers. Personne, tout avait l'air sagement fermé. Il ressorti donc pour passer chez Glenda, remonta en trombe l'allée gravillonnée de petits cailloux blancs, pour cogner à la porte. « Glenda ? Est-ce que vous êtes là ? Répondez ! »
Oui on est là, lui répondit-elle, derrière lui.
Il se retourna. Dans sa course, il n'avait pas prêté attention aux coins du jardin, protégé des regards par la haie. Elles étaient là, penchées sur le corps inanimé de Robbie Swann. Betty Woodrow avait à la main une pelle de jardin, et Glenda tenait un nain de jardin, avec un air menaçant. Robbie devait avoir une sacrée plaie à la tête. Jones resta interdit quelques secondes.
On a bien failli vous attendre, inspecteur. Vous l'arrêtez, non ?
Euh...oui. Oui. Ceci dit, inconscient, il ne peut pas faire de mal. Je vais commencer par appeler une ambulance.
Allez-y. S'il bouge, on s'en occupe !
Ils étaient tous là. Les Worthington. Prenant la pose dans le grand salon du manoir, sans avoir l'air le moins du monde affectés par les meurtres des derniers jours. Ils n'avaient d'autre choix que de se soumettre à l'autorité des policiers, mais ils faisaient bien sentir que c'était la dernière de leur priorité. Leurs expressions allaient du mépris pour Esmée à la totale indifférence de Diane, en passant par l'impatience des futurs mariés. Seules Clarice et Sandra avaient l'air vaguement inquiètes de ne pas voir Robbie parmi eux, mais elles n'en disaient rien. C'était pour eux un mauvais moment à passer, avant de pouvoir retourner vaquer à leurs occupations. « Comme pour une photo de famille, dépourvue de quelques branches de l'arbre généalogique, depuis la première fois », remarqua John Barnaby. Le futur mari de Sandra gardait bonne figure. Mais à l'évidence, il aurait préféré ne pas tomber en plein drame familial, pressentait-il, et encore moins au beau milieu d'une enquête criminelle.
Mesdames et Messieurs, je serai bref, commença Barnaby. Je ne sais que très bien à quel point cette journée est importante pour vous tous. Je...
Ça c'est sûr, ce n'est pas vous qui avez une réception à donner ! Je dois donner des instructions au groupe de musique, sans parler du traiteur et des artificiers, grommela Diane.
Où est Robbie ?, demanda Catherine qui semblait atterrir. Elle n'avait jusque là pas remarqué l'absence de son fils.
J'y viens, Madame. Je serai donc bref. Votre fils, Catherine, est en état d'arrestation. Il est actuellement pris en charge par les ambulanciers de Causton, suite à sa rencontre malencontreuse avec Betty Woodrow et Glenda Grady.
Il n'eut pas le temps de poursuivre sa démonstration. Les Worthington se mirent tous à hurler au scandale en même temps.
Comment ça, en était d'arrestation ? Mais qu'est ce qu'il aurait fait ?
Vous profitez du fait que Frederick soit mort, nous n'avons plus d'avocat conseil à domicile !
Glenda Woodrow et Betty Grady ? Qui c'est ?
Étonnement, Sandra, John, Clarice et Maggie restaient silencieux. C'étaient les trois sœurs qui s'égosillaient d'indignation.
Je vous prierai de bien vouloir garder votre calme, le temps que je vous explique. Vous pourrez retourner aux mariages...
...et enterrements, on enterre aussi les trois maris juste avant les mariages, le coupa Diane. Voyant l'air perplexe de l'inspecteur, elle se justifia : « C'est plus pratique pour le pasteur », se renfrogna-t-elle. « Alors, allez-vous réussir à nous dire ce qui se passe, à la fin ? », s'énerva-t-elle.
Barnaby attendit que les voix se transforment en murmures. Comme lui disait sa femme, « il faut savoir capter son auditoire ». Facile pour elle, elle avait des lycéens. Lui, des familles comme les Worthington. Il s'éclaircit la gorge avant de reprendre. Ça y est, il avait toute leur attention. Autant ne pas rater le créneau.
Nous avons procédé à l'arrestation de Robbie Redding pour les meurtres de Teddy Worthington, Charles Swann et Frederick Redding. En vérité, il s'apprêtait à faire taire le témoin principal, Betty Woodrow.
La vieille chouette qui habite sur la place ? S'enquit Diane.
Celle-là même. C'est elle qui nous a apporté la preuve auditive que c'était bien Robbie l'assassin.
Mais ça n'a aucun sens, fit Catherine, pourquoi mon fils aurait-il tué Teddy, Frederick et... son père ? Déglutit-elle avec peine.
Je crois que c'est par amour qu'il a fait ça. Lorsqu'il a repris conscience, il a avoué. Il a aussi dit « Je voulais juste la protéger ». Nous avons découvert que les trois victimes avaient joué en bourse, avec un compte offshore. Jusqu'ici, rien qui ne puisse pousser ce jeune homme au meurtre. Quoique nous lui demanderont, mais il a dû être sacrément surpris que ces trois hommes qui n'avaient rien en commun aient décidé de s'associer pour faire plus d'argent qu'ils n'en avaient déjà. Robbie l'a découvert aussi. Pour les chiffres, il est doué. Il a vite compris de quoi il retournait. Lui qui avait dû travailler dur pour relever son entreprise, ça a dû le mettre en rogne. Mais quand il a vu que le compte servait principalement à renflouer le cabinet de Frederick Redding, qui avait très mal joué ses investissements, il est passé à l'action. Je crois que vous pouvez comprendre pourquoi, n'est ce pas ?, fit-il doucement à Sandra, assise sur le divan, les doigts entremêlés avec ceux de son fiancé.
Elle soupira, regardait le bout de ses chaussures, fébrile. De sa main libre, elle lissait le jupon de sa robe de mariée.
Il était amoureux de moi, quand on était petit. Depuis toujours, en fait. Ça n'avait rien de sérieux ! On était gosse... Mais je ne pensais pas que... je croyais que ça lui était passé, avec le temps, je n'ai jamais... assura-t-elle à John, qui lui sourit silencieusement. Elle se retourna vers Barnaby. « Je ne l'ai jamais encouragé à quoique ce soit ! » lui dit-elle d'un air de défi mêlé de désespoir.
Et je vous crois, Mademoiselle. Je crois aussi qu'il n'a pas supporté de savoir que vous alliez prendre la tête d'un cabinet d'avocat compromis. Surtout, que vous, si innocente, si droite, alliez sûrement devoir affronter une belle campagne médiatique pour vous discréditer, lorsque tout aurait éclaté dans les médias. Il a choisi de les punir tous, et ce faisant, de détourner l'attention médiatique sur les meurtres plutôt que sur le cabinet, pour vous protéger. C'était intelligent. Personne ne va prêter attention aux dires d'un expert comptable quand l'associé majoritaire s'est fait assassiné, à quelques jours de son célèbre beau-frère, un joueur de foot d'envergure nationale.
Alors, il a tué Charles ? C'est lui qui... ?
Catherine n'arrivait pas à finir sa phrase. C'était encore trop difficile d'admettre que son fils soit un meurtrier. Qui plus est celui de son bien aimé mari. Depuis sa mort, elle n'avait cessé de le chercher à ses côtés la nuit. Même si elle savait très bien qu'elle trouverait vite une nouvelle présence nocturne, il lui manquerait toujours.
Il a en effet été jusqu'à éliminer son père. Ce qui a été facilité par le fait qu'il ait participé aux jeux en bourse.
Barnaby marqua une pause. Le temps qu'ils absorbent la nouvelle.
Il voulait protéger Sandra. Peut-être la seule personne qu'il ait jamais réellement aimé. D'une manière assez tordue, c'était une preuve d'amour.
Il se tut. Pour une fois, les Worthington restaient silencieux. Ce qui n'augurait rien de bon. Il s'empressa d'ajouter :
Je vous adresse mes condoléances, et mes félicitations pour les mariages.
Il hocha la tête en sortant de la pièce, sans s'étonner que personne ne demande plus de nouvelles que cela de Robbie. Ce fut Diane qui brisa le silence.
« Allons-nous les enterrer, oui ou non ? Et les mariages n'attendront pas non plus, les fiancés risqueraient de se décourager ! »
Barnaby sourit en franchissant les portes du manoir, Jones sur ses talons. Les festivités du jour seraient magnifiques, il n'en doutait pas. Avec un peu de chance, les sœurs Worthington se retrouveraient de nouveaux prétendants dès ce soir.
