Heyy !

Et ouiii ! Le nouveau chapitre est là ! Je ne sais plus exactement quel jour du mois dernier j'avais posté le chapitre 1, mais sachez que vous aurez désormais une date fixe : tous les premiers du mois ! Comme ça au moins, vous savez à quoi vous attendre, et vous aurez le droit de me taper dessus si je suis en retard :p (d'autant plus qu'après celui là, il me reste le chapitre 3 entièrement rédigé avant de tomber en rade, vous êtes prévenus ^^).

Un chapitre avec un premier retour en arrière dans le passé de Draco à Poudlard !

Rendez-vous en bas pour les réponses aux reviews et bonne lecture !


PETIT DRAGON

Chapitre 2

De son côté, après avoir raccroché, Draco se précipita vers son armoire pour en sortir sa plus grosse valise. Aussitôt qu'il l'eut ouverte, il s'empressa de la remplir de tout ce qu'il possédait et qu'il jugeait indispensable : vêtements, livres, cours, trousse de toilette, nécessaire à dessin et tout effet personnel ayant une quelconque valeur sentimentale à ses yeux. D'un autre côté, il se saisit d'un sac à dos qu'il rempli aussitôt de son ordinateur, de son appareil photo et de son téléphone portable, de leurs chargeurs respectifs, de ses écouteurs et d'une photo de son frère et lui, datant de la remise des diplômes du cadet. Une fois toutes ses affaires emballées et posées à terre, prêtes à être emmenées, il réalisa qu'il n'emportait finalement que peu d'objets ayant une réelle valeur sentimentale, et se fit la réflexion que, vue sous cette angle, sa vie passée lui semblait bien morne, et qu'il ne pouvait finalement qu'aller de l'avant. Fort de cette résolution, il prit cinq minutes pour écrire quatre missives qu'il laissa en évidence sur son lit, une pour chacun des membres de sa famille, et une quatrième pour le majordome de la maison Malfoy, Dobby, qui l'avait bien plus élevé que son propre père, et à qui il ne pourrait certainement pas dire au revoir.

Il se saisit alors de ses bagages et, sans se retourner, quitta ce qui fut sa chambre d'enfant, l'une des rares pièces de cet étrange manoir dans laquelle il se sentait un tant soit peu chez lui.

Il descendit les escaliers en prenant bien soin de faire le moins de bruit possible, sortant sous la pluie en direction du taxi qui l'attendait devant les marches du perron. En refermant la porte, il eut l'amère sensation d'une page qui se tourne, savant mélange de nostalgie et d'impatience. Il avait peur de quitter ce confort qu'il avait toujours connu, peur d'affronter cet avenir dont il ne connaissait rien et qui s'annonçait plus qu'incertain, mais n'avait désormais plus qu'une seule hâte : lui tendre les bras.

Alors qu'il regardait les lourds battant de bois de son ancienne demeure s'éloigner à travers la vitre ruisselante de pluie du taxi, Draco repensa à sa conversation téléphonique avec son ancien professeur. Ainsi donc, ce dernier avait fini par trouver chaussure à son pied. Qui aurait cru que l'irascible Severus Snape, terrible professeur de physique-chimie à l'internat de Poudlard, dont la passion quotidienne était de donner des cauchemars à ses élèves, puisse trouver quelqu'un le supportant tous les jours de toutes les semaines que Dieu avait bien voulu leur offrir ? Lui, peut-être. Mais certainement pas depuis très longtemps.

Il se rappellerait toujours avec précision du moment où sa vision de son professeur avait changée.

Draco avait, depuis ses onze ans, été scolarisé dans un internat très réputé dans la haute société du Royaume Uni, et dans lequel avaient étudiées toutes les générations de sa famille et de celle de sa mère. En réalité, tous les enfants des plus grands businessmen d'Angleterre, d'Ecosse, d'Irlande et du Pays de Galles venaient faire leurs études dans cet institut durant huit longues années. Cette tradition perdurait depuis des millénaires, si bien que personne ne se rappelait vraiment de la date précise de son commencement, et qu'aucun registre ne mentionnait même plus la date d'ouverture de l'école.

Poudlard. Un nom qui en faisait rêver plus d'un. Pourtant, en dehors de la sphère la plus riche de la société anglo-saxonne, il n'évoquait plus rien pour personne. En effet, si très réputée dans certains milieux, cette école d'un genre à part mettait un point d'honneur à respecter un secret et une discrétion à toute épreuve. Il se disait qu'il s'agissait là d'une condition imposée lors de son ouverture par une population d'élite et qui voulait le rester. De fait, l'on n'y rencontrait finalement que peu de personnes inconnues jusque là, et ce système ne servait désormais plus qu'à consolider des relations dans l'objectif d'assurer un peu plus son propre avenir.

Cette école différait de toutes les autres en bien des domaines. Premièrement, tous les élèves s'y rendaient grâce à une ligne de train spécialement dépêchée pour cette institution lors des rentrées scolaires et départs en vacances. Ensuite, les cours étaient donnés, non pas dans un bâtiment préfabriqué dans lequel toutes les pièces s'empilaient et se ressemblaient, mais dans un très vieux château lui-même sans âge, et dans lequel on avait d'ailleurs, de mémoire d'homme, toujours connu l'école. Par ailleurs, les élèves étaient représentés, là encore, non pas par des délégués élus dans chaque classe, mais par quatre élèves de leur Maison, deux filles et deux garçons de Cinquième et de Huitième Année, tous désignés par les Professeurs. Les élèves étaient récompensés ou punis grâce à un système de points, mis à jour quotidiennement par le concierge de l'école, Argus Rusard, toujours accompagné de son éternelle chatte, Miss Teigne. Il était là depuis tellement longtemps qu'il semblait faire partie du décor, et effrayait les élèves qui prenaient bien garde à toujours s'en tenir à bonne distance. En dehors de cela, l'école de Poudlard était entourée de tout un mythe et de rumeurs, probablement lancées et mises en place par des générations d'élèves au fil du temps. Il se murmurait par exemple que de nombreux fantômes vivaient au château, dont quatre qui seraient les gardiens des différentes sections et un, esprit frappeur, dont le passe-temps favori était de faire des blagues et de tendre des pièges aux élèves. Il se disait aussi que l'accès aux cuisines se faisait grâce à un mystérieux tableau, qu'il existait une salle métamorphosable à volonté, et même qu'un basilic, une sorte de serpent géant, hanterait les lieux. La devise même de Poudlard, « Draco dormiens nunquam titillandus » (littéralement, « on ne chatouille pas le dragon qui dort »), portait à confusion : devait-on la prendre au sens propre ou comme une métaphore ? Enfin, plus prosaïquement, l'organisation des vies scolaire et extra-scolaire des élèves. Ils étaient répartis en quatre catégories appelées « Maisons », dans lesquelles ils passeraient les huit années que dureraient leurs études. Ils étaient répartis le jour-même de leur rentrée, grâce à un questionnaire de personnalité, dans l'une des quatre ailes du château, qui ressemblaient finalement un peu aux fraternités universitaires américaines. La première des quatre Maison, Serdaigle, était la filière économique et sociale de Poudlard. Scorpius y avait d'ailleurs été réparti lors de sa première rentrée. Ils étaient vus comme les élèves les plus studieux de l'école et arboraient sur leur uniforme un écusson à l'emblème de l'aigle, symbole de clairvoyance et de vivacité. Leurs cravates, bordures de vestes et écharpes étaient d'ailleurs, comme c'était le cas pour toutes les autres Maisons, aux couleurs de ce sigle, bleu roi et bronze. Venait ensuite Poufsouffle, la filière littéraire de l'école. Catégorisés comme les rêveurs et amoureux par les autres élèves, ils étaient réputés pour leur fidélité et leur gentillesse à toute épreuve, ce qui leur conférait parfois aussi l'image de personnes un peu niaises. Représentés par un blaireau, ils arboraient fièrement le jaune et le noir sur leurs vêtements et accessoires. La troisième Maison était un peu à part, puisqu'elle regroupait tous les élèves en sport-étude de Poudlard. Gryffondor, représentée par un flamboyant lion rouge et or, était le symbole du courage et d'un esprit frondeur à la limite, pour certains, de la stupidité. Poudlard était d'ailleurs très célèbre pour son équipe de polo, sport emblématique des gentlmen anglais. Enfin, la quatrième et dernière Maison de Poudlard, et peut-être la moins appréciée d'entre elles, celle des scientifiques : Serpentard. Stigmatisée comme étant le repaire des fourbes et des manipulateurs, la Maison Serpentard n'était pas aidée par son emblème, qui représentait un serpent aux couleurs vert et argent. Une ancestrale rivalité existait d'ailleurs entre Serpentard et le reste de Poudlard, et en particulier avec les Gryffondors, les membres des deux Maisons s'opposant totalement sur le plan du caractère.

A cause de son amour pour les sciences, et notamment pour la physique-chimie, et sa curiosité naturelle pour le monde qui l'entourait, Draco avait été réparti à Serpentard. Bien sûr, il avait reçu son lot de brimades en tout genre, mais il n'arrivait pas à regretter ce choix de la part du corps enseignant. Parce que cette Maison lui correspondait, toute en froideur et en retenue. Il ne se serait pas senti à l'aise dans un endroit où les marques d'affection arrivaient de tous les côtés, éducation Malfoy oblige.

Il avait quinze ans à l'époque, et venait à peine de s'avouer son homosexualité. Ça avait toujours été une certitude ancrée en lui, mais à cause de son éducation et dans le milieu dans lequel il avait toujours évolué, il n'avait jamais réussi à l'admettre, que ce soit auprès de ses proches ou dans son propre cœur. Pourtant, la nuit dernière avait fait basculer toutes ses certitudes et résolutions inconscientes de cacher ce qu'il était au plus profond de son être. Parce que la nuit dernière avait été mouvementée. Pour la première fois de sa vie, le jeune adolescent qu'il était avait expérimenté les délires oniriques de ses hormones en pleine ébullition, qui avaient conduit ses rêves sur la douce pente du plaisir nocturne. Cette nuit avait été, de ce qu'il s'en souvenait, un pur délice. Il n'avait d'ailleurs jamais été aussi heureux de son statut de Préfet, qui lui conférait une chambre individuelle et une intimité à toute épreuve. Pourtant, le retour sur terre qui avait accompagné son réveil avait été brutal. Lorsque sa conscience avait de nouveau émergé des limbes labyrinthiques du sommeil, il avait alors violemment réalisé toute l'ampleur de ce que cela signifiait. Désormais, plus question de se mentir : il était homosexuel. Et, oh mon Dieu, comment allait-il bien pouvoir assumer cela ? Pris d'une crise de panique subite, il avait senti sa respiration commencer à s'accélérer. Sans trop savoir pourquoi ni comment, il s'était levé à toute allure avant de se rendre dans la salle de bain attenante pour vomir le contenu intégral de ses tripes. Dégouté, horrifié, c'était lui-même qu'il vomissait à présent dans le tuyau sale et humide de ces sanitaires.

Il avait tenu une semaine à ce rythme, tentant tant bien que mal de faire bonne figure, avant d'être convoqué chez son professeur principal, le Professeur Severus Snape. Un peu angoissé à l'idée de se rendre dans ce bureau, Draco était tout de même plus ou moins serein. Il savait qu'il n'avait rien à se reprocher, encore moins auprès de ce professeur en particulier puisque la matière qu'il enseignait était celle qu'il préférait et qu'il écoutait avec le plus d'attention. Il penchait plutôt plus pour une quelconque information liée à son statut de Préfet, et n'était de ce fait soumis qu'à la pression de se retrouver en face d'une figure d'autorité. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il pénétra à l'intérieur du bureau de son professeur, de voir ce dernier lui faire signe, non pas de s'assoir sur l'un des deux fauteuils faisant face à son massif bureau en bois, mais de le suivre à travers une autre porte, au fond à droite de la pièce. Ils atterrirent alors dans un salon tout à fait charmant, au centre duquel trônait un épais tapis à motifs orientaux. Sur ce tapis, face à la cheminée, se tenait un canapé encadré de deux gros fauteuils, tous capitonnés de cuir brun un peu poli. Toujours au centre du tapis reposait une table basse en bois sombre et aux quatre pieds arqués, sur laquelle était disposé un service à thé fumant, prêt pour une dégustation.

L'élève de Cinquième Année resta bloqué sur le pas de la porte, incapable de la franchir, et encore moins de comprendre pourquoi son professeur et directeur de Maison l'avait fait venir dans cette partie de ce qu'il supposait être ses propres appartements personnels. Voyant qu'il ne bougerait probablement pas de son propre chef, son professeur décida d'agir à sa place.

« Veuillez vous asseoir M. Malfoy. J'ai à vous parler. »

Toujours sans un mot, le jeune garçon s'approcha timidement de l'un des grands fauteuils avant de s'y asseoir, retenant à grand peine un soupir de bien-être face au confort de ce dernier. Rapidement, une tasse de thé bien chaude lui fut remise, et il se fit la réflexion que s'il avait su, il aurait probablement fait un détour par les appartements de son professeur principal plus tôt.

Ils conservèrent ce silence confortable quelques instants, avant que le Professeur Snape ne se décide à prendre la parole.

« Le reste des enseignants et moi-même sommes très inquiets pour vous, Draco. »

Le Serpentard se figea subitement, raide comme la justice sous le regard sombre et inquisiteur de son chef de Maison. Il n'y avait pas à dire : pour quelqu'un ayant appartenu à une Maison à la réputation de fourberie et de manipulation, Severus Snape ne tournait pas autour du pot.

« Que voulez-vous dire par là, Professeur ? »

Un soupir agacé passa la barrière des lèvres du docteur en chimie aux yeux sombres.

« Ne me prenez pas pour un imbécile, M. Malfoy. Vous n'écoutez plus rien, même dans mon cours, alors que je pense pouvoir affirmer sans me vanter ni me tromper que c'est celui que vous affectionnez le plus, vous êtes encore plus pâle qu'une feuille de papier, à tel point que vous en paraissez transparent et qu'il me semble apercevoir les briques du mur à travers vous de temps à autres, et les cernes qui campent sous vos yeux s'apparentent plus à des valises que votre bouche trainerait derrière elle tellement elles sont grandes ! Alors, je ne vous le demanderai qu'une seule et unique fois, M. Malfoy : que se passe-t-il ? »

Intérieurement, Draco était en proie à un dilemme, un doute énorme tel qu'il n'en avait jamais vécu auparavant. Sa tête lui disait, doux euphémisme, lui hurlait de ne surtout rien dire au Professeur, qui restait une connaissance de ses parents puisqu'ils avaient été à Poudlard en même temps, et qui pouvait très bien aller tout leur raconter et le dénoncer auprès d'eux. Sa conscience, elle, lui soufflait que son enseignant préféré pouvait, non seulement le dénoncer, mais en plus le rejeter à son tour. Bien évidemment, Draco n'avait jamais été particulièrement proche de Severus. Mais il se considérait tout de même, et à raison, comme son élève préféré ou, du moins, le moins détesté. Il se savait doué dans sa matière et, plus que tout, il était conscient que cela attisait la curiosité de son supérieur. Il avait d'ailleurs toujours eu l'intime conviction que, depuis qu'il était arrivé à Poudlard, l'enseignant veillait constamment sur lui. Et il savait, pour toutes ces raisons, qu'un rejet de la part du Professeur lui ferait beaucoup trop mal pour son propre bien. Mais, et c'était aussi pour toutes ces raisons, Draco avait en même temps très envie d'écouter son cœur. Son cœur qui, battant la chamade en cet instant, lui soufflait de faire confiance à son enseignant, parce que jamais il ne lui avait donné une quelconque raison de douter de lui, de sa droiture et de sa justice. Même s'il était partial en cours et réprimandait plus facilement les élèves ne provenant pas de sa Maison, tous, au sein de Serpentard, savaient que ce n'était que justice, afin de contrebalancer les préjugés dont faisaient même preuve les membres du corps professoral à l'égard des élèves de la Maison verte et argent. Toutes ces questions lui créaient une boule au ventre dont il n'arrivait pas à se défaire.

Le Professeur de physique-chimie Severus Snape se savait être le possesseur de nombre de défauts. Pourtant, s'il y avait bien une qualité dont il se targuait de faire preuve, c'était l'observation. Il en était arrivé à un stade où l'on pouvait presque appeler ça de la télépathie, tellement il avait, et tous ceux qui le connaissaient aussi, la sensation de pouvoir lire dans les pensées des gens s'il se concentrait suffisamment. De fait, en observant attentivement, non seulement la posture, mais aussi le regard de son élève le plus talentueux, que ce soient ses épaules tendues, son dos vouté, ses mains crispées sur sa tasse ou encore cette petite lueur au fond de ses yeux, tout le menait à cette conclusion des plus terrible : le jeune Malfoy avait peur. Il ne savait pas de qui, ou de quoi, mais cet enfant était en cet instant terrifié, pétrifié dans son salon, comme une bête traquée, une proie qui sait que le chasseur se rapproche, mais se sent totalement impuissante face à la situation dans laquelle elle se trouve.

« Vous n'avez pas à avoir peur, Draco. Tout ce que vous direz dans ce bureau restera entre nous, je vous le promets. Je garderai pour moi tout ce que vous me direz, à condition que vous en fassiez de même me concernant. »

Ces paroles eurent le don de soulager le jeune homme d'un poids immense. Il ne savait pas si c'était l'emploi de son prénom, la promesse que rien ne serait divulgué ou le fait que son professeur se mette sur un pied d'égalité avec lui, mais ces simples phrases le firent lâcher prise, et enfin, enfin, il pu commencer à se confier.

« Je… je crois que je suis homosexuel. »

Cette phrase, lâchée avec hésitation et tremblements, eut au moins le mérite de clouer le bec de son Professeur, chose dont, il en était plus que certain, rêvaient plus des trois-quarts des élèves de cette école. Cependant, incapable d'affronter l'adulte en face de lui, Draco plongea son regard au fond de sa tasse de thé qui refroidissait peu à peu entre ses mains. Il aurait pourtant eu besoin, en cet instant, de toute la chaleur du monde. Il aurait peut-être du garder ses yeux levés, parce que la tête de Severus Snape valait, en cet instant, tout l'or du monde, et lui aurait peut-être apporté un certain réconfort. Bouche entrouverte, yeux écarquillés et teint encore plus pâle qu'à son habitude, le célèbre professeur de physique-chimie qui avait terrorisé des générations entières d'élèves n'avait, pour l'instant, plus rien d'effrayant du tout. Ça alors… S'il s'y attendait… Reprenant peu à peu ses esprits, il observa quelques secondes son élève. Le voyant ainsi crispé et angoissé, il se traita mentalement d'idiot pour avoir mis autant de temps à assimiler l'information. Son élève avait besoin de réconfort et d'acceptation, pas d'un adulte visiblement en état de choc et incapable de faire quoi que ce soit ! Se donnant une tape intérieure derrière la tête, il se leva et se saisit d'un plaid qu'il déposa lentement et avec toute la douceur dont il était capable sur les épaules frêles et tremblantes du jeune garçon. Cette fois, au lieu de reprendre sa place en face de lui de l'autre côté de la petite table basse, il choisit de s'asseoir à ses côtés, à sa droite sur le canapé afin de lui transmettre un minimum de réconfort.

Pendant tout ce temps, Draco était resté les yeux baissés, recroquevillé sur lui-même, crispé autour de sa tasse comme si elle était devenue une part intégrante de son corps, son centre de gravité. Soupirant, parce que, définitivement, ce garçon lui ferait faire tout et n'importe quoi, il passa un bras autour de lui par dessus le plaid et le rapprocha de son torse. Son autre main vint naturellement se porter à la nuque du jeune homme pour l'amener à déposer sa tête contre sa propre clavicule. Il lui enleva la tasse des mains pour la poser sur la table près de lui et, une fois fait, la repassa autour du corps un peu trop mince de l'adolescent désormais pelotonné contre son torse. Tout cela s'était fait sans un mot, les seuls bruits retentissant dans la pièce étant le crépitement des flammes dans la cheminée, et les bruissements de tissus lorsqu'ils se mouvaient.

Toute cette douceur, toute cette attention, celles qu'il n'avait jamais reçues, même de la part de sa mère, alors qu'il en avait tant eu besoin, bouleversèrent Draco à un point qu'il n'aurait jamais cru possible. Tous ses muscles se relâchèrent dans l'étreinte de son professeur, lui permettant de se détendre totalement. Il ne s'en rendit probablement pas compte, mais il se blottit encore un peu plus contre Severus, très certainement à la recherche d'encore plus de douceur et de chaleur.

Tout cela, tous ces éléments auxquels il était tout sauf habitué, toutes ces attentions qui, en soit, n'étaient pas grand chose, mais qu'il recevait pour la première fois, firent que, enfin, il laissa tomber ses barrières. Cela commença par une larme, puis deux, puis dix. S'ensuivit un véritable torrent, qui se déversait sur la chemise de son professeur. Les larmes muèrent, devinrent lourds sanglots, et il déversa à travers elles tout ce qu'il ressentait et qu'il n'avait jamais, ne pourrait jamais exprimer, toute sa tristesse, sa colère, sa peur, toutes ces émotions qu'il gardait précieusement pour lui et qui le rongeaient peu à peu de l'intérieur, l'empêchant de dormir, de manger, de vivre.

Il ne le réalisa pas immédiatement, mais Severus avait commencé à passer sa main droite de bas en haut sur son dos, lui procurant caresse et réconfort. Dans le même temps, celui que l'on surnommait la « chauve-souris » de Poudlard descella ses lèvres pour lui murmurer des paroles qui, il le savait, lui feraient du bien.

« Chuuut, Draco, shhh… Je suis là, tout ira bien vous verrez. Vous allez vous en sortir, ne vous en faites pas, ce n'est pas grave, shhh… Oui, là, pleurez, ne vous en faites pas, ça vous fera du bien mon garçon… Ce n'est pas un mal, Draco, vous verrez, tout se passera bien, je vais vous aider, je suis là, shhh… Doucement jeune homme, ça va aller… »

Et tous ces mots, tous ces gestes si improbables de la part d'un homme aussi sombre et froid furent comme une crème, un baume réparateur sur le cœur brisé de l'adolescent. Cette acceptation, cette… affection, de la part de quelqu'un qui avait tout sauf le profil d'un homme aimant, lui donnèrent une lueur d'espoir. L'espoir que les apparences étaient parfois trompeuses, et que cet avenir qui se profilait avec une telle noirceur pouvait peut-être dissimuler quelque chose de bien plus beau, voire même de radieux.

Draco pleura longtemps ce soir-là. Puis, une fois calmé, son professeur resta à ses côtés. Ils discutèrent longuement, le jeune homme restant dans le salon de son professeur jusque tard dans la nuit, avant de regagner sa chambre de préfet, les yeux rougis, le crâne lancinant, mais les épaules légères et le cœur en paix.

Cette soirée ne fut jamais plus abordée.

A suivre...


RàRs:

Guest : Coucou ! Ravie de rencontrer une autre fan de Puppy ! J'espère que mon histoire te permettra de prolonger le plaisir, et que ce chapitre t'as plu !


Voilà !

Alors ? Quels sont vos retours ? :p

Pour les personnes qui m'ont laissé des reviews avec un compte, je vous réponds immédiatement !

Des bisous et à dans un mois !

Tymara

Ps : merci pour tous vos favs et follows ! Prochaine étapes : les commentaires ! Oki ? ;)