Voici le second chapitre, Draco n'apparaîtra que dans le prochain (oui il sait ce faire attendre) et je tenais juste à préciser que je compte intégrer Scorpius dans mon histoire mais, non pas comme fils de Draco, mais comme étant son frère (son excuse pour son manque d'apparition sera donné par Draco plus tard). Et au passage je n'est pas de bêta donc je serai honorée d'en avoir une si quelqu'un le veut! Ça sera la première fois et faudra qu'on se mette d'accord sur comment agir mais ça m'intéresse grandement, bonne lecture sinon!

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Hermione n'avait pas pu dormir, pas un seul moment. L'envie de lancer des sorts de recherche pour savoir où était Harry la torturait, surtout à quelques heures de leur retrouvaille. Elle avait déjà user de toutes les occupations qui auraient pu la tenir à distance de sa baguette. Sa maison n'avait jamais été aussi propre,elle avait passé une partie de la nuit à astiquer chaque recoin, ne laissant pas ses parents dormir. Ces derniers priaient pour que l'heure de départ de leur fille arrive rapidement afin qu'ils n'aient plus besoin de s'accrocher à la cafetière et qu'ils puissent retourner se reposer. La mère d'Hermione se resservit une nouvelle tasse quand elle vit celle-ci entrer en tornade dans la pièce.

-N'as-tu donc vraiment rien d'autre à faire?

-Il faut que je m'assure de tout, je sens que je vais oublier quelque chose, je n'ai pas pensé à faire de liste ou à me préparer les derniers jours!

Un long silence s'installa durant lequel Hermione continua à retourner les tiroirs qui se trouvaient sur son chemin.

-Oui, on l'a remarqué. Tu ne veux pas partager avec moi ce qui te pèse sur la conscience? Fini par soupirer sa mère en attrapant la main de sa fille qui se dirigeait vers le café.

-N'ose même pas penser que je vais te laisser prendre une tasse. Tu es déjà toute excité et tu détestes le café. Pose toi avec moi pendant quelques minutes.

Hermione sentit le goût amer des remords, mentir et cacher à ses parents étaient deux actes qu'elle ne se sentait pas capable de réaliser. Elle les aimait et eux de même. Ils respectaient les choix qu'elle faisait peu importe les conséquences et s'ils interféraient, malgré tout, elle avait toujours le dernier mot.

Cependant expliquer à sa mère qu'elle avait failli mourir lors d'une des plus grandes batailles de l'histoire du monde magique et qu'elle avait mis en péril sa vie pour s'assurer que son meilleur ami reviendrait lui semblait être une erreur monumental qui pourrait lui coûter son billet de retour à Poudlard. Et qu'arriverait-il si Harry l'attendait sur la voie et qu'en ne la voyant pas il fasse demi-tour? Non. Mieux valait garder cela pour elle. Après tout, elle n'avait plus 7 ans pour venir raconter à sa mère sa vie en détail. Et encore moins quand cette même vie était en danger.

Hermione avala de travers sa salive et s'étouffa à moitié puis reprit son souffle et s'expliqua:

-J'ai juste quelques petits soucis avec les garçons et j'ai vraiment hâte de retourner à Poudlard mais j'ai toujours cru y rester que pour 7 ans alors y retourner une 8 ème année me retourne un peu le ventre. Mais ça ira mieux une fois là bas, promis.

-Oh, mais ma chérie ce n'est pas de ta faute si une inondation t'as empêché de finir tes études et t'obliges à repasser une année... Lui répliqua sa mère en lui lançant un regard attendri tout en lui caressant les cheveux.

Hermione lui offrit un pâle sourire. Ses parents avaient gardé un souvenir falsifié d'une partie de l'année qui s'était écoulé. Pour eux, elle était resté chez les Weasley pendant les quelques mois qu'avaient duré les travaux pour réparer les étages détruits par l'eau, mais face au temps perdu et irrattrapable, le directeur avait décidé d'annuler cette année et avait demandé aux élèves de se représenter l'année suivante. Du moins pour ceux qui voulait un diplôme. Elle n'avait même pas osé annoncer à ses parents le changement de direction de peur de fondre en larme.

Hermione regarda l'horloge murale.

-Encore trois heures... Ne m'abandonne pas, Harry... murmura Hermione en refoulant ses sentiment d'inquiétude.

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Eviter d'être reconnu, voilà ce qui poussait Harry à se cacher sous sa capuche qui lui tombait presque sous le nez. Quoi que même sans celle-ci, bon nombre d'élève aurait eu du mal tant il avait changé, car si avant il avait été un garçon tout en finesse et en grandeur, un peu maladroit parfois, maintenant il avait la carrure d'un bûcheron avec ses épaules larges et son dos tout en muscle. Il avait encore prit quelques centimètres mais c'était surtout sa musculature qui le changeait. Si l'on ne s'attardait pas sur son visage, car alors le manque de vie dans ses prunelles vertes qui, pourtant capter chaque mouvement, aurait pu mettre mal à l'aise n'importe qui. Là où il était resté durant ces quelques mois de repos, Potter n'avait pas eu accès à une source chaude pour se baigner et encore moins à la paire de ciseau qu'il lui aurait fallu pour lui enlever les longues mèches brunes qui lui tombaient tout autour de ses traits qui s'étaient affinés. Sa barbe mal rasé aurait picoté n'importe qui mais il avait fini par s'y attacher et avait décidé de ne pas chercher à y remédier. D'une démarche rapide mais assuré, Harry slalomait entre les corps que formaient le bloc d'humain dans la gare de King's Cross. Pour seul accessoire de voyage, il avait son sac, si l'on pouvait appeler ainsi le tissu rêche et usé qui maintenait ensemble les quelques vêtements qu'il avait pris avec lui. Sa baguette, elle, était caché ailleurs dans Londres, il n'avait pas osé l'emmener avec lui. Pas alors qu'elle avait causé autant de malheur, pas après avoir été manipulé par de si grand sorcier pour finalement retomber dans ses mains d'enfant.

Face au mur censé le ramener sur la voie 9 ¾, Harry s'arrêta et sortit le seul objet de valeur, qu'il gardait enchaîné à son pantalon et tout au fond de sa poche: une montre en argent qu'il avait gagné après un long et fastidieux entraînement durant l'été. Il était dix heure moins le quart. Le train partait à 11heures. S'il osait rester de ce côté là du mur, cela serait-il condamné comme une trahison à la promesse d'Hermione? Oui, certainement, mais il ne se voyait vraiment pas franchir de nouveau ce mur de brique. Il voulait courir hors de la gare et s'enfuir au bout du monde, là où ses souvenirs et ses pensés ne pourraient le suivre.

Une bousculade le sortit de sa rêverie et il vit que 3 minutes étaient passé. C'était la première fois depuis presque 1 mois que quelqu'un arrivait près de lui et le toucher sans qu'il ne s'en rende compte. Pour lui ça en disait beaucoup sur son état émotionnel. Il regarda attentivement la personne passé sans s'excuser et pousser son chariot dans le mur. Harry savait qu'il devait l'imiter, mais il ne voulait pas et partit s'asseoir sur un banc près du mur tout en scrutant le paysage. Chaque visage était passé au peigne fin et il s'adonna à un de ses jeux préférés: essayer de découvrir la vie des autres par leur attitude. Il commença avec la femme enceinte qui tirait une valise trop lourde pour ses bras malingres. Visiblement elle n'était pas en état de voyager. Harry l'aida tout de même à monter sa valise dans le train, sans oublier d'inspecter chacun de ses mouvements, puis il repartit très vite se remettre sur le banc. Il avait eu le temps de voir une chaîne doré à laquelle pendait une bague de mariage très belle, un diamant qui accrochait la lumière l'ornait, et clairement la personne en avait pris grand soin , mais maintenant elle se retrouvait caché sous un pull, à l'abri des regards indiscrets mais aussi du sien. La femme avait les yeux rougis et des larmes perlaient sous ses cils qu'elle avaient essayé de cacher en baissant la tête alors qu'elle remerciait Harry. Une séparation. C'est ce qu'il en avait conclu. La femme fuyait un mariage malheureux. Harry allait passé à une autre personne pour s'amuser mais à ce moment précis la cloche de l'église sonna 11 heures.

Un choc passa dans son corps et il resta tétanisé pendant quelques secondes avant de bondir avec son sac dans le mur. Harry se cogna fort la tête et fini sur les fesses du mauvais côté. Le mur ne le laissait pas passer. Son visage devint livide avant de s'empourprer. Il lâcha quelques jurons et posa sa main sur les briques qui se mirent à miroiter et à chauffer au point où Harry faillit retirer sa main, mais au même moment où il se sentait abandonner, le mur l'aspira et il finit de nouveau à quatre pattes.

Pas le temps de s'attardait, les portes se fermaient et les derniers au revoir retentissait dans l'air. Harry sauta jusqu'aux abords du train et empêcha la porte la plus proche de se fermer alors que ce dernier lâcher un sifflement strident. Harry monta la marche et jeta un dernier coup d'œil sur les quais. Toutes les familles présentent... Cela lui brisait le cœur mais lui redonnait aussi de l'espoir.

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Hermione faillit se jeter hors du train quand elle vit que celui-ci démarrait sans qu'Harry ne les rejoint dans leur wagon habituel. Seul les bras de Ron l'ont retenu à temps. Cette dernière lâcha un gémissement puis une flopée d'injure avant de lancer un regard paniqué à son petit-ami.

-Hermione, il va venir promis. Notre point de rendez-vous c'est Poudlard et tant qu'il y est avant minuit il ne lui arrivera rien. Respire.

-Mais quel idiote... je n'aurai jamais dû faire ce stupide serment! J'aurai dû le suivre à la trace, sans jamais le quitter des yeux! J'aurai dû nous enchaîner et jeter la clé dans un puits sans fond avant de nous enfermer dans une cabane! J'ai été stupide, tellement stu-... Se lamenta-t-elle tout en retournant s'asseoir.

-La confiance ne règne pas, alors?

Harry interrompu Hermione tout en lui lançant son sac de vêtement sur les genoux avec un sourire malicieux.

Celle-ci bondit dans les bras de son meilleur ami avant de rejeter son visage en arrière pour mieux l'observer.

-Mon dieu, tu piques! Ta barbe... attend je vais te trouver un rasoir. Et tes cheveux... C'est n'importe quoi, tu t'es vraiment laissé aller.

Harry laissa un petit rire lui échapper et lui annonça que rien au monde ne le pousserait à se couper les cheveux ou se raser.

Il serra de nouveau Hermione avant de la relâcher et d'attirer Ron à lui.

Les meilleurs amis se mirent à se taquiner l'un l'autre durant le trajet, savourant leur retrouvaille, mais sans jamais aborder leur retour à Poudlard ou sur les activités d'Harry. Hermione sentit chaque fibre de son corps se relâcher et elle pût finalement se reposer lors des 30 dernières minutes du voyage.

Si Ron avait appréhendé le retour de son meilleur ami, il se trouvait soulager de le revoir décontracter mais malgré tout ses efforts il se sentait plus intimidé que jamais par l'Élu. Sa carrure en imposait plus que jamais mais le regard qu'il avait eut avant de parler, Ron l'avait bien vu, était celui d'un être revenu d'entre les morts. Et c'était flippant. Ron n'avait pas laissé Harry partir avec ce regard, mais il était revenu avec...

À chaque fois que Ron avait ouvert la bouche pour répondre, il avait dû se retenir de demander à Harry si tout allait bien. Ce dernier l'avait senti mais n'avait pas relevé. Il était bien trop occupé à empêcher la bile qui lui brûlait la gorge de remonter face à l'arrivé imminente dans son ancienne maison. Mais il n'avait pas à se forcer auprès de ses amis, chaque réponse, chaque sourire lui venait naturellement. Il se sentait à sa place, car, après tout, ce n'est pas tant le lieu dans lequel nous résidons qui est notre chez soi mais les personnes avec qui nous le partageons.