Oh wow je m'attendais pas à un tel accueil ! :o
ça met la pression !

Merci du fond du coeur pour les reviews, les mises en favoris, les follows, vos gentilles messages sur twitter ou en privé... C'est juste énorme !

J'espère que cette histoire continuera à vous plaire et à vous intriguer et que vous prenez autant de plaisir à la lire que moi à l'écrire ! :D

Vous êtes les meilleures !


Février 2015
Samedi – 10h
Los Angeles – 108 Mifflin Street

- Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Demanda Regina alors que ses invitées et Henry prenaient place sur le canapé.

- Je boirai volontiers un café. Répondit Belle.

- Moi aussi. Ajouta Emma tout en regardant partout autour d'elle, encore sous le choc ces retrouvailles.

La décoration intérieure, sobre et épurée, reflétait un niveau de vie bien plus élevé que la moyenne.

Elle se rappela alors ce que sa collègue lui avait dit quelques jours auparavant : Regina était professeur de droit à l'université et vivait seule.

Emma s'interrogeait sur les raisons qui avaient pu pousser la jeune femme a acheté une maison aussi grande alors qu'elle n'avait, vraisemblablement, personne avec qui la partager.
Il aurait sans doute été plus facile pour elle d'acheter un appartement situé plus près de son lieu de travail. Mais, après tout, c'était Regina et elle n'avait jamais rien fais comme tout le monde.

- Henry ? Questionna la brune, un sourcil arqué.

- Non merci. Répondit-il poliment.

- Bien, je reviens dans un instant. Les informa leur hôte avec un large sourire qui semblait forcé. La jeune femme était nerveuse et, malgré toute ses tentatives pour paraître à l'aise et détachée, la blonde arrivait à percevoir le stress caché sous le masque.

Regina avait quitté la pièce depuis quelques secondes seulement qu'Henry se tournait vers Emma, l'air complètement paniqué.

- Je t'en supplie, ne me laisse pas ici avec cette espèce de Bree Van de Kamp ! S'exclama-t-il tout en gardant sa voix suffisamment basse, de manière à ce que la brune ne l'entende pas.

La jeune femme rit nerveusement à la supplique de l'adolescent.
Rien de tout ceci ne pouvait être réel ; sur tous les habitants de LA qui aurait pu accueillir Henry, quelles étaient les chances qu'ils tombent sur Regina Mills ?

- Henry, tu détestes quand les gens te juge sur ton aspect extérieur pas vrai ? Demanda-t-elle au jeune garçon. Celui-ci hocha la tête en roulant des yeux et elle continua : Alors ne fais pas la même chose. Cette femme pourrait te surprendre.

Leur hôte refit son apparition peu de temps après, déposant sur la table basse un plateau argenté garni de tasses, d'une cafetière et de petits gâteaux.

- Comment prenez-vous votre café ? Demanda-t-elle à Belle.

- Noir avec deux sucres, s'il-vous-plaît.

- Vous avez vraiment une maison magnifique. Déclara Emma, la voix légèrement tremblante, tandis que Regina préparait les boissons.

- Merci beaucoup. La brune lui adressa le meilleur faux-sourire que la jeune femme n'avait jamais vu et déposa une tasse de café devant elle.

La blonde fronça les sourcils en constatant que Regina se souvenait parfaitement de la manière dont elle aimait boire son café.

- N'hésites pas à te servir, tu es ici chez toi. Offrit la brune à Henry alors que celui-ci regardait les gâteaux avec envie.

- Merci. Il sourit faiblement et tourna la tête vers Emma ; celle-ci hocha la tête, l'encourageant silencieusement à se saisir de l'une des pâtisseries.

- Qui c'est ? Demanda-t-il, la bouche encore pleine, en se tournant vers une photo de la brune en compagnie d'un petit garçon qui ne semblait pas avoir
plus de 4 ans.
Les cheveux de la jeune femme y étaient beaucoup plus courts, indiquant que le cliché n'avait pas été pris récemment.

- Roland, le fils de mon ex-compagnon. Expliqua-t-elle en s'humidifiant les lèvres, l'air pincé.

Emma vit Henry se tendre immédiatement alors qu'il baissait la tête, se renfermant sur lui-même.

Elle connaissait cette lueur dans les yeux du jeune adolescent. Il avait peur.
Peur d'être renvoyé à l'orphelinat parce qu'un enfant plus jeune entrait dans la famille, peur de servir de substitut à la perte d'un autre enfant et de ne pas réussir à combler celle-ci.
Un coup d'oeil à Regina lui suffit pour savoir que la brune était également attentive aux réactions de l'adolescent.

- Tu pourras le rencontrer ce soir, il vient régulièrement à la maison. Ajouta-t-elle avec un sourire rassurant.

Belle enchaîna rapidement sur toutes les modalités administratives. Parlant sans interruption des allergies d'Henry, de ses antécédents médicaux et de son niveau scolaire.
Elle savait, par expérience, que l'adolescent pouvait vraiment être désagréable quand il ne se sentait pas en sécurité et elle voulait à tout prix quitter cette maison avant qu'il n'ait l'occasion de montrer cette facette de sa personnalité.

Emma, quant à elle, tentait de rassurer discrètement le jeune garçon. Elle lui souriait, cherchant à lui faire comprendre à travers son attitude et son regard qu'elle était là pour lui et que tout se passerait bien.
Celui-ci lui offrait, sans le savoir, une distraction plus que bienvenue ; elle ne savait pas comment gérer ce face à face avec la brune, tout était beaucoup trop perturbant, et se concentrer sur l'adolescent lui permettait de faire abstraction de toute cette incroyable situation.

La connexion entre Henry et la blonde n'échappa pas à Regina, celle-ci ne pouvait s'empêcher d'observer leurs échanges silencieux du coin de l'oeil tout écoutant distraitement Annabelle.

Près d'une heure plus tard, les deux jeunes femmes partirent après avoir fait compléter la paperasse nécessaire.

Emma tenta vainement de capter le regard de la brune ; elle cherchait un signe, un indice, quelque chose qui pourrait lui indiquer que l'adolescente qu'elle avait connue était quelque part à l'intérieur de cette femme murée derrière son masque de glace.
Mais Regina l'avait totalement ignoré, se cantonnant à des formules de politesses et à de faux-sourires crispés.

Juste avant que la porte ne se referme, la blonde croisa le regard d'Henry et son coeur se serra douloureusement dans sa poitrine.

- Ça c'est plutôt bien passé hein ? S'exclama Belle avec un large sourire alors qu'elles marchaient dans l'allée du manoir.

- Hmm.. Répondit distraitement Emma.

- J'ai vraiment hâte d'arriver à Seattle ! Soupira la brune une fois installée dans la voiture.

- On part demain matin. L'informa laconiquement la jeune femme alors qu'elle démarrait.

- Quoi ?! Elle pivota brusquement dans son siège, se tournant complètement vers la blonde. Emma, tout va très bien se passer pour Henry et j'ai des rendez-vous important demain !

- Hé bien, annule-les ou trouves-toi un vol mais moi je ne me tape pas 16h de route maintenant. Lui répondit-elle en baillant. J'ai très mal dormi, j'ai juste envie de retourner me coucher là.

La vérité était qu'elle se sentait physiquement incapable de quitter cette ville en laissant Regina derrière elle une nouvelle fois. Revoir la brune après toutes ces années la chamboulait profondément et elle espérait avoir l'occasion de lui parler avant de partir.

Elle s'inquiétait également pour Henry ; elle savait l'adolescent émotionnellement fragile et elle avait peur qu'il laisse ses insécurités se mettre entre lui et Regina.

Belle se laissa retomber brutalement sur son siège, soupirant en signe de défaite avant de prendre son portable et de téléphoner à son supérieur.

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Janvier 2002
Los Angeles

Le garagiste les entraîna dans une des allés la plus éloignée du parking et finit par s'arrêter devant une rangée sur laquelle cinq voiture étaient garées.

- Voilà les filles, ce sont les engins qui rentrent dans votre budget. Leur annonça-t-il fièrement. Je vous laisse faire votre choix et je repasse vous voir dans 15min.

Les deux jeunes adolescentes détaillèrent les voitures une à une avant de commencer à inspecter l'intérieur de chacun des véhicules.

Elles tentaient de masquer leur excitation et leur joie, essayant de paraître le plus mature possible, mais la vérité était qu'elles avaient envie de sauter dans tous les sens en hurlant tellement elles étaient heureuse.

Les deux jeunes filles avaient passé tout l'été à travailler afin de récolter l'argent nécessaire à l'achat de leur première voiture et Emma avait enchainé les petits boulots pendant les vacances de Noël pour grossir leur budget.

Souhaitant leur inculquer la valeur du travail et de l'argent, la mère de Regina avait refusé de les aider, les obligeant ainsi à se rabattre sur des véhicules d'occasions bon marché.

Mais peu leur importait que ces voitures aient déjà fait leur temps, les deux adolescentes étaient vraiment fières de pouvoir s'offrir seule ce symbole de leur liberté.

- J'aime beaucoup celle-là. Déclara Emma, assise à la place du conducteur, les deux mains sur le volant.

- Elle est jaune. Rétorqua Regina, installée sur le siège à ses côtés, inspectant le contenu de la boite à gant.

- Et alors ? Le jaune c'est cool. Répondit la blonde en haussant les épaules.

- Dans quelle dimension ? Questionna l'autre fille, un sourcil arqué et un léger sourire amusé au coin des lèvres.

- Oh allez, s'il-te-plait ! Gémit Emma avec une adorable moue qui ne manquait jamais de faire craquer la brune. Elle est unique et originale, comme nous.

- C'est clair qu'elle est spéciale.. Admit Regina en secouant la tête. La blonde savait toujours comment faire pour la convaincre. Et cette voiture lui plaisait également, elle avait ce petit quelque chose de plus ; elle semblait faite pour elles.

- Donc… On la prend ?

- On la prend. Confirma la brune avec un sourire tellement large qu'il lui faisait mal à la mâchoire.

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Février 2015
Samedi – 11h30
Los Angeles – 108 Mifflin Street

Regina observa la voiture jaune s'éloigner à travers la fenêtre du salon. Elle ferma les yeux un bref instant, tentant de retrouver le contrôle de sa respiration et de ses émotions. Elle ne devait pas pleurer, elle en avait fini de pleurer pour cette femme.

Secouant légèrement la tête, elle retrouva rapidement son sourire de façade.
Henry, elle devait se focaliser sur lui.
Après toutes ces années de démarche pour pouvoir devenir une famille d'accueil, elle se devait d'être à la hauteur. Elle voulait offrir à cet adolescent tous ce qu'il n'avait jamais eu.
Un foyer, une vie stable et de l'amour.

Se tournant vers le jeune garçon, elle prit le temps de le détailler. Assis sur le bord du canapé, il se tenait droit et triturait nerveusement ses mains. Il n'avait vraiment pas l'air à l'aise et elle pouvait aisément le comprendre.

- Bien, que dirais-tu d'une petite visite de la maison ? Proposa-t-elle avec une voix douce.

- Okay. Répondit-il comme si ça n'avait aucune importance pour lui.

Henry n'avait jamais eu l'occasion de vivre dans un endroit aussi grand et le tour du manoir l'impressionna autant qu'il lui donna la nausée.
La plupart de ses anciennes maisons étaient petites et surpeuplés d'enfants dans la même situation que lui. Les familles n'étaient généralement pas très riches, comptant sur l'argent versé par les services sociaux pour arrondir leur fin de mois.

- Et voilà ta chambre. Déclara Regina en ouvrant une porte située au fond du couloir du deuxième étage. Elle communique avec une salle de bain indépendante. De cette manière, tu n'auras pas à essayer de trouver de la place entre toutes mes crèmes. Tenta-t-elle de plaisanter maladroitement.

Henry lui offrit un sourire crispé, trop mal à l'aise pour répondre quoique ce soit. Tout ça était trop beau, trop parfait pour être vrai. Il se refusait de croire qu'il allait vraiment vivre là.

- Tu peux la décorer comme tu le souhaites, c'est ta chambre. Insista la brune, consciente des pensées du jeune garçon. On ira chez IKEA mercredi après-midi acheter tout ce qu'il te faut.

Il ne montra aucune réaction, se contentant de faire le tour de la pièce comme s'il s'attendait à ce qu'elle disparaisse d'un instant à l'autre.

- Est-ce que tu as faim ? Demanda Regina alors qu'Henry déposait sa valise dans un coin de sa chambre.

- Un peu. Répondit-il du bout des lèvres.

- Ça te plairait d'aller manger à l'extérieur ? Proposa-t-elle. On pourrait en profiter pour faire des courses pour le repas de ce soir.

- Comme vous voulez. Henry haussa les épaules, les mains vissés dans ses poches arrière.

- Tu peux me tutoyer tu sais. Lui assura la brune. Le jeune garçon ne prit pas la peine de répondre et, après un silence gêné, elle ajouta : Je te laisse t'installer, rejoins moi dans le salon quand tu te sens prêt à y aller.

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Janvier 2002
Los Angeles

Les deux jeunes filles sortirent de la maison de Regina et s'installèrent dans leur nouveau véhicule.

Bien que toute deux titulaires d'un permis de conduire, Emma s'installait derrière le volant presque à chaque fois. Elle adorait conduire et la brune préférait profiter du trajet pour réajuster son maquillage ou compléter son agenda.

- On pourrait passer le week-end à San Francisco. Proposa Regina l'air de rien.

- Pourquoi faire ? Répondit la blonde, les yeux fixés sur la route.

- Parce qu'on peut. La jeune fille était toujours très excitée par leur nouvelle acquisition. Elle voulait aller partout et nulle part à la fois, souhaitant profiter un maximum de toutes les possibilités que leur offrait cette voiture. Ils ont de supers boutiques. Ajouta-t-elle avec un sourire en coin.

- Ta mère serait d'accord ? Interrogea Emma, séduite par l'idée de passer un week-end loin de chez elle.

- Je peux la convaincre. Lui assura Regina, confiante, avec un haussement d'épaules. Et toi ? Tu penses que Madame Blue te laisserait partir ?

Emma vivait depuis près de 4 ans chez une sœur religieuse qui avait choisi de dédier sa vie aux orphelins. La blonde devait partager sa chambre avec trois autres filles et il était totalement impensable qu'elle parle de son homosexualité chez elle mais, c'était actuellement le meilleur foyer qu'elle n'avait jamais eu.

- Ouais, je lui dirais qu'on a un exposé à faire et que je dois passer le week-end chez toi. Dit-elle avec un large sourire alors qu'elle se garait sur le parking du lycée.

- Parfait, j'arrange ça avec ma mère ce soir ! Regina sortit de la voiture et s'assura que sa coiffure était toujours en place ; utilisant la vitre comme un miroir. N'oublie pas que j'ai une répétition avec les pom-pom girls après les cours. Lui rappela-t-elle.

- Pas de soucis, je trouverai de quoi m'occuper en t'attendant. Répondit Emma avec un sourire taquin accompagné d'un clin d'oeil.

La brune éclata de rire avant de secouer la tête et elles se dirigèrent ensemble vers l'entrée du bâtiment.

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Février 2015
Samedi – 19h
Los Angeles – 108 Mifflin Street

Regina avait regretté d'avoir invité Robin et Roland pour le dîner au moment même où ils avaient franchi la porte d'entrée.

Quand elle avait su qu'Henry arriverait samedi, elle avait pensé que ce serait une bonne idée d'avoir du monde à la maison. Elle pensait alors que ça aurait pu favoriser l'intégration du jeune adolescent de se sentir rapidement entouré et accepté mais, maintenant, elle se rendait compte qu'elle s'était trompée sur toute la ligne.

Même s'il se refusait toujours à la tutoyer, Henry s'était légèrement détendu lors de l'après-midi qu'ils avaient passé ensemble.
En plus d'acheter de quoi remplir le réfrigérateur, ils s'étaient également arrêtés dans plusieurs magasins de vêtements.
En effet, l'adolescent n'avait pas énorme d'affaires et tous ce qu'ils possédaient avait précédemment appartenu à d'autres enfants de l'orphelinat.

De retour au manoir, Regina avait même réussi à obtenir son assistance pour la confection du dessert. Le jeune garçon lui avait avoué que c'était la première fois qu'il faisait de la pâtisserie et elle lui avait promis qu'il aurait l'occasion de se perfectionner.

Tous les progrès qu'elle s'imaginait avoir fait avec lui avait été réduit à néant quand elle lui avait présenté Robin et Roland. Henry s'était immédiatement renfermé sur lui-même, se murant à nouveau dans le silence.

Le repas avait été plus que tendu ; Robin s'était obstiné à essayer de parler avec le jeune garçon, cherchant à tout prix à ce que celui-ci s'ouvre à lui.
Henry avait frôlé la limite de l'impolitesse, répondant au brun que sa vie ne le concernait pas et Regina avait dû intervenir à de multiples reprises pour que son ex ne s'énerve pas.

Elle s'était séparée du jeune homme un an auparavant, après deux années de relation chaotique.
Leurs horaires difficilement conciliables ainsi que leurs visions différentes de la vie de couple avaient finis par avoir raison de leur vie commune.

Père célibataire et policier, Robin comptait néanmoins sur la brune pour s'occuper de son fils lors de ses longues soirées de travail et celle-ci avait accepté cet arrangement avec plaisir ; elle aimait le petit garçon et détestait être seule dans sa grande maison vide.

- Tu viens jouer avec moi ? Demanda timidement Roland à l'adolescent alors que la brune débarrassait la table.

- Non. Répondit sèchement Henry.

- Pourquoi ? Le petit garçon avait la lèvre inférieure qui tremblait et Robin était sur le point de perdre son calme.

- Parce que je n'en ai pas envie. Rétorqua-t-il au moment où Regina posait sur la table la tarte qu'ils avaient confectionné ensemble.

- Henry il est pas gentil ! Sanglota Roland en se jetant sur les jambes de la brune.

- Tu as vu ce que tu as faits ?! Accusa Robin en se levant pour prendre son fils dans ses bras.

Le jeune adolescent se contente d'hausser les épaules, indifférents au chagrin de l'enfant, et se leva avant de déclarer :

- Je vais me coucher.

- Hors de question ! S'énerva Robin. Tu ne quittes pas la table tant que le repas n'est pas terminé ! Et encore moins sans autorisation !

- Robin. Avertit Regina en lui lançant un regard noir avant de découper un morceau de tarte qu'elle plaça ensuite dans une petite assiette.

- Tu peux la manger dans ta chambre mais ne t'y habitue pas. Dit-elle avec un sourire tendre en se tournant vers Henry.

- Merci. L'adolescent se saisit de l'assiette et se dirigea vers l'étage sans accorder le moindre de regard aux deux invités de la brune.

- Mon Dieu, c'est un cauchemar. Soupira Regina avant de se laisser tomber sur sa chaise se massant les tempes, les yeux fermés.

- Tu ne devrais pas le laisser se comporter de cette façon. La sermonna le policier. Tu dois fixer des règles dès le début.

- Je n'ai pas de conseils parentaux à recevoir de ta part. Rétorqua-t-elle sèchement.

Cette journée était trop chargée, trop confuse et la jeune femme avait l'impression d'étouffer.

Les événements de la matinée lui revenait à l'esprit peu à peu.
Elle revivait la scène comme à travers un brouillard, comme si tout cela avait été vécu par quelqu'un d'autre.

Emma.

Elle avait vraiment été là. Tout avait été réel.

C'était trop. Tout d'un coup, tout était devenu trop lourd à supporter.
Elle se sentait à l'étroit dans cette immense maison et n'avait ni le courage ni l'envie de discuter avec qui que ce soit.

Elle avait besoin d'air.

Se levant brusquement, Regina marcha jusqu'au buffet et attrapa son sac ainsi que ses clés de voitures.

- Où est-ce que tu vas ? L'interrogea Robin, les sourcils froncés.

- Faire un tour. Répondit-elle en se passant une main dans les cheveux. Toi et Roland pouvez dormir ici si tu le souhaites mais je t'interdis d'aller parler à Henry. Est-ce que c'est clair ?

Le jeune adolescent avait dû faire face à beaucoup de bouleversement aujourd'hui et, tout comme elle, il avait sans doute besoin d'être un peu seul.

- Oui mais est-ce que tu es sûre que tu ne préfères pas rest-

- À plus tard. L'interrompit-elle avant de claquer la porte derrière elle.

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Février 2015
Los Angeles
Manhattan Beach – 21h

Emma marchait le long de la plage, son regard fixé sur le sol, elle avançait en espérant que la solution à tous ses problèmes apparaîtrait ; comme par magie.

Après avoir partagé une pizza avec Belle, elle était sortie ; ressentant le besoin de s'aérer l'esprit.

La jeune femme avait roulé sans but précis pendant plus d'une heure avant d'atterrir sur cette plage où elle avait vécu certains de ses meilleurs souvenirs.

Elle avait voulu retourner chez Regina ; elle voulait la voir à nouveau, lui parler.

Mais pour lui dire quoi ? Que dit-on à une personne dont on a brisé le coeur 13ans auparavant ?

Quand ses larmes finirent par lui brouiller la vue, Emma s'arrêta.

Regardant autour d'elle, elle rit amèrement en réalisant qu'elle s'était inconsciemment rendu à l'endroit exact où Regina et elle avaient l'habitude de se retrouver auparavant.

La blonde se remit à marcher, en pilote automatique, et alla s'asseoir sur la dune qui avait accueilli la plupart de leur soirée d'été.

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Regina roula jusqu'à la plage sans même y penser, ayant pris l'habitude de s'y rendre dès qu'elle ressentait le besoin de s'évader.

Le bruit des vagues mélangé à la brise fraîche l'apaisait et l'aidait à mettre ses idées aux claires.

Elle se dirigea, sans vraiment y réfléchir, vers son lieu favori. Le lieu où Emma et elle avaient passés de nombreuses nuits à se faire des confessions, partageant leurs rêves et leurs projets d'avenir.

Il lui rappelait une époque où tout était simple et où le bonheur était à portée de main.

La jeune femme ne fut pas vraiment surprise d'y apercevoir une personne assise face à la mer. De là où elle se trouvait, la seule chose qu'elle pouvait distinguer était une crinière blonde qu'elle aurait reconnue entre milles.

Regina soupira et hésita un instant à partir dans le sens opposé.
Une partie d'elle s'était convaincu que l'autre femme était repartie à Seattle immédiatement après leur entrevue mais, sans pouvoir se l'avouer, elle avait espéré qu'Emma resterait encore un peu.

La brune resta immobile quelque seconde avant de se remettre à avancer, se laissant guider par son coeur.

Emma ne tourna même pas la tête quand elle sentit quelqu'un s'asseoir à ses côtés.

Elle savait. Elle avait même priée de toutes ses forces pour que la jeune femme la rejoigne là, comme avant.

- Quand est-ce que tu pars ? Demanda la brune, sans aucun préambule, les yeux fixés sur l'immense étendue d'eau qui lui faisait face.

- Demain matin. Répondit Emma, la voix tremblante, submergée par l'émotion.

- C'est étrange n'est-ce pas ? Ajouta-t-elle après de longues minutes de silence. Toi et moi, ici..

- Oui. La brune était glaciale et distante, construisant un mur invisible entre elle et la jeune femme.

- Comment ça se passe avec Henry ? Poursuivit Emma, tentant de faire abstraction du ton employé par son ancienne amie.

Elle savait que le jeune garçon était entre de bonnes mains avec Regina mais elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui.

- Il me fait beaucoup penser à toi à son âge. Soupira-t-elle, s'adoucissant malgré elle.

Emma éclata d'un rire léger, un peu triste, comme à chaque fois qu'elle repensait aux années qu'elle avait partagée avec la brune. Tout n'avait pas toujours été parfait entre elles mais ça avait été les meilleures années de sa vie.

- Tu y arriveras, t'es sans doute sa meilleure chance. Lui assura la blonde. Regina avait été autrefois la seule personne capable de briser sa carapace ; si quelqu'un était à même d'aider Henry, c'était bien elle.

- Je n'ai pas besoin de tes encouragements. Répondit sèchement Regina.

- Je sais. La jeune femme n'avait plus besoin d'elle depuis bien longtemps.

- Tu as gardé la voiture. Déclara platement la brune, comme si ça ne la touchait pas.

- Oui. Souffla Emma avec un sourire triste et nostalgique. Elle m'accompagne partout où je vais.

Elles restèrent un long moment sur cette plage, fixant l'eau, s'imprégnant du rythme des vagues. Dans le silence le plus total, elles profitaient du temps qu'elles avaient ensemble tout en sachant qu'elles ne faisaient que rouvrir une blessure profonde.
La rancune pour l'une, la culpabilité pour l'autre, les rongeaient depuis de nombreuses années.

Mais rien de tout ça n'avait d'importance, il n'y avait qu'elles, leur plage et le bruit de l'eau.

Elles finirent par s'endormir l'une contre l'autre, couchées à même le sable ; la tête de la brune reposant sur la poitrine d'Emma, celle-ci entourant l'autre femme de ses bras comme si elle cherchait à la protéger du monde.

Quand la blonde se réveilla, le lendemain matin, elle était seule et il ne lui restait que le parfum de Regina, imprégnant ses vêtements ; unique preuve que la nuit dernière n'avait pas été un rêve.