Comme quoi on ne peut jamais dire qu'on a abandonné une fic. Celle-ci j'ai toujours voulu la continuer et j'y suis enfin arrivée.
Je ne sais pas s'il y a encore des gens qui la suivait quand je postais qui la liront mais si c'est le cas je m'excuse du retard immense. Je m'excuse aussi du peu de contenu de ce chapitre, c'était pour me remettre en jambes. Le suivant suivra dans les prochains jours et sera beaucoup plus dense.
Bonne lecture!
Les écorchés – Chapitre 5
23 décembre 2000
Le film s'était achevé mais Pansy et George étaient restés sur le canapé, aucun d'eux n'avait esquissé le moindre geste qui aurait pu sonner la fin de la soirée. A dire vrai, elle n'avait pas envie qu'il s'en aille, et il n'avait pas hâte de partir. Alors ils discutaient du film, de leurs magasins, et bientôt de tout et plutôt de rien, mais ils s'en fichaient, ils étaient bien. Ils en étaient aux parfums qu'ils aimeraient voir sur l'étalage de Florian Fortarôme à l'été suivant lorsque Pansy laissa échapper un bref bâillement. Suivi d'un autre. Bientôt, même si l'enthousiasme était toujours là, George remarqua combien cela coûtait de plus en plus cher à Pansy de garder les yeux ouverts. Il savait qu'il était plus que temps pour lui de s'en aller. Il donna une dernière pression affectueuse aux chevilles de la jeune femme qui reposaient sur ses genoux et les poussa sur le côté pour se lever.
Il n'avait pas encore atteint la station debout que Pansy émit un murmure bougon. Elle se releva en position assise et le fixa de ses yeux noirs profonds.
- Tu t'en vas ? Tu peux rester encore un peu tu sais. Je ne suis pas... commença t-elle à protester.
- Pansy, je suis pas très doué pour lire le visage des gens, mais il ne faut pas être expert en divination pour voir que tu es prête à t'écrouler de fatigue sur ce canapé à tout instant, la coupa George d'un ton qu'il espérait tout à la fois convaincant et bienveillant. Rajoutes à ça que tu étais malade toute la semaine...
- Je vais très bien, Pansy rétorqua d'un ton cassant.
Elle n'acceptait toujours pas qu'il la voit faible. Alors elle tentait de se montrer forte, quitte à en devenir ridicule. Elle se leva à son tour d'un mouvement qu'elle voulait enjoué et énergétique, mais la tête lui tourna et ses pieds engourdis lui firent défaut. Elle eu quelques millisecondes d'absence et lorsqu'elle fut de nouveau capable de prendre conscience de ce qui l'entourait, elle se rendit compte que c'étaient les bras de George. Les bras de George l'entouraient. Elle devait encore halluciner, se dit-elle, lorsqu'elle entendit la voix douce de George à son oreille et qu'elle sentit une main lui caressait le dos.
- Ça va aller. Tu vas déjà mieux, Pansy. Mieux qu'il y a quelques jours. Mais faut que tu te reposes. Montre-moi ta chambre, je vais t'aider à te coucher.
Partagée entre la chaleur agréable du corps de George contre le sien et sa fierté mal placée, Pansy décida d'écouter la seconde, malgré les yeux bleus de George qui la regardaient, attendant une réponse et sa main chaude qui replaçait une mèche folle des cheveux noirs de Pansy derrière son oreille, rougie par la fièvre. Ou bien peut-être par la proximité du corps de George. Pansy ne savait plus bien. La seule chose qu'elle savait, c'était qu'elle ne voulait pas être prise pour une enfant en détresse.
- Je peux très bien me coucher toute seule, George, asséna-t-elle alors en s'écartant de lui.
Puisqu'on la forçait à aller se coucher, même si elle admettait à elle-même que c'était en effet la meilleure solution avant que les dernières forces de son corps ne la lâchent, elle pouvait au moins choisir d'y aller toute seule. Elle n'était pas une enfant.
- Je... d'accord très bien. Je vais y aller, répondit George avec hésitation, surpris par la détermination de Pansy.
Il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit aussi sèche. Il croyait qu'elle avait dépassé sa peur de se montrer faible. Il croyait qu'elle avait compris qu'il était là pour l'aider, qu'elle n'avait pas à avoir honte. Il croyait qu'ils avaient dépassé ce stade, qu'ils étaient amis. Et surtout, il croyait que pour elle aussi, il s'était passé quelque chose pendant leur brève étreinte. Ça l'avait pris par surprise, il l'avait enlacé pour la soutenir, voyant qu'elle allait tomber, comme un ami. Il n'avait jamais remarqué qu'un parfum fruité auréolait ses cheveux ni combien ses yeux avait la couleur du charbon, et comme il était facile de s'y puis elle s'était écartée de lui, et ce fut comme un grand vide.
Il avait dû se tromper. Lire quelque chose qui n'y était pas. Elle n'avait pas envie de son aide. Faisant écho à ses pensées, Pansy hocha une tête haute et fière, comme pour approuver son départ. Prenant son manteau sur le dossier du canapé, il traversa alors les quelques mètres entre le salon et la porte d'entrée. Une main sur la poignée, il se retourna pourtant vers Pansy qui l'avait suivi à pas lents et tremblants.
- Tu es sûre que ça ira ? demanda-t-il, regrettant déjà ses mots.
Devant l'air penaud et triste que prit George en prononçant ces paroles, Pansy regretta de s'être montrée si sèche avec lui.
- Promis, lui répondit-elle avec un grand sourire, qui ne trompait pourtant ni George, ni sa fièvre, et surtout pas elle-même.
Et puis, sans doute à cause de la chaleur qui irradiait son front, légère mais toujours présente, elle laissa son instinct la guider. Se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa un léger baiser sur la joue de George qui ne s'y attendait pas. Elle posa une main sur son épaule pour garder son équilibre et sa joue resta un peu plus longtemps qu'elle ne l'avait prévu contre celle de George, comme attirée.
- A demain, Weasley, souffla-t-elle à son oreille en s'écartant de lui pour la deuxième fois de la soirée, cette fois-ci avec un sourire.
Trop étonné pour pouvoir répondre quoi que ce fut, George passa la porte, la referma, et disparut dans la nuit des ruelles glacées du Londres sorcier. Il se moquait du vent, le sourire qu'il portait sur ses lèvres depuis que Pansy l'avait embrassé le réchauffait.
24 décembre 2000
George avait passé la nuit au Terrier après avoir quitté l'appartement de Pansy. C'était une tradition. Molly voulait tous ses enfants autour d'elle dès le matin de Noël, bien que le banquet de fête qu'elle préparait toujours n'ait lieu que le soir.
Elle s'affairait d'ailleurs déjà autour des fourneaux de sa petite cuisine, vétuste mais à laquelle elle s'était habituée. A la voir s'activer, allant d'un placard à un autre tout en surveillant les cuissons, George en était presque hypnotisé. Sa mère aurait pu cuisiner là dans le noir. Réveillé par le cliquetis des casseroles il l'y avait rejointe et, assis sur la petite table, la tête encore lourde de sommeil, il observait sa mère s'agiter.
- George, pour l'amour de Merlin, bois ton thé, il va devenir froid, lui lança Molly tout en ouvrant un placard au dessus de sa tête pour y prendre un moule à gâteau.
La voix de Molly était un peu plus autoritaire qu'à l'ordinaire. George la soupçonnait de lui en vouloir toujours un peu d'être arrivé si tard la veille. Il était arrivé alors que tout le monde était déjà monté dans les chambres, et il avait seulement croisé Molly en chemin vers la salle de bains. Elle l'avait réprimandé, un peignoir serrée contre elle à cause du froid glacial qui régnait au Terrier, et comme un gamin, il s'était excusé. Pas assez apparemment.
- Et mange tes tartines, tu es encore plus maigre que d'habitude, poursuivit-elle, comme pour confirmer ses pensées.
Il sourit, car cette dernière remarque était du Molly tout craché. Il était plutôt certain d'avoir au contraire pris du poids, les déjeuners avec dessert à l'Escargot Biscornu en compagnie de Pansy représentant un changement plus propice à la prise de poids que les morceaux de pain dont il se contentait avant, lorsqu'il n'avait pas à quitter son appartement et qu'il passait des journées enfermées et miséreuses à survivre en grignotant par ci par là.
- Si elle te nourrit pas plus que ça, il est hors de question qu'elle t'épouse.
George, pris au dépourvu, faillit renverser la tasse de thé qu'il allait porter à sa bouche en entendant les dernières paroles de sa mère.
- M'épouser ? De.. qui... de qui tu parles?
Il était sincèrement perdu.
- Ton amie.
Puis devant les yeux toujours grand ouverts de George, elle précisa :
- Celle que tu as invitée pour ce soir.
- Pansy ?
- Oui, voilà.
Avant que George ait pu rétorqué quoi que ce soit sur le fait qu'il n'y avait aucune chance pour que Pansy et lui se passent la bague au doigt, Molly le prit au dépourvu avec sa prochaine question.
- D'ailleurs, Georgie, quand arrive-t-elle ici ? Je la compte pour le déjeuner ?
A ces mots, George ouvrit la bouche comme pour répondre mais se rendit compte qu'il n'avait pas l'information demandée. Il se frappa mentalement le crâne. Il avait été trop heureux que Pansy accepte de passer Noël au Terrier lorsqu'il lui avait demandé quelque jours plus tôt qu'il n'avait plus osé aborder de nouveau le sujet depuis, de peur qu'elle ne change d'avis. Il se sentait bête. Peut-être pensait-elle que sa proposition ne tenait plus, vu qu'il n'en avait plus reparlé ? Après tout, il n'avait donné aucun horaire, aucun détail. Mais quel imbécile, se morigéna-t-il intérieurement. A présent, il ne souhaitait qu'une chose c'était envoyer un Patronus à Pansy immédiatement pour lui dire qu'elle était la bienvenue, évidemment, et qu'il pourrait passer la prendre dès qu'elle voudrait.
Il allait sortir sa baguette pour convoquer un Patronus, puis se souvint que Pansy ne savait pas en conjurer un, et qu'elle ne pourrait par conséquent pas lui répondre. Ça lui avait fait tout drôle d'ailleurs lorsqu'elle lui avait avouer ne pas savoir en faire apparaître un. Il n'avait fait aucun commentaire pourtant, car il avait vu à son visage combien elle s'en voulait de ne pas en être capable. George savait qu'il était difficile de se comparer aux autres. Ça ne pouvait faire que du mal. Il s'était lui-même toujours un peu énervé du fait que Fred ait toujours été meilleur en sortilège. Et aujourd'hui encore, il n'aimerait pas avoir à avouer qu'entre eux deux, c'était lui qui trouvait les idées de leurs farces et Fred qui en pratiquait le sort. Alors il comprenait Pansy.
Une seule solution s'offrait à la suite de sa réflexion : retourner chez elle pour lui demander en face à face.
Molly l'interrompit dans ses pensées.
- Georgie ? Tu ne m'as pas répondu.
- Je... Elle n'était pas sûre, mentit-il. Je te dis ça avant midi. Si tu veux bien m'excuser, je dois aller faire une dernière emplette sur le Chemin de Traverse. Je serai de retour pour le déjeuner, promis.
Il ne laissa pas à Molly le temps de se récrier. Attrapant son manteau sur la patère de l'entrée, il lui cria un « A de suite » et disparut dans un pop.
Il était encore un peu trop tôt pour réveiller Pansy lorsqu'il apparut sur le Chamin de Traverse. Il décida de flâner un moment.
Les passants se bousculaient, pressés de réaliser leurs achats de dernière minute. Les rares magasins qui n'avaient pas fermé leurs portes en ce jour de Noël voyaient défiler des files d'attente à n'en plus finir. Intérieurement, et presque honteusement, George se réjouit d'avoir pris la décision de fermer Weasley&Weasley pour ces jours de Noël.
Il remarqua alors que Florian Fortarôme était ouvert, ce qui le fit sourire, lui rappelant la discussion qu'il avait eu avec Pansy la veille. Il s'approcha de l'étalage et remarqua qu'il avait encore des glaces parfum Stracciatella, les préférées de Pansy. Elle le lui avait avoué la veille, elles lui rappelaient ses voyages en Italie, avec ses parents, lorsqu'elle était petite et que tout était bien.
Mû par une impulsion soudaine, George parcourut les quelques mètres le séparant du stand de Florian et s'entendit commander deux glaces. Une pour lui, une pour Pansy. Il leur jeta un sortilège d'immobilité et de refroidissement, pour leur éviter de fondre, et commença à marcher en direction du quartier de Pansy.
A dix heures précises, il toquait à sa porte, un sourire déjà aux lèvres, et brandissant devant lui les glaces dont il était si fier.
