Fandom : A Song of Ice and Fire/Game of Thrones.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de G. R. R. Martin et la série est une création de David Benioff et D. B. Weiss.
Pairing : Aucun.
Rating : K.
Genre : Family/Drama.
Note : Sixième texte du recueil. Il est écrit du point-de-vue de Stannis lorsque sa fille est atteinte de la grisécaille/greyscale et évoque sa relation avec sa fille. Il a été écrit en cadeau à Isamajor sur tumblr pour Noël, mais s'inscrit très bien dans ce recueil. Se situe avant les romans/la série. En espérant que cela vous plaise, bonne lecture.
PS : je sais, j'avais promis que le prochain texte serait sur Oberyn, mais j'ai bien du mal à l'écrire. Ce texte est donc aussi un moyen de vous faire patienter.
Devoir
Si petite et si fragile. Il la prend dans ses bras malgré les recommandations de son mestre de ne plus la toucher. Il peut déjà voir sur son visage une peau grisâtre se craqueler, mais elle ne pleure pas. Shireen, aussi loin qu'il s'en souvienne, a toujours été une enfant calme que presque jamais il n'a entendu se plaindre. Elle n'a rien dit lorsque le mestre l'a contrainte à la quarantaine, n'a même pas posé de questions.
Stannis non plus, contrairement à Selyse qui la trouve trop jeune pour passer ses journées seule.
C'est pour son bien, a déclaré mestre Cressen.
Non, en réalité c'est pour leur bien à tous. La mort grise, terrible et irrémédiable, les effraie plus que n'importe quelle autre plaie.
Le mestre leur a confié ne rien pouvoir faire pour elle.
Stannis lui a affirmé qu'il pouvait faire quelque chose pour sa fille – son ton impliquait un ordre. Des corbeaux ont été envoyés aux quatre coins du monde – Westeros n'est pas assez grand – et des dizaines de personnes enfermées dans les geôles du château en attente d'un jugement. C'est un empoisonnement, cette contamination, rien de plus. Il n'est rien, nulle part sur cette île maudite, qui ait pu condamner sa fille à la mort – hormis un traître.
Ils craqueront ou en mourront.
Elle reste immobile entre ses bras, endormie.
Elle sera défigurée une fois guérie, mais pas plus laide. Shireen, trois ans à peine, lit déjà. Elle reste sa seule héritière.
Stannis ne la touchera pas, il se contente de la bercer, sa petite fille pour qui il est prêt à retourner le monde entier. C'est son devoir de seigneur en son royaume de protéger ses sujets – c'est son devoir de père en sa famille que de protéger sa fille.
Elle esquisse un sourire dans son sommeil, un rêve peut-être, autre que ses mornes journées durant lesquelles elle voit défiler des charlatans tous plus dégénérés les uns que les autres – prêts à tout pour se faire connaître, quitte à tuer une enfant. Stannis en a déjà enfermé trois.
Il la berce encore, un peu plus fort et elle se réveille. Elle sourit à nouveau, pour lui cette fois-ci.
– Père, dit-elle d'une voix endormie.
Stannis la repose dans son lit, sous des couvertures chaudes où elle se pelotonne.
Elle est son héritière, sa petite fille, et rien, pas même la mort grise, ne pourra l'en empêcher.
Les deux prochains textes seront écrits du point-de-vue d'Oberyn et de Cersei.
