DANS UNE CAGE, OU AILLEURS

Greensleeves

Chapitre 6

Un second chapitre pour ce long week-end, au moins vous aurez un peu de lecture….Retour en Ecosse, merci de faire toujours partie du voyage…

Je vous propose d'écouter la version de Loreena Mc Kennitt de cette vieille ballade sur ma page FB…

Après une nuit agitée, craquements et miaulements sinistres dans tous les sens, matelas mou et poussiéreux, courants d'air, je descends dans la cuisine, mal réveillé après une douche glaciale. J'aurais emmené un kit de survie, si j'avais su…

Aileen chantonne doucement en préparant des œufs, une délicieuse odeur de bacon me chatouille les narines, je crois que j'ai faim. Une douce chaleur est distillée par un poêle centenaire, dans un coin de la vieille cuisine, le chat est blotti devant.

- Alors, bien dormi, M. Delcourt ?

- J'irais pas jusque là mais bon… dis-je en me laissant tomber sur une chaise près du poêle.

- Laird vous a embêté ?

- Non, juste le bois qui craque et les chats. C'est qui ce Laird ?

- Vous n'avez pas demandé à M. Mortimer ?

- Ecoutez, je n'ai pas l'habitude de parler de fantômes avec mes interviewés, je réponds un peu sèchement, agacé.

- Ok, OK, fait-elle, conciliante. So well… un peu de café ?

- Volontiers, oui.

- C'est vrai que vous êtes à la télévision ?

- Oui, oui, c'est vrai.

- So great ! Vous présentez des émissions sur le cinéma, vous allez à Hollywood, Cannes et tout ça ? fait-elle, subitement intéressée.

« Non, je présente le journal télévisé, je suis journaliste. Et je produis une émission mensuelle sur des thèmes d'actualité ou des artistes, aussi. C'est dans ce cadre-là que je suis ici. Mais je ne fais pas dans le people » je précise avant qu'elle ne m'interroge sur ses stars favorites- Justin Bieber ?

- Oh, murmure-t-elle, déçue. Too bad.

- Mes gars ne sont pas encore descendus ?

Elle rit à nouveau, dévoilant des fossettes sous les tâches de rousseur puis se tourne vers moi :

- Si, un est descendu déjà, il a mangé tout le fromage, quatre oeufs et tout le reste de la butterscotch, heureusement qu'il me reste des baked beans et du bacon…

- Je vois. Et il est où maintenant? dis-je en fixant mon assiette remplie d'œufs, haricots sucrés et bacon luisant, bien gras.

- Sorti avec M. Mortimer pour filmer les brebis. M. Mortimer a demandé pourquoi vous n'étiez pas là, alors votre ami a dit que vous ne parliez pas la langue des moutons, et qu'il était inutile que vous veniez.

Ben voyons. Pour me faire passer pour un imbécile, Georges est toujours là. Il peut toujours attendre sa prochaine augmentation salariale, celui là. En maugréant je picore dans mon assiette, le café fumant me brûle la langue et l'idée de les rejoindre dehors m'exaspère déjà. On ne fait pas un reportage sur l'Ecosse traditionnelle, merde !

Après avoir enfilé ma grosse parka je glisse mes pieds dans des bottes de pluie abandonnées près de l'entrée, bien crottées. Mais je ne veux pas bousiller mes Berlutti neuves avec du crottin, pas question. Une forte odeur d'écurie me prend à la gorge dès la sortie du château, l'herbe est trempée et le ciel bien menaçant. Je pars au hasard vers la droite, là d'où viennent les bêlements, personne. Il y a des champs à perte de vue, du vert partout, sauf le blanc des moutons de loin en loin et un bout de lac à l'horizon. Le vent souffle en rafales, je maudis Georges pour la quinzième fois de la matinée et je décide de rentrer préparer mes fiches pour ce soir. Au diable les moutons.

Peu avant midi un raffut inhabituel monte le long des marches, je sors de ma chambre glaciale pour filer un savon à Georges quand je me retrouve nez à nez avec une blonde sur talons aiguilles, les longs cheveux filasses trempés et l'air furibard.

- Who are you ? crache-t-elle en me dévisageant.

Je la reconnais, c'est Bella Swan, la nouvelle starlette sur le marché, la fiancée d'Edward Cullen. Ils se sont rencontrés sur le tournage de la saga « Blood », elle est petite et maigrichonne, le regard noir.

- Carlisle Delacour, journaliste.

- What ? hurle-t-elle en se retournant vers la silhouette qui la suit dans les escaliers. Edward, journalists are already there! Oh my God, we must leave…

Il lève les yeux sur moi, me fixe quelques instants, hésitant, puis un semblant de lueur semble s'allumer dans ses yeux mornes :

- Don't worry, I know him. Nothing to fear, darling…

Il me présente en quelques mots signifiant que je ne suis qu'entité négligeable, puisque je ne suis pas un paparazzi, puis consent ensuite à me tendre ses doigts maigres et à me saluer, visiblement peu ravi de me voir. A leur tête je comprends que Mortimer ne les a pas mis dans la confidence, je me demande à quoi il joue, celui-là.

- Vous faites un reportage sur la préparation du film ? maugrée Edward en enlevant sa veste ruisselante.

« Non, sur la carrière de notre hôte » je réponds d'un ton sous-entendant que le futur film ne m'intéresse pas. Ce qui est faux, bien sûr, mais je déteste leur attitude hautaine, à tous les deux. Pour qui se prennent-ils, bon Dieu ?

- I'm so happy you're here, roucoule Aileen à Edward en nous rejoignant à l'étage, les bras charges de valises. Your rooms are upside. Follow me…

- Bon, ben, à tout à l'heure, je leur glisse négligemment alors qu'ils disparaissent dans les escaliers grinçants.

Ils ne réapparaissent pas à midi, notre hôte non plus, je déjeune d'une tourte avec Aileen et Steph, un peu perplexe. Je décide de ne pas m'enquérir de l'absence de Georges, autant faire croire que tout est « undercontrol », pour sauver la face, mais il va m'entendre à son retour, celui-là. Je prétexte d'une course pour prendre le 4X4 et aller au village le plus proche, là où il existe un réseau. Bien sûr j'ai 25 messages en absence –dont 10 courroucés d'Esmée- je la rappelle sur son portable, au boulot, ce qu'elle déteste.

- Ah ! Quand même ! lance-t-elle d'une voix aigre. Tu te souviens que tu as une femme et des enfants ?

- Esmée, je ne pouvais pas t'appeler, il n'y a pas de réseau à Briard Castle, c'est le trou du c… du monde !

- En Ecosse ? Tu rigoles ? Et il n'y a pas de téléphone fixe non plus ?

- Non. Enfin si, mais il est en panne. Je te jure que je pense à toi et aux filles, vous me manquez terriblement, tu sais combien je vous aime. Ici c'est l'horreur, il fait froid et il pleut, en plus il est pas commode, le Mortimer.

- C'est vrai ? Fidèle à sa réputation, alors ? Il est si terrible que ça ?

- Ouais. Un vrai ours. Je me demande ce que je vais pouvoir en tirer…

- L'interview ne se passe pas bien ? demande-t-elle, radoucie.

- Hé bien pour l'instant ça n'a pas commencé, le matin il est pris, l'après-midi il dort, il ne peut m'accorder que quelques heures le soir.

- Quoi ? On est mardi et vous n'avez pas commencé ? Mais tu vas jamais y arriver !

- Merci de me remonter le moral… Ecoute, on filmera ce qu'on peut, des moutons et des paysages s'il le faut, je meublerai par des extraits de ses films. Là au moins on aura du matériau.

- Charmant… quand je pense que tu te réjouissais à l'idée de le rencontrer !

- Hé oui… mais c'est ça, un génie, que veux-tu…

- Tu crois pas qu'il abuse un peu ?

- Si, mais je ne peux rien dire, sinon je serai venu pour rien.

La pluie recommence à dégringoler, je me réfugie dans ma voiture. Le village est désert de toute manière, à part un homme qui promène son chien et me fixe avec méfiance.

- Hé bien bon courage mon chéri…

- Les filles vont bien ?

- Oui, très bien, sauf qu'elles te réclament. Lily a fait un beau dessin pour toi, et Tara a dit « papa ?» plusieurs fois hier soir, en montrant le téléphone.

- Petits bouchons… elles me manquent tellement…

- Plus que moi, hein ?

- Mais non, ma chérie. Toi, c'est différent, tu sais. Tu me manques aussi, mais pas pour les mêmes raisons…

- Obsédé ! Bon, je dois te laisser, j'ai rendez-vous avec une copine pour déjeuner. Je t'embrasse, mon chéri…

Je raccroche, le cœur un peu gros, en soupirant. Bon, plus que trois jours et c'est fini. Il faudra qu'on avance bien, ce soir. En espérant que l'autre olibrius ne sera pas pris par ses acteurs. Shit.

oOo oOo oOo

Lorsque je rejoins la tablée le soir –après avoir filé une bonne remontrance à Georges, qui tire la gueule-, j'ai l'impression que la température est tombée de plusieurs degrés. Steph et Georges boudent dans un coin, verre à la main –par solidarité ?- Bella et Edward semblent terriblement mal à l'aise, Alfred Mortimer tire sur sa pipe avec volupté, ne semblant pas prêter attention à Aileen qui toussote à ses côtés. Cette dernière dévore littéralement du regard le jeune acteur, provoquant la jalousie de sa fiancée qui la foudroie du regard. Bonne ambiance.

Un mets indéterminé attend sur la table, vraisemblablement à base de viande et pommes de terre, je crois que je n'ai déjà plus faim. Aileen fait le service en attribuant une large portion à Edward Cullen qui cache son dégoût avec difficulté, alors que Bella balbutie : « I'm vegetarian, you know », en louchant sur le pain. Alfred pousse une exclamation de colère et une bordée d'injures, puis se ressaisit :

- Comme nos amis journalistes sont français, je vous propose de parler français, ce soir. Je suppose que nos amis acteurs parlent cette belle langue, eux aussi ?

Le jeune acteur acquiesce, gêné, Bella ne répond pas, visiblement perdue. Je parie qu'elle ne parle pas un mot de la langue de Molière mais n'en dira rien, déjà effrayée par la réaction du réalisateur devant ses goûts culinaires. Elle s'agrippe au bras de son chéri et lui murmure son désarroi, Edward l'ignore ostensiblement.

- Pour rendre hommage à nos amis français Aileen a préparé un bœuf bourguignon, j'espère que ça vous plaira…

Nous échangeons des regards interloqués mais personne ne fait la moindre remarque, et bientôt le bruit des couverts est notre seule conversation. Le bœuf est trop sec et trop cuit, la sauce se rapproche plus du goulasch que du bourguignon –j'espère qu'il n'y a pas une bouteille de bon vin dans cette mélasse- mais Georges mange de bon appétit, en riant aux plaisanteries souvent grivoises de notre hôte. La discussion dévie sur le cinéma français –Mortimer est un grand admirateur de Truffaut et Resnais- je me creuse la tête pour trouver les bonnes références et me montrer à la hauteur du sujet, au grand plaisir du réalisateur.

Petit à petit la mine du jeune anglais s'allonge- connaît-il seulement leur nom ? -, il se mordille la lèvre d'un air gêné et chipote dans son assiette, anxieux. Comme je m'y attendais Mortimer lui pose quelques questions pointues sur le cinéma –y compris sur les réalisateurs avec qui il a tourné-, Edward bafouille des banalités, écarlate. Je suppose que rétrospectivement il doit trouver mes questions à moi bien banales, et qu'il va payer chèrement l'honneur de tourner dans un film d'Alfred Mortimer.

Je devine que la première entrevue entre eux a été difficile –caprice de star ? préciosité excessive des jeunes gens ?-, et que le réalisateur refoule mal sa déception. Ou alors c'est un pervers et il s'amuse, ce qui ne m'étonnerait pas, vu sa réputation. Il pérore à loisirs et nous conte des anecdotes de tournages extrêmement précises concernant ses confrères, parfois si intimes que je me demande s'il ne les invente pas au fur et à mesure. Aileen est toujours fascinée par l'acteur et reste bouche bée, indifférente au service, à tel point que Mortimer doit la secouer pour qu'elle ramène une autre bouteille de whisky. Bella ayant remarqué son manège se met à déposer des baisers qu'elle veut discrets dans le cou de son amant, au grand dam de Edward qui tente de la repousser maladroitement, déjà en difficulté dans la conversation.

Au bout de quelques minutes je suis gêné pour eux, je décide de faire dévier la discussion sur un autre sujet :

- Aileen m'a parlé de Mary et Laird, vous pouvez nous en dire plus ?

- Ah ah ! tonne Mortimer en reposant brusquement son verre sur la table. La coquine n'a pas pu tenir sa langue, une fois de plus. Ne vous inquiétez pas, ce ne sont que des sornettes. Personne ne croit aux fantômes, j'espère ?

Bella lance un regard interrogatif à Edward qui lui traduit les mots de notre hôte, elle pâlit et pousse une espèce de petit hoquet.

- I knew it ! Suzy told me about ghosts in Scotland and…

- On a dit qu'on parlait français, la coupe sèchement le réalisateur. Ne me dites pas qu'elle croit à ces bêtises…

Edward lui lance un sourire crispé, Steph embraie immédiatement :

- Moi j'adore ces vieilles légendes, ça fait toute la tradition d'une région. Je viens du Berry et il y a beaucoup d'histoires de sorcières, c'est amusant. Elle raconte quoi, la légende de Mary et Laird ?

Alfred le dévisage, sceptique, puis boit une grande gorgée et s'éclaircit la gorge.

- OK. Soit. Mais faudra pas venir me dire que vous avez fait des cauchemars, hein ? Alors, Mary et Laird sont nos hôtes certaines nuits, ils viennent réveiller les habitants de ce château par leurs gémissements et leurs murmures. Enfin, c'est ce qu'on raconte, parce que moi je n'ai jamais rien vu ni entendu, mais il paraît que je ne suis pas assez sensible pour les percevoir. Ou alors c'est que je leur fais peur, explose-t-il de rire en se cachant derrière sa serviette. Selon la légende locale, Mary était la première épouse du lord propriétaire des lieux, au 14ème siècle je crois, qui mourut en couches lors de la naissance de son premier enfant. Le lord se remaria rapidement à une autre jeunesse et lui fit d'autres enfants, mais la seconde épouse était jalouse de son fils aîné et l'étouffa avec un oreiller, un soir que son époux était en mer. La pauvre mère de l'enfant revient parfois la nuit pour l'appeler et gémit en tournant de son berceau. Enfin, là où de trouvait son berceau à l'époque…

- Ah ? Et c'était où ? demande Steph, fasciné.

- Dans la chambre sud, au troisième niveau. La chambre de Mlle Swan et M Cullen, ajoute-il avec un petit sourire.

Tous les regards se tournent vers eux, la jeune fille s'accroche au bras de son ami : « What did he say ? What did he say ? ». L'acteur lui glisse quelques mots et elle pousse un petit cri étranglé, puis se lève et quitte la pièce précipitamment.

- Votre amie ne voulait pas de dessert ? interroge le réalisateur avec une fausse candeur.

- No, thank you… répond Edward, livide.

- Vous n'avez pas terminé votre assiette, vous n'avez pas faim, Edward ?

- No, not really. Je ne mange pas beaucoup, articule-t-il difficilement.

Mortimer aboie des ordres à Aileen qui a visiblement complètement oublié son rôle, elle se lève précipitamment et pose une tarte aux cranberries sur la table, accompagnée de crème fraîche. Je devine que Edward compte les calories quand elle lui pose la plus grosse part devant lui en souriant de toutes ses dents, elle veut bien faire mais ne connaît pas le régime Dukan, dommage.

- Et Laird ? interroge à nouveau Steph, captivé.

- Oh Laird, c'est une autre histoire… Ca s'est passé un ou deux siècles plus tard, d'après les villageois. C'était un duc, ou un marquis, ça dépend des versions, qui a assiégé le château au cours d'une guerre –ne me demandez pas laquelle- et qui s'est montré particulièrement cruel avec les villageois qui le défendaient. Vous savez comment ça se passait à l'époque… on utilisait tout un tas d'objets de torture pour étriper, torturer ou faire parler les gens, et il était devenu un expert du domaine. Par décence je vous passerai les détails mais toujours est-il qu'il a lui-même été fait prisonnier et torturé par les villageois, et depuis il hante les lieux dans l'espoir de se venger de ses meurtriers. Il n'apparaît qu'à la pleine lune, vous avez de la chance, ce n'est qu'après demain. Un peu de thé, M. Delcourt ?

- Pardon ? Non, non, merci, ça ira très bien comme ça.

- Et il hante quelle pièce ? interroge Georges, qui n'en rate pas une.

- Celle où il a été tué, au second. La vôtre, M. Delcourt, ajoute-il avec un soupçon de fierté dans la voix –comme si c'était un honneur pour moi.

« Charmant… j'espère qu'il n'a rien contre les français » je tente d'un ton dégagé alors que tout le monde me fixe avec compassion.

- Ah si, il les déteste, forcément.

Quelque chose cloche dans cette histoire, je fouille dans mes souvenirs pour me rappeler les mots d'Aileen.

- Mais je croyais que c'était le contraire, dis-je au bout de quelques instants. Aileen m'avait dit que ma chambre était celle de Mary.

- N'importe quoi ! N'écoutez pas Aileen, elle n'y connaît rien. Bon, messieurs, c'est l'heure de mon émission préférée, vous m'excuserez… dit-il en se levant brusquement et en s'éloignant, nous laissant pantois.

- Attendez ! Nous devions commencer l'interview ce soir, je lui lance avant qu'il disparaisse.

- See you tomorrow… maugrée-t-il depuis le couloir.

Il disparait, nous plantant là, interloqués. Même Edward semble surpris de son départ brusque, une surprise mêlée de soulagement. Georges et Steph échangent des regards indignés, j'ai du mal à croire qu'il nous a encore faussé compagnie.

- Ah ben ça c'est la meilleure ! Dire que j'avais installé tout le matos dans le petit salon. Il se fout de notre gueule, ou quoi ?

- Steph ! Tais-toi. Il est peut être juste dans le couloir, derrière moi…

- Non mais t'es pas d'accord qu'il y a du foutage de gueule, là ? intervient Georges, la bouche pleine.

- Qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? Vous croyez qu'on est en position de force ? On s'adapte, et on prendra ce qu'il voudra bien nous donner, quand il voudra bien nous le donner. Point final.

- Je comprends pourquoi on doit rester une semaine, à ce train là, marmonne Steph à Georges.

Ils partent en maugréant, raclant leurs chaises par terre et jurant entre eux « Fichus rosbeefs. Tu me la copieras, celle-là. Vivement qu'on foute le camp… ».

Edward se lève à son tour et me lance un petit sourire crispé, je décide de tenter le tout pour le tout, histoire de ne pas revenir complètement bredouille.

- Edward ! Ca fait plaisir de vous revoir, vous savez. Vous allez bien ?

- Yes, marmonne-t-il avant de grimper les escaliers.

Je l'attrape par le bras, il me fixe avec réticence.

- On peut parler un peu tous les deux ?

- Parler de quoi ? De cinéma français ? Vous avez encore des questions piège pour moi, vous n'avez pas encore assez ri ?

- Non ! Non, pas du tout, au contraire. Ecoutez, on est tous dans la même galère, là, je veux seulement vous aider…

- M'aider ? M'aider à quoi ? fait-il en reculant. Je n'ai pas besoin d'aide, M. Delcourt, je m'en sors très bien tout seul.

Ses yeux m'affrontent froidement, je remarque un tic nerveux sur sa bouche, qu'il tente de maîtriser. Je pourrais lui dire qu'il a affaire à un malade mais il n'est pas prêt à entendre ça, donc je décide de changer de stratégie.

- OK, vous n'avez pas besoin d'aide, j'ai compris. Mais moi j'aurai peut être besoin de votre aide, si vous acceptez…

- What ?

Edward me fixe avec méfiance, il cherche à me sonder, je lui souris avec chaleur :

- Rien de grave, rassurez-vous. C'est juste un petit truc dont je voudrais vous parler, qui pourrait vous intéresser et qui me rendrait service… vous avez cinq minutes ?

- Now ?

- Ben, oui, pourquoi pas. Il est encore tôt, non ? Venez, je vous offre un verre dans ma chambre.

A suivre…

Oui, je sais, je coupe au pire moment, je suis comme ça, je n'y peux rien, il ne faut pas m'en vouloir^^ RDV le WE prochain ?

Merci à tous ceux qui me sont fidèles et qui reviewent...