DANS UNE CAGE, OU AILLEURS
Chapitre 7
The Mummer's dance
Suite des aventures de notre journaliste préféré en Ecosse, en direct depuis sa chambre… bonne lecture !
'The mummer's dance » est une chanson de Loreena Mc Kennitt, à retrouver sur ma page FB.
L'odeur de poussière et le froid me saisissent alors que j'entre dans la pièce, comme à chaque fois, je ne m'y habitue pas. Par habitude je pose la main sur le mince radiateur, il est tiède mais on sent bien le courant d'air qui passe sous le bois de la fenêtre, glacé. Rien de bien accueillant hélas, rien de cosy. Un plaid à carreaux recouvre le fauteuil, je le soulève en espérant que le tissu dessous n'est pas trop râpeux. Pas de chance, il l'est. Edward attend sur le palier, faisant la moue, prêt à repartir.
- Chez vous aussi c'est typique ? je lui demande avec un sourire que j'espère accueillant.
- Chez moi ?
- Enfin, dans votre chambre, en haut.
- Pareil, fait-il avec indifférence, sans bouger.
J'entends Steph et Georges qui discutent dans leur chambre, un vent glacé monte le long de l'escalier et s'engouffre dans la pièce.
- Edward, entrez je vous en prie, je ne supporte pas les courants d'air. J'ai juste une petite chose à vous proposer, ça ne prendra pas longtemps. Installez-vous sur le fauteuil, dis-je en le désignant du doigt, comme s'il était confortable.
Il avance lentement, réticent, puis s'arrête devant. Je décide de m'asseoir sur le bord du lit, à côté, faisant grincer le matelas.
- Quelle aventure, hein ? Enfin, ça nous fera des souvenirs, pas vrai ? Je le trouve incroyable ce château, je ne savais pas qu'on pouvait encore habiter dans ce genre d'endroit. Enfin, habiter c'est un bien grand mot, on y camperait plus volontiers, non ? J'ai connu des nuits à la belle étoile plus agréables, pas vous ?
- C'est quoi la belle étoile ? demande-t-il en fronçant les sourcils.
- Dehors, ou sous la tente. Attendez, j'ai une bouteille de whisky par ici, qui va nous réchauffer.
- Vous croyez qu'on n'a pas déjà assez bu ?
- Vous peut-être mais moi je suis gelé jusqu'à la moelle, j'ai l'impression que mes extrémités sont des blocs de glace. Allez, juste un verre, pour la route…
Il me fixe comme si j'étais devenu fou, puis demande :
- Pour la route ? Vous allez repartir en voiture ce soir ?
« Ne me tentez pas, Edward, ou je vous prends au mot. Si on n'était pas au bout du monde je repartirais bien à l'hôtel même s'il est à deux heures d'ici, croyez-moi. Mais c'est si mal indiqué que je risquerais de ne jamais retrouver le château, donc j'évite. Le patelin du coin est tout ce que je m'autorise, et je ne suis pas sûr qu'on y soit mieux logés. Allez, asseyez-vous, vous ne paierez pas plus cher… c'est une expression, bien sûr », j'ajoute en voyant sa mine déconfite. « Vous êtes là pour combien de temps ? ».
- 2 weeks, souffle-t-il avec une once de désespoir.
- 2 semaines ? Hé bien, c'est courageux. Mais vous êtes jeune, quand on est jeune on s'adapte à tout, c'est bien connu. Je peux savoir pourquoi vous êtes là ?
- Et vous ? rétorque-t-il en croisant brusquement les bras.
Un bruit étrange se fait entendre, une espèce de craquement sinistre, il resserre la pression de ses bras contre sa poitrine, je jette un petit coup d'œil à l'armoire centenaire, dans le coin, que je n'ai jamais réussi à ouvrir.
- Oh, c'est très simple, M. Mortimer a accepté l'idée d'une émission rétrospective de son œuvre, ce qui est rarissime. Ca fait des années qu'il refuse les interviews et fuit le monde, donc c'est une invitation inespérée.
- Je vois ça… commente-il avec un sourire narquois.
- Enfin, sur le papier c'était génial mais depuis qu'on est là on n'a rien pu tourner, il nous pose des pièges et des lapins à tout bout de champ, c'est pénible.
- Il vous a donné un lapin ?
- Quoi ? Non, non, c'est une expression ça aussi. Disons qu'il ne vient pas à nos rendez-vous, vous comprenez ?
Edward me fixe avec un petit sourire mi narquois mi compréhensif, il sait exactement ce que je veux dire mais n'est pas prêt à me faciliter la tâche, peut-être par vengeance. Je lis une nuance indéfinissable dans son regard flou – un regard de myope ? Il accepte avec circonspection le verre que je lui tends, puis le porte à ses lèvres comme si c'était un vulgaire soda et le vide d'un trait, sans frémir. Impressionnant.
- En plus vous êtes là, Bella et vous –ceci dit sans offense bien sûr- et il est encore moins disponible. A votre avis, il cherche quoi ?
- Hmmm ? fait-il, pensif.
- Pourquoi il nous a invités en même temps ?
Son regard flotte autour de la pièce, il est là sans y être vraiment, je n'arrive pas à l'intéresser. Il est stone, ou crevé. Il va falloir que je trouve un angle d'attaque avant qu'il ne s'endorme complètement.
- Il est pas facile, hein, Edward ? Ses caprices, ses exigences, et puis toutes les questions piège qu'il pose… c'est l'horreur.
- …
- Et cette manie de vouloir parler français, pour nous épater, c'est pénible, non ?
- C'est peut être parce que vous autres ne parlez pas anglais ? lance-t-il avec un petit sourire en coin en se resservant un verre qu'il boit presque cul sec.
J'espère qu'il tient l'alcool et ne va pas être malade dans ma chambre, ce serait le bouquet. Je frôle ses doigts quand il me tend la bouteille, ils sont glacés.
- Je parle parfaitement anglais, et Mortimer le sait. Non, je crois qu'il prend plaisir à vous mettre en difficulté, votre amie et vous, vous ne pensez pas ?
En haussant les épaules il regarde sa montre puis grimace, j'enchaine :
- Il est connu pour ça, il adore mettre les gens mal à l'aise, c'est un vrai pervers, il paraît. Je suppose que vous avez entendu parler de ça ?
A sa mine effarouchée je comprends qu'il me prend pour une commère, moi qui ne veux que le mettre en garde. Il va falloir la jouer fine, il est sur ses gardes, mine de rien. Je reprends :
- J'ai lu beaucoup d'anecdotes sur ses tournages vous savez… d'anecdotes d'acteurs qui ont été ses interprètes. C'est assez saisissant, il faut avouer. Vous connaissez l'histoire de Mike Mc Bride ?
- No.
- Vous connaissez le film « La sarabande » je suppose ?
- No, reprend-il en s'assombrissant. It's late, I'm going to…
Merde, il croit que je le mets encore à l'épreuve, mais ce n'est pas de ma faute s'il ne connait rien à rien, bordel. C'est quoi sa culture ?
- Un instant, je me demandais… Pourquoi vous avez accepté de tourner dans son film ? » j'interroge avec le plus de délicatesse possible- sans ajouter « alors qu'il vous prend pour un idiot ».
- Just like you. On ne refuse pas une invitation d'Alfred Mortimer, isnt'it ?
Bon. Touché. Coulé. La lueur bizarre dans son œil c'est peut-être du défi, il veut sa revanche. Ou alors il a des lueurs tardives, parfois. Le whisky commence à me réchauffer, je sens une chaleur dans mes doigts et sur mes joues, bien agréable.
- C'est vrai. Vous avez raison. Ecoutez, je ne vais pas vous mentir, je pressens que cette interview ne va rien donner, je n'obtiendrai pas la moindre info sur son nouveau film, il va me laisser mariner, le salaud.
« Really » ? fait mon interlocuteur d'un ton faussement naïf –cette fois il se fout de ma gueule, c'est sûr.
- Oui, vraiment. C'est pour ça que j'ai besoin de vous. Si vous pouviez, de temps en temps, me donner des nouvelles de votre séjour et du tournage, ça me faciliterait bien la vie, vous comprenez ?
- What ? Are you joking ?
Edward se lève d'un bond et me crache au visage : « Who do you think I am ? », ses yeux lancent des éclairs, il a l'air parfaitement réveillé cette fois. Sous le coup de la peur mon cœur accélère, je tente un simulacre de sourire :
- Je crois qu'il y a un malentendu. Je ne vous demande de trahir aucun secret, bien sûr, et je peux vous aider, en contrepartie.
- M'aider ? Mais m'aider à quoi, à la fin ? Vous croyez que je ne suis pas assez grand pour m'en sortir seul et comprendre le scénario ? Vous voulez me faire une explication de texte ?
La colère le fait rougir, son regard n'a plus rien de flou, la tension en lui est palpable quand il se penche vers moi, prêt à me frapper. Il me paraît soudain grand, presque dangereux, je recule sur le lit, effrayé :
- Non ! Non, bien sûr. Calmez-vous, je vous en prie.
« Vous me prenez pour un idiot, hein ? Vous m'avez toujours pris pour un imbécile, dès la première interview. Je ne suis peut être pas cultivé mais je sais quand on se moque de moi, et là vous vous moquez de moi, Mister Delcourt ! » crache-t-il en s'avançant encore un peu au dessus de moi, alors que je rampe en arrière, sur le lit.
- Non… je vous jure que non. Je veux juste vous avertir, pendant qu'il est encore temps…
- Bullshit… fait-il en se redressant enfin. M'avertir de quoi ?
Un grand boum retentit dans la maison, suivi d'une cavalcade dans les escaliers. La voix de Mortimer s'élève, je comprends qu'il aboie des ordres, peut être à son chien, ou à Aileen. Edward se rassoit dans son fauteuil, me dévisageant d'un air méfiant et j'en fais autant, au bord du lit. Les coups sourds se calment peu à peu dans ma poitrine mais l'expression de son visage reste amère, voire méprisante.
- Je vais vous expliquer mais il faut me promettre de rester calme, hein ? Je sais que vous ne me croirez pas, mais je pense que vous êtes en danger ici, Edward.
- A cause des fantômes ? demande-t-il d'un ton mi figue mi raisin.
- Non. Les fantômes ne sont rien à côté d'Alfred Mortimer, faites-moi confiance. Vous savez que de nombreuses légendes courent sur son compte, je suppose qu'on a déjà averti, mais vous n'avez rien voulu croire, ce que je peux comprendre. A votre âge j'aurais fait pareil et j'aurais tenté le coup, bien sûr.
Son visage reste fermé, la comparaison entre nous ne le convainc pas, il doit me prendre pour un ringard, peut-être à raison. J'entends les rires gras de mes collègues dans la pièce à côté, j'ai l'air bien dérisoire avec mes avertissements.
- Vous avez eu raison d'accepter le rôle, je pense que vous y serez excellent –même si je ne connais pas votre personnage- mais il faut que vous soyez prévenu, avant de commencer : Mortimer méprise les acteurs et…
- More than you ? lance-t-il, amer.
- Ok. Right. Désolé de vous avoir paru méprisant, ce n'était pas volontaire, ni réel. Oui, plus que moi, parce que moi je ne les torture pas. Il a fait des dégâts, il a même détruit des carrières vous savez. C'est pour ça que je vous parlais de Mike Mc Bride, après avoir tourné avec lui sa carrière s'est arrêtée net.
- Mais le film a été un succès, non ?
- Oui. Mais il tenait un rôle si veule qu'on ne lui a plus rien proposé d'intéressant, après. Et le tournage a été extrêmement difficile, il lui a imposé de tourner des dizaines de fois les mêmes scènes, pour l'épuiser. Lisez les annales, vous verrez. C'est un pervers, je vous dis.
- Recommencer les scènes c'est notre job, M. Delcourt, fait-il avec scepticisme. On est payés pour ça, et généralement c'est pour s'améliorer. Vous ne m'apprenez rien, vous savez. Je connais toutes ces rumeurs sur les réalisateurs- et lui en particulier- et j'ai le cuir plus dur que vous ne pensez. J'en ai déjà vu des réalisateurs pervers, j'ai déjà souffert sur des tournages, jusqu'à pleurer de rage ou de souffrance. It's the game, you know ? Et c'est comme ça qu'on devient bon. Très bon même…
Les phrases de Mortimer me reviennent en mémoire « Les acteurs sont des idiots, et ce qu'on achète, c'est leur âme, pas leur cul », je vois qu'il a déjà bien compris la leçon, le petit. Soit, s'il est prêt à souffrir, pourquoi pas. Il y a des femmes battues qui restent avec leur agresseur, aussi, et tout ça ne me regarde pas. Je crois comprendre l'origine des rides amères au coin de sa bouche et de ses doigts qui tremblent alors qu'il tire sur sa cigarette, ce flou au fond de ses yeux. 25 ans et déjà brisé, ça promet.
- D'accord. C'est parfait alors. Si vous prenez les risques en connaissance de cause, c'est bon. Et votre fiancée ?
- Quoi ma fiancée ?
Je me penche pour me rapprocher de lui, je dois trouver les bons mots, vite. Il semble enfin m'écouter, sa jambe tressaute, je vois une fine sueur perler sur son front.
- Ce n'est pas qu'une question de répétition de scènes et de caprices de scénariste, Edward. Mortimer se sert de la vie privée des gens, de leurs failles pour les amener là où il veut, quitte à les détruire. Une actrice s'est tuée peu avant la sortie d'un de ses films, pour une scène de viol qu'elle n'assumait pas. Il l'a détruite, et pourtant il ne l'a pas touchée. Et l'acteur non plus. Mortimer s'insinue dans votre cerveau et vous détruit, avant même que vous vous en aperceviez…
- Mais on n'a jamais pu prouver le lien entre le film et son suicide… murmure-t-il sourdement, la lèvre tremblante.
- Bien sûr, Mortimer n'est pas un assassin, il est plus fin que ça. Vous croyez quoi ? Qu'il lui a tendu les lames pour se couper les veines, qu'il a fait couler l'eau du bain ? Non. Il a juste refusé de retirer la scène, et il ne répondait plus à ses appels. Les actrices sont fragiles, Edward, et Bella l'est également. Il faut la protéger.
Les couleurs semblent se retirer de son visage, peu à peu, il entrevoit la vérité sans l'accepter.
- Mais la protéger de quoi ? Il n'y a pas de scène de viol dans le film…
- Vous avez lu le scénario ? dis-je, le cœur battant.
- Oui.
Bonne nouvelle. Avec un peu de chance je pourrai lui tirer les vers du nez, j'en saurai plus ce film, en avant première. Une vague d'excitation me serre les entrailles, je me mords la lèvre pour ne pas le montrer.
- Il n'y a aucune scène scabreuse, un peu dangereuse pour elle ?
- No… fait-il avec une légère hésitation.
- Il y a quelque chose quand même, hein ? C'est l'histoire d'un couple qui implose, pas vrai ?
- Yes, but…
- Tout est là, Edward, tout est là, dis-je en posant ma main chaude sur la sienne, glacée. A votre avis, comment va-t-il obtenir le meilleur d'elle, de vous ?
- What ? fait-il, réprimant un frisson qui monte de ses doigts aux miens, involontairement.
- Il m'a dit lui-même hier qu'il fallait extirper la vérité des acteurs, par n'importe quel moyen, et le mieux c'est quand ils ne font pas semblant.
- … ?
- Pourquoi vous croyez qu'il a choisi un vrai couple ? Parce que vous êtes un vrai couple, n'est ce pas ?
- I… no, I can't believe it, fait-il en secouant la tête vigoureusement, comme un enfant.
Il fait mine de se lever, je le retiens par le bras, le forçant à rester assis :
- Ecoutez-moi Edward, quel intérêt j'aurais à vous mentir ? Croyez moi ou pas, il me l'a dit lui-même, qu'il vous avait choisi pour ça. Parce que vous êtes un jeune couple fragile. Vous tenez à elle, n'est ce pas ?
- … I… Je… Oui, bien sûr. Mais je ne vous crois pas, c'est impossible, dit-il en fixant mes lèvres avec avidité, alors que je retiens ses mains dans les miennes.
Dans un instant de lucidité je me dis que si quelqu'un entrait maintenant il aurait une vision tout à fait faussée de la situation, mais c'est un torrent d'émotion qui coule en moi, je ne peux pas le laisser partir comme ça, je ne m'en remettrais pas. J'ai une chance d'intervenir sur le futur, de sauver leur couple, je me dois de le faire, ou je ne mérite pas le nom de journaliste. Le trouble le transforme, je comprends l'émoi des jeunes filles à la vue de certaines de ses scènes, tout en réalisant que c'est justement ce trouble là qu'Alfred voudra lui voler, à coup sûr.
- Pourquoi vous a-t-il choisis, alors ? Pourquoi vous deux ?
- Je… parce que nous sommes de bons acteurs j'imagine, il m'a dit qu'il avait aimé mon interprétation dans « The Wolf », la force de mon jeu, répond-il, sur la défensive.
- D'accord. Et Bella ? Qu'est ce qu'elle a tourné, à part des sitcoms ? Elle a 21 ans, non ? Vous pensez qu'on monte un film de plusieurs millions sur une jeunesse qui n'a fait que de la télévision ?
- Oh, you're so cruel… grince-t-il en reprenant sa main, vexé. What do you mean ? Nous ne serons pas à la hauteur, c'est ça ? On est trop jeunes ? Pas assez expérimentés ?
- Ce n'est pas du tout ce que je dis. Du tout. Je ne doute pas que vous serez de merveilleux interprètes mais demandez-vous seulement pourquoi il vous a choisis, vous. Et méfiez-vous.
Il me regarde anxieusement, je voudrais le rassurer sur son talent mais si j'en dis trop il se méfiera de moi, on ne change pas de stratégie en pleine bataille. Je laisse le silence s'installer, je veux qu'il reprenne la main, lui.
- Me méfier de quoi ?
- D'Alfred. Il vous a fait venir pour vous observer en tant que couple, voir vos habitudes, vos failles. Et après il réécrit son scénario pour l'adapter à vous, nuit après nuit. C'est pour ça qu'il n'a pas de temps pour moi, pour répondre à mes questions. C'est un vrai prédateur et un bon psychologue. Il est fou mais très intelligent, c'est sa force. Vous êtes ses proies consentantes, sous couvert de film il vous fera faire tout ce qu'il veut. Tout.
Edward blêmit, je lis dans ses yeux qu'il a des scènes précises en tête, qu'il n'ose m'avouer.
- Il vous a fait promettre de ne rien révéler du film, hein ?
Il acquiesce, je soupire : « Soit. Je respecte ça. Je vous souhaite juste beaucoup de courage, à vous et votre fiancée. Et beaucoup, beaucoup de chance… mais il est tard, non ?». Je regarde ma montre, il ne bouge pas. Un lapin pris dans les phares d'une voiture, tétanisé.
- Mais… comment il va faire ça, à votre avis ? souffle-t-il enfin.
- Aucune idée, je ne connais pas le scénario. Il va s'arranger pour semer le doute entre vous, la jalousie, jusqu'à ce que votre couple explose. Ce ne sera pas très difficile, si vos partenaires sont séduisants… ou d'une autre manière, je ne sais pas. Vous seul pouvez savoir comment, non ?
- I can't believe it… murmure-t-il en se levant. Unbelievable… Et vous, pourquoi il vous aurait fait venir ici ?
- Aucune idée. Pour avoir un témoin, pour prouver plus tard qu'il vous traitait correctement. Quoique… franchement, je n'en sais rien. Je n'interviens en rien dans cette histoire, c'est juste un hasard.
En hochant la tête il recule jusqu'à la porte, pensif, je lui glisse un dernier mot, anxieux :
- Si ça ne va pas, vous pourrez compter sur moi, Edward. Appelez-moi à n'importe quel moment, je vous aiderai. Je m'y connais en harceleur, vous savez, et je resterai parfaitement discret. Je ne veux pas apprendre dans deux mois que vous vous êtes séparés, Bella et vous, ou pire. Vous pouvez avoir confiance en moi, n'hésitez pas.
Il acquiesce une dernière fois et me fait un vague geste de la main avant de sortir, je finis mon verre en me demandant si j'ai un rôle, dans cette histoire.
A suivre…
Merci à ceux qui lisent et encore davantage à ceux qui reviewent, un immense merci à Nico et à Katy, et rendez-vous la semaine prochaine…
Je réponds ici aux non inscrits :
Katymina : Qui tire les ficelles ? Bonne question… Moi, à vrai dire, mais chuuut…il faut laisser croire aux persos que c'est eux, qui tirent les ficelles ^^Merci d'aimer mon histoire, merci de ta fidélité !
Camille : sadique, moi ? il paraît, oui…mais c'est pour que les lecteurs rêvent, en attendant. Et puis une semaine, ça passe vite !
BISOUS A TOUS
