DANS UNE CAGE, OU AILLEURS
Chapitre 16
Take the long way home
Merci d'avoir aimé mon dernier chapitre, passons tout de suite au cœur de l'action… Pour les non angliscistes j'ai traduit les prhases en parenthèses, désolée pour ceux que ça peut gêner. Bonne lecture !
« Take the long way home » est un tube bien connu de Supertramp, of course…
Le bâtiment gris et immense luit sous la pluie fine d'avril, je remonte mon col. L'assistante du studio, Sophia, me répète avec fierté qu'une bonne partie des scènes d'Harry Potter ont été filmées là, elle propose d'en faire le tour, je décline d'un geste de tête alors que Stéphane s'écrie : « Ah oui ! Ce serait sympa. »
- Une autre fois, Steph, s'il te plait, dis-je d'un ton las, avec l'impression de gronder un enfant. Aujourd'hui on rencontre Mortimer, demain tu pourras faire tous les repérages que tu veux.
- Il y a encore certains décors ? demande-t-il à Sophia sans prêtre attention à ma remarque.
- Non, la plupart d'entre eux ont été envoyés en Floride, pour l'ouverture d'un nouveau parc d'attraction.
- Oh, dommage…, fait-il, déçu.
Un vrai gamin. Il sort une cigarette et se fait rabrouer par la jeune fille, Georges glousse. Nous entrons dans le vaste hall rempli de machines diverses et de décors empilés, j'aperçois au loin une grande chaise en toile sur laquelle se trouve Mortimer, l'air sombre, tirant sur sa pipe.
- Mais je croyais que c'était interdit de fumer, maugrée Steph en boudant.
- Oui mais c'est M. Mortimer, et c'est juste une pipe, répond-elle d'un ton qui ne souffre pas la réplique.
Je comprends que le réalisateur terrorise encore tout le monde même si elle sourit. Le rouge est mis, nous approchons sur la pointe des pieds, presque émus. Assister au tournage d'un génie est toujours émouvant, même s'il est à présent contesté. Il se lève et boitille jusqu'à la caméra, qu'il bouge légèrement. Toute l'équipe autour semble retenir son souffle, je découvre Bella et Edward sur le plateau, derrière les caméras, mimant un couple prenant son petit déjeuner.
Bella se gave de croissants et Edward avale son café rapidement en se grattant la tête, mal réveillé. Leur voix est trop faible pour qu'on distingue leurs paroles mais ils paraissent d'humeur chagrine. Ca me fait bizarre de les voir là, sous l'œil noir de Mortimer, encadrés par des dizaines de techniciens, à simuler un petit déjeuner tranquille.
La tension est perceptible sur le plateau, je me demande si elle est liée à l'importance de la scène ou aux ennuis judiciaires encore proches entre réalisateur et acteurs. J'imagine que ça n'a pas dû être évident de reprendre comme si de rien n'était et je reconnais le médiateur nommé par les avocats qui ne loupe pas une miette de la scène. Je crois que c'est un journaliste indépendant ex-avocat qui a dû signer une clause de confidentialité, dommage pour lui. Pour nous en revanche c'est beaucoup plus simple, nous sommes là pour filmer une espèce de « making off », une vraie aubaine pour un cinéphile.
Sauf que là j'aimerais ne pas les connaître, ne pas avoir été impliqué dans cette histoire, de près ou de loin. Bella est belle dans sa nuisette, savamment décoiffée et à peine maquillée, Edward est grand et maigre, les yeux cernés. J'ai du mal à le quitter du regard, j'espère que c'est du maquillage, j'espère qu'il va bien. Au « cut » tout le monde s'agite soudain, le réalisateur maugrée « One more time », un soupir lassé passe sur le visage des acteurs, Mortimer se lève vers nous et me tend la main, alors que j'aurais juré qu'il ne nous avait pas vus.
- Quel plaisir de vous revoir, M Delcourt, grimace-t-il en souriant d'un air faux.
- Tout le plaisir est pour moi, dis-je en lui rendant un sourire tout aussi sincère.
- Je suis en plein travail, excusez-moi, mais je viendrai vous voir après, bien sûr…
- Mais je vous en prie, c'est bien normal…
Edward me reconnait et me fait un petit signe de tête indifférent, une maquilleuse se précipite pour lui repoudrer le nez, il se penche un peu, Paris est loin. Bella feint de ne pas nous avoir vus, j'imagine qu'elle m'en veut de mon amnésie aux questions policières. Steph et Georges flânent entre les techniciens, heureux comme des gamins à la foire. Leur anglais hésitant leur permet de poser des questions sur le matériel ultramoderne, pour un peu je les laisserais aux commandes de l'émission et je repartirais, mais nous sommes censés rester deux semaines, une éternité. Je soupire, un peu las déjà et je m'assois au coin du plateau non loin de la scripte. Elle me sourit gentiment, je lui trouve une ressemblance avec Esmée, les cheveux peut-être.
Elle m'a vu partir avec scepticisme, agacée par la publicité faite à mon reportage, certaine que Mortimer est un harceleur et moi un complice muet, manipulé par ma chaîne. Je lui envoie des dizaines de SMS désabusés auxquels elle répond avec ironie, pas dupe. Sa certitude est que je fais partie des vautours alors que c'est faux, je plains Bella et Edward de tout mon cœur. Si j'en ai un.
Au clap suivant tout le monde se fige et Bella dévore un nouveau croissant –à la demande expresse de Mortimer, qui ne supporte pas la simulation. Je devine de dégoût de la jeune fille forcée d'avaler un aliment interdit par son régime à la mode, je suppose que ça doit réjouir Mortimer, mais est-ce que ça peut être considéré comme du harcèlement ?
Les comédiens jouent et rejouent la scène, je ne perçois pas de réelle différence dans leur jeu d'une prise à l'autre mais c'est à ça qu'on reconnaît un génie, son exigence et son sens de détail. A la 24ème prise j'ai détourné les yeux, lassé et je lis un journal abandonné quand Bella commence à émettre de petits cris nerveux avant de se précipiter vers le Médiateur. Je comprends qu'elle lui demande de faire cesser sa torture, avant d'aller vomir pour la troisième fois. Ce dernier se lève avec lassitude, levant les mains devant lui en signe d'apaisement. Mortimer fulmine en répétant que c'est la base du jeu de l'acteur, la répétition pour s'améliorer, le Médiateur bafouille quelques paroles apaisantes, en vain.
Le réalisateur tire sur sa pipe avec fureur, réprimant difficilement son envie d'exploser et me jette un petit coup d'œil, sans doute pour vérifier si je ne prends pas de notes, ou si je n'ai pas un micro caché. Je lis un agacement méprisant dan son regard et je feins l'étonnement, ce qui l'amène à jeter sa pipe par terre avant de quitter la scène brusquement. Pas de doute qu'il aurait hurlé sans notre présence, le médiateur reprend sa place avec un soupir éloquent.
Je comprends pourquoi le climat me paraissait tendu en arrivant : Mortimer a si peu l'habitude qu'on lui résiste que la moindre contrainte lui est insupportable et la présence de tiers ne fait qu'envenimer les rapports entre eux, à l'inverse de ce qui était prévu. Charmant. Jouer les casques bleus n'est pas prévu au programme et je n'ai pas l'intention de subir sa tyrannie, donc je demanderai à Steph de braquer la caméra sur lui au moindre frémissement, seule parade efficace.
Au bout de quelques minutes Bella revient, l'air revêche et la scène reprend au clap de départ, tout le monde retient son souffle. Le moment est rare et fragile, coupant comme du cristal. Enfin Mortimer souffle « It's ok » en soufflant un nuage de fumée, tout le monde respire, le médiateur s'essuie le front. J'espère qu'il a négocié une prime de risques, il est blême.
- Hé bien, ça promet… me souffle Georges. T'as amené ton casque ?
- Non. Mais on a une caméra, et ça va bien le calmer, je te promets.
- J'espère que t'as raison, chef…
L'équipe technique commence à remballer les décors et matériels, Bella et Edward s'éclipsent en coulisses, pas pressés de me saluer.
Mon téléphone vibre, c'est Lily qui rentre de l'école et cherche sa girafe en peluche :
- Papa ? Tu sais où elle est, ma girafe ? J'en ai marre j'arrive pas à la retrouver…
- Non, je n'en sais rien bouchon, je ne peux pas t'aider, dis-je secrètement ravi d'entendre sa petite voix flûtée qui me ramène à la « vraie vie ».
- J'en ai besoin, papa, tu m'aides à la trouver ?
- Mais je suis loin bichette, je suis à Londres !
- C'est où ça ? demande-telle d'un ton méfiant.
- Mais en Angleterre, de l'autre côté de la mer. Je t'avais dit que je partais hier soir, tu t'en souviens ?
- Quoi ? Encore ? Mais pourquoi t'es jamais là papa ?
- Parce que… parce que j'ai du travail bichette…
- Mais maman aussi elle travaille, et elle est pas tout le temps partie ! Tu reviens ce soir ?
Je m'éloigne du bâtiment, pour éviter que ses cris ne résonnent dans le hangar. Il ne pleut plus mais le vent souffle et me transperce, j'imagine Lily dans son petit ensemble bleu et beige, mordant dans son goûter dans notre cuisine. Si elle savait que je donnerais tout pour être avec elle, mais je suis coincé là avec des fous, par contrat.
- Non chérie, je reviendrai dans deux semaines, mais ça passera vite, tu verras, dis-je avec mauvaise conscience.
- C'est même pas vrai ! Ca passera lentement et moi je retrouverai jamais ma girafe et t'en as rien à faire, pleurniche-t-elle au téléphone.
- Mais si, mais si… passe-moi ta nounou, je vais lui parler.
- Allo ? fait une voix inquiète. Je suis désolée, j'ai essayé de l'en dissuader mais j'ai pas réussi…
- C'est pas grave mais veillez à ce que ça ne se reproduise pas trop souvent car je suis sur un tournage compliqué et je ne suis pas disponible. Elle est vraiment perdue, cette girafe ? Vous avez cherché partout ?
- Non, pas encore, je m'occupais de Tara, je ne peux pas tout faire. Lily a appelé sans me prévenir, elle sait très bien sur quelles touches appuyer vous savez.
- Oui, je m'en doute… Ecoutez je suis pressé là mais je rappellerai ce soir, promis. Embrassez les filles pour moi, et bonne soirée…
Elle ne répond pas, vraisemblablement vexée.
- Merci pour tout ce que vous faites pour nous, madame Dios…
- Je vous en prie.
Ca y est, je l'ai blessée alors que je sais parfaitement qu'elle fait ce qu'elle peut. On la paye grassement en même temps, je ne pense pas qu'elle soit à plaindre mais je m'en veux de ne pas être plus présent pour mes filles, mes merveilles. Je regarde ma montre, c'est l'heure de retrouver Mortimer pour « caler » notre mode de fonctionnement, je parie qu'il ne me fera pas de cadeaux. Moi non plus.
oOo oOo oOo
- Aileen va bien ?
- Oui, très bien, merci, répond Mortimer en levant un sourcil, comme si ma question était incongrue.
- Je garde un excellent souvenir de mon séjour chez vous…
Nouveau haussement de sourcil, je sens qu'il est sur le point de rétorquer « Je croyais que vous ne vous souveniez de rien » mais il se tait et tire sur sa pipe, se renfonçant dans son fauteuil. Nous sommes dans son « bureau », une pièce moche affublée de trois grands fauteuils, une table basse et une moquette passée d'âge. Steph et Georges sont encore en train de rôder dans les studios, à la recherche de je ne sais quelle pépite, moi je préfère rencontrer le réalisateur seul à seul, pour cette reprise de contact. Il m'observe avec un petit sourire derrière son écran de fumée, je toussote.
- Bien, qu'attendez-vous de moi précisément ? je lance après quelques instants de silence.
- Je pense que vous savez parfaitement ce que vous avez à faire, c'était précisé dans le contrat signé avec votre chaîne, non ?
D'accord. Il veut la jouer comme ça, professionnel et tout et tout. D'accord.
- Certes, mais pourquoi m'avoir choisi, moi ? Vous aviez le choix, non ?
Il hausse les épaules et me souffle une large bouffée de fumée au nez :
- Oh, je ne connais pas le monde de la télévision vous savez, ça ne m'intéresse pas. J'avais du respect pour quelques grands journalistes du passé, Walter Krondite par exemple, mais ils sont tous partis à la retraite… Les autres, je ne les connais pas. Alors j'ai pensé à vous, conclue-t-il d'un ton signifiant « vous ou un autre, c'est pareil ».
- D'accord. Vous avez vu l'émission que je vous ai consacrée il y a quelques mois ?
- Hum… j'y ai jeté un œil, oui.
Pas question pour lui de me faire un compliment, je sens une vague d'énervement monter.
- Bon hé bien si vous n'avez rien de spécial à me dire M Mortimer j'en conclus que j'ai le champ libre –dans le respect du cadre contractuel bien sûr- c'est parfait.
Je fais mine de me lever, il me regarde enfin avec attention :
- Attendez ! Vous allez filmer quoi exactement ? Vous me préviendrez avant ?
- Selon nos clauses contractuelles nous avons l'obligation de vous prévenir que nous filmons mais vous n'avez pas votre mot à dire sur ce qui est fixé sur la pellicule –hors domaine privé bien sûr- donc nous allons surtout filmer les prises –et quelques moments « off » qui nous paraîtront les plus pertinents. Seul le Médiateur sera habilité à visionner les scènes et nous demander d'en retirer certaines. Ca vous convient ?
Une fine sueur apparaît à son front, je devine que ce sont ses avocats qui l'ont incité à accepter ce type de contrat et que ça ne correspond pas du tout à sa manie de tout contrôler.
- Et… vous interrogerez les acteurs ?
- Bien sûr. Quel intérêt sinon ? Vous savez, c'est ce dont les spectateurs sont le plus friands, le vécu des acteurs sur un tournage. Surtout un tournage difficile…
On frappe à la porte, Mortimer foudroie du regard l'assistant réalisateur qui vient lui parler de la scène du lendemain :
- Later. (Plus tard)
- But…(Mais)
- No ! I'm busy now ! Get off… (Non ! je suis occupé ! partez…)
Steven repart rapidement, Mortimer m'observe avec attention :
- Mais vous allez leur demander quoi ?
- Tout. Ce qu'ils vivent, ce qu'ils ressentent… C'est un peu le but de ma présence ici, dis-je avec satisfaction en relevant le menton.
- Comment ? Mais ils vont vous raconter n'importe quoi ! Elle n'arrête pas de gémir et lui fait la gueule tout le temps. Si on les écoutait on ferait une prise par jour et que des gros plans sur leurs yeux, leur bouche ou je ne sais quoi... C'est n'importe quoi !
- Mais c'est le but du jeu vous savez… A vous de faire en sorte que ça se passe bien, vous ne croyez pas ?
- Non. Non je ne crois pas, dit-il en se levant avec fureur et en faisant le tour de la pièce à grandes enjambées. Ce n'est pas du tout ce que j'avais compris, je pensais que vous alliez filmer les prises, les coulisses, d'un point de vue purement cinématographique, pas… people. Enfin, vous les connaissez tous les deux, non ? Des gamins mal élevés et mal dégrossis, qu'on considère comme des stars… mais ils ne savent rien, et ils ne sont rien.
- Mais pourquoi vous les avez choisis, alors ?
- Parce que James Dean et Elizabeth Taylor sont morts. Vous croyez qu'il y a encore du choix ? Enfin, comprenez-moi Carlisle, on ne fait pas de bons films avec de bons sentiments… c'est impossible, rajoute-il plus doucement en se rasseyant. Je ne comprends pas cette époque…
Il me ferait presque pitié si je ne le connaissais pas bien, le bougre.
- Oui mais le monde a changé, les acteurs ont des droits, comme tous les salariés…
- Des salariés à plusieurs millions de dollars par film ! Ca mérite bien quelques sacrifices, non ? Bientôt ils vont réclamer les 35 heures, comme chez vous ! Quelle misère, quelle misère…
C'est un vieil homme fatigué que je vois en face de moi, j'interroge :
- Mais pourquoi vous continuez ce film, alors ?
- Parce que ce sera mon dernier, et il faut que ce soit un chef d'œuvre, vous comprenez ? Je suis malade –je ne veux pas vous faire pleurer sur mon sort- ce sera ma dernière contribution au cinéma mondial, ça doit être gigantesque ! Comme un testament… Si vous saviez tout ce qu'il y a dans ce film, tout ce que j'y ai mis… ça mérite bien un peu du temps de jeunes acteurs indécemment bien payés, non ?
Je suis sur le point de rétorquer « Ca vaut combien, la vie d'un acteur, à votre avis ? » mais je me tais, impressionné par sa fougue. Il se penche vers moi et pose sa main sur mon genou :
- C'est pour ça que je vous ai choisi, Carlisle. Parce que vous comprenez. Vous savez, vous, qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs, comme vous dites en France. Alors aidez-moi…
Pendant quelques secondes je suis pris de court, j'opine bêtement, pris entre le désir d'aider ce vieil homme et la révolte de me savoir manipulé sans vergogne par cette crapule.
- Je ferai ce que je pourrai, M. Mortimer… mais je dois respecter une certaine déontologie, vous le savez… je ne peux pas fermer les yeux sur tout, même si je vous comprends.
Il me fixe longuement d'un air indéfinissable puis hoche la tête pensivement. Je sais qu'il doit être en train de regretter le passé, un monde dont il était le maître incontesté, un monde sans journalistes témoins ni médiateur, un âge d'or révolu.
- Vous l'avez revu ? me demande-t-il avec un petit sourire, et j'ouvre de grands yeux.
- Qui ?
- Edward.
Je me recule dans mon siège, surpris par la question et l'air entendu de Mortimer.
- Depuis l'enquête ? Non, je n'avais aucune raison de le revoir, vous savez. D'ailleurs il ne m'a même pas salué ce matin, dis-je du ton le plus neutre possible.
Non mais il s'imagine quoi ? Qu'il tient un moyen de pression contre moi ? Sûrement pas.
- Pourtant j'ai su par mes avocats qu'il vous avait revu à Noël. Au Ritz.
- Oui, on s'est croisés au Ritz c'est vrai, on a bu un verre et c'est tout. Pourquoi ?
- Oh, pour rien… comme ça. J'aimerais savoir dans quel camp vous êtes, Carlisle.
- Quel camp ? J'ignorais qu'on était en guerre, Alfred. Moi je suis neutre, je suis journaliste, et vous le savez, non ? Je présume que c'est pour ça que vous avez proposé mon nom d'ailleurs, n'est ce pas ?
Un sourire narquois s'élargit sur ses lèvres, je me penche à mon tour vers lui, le fixant droit dans les yeux :
- Je ne sais pas ce que vous cherchez Alfred mais je croyais avoir été suffisamment clair : il n'y a rien entre lui et moi et je ne laisserai personne colporter cette rumeur, à moins que vous ne souhaitiez retourner devant les tribunaux. Méfiez-vous, vous avez beaucoup plus à perdre que moi dans cette histoire, et ce serait dommage que ce reportage commence sous de mauvais auspices… on se comprend n'est-ce pas ?
Mortimer grogne entre ses dents puis se lève et me tend la main :
- Bon retour à votre hôtel. Le tournage débute vers 8 heures mais le maquillage et la mise en place se font dès 5h30. Sophia sera à votre disposition pour vous accompagner partout où vous irez…
- Je n'ai pas besoin de garde du corps, je vous remercie. Mais je suis sûr que nous trouverons un modus vivendi convenable, dans notre intérêt réciproque bien compris. A demain, donc.
Sa main est sèche et rugueuse, nos regards ne se croisent pas et je sors, un peu étourdi.
Ca commence fort, mais je ne peux prétendre ne pas m'y attendre, vu le contexte. Mon portable vibre, c'est Esmée, je décroche :
- Allo chérie ?
- Ca va, bien arrivé ? Tu as vu ta victime ?
- Je sors d'un entretien un peu punchy avec Mortimer, je crois que ça va donner.
- Ah oui ? Il ne se repent pas ?
- Pas vraiment, non… il considère les acteurs comme des poupées trop bien payées, il ne voit pas pourquoi il devrait prendre des gants.
- Hé bien il est gonflé dis-moi ! Mais tu vas réussir à le confondre, non ?
- J'y compte bien, ma chérie, j'y compte bien…
Au loin Bella et Edward s'éloignent main dans la main, je sens une vague d'excitation me traverser. L'aventure peut être plaisante, si je me débrouille bien.
A suivre…
Merci pour votre lecture et vos commentaires !
Je réponds ici aux non inscrits :
Katymina : Désolée d'apprendre que tu as dû casser ta tirelire à cause de ce fichu ordi, je compatis, ô combien… Tu as raison, Carlisle se défend avec un peu trop d'acharnement pour un innocent ^^ Un triple chocolat chaud caramel au coin du feu ? Je suis pour ! D'autant que je souffre d'une extinction de voix depuis trois jours (il parait que c'est plutôt reposant pour les autres, bref). Merci de ta fidélité !
BISOUS A TOUS
