DANS UNE CAGE, OU AILLEURS

Chapitre 20

Could it be magic

Merci pour toutes vos reviews, vous me comblez ! Retrouvons tout de suite nos héros ,je vous sais impatients

J'aime particulièrement la version longue de Donna Summer «Could it be magic», que vous retrouverez sur ma page FB «nathalie bleger».

Lundi 9h30

J'arrive à nouveau dans les immenses studios gris, la réalité me retombe dessus, comme une chape de plomb. Le temps est doux, venteux, une odeur d'océan parvient jusqu'ici- ou alors c'est mon imagination ? Déjà une semaine, encore une semaine, une éternité. Tout le monde est en place déjà, les prises ont commencé, j'aperçois Edward de loin, mon cœur accélère.

Mon équipe est déjà en train de tourner en coulisses, de sa propre initiative. Ca m'agace, d'autant plus que ça veut dire qu'ils pourraient bien se passer de moi –hors la partie interviews. Et encore…

- Salut chef ! me lance Georges d'un ton goguenard dès la fin de la prise. C'était bien, ce petit week-end parisien ?

- Y en a qui ont de la chance… ajoute Steph avec un petit clin d'œil à son pote. On n'a pas eu cette chance, nous.

- Nan, nous, on a été obligés de rester ici. Heureusement que Londres n'est pas loin, hein ?

A leurs rires je devine qu'ils en ont bien profité, tant mieux pour eux. Moi je suis stressé et vanné, je fixe du coin de l'œil Edward qui ne m'a pas vu, en train de se faire remaquiller. Je m'installe sur une chaise, un peu plus loin, près des écrans de contrôle, ma place favorite. Personne ne m'accorde la moindre attention, je fais partie du décor désormais. Les techniciens s'activent, Jack vient me saluer comme un vieil ami qu'il n'aurait pas vu depuis longtemps, je lui rends son accolade, je croise en une fraction de seconde le regard perçant d'Edward, plein de mépris. Jalousie ou lui aussi a réfléchi et ne veut plus me revoir ?

Jack me raconte son week-end raté, je ne l'écoute même pas d'une oreille, hochant la tête par habitude. Je ne parviens pas à détacher mon regard d'Edward, en faisant semblant de fouiller dans mes fichiers –tout le tournage est découpé en séquences-, je passe d'un document à un autre, la tête vide. On s'était arrêtés, où, déjà ? Ma mémoire est vide –fichiers déchargés – entièrement occupée par une seule séquence, un certain jeudi soir. Les coups sourds de ma poitrine m'énervent, Bon Dieu je n'ai plus 15 ans quand même !

L'ambiance est étrange, Mortimer paraît irrité, comme à l'habitude, mais personne ne semble vraiment y prêter attention car son souffre-douleur favori a disparu –Bella- et sa colère tourne en rond, sans objet.

- Bella va mieux ? je demande à Jack qui se ronge les ongles à côté de moi.

- Elle est rentrée chez elle, aux USA. Je ne l'ai pas revue depuis que le médecin est passé. Vous n'avez pas vu les gros titres, dans la presse ?

- Euh, non. Je viens d'arriver de Paris, vous savez.

- Et il n'y avait rien à l'aéroport ? Bizarre. Elle a été photographiée à l'embarquement pour Los Angeles, l'air éplorée d'une victime d'attentat, avec une couverture sur le dos et des lunettes noires… un cinéma ! Enfin, elle soigne sa pub j'imagine. Ce qui m'emmerde c'est que les journalistes demandent comment j'ai pu laisser faire ça, comme si j'étais son ange gardien ou son garde du corps ! C'est pas mon rôle, merde, fait-il en se recroquevillant dans son siège. Et puis elle n'arrêtait pas de gémir tout le temps, comment savoir quand ça allait vraiment mal ? A force de crier au loup… Regardez…

Il me tend nerveusement un tabloïd, regrettant d'avoir accepté sa mission, je découvre Bella telle qu'il me l'a décrite, tentant de se protéger des paparazzis qu'elle a sans doute fait venir et que je ne parviens pas à plaindre.

- Sinon, le tournage a repris, je vois. Tout se passe bien ? Comment réagissent… les autres ?

- Bof. Mortimer est fou de rage, Cullen s'en fout, ou il ne montre rien, Tom est le seul qui a l'air affecté. J'imagine qu'il doit baliser en pensant qu'il sera la prochaine victime de Mortimer…

Effectivement Tom Farley, le jeune acteur blond au rôle ambigu –amant de l'un et de l'autre, dans le scénario- semble tendu, il bégaie à plusieurs reprises et s'attire les foudres du réalisateur. Je comprends qu'on va tourner les scènes entre lui et Edward, dont certaines très intimes d'après ce que j'ai entendu dire, mon estomac se crispe.

- Un café, Carlisle ? me dit Stella en me tendant un breuvage tiède et fade. Contente de vous revoir ! On a eu chaud, hein ? J'ai vraiment cru que le tournage allait être suspendu, les producteurs étaient fous. Il paraît qu'ils ont mis en demeure Mortimer de se calmer, je crois que ça n'a fait que l'énerver davantage…

- Oui, on a essayé de le raisonner, reprend Jack d'un ton morne, pour l'instant ça a plutôt eu l'effet inverse. Il ne supporte pas la moindre remarque ou le moindre conseil, c'est un vrai tyran.

Le rouge est mis à nouveau, Tom et Edward discutent sur un parking, dans un décor de banlieue. Ils portent le même jean noir mais Edward a une chemise blanche entrouverte alors que Tom est vêtu d'un simple tee-shirt jaune. D'où je suis je ne les entends pas –et je n'ai pas de casque pour le retour, c'est Georges qui l'a- mais je perçois la tension de la scène, les mots semblent vifs et les esprits s'échauffent, Tom pose sa main sur l'épaule d'Edward, qui la repousse puis s'éloigne. Une scène simple en apparence qu'ils recommenceront 15 fois, jusqu'au dégoût. A chaque coupure il me semble qu'Edward me regarde subrepticement, de loin, sans jamais s'approcher. Je décide de ne pas bouger, moi non plus, c'est préférable.

A la cantine, à 13h, il s'assoit à la table des acteurs, me tournant le dos, je crois que j'ai salué tout le monde sauf lui. Une vieille phrase me revient, de je ne sais où : « dans une pièce, quand deux personnes s'ignorent délibérément, c'est qu'elles couchent ensemble », mais personne ne nous prête attention, ouf. Je ne dois pas retomber dans la paranoïa, surtout pas. Je fais semblant d'écouter Stella qui me raconte son week-end sur la côte par le menu en mâchouillant mon sandwich au fromage, je suis fatigué. J'apprends par elle que Mortimer veut me rencontrer à 14h, je n'ai plus faim.

- Bon courage, me souffle Jack qui avale un brownie en l'émiettant.

- Merci…

Je n'ai pas la force d'ajouter qu'il ne me fait pas peur, d'ailleurs je n'ai pas peur, du moins pas de lui. Je finis mon thé trop amer et je me rends dans sa caravane, blasé.

- Bienvenue sur le plateau ! me lance Mortimer avec un souffle de fumée noire. C'est bien que vous soyez revenu…

- Ah oui ?

- Oui ! Prenez un siège mon cher, asseyez-vous. Cette petite virée à Paris vous a fait du bien ? Ah, Paris ! Quelle belle ville… quelle chance vous avez !

J'acquiesce mollement, il continue :

- Notre petite Bella est partie, vous avez vu… quel dommage. Une brave petite. Pas très futée, mais brave. Elle nous manque bien, hein ?

- …

- Je voulais savoir… elle vous a parlé, avant de partir ?

- Avant de partir ? Non.

- Ah ? Et… avant ? Pendant la semaine ?

- Elle a répondu à des interviews, oui. Pourquoi ?

Elle a plutôt gémi avec constance chaque soir devant la caméra complice de Steph, mais je ne veux pas en parler. Pas maintenant.

- Parce que… je me demandais… est-ce que… elle vous a dit quelque chose ?

Je le fixe avec étonnement, il me sourit benoîtement. Il me prend pour un imbécile, ou quoi ? Je me carre dans mon siège, agacé :

- Oui, elle nous a dit des choses, oui. Et vous le savez très bien.

- Comment ? Non, je ne sais rien. Je ne contrôle pas votre travail, c'est ce qui était prévu, non ? marmonne-t-il dans sa barbe en mâchonnant sa pipe.

- Ben voyons. Qu'est ce que vous voulez savoir, exactement ?

- Moi ? Je… hé bien je m'inquiète pour elle, c'est tout. Elle vous avait parlé de quelque chose ?

- De la façon dont vous la traitez ? Oui. Souvent même. Mais ce n'est pas une surprise quand même ? Dites moi que vous êtes conscient de la façon de la façon dont vous vous comportez avec tout le monde, y compris avec elle ! Surtout elle, d'ailleurs.

- Mais je ne vous permets pas ! Je mène ce tournage comme je l'entends, et c'est une chieuse ! Reconnaissez qu'elle est insupportable, non ? Franchement ? ajoute-il soudain radouci et je ne peux que reconnaître qu'il n'a pas tort.

- OK, mais vous n'y allez pas de main morte non plus. Vous avez vu comment vous lui parlez ? Ca vous étonne qu'elle en soit malade ?

- Mais je ne supporte pas les chieuses, je ne les supporte pas, c'est plus fort que moi… gémit-il en grinçant des dents. Vous comprenez ça, non ?

Pour un peu j'en rirais mais je m'efforce de garder mon sérieux, pour une fois qu'on peut discuter. Devant mon manque de réaction, il reprend :

- J'ai les producteurs et les journalistes sur le dos, c'est l'enfer…

- Un enfer que vous avez créé vous-même. C'est vous le patron sur le plateau, c'est vous qui créez l'ambiance. Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même.

- Mais si je les laisse faire on va tourner un soap-opera, Carlisle, vous comprenez ?

- Oui, je comprends. Mais c'est votre job, justement. Désolé…

En se renfrognant il tire à nouveau sur sa pipe, l'air perplexe :

- Vous ne m'aidez pas beaucoup.

- Désolé, je ne peux rien contre vos sautes d'humeur. Vous coulez votre propre bateau, Alfred, et pourtant vous avez choisi tous les passagers. Bon je vous laisse, je dois rejoindre mon équipe, dis-je en me levant.

- Attendez. Qu'est ce que vous allez dire aux journalistes ?

- Rien. J'ai signé une clause de confidentialité, et je n'ai pas l'intention de dévoiler les secrets du tournage avant la sortie de mon reportage. Je ne suis pas un paparazzi, Alfred, et vous le savez.

Il soupire, je sors la tête haute, pas mécontent. Les techniciens s'affairent sur le plateau pour la suite de la scène de ce matin, pas de trace d'Edward.

oOo oOo oOo

Le vent – propulsé par un énorme ventilateur- fait voleter les cheveux de Tom et Edward, ils sont si proches qu'on croirait qu'ils ont posé leurs fronts l'un contre l'autre, sur la rambarde qui les soutient. Je sais qu'on ajoutera des nuages par incrustation, au montage, voire un éclair. Tous les techniciens retiennent leur souffle, Mortimer tire sur son indispensable pipe, la script tape si vite qu'on croirait que ses doigts volent sur le clavier. Je découvre le scénario par bribes, jour après jour –même les acteurs n'en ont eu qu'un aperçu, on leur donne leur scène à apprendre chaque soir pour le lendemain- je pressens que je ne vais pas apprécier celle-là.

Tom vacille et manque de tomber sous la force du vent artificiel, il se rattrape à Edward de justesse et Mortimer hurle « Cut », fou de rage. On dirait qu'il s'est trouvé un nouveau souffre douleur, le jeune homme saute en bas de la rambarde et balbutie des excuses, bien enregistrées par Georges pour notre « making off ». Edward s'approche du réalisateur et lui parle, tous deux me regardent, je me demande ce qu'ils se racontent. L'air de Mortimer est peu amène –se doute-il que son attitude l'enfonce ?- celui de Edward plus énigmatique, presque moqueur. Un long instant nous nous affrontons du regard, il relève la tête avec provocation et je sens une flamme naître dans mon ventre, un flux de désir inattendu. Non, je travaille, là, pas de ça.

Tom et lui remontent sur leur promontoire de cinéma, troisième prise. Ils se penchent l'un vers l'autre et Tom prend le visage d'Edward entre ses mains, on croirait qu'il va l'embrasser, mon sang ne fait qu'un tour. La scène dure, je me demande ce qu'ils se racontent, pourquoi le tient-il avec tant de vigueur, le réalisateur n'intervient-il pas ? Ce n'est pas dans le scénario, j'en jurerais. Quand enfin Mortimer crie « cut » il a l'air satisfait, l'équipe souffle, la tension se relâche, j'ai les intestins qui font des nœuds.

- Tu as filmé ? je murmure à Georges qui tient notre caméra.

- Oui.

- Tout ?

- Oui. Montre… dis-je avec plus d'empressement que je ne voudrais en montrer.

Les images sont sans concession : leurs lèvres sont si proches qu'ils ne peuvent se dire que des mots d'amour –ou de haine-, de toute leur âme. Je reconnais cette petite tension sur le visage d'Edward, cette tension provoquée par le désir et une bombe explose en moi, irradiant tout mon corps. Je ferme brièvement les yeux, ébloui, le souffle court, le corps en émoi. J'ai besoin de lui, envie de lui, tout de suite.

Je le cherche des yeux, il m'observe, se mord la lèvre et se cambre légèrement, je comprends. Oui mon amour je te veux, tout de suite, ici, prends-moi, fais-moi crier disent ses yeux. A moins que ce ne soit les miens. Nos cœurs battent d'une même pulsation, nous palpitons du même besoin, le même flux traverse nos veines, je me sens rougir, durcir, grossir, je sais qu'il est dans le même état. Je ne peux plus bouger, irradié par le désir.

Georges me fixe, surpris :

- Ca va, Carlisle ? Tu es tout rouge…

- Oui oui, je murmure en détachant difficilement mes yeux de Edward qui partage mon émoi, et comprend. Tu peux me faire une copie de cette scène et me l'envoyer sur mon portable ?

- Toute la scène ou juste la dernière prise ?

- Juste la dernière prise, merci. Excuse-moi, je dois y aller, dis-je en me levant péniblement, le corps raidi.

Je me dirige vers la sortie rapidement en évitant Jack qui voudrait discuter, tout heureux que la dernière prise se soit bien passée. Stella est sur mes talons elle aussi mais je ne veux pas les voir, pas maintenant. J'espère que je marche d'une façon naturelle, les membres ankylosés par la pression sexuelle, j'espère que Mortimer n'a rien vu. Mais il est plus loin, entouré par son équipe, à commenter la journée, il ne s'occupe pas de moi. Je cherche Edward des yeux, en vain, bon Dieu où a-t-il disparu ? Est-il retourné dans sa loge, me fais-je des illusions ? Tom a disparu aussi, un doute s'empare de moi, lancinant. Et si ce n'était pas que du cinéma ? Je tourne un peu pour les retrouver, anxieux, mais personne ne les a vus, ni ensemble, ni séparés. Où est-il Bon Dieu, maintenant que j'ai tant besoin de lui ?

Le cœur battant je décide de retourner à l'hôtel, il saura bien me retrouver, s'il veut me parler. Doux euphémisme. Vite, un taxi. Il y en a toujours deux trois qui rôdent à la sortie de studios. Je plonge dans le premier, indiquant le nom de l'hôtel dans un souffle.

Je jette un coup d'œil à mon portable, pas de nouveau message. Merde. Ah si, il y en a un. Je l'ouvre, c'est la vidéo de Georges, Tom et Edward en gros plan et cette tension entre eux, ce désir… une nouvelle brûlure me saisit, je crois que je vais jouir rien qu'en les regardant. Non, rien qu'en le regardant, lui, qui est la beauté même, le plaisir, le diable même. En cet instant je me damnerais pour être avec lui, en lui, je me contrôle à peine, laissant échapper un soupir involontaire, qui me vaut un coup d'œil surpris du chauffeur.

Il doit penser que je mate une vidéo de cul, non, les images obscènes sont dans ma tête, Monsieur le chauffeur, je n'ai pas besoin de support pour décoller, ma mémoire suffit. Je bouge doucement les hanches, j'ai tellement envie de lui, partout, partout… Quinze minutes et 10 livres plus tard je suis à l'hôtel, apparemment désert. Flûte. Sa clé est accrochée au tableau, mince, il n'est pas là. La déception est si forte que j'en pleurerais mais je me retiens, je suis un homme bon sang.

J'entre dans ma chambre impeccable, ma valise attend sagement au bord du lit, je suis seul, salement seul. Tant pis, je vais me consoler par un moyen ou un autre, je trouverai bien. Une douche froide par exemple… je suis en train de me déshabiller quand j'entends des coups discrets à la porte, non, ce n'est pas lui, ça ne peut pas être lui, impossible.

A peine la porte entrouverte qu'Edward se précipite sur moi, se collant si fort à mon corps que je trébuche et manque de tomber, désorienté. Mais il me rattrape, me cloue à la porte et entreprend de me violer, ses mains et sa bouche sont partout, avec voracité. Je ne suis plus que brûlure, volcan charnel, j'ai besoin de lui, partout, tout de suite.

- Tu m'as tellement manqué, Carl…

- Oui, toi aussi.

- Surtout ta bouche… et tes mains… et ton cul… et tes… how do you say ? (comment ça se dit ?)

- Chut…

- Si tu savais comme j'ai pensé à toi… tout le temps. Always, (toujours) murmure-t-il en descendant le long de mon buste.

- Oui…

- Et toi ?

- Moi aussi…

- Je voulais ça…

- Oui...

- Et ça…

- Oui.

- Oh, regarde ça…

- Hmmmm oui…

- Laisse-moi la goûter, juste cette goutte, là…

- Oui. Encore… encore, encore, encore…

- And let me try this… (et laisse moi essayer ça)

- Oui. Oui. Oui…

Je suis devenu idiot, je n'ai plus qu'un mot à mon vocabulaire alors que sa langue titille ma verge déjà bien tendue, me happant avec gourmandise. C'est si bon que je pousse un feulement sourd, s'il continue je vais éjaculer alors que j'en encore, et plus. J'enfouis mes doigts dans la masse de ses cheveux, murmurant son prénom comme un idiot, il n'arrête pas ses investigations, insatiable. Chaque caresse et baiser me fait un peu décoller mais je ne veux pas partir seul, alors je le fais se relever et je l'amène sur le lit, pour le regarder.

- Tu fais quoi, Carl ? gémit-il en offrant à ma vue son corps dénudé.

- Je veux te voir, je veux voir cet air sur ton visage… ce désir. Il me rend fou. Comme tout à l'heure, quand tu tournais cette scène…

- Je pensais à toi, Carl. Rien qu'à toi. A ce que tu me ferais quand on serait seuls tous les deux. Fais-le moi… chuchote-il en écartant les cuisses, avec provocation.

Et je lui obéis, sans hésiter.

- Encore, demande-t-il beaucoup plus tard alors que nous nous reposons sur mon lit, essoufflés.

- Tu es increvable…

- Yes. I want you. And I want more and more… I love you, Carl. (Oui. Je te veux. Et je veux beaucoup plus... je t'aime, Carl)

Je le regarde, étendu les bras en croix, impudique, et j'aimerais en dire autant mais les mots ne viennent pas. Il y a le tournage, ma femme, ma vie. Il y a la vie, quand le plaisir s'estompe, qui revient vite, trop vite. Les questions.

- Tu disais quoi à Mortimer, tout à l'heure, Edward ?

- Quand ?

- Avant la dernière prise.

- Je lui ai soufflé la scène comme je la voyais, et c'était une bonne idée, tu vois, on n'a fait qu'une prise. J'avais hâte que ça se termine, je voulais t'attirer ici ou ailleurs, pour baiser. I couldn't stand anymore… (je n'en pouvais plus)

- Mais pourquoi vous me regardiez ?

- Moi je te regardais parce que j'avais envie de toi, à la folie.

- Oui, je l'ai lu sur ton visage, sur le combo. Mais pourquoi Mortimer me regardait, lui ?

- I don't know. No idea. (Je ne sais pas) Tu es sûr ?

- Oui. C'est bizarre, non ?

- Carl, tu t'imagines quoi ? me demande-t-il en me fixant avec attention.

Seraient-ils complices, tous les deux, contre moi ? Et si tout ça n'était qu'un piège, destiné à me discréditer ? A discréditer mon reportage, en prouvant que je ne suis pas objectif ?

Je vois nos corps enlacés dans le miroir en face du lit et j'ai peur, l'image est choquante, obscène. Mais la réalité est toujours choquante, je suis bien placé pour le savoir, en tant que journaliste. Une romance devient adultère, une escapade se rebaptise détournement de mineur, selon les points de vue, et là, lui et moi, c'est... Il attend ma réponse, je ferme brièvement les yeux, sous son regard soupçonneux.

- Rien. Rien… je m'interroge, c'est tout.

- Je crois que tu te poses trop de questions, Carlisle. Relax… Look, there's nobody here, except you and me. No one. (Regarde, il n'y a personne ici, sauf toi et moi. Personne).

- C'est vrai mais…

- Mais il n'y a de mais. Juste toi et moi. Come on, baby… (viens, chéri) laisse-moi de faire un petit massage, ça te détendra.

- Hum… quel type de massage ?

- Très coquin. Du genre qui vous nettoie les neurones, qui te fera tout oublier…

- Tout oublier ? Mais je dois faire le point avec mon équipe à 19h, ma femme va m'appeler à 20h et…

- Shshshsh… Night is young, darling, don't worry. ( La nuit commence, chéri, ne t'inquiète pas).Je vais partir, je reviendrai à 22h, quand ta journée de travail sera terminée. Tu connais le massage thaï ?

- Non… dis-je avec une légère inquiétude. En général c'est une spécialité féminine, non ?

- T'as trop d'a priori, Carl. Repose-toi, mange, and wait for me… (attends moi) tu ne seras pas déçu, me chuchote-il avant de partir en me léchant le lobe de l'oreille, et je recommence à bander.

Night is young… (la nuit commence)

A suivre… Merci à vous tous (de plus en plus nombreux) qui lisez et reviewez ma fic, vous me comblez !

Je réponds ici aux non inscrits :

- Katymina : Merci pour tes trois reviews, c'était une affaire à suivre…hé oui, un assume et l'autre pas, on ne change pas comme ça, pas vrai ? Sexe ou amour, c'est la grande question… parfois par pudeur les hommes masquent leurs sentiments derrière des actes, il ne faut pas s'y laisser prendre. C'est vrai que cette chanson est une merveille, elle ne vieillit pas. Merci pour ton incroyable fidélité !

- havenmysteries : Merci d'aimer ma fic, j'espère que la suite te plaira aussi ! Merci surtout pour ta review…

- Em : Hé bien, quel enthousiasme, ça fait plaisir ^^ Je suis enchantée que tu aies aimé ce chapitre à ce point-là, surtout la fin qui adoucit le reste…Merci d'être accro, et à très bientôt ^^

- miss anonyme : Coucou à toi, nouvelle lectrice qui est en fait en est une ancienne (non, je ne suis pas une déesse, tu es trop gentille), dommage que ton nom ne figure pas sur la review car tu as l'air de bien me connaître… Je comprends que tu aies été surprise au début de me retrouver sur un fandom « twilight » mais j'avais envie de changer, il faut bien se renouveler un peu. Merci de ta confiance, je suis contente que tu trouves mon style toujours addictif, pourvu que ça dure ! En tout cas je suis ravie que tu aies dévoré les 19 premiers chapitres, c'est un vrai cadeau pour moi. En ce qui concerne « mon ciel », c'est marrant on m'en parle beaucoup ces derniers temps, c'est bizarre comme le fait d'avoir retiré cette fic du site l'a rendue presque mythique, bref. Je ne cherche plus d'éditeur pour le moment, ça me fatigue, donc il n'est pas impossible que je la remette en ligne, un jour ou l'autre. J'espère que cette histoire-ci te donnera autant d'émotions, et merci encore pour cette belle et longue fic ^^

BISOUS A TOUS