DANS UNE CAGE, OU AILLEURS

Chapitre 24

Stripped

Merci de vos très nombreuses reviews positives, vous me gâtez!

«Stripped» est une chanson de Dépêche Mode, à retrouver sur ma page FB pour l'ambiance torride.

Mardi 22h.

Je tourne en rond dans ma chambre –pour changer, attendant Edward sans en avoir l'air - ma spécialité. J'ai deux trois questions à lui poser, au sujet de l'interview, mais en off.

Je sais que Bella est revenue aujourd'hui et que la production a organisé une petite fête pour son retour –à laquelle le Médiateur a été convié, mais pas mon équipe. Bon. Pas une vraie déception mais j'aurais bien aimé les voir ensemble, et il y a toujours des infos à grappiller, dans ce genre de pince-fesses, l'alcool aidant. Jack m'en fera sans doute profiter dès demain, c'est une vraie pipelette malgré son devoir de discrétion, mais je me demande ce qu'ils font. Ce qu'ils se disent. Mortimer a été convié mais a décliné l'invitation sous un prétexte futile – un travail de réécriture tardif, je l'imagine seul en train de grommeler dans son antre, tirant sur sa pipe comme une vieille cheminée.

Je me penche sur mon prochain sujet, Hemingway, en relisant diverses biographies et « Paris est en fête », sorti juste après son suicide. Oui, Paris est une fête et un crève-cœur, depuis le trou du cul du monde. Les photos d'Esmée et les filles me narguent, j'ai l'impression d'être en prison, otage d'une guerre médiatique. En voyant ma mine grise dans le miroir je m'imagine en train d'enregistrer un message de détresse à l'attention de ma chaîne et du Président de la République : « Payez la rançon, je vous en supplie, je suis retenu par un terroriste barbu et pervers, qui m'oblige à assister à ses tournages infernaux. » Hum, faudrait que j'arrête la bière, moi.

Mercredi1h15

On tambourine à ma porte, je me réveille en sursaut. Que se passe-t-il ? Un incendie ? Un attentat ? Le cœur au maximum j'ouvre la porte, Edward est en face de moi, accompagné de Jack. Bourrés, comme de juste.

- Allez, viens, on va faire la fête à Londres, je connais des supers boîtes…t'es déjà au lit ? s'étonne Edward en ouvrant de grands yeux –et en s'accrochant à l'encadrement de la porte pour ne pas tomber.

- A une heure du mat ? Oui. Je suis un vrai bonnet de nuit, moi. Et j'ai du boulot, le soir, en prime. Bon, les gars, je vais me recoucher, faites la fête autant que vous voulez, mais en silence, ok ?

Je croyais qu'il ne connaissait personne, à Londres, et qu'il n'aimait pas sortir. Il tend le bras vers moi, je recule prudemment. Un geste de trop et c'en est fini de ma réputation, et de mon mariage. Putain, qu'est ce qui lui prend ?

- Allez Carl, viens, quoi…

- Ecoutez, votre gag me fait beaucoup rire, mais pas plus de 5 minutes… Allez, bonne nuit. Au fait, Bella va bien ?

- Super ! Elle est avec Tom, ils avaient des trucs vachement importants à voir ensemble… répond Edward d'un ton mi-figue mi-raisin.

- Oui, plein de temps à rattraper, renchérit Jack en rigolant. Elle a pas voulu faire la fête avec nous… on cherche des copains, t'es sûr que tu ne veux pas venir ?

Pour qu'Edward me roule des pelles en public ? Non, merci. Sans façon. Je me force à sourire et je réponds le plus calmement possible :

- Oui, sûr. Allez, amusez-vous bien…Vous me raconterez demain.

Ils s'accrochent l'un à l'autre et repartent en titubant, ça promet. Je fais une petite prière –Mon Dieu, faites qu'il ne raconte pas de conneries à cette concierge de Jack- et je me recouche, un peu anxieux.

Mercredi 11h.

Bella apparaît sur le plateau avec deux heures de retard, Mortimer semble prêt à mordre. Elle sourit bravement mais chancelle –tiens, elle aussi a trop bu hier soir ? Jack gémit dès que Mortimer commence à râler - à la fin de la première prise. Et voilà, c'est reparti. La journée va être longue, je soupire.

Finalement Tom et Edward ne tournent pas leur fameuse scène d'amour, je respire. Pas vraiment envie de voir ça, le baiser était déjà une belle torture. L'ambiance est lourde, comme avant le départ de Bella, visiblement elle n'est pas prête à s'amender et à faire des efforts – Mortimer non plus.

- Bon, j'espère qu'il y aura des survivants, à la sortie, dis-je fielleusement à Jack qui se ratatine dans son siège à chaque « cut » vengeur.

- Arrêtez…

- Remarquez, vous avez bien fait de faire la fête hier soir, parce que désormais c'est reparti pour la soupe à la grimace quotidienne…

Bella repart en coulisses en pleurant, Mortimer crache par terre en jurant.

- Vous êtes sûr que vous ne voulez pas rester un peu plus longtemps, avec votre équipe ? chouine Jack en me regardant avec désespoir.

- Tout à fait sûr. J'ai déjà donné, merci. C'était bien, hier soir ?

- Oh là là m'en parlez pas, j'ai un mal de tête carabiné. Je ne sais pas ce qu'Edward m'a fait boire mais ça tape, ce matin. En plus je suis encore à moitié sourd, après la boîte de nuit. Il est revenu directement de l'after sur le plateau, à 6h, à mon avis il n'est pas frais non plus. Ah, la jeunesse…

Je jette un coup d'œil à Edward affalé sur un coin de décor, la tête entre les bras. Il m'a ignoré ce matin, pourtant je suis toujours à la même place, avec mon équipe.

- Et il vous a raconté quoi ?

- Vous plaisantez ? Comment voulez-vous discuter dans ces boîtes où le son est mis à fond ? On en ressort sourd sans avoir pu échanger deux mots.

- Ah, c'est tout ? dis-je soulagé. Et pendant le pot de retour de Bella, il s'est passé quelque chose ?

- Non, pas vraiment, fait-il en haussant les épaules. Elle n'a pas échangé deux mots avec Edward, elle a passé tout son temps avec Tom. Je pense que c'est pour ça qu'il a trop bu, le petit… Il est plus fragile qu'on ne croit, quand on le connait un peu.

- Ah oui ?

- Oui, j'ai cru comprendre qu'il avait des problèmes de cœur, au détour d'une phrase. Pauvre gars, s'il l'avait attendue il a dû être déçu.

Edward se fait remaquiller sur son morceau de décor, l'air absent dans son dos des petits malins prennent des photos, sans doute des paparazzis à l'affût de tendres retrouvailles. Je devrais le prévenir mais je ne veux pas être dans le champ, moi non plus. Je lui envoie un SMS en douce :

CarlisleTV.com : Attention, paparazzi derrière toi. Méfiance.

TeddyHolly.com : I know, thanks. Bella called them. (Je sais, merci. Bella les a appelés)

Bella revient sur le plateau, les yeux rouges, se mouchant ostensiblement, les photographes n'en perdent pas une miette. Elle s'assoit à côté de Edward, pose tendrement sa tête sur son épaule, se laissant embrasser. Je quitte le plateau, écœuré.

Mercredi 23h.

Un petit grattement à la porte, je me lève pour aller ouvrir, pas vraiment ravi. Je connais le système mais le comportement d'Edward m'a déçu, tout à l'heure. Je ne croyais pas que les fausses paparazzades étaient son genre, surtout arrivé à son niveau.

- Hello, fait-il en me montrant une bouteille de vodka et deux verres. Want some ? (T'en veux ?)

- Tu crois pas que t'as assez bu, hier soir ?

- What ? Je t'ai proposé de venir, c'est toi qui n'as pas voulu, Carl ! Don't be upset… répond-il en entrant et en s'asseyant sur le rebord de mon lit. (sois pas fâché)

- La question n'est pas là, tu te bousilles la santé, tu devrais faire attention, dis-je un peu sèchement.

- T'es ma mère ou quoi ? rigole-t-il. C'est ça ton amitié ? Je préférais quand on baisait ensemble…

- Tu m'étonnes. La vie est une fête pour toi, hein ? dis-je en paraphrasant Hemingway. Gare à l'addition, à 40 ans.

Le verre encore levé il me fixe, un peu désappointé :

- Qu'est ce qui ne va pas, my friend ?

- Rien. Tout va bien. Parfait. Et toi ?

Nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes, je me fais l'effet d'être le vilain méchant, le casse-ambiance mais il m'agace avec sa joie forcée et ses yeux brillants. Non, on ne baisera pas ce soir. Ni ce soir, ni jamais. Game over.

- Want the truth ? (Tu veux la vérité ?) lâche-t-il avec une petite moue amère. This movie is hell (Ce film est un enfer). J'en peux plus… ajoute-il en se laissant tomber sur le lit, comme sonné.

- Sans blague ? C'est pas ce que tu disais hier, en interview…

- What ? Oh, c'est pour ça que tu m'en veux, hein ? Tiens, prends un verre de cette excellente vodka, you'll feel better (tu te sentiras mieux). But I had no choice, you know…(je n'avais pas le choix, tu sais)

- Pas le choix ? Tu te fous de moi ? Tu savais que l'interview ne serait pas censurée par Mortimer et tu n'as rien dit ! Rien du tout… A quoi ça rime ?

- Oh Carl, you're so… naive (naïf). Je ne pouvais rien dire, ou ma carrière était fichue…

- Quoi ? Tu te moques de moi ? Tu ne me faisais pas confiance ?

- Réfléchis : cette interview sera diffusée partout, vue par tous les réalisateurs. Comment ils réagiront si je me plains publiquement ? Ils se diront : ce type crache dans la soupe, comme vous dites en France, il n'est pas fiable. Ce milieu n'aime pas qu'on lave son linge sale en famille, Carlisle. Et moi je veux faire carrière, alors je ferme ma gueule. Point.

- A ce point-là ?

- Yes. La carrière de Bella est fichue, crois-moi, comme celle de Maria Schneider après « Le dernier tango à Paris ». Quand on t'encule tu serres les dents et tu te tais. No choice.

Je l'observe dans la semi-obscurité de ma chambre, il s'est recroquevillé sur le lit, il me fait presque pitié. J'hésite à le foutre à la porte, c'est peut être vrai, ce qu'il dit. Ses longues jambes maigres dépassent, on dirait une sauterelle.

- Mais c'est horrible, dis-je en m'asseyant à côté de lui, sur le lit.

- Yes, it's life. (Oui, c'est la vie)

- J'ai du mal à imaginer ça…

- I know…

Il pose sa tête sur mes genoux, je lui caresse doucement les cheveux, presque machinalement. L'odeur de sa peau monte jusqu'à moi, cette senteur tiède qui me trouble et m'émeut, j'écoute le bruit de sa respiration, je devine les battements de son cœur. Nous restons longtemps muets, sans gêne. Rien à dire, ou trop pour si peu de temps. Trop de malentendus déjà.

« C'est si dur avec Mortimer ? » je finis par demander, il acquiesce et se cale un peu plus sur mes genoux, effleurant mon bas-ventre. Bien sûr que c'est difficile, j'en suis témoin tous les jours. Ce mépris larvé, ces réflexions cyniques, ça doit être insupportable, comment pourrait-il en être autrement ? Je suis aveugle, ou quoi ? Je ferme les yeux comme les autres, comme Jack, pour ne pas avoir d'ennuis. Je suis lâche, comme tous les journalistes, un « simple observateur ».

Je passe à nouveau mes mains dans ses cheveux puis sur son visage, en un geste tendre, de compassion. Il soupire et se frotte doucement à moi, provoquant mon érection.

- Non, je murmure alors qu'il se retourne et commence à frotter son visage sur mon sexe, à travers le tissu du pyjama. Non, s'il te plait, non…

- Shshhsh… fait-il en insistant sur la bosse avec son nez, sa bouche, ses dents.

Le doux mordillement m'envoie au paradis, je geins lentement, il écarte les plis du pyjama et fait sortir ma verge dressée, vision affolante.

- Non… oh. Ah… oui. Oui, oui, oui. Non, Edward. On avait dit…

Bientôt ses paroles se perdent en borborygmes, il lèche, suce et mordille le gland, absorbe l'ensemble en une caresse affolante, fouille et gratouille mes bourses durcies. Je ne veux pas mais mon corps a sa propre autonomie, plus rien ne m'obéit, mes hanches se soulèvent pour goûter davantage le traitement qu'il m'inflige, c'est bon à hurler. Et je hurle, abandonnant toute précaution, tout principe.

En quelques mouvements de langue tout est terminé, j'ai joui avec une violence inouïe, il me fixe avec des yeux d'enfant.

- Bon Dieu, tu m'ensorcèles, Edward, je te déteste.

- Pourquoi ?

- Tu crois que je ne t'ai pas vu embrasser Bella sur le plateau aujourd'hui ?

Un sourire clair étire ses lèvres, il me regarde, rayonnant :

- Bien sûr que tu l'as vu, c'était fait pour, et les photographes ont tout gobé. On l'a fait exprès, avec Bella, pour avoir la paix. Comme ça elle peut coucher avec Tom tranquille et moi… avec toi. Et tout le monde croit qu'elle et moi filons le parfait amour… je peux rester cette nuit ?

Je secoue la tête, épaté, et il n'attend pas ma réponse pour se mettre nu.

Jeudi 5h30.

Quelque chose bouge sur ce lit, bon dieu c'est le milieu de la nuit, qu'est-ce qui se passe ? Soudain le matelas s'allège, j'entrouvre un œil, une silhouette disparaît dans la salle de bain, je reconnais Edward et je soupire, c'est vrai que j'ai cédé encore une fois, je m'étais pourtant promis que c'était fini, que nous resterions amis.

Amis, tu parles. On ne l'a jamais été, on ne le sera jamais. Pas tant qu'il aura cette gueule d'ange, pas tant que je soupirerai comme une midinette. Qu'est-ce que j'ai fait de ma vie, bordel ? Perdue quelque part sous le lit, comme la chaussette qu'il exhibe fièrement avant de disparaître sous la douche. Comme tous les matins je prie pour que ça me passe, que je me réveille et surtout qu'il n'y ait pas de témoin, dans le couloir.

- Souhaite-moi bon courage, Carl… crie-t-il depuis la salle de bain.

- Hum ? Bon courage, je marmonne dans un état semi comateux.

Il ne peut pas se taire, au moins ? Il sort dans un effluve de gel douche, je me rendors. Je chasse l'idée qu'il ne reste plus que deux jours, hélas. Ouf ?

Jeudi 11h.

Le plateau bourdonne comme une ruche, dès mon entrée Stella me saute au cou, je sauve ma chemise in extremis du gobelet de café qu'elle me tend trop précipitamment.

- Carlisle, tu arrives enfin ! Le plan va débuter, ça être grandiose, tu verras, me dit-elle comme une gamine enjouée –elle va se mettre à battre des mains ou quoi ?

- Ah bon ? Il se passe quoi ? dis-je du ton le plus neutre possible en m'asseyant à côté de Jack, plongé dans la presse à sensation.

- C'est le jour de la scène d'amour, me glisse-t-elle avec un regard attendri en amenant sa chaise à côte de la mienne.

- Entre Bella et Edward ?

- Non ! Entre Tom et Edward… regarde, ils sont en train de préparer le lit…

Je me penche, gêné par la caméra de Georges et je constate qu'en effet au milieu de la pièce immense trône un lit aux draps noirs –noirs ?- dans un décor très épuré par ailleurs. Pas de décor du tout en fait, à croire que tout va se passer entre les draps ébène. Je déglutis et j'avale le café sans sucre d'une gorgée, tétanisé. Non, je ne veux pas voir ça, pas aujourd'hui. Je ne suis pas prêt, j'ai déjà failli mourir avec la scène du baiser. Je cherche une excuse mais les producteurs sont là et ils ont jeté un coup d'œil agacé à leur montre quand je suis arrivé en retard. J'avais une urgence, ça arrive, non ?

Courage, plus que deux jours. Plus que deux jours.

Des lumières étranges éclairent le lit où se tiennent les doublures lumières des acteurs, nus à part un minuscule cache-sexe – ça promet. Un climat de tension inhabituel règne sur le plateau, chacun est affairé à l'extrême, on sent que ce sera un moment clé – le tournant du film.

- Mais ils vont vraiment coucher ensemble ? je demande un peu naïvement à Stella.

- Mais enfin Carlisle vous savez bien qu'on fait semblant !

- Oui, je sais, mais je veux dire : dans le scénario, ils ont une relation… complète ?

- Complète ? Vous êtes drôle, Carlisle ! Ca veut dire quoi ?

- Est-ce qu'ils… vont jusqu'au bout ?

- Oh là là, oui ! Et il y a de ces détails, dans le scénario, qui m'ont fait… frémir. Il va le… comment on dit déjà ?

- Ne me dites pas, s'il vous plaît.

- Je crois qu'on va bien s'amuser… même si je les plains, ajoute-elle. C'est pas évident de se montrer presque nu devant 50 personnes, et de simuler le plaisir. Surtout avec Mortimer qui scrute tout à la loupe…

Ma gorge se serre, comme mon estomac, et tout le reste… les images qui me viennent ne collent pas avec un film de Mortimer, non. Georges échange des plaisanteries graveleuses avec son collègue, je tente de me rassurer en me disant qu'ils ne tournent pas une émission de téléréalité mais un film, donc ça ne ressemblera pas à ce que j'ai vu dans le miroir, hier soir. J'espère que non.

- Il fait chaud, hein ? me dit Jack en levant les yeux sur moi. Ca va, vous êtes tout rouge ?

- Oui, ça va, merci. Oui, il fait chaud, en effet.

- Ils ont monté la température pour que les acteurs n'aient pas froid. Vous avez vu les photos de Bella et Edward, dans la presse ?

- Comment ? Non, je n'ai rien vu, je n'ai pas consulté la presse.

- Ca fait le buzz sur le net aussi, les producteurs sont ravis, commente Jack. Il y avait des paparazzis sur le plateau hier, ils font semblant d'être fous de rage parce que la sécurité n'a pas été assurée, mais en fait ça les arrange qu'on reparle du film. Du coup Tom et Edward ont exigé qu'on vérifie l'identité de tous les gens sur le set aujourd'hui, ils ne tiennent pas à se retrouver à poil sur le net. Et Mortimer a menacé de faire évacuer le plateau au premier problème. J'ai croisé Tom, il n'en menait pas large. Il paraît qu'il s'est fait entièrement épiler par la maquilleuse et que c'était une torture… il y a des endroits où ça doit faire mal, non ?

- Oui, sans doute, je réponds un peu au hasard, en repensant au corps glabre d'Edward.

Un corps d'adolescent. Je secoue la tête, il faut que je reste calme. Mortimer m'envoie un sourire bizarre, je lui fais un signe de tête poli, de loin. Une vague d'angoisse monte dans mes tripes, sans que je puisse dire de quoi j'ai peur, vraiment. Une odeur un peu sucrée flotte dans les airs, trop sucrée. Stella s'est encore inondée de parfum, je frôle le haut-le-cœur.

- Tu vas voir, ça va être génial, me souffle-t-elle en se tortillant sur sa chaise –depuis quand on se tutoie ?- Edward est si sexy, j'ai tellement hâte de les voir ensemble. Ca va être super excitant. On a de la chance d'être là, non ?

Ouais, c'est le mot que je cherchais, poulette. Excitant. Au sens littéral. J'ai l'impression qu'on me tire sur les nerfs, un par un, ça fait mal, ça me crame les neurones, je suis tendu comme un string, un string sur un sexe épilé.

Au moment où Tom et Edward entrent, luisants sous leur peignoir blancs, une décharge électrique me parcourt, me faisant sursauter. « Une crampe » dis-je à Stella qui me lance un regard surpris. Soudain le silence se fait sur le plateau, je ne peux pas quitter Edward des yeux, sans doute nu sous son peignoir. Je ne veux pas voir ça pourtant. Je ne veux pas qu'on me voie voir ça, qu'on voie mon trouble. Je suis sûr que si on me regarde on lira notre forfait sur mes joues, mon front, ma bouche.

Edward s'assoit d'un air las sur le lit, Tom arbore un air renfrogné et se tient à distance Mortimer les force à se rapprocher et leur explique ce qu'il attend d'eux, avec force gestes. Je n'entends pas ce qu'il dit, j'essaie de lire sur ses lèvres dans mon écran de contrôle, en vain.

Tout le monde attend, moi aussi. Mortimer martèle des phrases, les acteurs acquiescent, livides, en resserrant leur peignoir sur leur poitrine, pudeur dérisoire. Mortimer se lève, exige le silence –inutile, on entend voler les mouches- et prévient qu'à la moindre incartade il virera tout le monde, quitte à rester seul derrière la caméra, personne ne moufte.

Une musique s'élève, je ne la reconnais pas tout de suite, même si le début m'est familier : un remix de « Stripped » de Depeche Mode, qui enfle petit à petit dans les baffles alors que les lumières s'allument sur les acteurs, parant leurs peignoirs de couleurs chatoyantes. Tom et Edward sont tétanisés, encore habillés alors que le rouge est mis. Je jette un coup d'œil inquiet au réalisateur qui tire sur sa pipe, concentré. Pourvu qu'il n'explose pas de colère, pas maintenant.

Edward avale quelque chose en vitesse, je n'ai pas vu quoi, personne ne moufte, serais-je le seul à l'avoir vu ? Il ferme les yeux, fait glisser la ceinture du peignoir, laissant entrevoir de la chair rose, plus personne ne respire. Petit à petit il l'entrouvre et je me dis, à son expression torturée, que c'est dur d'être une pute. A moins que ce ne soit totalement jouissif d'avoir 50 paires d'yeux sur soi et juste 20 grammes de tissu. Son visage part en arrière, il passe la langue sur ses lèvres – peur ou provocation ?

Let me see you stripped down to the bone.

Laisse-moi te voir nu jusqu'à l'os. La voix de Dave Gahan est enjôleuse, le rythme envoutant, il tape comme un marteau régulier, une copulation profonde. Une invite à l'amour physique, bon choix. Le plateau appartient à Edward qui s'offre, Tom n'existe plus, caché derrière le coton épais, mort de trouille au coin du lit. Le peignoir tombe, Edward n'a qu'un cache-sexe minuscule, je crois voir se dessiner sa verge sous le plastique chair, ou est-ce mon imagination ? Un frisson soulève l'assistance, mon érection est douloureuse.

Il s'assoit sur le bord du lit et fixe Tom d'un air interrogateur, ce dernier semble se réveiller d'un coup et se débarrasse de son kimono, lui est en caleçon, un souffle de déception passe sur l'assistance –mon imagination, encore une fois ? Je me demande ce qui incite tous ces gens à regarder, cerveau reptilien ou recherche de sensations ? Qu'est-ce qui pousse un réalisateur connu pour son homophobie à filmer ça ? J'en suis là de mes réflexions quand Tom s'allonge sur le lit et se recouvre du drap avant de fermer les yeux, Mortimer fait un geste de la main.

Bon, donc, dans l'histoire, Tom dort –enfin, son personnage. OK. Edward se penche sur lui, apparemment nu –le cache-sexe ne se voit pas, à l'écran- et l'effleure de sa main, dessinant ses courbes par-dessus le drap. Je ne peux m'empêcher de suivre le retour sur mon écran de contrôle, même si la scène ne se déroule qu'à quelques mètres de moi car sur ce dernier apparaît toute la magie du créateur, la lumière dorée jouant sur la peau nue de Edward et son profil parfait, bouche entrouverte. Tentateur. Le jeune acteur murmure quelque chose en frôlant les lèvres de son partenaire, je sens la morsure de la jalousie dans mon plexus exactement.

Avec une lenteur consommée il soulève le drap du bel endormi et l'observe, souffle court. Bon sang, comment fait-il pour montrer qu'il a envie de lui avec une seule expression, juste une petite tension dans le menton ? Etsic'étaitvrai ? me dis-je pour me torturer un peu plus. Juste un peu plus, par plaisir.

Enfin Tom ouvre les yeux, Edward lui sourit et passe une main tendre dans ses cheveux avant de placer son pouce dans sa bouche, que Tom mordille. Qu'est-ce que c'est que cette imagerie de porno soft ? Comment Mortimer peut-il tomber si bas ?

Je jette un coup d'œil autour de moi, m'attendant à voir des mines dégoutées, rien. Que des yeux exorbités, une bombe pourrait tomber à côté, personne ne bougerait. Bon, je ne suis pas le seul à être pervers, tant mieux. Stella se trémousse sur son petit siège sans pudeur, j'espère que je n'ai pas la même tête qu'elle, en ce moment.

La scène de la succion du pouce se prolonge, un morceau de langue rose apparaît, Edward soupire sans pudeur, je suis sur des charbons ardents. Je préférerais qu'il le pénètre directement, ce serait moins gênant, moins excitant. Le pouce descend à présent sur le menton de Tom, le cou, le buste, éraflant un téton qui se dresse au passage en gros plan- comment on fait pour simuler ça ?- agace le nombril puis se glisse dans le caleçon, j'émets un gémissement incontrôlable en visualisant l'ongle titillant le gland et le frein.

Tom rougit violemment et halète, je détourne les yeux. Le calice jusqu'à la lie. Bientôt la bouche d'Edward vient remplacer le pouce et si on ne voit que son visage en gros plan entre les jambes pliées de son partenaire, tout ce qu'on devine me met les nerfs à vif, et le reste. Si je bouge, je jouis.

Edward mime la fellation –à moins qu'il ne la fasse vraiment, caché derrière la cuisse de Tom – ce dernier s'accroche à ses cheveux, les yeux pratiquement exorbités, simulant l'excitation et le désir au point de gémir sans retenue. Simulant ? Impossible. S'ils continuent je vais décrocher les accoudoirs de la chaise à laquelle je m'accroche convulsivement, je n'arrive plus à me détendre ni à respirer, tout me fait mal, je suis dur de la tête aux pieds. J'imagine la langue impudique, je sais trop bien ce que ça fait, j'en connais les détours et les raccourcis, les mordillements et la succion infernale. Tom se cambre et jouit, agrippé aux boucles brunes de Edward qui déglutit bruyamment – je refuse de me demander s'il simule ou non, à la torture. Ses yeux sont flous, ou il est stone ou il bande comme un malade, je ne sais pas ce que je préfère.

Au moment où je pense que le clap de fin va résonner –en général Mortimer ne tourne que trois minutes par jour- Edward tend la main vers Tom pour l'aider à se mettre à genoux puis glisse la main entre ses fesses après l'avoir humidifiée avec sa salive –ou fait semblant, Mon dieu dites-moi qu'il fait semblant- pour mieux le préparer et le pénétrer, légèrement de biais par rapport à la caméra. On ne voit rien directement mais on devine tout- je suis le mieux placé pour savoir à quoi ça ressemble, en vrai, et ça me rend fou. Je veux. Je veux. Je veux. Tout. Je le veux en moi à la place de Tom, je veux sentir ses doigts et sa verge dans mon intimité, quitte à avoir mal, quitte à bramer, je veux qu'il me défonce, je veux l'indicible. Je me contracte et il me semble le sentir, j'explose dans mon pantalon, il geint en gros plan.

Le doux va et vient des hanches s'harmonise avec le rythme de la chanson mais la caméra ne quitte pas le visage de Edward transfiguré par le désir, il est beau à pleurer, ce corps parfait et cette gueule d'ange, je le déteste. Cette expression je la connais trop bien, et la suivante aussi hélas… et ce petit hoquet de plaisir, quand il retombe sur son dos, et que Mortimer glapit « Cut ». Trop tard.

Stella est rouge et décoiffée, Jack un peu pâle – ébranlé dans ses fondements ?- je me précipite aux toilettes pour me soulager, les yeux au sol. Juste avant de partir j'entends Mortimer rugir : « Right. One more time ! » (Bien. Encore une fois!), Stella gémit, je disparais. Sans moi, merci.

Jeudi 22h.

Edward se balance doucement sur une chaise en fumant, dans ma chambre, je raccroche le portable avec mauvaise conscience. Comment se concentrer sur ce que me dit Esmée ou sur les babillages des filles quand je vois ses yeux caves et sa moue rougie ? Il est vanné, sonné comme un boxeur, mais il est là, il me regarde. Avec lassitude pourtant, je ronge mon frein en tournant en rond dans la pièce.

- T'as l'air crevé, Edward, va te coucher…

- Tu veux te débarrasser de moi ?

- Non. Mais ça me fait mal de te voir comme ça.

- Comme ça ? Comment comme ça ?

- Oui, comme ça, dis-je sans réussir à me retenir. Avec la bouche gonflée par les fellations et ton air complètement disjoncté. Ca me tue, tu comprends ?

Un sourire –douloureux, il grimace- s'inscrit sur son visage :

- Tu es jaloux ?

- Non. Mais je ne comprends pas comment on peut montrer son cul comme ça…

- Oh, c'est ça ? Mais tu comprends comment on peut regarder, hein ? Et se branler en cachette, hein ?

- Quoi ?

- T'étais pas le dernier à regarder, Carl, loin de là. Tu crois que je ne te voyais pas ?

- Mais je… tu m'as vu ?

- Tu crois quoi ? C'est un métier, Carl, pas une exhibition. Tu crois que je ne suis pas conscient de ce qui se passe sur le plateau, même avec les lumières dans la gueule ? Tu crois que tout ça est naturel, spontané ? On a répété en privé avec Tom, parce qu'on ne voulait pas le faire à poil devant une foule de voyeurs. Mais contrairement à ce que tu crois, tout était millimétré, chaque geste, chaque position, pour que ça passe à la caméra exactement comme l'autre tordu le veut. Pour ne pas avoir à recommencer dix fois.

Je m'approche de lui, le scrutant avec méfiance :

- Tu veux dire que vous avez tout simulé ? Même les chairs qui se dressent et l'afflux du sang ? Tu me prends pour un imbécile ?

- Non, fait-il en laissant retomber sa tête et ses épaules. Non, on ne peut pas tout simuler, tu as raison. Mais ça n'a pas d'importance, ce n'est pas nous. Notre esprit n'est pas là, c'est juste une comédie, une mise en scène. Peu importe ce que font nos corps, ils ne sont que des oripeaux sans importance. Ce qui compte ce n'est pas ce qu'on fait mais pourquoi on le fait et là c'était sans âme, sans intention. Rien à voir avec toi et moi. Là, je sais pourquoi on fait l'amour. Tu comprends ?

- C'est marrant, c'est exactement ce que disent les putes et les actrices de porno. Mais le corps et l'âme sont indissociables, Edward. Alors tu l'as vraiment fait…

- Je n'ai pas tout fait. Tom n'aurait pas tout accepté. Mais je ne te donnerai pas les détails, tu t'en servirais contre moi, une fois de plus.

Sur une impulsion subite il se lève et part à la fenêtre, face tournée vers l'extérieur plongé dans le noir :

- Tu me prends toujours pour une pute, hein ? Remarque, t'as raison, c'est ce que je suis, dans ta morale. Mais c'est mon métier, Carl, c'est juste mon métier. Je suis payé pour ça, offrir mon cul et mon âme en prime. Les millions, c'est pour ça.

La phrase résonne bizarrement dans ma mémoire, j'ai déjà entendu ça quelque part, mais où ?

- Mortimer ! C'est Mortimer qui dit toujours ça ! dis-je brusquement en le saisissant par le bras. Comment t'expliques ça ?

- Comment j'explique quoi ? Oui, il a dû me le dire, il radote tellement ! Et t'en conclues quoi ? Que je suis son complice pour te piéger ? C'est ça ? Oh misère ça recommence, je n'en peux plus de ta paranoïa ! Hé bien oui, tu as raison. Cet après-midi toutes les caméras te filmaient pendant que je baisais Tom, et ta culpabilité était inscrite sur ton visage ! Et puis il y a des caméras derrière les miroirs sans tain de ta chambre, et il a tout filmé ! T'es content comme ça ?

- Chut ! Arrête de gueuler Edward, t'es fou ou quoi ? dis-je en regardant autour de moi, comme un idiot.

- J'en peux plus Carlisle, tu comprends ? fait-il en se laissant tomber sur le bord du lit. Je suis si fatigué, si fatigué…

- Chuuut… Calme-toi, Edward, c'est rien. Excuse-moi, je me répète que je m'en fous mais quand je te vois avec lui… je suis jaloux. Bêtement jaloux. Je ne supporte pas qu'il te touche je crois…

- Mais Tom est hétéro et moi je n'aime que toi… je n'ai pensé qu'à toi tout à l'heure, je n'aime que toi, Carl, je n'aime que toi, répète-il en enlaçant l'oreiller comme un enfant.

- Chuut… je te crois. Dors mon ange, ça ira mieux demain.

- I love you. Only you… (Je t'aime. Je n'aime que toi).

Edward sourit comme un enfant et s'endort tout habillé sur mon lit, je n'ai pas le cœur de le mettre dehors. Je vais me brosser les dents, j'ai l'air vanné alors que je ne fais presque rien de la journée, à part un jogging le matin. Les rides creusent des sillons autour de ma bouche, est-ce l'amertume, la jalousie ? Je me passe un grand jet d'eau froide sur la peau, j'ai l'air si vieux, d'un coup. Sans énergie, vide. Et je ne sais même pas ce que je ressens pour lui.

Vendredi 6h30.

Des coups fermes à la porte, je me réveille en sursaut. Merde, pas tous les matins, quand même ! Je veux dormir moi, j'en ai marre de ce cinéma. Quelqu'un grogne à côté de moi « Oh shit I'm late » (oh merde je suis en retard), les coups redoublent.

Merde. Merde. Merde. Edward se traîne jusqu'à la salle de bain et je me lève, terrifié. J'ouvre pourtant la porte lentement, l'air revêche :

- Quoi ?

- Is Edward here ? (Edward est là ?) demande Stephen, le troisième assistant réalisateur.

- Bien sûr que non ! Pourquoi il serait là ? je rétorque agressivement –la meilleure défense, l'attaque.

- Hum, oh sorry… I thought… (désolé, je croyais)

- Pourquoi ? Why ? Pourquoi vous le cherchez chez moi ?

- What ? Oh, hum… I'm looking for him everywhere, you know, répond-il en baissant le regard, geste qui me terrifie. (Je le cherche partout, en fait).

Ce mec là ment, ou je ne m'y connais pas. J'enchaine rapidement, presque sans respirer :

- Je l'ai vu partir en boîte hier soir, je parie qu'il n'est pas encore rentré…

- What ? fait-il en ouvrant de grands yeux.

Je traduis rapidement, il hausse les sourcils et me remercie, je claque violemment la porte derrière lui. Mon cœur bat la chamade, presque autant que quand je couche avec Edward.

- Putain, on a eu chaud là, Edward. T'es malade ou quoi ? lui dis-je quand il sort de la salle de bain.

- Désolé, j'étais crevé, j'ai oublié de régler mon réveil…

- Non mais tu te rends compte des risques que tu me fais prendre ?

- Sorry. Really. (Désolé. Vraiment).

- Tu crois que Mortimer se doute ?

- No, why ? (Non, pourquoi ?) fait-il en ramassant son paquet de clope et en se grattant le cuir chevelu.

- Il a envoyé son assistant ici.

- Il a envoyé son assistant partout, à mon avis. Don't worry. Nobody knows, trust me, fait-il en posant sa main sur mon bras en signe d'apaisement. (Ne t'inquiète pas, personne ne sait, crois moi).

- Mouais.

Une peur panique s'empare de moi cette fois je suis cuit. On est cuits. Demain c'est à la une des journaux et sur le net, demain Esmée demande le divorce. Et dire qu'on a même pas baisé, cette nuit… ou si peu. Putain, comment j'ai pu faire ça ? Quel con, non mais quel con…

- Et comment tu vas faire pour sortir maintenant ?

- Tu vas guetter dans le couloir, je vais sortir et faire semblant de revenir de boîte…

- Tu crois que Mortimer va gober ça ?

- Mais oui, why not ? Allez, à tout à l'heure, take it easy (calme toi).

- Attends. Tu tournes quoi, aujourd'hui ?

- Aujourd'hui, c'est Tom qui me baise je crois. Chacun son trou.

- Quoi ?

- I'm joking, don't worry. Bye ! fait-il d'un ton léger en disparaissant dans le couloir. (Je plaisante, t'inquiète pas)

Je tremble encore de peur, il est parti. J'entends des bruits de voix dans le couloir, je prépare ma valise en tremblant, paniqué. Ma décision est prise. C'est vendredi, je prends le premier avion, sans avoir salué personne. Tant pis. Je boucle mes valises en un temps record et je m'engouffre dans le taxi sans jeter un œil aux studios, en me demandant si je le reverrai avant longtemps. Ou jamais.

A suivre

Vous vouliez des scènes du tournage, voilà, y a qu'à demander! J'espère que ça vous a plu

Merci aux lecteurs et aux reviewers, merci d'aimer cette histoire!

Je signale à ceux qui ne le sauraient pas déjà que «Mon ciel dans ton enfer» est sorti en livre de poche, vous étiez nombreux à me le réclamer, vous trouverez le lien sous mon profil pour le commander. J'en reproposerai peut être des extraits sur ce site, pour ceux qui ne connaissent pas.

Je réponds ici aux non inscrits:

-Katymina: oui, t'as raison, ça risque de devenir passionnel, cette histoireNotre brave Carlisle essaie de résister mais c'est pas évident, il est jaloux malgré lui, ça ne va pas pouvoir durer comme ça, cette histoireMerci de ta review ma toute belle, encore et toujours !

-Ptytemama:Merci d'adorer ! C'est vrai que je sors complètement du cadre classique de twilight, je comprends que tu aies été un peu perdue au départ. Ton enthousiasme me fait vraiment plaisir, mille fois merci! J'espère que la suite te plaira tout autantHeureusement que tu aimes les relations compliquées ^^

-Wendy: Une scène hot entre les acteurs ? C'est faittu vois, j'obéis à tous tes désirs (ou presque). Merci de ta review et surtout merci d'aimer mes histoires compliquées, toi aussi !

Merci

BISOUS A TOUS!