Bonjour tout le monde et bonne lecture !


Chapitre 9


Ça ressemble,

A une histoire de...

Mais personne,

Ne dit qu'il a envie de…

Ça ressemble,

Mais c'est plus que ça.

Où tu vas ?

Ça l'histoire ne le dit pas.

Pascal Obispo – Où et avec qui tu m'aimes

Drago était assis derrière le bureau qu'il avait installé dans sa chambre, pour travailler dans de bonnes conditions sur les dossiers que lui envoyait Potter. Il ferma celui qu'il venait de terminer puis se leva en soupirant. Il s'étira pour délasser ses muscles douloureux d'être restés trop longtemps dans la même position. Il se rendit jusqu'au salon. L'horloge indiquait minuit passé et Harry n'était toujours pas rentré.

Il y avait encore quelques semaines, il s'en serait inquiété. Avant sa promotion, Potter rentrait suffisamment tôt pour qu'ils puissent dîner tous les deux. Mais aujourd'hui, il en avait l'habitude. Il était rare de voir le brun rentrer avant une ou deux heures du matin. Drago essayait de ne pas montrer de contrariété à ce sujet. Potter ne lui devait rien, s'il avait envie de sortir jusqu'à pas d'heure chaque soir, il n'avait rien à redire.

Il affirmait rester au boulot, chaque soir, jusque tard. Mais, au fond de lui, il était convaincu que le Survivant avait rencontré quelqu'un. Depuis plus d'un mois, moment où Harry avait intégré son nouveau poste, le blond avait très peu de dossiers sur lesquels travailler, preuve qu'il ne devait pas être surchargé non plus.

Il ne comprenait pas le besoin du Survivant de lui mentir à ce sujet, mais encore une fois, que pouvait-il y faire ? Il avait pensé que le brun lui faisait suffisamment confiance pour lui parler, mais, apparemment, il s'était trompé.

Drago termina de dresser la table pour deux. Aujourd'hui, il souhaitait essayer de questionner Harry une fois de plus. Du coup, il l'avait attendu pour manger, histoire de discuter autour du repas. Le brun arriva une demi-heure plus tard, l'air particulièrement fatigué.

- Bonsoir, dit-il d'une voix lasse en se laissant tomber sur le canapé.

- Bonsoir, répondit Drago d'une voix qu'il espérait dénuée de toute amertume.

- Quelle journée !

- Chargée ? demanda Drago sur un ton qui se voulait léger.

- Comme toujours, souffla Harry en se servant un verre de whisky.

- Je t'ai attendu pour manger…

- Oh non, tu n'aurais pas dû ! Je suis tellement épuisé que je n'ai pas faim du tout. Je bois ce verre et je vais me coucher, désolé, refusa Harry.

- Je ne pensais pas que tu étais ce genre de type, fit remarquer amèrement Drago.

Harry regarda le blond, perplexe, de l'incompréhension sur son visage.

- Hum… Quel genre de type ?

- Le genre de type qui abandonne ses amis pour une fille…

- Une fille, mais quelle fille ?! Interrogea Harry, totalement perdu par la tournure de la conversation. Lui qui ne rêvait que de s'allonger.

- Ne me prends pas pour un con, Potter…

- Mais, par Merlin, je ne te prends pas pour un con ! J'étais au boulot, comme la soirée précédente et celle d'avant aussi !

- Ouais, c'est ça…

- Enfin Drago, imaginons deux secondes que je vois bien une fille, pourquoi je te le cacherais ? demanda Harry en faisant de grands gestes, signe de son énervement.

- C'est bien ce que je me demande, Potter !

Son nom de famille craché par Drago comme à l'époque de Poudlard acheva d'énerver Harry qui se leva et pointa son doigt sur le blond.

- Je ne vois personne, et, que tu me croies ou non, je m'en balance, Malefoy ! s'emporta Harry en crachant lui aussi le patronyme de Drago.

Le brun vida son verre d'un trait et rejoignit sa chambre en claquant la porte. Drago n'avait aucunement l'intention d'en rester là, aussi tenta-t-il de suivre Potter dans sa chambre, mais le battant resta indéniablement clos.

- Sale enfoiré ! Un collaporta ! C'est un coup bas, Potter !

Mais Drago imaginait bien qu'Harry avait aussi posé un silencio et cela l'énerva encore plus. Il vit les lumières du salon crépiter et pensa un instant que c'était l'énervement qui jouait sur sa magie… avant de se rappeler, douloureusement, qu'il n'y avait plus de magie en lui.

Lassé, énervé et déçu, le blond partit lui aussi dans sa chambre et claqua la porte pour faire entendre son mécontentement, mais s'agaça un peu plus lorsqu'il réalisa que personne ne s'en rendrait compte.

Une fois de plus, les lumières crépitèrent.

- Cet abruti devrait faire revoir son « ectrelicité » au lieu de s'envoyer en l'air jusqu'à pas d'heure, ronchonna-t-il en se laissant tomber sur son lit.

Le lendemain matin, ce fut un Harry avec de gros cernes qui sortit de sa chambre. Il avala une grande tasse de café noir, alla se préparer et reprit une deuxième tasse de café avant de s'en aller. Il hésita en s'arrêtant devant la porte close de la chambre de Drago, mais, finalement, s'en éloigna en soupirant. Il n'avait pas de temps à perdre, puis ce n'était pas sa faute si le blond était un idiot.

Il sortit de chez lui et transplana au Ministère. Il se rendit dans son département et salua ses employés avant de s'enfermer dans son bureau. Il regarda la pile de dossier qui avait encore grandi entre son départ et son retour, puis se laissa tomber dans son fauteuil avec dépit.

Il commença à trier les nouveaux dossiers. Sur les dix qui étaient arrivés avant lui, seulement trois pouvaient sortir du Ministère et donc être gérés par Drago. Les sept autres, il devrait s'en occuper lui-même.

Il poussa un long soupir. Et encore, il devait se sentir heureux ! Dix dossiers était beaucoup moins que ce qu'il recevait la plupart du temps et trois dossiers de niveau trois était un bon chiffre comparé à certaines fois.

Il y avait trois types de dossiers. Ceux de niveau trois, avec une confidentialité faible, qui pouvaient être sortis du Ministère. Les dossiers de niveau deux avaient une confidentialité plus haute et ne pouvaient être consultés que par le chef et son assistant. Ces dossiers ne pouvaient pas quitter le Ministère. Enfin, ceux de niveau un ne pouvaient être géré que par Harry lui-même.

Il y avait assez peu de niveau un, mais, comme Drago refusait de se montrer, Harry ne pouvait lui confier que les niveau trois, ce qui le forçait à gérer tous les dossiers de niveau deux, en plus de ceux de niveau un. Voilà pourquoi il faisait des heures impossibles, voilà pourquoi il était épuisé et voilà pourquoi il se retrouvait de plus en plus noyé dans son travail. Avec un nouveau soupir, il reprit là où il s'en était arrêté la dernière fois. S'il avait su la quantité de paperasse qu'incombait sa promotion, il y aurait peut-être réfléchi à deux fois avant d'accepter.

Plus tard, des coups à sa porte le firent sursauter. Il leva des yeux fatigués sur Ron et Hermione.

- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il, surpris.

- Nous déjeunons ensemble tous les mercredis, répondit simplement Hermione.

- Ça, je le sais, mais il n'est pas l'heure de…

Harry stoppa sa phrase après avoir vu qu'il était midi passé.

- Désolé, je n'avais pas vu l'heure, lâcha-t-il en se laissant aller contre son fauteuil.

- Ce n'est rien, on y va ? demanda Ron.

- Euh… On pourrait reporter à…

- Hors de question ! Tu as l'air épuisé et tu dois manger, dit Hermione.

- Justement, je suis épuisé, je n'ai pas envie de bouger, se lamenta Harry.

- Ce n'est pas un souci. Ron, ça t'embête si on mange ici ? demanda Hermione au rouquin.

- Mais je ne veux pas vous obliger…

- Pas du tout, répondit Ron sans prêter attention aux paroles d'Harry.

- Bien. Ne bougez pas les hommes, la nourriture vient à vous aujourd'hui, s'amusa Hermione en quittant le bureau.

Ron sourit en se frottant les mains et Harry soupira de résignation, avant de faire de la place pour installer le pique-nique improvisé par ses amis. Le rouquin s'installa dans un des fauteuils de l'autre côté du bureau et regarda son meilleur ami avec inquiétude.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Rien, juste pas mal de travail…

- Tu te laisses bouffer par tes nouvelles obligations…

- Mais non, ce n'est que passager, ça ira mieux… Une fois que j'aurais pris l'habitude, assura le brun.

- Hum, si tu les dis, répondit Ron, perplexe. Mais fais attention à toi, tu as l'air plus surmené et stressé qu'Hermione ne l'était juste avant les ASPIC, dit Ron avec une pointe d'amusement.

- C'est à ce point ? s'amusa Harry.

Ils se regardèrent puis se mirent à rire alors qu'Hermione revenait les bras chargés de trois salades et d'un sachet. Elle en sortit des bièraubeurres, des bouteilles d'eau et trois muffins qu'elle distribua à chacun après leur avoir donné les salades.

- Il n'y avait pas de poulet ? demanda Ron en regardant sa salade d'un mauvais œil.

Hermione lui adressa un regard sévère et Ron bafouilla que, la salade, c'était très bon aussi.

- Bon appétit ! dit-elle joyeusement après s'être installée.

- Bon appétit, répondirent en chœur les garçons.

Tout compte fait, Harry était heureux que sa meilleure amie ait insisté pour qu'ils mangent. Il avait plus faim qu'il ne l'avait pensé. Ils parlèrent gaiement tout le long du repas, puis Ron dut partir, sa pause étant terminée. Il devait retourner au bureau des Aurors. Il laissa donc Hermione seule avec Harry.

- Ecoute Harry, je sais que tu me reproches souvent de te materner mais là, je m'inquiète, commença Hermione.

- Je vais très bien ! se défendit Harry.

- Non, tu ne vas pas bien. A chaque fois que je te vois depuis que tu as pris ton nouveau poste tu as l'air de plus en plus épuisé…

- J'ai beaucoup de responsabilités…

- Et tu sais que jamais je ne te reprocherais de t'investir dans ton boulot, mais Harry, ne le fais pas au détriment de ta santé, le supplia Hermione.

- Cesse donc de t'inquiéter, il me faut juste le temps de m'habituer à tout ça. J'irai mieux dans quelques temps, assura Harry.

- Bien. Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, mais ne t'étonne pas de me voir plus souvent. Je vais m'assurer que tu manges aussi souvent que nécessaire, à défaut de pouvoir en plus vérifier que tu fasses des nuits correctes, ronchonna Hermione.

- Oh oui, je suis sûr que Blaise adorerait être délaissé dans son lit pour que tu viennes dans le mien, se moqua Harry.

Hermione ne put réprimer un sourire.

- N'empêche que je n'hésiterais pas à venir chaque soir pour te donner une potion de sommeil si je pense que tu négliges ton repos… Tu as survécu à des choses atroces, ce n'est pas pour mourir d'épuisement !

- Tu en fais trop, comme toujours.

- C'est parce que je t'aime !

- Je t'aime aussi. Allez, retourne à ton boulot, soigner des gens qui en ont vraiment besoin, conclut Harry avec amusement.

Hermione lui sourit et déposa un baiser sur sa joue avant de le laisser. Elle se promit de revenir le lendemain midi pour veiller à ce qu'il mange. Elle avait vraiment peur qu'Harry se néglige trop, il était bien plus doué pour s'occuper des autres que de lui-même.

Le Survivant assista à deux audiences, puis reprit ses dossiers. Lorsqu'il constata qu'il ne parvenait plus à garder ses yeux ouverts, il était une heure du matin passée. Avec un soupir, il se leva avec l'intention de rentrer chez lui, mais il se retint à son bureau en sentant la pièce tourner. Il patienta quelques secondes que cela passe et partit doucement vers le hall du Ministère.

Vu sa fatigue, le mieux aurait été de prendre le réseau de cheminette, mais depuis la visite surprise de Blaise et Hermione, personne ne pouvait venir chez lui par cette voie. Malheureusement, cette restriction valait aussi pour lui. Il ne lui restait plus qu'à transplaner, ce qui allait lui prendre le peu d'énergie qu'il lui restait. Pourvu que Drago ne lui fasse pas le même genre de scène que la veille, il n'aurait pas la force de se disputer avec lui une fois de plus. Il transplana et atterrit, en titubant, sur le seuil de sa maison.

Après un dernier souffle, il ouvrit sa porte d'entrée et entra dans son appartement. Il eut tout juste le temps d'entendre la douce et mélodieuse voix de Drago commencer à lui agresser les tympans avant que la pièce ne se mette à tourner, comme au Ministère. Seulement, cette fois, il ne parvint pas à se retenir et tomba.

La colère de Drago fondit comme neige au soleil, remplacée par une inquiétude qu'il n'avait encore jamais ressentie. Potter avait besoin de secours et il était le seul à pouvoir agir. Une foule de sentiments s'empara de lui : la peur, l'angoisse. Il devait faire quelque chose.

Toutes ses précédentes tentatives pour faire de la magie avaient toujours échouées et cela l'avait frustré. Pourtant, aujourd'hui, il n'avait pas le choix, il devait réussir. Il devait conduire Potter à l'hôpital et le moyen le plus rapide nécessitait de la magie. Sans se poser plus de questions, il s'empara de la baguette de l'homme inconscient et tenta de transplaner.

Il ne prit qu'une seconde pour soupirer de soulagement en reconnaissant le hall de l'hôpital. Il avait réussi, il avait transplané avec Harry et, déjà, des médicomages prenaient le brun en charge.

Drago les suivit mais, une fois arrivé devant la salle d'examens, l'un des médicomages lui ordonna de rester à l'extérieur.

Le blond s'assit alors sur l'un des bancs et réalisa certaines choses. Premièrement, il venait de réussir à utiliser la magie. La baguette d'Harry toujours en main, il tenta un Lumos et le résultat fut satisfaisant, bien que la lumière lui paraisse plus faible que celle qu'il faisait apparaître avant tout ça. Cela était peut-être dû au fait que ce n'était pas sa baguette. Il se sentait heureux et tellement soulagé d'avoir récupéré ses pouvoirs.

Deuxièmement, il se trouvait à Sainte-Mangouste et des gens le regardaient en passant devant lui. Il devinait que, dans peu de temps, son retour serait annoncé, à la une de toutes les feuilles de chou sorcière. Après tout, Drago Malefoy, fils de Mangemort et Mangemort lui-même, disparu depuis un an après cinq ans de prison… Il y avait peu de chance que cela passe inaperçu.

Il se doutait aussi que certains médicomages peu respectueux du secret médical révéleraient que c'était lui qui avait accompagné Harry. Bientôt, les médias allaient insinuer qu'il était responsable de l'hospitalisation du Survivant. Toutefois, cela ne l'inquiétait pas vraiment. Harry ferait rapidement un démenti. Mais les autres, ceux qui voulaient vraiment le retrouver, ses amis sauraient par où commencer et, cette fois, il savait que Potter ne leur mentirait pas.

Drago devait commencer à envisager de retrouver Blaise, Théo et Pansy. Si une partie de lui en était heureuse, l'autre voulait fuir plutôt que d'avoir à tout leur dire, tout leur avouer.

Le blond soupira. Il réfléchirait à ça une fois rassuré sur l'état de santé du brun.


Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?

Merci à vous de m'avoir lu, à vendredi prochain !