Bonjour tout le monde, voilà la suite !
Bonne lecture.
Rra :
Nadine : Merci beaucoup, j'espère que tu aimeras. Bizzz.
Chapitre 26
On fait au mieux pour sauver la face,
Pour que notre entourage ignore par où l'on passe.
On rit, on danse, on fait les fous comme à Venise,
Mais quoiqu'on fasse, mais quoiqu'on dise…
Les blessures qui ne se voient pas,
Nous font du mal bien plus que toutes les autres.
On les enferme au fond de soi,
Mais est-ce que toute une vie, on les supporte ?
Les blessures qui ne se voient pas – Florent Mothe
Lyanna était dans le salon, en train de faire danser Harry sous les yeux de Drago. Le brun était un peu plus à l'aise qu'au début de leurs leçons. A présent, il pouvait danser avec ses chaussures sans que Lyanna ne risque de souffrir à cause de ses faux pas. La musique se termina et la jeune femme mit fin au cours en faisant une petite révérence à son cavalier.
- Merci Lyanna, j'aurai un peu moins honte en t'invitant, s'amusa le brun.
- Je n'en reviens pas qu'à vingt-cinq ans, tu ne saches toujours pas danser, se moqua Drago.
- Plus jeune, j'avais d'autres priorités, comme tuer un mage noir et après ça, bah, je n'avais aucune envie de m'y mettre. Je suppose que toi, tu as appris à peine après avoir appris à marcher ? ironisa Harry.
- Non, mon père n'avait que faire de ce genre de frivolités, comme il disait. Pour lui, les soirées mondaines étaient faites pour conclure des transactions. Lui-même avait appris juste avant son mariage, raconta Drago.
- Comment as-tu appris alors ?
Parce qu'il se souvenait encore du bal de Noël de la quatrième année. Drago dansait avec Pansy et contrairement à lui, il n'avait pas eu l'air mal à l'aise du tout.
- Avec la même prof que toi, répondit Drago en se levant.
- Je prenais des cours lorsque j'étais enfant et je m'entraînais avec lui lorsque l'on était ensemble, expliqua Lyanna à Harry.
Alors qu'elle s'apprêtait à arrêter la musique, Drago lui attrapa la main et la ramena près de lui.
- Ça fait combien de temps ? demanda-t-il en se positionnant pour la faire virevolter.
- Plus de douze ans, répondit la jeune femme, émue. (
Harry s'installa et les regarda se mouvoir en parfaite harmonie, avec la musique mais aussi entre eux. La vision était magnifique, leur complicité était immense et cela transpirait à travers leurs pas. Ça n'avait rien à voir avec ce que lui avait appris Lyanna. Drago dirigeait vraiment sa partenaire et eux, étaient suffisamment à l'aise pour effectuer quelques figures qu'Harry n'aurait jamais su tenter, même dans ses rêves les plus fous.
Alors qu'ils continuaient à s'amuser, riant de bonheur en se remémorant ce qu'ils avaient appris lors de leur enfance, quelqu'un sonna à la porte. Harry alla ouvrir et se trouva devant une femme d'une cinquantaine d'années à l'air assez sévère. Elle ne souriait pas et ses cheveux noirs étaient tirés en un chignon strict.
- Bonjour, dit Harry, assez intimidé.
- Bonjour, répondit-elle sèchement. Lyanna vit-elle bien ici ?
- Oui, vous êtes ?
- Sa mère, pouvez-vous lui dire que je suis ici ?
- Entrez, lui proposa Harry.
- Je pense qu'il vaut mieux que vous l'informiez de ma présence avant de m'inviter chez vous, répondit mystérieusement la femme avec un minuscule sourire qui n'adoucissait en rien son visage.
Harry se dirigea vers le salon et interrompit le frère et la sœur.
- Lya, il y a ta mère à la porte et elle demande à te voir. Je lui ai proposé d'entrer mais elle a dit qu'il était préférable de t'en informer d'abord.
Harry vit Lyanna pâlir et son visage se fit dur, ce qui contrastait avec son air habituel qui était toujours joyeux et avenant. Drago aussi s'était figé et semblait ne pas croire à ce que venait de dire Harry.
- Sa mère, tu es sûr de ce que tu dis ? s'enquit le blond.
- Je ne suis pas encore gâteux ! C'est comme ça qu'elle s'est présentée en tout cas.
Drago soupira et tourna son regard vers sa sœur.
- Tu veux que j'aille l'envoyer se faire voir chez les Scroutts ?
- Non… Je crois que… Je vais aller la voir, finit-elle par dire d'une toute petite voix.
Le blond se mit alors face à la jeune femme et posa ses deux mains sur ses épaules.
- Tu n'en as peut-être pas le nom, mais tu es une Malefoy. Ne la laisse pas t'impressionner, ne montre rien de ce que tu ressens vraiment. Sois forte, sois sûre de toi, lui ordonna le blond.
Lyanna le regarda dans les yeux, perdue pendant un instant, avant d'acquiescer. Drago caressa sa joue et déposa un baiser sur son front.
- Merci, dit-elle à son frère.
Après une inspiration, Lyanna changea du tout au tout. L'air apeuré avait cédé la place à l'indifférence, sa posture était droite et sa voix n'était plus faible mais assurée.
Elle se dirigea vers la porte et Harry vit Drago s'approcher un peu. Prêt à intervenir ou pour mieux écouter, Harry n'en était pas sûr. Il avait la désagréable impression de ne pas comprendre la gravité de ce qui se passait sous son propre toit.
En arrivant face à sa mère, Lyanna ne montra rien de son désarroi, comme son frère le lui avait dit.
Elle n'avait aucun souvenir d'elle, elle avait refusé que son « père » lui montre les photos qu'il avait gardées et Lucius n'en possédait aucune. La femme face à elle ne lui ressemblait en rien, pourtant, elle ne douta pas un instant de la véracité de son identité. Bien que fortement déstabilisée de voir celle qui l'avait abandonnée depuis tant de temps, Lyanna suivit les conseils de son frère et conserva son masque d'indifférence.
Que lui voulait-elle ? Elle l'avait abandonnée à trois ans et ne s'était plus manifestée depuis lors. Lyanna n'aurait même pas su dire si elle était en vie depuis le temps… enfin jusqu'à aujourd'hui.
- Tu es magnifique. Tu ressembles tellement à ton père ! dit la femme qui lui faisait face au bout d'un moment de silence.
Le compliment mit Lyanna en colère. Elle ne lui avait donné aucun signe de vie depuis des années et tout ce qu'elle trouvait à faire, c'était de complimenter sa beauté. Lucius était son géniteur mais son père était celui qui l'avait élevée. Longtemps, elle s'était accrochée à Lucius espérant qu'il la reconnaisse, qu'il la déclare officiellement comme sa fille, mais il ne l'avait jamais fait, il avait donc perdu le droit d'être son père.
- Mon père, Julius Nott, est brun aux yeux noirs, je ne lui ressemble en aucun cas. Qu'est-ce que tu veux ? demanda durement la jeune femme.
- Cela fait sept ans que ton père a été condamné…
- Mon père n'a jamais rien eu à se reprocher, il n'a jamais été condamné pour quoi que ce soit… commença Lyanna, bien décidée à contrarier sa mère.
La mère eut un air amusé qui accentua la colère de sa fille mais ne chercha pas à discuter.
- Bien, donc, cela fait sept ans que Lucius a été condamné, corrigea la femme. Sais-tu ce qu'il se passe sept ans après une condamnation ?
Lyanna soupira, elle ne voyait pas où sa mère voulait en venir et n'avait aucune envie de passer plus de temps que nécessaire en sa présence.
- Viens-en au fait, veux-tu ?
- Après une condamnation, le Ministère peut se saisir de tout l'argent dont dispose le condamné. Pour l'immobilier, ils n'ont aucun droit d'en priver le successeur, à moins que lui-même soit condamné. Mais pour les fonds, il n'y a aucune distinction. Seulement, ils n'ont le droit de le faire que durant les sept années après la condamnation. Après ce temps, si un testament est découvert, ils n'ont aucun droit de toucher ce qu'il contient…, commença à expliquer la mère.
- Je ne vois pas pourquoi tu me racontes tout ça. De un, je ne suis pas une héritière Malefoy. De deux, tout a déjà été saisi ! l'interrompit sèchement Lyanna.
- Non, le Ministère n'a saisi que ce que Lucius a bien voulu leur laisser. Ils n'ont même pas touché le quart de la fortune des Malefoy, ton père a très bien calculé son coup.
Lyanna ne chercha même pas à reprendre sa mère à propos de son père. La fierté qu'elle entendait dans la voix de la femme qui lui faisait face la dégoûtait.
- C'est une très bonne nouvelle pour Drago, tu aurais mieux fait de l'en informer directement plutôt que de m'importuner, dit Lyanna.
- Si tu me laissais finir, tu comprendrais pourquoi je t'en parle.
Lyanna fit un geste négligent de la main, invitant l'autre à continuer.
- Ce testament et tout ce qu'il contient, Lucius l'a laissé à mon intention en sentant la défaite approcher. Il savait que Drago serait condamné et perdrait ses droits sur le manoir et que le Ministère chercherait à s'emparer de tous ses Gallions. Il a donc fait le nécessaire pour mettre de côté le maximum et pour s'assurer que le manoir reste entre les mains d'une Malefoy.
- Qu'est-ce que tu es en train d'essayer de dire ? demanda Lyanna d'une voix blanche.
- Ton père a fait un testament à ton nom. Sur celui-ci, il te reconnaît légalement comme sa fille et te lègue la fortune qui te revient. Il te demande bien sûr de partager équitablement avec ton demi-frère. De plus, comme tu es maintenant une Malefoy reconnue, le Ministère n'a pas d'autres choix que de te remettre le titre de propriété du manoir, termina la femme.
Lyanna n'en revenait pas, elle avait rêvé de ça depuis petite. Elle avait à plusieurs reprises supplié son père de faire d'elle sa fille de manière officielle. Il avait toujours refusé et là, il l'avait fait pour sauvegarder sa fortune ? Elle ne voyait aucune beauté dans ce geste tant espéré. Elle aurait dû être fière, heureuse et pourtant, c'était tout l'inverse. Il s'était servi d'elle et elle ne pouvait même pas dire que ça la surprenait.
- Je refuse d'être reconnue comme sa fille, je suis majeure, j'ai le droit de m'y opposer.
- Oh non, tu es peut-être majeure, mais le testament a été enregistré par le notaire alors que tu étais mineure. Quand bien même il a été gardé secret durant des années, ça ne change rien au fait qu'il a été fait avant tes dix-sept ans.
Lyanna avait envie de vomir. Toute sa retenue s'envola, on pouvait voir à quel point elle se sentait mal. Drago arriva à ses côtés et la prit dans ses bras.
- Oh, bonjour Drago, lança la femme comme s'ils se connaissaient.
Le blond ne prit même pas la peine de lui répondre, se contentant d'emmener Lyanna sur le canapé. S'il cédait à son envie de parler à cette femme, ce ne serait certainement pas pour la saluer. La femme les suivit et Lyanna la regarda.
- Je t'en supplie, tu n'as jamais rien fait pour moi, alors fait au moins ça : garde ce testament pour toi, ne le fait pas valoir.
- Avec le notaire, nous l'avons déposé ce matin au Ministère. Ton identité doit déjà avoir changé et tu ne devrais pas tarder à recevoir une convocation, annonça implacablement la femme.
- As-tu pensé à mon père ? Il t'a aimée, il m'a élevée, tout ce qu'il avait, c'était le fait que j'étais officiellement sa fille, tu viens de lui enlever ça.
La femme ricana, pas le moins du monde touchée à la perspective de faire encore du mal à Julius Nott.
- Eh bien, il restera ton père de cœur, c'est déjà ça.
- Tu es vraiment ignoble, cracha Lyanna.
- Voyons, je ne vois pas ce qui te met dans cet état ! Tu ne seras plus considérée comme une bâtarde, tu viens d'hériter d'une fortune et d'un manoir et on sait très bien que Julius ne changera pas pour autant son testament qui te promet encore une belle somme à sa mort…
- Si tu ne m'avais pas abandonnée, tu me connaitrais mieux et tu saurais que l'argent ne m'intéresse pas et tu comprendrais ce qui me met dans cet état. J'aurais aimé que Lucius fasse ce geste par amour pour moi et non par amour de sa fortune.
- Par Salazar, de qui as-tu hérité cette mièvrerie insupportable ?! s'exclama la femme avec un rictus.
- Ça suffit, vous en avez assez fait, partez, ordonna Drago.
- Oui, j'ai dit ce que j'avais à dire. Si tu veux me trouver, je loue un appartement sur le Chemin de Traverse. J'y serai encore pendant une quinzaine de jours, expliqua la femme à l'intention de sa fille.
Lyanna ne répondit rien, se contentant de regarder sa mère partir. Une fois qu'elle entendit la porte se refermer, elle laissa couler ses larmes.
- Chut chérie, ça va aller, lui susurra Drago en la serrant contre lui.
Harry, qui avait été spectateur de toute la scène ne savait pas où se mettre. Il avait compris certaines choses et pas d'autres mais n'osait pas demander des éclaircissements. Ça ne le regardait pas et il comprenait enfin pourquoi Drago n'avait pas voulu répondre à ses interrogations sur les origines de la jeune femme. Ça avait l'air assez complexe.
Pour ne pas rester les bras ballants, il commença à préparer du thé.
- Je n'en reviens pas ! Elle n'a même pas cherché à savoir ce que je devenais, si j'allais bien ou quoi que ce soit. En plus, tu te rends compte, si elle a ce testament en sa possession, ça veut dire qu'elle a eu contact avec Lucius de son vivant. Personne n'a eu de ses nouvelles pendant plus de vingt ans sauf lui…
- Si ta mère a bien prouvé quelque chose par son absence, c'est son désintérêt pour ceux qui l'entourent…
- A part Lucius, apparemment.
- Oui, à part lui, approuva Drago.
- Je ne sais pas lequel est le plus abject. Lui pour avoir fait de mon rêve quelque chose de sale ou elle de ressurgir juste pour me le faire savoir.
- Les deux se valent, c'est peut-être pour ça qu'ils se plaisaient autant, dit Drago.
Le blond en savait un peu sur l'aventure de son père par le biais de sa mère. Narcissa lui avait appris que contrairement à elle, il avait aimé la mère de Lya mais que, comme toujours, son amour de l'argent avait été plus fort. La mère de Lyanna, Sophia Selwyn était une sang-pur mais moins fortunée que les Black, ce qui en faisait un moins bon parti que Narcissa.
Lucius avait donc choisi Narcissa mais ne s'était pas empêché de continuer à voir Sophia. L'ironie voulait que Drago soit issu d'un mariage sans amour et que Lyanna soit issue d'un amour sans mariage. On dit souvent que l'amour faisait ressortir le meilleur côté des gens. Ça n'était pas le cas entre Lucius et Sophia, l'un étant aussi égoïste que l'autre, il n'y en avait eu aucun pour sauver l'autre. Sophia avait sombré en voyant Lucius rester auprès de Narcissa malgré la naissance de Lyanna et Lucius était devenu encore plus froid après le mariage de Sophia avec Julius Nott. Ils s'étaient faits du mal et en avait fait aux gens qui les entouraient sans aucun état d'âme.
- Vois le bon côté des choses, Lya, reprit Drago.
- Il y en a un ? demanda-t-elle entre deux sanglots.
- Tu es officiellement ma sœur et ça, malgré tout, ça me rend plus qu'heureux.
Lyanna lui offrit un sourire, petit mais sincère.
- Tu vire Poufsouffle, grand frère.
Drago laissa échapper un petit rire et serra Lyanna un peu plus fort contre lui.
Lyanna s'arrêta de pleurer, elle ne pouvait rien changer à ce qui arrivait et son frère serait là pour la soutenir. Elle se rendit compte qu'il y avait une autre bonne chose à tout ça. Elle allait pouvoir restituer le manoir à Drago. C'était à lui qu'il devait revenir et il en ferait ce qu'il voulait.
Plus tard, la jeune femme décida d'envoyer un parchemin à son père, resté en Amérique pour lui expliquer la situation. Nul doute qu'il serait auprès d'elle d'ici quelques jours.
Merci à tous.
Désolé pour ce chapitre centré sur Lyanna mais il était nécessaire pour la suite.
Bisous !
