Coucou,

Bon, pour ce chapitre, j'avais eu énormément de mal à trouver la musique adéquate, c'est ma relectrice, Lyra Muushya qui m'a aidé.

Bonne lecture !


Chapitre 31


Coming out, comme ils disent en anglais.

Coming out, quoi qu'ils disent en français.

Ça sonne vraiment pas mal,

Ça aurait pu finir plus mal.

Plus mal…

Coming out – Fatals Picards


Harry souffla un bon coup devant la porte d'entrée du Terrier avant de toquer à la porte. Il n'attendit pas longtemps avant qu'on vienne lui ouvrir. En ce beau samedi, il avait été invité à déjeuner avec tous les Weasley. Sa séparation avec Ginny n'avait pas altéré ses relations avec les autres. Même lorsque son ex petite-amie était présente, il n'y avait aucun problème à ce qu'il soit là aussi.

Cependant, aujourd'hui, il était plus qu'anxieux. Il avait décidé d'annoncer à sa famille de cœur son homosexualité. Il n'avait pas trop peur des réactions, sur ce sujet. Non, ce qu'il redoutait, c'était le moment où il devrait annoncer le nom de l'homme avec lequel il avait décidé de partager sa vie.

Comme à son habitude, Molly l'étreignit à l'en étouffer. Harry fut, une fois de plus, surpris par la force qu'elle pouvait avoir lorsqu'elle l'accueillait.

- Harry, mon chéri, comment ça va ? s'enquit-elle une fois le jeune homme rentré et la porte refermée.

- Je vais bien Molly et vous ?

- A merveille.

Harry arriva dans le salon et salua Arthur, George, Ron, Ginny et Bill. Il y avait également Fleur et Angelina qu'il embrassa. Percy et son épouse étaient en visite en Roumanie, pour voir Charlie.

Tout le petit monde passa à table et fut rapidement rassasié par la multitude de plats qu'avait préparés Molly. Harry décida de se lancer après le dessert, il n'avait plus le choix à présent. S'il ne le faisait pas maintenant, les gens allaient s'éparpiller, certains allaient rentrer chez eux et il préférait faire une annonce globale qu'avoir à la refaire plusieurs fois.

- Je suis gay, lâcha-t-il après s'être râclé la gorge à plusieurs reprises.

Ron ne montra aucune surprise, certainement à cause de la conversation qu'ils avaient eue il y a quelque temps, où Harry lui avait posé toutes sortes de questions sur la découverte de son homosexualité. Ce fut le seul à continuer de picorer dans l'assiette de friandises que Molly avait mis à disposition. Les autres suspendirent leurs gestes et leurs conversations. Il fallut un moment avant que l'état d'hébétude général passe.

- Harry mon chéri, comme je l'ai dit à Ron à ce moment-là, l'important, ce n'est pas quel genre t'attire, c'est que tu sois heureux, dit Molly avec un sourire sincère.

Elle fut approuvée par tous les autres, même si la réaction de Ginny était un peu plus discrète. Elle non plus n'avait pas été surprise, après tout, elle aussi était au courant. Par contre, Harry remarqua qu'elle semblait assez peinée par le fait qu'il l'annonce. Peut-être voyait-elle ça comme la confirmation de ce qu'elle avait tout juste considéré comme un doute.

- Tu as quelqu'un ? s'enquit Molly.

- Oui, depuis quelques mois déjà, répondit Harry alors que de petites rougeurs apparaissaient sur ses joues.

Pour le coup, Harry capta totalement l'attention de Ron. Enfin il allait savoir de qui son ami avait parlé le soir où il lui avait posé toutes ses questions.

- Qui ? demanda Ron en voyant qu'Harry ne le disait pas de lui-même.

- Drago, Drago Malefoy, souffla timidement Harry, inquiet des réactions qu'il allait provoquer.

Ron eut un sourire en coin du style « je le savais ». Ginny baissa les yeux sur ses ongles, comme pour que personne ne puisse voir dans son regard ce qu'elle ressentait. Arthur, qui était en train de boire son verre d'eau s'étouffa avec le liquide. Molly se cramponna à la table comme si elle avait peur de tomber à la renverse Harry pensa que si elle n'avait pas été assise, cela aurait certainement été le cas. Bill, Fleur et Angelina semblèrent neutres, ni heureux ni choqués, ce qui était plutôt positif au final. Le premier à prendre la parole fut George.

- Je l'ai croisé quelques fois depuis qu'il a ressurgi et il a l'air d'avoir beaucoup changé. Comme il était accompagné de Blaise, j'ai même échangé quelques banalités avec lui. Si tu te sens bien avec lui et qu'il te traite mieux qu'à l'époque de Poudlard, alors ça me va. Puis même si ça ne m'allait pas, ce n'est pas comme si ça me regardait, dit George, faisant preuve d'une sagesse et d'un sérieux plutôt rare chez lui.

- Merci George.

Le rouquin sourit et lui fit un clin d'œil, faisant comprendre à Harry que son intervention avait pour but d'aider les autres à relativiser.

- Comme George, si tu te sens bien avec lui, c'est le plus important, dit Arthur, remis de son étouffement.

- Oui, bon, c'est surprenant mais pourquoi pas ! J'ai confiance en ton jugement, intervint Bill.

Fleur et Angelina acquiescèrent sans rien dire, signe qu'elles étaient d'accord avec ce qui avait été dit mais qu'elles n'avaient rien à ajouter.

- Moi je suis simplement déçu que tu ne m'aies pas dit la vérité lorsque je t'avais demandé s'il s'agissait de Malefoy, dit Ron.

- Je n'étais même pas sûr, je n'assumais pas du tout ce que je ressentais. Pardon, vieux.

Ron se souvint qu'il était sorti plus d'un an avec le premier homme qu'il avait fréquenté avant d'en parler à qui que ce soit. Il comprenait son meilleur ami, même s'il avait d'abord été vexé par ses cachotteries.

- Ce n'est rien, après tout, je n'ai pas été plus honnête quand j'ai été dans une situation similaire.

Harry sourit à son meilleur ami et se tourna vers Molly qui, en dehors de Ginny, était la seule à ne pas être intervenue.

- Parfois, je ne dis rien mais ça ne m'empêche pas de voir. Ces derniers mois, tu avais l'air plus serein, souriant et heureux. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose de nouveau dans ta vie qui te faisait du bien. J'ai cru que c'était ton nouvel emploi mais je me rends compte que c'était certainement lui alors je le remercie. Je ne sais pas si tu comptais venir pour Noël ou si vous avez prévu autre chose mais il est le bienvenu, finit-elle par dire avec le même sourire bienveillant que d'habitude.

Sans se retenir, Harry se leva et lorsque Molly en fit de même, il l'étreignit.

- Merci Molly, merci d'avoir été là depuis mes onze ans et de l'être encore aujourd'hui, dit Harry, ému.

- Ne me remercie pas mon chéri, je t'aime comme mon huitième enfant et rien ne changera ça.

Harry en avait les larmes aux yeux, comme tous les autres autour de la table. Tous, sauf une personne qui ne tarda pas à se manifester.

- Tu ne peux pas l'inviter pour Noël ! C'est une fête de famille et…

- Et Harry est un membre de cette famille, Drago est important pour lui alors il sera le bienvenu, point final, trancha Molly d'un ton sans réplique.

Depuis la séparation de Harry et Ginny, il leur était arrivé de convier les petits-amis de leur fille et Harry les avait toujours bien accueillis. Molly ne voyait aucune raison de ne pas en faire de même pour Harry. Elle espérait simplement que sa fille ferait preuve d'autant de politesse et de maturité qu'Harry lorsqu'il s'était retrouvé dans sa situation.

- Son père a essayé de me tuer !

- Et sa mère nous a tous sauvés, paix à son âme. De plus, le fils n'est pas responsable des actes de ses parents, intervint Arthur.

- Ecoutez, je ne veux pas créer de problèmes, dit Harry, gêné. Molly, je serais très heureux de venir avec Drago lors d'un repas où Ginny ne sera…

- Non, si vous êtes libre le 25 au midi, alors vous venez ici, insista la matriarche.

- Il n'est pas responsable des actes de ses parents, d'accord, mais il est responsable des siens et c'est à cause de lui si Bill a des cicatrices sur son visage ! s'exclama Ginny.

Harry serrait les poings pour ne pas s'enflammer et ne pas s'en prendre à son ex-petite-amie.

- Stop, tu ne te sers pas de mon mari pour plaider ta cause, intervint sèchement Fleur.

- Ce n'était qu'un adolescent apeuré dont on menaçait la vie de ses parents. Si j'en veux à quelqu'un pour mes cicatrices, ça n'est certainement pas à lui, dit Bill en posant une main apaisante sur le bras de Fleur qui s'était levée sous le coup de la colère.

- Bien sûr, vous soutenez tous Harry, comme toujours ! Depuis notre séparation et même avant. Vous lui donnez toujours raison !

- Vous avez eu des torts tous les deux mais là n'est pas le sujet, intervint Arthur. Le passé appartient au passé et tu devrais réussir à le mettre derrière toi.

La rouquine n'ajouta rien, se contentant de quitter la pièce.

- Désolée Harry, mais sa réaction ne doit pas t'empêcher de venir. Nous la raisonnerons d'ici là, promit Molly.

- Je vais en parler avec Drago et je vous donnerai ma réponse au plus vite.

La matriarche acquiesça, satisfaite. Harry ne tarda pas à prendre congé, il avait un dîner chez Hermione et Blaise le soir-même, et l'ambiance chez les Weasley était définitivement ruinée.

Malgré le fait qu'il mangeait chez elle le soir-même, Harry passa chez Hermione, sachant qu'elle y serait seule. Drago était de toute façon actuellement en train de déjeuner avec ses trois meilleurs amis afin de leur parler, lui aussi, de leur relation. Et le brun voulait que sa meilleure amie le sache avant le repas du soir, histoire de ne pas être la seule à être étonnée.

- Salut ! lui dit-elle après avoir ouvert la porte.

Elle s'effaça, s'écartant de l'encadrement pour le laisser entrer chez elle, et referma derrière lui.

- Tu es un peu en avance pour le dîner, s'amusa-t-elle.

- Non, je voulais te voir seul à seul avant pour te parler d'une chose, expliqua Harry.

- Je t'écoute, dit Hermione en lui faisant signe de s'asseoir.

D'un geste de sa baguette, elle fit apparaître un plateau avec deux verres et du jus de citrouille qu'Harry servit.

- Je sors avec Drago, annonça Harry avec beaucoup moins d'appréhension que lorsqu'il l'avait fait chez les Weasley.

- Je sais.

Pour le coup, ce fut lui qui fut étonné.

- Quoi ?! Comment ?! Depuis quand ? interrogea-t-il rapidement.

Hermione lui fit un petit sourire en coin avant de répondre.

- Avant que tu ne le retrouves, tu sortais presque chaque soir pour rencontrer une fille et tu venais me raconter pourquoi tu ne voulais plus la revoir. Bien sûr, au début, j'ai simplement cru que tu en avais rencontré une qui te plaisait assez pour sortir avec elle mais que tu préférais attendre avant de m'en parler ou de nous la présenter. Puis j'ai su que Drago était chez toi depuis le mois de décembre et j'ai fait le lien en voyant comment vous vous comportiez ensemble. Bien sûr, vous étiez très discrets, vous ne montriez aucun geste tendre en public mais ton regard Harry, lui, il ne me trompait pas. Je te connais par cœur, commença-t-elle à expliquer.

Harry fut une fois de plus frappé par la clairvoyance de sa meilleure amie.

- Ensuite, comme tu ne me disais toujours rien, je t'ai proposé un rendez-vous avec la cousine de Blaise, je pensais que ça te pousserait à la confession. Ça n'a pas été le cas mais ta réaction m'a conforté dans ce que je pensais. De toute façon, le fait que vous partiez en vacances tous les deux sans chercher à nous inviter aurait fini de me convaincre, poursuivit-elle avec un sourire satisfait.

- Pourquoi ne pas être simplement venue me dire que tu avais deviné ? s'enquit le brun, stupéfait.

- Parce que je savais que tu viendrais de toi-même quand tu serais prêt. Bon, j'avoue que parfois, j'ai eu du mal à patienter, c'est pour ça que j'ai tenté en te parlant de la cousine de Blaise mais au final, c'était à toi que revenait le choix de te confier ou non, conclut-t-elle.

Harry se sentait chanceux d'avoir Hermione pour amie depuis ses onze ans. Son intelligence et son courage l'avaient sauvé plus d'une fois. Sa gentillesse et sa compréhension faisaient d'elle une personne hors du commun. Alors qu'il pensait ne pas pouvoir l'aimer plus qu'il le faisait déjà, il se rendit compte qu'il s'était trompé.

- Bien sûr, il va sans dire que je suis heureuse pour toi. Et que ce soit Malefoy ou plus généralement, un homme, ne change rien pour moi. D'ailleurs, de toutes les fois où j'ai pu le côtoyer, il a l'air d'avoir beaucoup mûri et changé. Il est toujours aussi sarcastique mais c'est beaucoup plus appréciable depuis qu'il s'en sert pour plaisanter plutôt que pour blesser. *-*

Le jeune homme se leva et rejoignit sa meilleure amie dans le canapé afin de l'étreindre. Il était heureux que les choses se soient si bien passées, même s'il n'avait jamais eu de doutes au sujet d'Hermione.

Harry resta auprès d'elle pour lui raconter la réaction des Weasley. Il fut amusé de voir Hermione serrer les lèvres, comme pour s'empêcher de dire du mal, lorsqu'il lui raconta comment Ginny avait réagi au moment où sa mère avait invité Drago à leur table pour Noël.

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De son côté, Drago, qui était chez Théo en compagnie du propriétaire des lieux, ainsi que de Pansy et Blaise, avait terminé le repas. Il n'allait pas tarder à leur parler de sa relation avec Harry. Il ne ressentait aucune appréhension. Déjà, ses amis étaient au courant de son homosexualité depuis Poudlard et ils avaient appris à apprécier Harry bien avant que lui ne le fasse. Pourquoi cela se passerait-il mal ?

Théo, qui avait compris depuis l'enterrement de vie de garçon de Blaise, lui avait dit qu'il était heureux pour eux et surtout soulagé qu'ils assument enfin. Drago se doutait que ses deux autres amis n'auraient pas les mêmes mots Théo restait le plus sentimentalement expressif de leur bande mais il savait que leur réaction ne serait pas négative. Ils seraient surpris, ça, ça ne faisait aucun doute.

- Je sors avec Harry, lâcha-t-il sans détour.

Effectivement, Pansy laissa tomber le verre qu'elle tenait à la main et Blaise émit un son étrange entre gloussement et hoquet de stupeur. Ils regardèrent Drago un moment, comme s'ils attendaient à ce que celui-ci se mette à rire, leur montrant ainsi que ce n'était qu'une blague. Ce fut Pansy qui se remit le plus vite de sa stupéfaction.

- Genre, vous couchez ensemble ? demanda-t-elle.

- Non, on joue à la bataille explosive et on se tient la main en se contant des poèmes, railla Drago.

Théo et Blaise pouffèrent, Pansy, bien que légèrement vexée esquissa un sourire amusé.

- D'accord, ma question était stupide, concéda-t-elle au bout d'un moment.

- Depuis quand ? demanda Blaise.

- Février.

Les autres parurent surpris de n'avoir rien remarqué lors des mois écoulés.

- Mais, il n'était pas hétéro ? questionna Pansy.

- Si, il l'était, répondit Drago avec un sourire en coin.

Blaise et Théo ricanèrent, Pansy sourit de la même manière que Drago.

- Pourquoi nous l'avoir caché ? demanda-t-elle.

- Harry ne se sentait pas prêt alors j'ai respecté ça. En plus du fait qu'on ait un passif assez lourd tous les deux, lui, il devait accepter le fait qu'il n'était pas hétéro.

Pansy et Blaise acquiescèrent, compréhensifs puis, ayant posé toutes les questions qui leur venaient à l'esprit, Drago clôtura la conversation sans répondre à Blaise, qui voulait savoir qui était au-dessus. Ils partirent sur un autre sujet. Drago fut heureux de constater que malgré les six ans d'éloignement, il connaissait toujours ses amis par cœur.

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Le soir venu, Drago et les trois autres allèrent chez Blaise pour le dîner. Harry était toujours auprès d'Hermione et son amant l'embrassa avant de s'installer à ses côtés dans le canapé. Il fut amusé de voir une rougeur prendre place sur les joues de son, désormais, petit ami officiel.

Peu après, ils furent rejoints par Ron, le dernier attendu. Ils passèrent alors à l'apéritif où ce fut au tour de Blaise et Hermione de faire une annonce.

- Nous allons avoir un enfant, révéla-t-elle.

Les félicitations fusèrent et les Gryffondor furent, bien entendu, les plus expressifs en allant serrer leur amie dans leurs bras. Harry alla même jusqu'à étreindre brièvement Blaise. Ron, lui, se contenta d'une poignée de main.

Le reste de la soirée tourna autour de la grossesse d'Hermione et bien qu'Harry eut l'air sincèrement heureux, Drago ne put s'empêcher de remarquer qu'il semblait mélancolique. Cela lui sera le cœur et lui rappela que malgré le grand pas franchi aujourd'hui, il y aurait toujours ce problème entre eux.

Drago se dit alors que quoi qu'il se passerait, leur histoire s'arrêterait un jour ou l'autre. Il ne voulait pas priver Harry de ce bonheur qu'il ne pourrait jamais lui offrir mais il était trop égoïste pour partir de lui-même.


Bonne semaine à tous et merci !