Bonjour à tous, voilà le nouveau chapitre !


Rra :

Nadine : Merci à toi.


Chapitre 32


Cause you're a sky, cause you're a sky full of stars,

I'm going to give you my heart,

Cause you're a sky, cause you're a sky full of stars,

And cause you light up the path.

Car tu es un ciel, car tu es un ciel plein d'étoiles,

Je te donnerai mon cœur,

Car tu es un ciel, car tu es un ciel plein d'étoiles,

Et que tu illumines mon chemin.

A sky full of stars – Coldplay


Drago entra dans l'appartement, Harry sur ses pas. Le blond se dirigea vers l'évier et se servit un verre d'eau tandis que son amant se laissa tomber dans le canapé, l'air rêveur. Attendri, sans que son visage ne le montre, Drago se rapprocha doucement.

- Tu penses à quoi ? demanda-t-il en s'installant à ses côtés pour l'enlacer.

- A Hermione, je suis tellement content pour elle ! s'exclama Harry avec de l'émotion dans la voix.

- Tu l'envies ? demanda-t-il d'une voix neutre.

- L'envier ? Hum, non, pourquoi ? s'étonna Harry.

- Eh bien, parce que Blaise et elle vont avoir un enfant.

- Non, je ne l'envie pas. Je ne me sens pas encore prêt à devenir père, donc je suis bien content que ce soit eux qui deviennent parents. La place d'oncle me convient amplement, il y a les avantages sans les inconvénients, s'amusa Harry.

Pas de biberons la nuit, pas de pleurs incessants, pas de couches à changer. Non pas que ça le dérangeait vraiment en temps voulu, il s'occuperait de tout ça sans souci mais pas dans l'immédiat.

- Mais tu le voudras un jour, constata Drago.

- Oui, un jour, approuva Harry.

Le brun sentit Drago se tendre contre lui.

- Quel est le problème ? s'enquit-il.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, nous sommes deux hommes…

- Comme si je pouvais l'oublier, taquina Harry en caressant le sexe du blond au travers des étoffes qu'il portait.

Mais Drago n'avait aucune envie de rire et ne laissa pas son attention être détournée par la caresse de son amant.

- Nous ne pouvons pas avoir d'enfant, reprit-il.

- Je suis aussi, légèrement, au courant de ce détail, répondit Harry en se tournant pour regarder Drago dans les yeux.

Le brun ne comprenait pas du tout ce qui était en train de se passer. Bien sûr, il savait qu'ensemble, ils ne pourraient pas avoir des enfants à « eux » mais cela ne l'avait jamais tracassé plus que ça. Ils trouveraient une solution en temps voulu. Pourquoi cela préoccupait autant Drago ? Il avait toujours pensé que si le blond n'avait rien contre les enfants et le fait de devenir père, il n'y tenait pas tant que ça.

- Je ne veux pas non plus adopter, précisa Drago.

- Il est bien trop tôt pour parler de tout ça.

- Autant le faire maintenant plutôt que de se quitter dans un an ou deux, quand l'envie d'être père te prendra.

- Se quitter ?! s'exclama Harry.

- Eh bien oui, s'il n'y a pas de solution, c'est bien ce qui devra arriver, dit Drago comme si c'était une évidence.

Harry resta sans voix, les yeux écarquillés en regardant Drago. Il était stupéfait par la tournure que prenaient les choses. Le blond parlait de séparation aussi facilement que s'il parlait du repas de ce soir. Harry n'avait jamais deviné que les enfants étaient importants à ce point pour Drago.

- Je n'avais pas compris que cela te tenait à cœur au point de remettre en question notre relation, dit Harry partagé entre la colère, la tristesse et la surprise. Tu as l'air d'avoir réfléchi à ça. Si tu envisages de me quitter depuis quelques temps, tu aurais dû simplement me le dire plutôt que de nous imposer les annonces à tout notre entourage.

Drago regarda Harry, surpris par la sécheresse de sa voix mais encore plus par ce qu'il venait de dire.

- Mais ça n'est pas pour moi ! Je pourrais très bien me passer d'avoir des enfants mais toi…

Une fois, de plus, Harry fut stupéfait. Il s'était complétement trompé. Drago ne s'inquiétait pas pour lui-même. Il était touché de se rendre compte que si Drago s'était pris la tête à ce point, ça n'était que pour lui.

- Quoi ?! demanda Drago en voyant l'air choqué du Gryffondor.

- Tu… Tu penses que je pourrais te quitter pour avoir des enfants ? demanda Harry, hésitant, comme s'il avait peur de ne pas comprendre.

- Eh bien, oui…

Harry réfléchit un instant, les yeux dans le vide. Il devait bien choisir ses mots pour que Drago ne puisse pas mal interpréter quoi que ce soit.

- Fut un temps, je désirais une famille coûte que coûte. C'est pour cette raison que je m'accrochais à Ginny malgré le fait que je voyais très bien que ça ne fonctionnerait jamais sur le long terme, c'est aussi pour ça que j'ai mal vécu la rupture. Mais je te l'ai dit il y a quelques temps, j'ai changé d'avis à ce sujet. Je veux fonder une famille parce que je suis certain de vouloir passer ma vie avec la personne que j'aurais choisie, pas simplement pour avoir des enfants.

Harry hésitait à poursuivre, s'il le faisait ça sonnerait comme une déclaration d'amour. Non, ça ne sonnerait pas, ça en serait une. Drago et lui avaient évité tout ce qui se rapprochait de ce genre de choses. Harry n'aurait même pas su dire pourquoi, cela était ainsi.

Pourtant, le fait que le blond envisage de le quitter pour qu'il puisse avoir des enfants montrait qu'il l'aimait, encore plus quand on savait qu'il pouvait être très égoïste. Alors pourquoi devrait-il avoir peur ? Il n'avait eu aucun problème à dire « je t'aime » à Ginny et pourtant, son amour n'avait jamais été aussi fort que ce qu'il ressentait pour Drago.

Alors Harry se lança, après tout, il était un Gryffondor courageux ! Puis il se doutait que s'il attendait que le Serpentard prenne l'initiative de déclarer ses sentiments, il risquait d'attendre longtemps.

- Cette personne, c'est toi, et si ça veut dire qu'il n'y aura toujours que toi et moi, je sais que je pourrais m'y faire. Ce sera dur, oui, ce sera un sacrifice, mais renoncer à toi en serait un plus gros encore.

Drago regarda Harry, ne sachant pas très bien quoi répondre. Il ne s'était pas attendu à entendre de telles paroles. Il se sentait soulagé. Lyanna avait eu raison la dernière fois, il n'aurait pas dû s'inquiéter.

En plus du soulagement, Drago fut submergé, une fois encore, par cette vague de sentiments. Il n'était pas habitué à ressentir tout ça et pourtant, depuis Harry, tout était plus fort, plus beau.

Le blond secoua la tête. Voilà, s'il se mettait à parler sentiment, il allait sortir des mots romantiques et parler comme un Poufsouffle. Oui, c'était cliché, tous les Poufsouffle n'étaient pas mièvres et tous les mièvres n'étaient pas Poufsouffle mais c'était une façon de parler, comme le courage des Gryffondor, la ruse des Serpentard et l'intelligence des Serdaigle. Voilà qu'il s'égarait, comme pour gagner du temps avant de devoir dire quelque chose.

Non, un Malefoy n'était pas fait pour parler Poufsouffle et Harry devait le savoir. Mais alors, pourquoi le regardait-il avec ce mélange d'attente et d'espoir mais aussi de crainte ? Que pouvait-il bien attendre de lui ? Il avait l'impression de se retrouver sur une scène mais de ne pas connaître son texte. Pire, il ne savait même pas de quoi parlait la pièce.

- Eh bien Potter, il ne manquait plus que les violons et les bougies et ça aurait pu ressembler à une comédie romantique ! lança-t-il, sarcastique.

Il regretta aussitôt ce qu'il venait de dire. Le visage d'Harry se ferma. Il se dégagea de son étreinte et se leva. Il regarda le brun se rendre à la cuisine pour se servir un verre d'eau mais il devinait que cela était juste pour s'occuper et se donner une raison de s'éloigner.

Drago s'en voulait énormément. Après tout, Harry avait vraiment dû hésiter avant de lui confier ses sentiments et lui, il lui répondait par un sarcasme. Bon, d'accord, il répondait souvent par des sarcasmes, surtout lorsqu'il était touché mais pour une fois, il aurait dû parler plus honnêtement, même s'il avait peur, même s'il n'en avait pas l'habitude. Il n'était peut-être pas trop tard et il n'était pas non plus obligé d'en faire trop.

Le blond se leva et rejoignit Harry dans la cuisine.

- Bon, ok, je t'aime, tu es content ?!

Harry se retourna, l'air choqué mais aussi perplexe.

- Mais, ne va pas croire que je vais te le dire tous les jours et que je vais t'offrir des chocolats, des fleurs ou des cartes à la Saint-Valentin. Les chocolats, je les mange, les fleurs, ça pue, et la Saint-Valentin, je déteste ça !

Les sourcils d'Harry s'étaient levés, de plus en plus au fil de la tirade de son amant. C'était la pire déclaration d'amour qu'il n'ait jamais entendue, autant dans la réalité que dans les films, et pourtant, il se sentait heureux de l'entendre même s'il devait aussi avouer en être amusé.

- Eh bien alors quoi ? Pourquoi tu me regardes avec cet air de veaudelune ? demanda Drago sa fausse exaspération masquant, très peu habilement, son appréhension.

- Par Merlin, Malefoy, il n'y a que toi pour faire des déclarations pareilles et rester touchant ou alors, il n'y a que moi pour savoir apprécier ça, se moqua Harry.

Le blond esquissa un petit sourire en coin et se rapprocha doucement d'Harry.

- La prochaine fois que tu décides de parler le Poufsouffle, préviens-moi, histoire que je me prépare, s'amusa Drago.

- Je n'ai pas parlé le Poufsouffle puis d'abord, ça ne veut rien dire parler le Poufsouffle !

- Si, c'est comme quand quelqu'un d'idiot dit quelque chose d'intelligent, il a parlé le Serdaigle. Ou un couard qui fait quelque chose de courageux a fait son Gryffondor. Ou quelqu'un qui fait preuve de ruse, il aura fait son Serpentard. Tout le monde sait ça, Potter ! Enfin bref, n'essaie pas d'éviter le sujet, tu as parlé le Poufsouffle !

Harry se rapprocha et coinça Drago entre son corps et le plan de travail de la cuisine.

- Si je veux éviter le sujet, je connais plus efficace que ça, susurra Harry à l'oreille de Drago qui en frissonna.

- Ah oui ? s'enquit le blond avant de tourner le visage vers le brun.

- Oui, mais le sujet ne me gêne pas. J'ai parlé le Poufsouffle, comme tu dis et tu l'as fait aussi, railla Harry.

- Un Malefoy ne parle pas le Pouf…

Harry fit taire Drago d'un baiser à la fois sauvage mais traduisant aussi tout ce qu'il ressentait pour lui. Séparant leurs lèvres, Harry le regarda d'un air malicieux avant de l'embrasser plus tendrement.

- Pour quelqu'un qui a du mal à parler de sentiment, tu te débrouilles très bien pour les montrer sans rien dire, susurra Harry à l'oreille de son amant.

- Comment ça ? questionna Drago, frissonnant en sentant les mains du brun passer sous sa chemise.

- Tu as envisagé de me quitter pour mon bien et pas pour le tien. C'est stupide et ridicule parce que tu aurais dû m'en parler, me demander ce que je pensais de tout ça et me laisser le choix mais en même temps, ça montre que tu te soucies de moi. Tu m'as montré que tu m'aimais bien plus clairement qu'avec des mots.

Drago regarda Harry, un sourire tendre au visage avant de secouer la tête et de défaire la chemise de son amant.

- Par Salazar Potter, on a suffisamment parlé pour ce soir, maintenant, place au sexe ! s'exclama-t-il en faisant glisser l'étoffe sur les épaules du brun.

Harry eut un sourire amusé et entreprit, lui aussi, de déshabiller son vis-à-vis. Une fois nu, Drago poussa son amant jusqu'au canapé et fit peser son corps sur le sien. Il se délectait des mains d'Harry sur lui. Tout en l'embrassant il fit descendre ses doigts jusqu'à l'intimité du brun qu'il pénétra de son index.

Il aurait aimé faire durer le plaisir, lui offrir de longs préliminaires mais comme souvent lorsqu'il s'agissait du sexe avec Harry, il était pris d'une urgence, d'un besoin irrépressible de le sentir en lui ou inversement.

Alors, il le prépara, vite, mais avec application. Harry se laissa faire avec plaisir et le pressa lorsqu'il perdit patience. Sans le savoir, il ressentait le même empressement que son amant.

Lorsqu'enfin il fut en lui, ils gémirent à l'unisson et Drago s'efforça de prendre son temps. Il embrassait les lèvres d'Harry tout en donnant des coups de reins lents mais profonds.

Harry montait et descendait sur l'érection de Drago et s'il le fit d'abord lentement, il accéléra ses mouvements.

- Touche-moi, ordonna Harry en sentant Drago trembler sous lui, signe d'une proche jouissance.

Le blond s'empara de la bouche de son amant tandis que sa main faisait des va-et-vient sur sa verge. Malgré tout, ce fut lui qui partit en premier et il ne put s'empêcher de mordre fortement la lèvre d'Harry qui partit peu après.

Ce dernier se souleva juste assez pour déloger le sexe de Drago mais resta contre lui, essoufflé.

- Préviens-moi la prochaine fois que tu veux te la jouer Hannibal Lecter, se plaignit Harry en passant sa langue sur sa lèvre qui ne saignait heureusement pas.

- Hannibal qui ? s'enquit Drago curieux.

- Laisse tomber, s'amusa Harry. J'avais oublié que tu avais toute une éducation cinématographique à faire.

Drago s'apprêtait à répondre lorsque la porte s'ouvrit sur les rires de Lyanna et de Théo. Ils n'eurent pas le temps de se recouvrir que déjà, le couple pénétrait dans le salon.

- Par Merlin ! s'exclama Lyanna avec horreur en se détournant.

- Oh bordel ! jura Théo en se tournant à son tour.

Drago et Harry se nettoyèrent d'un sort et se rhabillèrent aussi vite que possible. Lorsque ce fut fait, les deux arrivants se tournèrent, presque aussi gênés que les deux autres. Un silence extrêmement gênant flotta quelques instants avant que Drago ne se décide à prendre la parole.

- Tu as fait bon voyage ? s'enquit Drago d'un ton presque naturel.

- Plutôt oui, je n'ai pas bien pu profiter en deux jours mais j'ai pu voir mon père, répondit Lyanna les yeux toujours fuyants.

En effet, la jeune femme était partie deux jours à New York, pour aller voir son père avait-elle affirmé à Drago. Bien sûr, il avait trouvé bizarre qu'elle n'attende pas les vacances scolaires mais il n'avait rien dit.

- Bon, je vais me coucher, dit Harry, toujours très gêné.

Ils se saluèrent et le brun disparut dans sa chambre.

- Tu lui diras que je suis désolée, dit Lyanna, soucieuse.

- Par Salazar, on fait ça au milieu du salon, c'est plutôt à nous d'être désolés ! s'exclama Drago.

- Je squatte son appartement depuis plusieurs mois. Je réalise seulement aujourd'hui que ça pourrait le déranger, même s'il n'a rien dit…

- Ne dis pas n'importe quoi, c'est juste un Gryffondor pudique, il met plus de temps que nous autres à s'en remettre, railla Drago.

- Si tu le dis. Bon, en attendant, présente-lui mes excuses.

Le blond acquiesça et disparut à son tour dans la chambre. Lyanna et Théo s'installèrent sur les chaises. Ce qu'ils venaient de voir quelques instants auparavant leur avait coupé l'envie de s'asseoir dans le divan.


Merci à vous, j'espère que ça vous a plus.

Bisous à tous et à vendredi prochain.