Voilà le chapitre 33, bonne lecture !


Chapitre 33


Parce que c'est toi j'voudrais un jour un enfant,

Et non pas parce que c'est le moment.

Parce que c'est toi.

Je veux te voir dedans,

J'verrais dans ses yeux tous ces petits défauts,

Parce que parfait n'est plus mon créneau.

Parce que c'est toi.

Parce que c'est toi – Axelle Red


Lyanna se leva dans le but de préparer le petit déjeuner mais fut surprise de trouver Harry, déjà prêt et en train de s'activer en cuisine. Hormis les week-ends où elle aimait traîner au lit, c'était toujours elle la première debout et celle qui préparait le petit-déjeuner.

- Salut, lui dit Harry avec un grand sourire en déposant une assiette à sa place habituelle de Lyanna.

- Salut, répondit-elle en déposant un baiser sur sa joue pour le remercier.

Harry se servit également et s'installa à table à son tour.

- Au sujet d'hier, Lyanna, ton frère m'a présenté tes excuses mais elles n'étaient pas nécessaires. J'étais mortifié mais pas du tout contrarié par votre arrivée. Enfin, bien sûr, j'aurais préféré que vous arriviez, après que nous nous soyons rhabillés mais je ne t'en veux pas.

Lyanna lui sourit, soulagée.

- Pour ce qui est de ta vie ici, j'avoue qu'au départ, j'ai accepté que tu viennes pour faire plaisir à Drago mais depuis, j'ai appris à t'apprécier, très vite d'ailleurs. Tu es ici chez toi, il y a un moment que je te considère comme une colocataire et pas juste comme une fille que j'héberge, expliqua Harry.

- Merci, répondit Lyanna, émue.

Drago ne tarda pas à les rejoindre et, comme depuis quelques matins, il embrassa la joue de sa sœur puis les lèvres de son petit-ami avant de s'asseoir. Harry avait encore du mal à se faire à cette petite démonstration d'affection à laquelle il avait droit depuis peu.

- Ce soir, après le boulot, il faudrait que je vous parle, annonça la jeune femme.

- Si c'est au sujet de Théo, tu as ma bénédiction, dit Drago avec un air on ne peut plus sérieux.

- Mon très cher frère, je ne te demanderai jamais ton accord en ce qui concerne les hommes que je veux ou non fréquenter, rétorqua Lyanna avec un sourire qui ne la rendait pas moins sérieuse.

Harry pouffa devant l'air scandalisé de Drago.

- Non, c'est d'un tout autre sujet dont j'ai à vous faire part. Il s'agit de la vraie raison de mon voyage express à New-York. Mais je vous en dirai plus ce soir, précisa-t-elle.

- Super, maintenant, je vais me demander de quoi il en retourne toute la journée ! ronchonna Drago.

Lyanna lui adressa un clin d'œil et après avoir bu sa dernière gorgée de thé, elle se leva, embrassa la joue des deux hommes et sortit de l'appartement.

Comme prévu, Drago se posa des questions toute la journée, gardant juste assez de concentration pour réaliser correctement ses potions. Comme il travaillait avec Théo, il chercha à le questionner mais son meilleur ami ne savait rien. Il lui confia juste que Lyanna l'avait laissé chez Julius toute une après-midi sans lui dire où elle se rendait.

Qu'est-ce qui avait bien pu conduire Lyanna à New-York qui le concernait et qui concernait Harry également, puisque sa sœur avait demandé leur présence à tous les deux ? Il espérait qu'elle n'avait pas décidé de retourner vivre là-bas.

Non, ça n'était pas possible, elle commençait à sortir avec Théo et ça avait l'air de bien coller de surcroit. Sans parler de son emploi qui, apparemment, lui plaisait beaucoup. Puis, si elle avait envisagé de retourner là-bas définitivement, elle lui en aurait parlé avant et n'aurait pas demandé la présence d'Harry.

Ce fut l'esprit tournant à plein régime et très impatient qu'il pénétra dans l'appartement après sa journée. Harry fut le second à arriver, l'air épuisé.

- Dure journée ? s'enquit Drago en regardant le brun se laisser tomber sur le canapé.

- Comme toujours, je crois simplement que ce poste n'est pas fait pour moi, avoua Harry.

- Pourquoi ?

- Je ne saurais pas dire mais je ne me sens pas à ma place. Je me force à aller bosser tous les jours alors que ça n'était pas le cas lorsque j'étais avocat. Je pense que le fait de plaider me manque. Aujourd'hui, lorsque je vais à une audience, je me contente de regarder d'autres personnes le faire. J'ai remplacé ce que j'aimais faire par d'innombrables conférences de presse et des réunions ministérielles.

- Oui, tout ce que tu adores en somme ! railla Drago.

- C'est ça.

- Eh bien, démissionne ! proposa le blond comme si la solution était évidente.

- Ça ne fait pas un an que j'occupe ce poste, je ne peux pas démissionner alors que Kingsley m'a fait confiance et compte sur moi. Surtout que c'est le genre d'emploi que l'on garde jusqu'à sa retraite ou jusqu'à devenir ministre. Regarde mes prédécesseurs, ils sont tous restés jusqu'à la fin de leur carrière ou jusqu'à leur mort pour certains. J'aurais l'air de quoi en démissionnant ?

Drago avait haussé les sourcils au fil de la tirade de son amant et prit la parole quelques secondes après qu'il ait terminé.

- Eh bien, dans ce cas, restes-y jusqu'à ta retraite. Une trentaine d'années, ça n'est pas la goutte du mort-vivant à boire, ironisa le blond.

Harry grimaça. Dite comme ça, la solution de la démission lui semblait beaucoup plus envisageable. Enfin, rien ne l'empêchait de subir quelques années avant de quitter ce poste qui n'était pas du tout fait pour lui plaire.

L'arrivée de Lyanna coupa court à sa réflexion. Tous les trois s'installèrent à la table du salon et la jeune femme s'occupa de sortir trois verres, du jus de citrouille pour elle et du whisky pur feu pour les deux autres.

- Comme je vous l'ai dit ce matin, je ne suis pas partie à New York dans le but de voir mon père, même si passer du temps avec lui est toujours un plaisir. Là-bas, j'ai un ami que je connais depuis notre première rentrée à Ilvermorny. Après les sept années, il a pris la direction des bancs de la faculté de médicomagie. Déjà, à ce moment-là, il avait en tête de trouver un moyen qui permettrait à deux hommes de concevoir.

Drago se tendit alors qu'Harry prenait un air perplexe.

- Je n'ai jamais connu plus savant que cet homme. Certains aimaient le traiter de fou, l'objectif qu'il visait n'était pas fait pour penser qu'il était sain d'esprit.

Lyanna eut un sourire, comme si elle revoyait certains souvenirs amusants.

- Je pense qu'il a toujours été un peu fou mais pas le genre de folie dangereuse. Juste ce qu'il faut pour croire que tout est possible du moment qu'on y croit et surtout, du moment qu'on met tout en œuvre pour que cela devienne possible.

- Pourtant, son but semble bien impossible, fit remarquer Harry.

Drago se contenta d'un signe de tête pour montrer qu'il approuvait le brun.

- Mon ami est père d'une petite fille qui a deux ans à présent. Lorsque l'on analyse le sang de cette fillette, on y trouve un parfait mélange de l'ADN de mon ami ainsi que celui de son compagnon, continua Lyanna.

- Nombre de scientifiques au cours des années ont tenté de faire en sorte qu'un homme puisse porter la vie. Même avec l'aide de la magie, cela reste impossible, dit Drago.

- Je n'ai jamais dit que mon ami avait trouvé la solution permettant à un homme de porter la vie. J'ai dit qu'il avait trouvé la solution pour que deux hommes deviennent pères, ensemble, d'un enfant qui aurait leur deux ADN, clarifia-t-elle.

- Et par quel miracle de Merlin serait-il parvenu à cela ? interrogea Drago, plus que sceptique.

- Grâce à divers sortilèges et potions qu'il ne m'a pas divulgué pour une raison évidente, et grâce à l'aide d'une mère porteuse.

Drago et Harry trouvèrent en effet que la raison de garder le secret était plus qu'évidente. Si vraiment il était parvenu à accomplir cela, il valait mieux que le procédé reste confidentiel jusqu'à ce que cela soit déposé auprès du service des nouvelles avancées en médicomagie.

- Je suis allée à New-York pour m'entretenir avec lui, lui demander plus d'informations sur les risques encourus pour l'enfant ou pour la mère porteuse. Il n'y a aucune différence entre un enfant né naturellement ou un enfant né de cette manière. Le double ADN masculin ne change rien, il y a des risques, bien sûr, mais pas plus que pour une grossesse classique. Pour la mère porteuse, les risques sont les mêmes, sauf que les probabilités sont légèrement plus élevées. Enfin, avec un bon suivi et en faisant attention, il n'y a pas de raison pour que cela se passe mal, expliqua-t-elle.

Drago et Harry échangèrent un regard, ne sachant pas bien quoi penser de tout ça. Ils avaient parlé de l'impossibilité d'avoir des enfants à eux, ensemble. Cela leur semblait être une certitude mais à présent, il s'avérait qu'ils en avaient la possibilité. Cependant, le voulaient-ils maintenant ?

Drago ne fut pas surpris que sa sœur ait fait tout ça sans lui en parler. Lyanna ferait toujours tout son possible pour l'aider et l'inverse était vrai également.

- Je vous parle de ça pour que vous sachiez que cela est possible. Pour que vous puissiez, si vous le voulez, vous renseigner directement auprès de mon ami. Vous n'êtes pas obligés de prendre une décision dès aujourd'hui. Cette possibilité sera toujours là dans un an, deux ans, dix ans.

Drago acquiesça. Lyanna avait raison, ils avaient tout le temps pour y penser.

- Le plus difficile pour cette intervention, c'est de trouver une mère porteuse. Mais réjouissez-vous, chanceux que vous êtes, vous m'avez moi, termina Lyanna avec un sourire.

- Toi ?! Mais tu es la sœur de Drago, ça ne serait pas… étrange ? demanda Harry avec une petite grimace.

Lyanna pouffa.

- Ça le serait si mon ADN était nécessaire à l'une des étapes de l'insémination mais ça n'est pas le cas. Je ne connais pas les détails mais je ne servirais vraiment qu'à porter l'enfant et à le mettre au monde. Il n'aura rien de moi, expliqua Lyanna.

- D'accord, je comprends mieux que tu veuilles te proposer alors, dit le brun avec un petit sourire.

- Voilà, je vous ai tout dit. Désolée mais je dois vous laisser, je dîne avec Théo ce soir. Puis, quelque chose me dit que vous avez besoin de discuter entre vous. Harry, je suis désolée si tu penses que je me mêle de ce qui ne me regarde pas mais mon frère s'était confié à moi, et comme je savais qu'il y avait peut-être une solution, j'ai voulu m'en assurer, pour lui, pour vous.

Harry adressa un petit sourire à la sœur de Drago. Bien sûr qu'il avait été surpris par les démarches de la jeune femme mais il comprenait pourquoi elle les avait faites.

- Je te remercie pour tout, répondit-il simplement.

Elle lui sourit en retour et déposa un morceau de parchemin devant elle, à l'attention du couple.

- Il y a les coordonnées de mon ami médicomage, au cas où vous voudriez discuter avec lui par échange de lettres, ou même vous rendre sur place pour le rencontrer.

Les deux hommes acquiescèrent et Lyanna quitta l'appartement, les laissant seuls. Ils regardèrent un moment le parchemin sans rien dire, mettant, chacun de leur côté, de l'ordre dans leurs idées. Finalement, ce fut Harry qui rompit le silence en premier.

- Qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-il.

- J'en pense que c'est une très bonne nouvelle pour nous deux ou plus généralement pour les couples d'hommes. Cependant, si ça marche si bien que ça, je ne comprends pas pourquoi cela n'est pas plus connu. Lya nous a dit que la fille du médicomage avait deux ans, ça fait donc deux ans qu'il aurait dû faire connaître ses découvertes…

- Il peaufine peut-être sa présentation, son dossier ou c'est simplement encore en étude. Je sais que ça n'a rien de comparable mais lorsque je veux faire passer, modifier ou supprimer une loi, c'est extrêmement long. Je veux que mon projet soit parfaitement clair et bien exposé. J'en ai déposé un certain nombre et je n'aurai de réponses que dans plusieurs mois. Ça pourrait même se compter en années, expliqua Harry.

- Oui, c'est peut-être ça. Je ne pense pas que Lyanna nous le cacherait s'il y avait des problèmes liés à l'enfant, et le médicomage risquerait gros s'il le faisait, dit Drago, plus pour se rassurer qu'à l'attention d'Harry.

Le brun approuva d'un mouvement de tête et le silence se réinstalla. Une fois de plus, il fut brisé par Harry.

- Qu'est-ce que tu en penses par rapport à nous ? demanda Harry en étant plus précis cette fois.

Drago soupira, gêné d'avoir, une fois de plus, besoin de parler de ce qu'il ressentait. En même temps, il savait que cette discussion était nécessaire et inéluctable.

- Je suis vraiment heureux de savoir que nous avons cette possibilité et qu'en plus, ce soit ma sœur qui portera notre enfant en temps voulu. Cependant, je ne suis pas prêt dans l'immédiat. J'étais tellement focalisé sur l'idée qu'on ne pourrait jamais en avoir que je ne m'étais même pas rendu compte que je n'en voulais pas maintenant.

Harry lui offrit un petit sourire, soulagé.

- Je pense exactement comme toi. Bien sûr, c'est différent, contrairement à toi, je n'avais pas réfléchi aux enfants depuis longtemps mais au final, ça revient au même. Je ne me sens pas prêt non plus.

- Alors nous sommes d'accord sur ça, dit Drago, satisfait.

- Oui, on est d'accord.

Ils échangèrent un petit baiser avant qu'Harry ne se lève pour préparer le repas.

- Je ne sais pas quand nous nous sentirons prêts mais j'espère que Lyanna sera toujours d'accord pour être la mère porteuse, dit Drago au bout d'un moment.

- Si elle ne l'est plus, nous n'aurons qu'à en chercher une autre, lâcha Harry avec un haussement d'épaules désinvolte.

- Je ne me vois pas faire confiance à n'importe qui pour porter notre enfant ! s'offusqua Drago.

Harry se retourna, étonné par la réaction de son amant.

- Je sais que Lyanna a une alimentation saine, qu'elle respectera les consignes, qu'elle ne touchera pas à l'alcool. Je sais que ce n'est pas une droguée, qu'elle a une bonne hygiène et que je ne serai pas obligé de la faire suivre pour être certain qu'elle ne mettra pas notre enfant en danger…

Harry le regarda, amusé.

- Tu es déjà un papa surprotecteur alors que notre enfant n'est encore qu'un vague projet dans un avenir indéfini.

- Et toi, tu montres déjà que tu seras un papa inconscient, ronchonna Drago.

Harry se retourna vers sa casserole en pouffant. La vie familiale avec Drago s'annonçait plus que mouvementée. Et dans l'éventualité que ce projet aboutisse, il souhaitait bien du courage à Lyanna.


Voilà, j'espère que ça vous a plu ?

Bisous à tous-tes.