Hello, hello

Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel !

Un gros gros merci Bleunvenn, qui a revu les premiers chapitres pour me donner son avis ! Je me suis tellement emballée pour CFJB que je n'étais plus vraiment (rd : plus du tout) objective. Un gros merci à chocobi6, à qui j'ai parlé pendant 1h au téléphone de cette fic et qui a lu tout le plan (et qui ne m'a pas tué malgré tout, donc ouais... merci à elle). Un énoooorme merci à LiliEhlm pour avoir, encore une fois, corrigé cette fic !


Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi : j'en pleure tous les soirs)


Chapitre 03 : Lean On Me

Juin 1982

« Concentre-toi, cette fois, le nain. » Ordonne Jacques, face à Clint. « La flèche atterrit ailleurs que dans le mille et crois-moi bien que ça va barder pour toi. »

Les yeux grands ouverts, effrayé par cette menace qui vient d'un homme qui ne va pas hésiter à tenir parole, Clint cherche du réconfort auprès de Barney. Installé quelques mètres plus loin, près de Buck, son frère suit distraitement l'entraînement de Jacques tout en écoutant les consignes de Buck en ce qui concerne ses flèches truquées.

Les lui confier est une énorme responsabilité. Les plus gros numéros du spectacle en dépendent d'un bout à l'autre. Barney doit s'assurer qu'elles fonctionnent toutes ; tirer avec fait partie de la vérification, Buck se félicite d'avoir insisté pour que Barney apprenne aussi. Il va aussi devoir les trier : par type d'effet et par ordre d'apparition dans les numéros. Pour commencer, Buck va lui laisser une liste mais, à terme, ce serait bien qu'il se souvienne de tout.

Clint tire sa flèche. Elle atterrit sur la ligne.

Barney et Buck se tendent. Le premier va pour se lever afin de s'interposer entre le Swordsman et Clint. Son besoin d'intervenir s'intensifie quand il voit le regard humide de son frère croiser le sien et le supplier de le sortir de là. Clint lui signe qu'il est désolé et n'a pas fait exprès. Ses lèvres tremblent. Ses jambes cèdent et cessent de le soutenir quand Jacques lui assène un premier coup dans le bas du dos.

Clint n'a pas eu la moindre chance de pouvoir l'éviter. Jacques est arrivé derrière lui. Il a profité du grand soleil, de l'absence d'ombres, pour le prendre par surprise. Leur jeune apprenti leur a rapidement montré qu'il savait observer son environnement pour pallier les sons qu'il n'entend pas. Les ombres lui sont plus qu'utiles pour savoir quand quelqu'un arrive derrière lui.

Trickshot tient Barney par le poignet, nourrissant l'espoir un peu vain de le faire se rasseoir. L'aîné est presque dans un état pire que le cadet ; le regard empli de douleur et de trahison de Clint, rivé sur lui, n'y est pas étranger. Buck secoue la tête, essaie de le dissuader de faire quoi que ce soit. Intervenir ne va rien arranger. Au contraire. Ils risquent d'être tous les deux amochés, au final.

« Jacques ! » Crie quand même Barney.

Duquesne ne l'honore pas d'un seul regard, même bref. Il redonne plutôt un coup à Clint qui tombe sur le côté. Allongé par terre, il se met le plus possible en boule, se recroqueville afin de se protéger un maximum. Quand Barney le voit plaquer ses mains sur ses oreilles, fermer les yeux et essayer de ne pas pleurer, il pense pour la première fois en un peu plus d'un an que rester était une erreur. Que ses doutes signifiaient quelque chose.

Et Clint a trop rapidement retrouvé les réactions réflexes qu'il avait face à leur père.

Jacques donne encore quelques coups, parfois avec son arc comme instrument, avant de stopper. Du bout de la chaussure, il secoue Clint et, une fois que le gosse le regarde, donne ses consignes.

« Maintenant tu ramasses et tu tires. »

Tremblant comme une feuille, Clint acquiesce en secouant timidement la tête. Il ne regarde pas en direction des deux autres. Il passe à côté des larmes qui embuent les yeux de son frère, qui coulent encore sur ses joues. Clint reprend l'arc, attrape la flèche tendue par Jacques et essaie de la mettre. Il tremble et pleure trop. C'est à chaque fois un échec. Le Swordsman, à côté, qui s'agace et s'impatiente, ne l'apaise pas et le rassure encore moins.

« Jacques. » L'alpague Buck. « Tu vois bien qu'il est pas en état de réussir le tir que tu lui demandes. »

Sans laisser le temps à son ami de répondre, Buck a déjà franchi les quelques mètres qui le séparent des deux archers qui s'entraînent. Il retire la flèche et l'arc des petites mains tremblantes. Les sanglots silencieux de Clint reprennent de plus belle et redoublent en intensité. Il a peur que les coups reviennent. Il ne veut pas que Jacques recommence à le frapper. D'un petit mouvement de tête, Trickshot demande à Barney d'oublier ses consignes et de quand même laisser son siège pour venir retrouver son frère. Il ne faut pas le dire deux fois.

À peine Barney à ses côtés que Clint enroule ses bras autour de son cou et se laisse aller. Le premier répond en l'étreignant et ne le presse pas. Il le laisse pleurer de tout son saoul. Buck chasse Jacques ; montrant, à sa façon un peu bourrue et carrément bancale qu'il se soucie quand même d'eux, même s'il dit que c'est parce que c'est « pas toi qui va les entendre toute la nuit parce qu'un crétin dans ton genre a réveillé des souvenirs qu'un nain dans son genre devrait pas avoir ».

Clint s'assoit sur les pieds de Barney, pose sa tête sur son bras et essaie de réguler de lui même ses pleurs après quelques minutes. Barney le voit avoir du mal et pose son index sur le bout du nez de son cadet. Clint, comme à chaque fois qu'il fait ça, essaie de chasser ce doigt envahissant. Le doigt reste.

« 'rêtte, B. » Demande Clint.

« Non. » Refuse Barney, le doigt tenant bon. « Ça déride toujours les gens, quand tu leur touches le nez. Va comprendre. »

Clint continue d'essayer qu'il arrête. Toujours sans succès. Il finit par sourire et même rire un peu. Il essuie ses yeux dans le T-shirt de Barney.

« Tu vois, crevette. » Sourit l'autre. « Ça fonctionne. »

o o o

Octobre 1983

Clint se souvient des promesses faites au moment où Barney a décidé de finalement rejoindre le cirque Carson et, principalement rester avec Buck Chisholm et Jacques Duquesne. Il peut ne pas les avoir réellement entendues mais il les a comprises, merci pour lui.

Il se souvient d'être assis sur la couette, enroulé dans la couverture, en train de se concentrer sur ce qu'essaie de lui faire comprendre, le plus distinctement possible, Barney. Il se souvient des belles promesses et des sourires rassurants. Il comprend maintenant qu'ils ne signifiaient rien, que ces sourires qui rassurent ne lui étaient certainement pas adressés, qu'ils avaient davantage vocation à rassurer Barney lui-même ; qu'ils avaient surtout pour objectif de le convaincre du bien fondé de sa décision, qu'il faisait ça pour leur bien et améliorer leur situation.

Clint se souvient du « Tu vas apprendre à tirer à l'arc, crevette. Comme Robin des Bois. T'es content ? ». Il se souvient d'avoir secoué la tête. Non. Pas content. Pas envie. À Barney, embêté, de lui dire qu'il n'a pas le choix. Que Buck et Jacques veulent bien qu'ils restent si, et seulement si, Clint apprend à tirer. Il ne veut toujours pas. L'arc, ça l'intéresse pas.

« Si vraiment tu n'aimes pas, si t'es pas heureux, on va partir. Mais essaie, au moins. Tu peux faire ça ? Essayer ? En plus, je serais toujours là pour te dire ce qu'ils veulent. »

Le petit lui tape sur le torse.

« Ouais. » Sourit Barney. « Toujours là. Tu me verras tout le temps. D'acc ? »

Et Clint se souvient qu'ils ne sont jamais partis.

Clint se souvient que Jacques faisait peur, à l'époque déjà. Barney avait posé une main derrière la tête de son frère et, du pouce, lui avait caressé la joue. Il avait promis qu'on ne le toucherait jamais pour autre chose que l'aider à revoir sa position avec l'arc ou pour lui sauver la vie. Encore une fois, Barney lui avait dit qu'il ne serait jamais loin et toujours veillerait au grain.

Et Clint se souvient des coups de Jacques. Des premiers ; parce qu'il a manqué le mille ; comme des derniers ; parce qu'il n'a pas prêté son arc. Ceux-ci remonten pas si longtemps. Vingt minutes. Clint trouve ça injuste. Jacques et Buck lui ont toujours dit que c'était son arc ; qu'un arc est un outil de travail et non un jouet, que personne autre que lui ne doit l'utiliser.

Clint se souvient qu'il ne devait pas être dans le spectacle. Qu'il était « un investissement à long terme, crevette. Ils croient en toi ». Il a pourtant dû aller sur la piste aujourd'hui. Il n'aime pas la piste. Encore moins les représentations. Il y a trop de monde. Il n'entend pas ce qui se dit et le peu qu'il capte est comme une redoutable cacophonie.

Toutes les promesses de Barney, déjà bien éprouvées, ont été brisées aujourd'hui.

Parce que Clint a dû faire partie du spectacle (promesse rompue), un gamin (probablement encore plus bête que lui, c'est dire) a été « impressionné ». A la fin de la représentation, il est allé demander à Clint s'il veut bien lui montrer et, pourquoi pas, le laisser essayer aussi ? Se souvenant des consignes (et de la force brute de Jacques), Clint a secoué la tête de gauche à droite. Il lui a donné un petit sourire d'excuse, histoire que ça passe. Il allait s'éloigner quand Jacques et Buck sont arrivés.

Les deux forains ont accepté à sa place. Buck a fourni les explications au gamin, pas beaucoup plus vieux que Clint, et l'a laissé essayer de tirer quelques flèches. Pendant ce temps, le Swordsman amène Clint à l'écart. Inquiet, l'enfant cherche son frère. Pas étonné, il ne le voit pas. Il voit le premier coup venir, en revanche, et la deuxième promesse être rompue... une fois de plus.

Clint ne les comptent plus.

Il ne comprend pas tout ce que lui dit Jacques. Il en saisit néanmoins l'idée principale : il n'est rien comparé à l'autre, doit courber l'échine, « pour qui se prend-il ».

Le plus jeune Barton va se réfugier au sommet de la roulotte de Buck. Buck le laisse faire. Il n'a jamais essayé de l'arrêter et l'a même aidé à s'y aménager un petit coin pour y être mieux. Barney l'y rejoint une heure après. Son regard s'arrête sur le coquart et la lèvre fendue de son frère mais il ne dit rien.

« Je veux pa'tir. » Lui murmure Clint.

« Pour aller où ? »

On hausse les épaules.

« Désolé, Hawk. C'est ici, chez nous, maintenant. » La première promesse vole à son tour en éclat. Encore encore. La confiance de Clint aussi.

« 'vais p'omis. »

« Y a des années. C'est trop tard maintenant. »

Clint le foudroie du regard.

« Me regarde pas comme ça. Tu me fais pas peur. »

Hawk, ou La crevette (il préférait la crevette ; Barney protège la crevette mais se moque de ce qui arrive à Hawk) lui lance une canette de Dr Pepper à la tête. Son aîné se frotte un peu la tempe, grimace un instant car, quand même, ça fait mal. Il roule ensuite des yeux, la ramasse, l'ouvre, s'en met partout sur le pantalon puis en bois une longue gorgée.

« P'omesse. » Redit Clint. « Pa'tir. Ne pas frapper. Pas la piste. »

« Les temps changent. Ça fait trois ans ! Ça compte plus. »

« Pas. » Il lance cette fois sa chaussure à la figure de son frère. « T'ente et un mois. »

L'aîné reste coi. Clint compte ? Pour... pour de vrai ? Depuis quand ? Pourquoi n'en a-t-il jamais rien su ? Clint lui a toujours parlé de tout.

« Peu importe. Ça compte plus. »

Les lèvres pincées, Hawkeye – comme ont décidé de l'appeler Swordsman et Trickshot, qui sont bien inspirés pour les noms de scène – lui lance encore un regard noir. Ça fait moins mal qu'une canette ou une chaussure, c'est l'avantage. Les yeux perçants de Clint continuent à rendre Barney mal à l'aise. Il reste aussi sur ses gardes. Son frère est dans un état d'esprit qui le rend prompt à lancer des objets à la figure des gens (c'est déjà trop tard, de toute façon).

Surtout qu'il ne s'en tient plus aux bouchons.

« Déteste. »

« Le cirque ? »

« Toi. »

« Ça me fait une belle jambe. » S'empresse-t-il de répondre. Il est silencieusement reconnaissant que Clint ne soit pas en mesure d'entendre le son de sa voix mais juste de comprendre ce qu'il dit.

Clint se passe les mains dans les cheveux. Il tire un peu. Assis au bord du toit, les jambes dans le vide, il se détourne de Barney. Stop les mensonges, stop les paroles qui font mal. Il fixe le vide ; regarde les gens, deux mètres plus bas, qui avancent, parlent et rient entre eux. Tout va bien, à leurs yeux.

« Je veux ça, Ba'ney. »

« Tu veux quoi, Hawk ? »

« Ça ! » Il désigne les familles bruyantes, les enfants qui courent, qui tirent leurs parents pour atteindre plus vite un prochain stand.

La gorge nouée, Barney ne pipe mot pendant un temps. « Une famille ? »

Clint hoche positivement la tête.

« On en a eu une. Ils craignaient. Tu te souviens ? » Demande Barney. Il s'est approché et peut dorénavant presque passer une main dans les cheveux de Clint. Il ne le fait pas. « On en a une mieux, maintenant. »

« Pi'e. » Refuse le plus jeune. « T'es p'us là. » Rageur, il essuie ses yeux qui prennent ce moment comme le moment idéal pour se mettre à pleurer. « Je veux une v'aie famille. L'école. Tout ça. »

« Tu en as... »

« Non. Tu m'aimes p-plus. »

« Je t'aimerai toujours, crevette. » Assure Charles.

Le surnom, revenu si naturellement, fait voler en éclat les dernières contraintes que s'imposent Clint. Il ramène ses jambes contre lui et pleure sur ses genoux. Le second Barton réduit encore la distance entre eux et le ramène contre lui.

o o o

Février 1984

Clint grogne de mécontentement quand Barney lui retire, d'un seul coup, sa vieille couette d'un rouge délavé. Déjà qu'il ne fait pas très chaud dans leur caravane mais si on commence, en prime, à chercher à le priver de ce si précieux cocon protecteur, ça ne va pas le faire. À tâtons, le petit blond cherche quelque chose qu'il sait être placé sur le tabouret qui lui fait office de table de chevet. Quand il trouve la précieuse gourde (pleine) Captain America – cadeau de Barney pour se faire pardonner de les avoir fait rester à Carson, quelques semaines à peine après leur arrivée – il s'appuie sur son bras gauche, la balance sur son frère et se rallonge. En boule, ronchon, il ramène ses jambes contre lui. Il retire l'oreiller qu'il a sous la tête et cherche à se couvrir avec. On fait avec ce qu'on peut...

Barney insiste. Il lui retire l'oreiller et le lance sur son propre lit. Brusque, il saisit le poignet du plus petit et le tire du lit. Clint grogne et râle tout haut. Son frère n'en a rien à faire. Sans ménagement, il le pousse sur une chaise et se baisse.

« C'est important. Tu dois venir avec moi et être très silencieux. D'acc ? »

« Veux dormir. »

« Tu dormiras après, Hawk. Viens. » Barney l'enroule dans sa couverture ; celle que Buck leur a donnée le premier soir et jamais récupérée.

Expliquer la situation à Clint prendrait beaucoup trop de temps. Temps qu'ils n'ont pas. Barney va le faire plus tard. Quand la situation sera moins pressée. Son frère est encore trop ensommeillé pour se concentrer correctement ; que ce soit sur ses lèvres ou sur ses mains. D'autant plus que, franchement, Barney ne sait pas comment dire à un môme de onze ans qu'un autre à disparu, dans les environs, et que les flics risquent de vouloir venir fouiller le cirque.

D'après Jacques, on accuse toujours les forains, et les gens qui voyagent, quand un drame du genre survient. Ils sont des cibles faciles. Il ne comprend d'ailleurs pas qu'ils n'aient pas été fouillés à l'époque où ils sont arrivés ; soupçonnés d'y être pour quelque chose dans la disparition de l'avorton et de lui-même. Barney a quelques heures pour trouver quoi dire à son cadet.

L'aîné Barton traîne un jeune Clinton pieds nus à travers les dédales de caravanes et de tentes montées pour les divers stands en journée.

« J'ai mal quand je mar-che vite, Barney. » Dit lentement Clint. Il se frotte les côtes.

Ouais, les bleus et blessures en tout genre qui colorent et parsèment le corps de son cadet ne vont pas non plus plaider en la faveur de Carson ; y a pas à se poser de questions. Ils n'ont peut-être rien à voir avec la disparition de ce Peter Quill mais ils sont loin d'être irréprochables.

« On arrive, Clint. »

Clint tousse. Il appuie sur ses côtes, dodeline ensuite la tête. Barney le félicite d'un sourire. Alors qu'il le tire toujours à sa suite, il compte sur Jacques et Buck pour avoir déjà tout installé. Qui sait combien de temps ils auront à se cacher. Aujourd'hui, Charles sait ne plus risquer grand-chose. Il est assez vieux pour que les institutions lui fichent la paix. Pas Clint. Clint n'a que onze ans. Ils sont repérés, Clint retourne dans le système. Sans lui, cette fois.

Son frère ralentit considérablement l'allure quand il voit apparaître le lieu de résidence de Duquesne.

« On fait que se cacher. Dès qu'on peut, on rentre chez nous. »

Peu importe. Clint se fiche de ce qui est dit. Il ne croit plus les promesses qu'on lui fait. Les mots ne sont guère plus que ça : des mots. Ils ne valent rien. Ils ont un sens mais restent creux.

« Pas trop tôt, vous deux. » Siffle Buck quand ils arrivent.

Sitôt le peut-il, il attrape Clint et le tire à l'intérieur. Clint se prend les pieds dans l'encadrement de la porte et glapit de douleur. Il ne fait rien de plus. Il oublie la possibilité de se plaindre quand il repère madame Carson, debout dans un coin sombre de la caravane, une ride soucieuse sur le front. Il l'oublie d'autant plus quand entre Jacques.

« Je reste avec eux. Buck viendra nous chercher quand ça sera bon. »

Trickshot essaie de convaincre le Swordsman d'échanger leur rôle. Il est beaucoup plus patient avec Clint que l'est Jacques. Tout le monde le sait. C'est plutôt évident. L'air apeuré de Clint est une motivation plutôt bonne. Il a l'air si fragile et innocent à grelotter comme ça dans sa couverture. Tout le monde voit l'air alarmé du mioche et pourtant rien y fait. C'est Jacques qui va rester. Barney essaie de rassurer Clint.

Il n'y a pas que les promesses qui ont cessé de signifier quelque chose aux yeux de Clint. Il ne fait plus aussi confiance à son frère qu'autrefois.

Jacques, Charles et Clinton restent tapis, silencieux et seuls une petite heure avant que les choses commencent à se gâter. Hawkeye a du mal à rester si longtemps dans le noir et, pire encore, sans pouvoir bouger. Il a besoin de bouger. Il doit sortir d'ici. Ses jambes n'en peuvent plus. Il a des fourmis dans les pieds. Dans le bout des doigts aussi. Il s'agite.

« Barney. » Appelle-t-il, trop fort. Jacques lui donne une tape derrière la tête pour l'en réprimander. « BARNEY ! »

« Fais-le taire, Charles, ou je m'en charge. »

« Et comment ? Il fait noir, il voit rien. » Siffle Barney. Il essaie quand même.

Le plus vieux passe un bras autour de Clint pour lui signifier sa proximité. Peut-être que ça va marcher et qu'il va se rappeler pourquoi ils doivent rester là ? Ce n'est pas très efficace. Alors Barney tente autre chose, encore autre chose... et Clint bouge de plus en plus, l'appelle inquiet, lui demande s'ils peuvent sortir d'ici, signale qu'il étouffe ici. La réponse donnée à Hawkeye n'est jamais le « oui » escompté. Jacques, à côté, perd patience.

Le Swordsman attrape Clint par les cheveux. Aussitôt, l'enfant cesse de gigoter, gesticuler, respirer. Ça ne fait pas revenir Duquesne sur sa décision. Ils ont besoin de calmer le gosse, vite et bien. Il tend l'oreille, s'assure qu'ils sont bien seuls et, deux fois, claque la tête du plus petit contre le mur de derrière. Barney lui crie d'arrêter. Ils font plus de bruits que quand ils laissaient Clint parler.

Malgré le côté exiguë de leur cachette, Barney est sur le point de bondir sur Jacques pour lui faire payer. Il s'abstient. Pour ce soir. Il ne promet rien pour le lendemain. Il réceptionne à la place Clint, sonné. Il ne peut que deviner la silhouette qu'il a dans les bras ; c'est assez pour savoir qu'il ne va pas bien. Le regard hagard, Clint tourne la tête dans tous les sens. Pas longtemps. Barney finit par tirer son frère sur ses jambes et cale sa tête sur son épaule. Il remet bien la couverture sur le petit, l'enroulant notamment autour de ses pieds nus.

« Désolé, crevette. »

« Il est silencieux, au moins, maintenant. »

Barney donne un coup de pied dans la jambe de son vis-à-vis. Il ne le regrette même pas un peu.

« T'es un grand malade, Jacques ! C'est qu'un môme. Il a peur. Il sait pas ce qui se passe. J'ai dû le réveiller en pleine nuit pour qu'on aille se cacher. »

« C'est ma faute si ce Peter Qui-truc a disparu ? Non. J'ai bien assez à faire à essayer de sauver votre cul, à ton frère et toi, pour pas vouloir m'encombrer d'un troisième gamin. »

« En essayant de le tuer ? C'est comme ça que tu le protèges ? »

« Se cogner la tête a jamais tué personne. Et je t'ai pas vu ou entendu essayer de m'arrêter. Tu joues les offusqués sans jamais rien faire pour le protéger. » Jacques se moque. « Sauf après coup, pour te donner le beau rôle. »

« Ce n'est pas... »

« Voile-toi la face aussi longtemps que tu veux, Charles, mais tu ne vaux pas plus que moi. Tu n'as jamais valu mieux que moi. »

« Si. » Murmure Barney.

« Tu tenais tellement à rester que t'as accepté que deux parfaits inconnus apprennent à ton frère de sept ans comment tirer à l'arc. » Jacques secoue la tête. Il espère que Buck reviendra vite. Il doit supporter les Barton toute la journée, devoir en plus les avoir toute la nuit c'est trop lui demander.

« Ne rejette pas tes actions sur moi. C'est toi qui le bats et qui... »

« Alors dis-moi, Barney, pourquoi tu ne le protèges pas de moi ? Pourquoi vous êtes restés alors que Buck et moi avons clairement brisés chacune des promesses qui vous ont été faites à votre arrivée ? »

A cette question, Barney s'aperçoit qu'il n'a pas la réponse.


Lean On Me - - - Bill Withers


Fin du troisième chapitre (dans le prochain, deux nouveaux personnages arrivent !).

Si vous avez la moindre question (pour ce chapitre ou même pour plus tard, hein !), la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :) ! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !

J'ai une page facebook sur laquelle je poste une fois par jour une fanfic (souvent anglaise ; très souvent avec Clint) ; où je poste également de extraits d'OS à venir (il y en a une paire Avengers / AoS) ; éventuellement aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.

Je réponds aux reviews anonymes sur skatyskayt . wordpress . com

Skayt