Hello, hello

Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel !

Un gros gros merci Bleunvenn, qui a revu les premiers chapitres pour me donner son avis ! Je me suis tellement emballée pour CFJB que je n'étais plus vraiment (rd : plus du tout) objective. Un gros merci à chocobi6, à qui j'ai parlé pendant 1h au téléphone de cette fic et qui a lu tout le plan (et qui ne m'a pas tué malgré tout, donc ouais... merci à elle). Un énoooorme merci à LiliEhlm pour avoir, encore une fois, corrigé cette fic !


Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi : j'en pleure tous les soirs)


Chapitre 04 : How's It Going to Be

Juillet 1984

Tony ne tenait pas particulièrement à venir au cirque aujourd'hui. Surtout pas un cirque aussi pourri. Le numéro phare de ces gus est un numéro de tir à l'arc. De tir... à l'arc. Même pas une arme noble d'une période plus sage, plus civilisée ou il ne sait plus trop ce qu'ils disent dans Star Wars. Ces mecs ne sont pas au courant que ça fait littéralement trois cents ans qu'on a trouvé mieux ? Ou presque aussi longtemps.

Il traîne le pieds. Il sait qu'aussi chiant soit-il, Jarvis ne va pas leur faire faire demi-tour et rentrer plus tôt. Jarvis est un monstre froid et cruel. Et rempli de bonnes attentions. Ce qui ne fait que le rendre plus dangereux, en fait. Tony sait que peu importe ce qu'il fait, à quel point il râle et supplie, Edwin va s'en tenir au programme initial. Vraiment : peu importe ce qu'il fait, son propre père aura toujours su faire pire. Merci, papa, hein. Vraiment. Comment ce cher Howard veut-il que son fils apprenne à manipuler son monde et obtenir ce qu'il veut des gens s'il les rend imperméable à toutes tentatives avant ? C'est de la putain de triche. Il n'est pas un super-héros !

« Cesse ton cirque, Tony, veux-tu ? »

« Ce que je veux importe, maintenant ? »

« Ce que tu veux a toujours importé. » Soupire le premier, touché.

« Alors je continue mon cirque. » Tranche le jeune Stark.

« Alors je te laisserai ici. Au cirque. »

Tony a-t-il déjà dit qu'il déteste son père d'avoir aussi brillamment insensibilisé Jarvis ? Oui ? Ça reste de vigueur. Le plus jeune, sans totalement se départir de son air boudeur, avance un peu plus franchement. Il n'est pas certain que Jarvis puisse vraiment mettre sa menace à exécution mais il préfère ne pas tenter l'expérience. Surtout que Jarvis n'aurait rien à craindre de la part de ses parents.

Sa mère, peut-être... ouais, peut-être qu'elle lui en voudrait pendant deux jours (grand max). Pas son père. Grand dieu non, pas son père. Son père est plus du genre à hausser les épaules, cesser de fixer sa carte du monde deux brèves secondes (comme si, à force de la regarder comme il le fait, une croix rouge allait soudainement apparaître pour « Hey, vieux, Captain America est là ») et lui dire, las, « Tu as une bouche. Tu connais ton adresse. Tu aurais su rentrer. On fera ça la prochaine fois, tiens. Ça te rendra un peu plus autonome » ou une connerie du genre.

Seul Howard peut vraiment prédire ce que Howard va dire. Pas toujours. En fait, seul Jarvis semble pouvoir prédire ce que Howard va dire. Et tante Peggy, une fois sur deux.

Jarvis est un cyborg. C'est forcément ça. Ou un alien avec des super-pouvoirs.

« Ça va te faire du bien, changer un peu d'environnement. Changer d'air. »

« Ah ça, pour changer d'air... » Marmonne Tony alors qu'ils passent devant un groupe de fumeurs particulièrement bruyants. « Je sens bien la différence, oui. »

Edwin ne répond pas. Il ne s'attarde pas sur le ton aussi insolent que les mots et les manières. C'est précisément ce que Tony veut et il ne va pas rentrer dans son jeu. Le jeune Stark – en bon Stark qui se respecte – se détend encore un peu quand il voit deux gamins se battre entre deux roulottes. Enfin... un gamin et un jeune adulte. Le premier essaie d'éviter les coups du second puis, à la première occasion, escalade le grand pour aller se jucher sur ses épaules. Impressionné, Tony s'est stoppé pour les admirer. Jarvis n'est pas persuadé qu'il faille les admirer. Il n'a pas l'impression que c'est pour le spectacle.

Il commence à réviser son jugement quand le plus jeune enroule une jambe autour du cou de son adversaire, dont il agrippe les cheveux bruns d'une poigne ferme. Son autre pied se plaque contre son oreille. Le petit blond se laisse ensuite basculer sur le côté et... nope. Pas du spectacle. Le grand vient de lui mordre le mollet et le laisser violemment choir de son perchoir bien singulier. La rencontre avec le sol ne se fait pas. Le gamin, qui doit bien être un an et demi (deux ans ?) plus jeune que Tony, dirait Jarvis, se remet à l'endroit avec aisance et retombe sur ses pieds. Il trébuche, reculant d'un pas imprévu.

Les deux belligérants se regardent en chien de faïence. Le grand dit quelque chose, tout bas, qui fait bondir le petit. Ce dernier, et c'est une surprise, ne relance pas l'assaut et escalade plutôt la roulotte aux bandes pourpres (pourpre ? Ça a le don de changer des couleurs ordinaires) pour se tenir accroupi au bord, un arc dans les mains.

« Trop cool. » Souffle Tony.

Pas trop cool, pense Edwin. Vraiment « pas trop cool » comprend-il même quand il voit la vraie pointe qui se trouve en bout de flèche.

« Clint. Tu feras cette partie. Jacques ne te laisse pas le choix. » »

On secoue la tête.

« Si. Tu es prêt. Tu l'as déjà fait. Cesse de te comporter comme un bébé et comporte-toi comme un grand, merde. Ça te tuera pas, ça changera un peu et ça me fera des vacances. »

L'air insolent qui est pris par le Clint en question rappelle étrangement quelqu'un à Jarvis qui baisse les yeux vers celui qu'il accompagne. Tony se renfrogne et marmonne pour sa défense qu'il n'a rien à voir avec ça et qu'il n'irait jamais se percher au sommet d'une roulotte (ou n'importe quoi d'autre). Fort heureusement pour tous les occupants du manoir ; flamant rose inclus.

« Clint... »

Les mains de l'enfant – qui, vraiment, ne peut guère avoir plus de dix ans – s'agitent dans tous les sens. Quand elles s'arrêtent, c'est pour reprendre l'arc et faire en sorte qu'une flèche atterrisse pile entre les pieds de l'aîné. Ça commence à (re)devenir violent. Peut-être Jarvis devrait-il faire connaître leur présence ?

« Je ne vais pas louper. »

On roule des yeux. On ricane. On a un petit rictus. On n'y croit pas.

« Tu n'es pas meilleur que moi. »

« Jarvis ? C'est moi ou y en a qu'un qui parle ? »

« Fais exprès de ti-tirer dans la jambe, la dern'ère fois. » Reproche le petit, comme pour donner tort à Tony.

« Et je t'ai déjà dit que j'étais désolé. »

« Avant ou après avoir laissé Jacques cogner ma tête ? »

Jarvis fronce les sourcils. Tony essaie, lui, de comprendre cette alternance entre signes et oralité

« Tu faisais trop de bruit. » Ils ne doivent vraiment pas avoir remarqué qu'ils ont du public. « On aurait été repérés. Tu sais comment ça se serait fini. »

« Ç'aurait été mal ? T'es sûr ? » Demande-t-on sans attendre de réponse. Le débat est ici clos.

D'un salto, l'archer en herbe remet les pieds par terre après avoir lancé son matériel (associé à un dernier regardé effronté pour son locuteur). Il ramasse sa flèche en un éclair puis file à toutes jambes avec son carquois – démesurément grand une fois précipitamment passé en bandoulière sur son dos – et son arc qui, maintenant qu'Edwin le voit mieux, paraît être fait pour un gabarit plus grand que celui du gamin. Jarvis grimace quand l'enfant se prend les pied dans son matériel et trébuche avec fracas.

« Jarv' ? »

« Tout va bien, Tony. Tout va bien. »

« C'était pas du spectacle, hein... »

« Non. » Edwin a les sourcils froncés. Songeur, il ressasse ce que les deux se sont dit et ce que ça peut signifier. « Viens. On va aller s'installer. Ça va être l'heure de la représentation sous chapiteau. »

Tony acquiesce silencieusement. Clint lui a presque donné envie de le voir, ce numéro de tir. Presque. Il faut pas pousser. Ça reste naze comme arme, ça, l'arc. Côte à côte, Tony et Edwin se dirigent vers le chapiteau – d'une taille correcte et honorable mais pas impressionnant... et, surtout, loin d'être comblé – et prennent place. Ils sont bien placés, voient bien la piste et ce n'est pas plus mal.

Pour patienter en attendant que ça commence pour de vrai, Tony regarde autour de lui. Les cordes, le matériel encore rangé, les trapèzes. Il aperçoit une petite silhouette, toute de violet vêtue, en cochon pendu sur un de ceux-ci. Il le quitte à peine des yeux une minute, le temps de le dire à Jarvis pour qu'il regarde aussi, qu'il est en train de parcourir le fil d'Ariane. Il ne devrait pas être si rapide à le traverser... mais peut-être la corde tendue juste au-dessus sert-elle à ça : s'y tenir pour ne pas chuter. Le fils Stark jette un regard en biais à son voisin. Il le regarde plus fixement quand il voit son air soucieux. Les rides sur le front, les lèvres pincées et les yeux inquiets, lui aussi à l'air de trouver ça dangereux.

« Ça va, Jarvis ? »

« Oui, oui. » S'empresse-t-il de dire, sans réussir à dissimuler le « non, non » sous-jacent..

« Tu penses qu'il va faire un numéro pour de vrai ? »

Oui, Jarvis le pense. C'est ça le problème. C'est du moins le problème jusqu'à ce qu'il aperçoive en coulisse, au travers les rideaux mal tirés, le même gamin, toujours, tête baissée, yeux au sol, après s'être pris un coup à l'arrière du crâne. Tony lui prend le poignet. Il sait que Jarvis sait rester calme (il côtoie Howard depuis assez longtemps et à très forte dose ; personne n'avait encore survécu à une exposition de cette intensité et de cette durée). Il sait aussi qu'on ne touche pas aux enfants, que c'est un sujet, au mieux, sensible pour les Jarvis, et que ça commence à faire beaucoup.

« Tu vas aller le voir après ? »

« On verra le temps qu'il nous reste alors, d'accord ? »

Après un premier numéro de jonglage à plusieurs, juchés sur des monocycles ou des rouleaux américains, le gosse, Clint, arrive sur scène. Edwin comme Tony, et une partie du public, se redressent et le suivent des yeux. Sans doute pas pour les mêmes raisons. Quand Clint se place devant la cible et qu'il y est attaché, son rôle devient évident. Prévisible également. Jarvis serre les dents et Tony peut dire que ça ne va plus du tout dépendre du temps qu'il leur reste et qu'ils iront carrément voir l'autre à la fin du spectacle.

Avant ? C'est possible aussi. Jarvis a vraiment l'air à cran.

L'homme, d'une vingtaine d'années – même pas, son costume le fait paraître plus âgé que tantôt, quand ils l'ont vu dehors – qui arrive est celui avec qui Clint a eu son différend. Il commence à tirer, flèche après flèche. Un certain Buck (juste Buck, ce qui est plutôt nul) lance en même temps des poignards.

Flèches comme poignards volent. Toujours, ils donnent l'impression qu'ils vont toucher Clint. Manquent parfois le frôler sans que jamais ça n'arrive. Pas une seule fois, le gosse sursaute ou tourne la tête pour voir où ça s'est fiché. Il ne cherche pas non plus à regarder le public qui souffle à chaque lancé. Rien. Même quand les projectiles se plantent à quelques ridicules millimètres de ses oreilles. Sa confiance est totale.

Ça ou il sait ce qui se passe si elle ne l'est pas.

Un troisième arrive après Buck et son acolyte. Jacques Duquesne le présente-t-on, comme si son nom signifie quelque chose. Jacques, à son tour, tire une flèche sur le manche de chaque couteau enfoncé. Chaque fois, la lame de l'arme blanche se rétracte alors et tombe au sol. Jarvis, Tony, tout comme le reste du public, sont obligés d'être impressionnés par la précision. Le premier est juste également dérangé par ce qui se passe.

Les arcs reviennent trois numéros plus tard. Ils connaissent leur force, à Carson. Gare à ne pas en abuser au risque de devenir lourds et perdre en intérêt. Une seconde fois, le gosse est là. Il semble ne plus pouvoir sortir de leur champ de vision. Être partout où est leur regard. Et quelle est donc la qualité de ce cirque où plusieurs de leurs numéros ont besoin, pour être bons, de l'intervention d'un enfant de neuf ans ?

Armé du même arc que celui dans lequel il s'est pris les pieds, Clint (présenté en tant que Amazing Hawkeye) va au centre de la piste. Les adultes alentours sourient déjà. Malgré le nom, ils croient venu un numéro comique... ou mignon pour attirer la sympathie. Tout le monde aime les enfants, étrangement.

Il se trouve qu'il en est tout autre quand une pomme placée au-dessus des gradins explose sous l'impact d'une flèche qu'ils n'ont même pas vu être tirée. Ils le comprennent d'autant plus quand c'est une assiette en vol qui vole en éclat. Au moment où Clint perd pied, attaché à un harnais qu'ils ont aussi manqué, et fait passer sa flèche à travers la lucarne dans le chapiteau, Jarvis cesse de suivre. Il se demande, et continue de s'inquiéter, comment, à un si jeune âge, on peut atteindre ce niveau.

« Y a un truc. » Explique Tony à son voisin. « Comme avec les magiciens, c'est un tour de magie et la vraie magie c'est qu'on ne sait pas que c'est un numéro de magie. Tout le monde sait que la magie, c'est truqué. Alors que là, bah... on y croit carrément. Mais c'est de la magie. Et ça paraît magique car on sait pas que c'est magique. »

« Ce n'est pas magique, Anthony. »

« Bien sûr. Ça en est forcém- »

Edwin est debout, veston en main, et fait signe à Tony de l'imiter sans tarder. Ce qu'il fait. Le numéro vient de s'achever après qu'il a tiré une flèche qui a rebondi deux fois pour aller pile au centre de la cible. Les applaudissements fusent alors que Jarvis peste après ces gens qui ne repèrent pas un enfant maltraité et exploité alors qu'il parade juste sous leurs yeux.

« Ed ? » S'inquiète Tony en voyant l'état du majordome, dont les mains tremblent. « Ça va ou faut que j'aille chercher de l'aide ? »

Jarvis ferme les yeux. Il prend cinq grandes inspirations puis son habituel air paré à toutes épreuves est de retour. Tony le préfère, tout compte fait. Jarvis est la personne stable de son existence. La personne stable de son existence se doit de rester une personne stable. C'est la règle.

« Tony. Tu es bien conscient de ce que tu as vu, n'est-ce pas ? »

« Ouais. Il est meilleur que Robin des bois. Si Robin des bois existait. » Il réfléchit. « Il me semble que son existence est en train d'être prouvée. Ou l'a été. Tu savais qu'il y avait vraiment eu quelqu'un qui s'appelait comme ça ? Enfin... presque comme ça, quoi. Sauf que c'était pas un renard. Et qu'en fait, tout son mythe a été romancé. C'était plus un criminel, il me semble. Un peu comme Jésus mais Jésus était pas un criminel. »

Le majordome attend que Tony prenne, seul, conscience de ce qu'il est en train de faire. Avant, il l'aurait repris mais il préfère, et Maria est d'accord avec lui (Howard a juste vaguement agité la main dans leur direction donc... il doit l'être lui aussi) que Tony se rende compte par lui même qu'il babille.

« Euh... désolé ? » Grimace le petit.

Jarvis sourit. Il pose une main sur l'épaule d'Anthony et lui désigne l'espace entre deux roulottes. Il y a de l'agitation, par là-bas. Il espère y trouver Clint. Il espère ne pas le trouver aussi.

« Jarv ? Si y se passe un truc, on fait quoi ? Tu fais quoi ? »

« Pas la moindre idée. »

Tony hoche la tête. « Ça me rassure. Parce que c'est sûr qu'il se passe un truc, tu vois ? »

Edwin déglutit. « Reste ici, Tony. Tu ne bouges pas. »

« Et si j'ai besoin de m'appuyer sur l'autre pied ? Si mon nez me grattouille ? Si y a un incendie et que je dois bouger pour m'éloigner du feu sinon je meurs ? Si... »

« Tu ne bouges que si c'est une question de vie ou de mort. »

« Et si j'ai moooortellement envie d'une barbapapa ? » Tente-t-il. Le regard noir qu'il reçoit est clair. « OK. Je voulais juste être sûr qu'on était sur la même longue d'onde. »

Jarvis roule des yeux. Tony dans toute sa splendeur, y a franchement pas à dire. Le pas pressé, il se dirige vers les fameuses roulottes qui semblent dissimuler quelqu'un. Plusieurs quelqu'un.

« Tirer sur Barney ! Après tout ce qu'il a fait pour toi. Tu te prends pour qui, p'tit merdeux ? » Crache Jacques alors que sa main s'écrase sur la joue de Clint qui tombe au sol. Ses yeux s'humidifient de suite. L'adulte roule des yeux, à cran et pas d'humeur à ça, et se tourne vers son collègue. « Buck ? Un peu de soutien ? »

« J'suis Suisse, moi. » Marmonne le lanceur de couteau, occupé à vérifier un tas de flèches et les trier. « Et me fais pas perdre mon temps. Je dois trier tout ça pour mon prochain numéro. »

« J'avais chargé Hawk de le faire. » Il baisse les yeux vers Clint, qui ne s'est pas relevé, et shoote dans son bassin. « Je t'avais chargé de le faire. »

« Il regarde pas. » Soupire Buck, pour l'arrêter. « Et l'amoche pas dans des endroits trop visibles, tu veux. »

Jacques paraît excédé. Il rentre dans une roulotte – la sienne, très certainement. Buck en profite pour se redresser et aller à la rencontre de Clint. Recroquevillé, l'enfant essaie de cacher ses pleurs. Barney dit toujours qu'il est trop grand pour ça, que personne n'aime les garçons qui pleurent car un garçon ne pleure pas, que chaque coup reçu est un coup mérité et que peut-être que papa avait raison, tu es idiot, Clint. Il essaie de se défiler quand Buck approche. L'homme insiste pourtant et relève le menton de Clint pour l'obliger à le regarder.

La grimace de Buck est véritable quand il voit ce que l'anneau porté par Jacques a fait au visage du gamin. Il tire sur le col du T-shirt du blondinet et s'en sert pour essuyer les gouttes de sang sur sa joue.

« Il t'a demandé de trier les flèches ? »

Hochement de tête. Positif.

« Et tu l'as fait ? »

Nouvel hochement de tête. Toujours positif.

On apprend vite à ne pas contrarier Jacques et faire tout ce qu'il exige.

« Tu as fait de ton mieux ? »

Toujours ces « oui » de la tête.

Buck ne continue pas ses questions en oui/non. Jacques est ressorti, une épée en main (Swordsman, son nom de scène, prend sens). La marche impériale, il va au niveau de ses deux collègues, quand bien même l'un d'entre eux n'a-t-il même pas encore atteint sa première dizaine. Il place le bout de son épée sous le menton de Clint et l'oblige à tourner la tête vers lui.

« Regarde attentivement. » Ordonne-t-il. « Tu n'auras rien tant que tu n'auras pas rangé les flèches. Repas, couverture, tout le confort est retiré tant que tu n'auras pas travaillé pour les mériter. Et tu seras de corvée pour le mois. »

« Jacques, j'ai presque fini de trier. » Plaide Buck. « Je verrai avec lui après le spectacle. Tu as refusé qu'on lui enseigne autre chose que le tire et les arts mar- »

« Et ? »

« Lire, Jacques. Il doit lire pour trier. »

L'épéiste se tourne. Ce n'est pas fini. Il éparpille toutes les flèches truquées de Buck qui bondit sur ses pieds, furax. Il a besoin de tout ça pour son numéro ! Des flèches et de Clint. Il va déjà devoir se passer du gamin – merci le stupide tempérament de Jacques – il ne peut pas en plus faire l'impasse sur son matériel.

« On apprend à déchiffrer les lettres à l'école élémentaire. Qu'il déchiffre. » Il retourne vers Clint, remet son épée sous son menton, et commence à faire glisser la lame le long de sa mâchoire. Quand une légère trace rouge apparaît, Jarvis arrive aussi.

« Non mais vous êtes malade ! » S'écrie-t-il en se précipitant. Il retient le poignet de Duquesne. Le Swordsman est plus surpris par cette apparition soudaine qu'incapable de poursuivre sur sa lancée.

Edwin baisse les yeux et lâche Jacques quand il voit les yeux grands ouverts de Clint. Le gosse est choqué que quelqu'un se soit levé pour lui. Barney a cessé de se soucier il y a longtemps. Buck prend sa défense à l'occasion, mais Jacques finit toujours par obtenir ce qu'il veut. Jarvis fond immédiatement devant la petite bouille meurtrie. Il fait pour passer un bras autour de ses épaules, pour l'étreindre, le réconforter et le rassurer, mais Clint se défile. Il s'enfuie à toutes jambes. Il n'a pas oublié l'arc et le carquois plein de flèches près de lui.

« Chaque jour qui passe empire ce gosse, Buck. Je vais finir par l'attacher pour qu'il comprenne. »


How's It Going to Be - - - Third Eye Blind


Fin du quatrième chapitre.

Si vous avez la moindre question (pour ce chapitre ou même pour plus tard, hein !), la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :) ! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !

J'ai une page facebook sur laquelle je poste une fois par jour une fanfic (souvent anglaise ; très souvent avec Clint) ; où je poste également de extraits d'OS à venir (il y en a une paire Avengers / AoS) ; éventuellement aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.

Je réponds aux reviews anonymes sur skatyskayt . wordpress . com

Skayt