Hello, hello

Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel !

Un gros gros merci Bleunvenn, qui a revu les premiers chapitres pour me donner son avis ! Je me suis tellement emballée pour CFJB que je n'étais plus vraiment (rd : plus du tout) objective. Un gros merci à chocobi6, à qui j'ai parlé pendant 1h au téléphone de cette fic et qui a lu tout le plan (et qui ne m'a pas tué malgré tout, donc ouais... merci à elle). Un énoooorme merci à LiliEhlm pour avoir, encore une fois, corrigé cette fic !


Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi : j'en pleure tous les soirs)


Chapitre 05 : Tout seul

Juillet 1984

« Jacques... stop. » Soupire Buck ; aveugle face à l'air scandalisé de l'intrus qu'est Jarvis dans leur petite scène. « Viens m'aider à trier tout ça avant le... »

« C'est à Hawkeye que j'ai demandé de le faire. Il vient de partir et tu m'empêches d'aller le récupérer. »

« Et c'est à toi que je le demande. » Siffle le premier. » A moins que tu veuilles que j'explique qu'en plus de m'avoir privé de Hawk pour le numéro, tu es responsable du désordre dans les flèches que je venais de trier car tu as confié à Clint leur rangement, sachant qu'il n'en serait pas capable. Que tu es encore... »

« Pas un mot de plus. » L'arrête à son tour Duquesne en désignant Jarvis d'un signe de tête peu flatteur.

« Alors ne t'avise plus jamais de confier à Clint mes flèches. » Menace Buck. « Jamais. Et je lui ferai passer le message. Si tu lui demandes, il devra immédiatement me prévenir. »

« Ce n'est pas avec des caresses qu'on dresse un chien. »

« Mais ce n'est pas un chien ! C'est un gamin ! »

Les deux forains, trop occupés à reprendre leur querelle là où elle ne s'est jamais vraiment stoppée, ne remarquent pas le départ du visiteur intrusif, reparti à la recherche de Clint. Reparti, aussi, récupérer Tony.

« Alors ? »

« Pas maintenant, Tony. »

« Jarvis. » Insiste-t-il pourtant (parce qu'il insiste forcément).

« Dès que je t'ai déposé au manoir, je file au commissariat. »

« Qu'est-ce qui se passe ? » S'inquiète le jeune Stark.

L'air pressé d'Edwin inquiète beaucoup Tony. Ce n'est pas des paroles en l'air et dépourvues de leur sens, quand il dit que Jarvis est la personne la plus fiable et la plus rassurante de son existence. Là, pourtant, Jarvis ne le rassure pas du tout, à ne pas vouloir répondre à ses questions et lui parler d'aller au commissariat. Ils ne quittent pas le cirque pour autant mais n'en profitent plus. Ils n'en profitaient déjà pas beaucoup avant, avec Tony qui voulait une chose : mettre les voiles... ils réussissent quand même à en profiter encore moins.

Ils arpentent, au hasard, les allées de fortunes, qui ne vont exister que l'espace de quelques jours – quelques semaines tout au plus. Edwin et Tony ne regardent rien et ils regardent pourtant tout. Le premier cherche quelque chose. Quelqu'un. Il cherche le gamin. Hawkeye. Clint.

Bien sûr, maintenant qu'ils veulent tomber sur lui, c'est le moment où ils ne vont plus le trouver et systématiquement l'apercevoir au bout d'une allée.

« Qu'est-ce qui se passe, Jarvis ? »

« C'est pire que ce que je pensais. »

Tony lève les sourcils. Il s'entraîne devant le miroir pour finir, un jour, il espère, à n'en lever plus qu'un. Faute d'en être déjà capable, il lève les deux.

« Pire ? »

« Pire. Et non, je ne t'en dirai pas plus. Tu n'as que onze ans, Tony, souviens-t'en. »

« Mais j'ai déjà... »

« Vos prouesses en électronique et votre remarquable avance à l'école ne vous rendent pas mentalement plus mature et capable d'entendre toutes les vérités, Anthony. » Tony a les yeux ronds. Jarvis repasse au vouvoiement seulement quand il est vraiment contrarié et ne se rend pas compte de ce qu'il fait. « Même un adulte n'est pas prêt à tout entendre et tout voir, n'oublie jamais ça, Tony. »

Ouais. C'est nettement mieux sur la fin. Mais pas franchement plus rassurant pour autant.

« Tu dis toujours que quand on cherche quelque chose, c'est quand on arrête de le chercher qu'on le trouve. C'est peut-être pareil avec les gens. »

Jarvis sourit tristement. Il n'a plus le cœur à profiter de cette sortie à laquelle il tenait tant. Venir ici était une erreur monumentale. Le majordome s'en veut de penser de la sorte. Qu'importe le fiasco de cette sortie, il va essayer de faire quitter cet enfer au gamin. Personne ne doit vivre comme ça. Ce n'est pas une vie que d'avoir peur de ceux qui nous entourent.

« Tu veux rester encore un peu ou tu veux rentrer ? » Soupire Edwin. S'ils restent, ils trouveront peut-être le petit Clint sans le chercher. S'ils partent, la police sera alertée plus tôt et interviendra peut-être aujourd'hui. Les deux possibilités lui plaisent malgré leurs imperfections.

« Honnêtement ? Cassons-nous d'ici. C'est la mort. »

« Langage, Tony. »

« Papa parle toujours comme ça. » Râle Tony. Il jette un regard en biais à l'adulte à côté. « Ouais. J'sais. P'pa c'est pas une référence, ni en terme de vocabulaire qu'en terme de mauvaises habitudes à la con. » Jarvis fait claquer sa langue contre son palais. « Pardon. »

L'adulte qui l'accompagne sourit. Laisser Tony se rendre compte par lui-même, jusqu'à présent, fonctionne au-delà de toutes ses espérances. Bon, OK, parfois il le reprend quand même ou lui fait comprendre mais ce n'est plus systématique. Reste encore à voir, sur le long terme, si ça durera ou disparaîtra tout simplement.

Côte à côte, ils marchent sur le parking. Tony est celui qui les dirige, ayant le mieux retenu où ils sont garés. De toute façon, Edwin a la tête ailleurs. Il pense être discret, alors qu'il ne l'est pas, et continue de regarder dans tous les sens. Il n'abandonne pas l'idée de trouver Clint, on dirait.

« Euh... Jarv' ? » Appelle Tony, tendu, alors qu'Edwin ouvre la voiture.

« Anthony ? »

Le petit Stark, plutôt qu'user de mots, préfère se tourner vers la Citroën BX défoncée qui fait un peu tache près de la voiture de Jarvis (et encore, Edwin a refusé de céder à Tony qui voulait à tout prix prendre la Gran Torino). Curieux, le majordome fait de même. Ses lèvres s'étirent vers le haut lorsqu'il repère l'objet de l'attention de Tony.

C'est quand on ne cherche plus...

Accroupi derrière la Citroën qui a connu de bien meilleurs jours, Clint les regarde avec envie. L'adulte souffle à Tony d'aller l'attendre dans la voiture avant de s'avancer pour chercher Hawkeye.

« Tu t'appelles Clint, c'est ça ? »

Les yeux plissés, Clint répond d'un signe de tête.

« Moi c'est Edwin. »

« C'est le meilleur du monde. C'est un super-héros. Genre Captain America mais en mieux. » Termine Tony à toute allure.

Jarvis le regarde, touché par la comparaison, mais agacé de ne pas avoir été écouté. Les poings sur les hanches, réprobateur, il fixe le fils Stark. « Il me semble t'avoir demandé de m'attendre dans... »

« Ouais, ouais. Mais j'ai pas dit oui. » Fait remarquer le plus jeune, fier.

Sa prise de parole précédente a intrigué Clint. Il n'a pas saisi tous les mots, le débit de parole était beaucoup trop rapide. Il en a compris quelques-uns. De son sac rempli à la va-vite, Clint sort une gourde Captain America dont les couleurs commencent à passer à force d'être lavée.

« Oh. » Sourit Tony en approchant. « J'ai la même. » Clint la lui met dans les mains donc l'autre se tourne vers Edwin, tout sourire. « Regarde, Jarv'. J'ai la même. »

Jarvis confirme. Il ne comprend pas Tony. D'ordinaire, Tony ne va pas vers les gens, même s'ils sont plus jeunes et plus petits que lui. Il déteste les enfants de son âge encore plus qu'il déteste les adultes et l'autorité qu'ils représentent, c'est dire. D'ordinaire, aussi, Tony ne prend pas les objets des mains des personnes en qui il n'a pas placé son entière confiance. Il est une de ces rares personnes. Ana et Maria dépendent de son humeur. Howard, il n'y a rien à faire ; encore que Howard a remarqué la tendance de Tony a ne pas prendre les objets donc évite aussi d'essayer de lui donner directement quelque chose donc ça peut être faussé. Peggy, ça varie. Daniel a de la chance, lui aussi, mais en profite rarement. Maria n'aime pas quand son fils prend un objet des mains de Daniel alors qu'il vient de refuser de le faire avec elle.

« Ça fait mal ? » Veut savoir Tony en désignant les blessures sur le visage de l'autre. Edwin sait que Tony sait. Lors de la représentation, les traces de coups n'étaient pas là. Il a forcément déduit ce que le majordome a vu. « Viens avec nous. »

« Euh... Anthony ? » Toussote Jarvis.

Les sourcils levés, stupéfait par la spontanéité de l'offre alors qu'il n'a rien demandé et encore moins proposé, Clint remonte son sac sur son épaule et recule d'un pas, prudent. On n'a jamais rien sans rien.

Il est retourné dans leur roulotte, à Barney et lui, sitôt a-t-il pu fausser compagnie à Buck et Jacques. Il a pris quelques unes de ses affaires et, en vrac, les a fourrées dans son vieux, très vieux sac de cours. Les fermetures commencent à ne plus rien fermer et il prend l'eau quand il pleut vraiment beaucoup mais il n'a pas mieux en réserve. Barney s'assure qu'il n'a pas mieux. Malgré ça, ça ne l'a pas empêché d'aller piquer un des sweats de son frère aîné. Peu importe ce qui lui arrive, ça ne sera pas pire qu'ici ; ou peut-être que si... le cirque ne devait pas être pire que le foyer qui, lui, était à peine mieux que la maison.

« Tony, tu... »

« Il nous a suivis jusqu'à la voiture et il a un sac plein de trucs. Il veut venir. On le ramène à la maison et... tout est bien qui finit bien. »

« On ne peut pas. Ce serait un enlèvement. »

« T'es sûr ? Même s'il est d'accord ? » S'étonne Tony.

« Oui. Même s'il est d'accord. »

Le fils de Howard pince les lèvres. Comme son père, il n'est pas fan des situations qui ne vont pas dans son sens.

« Et si on l'amène aux flics... »

« La police. » Corrige machinalement Jarvis.

« La police. » Tony roule des yeux. « Et qu'on leur raconte tout, que tu dis que tu les as vus le battre et tout... on peut le ramener après ? »

« Nous ne parlons pas d'un chiot ou d'un lapereau. » L'enfant tique et demande en marmonnant pourquoi un lapereau et pas un chaton. « On ne le ramène pas, on ne le garde pas. »

« Pourquoi ? Tu veux pas le garder ? »

Clint recule d'un pas. Le nez baissé, il triture avec nervosité certaines plaies plus anciennes qu'il a aux bras. Il est si nerveux et à bout de nerfs qu'il en retire les croûtes et laisse saigner. Il l'essuie dans son T-shirt seulement quand il n'a plus le choix. Encore une fois, Clint remet bien son sac à dos sur son épaule. Encore encore une fois, il recule d'un pas.

« Alors juste les flics, la police. » Tony se reprend tout de suite. « Mais... »

« Clint ? » Appelle Jarvis. Les yeux du gamin le fixent tellement qu'il en est mal à l'aise. « Si tu viens avec nous, on va aller à la police pour dire tout ce qu'ils t'ont fait ici. »

L'enfant secoue la tête. Il refuse.

« Ce qu'on te fait n'est pas normal. » Clint acquiesce. Jarvis est soulagé. Au moins il le sait. « Alors pourquoi tu ne veux pas les dénoncer ? »

« Sauvé. »

« Ils t'ont sauvé ? » Demande Tony. Hawkeye se tourne vers lui avec intérêt. « C'est ça ? »

On ne répond pas à la question d'Anthony. C'est de nouveau Jarvis qui capte toute son attention.

« On verra là-bas, pour ce que tu veux dire. Tu ne peux pas rester ici. » L'autre secoue la tête. Il est conscient de ça aussi. Il l'est vraiment car il désigne son sac à Jarvis. Tony ricane. « Tu iras certainement dans un foyer quelques temps mais... »

Le regard d'effroi est terrible à regarder. Clint recule encore de plusieurs pas. Ils commencent à franchement s'éloigner de leur véhicule, là.

« Ce n'est pas comme à la télé. » Relativise Jarvis.

On hoche pourtant la tête de bas en haut. « Pire. »

Les épaules de l'adulte s'affaissent. Les différentes pièces du puzzle viennent, il pense, de s'imbriquer. Il déteste ce que cela implique.

« Ils t'ont sauvé du foyer. »

Edwin lève les yeux au ciel. Il serre les poings et prend sur lui pour ne pas craquer lorsque le petit père confirme une fois de plus d'un signe de tête. Il n'a même pas dix ans, merde ! Comment un gamin peut se retrouver dans une situation aussi merdique si jeune ?

« Jarv ? »

« Tony ? » Souffle-t-il, désemparé.

« On avise là-bas ? T'façon, je pense pas qu'il y ait de choix à faire, t'sais. Ça dépend pas de toi. »

Dieu qu'il veut que ce soit le cas. Qu'il veut pouvoir assurer au gosse que tout ira bien et qu'il ne va pas se retrouver là où il ne faut pas. À aucun moment, pourtant, il n'est décideur dans cette affaire. Clint le regarde ; les regarde ; comme s'ils étaient la solution à tous ses problèmes alors que lui a surtout l'impression de lui en créer de nouveaux.

« Il n'y aura pas de retour possible. » Le prévient Jarvis en s'approchant lentement. Il plaque son mouchoir sur les plaies sanglantes. Il attrape doucement la petite main, dont le propriétaire le regarde avec peur, et la fait le remplacer. Clint regarde le E.J brodé dessus avec émerveillement. « Donne-moi ça. » Sourit-il en attrapant la poignée du sac que Clint lui cède.

o o o

Tony n'est pas la patience incarnée. Même sans viser l'incarnation, la patience et lui restent diamétralement opposés. Rester en place n'est pas son fort. Rester silencieux non plus. Il a besoin de s'occuper l'esprit ou il n'aura de cesse ce gigoter. Jarvis est partagé entre un Clint exceptionnellement calme et immobile – trop pour son âge – et un Tony, la puce surexcitée qui va dans tous les sens et essaie de toucher à tout. Il a reçu une paire de regards tantôt amusés, tantôt agacés suite aux frasques de Tony ; qui a notamment essayé de bricoler une machine à écrire laissée sans surveillance quelques courtes minutes.

Ils ne savent pas la chance qu'ils ont de ne pas avoir le père en face d'eux, en prime. Les Stark ne tiennent pas en place. Jamais. Peu importe lequel.

« Tony. Revient t'asseoir. »

« On nous a oubliés. Je suis sûr qu'on nous a oubliés. »

« Difficile de nous oublier. Tu sautes et gesticules tout le temps. »

« Soit je bouge tout le temps, soit je parle tout le temps. Tu choisis. Tu préfères quoi ? »

Choix cornélien que celui que Tony lui demande de faire. Dans un soupir résigné, Edwin sort un calepin et un stylo de la poche intérieure de sa veste de costume, ignore le « t'es Mary Poppins, en fait » d'un Tony moqueur, et commence à écrire dessus. Le fils de Howard gigote (pas de surprise à ça) pour lire par-dessus son épaule mais n'y arrive pas. Au bout de sept minutes, Jarvis lui tend le carnet ; pas le stylo. Il lui demande de résoudre ces calculs sans les poser, juste de tête.

« Merci ! » Se réjouit Tony.

Il se retrouve rapidement en tailleur entre Jarvis et un autre individu qu'il ne connaît et ne veut franchement pas connaître. Tony réfléchit, calcule. Il pense arriver à la solution puis s'aperçoit qu'il a oublié de compter une racine carrée et que ça foire tout, forcément. Clint, de l'autre côté du majordome, a le dos contre l'accoudoir et regarde vers son voisin et le voisin de son voisin. Il ne comprend pas le lien qui les unit, tous les deux. Ils ne se ressemblent absolument pas. Il lui semble impossible que l'homme au costume puisse être le père de celui qui bouge tout le temps.

« Monsieur Jarvis ? »

« Mais naaaan. » Gémit Tony. « J'y étais presque, j'ai tout perdu, là. Je peux avoir un stylo, Jarv' ? »

« Non. » Sourit le majordome. Il regarde Clint sauter du banc et chercher son sac à dos des yeux. Quand il le trouve dans les mains de Jarvis, de nouveau, il sourit timidement avant de baisser les yeux et rentrer la tête dans les épaules. Une main se pose dessus et la frotte, comme pour lui donner du courage.

Du courage, il lui en faut. Pour suivre tout ce que lui demande le policier, ce que dit parfois Jarvis, ce qu'ajoute Tony ; avant de retourner à ses calculs. Quand Clint donne son nom (il espère que c'est bien ce qu'on lui demande... mais il ne fait plus beaucoup d'erreur de lecture labiale donc ça doit être ça), il ne rate pas le choc sur le visage des deux adultes quand son dossier est trouvé. L'un car Clinton Francis Barton est porté disparu depuis le dix-neuf mars mille neuf cent quatre vingt un ; avec son frère aîné, Charles. L'autre pour cette même raison mais aussi parce que ça veut dire que le petit blond, qu'il s'imaginait deux années plus jeune que Tony, s'avère être deux mois (ce n'est rien, deux mois, maintenant) plus âgé. Edwin regarde le visage abîmé de Clint avec davantage de tristesse encore.

Quand viennent les inévitables questions sur ce qui lui est arrivé depuis sa disparition du foyer, Clint se braque et refuse net de répondre. L'agent n'insiste pas. Un assistant social va venir parler avec lui et, ils l'espèrent tous, lui fera mettre des mots sur ce qu'il a traversé. Son corps en dit déjà assez.

« Quelqu'un va venir pour toi, Clinton, d'accord ? On t'emmènera dans un foyer avec plein d'autres enfants de ton âge. Il y aura aussi des adultes mais ils sont gentils. Ils seront là pour t'écouter, à toute heure du jour ou de la nuit. Tu pourras tout leur dire, tout ce que tu veux. »

Clint regarde Jarvis. Il zyeute aussi Tony qui continue ses calculs. Maintenant qu'il a tout terminé, il a pu noter les résultats et s'amuse à les vérifier puis à les associer et se créer de nouveaux exercices. Il a cependant sa tête sur l'épaule de Clint et joue machinalement avec les doigts de l'archer. Peu habitué à être touché pour autre chose que des coups et, dans le cas contraire, par d'autres que Barney ou Buck, il ne sait pas quoi faire pour s'en défaire. Il ne sait pas s'il veut s'en défaire.

« … par contre. » A continué l'agent, qui ne sait pas que Clint a perdu une partie. « Je suis désolé. »

Le blond fronce les sourcils. « Quoi ? »

« Ton arc. Tu ne peux pas le garder, Clinton. C'est trop dangereux. Tu sais très bien t'en servir, à ce qu'on me dit, mais c'est contre les règles. »

Sans tergiverser, Clint saute du siège. Tony grogne d'être ainsi déplacé, sans prévenir, et ne comprend pas pourquoi Clint est en train de courir vers la sortie, son arc dans une main et son sac déjà sur l'épaule. Il ne comprend pas mais il suit le mouvement et court à sa poursuite. Et Jarvis leur court après, lui court après, le sommant de s'arrêter sur le champ. Et l'agent termine cette course poursuite digne d'un cartoon.

Anthony rattrape finalement Clint quand ce dernier trébuche sur une poubelle et s'étale de tout son long dans l'entrée du commissariat. Il est en train de se lever quand Tony lui met la main dessus, le fait sursauter.

« T'en vas pas. T'irais où, hein ? »

L'air suffisant de Clint, qui tient son arc d'une main ferme et serre de toutes ses forces son sac de retour sur son épaule, lui dit que peu importe où il va aller, il n'a pas peur de ce qui peut se passer. Qu'il va faire ce qu'il pense devoir faire et si ça veut dire mettre les voiles pour fuir une fois de plus... alors pas de problème. Il n'est plus à ça près.

Jarvis arrive juste après. Essoufflé, il gronde Tony pour être parti comme ça. Le concerné a étrangement la décence de paraître en être navré. Les deux adultes regardent Clint qui les dévisage aussi, l'air en colère.

« Clinton, tu ne peux pas partir comme ça. C'est dangereux. » Lui dit l'agent, sèchement (en tout cas, ça l'est aux yeux de Tony qui n'aurait pas aimé qu'on lui parle comme ça mais un coup d'œil vers Jarvis le dissuade de dire quoi que ce soit). « Et ce n'est pas moi qui fais les règles. »

« Et si nous on gardait l'arc ? » Propose Anthony, fier de lui. « On aura qu'à lui redonner quand il viendra au manoir. »

Edwin abandonne l'idée de faire comprendre à Tony qu'ils ne vont pas ramener Clint au manoir seulement parce que Tony le souhaite. Tony a l'ouïe très sélective et n'entend et retient que ce qui l'arrange. Un gamin normal, en somme. L'agent de police reste près du petit groupe. Estomaqué, un peu perdu aussi, il regarde l'enfant aux cheveux noirs. Le choix des mots le laisse pantois. Manoir ? Vraiment ? Ce n'est pas un petit peu... abusé ?

« Parce qu'il va rester dans un foyer que quelques jours, hein ? Le temps que tu remplisses tous les papiers à la con et... »

« Langage. » Toussote Jarvis.

« Que les papiers soient signés et remplis. Remplis puis signés. Edwin ? C'est juste pour quelques jours, hein ? »

« Il... ça n'est pas que ça, Tony. Il faudrait que j'en parle à Ana avant. Que vos parents soient d'accords aussi, vu que l'on reste au manoir. Que les enquêtes pour voir si le foyer est stable pour accueillir un enfant soient faites. Que la situation de Clint le lui permette aussi. Il a disparu pendant quatre ans, Tony. »

« Parce qu'il voulait pas rester dans son foyer. S'il se barre à sept ans, à onze il finit au Guatemala pour le fuir, hein, pas de soucis. »

Clint n'intervient pas. Il les laisse parler de lui, de ce qui va lui arriver, comme s'il n'est pas juste à côté ; comme s'il a l'habitude que les décisions importantes, y compris les décisions importantes qui le concernent plus que directement, soient prises sans le concerter ; comme si son avis jamais ne compte. Ses mains triturent son arc, il joue avec la corde, le fait tourner et tourner. Il observe les imperfections du plafond, l'homme au fond qui essaie de se débarrasser de ses menottes (il n'y arrivera jamais s'il s'y prend comme ça). Il regarde partout sauf là où tout se joue.

« Papa s'en foutra. » Jarvis pince les lèvres. Tony comprend. Langage. « Moquera. Tout ce qu'il veut c'est retrouver Cap donc... il remarquera même pas qu'il y a deux gosses. Pas avant Thanksgiving. Maman sera contente de me voir interagir avec un autre humain de mon âge sans lui taper dessus. »

« Je demande à voir. » Marmonne Edwin qui n'a encore jamais vu Tony se retenir.

« Ana sera totalement folle de lui. Sérieux. Même moi je le sais, qu'elle l'aimera. »

« Anthony. Stop. Ce n'est pas à vous que revient cette décision. »

À l'air décidé et comploteur de Tony, pourtant, on dirait bien que si.


Tout seul - - - Vianney


Fin du cinquième chapitre.

Si vous avez la moindre question (pour ce chapitre ou même pour plus tard, hein !), la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :) ! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !

J'ai une page facebook sur laquelle je poste une fois par jour une fanfic (souvent anglaise ; très souvent avec Clint) ; où je poste également de extraits d'OS à venir (il y en a une paire Avengers / AoS) ; éventuellement aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.

Je réponds aux reviews anonymes sur skatyskayt . wordpress . com

Skayt