Hello, hello
Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel !
Un gros gros merci Bleunvenn, qui a revu les premiers chapitres pour me donner son avis ! Je me suis tellement emballée pour CFJB que je n'étais plus vraiment (rd : plus du tout) objective. Un gros merci à chocobi6, à qui j'ai parlé pendant 1h au téléphone de cette fic et qui a lu tout le plan (et qui ne m'a pas tué malgré tout, donc ouais... merci à elle). Un énoooorme merci à LiliEhlm pour avoir, encore une fois, corrigé cette fic !
Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi : j'en pleure tous les soirs)
Chapitre 06 : Can't Stop Now
Juillet 1984
Edwin aurait dû s'y attendre. Franchement, il connaît assez Tony pour pouvoir deviner que le fils de Howard allait lui faire un coup pareil. Sans rien dire, il est allé voir Ana pour lui parler de la super journée au cirque qu'Edwin a organisé mais qu'elle a quand même été un petit peu gâchée parce que les gens étaient des cons (« attention à tes mots, Anthony ») qui font du mal aux enfants. Il raconte comment ils ont emmené Clint voir la police et qu'en fait Clint est dans le système mais s'est échappé car c'est vraiment naze, là-bas. Il ajoute, pas discrètement du tout, que Clint a l'air de beaucoup aimer Edwin et qu'Edwin aussi à l'air de beaucoup l'aimer. De tellement beaucoup l'aimer même qu'il préfère ne pas se faire du mal en espérant pouvoir vraiment l'aider.
Il va ensuite voir ses parents. Il hésite un peu. Sa mère ou son père ? Lequel aller voir en premier ? Il opte un peu, par défaut, quand il se retrouve au table avec son père, qui a donné sa soirée à Edwin pour qu'il puisse sortir avec Ana.
« Tout va bien, Anthony ? Tu ne manges pas ? »
Distrait, Tony joue avec sa nourriture du bout de sa fourchette. Il la traîne d'un bout à l'autre de son assiette. Il apporte rarement quelque chose à sa bouche.
« Il s'est passé quelque chose, aujourd'hui ? » Tony hoche la tête. « Tu en as parlé avec Edwin ? »
« Oui. Non. Plus ou moins. »
« C'est oui ou c'est non, Tony. »
« Y avait un mec de mon âge qui... ils le frappaient et tout et... on l'a amené au commissariat et... » Tony se mord la lèvre. Il observe le contenu de son assiette qui, plus le temps passe, lui donne de moins en moins envie. « Il a fugué de son foyer y a quatre ans. »
Howard baisse sa fourchette et la pose sur le bord de son assiette. « Attends. Tu ne m'as pas dit qu'il avait ton âge ? »
L'enfant baisse les yeux. Il confirme d'un signe de tête. Ses lèvres ne font plus qu'une petite ligne. Il est mal. Il se sent mal.
« Je m'en occupe. »
« Papa ? » Tony le dévisage. Il n'a pas encore dit à quel point Jarvis se sent concerné.
« J'ai vu Edwin quand vous êtes rentrés. Il n'est pas si bon qu'il le pense pour cacher ce qu'il pense, surtout pas quand il a un arc dans les mains. Il voudrait pouvoir avoir la garde de... peu importe son nom. »
« Clint. » Murmure Tony.
« Je m'en occupe, d'accord. La prochaine expédition pour retrouver le Captain part dans trois jours donc tout est bouclé. J'ai quelques jours avant de préparer la prochaine et pas de réunion avec le conseil d'administration de Stark Industries. »
Tony le regarde avec de grands yeux plein d'espoir. Ils pourront passer un peu de temps tous les deux ? Ça serait tellement, tellement bien, bon sang... Il en rêve ! Il espère ça depuis si longtemps. Tellement que ce simple repas en tête à tête avec son père est déjà un magnifique cadeau.
« Si j'ai encore du temps après ça, on essaiera de bricoler un peu, si tu veux. »
Et non, vraiment, Tony ne devrait pas se réjouir autant. Ça ne devrait pas être aussi enthousiasmant. Ça devrait être... normal. Un moment père-fils comme c'est normal d'en avoir.
« Je vais juste avoir besoin que tu me dises tout ce que tu sais d'aujourd'hui et de Clint. Tout. Le moindre détail, d'accord ? »
« Mais je... »
« Je sais que tu te souviens, Tony. D'accord ? Tu en es capable. Tu ne peux rien oublier. » Il sourit. « Allez, finis ton assiette maintenant. Après on ira dans le salon et on verra tous les deux pour votre fugueur. »
Il faut vingt minutes, et un Howard qui insiste et s'agace à plusieurs reprises car Tony ne veut pas finir son plat, pour que les Stark père et fils se dirigent vers le salon. Côte à côte dans le canapé, Howard prend son habituel bloc-notes, qui est comme son ombre. Le bout de son stylo tape sur le papier ligné dont les pages précédentes sont noircies par ses griffonnages. Tony ramène ses jambes contre son torse et les embrasse. Son paternel le regarde. Mal à l'aise, il fait passer un de ses bras autour des épaules de son fils. Son ventre se serre quand les yeux du gosse le regardent avec stupéfaction.
Tony raconte. Il essaie de n'oublier aucun détail pour ne pas décevoir son père. Il raconte la dispute entre Clint et le grand gars avant le spectacle ; le spectacle avec les numéros où il y apparaît (même pour son père, le mettre dans le numéro de lancer de couteau est limite et mérite un pincement de lèvres réprobateur). Il ne sait pas ce que Jarvis a vu quand il y est allé mais comprend qu'il a directement vu comment est traité Clint au cirque (« ce gosse a réalisé le rêve de tous les gosses... dommage que ce soit devenu un cauchemar pour lui »). Il lui raconte comment était Clint quand il les a suivis jusqu'à la voiture, craintif et fuyant. Il n'oublie pas de lui parler du trajet en voiture ni de l'attente au commissariat. La gêne apparaît quand il doit dire à son père qu'il n'écoutait plus très attentivement car Jarvis lui a donné des calculs à faire. Howard lui confie qu'il a quand même entendu, qu'il sait qu'il peut lui donner des informations. Alors Tony réfléchit et se concentre. Il arrive à redonner quelques éléments lors de l'échange avec l'agent. Quand il dit que Clint a essayé de s'échapper quand on lui a dit qu'il ne pourrait prendre son arc au foyer, que c'est pour ça que Tony a proposé qu'ils le prennent... il sourit.
Edwin n'est pas le seul qui s'est attaché à ce fameux Clint.
« Il suffisait de venir me demander de faire quelque chose, Tony. » Sourit Howard en l'amenant de nouveau contre lui et allumant le téléviseur. « Pas la peine de me faire ce petit numéro, d'accord ? »
« Désolé. » Marmonne Tony, qui profite à fond de ce câlin. Le second de la soirée !
« Tu veux regarder un film ou tu veux faire autre chose ? »
« Tu restes ? Pour le film ? »
Le silence qui suit est terrible pour Tony. Il s'éloigne de son père, serre encore plus ses jambes contre lui et cache le bas de son visage dans ses bras. Ce silence dit forcément non mais sans trouver les mots qu'il faut. Un bras s'enroule dans son dos, on le tire sur le coté et lui baise le haut du crâne.
« Je reste pour le film, Anthony. »
o o o
Septembre 1984
Lorsque Jarvis entend la porte d'entrée s'ouvrir et reconnaît la démarche de Howard, il soupire de désespoir. Il a déjà suffisamment de mal à faire faire ses devoirs à Tony, qui trouve que lui donner ces exercices est une insulte totale à son intelligence mais, en attendant, ça fait quarante minutes qu'il refuse de les faire « par principe » alors qu'en quinze minutes, grand maximum et parce qu'il n'y met pas du sien, ç'aurait pu être bouclé ; mais si son père est dans les parages ce n'est même plus la peine d'espérer en tirer quoi que ce soit. Edwin sait reconnaître une bataille perdue d'avance quand il en voit une. Il est conforté dans son choix quand la chaise de Tony racle contre le sol de la salle de séjour et qu'il se précipite vers l'entrée. Le majordome ne le somme pas pour autant de revenir. Tony veut juste une chance d'apercevoir son père avant que celui-ci retourne s'enfermer ou dans son atelier pour bricoler, ou dans son bureau pour préparer la prochaine expédition pour retrouver le Capitaine Rogers.
« Jarvis ! » Hurle Tony depuis l'entrée. « Jarviiiiiiis ! »
Étonné par ces soudains appels, perplexe également de ne pas entendre Howard sommer Tony de ne pas crier comme ça à travers le manoir pour faire venir quelqu'un. Jarvis va voir. Le temps qu'il arrive, Tony est en train d'aller chercher l'arc qui, depuis près d'un mois et demi, est rangé près du porte-parapluie. Edwin reste planté dans l'embrasure de la porte.
Il ne s'est pas attendu, à aucun moment (et, vraiment, il insiste sur le aucun) à trouver Clint avec son sac à dos sur l'épaule. Il ne s'est pas préparé à trouver le gamin, mal à l'aise comme pas permis, en train de passer d'un pied sur l'autre et regarder tout autour de lui. Il ne pensait pas que monsieur Stark allait réellement s'occuper du cas de Clint. Il pensait que l'homme d'affaires n'aurait pas le temps de totalement se plonger là-dedans, trop pris par les expéditions et son entreprise.
Les lèvres du petit blond tressautent. Apeuré, tout est trop. Trop grand. Trop riche. Trop luxueux. Trop impressionnant. Trop tout. Il jette un œil sur ses vêtements, l'air désolé et un peu honteux. Il se sent totalement en décalage avec le monde dans lequel on vient de le plonger. Quand Tony lui remet son arc entre les mains, il le prend et le serre aussitôt.
Ça... ça c'est rassurant. Ça c'est la maison.
« Il aura quelle chambre ? »
« Je pensais le laisser s'installer près de celle des Jarvis, Anthony. » Répond Howard, ne se doutant pas (bien qu'il aurait pu et dû le voir venir) du tollé qu'allait avoir sa réponse.
« Monsieur Stark ? » Toussote Edwin. « Un mot, s'il-vous-plaît ? »
Il hoche la tête. « Tony ? Tu montres sa chambre à Clinton, je te prie ? »
L'excitation de voir son père est vite remplacée par l'excitation d'accueillir quelqu'un de nouveau à la maison ; et un quelqu'un qu'il voulait et attendait, pour une fois. Tony attrape l'archer par le poignet et le tire à sa suite. Maintenant qu'ils sont à côté, la différence de gabarit entre les deux enfants saute aux yeux de Howard qui s'explique mieux les craintes de Jarvis et les nombreux conseils nutritifs reçus par le médecin, au foyer– en plus de la demande de faire rencontrer un psychologue à Clint.
Clinton est trop petit, trop chétif pour un enfant de son âge ; le même que Tony. Surtout que Tony n'est lui-même pas un géant et se trouve plutôt dans la moyenne basse de sa tranche d'âge.
Quand Anthony court dans les escaliers – il ne gravit pas les marches deux par deux mais ce n'est pas loin – Clint à sa suite, il ne se rend pas compte qu'on a justement peine à y être, à sa suite. À deux reprises, Clinton trébuche dans une marche. Il se cogne le genou sur la prochaine ou la tête contre le mur. La troisième fois, Tony le remarque et s'arrête net. Il descend d'une marche et sourit à l'autre.
« Hey ? Ça va ? »
L'archer est piteux mais il dodeline la tête quand même. Les adultes n'ont pas manqué de remarquer leur montée laborieuse et ponctuée d'un Clinton qui se cogne. Après ça, Tony ralentit l'allure et essaie de calquer son pas sur le rythme plus lent de l'autre. Pour aider un peu plus, il tend une main afin de reprendre l'arc des mains de son propriétaire... mais celui-ci refuse d'un signe de tête assez net. Il ramène son outil de travail contre lui, le serre comme si c'était une peluche toute douce et non une arme en bois. Tony retente le coup avec le sac qui, cette fois, par contre, lui est cédé.
Il ne faut pas être né d'hier pour voir à quel point Clint se sent mal d'être ici. Dans un lieu inconnu, entouré d'inconnus intimidants, que des inconnus. Ce n'est pas un bon calcul, ça. Le fils Stark se dit que l'autre doit énormément s'en vouloir d'avoir quitté son cirque comme ça, presque sur un coup de tête. Là-bas, au moins, il connaît. Ça craint mais il connaît. Le fonctionnement comme les règles, l'agencement ou les gens.
Tony désobéit à son père. Au lieu de conduire Clint jusqu'à la chambre voisine à celle des Jarvis, il lui ouvre la porte de celle à côté de la sienne. Ça ne met pas Clint plus à l'aise quand il voit la taille de la pièce, celle du lit, les meubles disposés ça et là et la décoration.
« La déco craint, j'sais pas qui a décoré les chambres. J'espère qu'il a pas été très bien payé. »
Clint serre toujours son arc contre lui et renifle un coup. Tony sait ce que ça veut dire. Il fait pareil quand il veut retenir ses pleurs et empêcher ses larmes de couler. Il pose le sac sur le dessus de lit et demande à l'autre s'il veut rester un petit peu seul, histoire que personne ne soit là pour le voir s'il en a honte. L'archer ne lui répond pas.
« Clint ? » Tony arrive par derrière et pose une main sur son épaule tremblante. Clint sursaute. Il fait un bon et un demi-tour sur lui-même. Il paraît navré de sa réaction. « Tu veux que je te laisse ? »
« N-non. Me l-laiss-ssez pas. »
Tony lève les sourcils (oui, il s'entraîne toujours). « Tu m'as vouvoyé, là ? »
Clint le regarde, les yeux ouverts en grand. Il ressemble à un chiot dans lequel on aurait shooté avant de l'envoyer pile entre les phares d'une voiture (pas un grand fan des chiens, le gars). « Oui ? »
« L'angoisse. Fais pas ça. »
« Par-par-don. »
Le petit Stark n'insiste pas. Il ne pose pas plus de questions. Il laisse Clint en plein milieu de la chambre et va s'asseoir sur le lit. Qui est-il pour l'empêcher de se laisser aller et réagir comme Clint se sent l'envie et le besoin de le faire ? Tony est cependant interpellé quand l'autre décide d'aller se recroqueviller dans un coin, entre le mur et la commode. Il n'a toujours pas lâché son arc et joue avec la corde.
Lui est toujours sur le lit, balance les jambes et attend. Il espère qu'ils vont avoir le temps, Clint et lui, de commencer à l'installer avant que son père et Jarvis arrivent.
« Je... suis pas... » Commence Clint. Il capte dans l'instant l'attention de son vis-à-vis. « Je dev-rais pas... être ici. »
« Pourquoi pas ? »
Clint hausse les épaules. C'est pas comme si une réponse existe vraiment. Encore moins qu'il la connaisse. Il ne le sent juste pas. Le manoir est trop richement décoré, trop grand, trop beaucoup de choses et lui n'est rien. Ce n'est pas pour lui. Absolument pas. Howard Stark est le chef d'une grande entreprise, de ce qu'il sait (il ne sait pas grand-chose). Il a même travaillé avec Captain America !
Captain. America.
Quant à l'homme qu'il a vu au cirque ? Monsieur Jarvis ? Il a l'air beaucoup trop franc, trop honnête, trop gentil. Les gens les plus gentils sont les pires. Les plus dangereux.
« J'ai rien pour... dire merci et pour... euh... méri-mériter. »
« Mériter quoi ? Être nourri, aimé et respecté c'est pas un truc que t'es supposé mériter. »
« Non. »
« C'est des conneries, nan. Tu... nan. » Il grimace. « Juste nan. Oublie ça. »
Cette fois, Tony descend du lit. Il prend avec lui le sac à dos violet qu'il y avait posé. En trois pas, il a rejoint Clint et se met devant lui. Les genoux sur la moquette claire, les fesses sur les talons, Anthony lui sourit avant de lui tendre ses affaires.
« Tu préfères le foyer ? Tu peux, hein... même si c'est dommage de pas te laisser une chance d'être bien ici. »
D'un revers de la main, Clint se frotte le nez. Puis recommence sur son épaule avec ses oreilles. Il avale péniblement sa salive. Ses lèvres s'étirent enfin. Il sourit à Tony.
« Tu tentes le coup avec nous ? »
Il hoche la tête. Ça ne coûte rien, n'est-ce pas ? Essayer ne coûte rien. Se relever, pour quitter son coin, n'est néanmoins pas encore au programme. Clint enroule ses bras autour de lui pour se rassurer et se donner du courage. Barney lui manque.
Tony observe. Maladroitement, il va tapoter trois fois sur l'épaule de Clint pour lui signifier qu'il n'est pas seul. C'est ce qu'ils font à la télé, non ? Le blondinet lui sourit encore. Que c'est bizarre de se dire qu'ils ont le même âge. Qu'il est même (même si ça ne se porte pas d'une vache et qu'ils sont suffisamment vieux pour que ça ne compte plus) plus jeune que Clint mais qu'il est juste... bon sang... ouais... c'est bizarre.
« Merci. »
« Pas d'quoi. » Sourit Anthony. « Tu veux de l'aide pour déballer tes affaires ? »
Clint déglutit. Il regarde avec peine les affaires qu'il a sur le dos et qui font triste mine face à tout ce qui l'entoure ; Tony inclus. C'est ridicule. Tout ce qu'il possède l'est, ridicule. Minable. La plupart de ses possessions sont, en plus, trop grandes pour lui car appartenaient à Barney à l'origine. Il les récupère. Ça revient moins cher. Le fait, aussi, que les vêtements de son frère ont tous toujours été beaucoup trop grands pour lui ; systématiquement il faut les plier voire les couper.
« Je vais t'aider. »
D'une main faussement franche, Tony prend une lanière. Il tend l'autre, la libre, à Clint pour l'inciter à se relever plus que pour l'aider. Il se dit qu'ils ont du bol (que Jarvis a du bol) d'être tombé sur quelqu'un qui parle si peu. Il aurait été plutôt mal barré, Jarvis, dans le cas contraire. L'archer expire un grand coup et se relève tout seul.
Ils vont vider le sac à dos sur le bout du lit. Tony ouvre grand les yeux quand, choqué, il voit le peu qui s'y trouve. Quelques sous-vêtements, un vieux jean délavé et complètement arraché au bas des jambes, à force de traîner par terre et à ce qu'on marche dessus, deux T-shirt dans lesquels Clint nage à tous les coups et un sweat immense. La gourde Captain America traîne au milieu de tout ça. Tony voit que son bouchon a été arraché mais ne s'y attarde pas. Il ne fait pas non plus attention au vieux bouquin à la couverture cartonnée qui est resté coincé dans le sac et attrape plutôt le dernier vêtement pour l'étendre entre eux.
« C'est géant ça, la vache ! Qu'est-ce que tu fous avec un truc pareil ? Sérieux ? »
« Ç'a mon frère. »
« Charlemagne ? » Essaie de se souvenir Tony. Il fronce les sourcils à sa propre ineptie. « Charles ? »
Petit hochement de tête et lèvres qui s'étirent, partagées entre affection et regret d'être parti. Petit sourire nostalgique, en somme. « Barney. »
« Barney c'est un diminutif pour Charles ? » Marmonne Tony.
« Bernard. »
« Plus logique, ouais. » Il re-regarde l'immense sweat et le lance à la figure de son camarade. « Tu dev'rais l'mettre. Tu serais plus... mieux. Ou pas. Tu crèverais de chaud, mais... »
L'archer le réceptionne sans aucun soucis. « Je peux le mettre ou je vais avoir l'air bête ? »
Il y a un petit flottement. Tony ouvre la bouche, prêt à ne pas retenir sa réflexion (franchement pas piquée des vers, en plus) avant de songer que Clint doit être en train de se moquer de lui. Du coup, il confirme, juste pour être sûr.
Dans le grand sweat à capuche noir, avec quelques anciennes traces de peinture, Clint a l'air plus petit encore. Son grand sourire le change aussi. Tony attrape tous les vêtements, sans rien dire ou demander à leur propriétaire, il va vers la grosse commode près de laquelle Clint s'est recroquevillé il n'y a pas longtemps. Anthony ouvre un premier tiroir, y met les sous-vêtements. Il ne l'a pas encore refermé qu'il ouvre déjà celui du-dessous et y laisse les quelques T-shirts, qui peuvent se battre en duel dans un si grand espace. Il fait pareil avec l'avant-dernier et y fait tomber le jean.
« Ooooh, mec... je pense qu'on est bien partis pour devoir aller faire les magasins. Ça craint. Des mois que j'essaie d'éviter ça mais ils vont pouvoir t'utiliser comme prétexte pour m'emmener à l'abattoir. »
La porte de la chambre s'ouvre. Edwin et Howard, accompagnés de Ana et Maria, tout juste revenues, soupirent tous les deux. Leurs épaules s'affaissent. Ils ne disent rien, cependant, quand ils voient à quel point Tony et Clint ont l'air de bien coller ensemble. Ils vont quand même devoir déplacer les affaires du second. Reste à savoir comment lui annoncer.
Vu ce qu'ils connaissent du petit archer, ils préfèrent tous que Clint ne soit pas loin des Jarvis. Surtout avec Edwin qui a déjà la confiance, toute relative et bien incomplète, de Hawkeye. Ana, une main sur l'avant-bras de son mari, ne quitte des yeux le plus petit.
« Il... il n'a pas l'âge d'Anthony ? » Demande-t-elle, tout bas, la bouche entrouverte.
Clint s'est caché derrière Tony quand il a vu que quatre nouvelles personnes sont dans la chambre. Quatre adultes. Dont deux qu'il ne connaît pas ou n'a jamais vu. Son cœur tambourine dans sa poitrine. Il tire au maximum sur ses manches. Ses mains ont disparu. Ses bras ne sont même plus dedans. La gorge nouée, il enserre ses bras autour de son ventre. Il hésite entre reculer près du mur, dans un coin... ou rester caché derrière l'autre garçon.
« Si. » Confirme Howard.
« Je pense qu'on l'intimide. » Souffle Maria. « Ça fait beaucoup de changements d'un coup. »
Pendant que Maria, Howard et Ana parlent de déplacer les affaires de Clint, avant qu'il ait pris ses aises dans la chambre ; il sera forcément mieux près des Jarvis. Ou peut-être qu'il le sera davantage près de Tony qui a son âge, ce qui est donc bien plus rassurant au vu de ses expériences passées. Donc pendant que les trois autres s'entretiennent à voix basse en essayant de déterminer ce qui est le mieux pour Clint, Edwin s'approche du premier concerné.
Il ne faut pas être un génie pour s'apercevoir que Clinton est mal à l'aise au possible et sur le point de fondre en larmes. L'enfant se mord la lèvre pour les retenir et les empêcher de se montrer. Jarvis se demande s'il continue avec les blessures qu'il a sur les bras.
« Clinton ? »
« Cl-Clint. » Murmure Clint. « J-je p-préf-ère. »
« Clint. » Corrige Edwin. « Tout va bien, mon grand ? »
« O-oui. » Il hoche la tête en même temps. « Monsieur. »
« Tu veux quelque chose à boire ? T'asseoir, peut-être ? » Propose-t-il. « Oui. Tu devrais t'asseoir. »
Can't Stop Now - - - Tyler Hilton
Fin du sixième chapitre.
Si vous avez la moindre question (pour ce chapitre ou même pour plus tard, hein !), la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :) ! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !
J'ai une page facebook sur laquelle je poste une fois par jour une fanfic (souvent anglaise ; très souvent avec Clint) ; où je poste également de extraits d'OS à venir (il y en a une paire Avengers / AoS) ; éventuellement aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.
Je réponds aux reviews anonymes sur skatyskayt . wordpress . com
Skayt
