Hello, hello

Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel !

Un gros gros merci Bleunvenn, qui a revu les premiers chapitres pour me donner son avis ! Je me suis tellement emballée pour CFJB que je n'étais plus vraiment (rd : plus du tout) objective. Un gros merci à chocobi6, à qui j'ai parlé pendant 1h au téléphone de cette fic et qui a lu tout le plan (et qui ne m'a pas tué malgré tout, donc ouais... merci à elle). Un énoooorme merci à LiliEhlm pour avoir, encore une fois, corrigé cette fic !


Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi : j'en pleure tous les soirs)


Chapitre 07 : Ain't No Fooling Me

Septembre 1984

Accroupi face à lui, Jarvis pose une main sur l'épaule de Clinton (Clint !). La gorge nouée, il a l'impression de ne pas être le seul dans cet état. Tony s'est finalement éloigné d'eux et est allé rejoindre les trois autres pour exprimer son point de vue (que personne ne lui demande de donner mais qu'il donne quand même) et expliquer pourquoi Clint doit être dans la chambre à côté de la sienne et pas très, trèèèèès loin (« Ce n'est pas le bout du monde, Anthony. C'est au bout du couloir. »).

« Tu veux qu'on aille ailleurs ? Dans un endroit plus calme ? »

Clint refuse d'un signe de tête. Ses bras sont toujours portés disparus sous le sweat Ô combien trop grand pour sa frêle carrure. Il frotte sa pommette contre son épaule et a le regard fuyant. Toujours sans les mains, toujours grâce à son épaule, Clint frotte ensuite ses oreilles douloureuses. Edwin, de l'index, lui demande de ne pas bouger et fonce dans le coin chercher l'arc pour lui redonner.

L'effet est immédiat. Les mains apparaissent sous le sweat noir, sans passer par la case « manches ». Elles attrapent l'objet, et ses doigts en caressent doucement le bois, comme pour se rassurer.

« Viens. »

Edwin parle tout bas, tout doucement. Il essaie de se montrer aussi rassurant que possible et sait que ce sentiment passe énormément par la voix. Clint ne s'apaise pas pour autant et ne se laisse pas avoir. Au cirque, ils ont dû l'avoir de cette manière aussi, au début. Jarvis le guide jusqu'au lit, le voyant de plus en plus trembler. Même s'il sait Clint capable de le faire tout seul, il le soulève pour l'y faire s'asseoir. Ça ne devrait pas être si facile, le soulever, le porter, pas à son âge. Il prend place juste à côté.

« Je sais que tout ça c'est hyper impressionnant. Que ça fait beaucoup à digérer d'un coup et que ça peut te paraître étouffant. » Vraiment... ce gamin a un regard qui déstabiliserait n'importe qui. Ça aussi, ça a dû lui valoir quelques coups. « Reste ici quelques jours, avec nous, vois comment ça se passe et si vraiment... tu n'es pas obligé de rester, d'accord ? Je te demande juste de ne pas t'enfuir. C'est vraiment dangereux, dehors, et je ne voudrais pas qu'il t'arri-Clint ? »

Le majordome prend les mains de Hawkeye et fait réapparaître les avants-bras à la lumière de la chambre. Il ferme les yeux quand il voit les griffes qui s'y trouvent. Encore de nouvelles. Ça ne peut plus être celles du cirque. Il espère qu'elles ne le sont pas. Elles le sont peut-être. S'il les empêche toujours de correctement cicatriser, c'est possible. Clint a peur. Il fuit le regard de l'adulte. Barney n'aime pas quand il fait ça. Il s'énerve toujours avant de lui demander – de le supplier – de ne plus recommencer. Il ne fait pas exprès, pourtant. Il ne s'en rend pas compte, quand il commence.

Jarvis sort un mouchoir de sa poche et, comme la première fois, le met sur son avant-bras. Il n'y a plus beaucoup de sang, maintenant. Le sweat en a déjà épongé la majeure partie.

« Pourquoi tu fais ça ? »

Il fronce les sourcils. La question lui semble étrange. Barney n'a jamais demandé. Buck si mais il se fichait de la réponse. « Pas... pour pas faire ça. » Il se reprend. En même temps qu'il se corrige, Clint se montre en train de serrer son poignet avec ses ongles. « Barney aime pas. » Il déglutit et réfléchit. « Mais ça... aide. »

« De te faire du mal ? »

Au regard de Clint, l'enfant n'a pas vu les choses sous cet angle.

« Je peux te prendre dans les bras ? »

Tant de surprise pour un geste si anodin ? Edwin passe un bras autour des épaules de Clint et s'approche pour l'étreindre sitôt reçoit-il l'accord. D'abord crispé et mal à l'aise – il n'y a normalement que Barney pour faire ça – il finit par se détendre et commence même à se laisser aller. Un petit peu. Seulement un petit peu. C'est comme Barney sauf que ce n'est pas Barney. Clint pose la tête sur le bras de Jarvis et sa main gauche ose se détacher de l'arc pour s'agripper à la veste grise cintrée de l'autre. L'adulte lui frotte le bras et fait son possible pour essayer d'apaiser le petit. Tout ça, avec Tony, a toujours fonctionné à merveilles.

« C'est fini, mon grand. Tout ira mieux maintenant. Je te le promets. »

Maria finit par demander à Tony de les laisser parler entre adultes et de, plutôt, retourner auprès d'Edwin et Clinton. Ce dernier a l'air d'être rassuré en sa présence et Tony en a déjà ben assez fait comme ça en désobéissant à un ordre direct. Piteux, mal d'avoir, en un rien de temps, agacé ses deux parents en plus des Jarvis, Tony obtempère. Son ventre se serre un peu plus quand il voit Clint tout contre Edwin ; et Edwin prêt à remuer ciel et terre pour améliorer son existence.

« Jarv' ? » Il appelle.

« Tony ? »

« Tu... »

Edwin sourit. Il écarte un bras et invite Tony a les rejoindre. « Évidemment que je t'aimerai toujours, Tony. Il n'y a rien que tu puisses faire qui puisse me faire arrêter de me soucier de toi. »

Le jeune Stark se précipite vers lui et se réfugie dans l'étreinte. Il s'y accroche à peine moins fort que Clint. Il n'a pas aussi peur de voir disparaître Edwin que l'autre mais ça n'empêche. Ana les repère. Avec un petit sourire, elle le fait remarquer aux Stark. Howard soupire et ferme un instant les yeux.

« Anthony ? C'est très bien que tu veuilles à ce point aider Clinton, mais... »

« Clint. » Corrige Tony. « Y préfère Clint. » C'est plutôt flagrant, comme préférence, en plus et il ne comprend pas que son père ne l'ait pas encore compris.

« Clint. » Se reprend patiemment Howard, ce qui étonne tous les autres. « Mais pas comme ça. Clint a beaucoup de cauchemars et met apparemment très longtemps à se calmer. C'est mieux si Edwin et Ana sont tout près pour l'entendre et arriver plus vite. »

« Moi aussi je peux interve- »

« Non, Anthony. Ce n'est pas à toi de faire ça. Tu es un enfant... reste un enfant, s'il-te-plaît. » Murmure Jarvis. Il récolte un regard de gratitude de Howard, content de son intervention plus que bienvenue. « Tu devras grandir bien assez tôt. »

« Clint, que préfères-tu ? » Demande finalement Howard. Il a vu que Tony, même s'il n'aime pas devoir l'admettre (et ne l'admettra pas clairement à haute voix) n'a pas pour autant forcément tort. « Tu veux voir l'autre avant de te décider ? Sinon on peut aussi tester les deux et tu décides après. »

La tête toujours sur le bras d'Edwin, sa main serre le costume du majordome, Clint a les yeux clos et respire doucement pour ne pas perdre le peu de contrôle retrouvé. Monsieur Jarvis est rassurant, dans un sens, mais tous les autres sont loin de l'être. Ils sont impressionnants et ils font peur. Une grande main lui caresse la tête pour attirer son attention. Le petit archer entrouvre un œil. Il sursaute et s'éloigne de monsieur Jarvis sitôt voit-il monsieur Stark si proche.

Howard sourit, amusé. « Edwin est confortable, hein. » Clint se mord les lèvres. Ses dents jouent avec et essaient d'en arracher les peaux. « Ouais. Faut pas lui dire. »

« Monsieur... » Commence Jarvis, détestant cette énième habitude qu'il repère chez Clinton.

« Pour la chambre, tu veux celle-ci ? Aller voir l'autre puis te décider ? Essayer les deux ? » Repropose Stark. « T'as le choix. Choisis. »

Clint inspire un grand coup. Il avale sa salive. Il lève le nez vers Edwin, qui lui sourit l'air toujours bienveillant. Il cligne des yeux. Inspire encore une fois pour expulser lentement l'air inspiré. Sa main se dirige vers son avant-bras mais une autre, plus grande et qui n'est pas à monsieur Jarvis, l'arrête. On lui fait « non » de la tête. Clint s'agite, mal à l'aise. Il repasse un bras dans une manche et s'en sert pour s'essuyer les yeux.

« Clint ? » Insiste Howard. « Tu as le droit de choisir. Il n'y a pas de bonnes ou mauvaises réponses. Tony, stop les grimaces. » Demande-t-il en se tournant vers Tony.

« Je... je ne sais pas. » Chuchote Clint. « Monsieur. »

« Bien sûr. » Soupire le PDG de Stark Industries. « Edwin, je pense vraiment qu'il serait préférable que Ana et vous soyez dans les parages. Clint n'est pas vraiment... » Il ne va pas au bout de sa phrase. Le gosse a un de ces regards. Il est mal à l'aise comme rarement ça lui arrive... et c'est une crevette qui y parvient. « Edwin... »

Le majordome tourne la tête vers son épouse qui le regarde aussi. Ana préfère ne pas approcher, malgré son envie, pour éviter de brusquer Clint. Il a l'air tellement inquiet par ceux qui l'entourent et se méfier des adultes tout proches. Même Edwin n'est pas épargné.

Ces dernières semaines, il lui a beaucoup parlé du petit archer. Elle a vite compris qu'il voulait vraiment faire quelque chose pour l'aider mais ignorait quoi. Ni lui, ni elle ne s'est imaginé que monsieur Stark puisse réellement s'en mêler et encore moins faire bouger les choses et accueillir Clint.

Clint a toutes les raisons du monde de se méfier. Il faudra temps et patience pour que la confiance apparaisse.

« Clint ? » Sourit Jarvis à l'enfant. Immédiatement, il regarde son interlocuteur – une habitude que Tony ferait bien d'avoir un jour... ils y travaillent. « Quand tu te réveilles la nuit, tu préfères gérer ça tout seul ou tu aimerais bien qu'on vienne pour te rassurer et te réconforter ? »

Deux grands yeux le dévisagent. Clint avale sa salive et attend un peu. « Je... sais pas. Par-pardon. »

Jarvis soupire. Il n'est pas franchement étonné. Avec son passif, Clint n'a certainement jamais eu quelqu'un prompt à se lever pour lui en plein milieu de la nuit. Ni à un autre moment, en fait. Ou peut-être son frère ? Mais, dans ce cas, où est passé Charles ? Pourquoi Clint est-il parti si son frère, si protecteur, était toujours à ses côtés ? Qu'est-il arrivé à son aîné ?

« Ça t'embêterait de changer de chambre pour être plus près de la nôtre ? »

« Au foyer, ils voulaient... ils voulaient pas dormir avec moi. Fais du bruit. »

« C'est justement pour ça. » Le rassure Jarvis. « Si tu fais un cauchemar, comme ça, on peut t'entendre et venir voir si ça va. »

« M'en-tendre ? » Sa bouche se tord. « Pour quoi faire ? »

« T'aider. À aller mieux, à retrouver ton calme... pour comprendre ce qui ne va pas pour que les autres nuits soient meilleures. »

« C-c'est pour de vrai ? »

Il n'y a que Barney pour faire ça. Il n'y a toujours eu que Barney pour faire ça. C'est un truc de grand-frère. C'est Barney qui se lève, traverse la caravane, shoote dans un tabouret et arrive en râlant près de son lit, à lui. C'est Barney qui se couche près de lui et enroule ses bras autour de Clint pour le rassurer, qui lui tient les mains pour l'empêcher de faire ce qu'il ne faut pas faire.

« Oui. » Confirme Edwin.

Clint regarde Tony. Cette offre lui fait vraiment envie. Vraiment, vraiment beaucoup envie. Il n'a pas envie de dire « non merci ». Mais c'est Tony qui l'a conduit jusqu'ici. Tony veut qu'il soit là, pas ailleurs. Si... s'il le contredit, est-ce que ça ne va pas être mauvais pour lui (et Clint ne sait pas s'il est le lui ou si Tony est le lui, pour le coup) ? Est-ce que, en dépit de ce qui est dit et promis, il n'est pas déjà trop tard, pour la chambre ?

Tony est plus grand que lui. Plus fort aussi. Peut-être. Il pense, ouais. Clint est certainement plus agile, par contre mais... non. Il ne peut pas se battre avec lui comme avec Barney.

C'est trop tard. Barney, c'est trop tard.

« Si tu fais des cauchemars, Ed fait de supers bons câlins mais Ana fait un meilleur chocolat chaud. Vraiment. »

« Je... je peux ? » Il demande à Tony.

Le fils Stark se sent mal quand il comprend que Clint lui demande (pour de vrai) l'autorisation pour changer de chambre ; que l'autre n'ose pas accepter, maintenant, à cause de la réaction qu'il pourrait avoir. Il jette un œil à son père et sa mère, et Edwin et Ana, qui en sont venus aux mêmes conclusions.

« Je risque de te réveiller, t'façon. » Tony hausse les épaules. « Je fais pas mal de bruit, quand je dors pas... et je dors pas beaucoup. »

« Une habitude à changer, Tony. » Rappelle Howard, les lèvres pincées, autoritaire. « La nuit est faite pour dormir. »

« Et son père ferait mieux de s'en souvenir lui aussi. » Claque Maria, l'instant d'après.

o o o

La première nuit se passe, dans l'ensemble, comme la première soirée : sans encombre. Sans incident, notamment, du côté de Clint qui semble avoir passé une longue nuit paisible et sans complication. Alors qu'il surveille Anthony qui prend son petit-déjeuner dans la cuisine, Edwin se demande s'il doit ou non aller chercher Clint. D'un côté, il ne veut pas le réveiller alors qu'il semble avoir tellement besoin de dormir, de l'autre, il n'est pas sûr non plus que Clint le soit toujours, endormi. Il peut très bien ne pas oser descendre, ne pas savoir s'il a le droit de sortir de la chambre sans qu'on lui ait expressément dit que c'était autorisé, ne pas savoir où aller, craindre ce qui peut arriver en bas. Jarvis ne sait rien de ce qui peut se passer dans la tête de Clint. Il ne sait pas à quoi il a été habitué, son mode de fonctionnement, ses raisonnements.

Le seul enfant qu'il côtoie suffisamment pour comprendre tout ça : c'est Tony. Tony est loin d'être un point de référence.

« Je vais monter voir si Clint est réveillé. » Se décide-t-il enfin. « Je compte sur toi pour ne pas profiter du fait que j'ai le dos tourné pour jeter ton petit-déjeuner. »

« Tu sais que demander de pas faire un truc ça donner hyper envie de faire le truc à pas faire ? »

« Tony... » Soupire Edwin.

« Mais je le ferai pas. » Promet Tony, un peu réticent quand même (il faut pas trop lui en demander). « Mais c'est parce que tu vas devenir chèvre, sinon, entre Clint et moi. Et je t'aime bien en tant qu'humain. Et je pense pas que tu ferais une très bonne chèvre, de toute façon. »

Le majordome souffle et se pince l'arête du nez. « Au moins il en est conscient. » Se dit-il à voix basse. Il prend le parti de ne pas rebondir sur l'autre remarque. C'est préférable de s'abstenir.

Jarvis fait confiance à Tony et décide de le croire lorsqu'il lui dit qu'il ne va pas faire disparaître ses céréales, son pain et son jus de fruit en son absence. Non seulement ça ne serait pas à son avantage (et il le sait, le chenapan) mais ça a suffisamment bien collé entre les deux jeunes pour que la promesse puisse être tenue. Edwin monte les escaliers et avance le plus doucement possible. Il a tranché et, dans le cas où Clint dort encore, décidé de le laisser. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu de cris qu'il n'y a pas eu de cauchemars. Ce n'est pas non plus parce qu'il n'y a pas eu de cauchemars que Clint a nécessairement bien dormi. Il a pu avoir du mal à trouver le sommeil. Difficile de dormir sur ses deux oreilles dans un environnement qu'on ne connaît pas et qui diffère du tout au tout de tout ce qu'on a toujours connu jusque là.

Il frappe à la porte. Il appelle doucement Clint. Pas de réponse. Jarvis réessaie. On ne sait jamais. Toujours rien. Il fait demi-tour et redescend.

« Il va avoir cours avec moi ? » Demande Tony, lui sautant presque dessus sitôt remet-il un pied dans la cuisine. « Parce que je pense pas trop trop que ce soit une bonne idée, ni que ce soit trop trop possible, vu que je suis super intel- »

« Je ne sais pas, Tony. » Jarvis sourit, sans envie. Ça arrive un petit peu trop, en ce moment, mais cette situation l'ennuie tant il se sent désarmé. « On va faire tester son niveau scolaire avant de décider quoi que ce soit. Ils n'ont pas eu le temps, au foyer. »

« En plus d'un mois ? » Tique le plus jeune. Edwin soupire. Tony... Tony... Tony... « Les nazes. Ouais, pas « les nazes » mais un peu quand même, hein, admets-le. Et ils prenaient pas des cours par correspondance ? »

« Clint a fuit avec son frère. Son cirque les cachait illégalement. »

« Est-ce que ça veut dire qu'on héberge un fugitif ? »

Jarvis ne répond pas.

« Parce que ça serait trop cool. »

Il préfère ne pas répondre. Vraiment. Il se souvient un petit peu trop de ce que monsieur Stark et mademoiselle Carter (à l'époque) lui ont fait endurer il y a quelques années. Il s'en souvient même trop (trop) bien.

« Et, pour c'que ça vaut, moi non plus j'aurais pas fait des cours par correspondance. Eurk. »

La matinée, sinon, se passe bien. Enfin... aussi bien qu'elle puisse se passer, c'est déjà ça. Le professeur de Tony s'est encore arraché les cheveux suite aux justifications foireuses de son élève quant au pourquoi il n'a pas fait ses devoirs... et juste marmonné dans sa barbe de père Noël qu'il n'est pas venu ici pour souffrir de la sorte (un peu exagéré, Tony et Edwin se l'accordent) lorsque monsieur Jarvis lui confirme qu'ils ont bel et bien accueilli un forain qui tire à l'arc (et reprend Tony car ce n'est pas une façon de parler des gens).

Au moment du déjeuner, Edwin commence à vraiment s'inquiéter de ne pas voir apparaître Clint. Il est, encore à deux reprises, monté frapper à sa porte. Jamais rien. Cette fois-ci, du coup, il baisse la poignée, ouvre et entre. Quelle n'est pas sa stupeur de trouver Clint assis sur son lit maladroitement refait, d'ores et déjà levé et habillé. Sans surprise, là, en revanche, même les vêtements de Tony que Maria lui a donnés la veille sont trop grands pour lui. Ses doigts dépassent à peine des manches, la chemise lui arrive au bas des fesses et il marche à moitié sur les jambes du pantalon. Néanmoins, il a quand même meilleure allure comme ça.

« Tout va bien ? » Demande-t-il en guise de bonjour. « Bien dormi ? »

Clint confirme d'un signe de tête couplé à un sourire timide. Il va rejoindre Jarvis, pressé de descendre et conscient de son ventre qui gargouille depuis un moment maintenant, mais trébuche dans le pied du lit. L'adulte se braque un instant. Il craint la chute qui lui paraît être inévitable (et se demande combien de fois déjà il a vu l'enfant tomber.. un certain nombre, c'est certain). Clint parvient cependant à se rattraper, défaisant le lit au passage. Mortifié, le plus jeune ne bouge plus, ne lève pas les yeux, se prépare au pire. Et encore (toujours) Edwin s'interroge sur ce qu'on a fait au gamin pour en arriver à de telles réactions. À quel point Carson l'a, en quelques années, bousillé ?

Et si c'est Carson qui l'a bousillé.

« Tout va bien, Clint ? »

Clint ne répond pas mais relève la tête.

« Tu t'es fait mal ? »

Il secoue la tête, cette fois. Négatif. Il va bien. Il n'a rien. Il regarde le lit désormais défait. Ses épaules s'affaissent. Ça craint, ça.

« On va descendre. Je monterai le refaire après. »

« Non. Moi. J-je peux. »

Jarvis sourit. Ce n'est rien en apparence mais Clint, sans s'en rendre compte (sinon il se serait retenu), vient de le contredire !

« Je n'en doute pas une seconde, Clint. Mais on va... tu sais quoi ? On va descendre manger puis on le refera tous les deux. Ça te va ? »

Ça lui va, oui. Pieds nus, un peu boitillant à cause de la douleur encore toute récente (mais qui va vite disparaître) Clint le rejoint. Pour de vrai, cette fois, et sans soucis. Jarvis ne retient pas sa main qui va ébouriffer la tête blonde, qui lève les yeux vers lui et sourit un petit peu.

Ils descendent et gagnent aussitôt la cuisine où les attend un Tony accroupi sur sa chaise, la tête en arrière, observant le plafond qu'il connaît déjà par cœur. Quand il entend les deux autres entrer, il se tourne vers eux. Son air enjoué se renfrogne vite.

« Pourquoi lui il a le droit de marcher pieds nus ? »


Ain't No Fooling Me - - - Tyler Hilton


Fin du septième chapitre.

Si vous avez la moindre question (pour ce chapitre ou même pour plus tard, hein !), la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :) ! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !

J'ai une page facebook sur laquelle je poste une fois par jour une fanfic (souvent anglaise ; très souvent avec Clint) ; où je poste également de extraits d'OS à venir (il y en a une paire Avengers / AoS) ; éventuellement aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.

Je réponds aux reviews anonymes sur skatyskayt . wordpress . com

Skayt