Bonjour bonjour,
Bonne année!
Il y a, du coup, un risque de spoilers; notamment sur les films et les séries Marvel ! Pas actuellement, à part peut-être quelques menues références à la série Marvel - Agent Carter
Euh ... oups? Pour ma défense, et essayer de me justifier un minimum de ce délai important dans le chapitre 7 et le chapitre 8, je vais invoquer le cinquième amendement (et tant pis si je ne suis pas concernée car pas aux Etats-Unis). Disons juste qu'au boulot, je travaillais plus facilement sur le brouillon d'une fic / OS Hurt! Clint (très Hurt!Clint, d'ailleurs) que sur CFJB vu que j'ai énormément de notes déjà pour elle et que je ne voulais pas bosser sur une scène qui correspondrait pas à ce que j'avais prévu (excuse à deux balles bonjouuuur ). Quand j'avançais sur CFJB, c'était sur papier et ... y a pas un proverbe qui dit "qui écrit sur papier doit ensuite recopier"? Non ? C'est bien dommage qui écrit sur papier doit ensuite recopier * zyeute tristement vers les quelques 100p manuscrites qui sont à recopier et se souvient avec effroi de l'écriture de schtroumpf qui va avec et pleure d'avance*
Le chapitre 09 ne mettra pas autant de temps. Vrai de vrai. Il est quasi bouclé aussi!
Un grand merci à LiliEhlm qui corrige ce chapitre, telle la Lili-ninja qu'elle ne prétend pas être (mais elle est quand même); et à chocobi6 de moi laisser parler toute seule quand j'ai mes doutes à la schtroumpf et mes lubies à encore plus schtroumpf
Enième mise à jour car FF, pour m'accueillir comme il se doit après cette loooongue absence, me fait une petite blagounette pas drôle du tout
Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi: j'en pleure tous les soirs)
Chapitre 08 - Begin Again
Habitué à devoir lui-même remplir l'assiette de Tony qui, s'il ne le fait pas, allait prendre un malin plaisir à se moquer du monde en en prenant moins que le minimum (si quelqu'un est capable d'une telle prouesse, c'est bien Anthony), Jarvis s'occupe naturellement aussi de celle de Clint. C'est pour le mieux, de toute façon. Il n'est pas certain que le petit archer aurait osé se servir une portion correcte. À la tête que fait le nouvel arrivant au manoir, Edwin se demande s'il n'a pas vu un peu trop copieux, pour commencer. Que le dîner de la veille n'était pas qu'un dîner maladroit, que le petit blond n'était pas juste inquiété par tout ceux qui l'entouraient. Peut-être que ça lui suffisait vraiment.
« Si tu en as trop, tu n'es pas obligé de tout manger. » Le rassure aussitôt Jarvis. Il essaie de sourire d'un air bienveillant. Il n'a pas la sensation que ce soit un franc succès. « Le but n'est pas de te rendre malade. »
« Moi aussi, j'suis pas obligé de tout finir ou ton dessein secret c'est de me rendre malade ? » Demande Tony, poussant ses haricots verts du bout de sa fourchette, les baladant d'un côté puis de l'autre, grimaçant et pas convaincu par ses légumes.
« Si je vous avoue mon dessein secret ce n'est plus un dessein secret, monsieur Stark. » Réplique Jarvis, d'un ton si sérieux que Tony ronchonne entre ses dents en faisant son petit Calimero malheureux.
« Tu veux que je sois malade. Quel genre de monstre es-tu pour vouloir que je sois malade ? Quel genre de monstre veut que les gens soient malades ? À part les docs. Eux c'est littéralement leur job, donc une question de survie. Si les gens sont pas malades, les toubibs servent à rien, vu qu'ils ont plus de patients, pas de patient pas d'argent, et pas d'argent ils ont... ils ont rien vu que l'argent fait tout. »
« L'argent ne fait pas tout. » Contre et soupire Jarvis ; qui se demande comment Tony dévie toujours de la sorte... et qui attend et espère que le concerné s'aperçoive de ce qu'il fait.
« Bien sûr que si. Cite-moi un truc que l'argent donne pas. »
« L'amour. »
Le gamin roule des yeux. Tellement cliché. « Y a les pu-les prostituées. »
« Je... » Le majordome fronce les sourcils. « Ce n'est pas avec moi qu'il faut que tu aies cette discussion, Tony, mais non, elles... elles ne donnent pas de l'amour. » Tony ouvre la bouche, prêt à répliquer. « Non. »
« Je suis pas d'accord mais soit... donne-moi un autre exemple, alors. »
« Pourquoi est-ce à moi de prouver que l'hypothèse selon laquelle l'argent fait tout est erronée ? »
« Parce que. »
Clint picore distraitement la nourriture dans son assiette. Il n'a pas la moindre réaction face à la conversation en cours (ce dont Edwin ne se plaindra pas). C'est bon à savoir aussi, d'ailleurs : Tony qui argumente contre lui ne va pas être un problème. Reste que Tony est un problème.
« L'argent ne ramène pas Captain America. »
La bouche grande ouverte, fendue en un immense sourire qui ne présage rien de bon, Tony regarde Edwin. « Ça c'est petit. » Il souffle. « C'est énoooorme. »
Jarvis ne dit rien. Ne pas alimenter les idées de Tony (ou pas trop, en tout cas). Il commence à manger et prie pour que le jeune Stark ne tarde pas à le faire lui aussi. Cet enfant à des habitudes alimentaires encore plus extrêmes et inquiétantes que son père... ce qui n'est guère une chose souhaitable.
« Mais l'argent va peut-être le ramener. Papa va le trouver, un jour, tu vas voir. Il sera peut-être trèèèès vieux mais il le ramènera. » Sourit Tony, imperturbable. « Et sans argent y aurait même pas de Captain America. Donc, d'une certaine manière, l'argent le ramène vu que sans argent y en aurait carrément pas. »
L'adulte soupire fortement. Las, mais las, il se demande ce qu'il a fait pour mériter ça. Il se demande aussi pourquoi il reste ici. Couteau et fourchette se posent sur le bord de son assiette. Le dos bien droit (il s'est redressé pour avoir l'air vraiment, vraiment contrarié... un peu), les lèvres pincées et le visage dépourvu de tout sourire amusé : Jarvis regarde Tony. Ce dernier retrousse un coin des lèves et lève les sourcils, pas plus impressionné que ça par celui qui lui fait face. Clint, lui, l'est. Lui aussi a posé ses couverts, en vitesse, et s'est ratatiné sur sa chaise.
« Non, Clint. » Murmure Edwin en lui prenant la main et en frottant le dos. « Tu n'as pas à t'en faire. Ce n'est pas après toi que je suis en colère, mon grand. »
« Parce que t'es en colère après moi ? »
Assis en bout de table, Tony à sa gauche (toujours à sa gauche ; toujours pour l'éloigner de la poubelle et l'empêcher de se débarrasser de son repas autrement qu'en l'ingérant et le digérant) et Clint à sa droite, Jarvis regarde les deux jeunes. Le sourire insolent, moqueur et railleur de Tony est normal. C'est son sourire préféré, après le sourire incroyablement suffisant et « je suis le meilleur, le plus intelligent et même que je le sais ». La paire d'yeux bleus, ceux de Clint, qui passe maintenant de l'un à l'autre, à l'écoute maintenant, paraît aussi normal. Edwin va devoir s'y faire. Il espère devoir s'y faire. S'y faire, ça veut dire que Clint reste ici. Il doit rester ici. Jarvis ne se voit pas le ramener à son foyer, lui dire « au revoir » encore une fois.
« Tony... »
« Quoi ? » Demande Anthony d'un air innocent qui ne lui sied pas au teint. « Tu as dit ne pas être en colère après lui, après lui, donc tu es en colère après quelqu'un. Or il n'y a que Clint et moi donc c'est après moi que tu es en colère. » Il hausse les épaules. « Sauf si tu es en colère après toi pour pas avoir remarqué que Clint est sourd. Ou malentendant. Il a l'air de quand même entendre un petit peu. Y a une différence ou je me l'invente ? »
Quatre yeux le regardent, grands ouverts et tous sont aussi surpris. La bouche bée, Jarvis balbutie quelques mots indistincts pour Tony. Clint n'y prête pas attention. Il fixe plutôt avec effroi celui en face de lui. Un petit sourire en coin, les sourcils en l'air, Anthony est parfaitement conscient de ce qu'il vient de déclencher et ne le regrette même pas un peu. Le petit blond secoue la tête de droite à gauche. Non. Non, c'est faux. C'est faux, l'autre à tort. Il ne faut pas l'écouter et le croire encore moins.
« Tu vas pas le croire, quand même, quand il te dit que c'est faux ! Rassure-moi ! »
« Tony... »
« Jarv', je t'assure que je pense avoir raison. Il regarde trop les lèvres des gens, c'est trop bizarre. Puis il réagit jamais quand on lui parle et qu'il regarde pas, y a qu'à voir ce qui s'est passé hier soir. Et ce matin. Et maintenant. Et devant la télé... tu vas pas me dire que c'est parce qu'il aime pas Un nouvel espoir, hein, parce que c'est pas possible. Y a que toi qui peut ne pas aimer et pas être un gros naze. »
Merci du compliment... il suppose.
« Tony, stop. » Ordonne Edwin, sur les nerfs. « Je t'en prie... stop. »
« Mais... »
« Stop. » Il insiste.
Du coin de l'œil, Edwin désigne Clint à Tony. Il s'arrête aussi sec, cesse d'insister, ne cherche plus à trouver de nouveaux éléments susceptibles d'étayer sa théorie. La réaction de Clint est à la fois criante et douloureuse de vérité. L'adulte quitte sa chaise pour se baisser près de celle de Clinton. Sa main droite tremble, posée sur ses jambes, le poing serré tandis que le pouce de la gauche s'échine à rouvrir une vieille plaie. Toujours la même, hélas. Jarvis lui attrape les mains, le faisant se geler d'un air inquiet. Et Tony commence (enfin) à manger. Il sait choisir son moment.
Ces gosses auront sa peau. Les deux, oui oui. Qu'importe le fait que Clint soit seulement arrivé la veille, en fin de journée, il est compris dans le lot quand même.
« Clint ? »
Le petit secoue négativement la tête. Encore, et encore, et encore.
« Non quoi ? »
Clint avale sa salive. Ses lèvres tressautent. La paire d'yeux continue à intensément fixer Jarvis.
« Ce n'est pas un mal, Clint. Tu n'as pas à avoir honte ou quoi que ce soit. On ne va pas... bon sang, on ne va pas te renvoyer à cause de ça. »
On ne le croit pas. Tony glisse ses haricots dans l'assiette d'Edwin ainsi qu'une pomme de terre. Il faut avoir du culot, dans la vie.
« Il faut que je sache, que tu me répondes... s'il-te-plaît. »
« Je... vais re-mettre dans mon sac. » Murmure le forain. « Tant... tant pi-pis pour l'arc. C'est tant pis. »
Tony relève la tête, la bouche à moitié pleine. Y a pas que le culot dans la vie, y a aussi l'intelligence... et il faut manger au moins un peu, se débarrasser de tout est trop louche. « On le garde quand même, dis, hein ? J'aurais rien dit, sinon ! »
« Tu veux partir ? » Demande Edwin, tout doucement. Il se doute de la réponse. Il espère en entendre une bien distincte, en tout cas.
La réponse tarde mais arrive. « Ça compte pas... c'que moi j'veux, ça compte pas. »
« Ce que tu veux est la seule chose qui compte, pour l'heure. » Edwin sourit.
D'un coup de manche, Clint se frotte les yeux. Humides, brillants, les larmes menaçaient de couler. Il préfère les faire disparaître d'un revers que leur laisser la moindre chance de se montrer et découvrir la vie à l'air libre. Jarvis soupire. Il ne lui aura pas vraiment fallu longtemps pour être totalement avec le petit archer et le garder à ses côtés. Il le prend dans les bras. Tony se débarrasse d'encore quelques haricots et donne un petit coup dans le tas pour qu'il paraisse moins louche.
« Pardon. » Dit Clint à son oreille. « Pardon. » Il n'ose pas passer ses bras autour de l'homme. Il ne sait pas s'il en a le droit. Il ne veut pas s'éloigner pour autant. Il est bien, là. Il se sent bien, à l'aise et protégé. Une grande main se pose derrière sa tête. Clint ferme les yeux. Il regrette Barney mais ce câlin est un des meilleurs qu'il ait reçu depuis longtemps. Environ dix ans. « Par- »
On le recule et Jarvis lui sourit toujours. « Tu n'as rien fait de mal. »
« Ja- » Commence l'enfant avant de changer d'idée. « Avec Barn-ey on... il m'a appris les lèvres. »
« Pourquoi ? »
« Papa... il aimait pas. Après on a voulu nous... » Il cherche ses mots, pas encore tout à fait rassuré. Le stress est horrible. Le stress est stressant et stresser stresse encore plus. « Plus ensemble ? »
Il connaît les mots. Il les sait. Juste... ils ne veulent pas venir.
« Séparer ? » Propose Jarvis.
Clint confirme. « Nous séparer. C'est pour ça qu'on est partis. En partie. Et... et Carson... Buck a appris. Ja-Jacques pas vraiment. »
« Qu'est-ce que Buck a appris ? »
« À parler pour que je comprenne bien tout. M'apprendre des mots, les dire et m'aider avec les lèvres. »
« C'est Dan qui lit aussi sur les lèvres, nan ? » Demande Tony. Il ne dit pas grand chose mais ne perd pas une miette de la scène. Une unique fesse posée sur sa chaise, il se tient prêt à déguerpir sitôt le champ libre. Il veut retourner dans sa chambre pour bricoler, pour s'occuper, pour ne pas rester dans la cuisine qu'il déteste. Trop grande pour seulement deux personnes. Ils sont toujours deux. Trois quand Ana est là. Quatre quand Maria ou Howard oublient de ne pas être là.
« Oui. » Confirme Edwin. « Et peux-tu, s'il-te-plaît, me faire le plaisir de récupérer ce que tu as mis dans mon assiette, Anthony ? »
Tony fait la moue. Il s'exécute mais ajoute ça à sa (déjà longue) (vraiment très longue) liste de « preuves que Jarvis n'est pas vraiment un être humain mais en fait un robot très poussé avec une intelligence artificielle du tonnerre de dieu ». Il travaille encore sur le nom qui n'est pas très pratique.
« Donc... tu lis sur nos lèvres ? »
Clint hoche la tête, timide. « Je peux un petit peu entendre. Je peux un peu savoir quand on parle et... euh... » Il hausse les épaules, mal à l'aise d'être le centre de l'attention alors que Tony Stark est dans la même pièce. « Quand il faut regarder. »
L'homme dans le costume sur-mesure a la gorge nouée et s'en veut.
« Tu nous comprends ou tu préférerais qu'on parle plus lentement, qu'on articule mieux, qu'on fasse quelque chose pour te prévenir lorsqu'on te parle, ou... »
« Ça... ça va. B-Barney s'aidait de ses mains et Buck aussi, un peu, mais ça va. Je... je peux lire. » Clint sourit. « Vraiment. »
C'est tellement foireux comme situation. Tout ça, tout ce qu'il vient d'apprendre, à commencer par la façon dont il l'a su, déplaît fortement à Edwin. Tous les efforts de Clint pour comprendre le monde qui l'entoure le dépriment d'avance. Ses efforts pour cacher son problème aussi. Qu'il ait eu besoin d'apprendre à le cacher encore plus. Ce qu'il laisse échapper, morceau par morceau, sur son père et le foyer duquel les Barton se sont échappés l'inquiète – même si ça justifie la fuite des deux frères. Il se demande ce qui est arrivé à Charles Barton. Les deux frères si proches, d'après le peu qui sort. L'aîné si protecteur. Pourquoi Clint est-il aujourd'hui seul dans cette cuisine ? Pourquoi Clint les a-t-il suivis pour partir de son cirque ?
« P'pa pourrait lui bricoler un truc. » Signale Tony. Il a récupéré une demie-pomme de terre et un tiers des légumes précédemment cédés au majordome. « Pour qu'il entende un peu mieux. »
« Nous n'en sommes pas encore là, Tony. »
« Ouais. On est un peu nulle part, là, j'voudrais pas dire... » Ronchonne le premier. Ses pieds sont posés sur l'assise de la chaise d'en face (celle de Clint, donc) et ses bras croisés sur son torse. On l'a connu de meilleure humeur.
Edwin a, de nouveau, un Clint collé contre lui. Comme la veille, le jeune archer serre la veste de costume que l'adulte a sur le dos. Celui-ci ne va pas s'en plaindre, au contraire. Il apprécie que l'enfant soit suffisamment rassuré pour se laisser aller contre lui de la sorte au lieu d'essayer de se soustraire et disparaître. Clint inspire et expire doucement. Il se calme petit à petit. Il enregistre lentement la possibilité (quand même un peu folle) qu'on ne va pas nécessairement essayer (et réussir, bien sûr... on réussit toujours) de se débarrasser de lui en le renvoyant au foyer, maintenant qu'ils savent.
« Tu essaies de manger encore un peu ? » Le prie Jarvis, en s'éloignant vers sa chaise. Malgré ce qu'il a dit, et ce qui tient toujours, il aimerait que Clint mange un peu plus que ça, quand même. Que le gosse ait ingurgité une quantité raisonnable de nourriture.
Évidemment que Clint va obtempérer sans rechigner ni tiquer. Il va falloir lui montrer, et lui apprendre, qu'il a parfois (et seulement parfois, quoiqu'en pense Tony) le droit de discuter et contester. Clint va apprendre du meilleur. Edwin ne se fait pas trop de soucis à ce propos. Le jeune archer se remet correctement au fond de sa chaise, fait au mieux pour ne pas déranger les pieds envahisseurs du jeune Stark, se frotte l'oreille droite sur l'épaule et reprend sa fourchette. Jarvis remet, l'air de rien, dans l'assiette d'Anthony ce que le démon a tenté de lui laisser.
Tony reconnaît sa défaite et l'accepte bon gré, mal gré. Il essaie de terminer sa portion le plus vite possible histoire d'avoir la paix. Clint commence quant à lui à vraiment caler. Ses fourchettes sont moins remplies, plus lentes aussi. Mais on ne gaspille pas. Barney lui a toujours demandé de ne pas gaspiller.
« Clint ? »
Quand il voit le petit blond – définitivement trop petit pour son âge – tourner la tête vers lui et le dévisager avec cette intensité qui lui est propre, Edwin s'interroge. Comment ont-ils pu manquer ça ? Maintenant que Tony lui a dit, et que Clint l'ait confirmé, ça paraît tellement évident.
« Ne te force pas. J'avais mis beaucoup. Tu peux laisser si tu n'as plus faim. »
Le fils de Maria et Howard Stark observe. Un peu amusé, son regard passe de Jarvis à Clint puis de Clint à Jarvis. Les pieds toujours sur la chaise d'en face, il joue avec ses couverts, les fait tourner et claquer contre le bord de son assiette vide. Clint semble partagé entre son envie d'obéir (il ne peut vraiment pas manger davantage) ou contredire monsieur Jarvis avec ce qu'on lui a toujours appris : termine ton assiette, ne gaspille pas.
S'il ne mange effectivement plus, Edwin n'a pas pour autant gain de cause. Il ne s'en formalise pas particulièrement. Ces moments sont plus fréquents qu'il le souhaiterait.
« Non. » Jarvis secoue la tête de droite à gauche et attrape la main de Clint qui est déjà en train de s'en prendre à son bras. Faire disparaître une habitude n'est pas jeu amusant.
« Tu te souviens ce que tu m'as dit pour m'aider à arrêter de sucer mon pouce ? »
Edwin fronce les sourcils. Apparemment pas.
« Trouver quelque chose pour le remplacer. »
« Remplacer une mauvaise habitude par une autre mauvaise habitude est une mauvaise habitude, Tony. »
« Qui a dit qu'elle devait être mauvaise. » On sourit, l'air suffisant. « Elle déchire ! »
Le majordome regarde Clint, trop petit dans son sweat trop grand, et pense (espère) deviner ce que Tony a en tête. Un regard en biais lancé vers le fils de Howard lui confirme que oui.
Ce gosse sera soit un super-héros, plus tard, comme Captain America qu'il aime tant... soit un super-vilain. Et un vilain qui gagne, en plus !
« Vous pouvez aller jouer un peu. Bricoler, si tu veux bricoler, et Dieu m'en garde. » L'autorise-t-il à contrecœur. « Mais porte ouverte et pas d'étincelles. »
« Pas juste. » Marmonne Tony. « J'vais construire un robot pour gérer les extincteurs et tu pourras plus m'empêcher d'en faire. »
Jarvis sourit. « Je pourrai toujours vous empêcher d'essayer de mettre le feu à votre chambre, Anthony. Toujours. »
Les lèvres de l'enfant s'étirent à leur tour. « Challenge accepté ! Tu aurais mieux fait de ne pas me le dire. Parce que me le dire aurait pu me miner le moral, hein, et pas qu'un peu. Et, si j'étais un peu moins sûr de pouvoir réussir, j'aurais pu abandonner un projet de cette importance. » Il s'interrompt et regarde l'adulte, les yeux ronds. « Tu crois que si je réussis ça intéresserait papa et qu'il voudrait bien bricoler un peu avec moi, parfois ? »
« Je crois que peu importe ce que vous faites, votre père sera intéressé. » Il ne se défait pas du vouvoiement. Tony le croira étrangement plus facilement.
« Ouais. J'te crois pas. Mais c'est gentil. »
« Va bricoler, Tony. » Souffle Edwin. Pourquoi Howard et Anthony sont-ils si difficiles. Comment peuvent-ils être si difficiles. « Mais pas d'étincelles, et rien de plus grave que des étincelles. » Il se tourne vers Clint et attire son attention. « Tu veux qu'on aille dehors et tirer quelques flèches ? »
Les yeux qui brillent et pétillent sont une réaction disproportionnée mais font plaisir à voir. Il acquiesce tout de suite, son visage illuminé par un grand sourire qui cache seulement quelques dents. Cette proposition lui plaît plus que tout. Edwin sourit aussi. Il lui dit qu'il peut monter chercher ses affaires pendant qu'il débarrasse la table.
Étonnamment, Tony est encore sur sa chaise.
« Tony ? »
« J'hésite, maintenant. J'ai envie de faire péter des trucs mais j'ai aussi envie de le voit tirer et d'essayer. »
« Pour essayer il faudra demander à tes parents avant, ainsi qu'à Clint. Et pas d'explosions, Tony. »
« Mais... c'est pas juste. » Il soupire, défait. « Juste regarder, c'est... c'était trop cool, au cirque. »
Clint n'est pas encore à l'étage. Ni dans les escaliers. Pas même devant. Il n'est pas encore sorti de la cuisine. Il connaît le chemin, pas de problème, mais n'ose pas se déplacer dans le manoir comme s'il était chez lui et en avait le droit. Il n'est pas chez lui et n'a pas le droit. Il avance lentement, s'attendant à tout instant à ce qu'on vienne le faire s'arrêter.
« Ouais donc je... j'vais bricoler. Du coup. J'ai un circuit sur le feu, de toute façon. » Edwin ouvre la bouche. « Façon de parler, Jarv'. Et... » Il se force à sourire. Il n'en a plus vraiment envie, tout à coup. « Comme papa sera à la maison et dispo, je vais essayer d'en profiter. » Tony zyeute vers Clint. « Sauf s'il est là seulement pour lui. »
« Pas d'étincelles, de fumée, ou que sais-je de dangereux, sans supervision. »
« Ouais, ouais. Rien d'amusant, je sais. »
Begin Again (New York Melody en VF) - - - Film de John Carney avec Keira Knightley et Mark Ruffalo
Fin du huitième chapitre.
Si vous avez la moindre question, la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, surtout, surtout pas! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :)! Surtout que je suis sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel!
J'ai une page facebook sur laquelle j'ai posté une fois par jour une fanfic (souvent anglaise, très souvent avec Clint); où je poste également des extraits d'OS à venir (il ya une paire Avengers / AoS); également aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.
Skayt
PS. J'ai dû changer X fois le chapitre car FF & Chrome se fichaient de moi et traduisaient les mots anglais vers le français (car, but...) donc n'hésitez pas à me dire s'il y a encore des couacs
J'aurais aussi une question:
CFJB est destiné à être une longue fic (vraiment)
- vous préfériez avoir toute la fic d'une traite, tout à la suite, rien à schtroumpfer, on est des fous, nous! Ou ...
- si vous préféreriez que la partie soit découpée selon les périodes (et, dans ce cas, il reste à voir les-dites périodes :))
Sachant aussi que, fondamentalement, chaque option à sa plateforme. La première convient mieux à FF qui ne permet pas la création d'une série de fic, de faire des liens entre eux, etc La seconde correspond à AO3 (pour les raisons que FF n'a pas, évidemment)
