Bonjour bonjour,
Bonne année!
Il ya, du coup, un risque de spoilers; notamment sur les films et les séries Marvel! Pas actuellement, à part peut-être quelques menues références à la série Marvel - Agent Carter
Un grand merci à LiliEhlm qui corrige ce chapitre, telle la Lili-ninja qu'elle ne prétend pas être (mais elle est quand même); et à chocobi6 de moi laisser parler toute seule quand j'ai mes doutes à la schtroumpf et mes lubies à encore plus schtroumpf
Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi: j'en pleure tous les soirs)
Chapitre 10 - This Much Is True
Septembre 1984
Clint réapparaît dans la cuisine après une dizaine de minutes, son arc dans les mains, les flèches en moins. Nerveux et mal à l'aise, il se balance d'un pied sur l'autre. Son allure chétive et ses vieux vêtements parfois trop grands détonnent au milieu du luxe du manoir Stark. Malgré son inquiétude, il ne s'en prend pas à ses bras (pour une fois) et, plutôt, joue avec la corde de son arc. Un torchon en main, Jarvis le regarde et espère pouvoir le faire tirer aussi souvent que possible, si ça lui fait cet effet-là.
« On y va ? »
« Je n'ai pas de flèches. » Maintenant que Clint sait qu'il sait, et – plus important encore – que ça ne change rien, il paraît faire moins d'efforts pour cacher ses difficultés. Articule un peu moins, se détend un peu plus.
« Monsieur Stark a fait faire des flèches pour toi. » Lui dit-il. « Tu dois en avoir cinq ou six. » Il espère que Clint n'en a que cinq ou six. Avec Howard Stark, il peut tout aussi bien y en avoir cinq ou six caisses de flèches.
Les sourcils froncés de l'enfant sont ceux d'un gamin qui n'est pas habitué à recevoir quelque chose. « Pourquoi ? »
« C'est plus pratique. »
Edwin ne sait pas si sa tentative va prendre mais il tente le coup. Ça fonctionne avec Anthony, la question est : en sera-t-il de même avec Clinton ? Conclusion: oui mais non. L'archer secoue la tête de bas en haut. Clint prend la réponse de l'adulte comme une invitation à ne pas continuer avec ses questions. La patience de monsieur Jarvis a ses limites et Clint n'est pas pressé de découvrir où elles se situent. Le majordome finit rapidement ce qu'il est en train de faire avant de quitter la cuisine, suivi du regard par l'enfant – qui ne sait pas s'il doit le suivre ou pas. Edwin va chercher les flèches, rangées dans le porte-parapluie (cette famille a un sérieux soucis) et les lui donne. Clint balbutie des « merci » maladroits mais émerveillés quand il les voit pour la première fois.
Ils gagnent tous les deux le jardin. Dans un coin reculé, loin de l'allée et des vitres – sait-on jamais. Jarvis fait signe à Clint de rester où il est pendant qu'il part à la recherche de quelque chose qui pourrait servir de cible improvisée. Il en trouve une vraie. Merci Peggy, merci Daniel ! Merci monsieur Stark, aussi : a-t-il vraiment besoin de laisser deux espions s'entraîner au tir dans le parc du manoir ? Edwin vérifie vite fait que Bernard n'est pas dans les environs non plus. Cette bestiole est le flamant rose le plus bête qu'il ait rencontré. Pas qu'il en ait rencontré beaucoup, mais bon.
Bernard n'est pas là.
« Je dois faire quoi ? »
Jarvis fronce les sourcils. « Pardon ? »
« Je dois tirer com'ien dans le mille ? Faire quoi comme forme ? Je... dois faire quoi ? »
« Euh... tirer ? Je suppose ? »
Il n'a pas pensé à ça. Il ne s'est pas dit, ou n'a pas voulu se le dire (lui-même n'est pas sûr), que, bien qu'il soit évident que l'enfant apprécie tirer avec son arc, il n'a pas souvent dû avoir l'opportunité de le faire pour son seul plaisir. Son entraînement et son (ses) numéro (numéros) sont devenus son loisir mais c'est ce que c'était : un entraînement. Quelque chose avec des consignes précises, des règles arbitraires et des punitions à la clef s'il vient à échouer. Même pas un bon entraînement. De son côté, Hawkeye ne pense pas qu'on lui propose de tirer juste pour tirer, pas sans attendre qu'il fasse quelque tirs bien précis.
« Toutes ou pas toutes ? » Insiste Clint, perdu. « Je... »
« Que dirais-tu qu'aujourd'hui, ce soit toi qui te fixes un objectif à atteindre ? »
« Mais, si je rate, y se passe quoi, du coup ? »
« Tu réessaies, si tu en as envie. » Sourit Edwin, une main sur son épaule osseuse. Il déchante à vitesse grand V, cependant. Non seulement l'archer se soustrait à son contact mais, en plus, il trouve ça bizarre... réessayer s'il en a envie. « Clint, ce qui se passait à Carson n'est pas normal. Personne n'a le droit de te frapper, ou de te faire du mal d'une quelconque façon. Jamais. »
Ça n'a aucun sens.
« Et si je mérite ? »
« Tu ne le mérites pas. Personne ne mérite d'avoir une épée braquée sur soi. Pas plus que de se prendre des coups pour une raison X ou Y. Promis. »
Pourvu que le message passe bien comme il faut auprès de Clinton et ne soit pas mal interprété (comment ? Edwin n'en sait rien mais dix années passées avec Tony et plus encore avec Howard et Peggy lui ont appris à ne douter de rien). Les yeux grands ouverts, le gamin respire lentement, réfléchit probablement, joue avec la corde de son arc en tirant dessus encore et encore. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis la dernière fois qu'il a vraiment pu l'utiliser ! Clint tique et grimace, finit par secouer la tête et hausser les épaules. Le message est au moins partiellement passé. Encore loin d'être cru ou accepté mais une première partie du chemin est faite.
« Barney... » Clint inspire. Il hésite. « Il disait ça. »
Disait. Disait n'est pas un bon mot.
« Il avait fait promettre qu'on me tape pas. » Continue Clint. La précision n'est pas bonne. Jarvis tique toujours sur les mêmes points. Il n'aime pas ça. « Et que je suis pas dans le spectacle. »
Bel échec en perspective. Et à tous les niveaux ! Ont-ils profité du départ de Charles Barton pour utiliser Clint et lui attribuer des numéros ? Non. Barney ne serait pas parti. Il n'aurait pas laissé son petit-frère derrière lui, seul. Pas avec les quelques informations que leur donne l'archer. Ce n'est pas compatible. Le passé et la situation des deux frères l'intriguent autant qu'il le déprime.
« Il... disait que si je voulais, on allait s'en aller. » Clint avale sa salive, Jarvis préfère ne pas essayer d'initier le contact. Braquer le gosse alors qu'il parle (enfin) de son calvaire à Carson ? Hors de question. Pas alors que les éducateurs ont dit à monsieur Stark que Clinton refusait net d'en parler. « On s'en est pas allés. Ils frappent. Et je dois aller sur la piste. »
Les confidences ? Il ne les a pas vues venir. Il les espérait encore moins. Pas si vite. Pas avant très (très) longtemps. Si tant est que Clint soit encore avec eux dans très (très) longtemps.
« Les promesses ça veut rien dire. Les mots c'est rien. »
Et... les malheureuses mais bienvenues confidences n'en sont pas. Les confidences ne sont qu'un reproche bien amené. Edwin retrouve un peu du gamin bagarreur et qui n'a pas peur qu'il a aperçu au cirque, tant au milieu des caravanes que sur le parking lorsque Anthony et lui partaient qu'au commissariat. Il retrouve le petit singe monté sur le toit de la caravane afin de tirer sur le jeune qui voulait l'obliger à participer à la représentation.
« Je te montrerai que toutes les promesses ne veulent pas rien dire. »
« C'est une pro... » Son sourire en coin s'évapore quand il réalise ce qu'il est en train de faire. Odieux et détestable, véritable petite peste, à se comporter comme ça, on ne voudra pas le garder ici très longtemps. Clint s'excuse à mi-mot puis tire à la suite toutes ses flèches. Ses mains tremblent un peu. La réponse qu'il a failli dire à monsieur Jarvis va le faire retourner au foyer.
Il ne veut pas retourner au foyer.
Le foyer n'était pas aussi terrible que le premier. Barney lui a beaucoup manqué, c'est sûr, mais il ne s'est pas fait taper, cette fois. Ou juste un peu, si, mais c'est normal et il ne s'est pas laissé faire. Il leur a mis une bonne raclée et a montré qu'il pouvait toujours recommencer ; même avec des plus vieux et des plus grands (ils n'étaient jamais aussi vieux ou aussi grands ou aussi forts que Barney). Les adultes ont voulu le faire parler de ses années de fuite, de ce qu'il a subi au cirque et de comment il s'y est retrouvé.
« Tu te sentiras mieux après en avoir parlé. Ça te soulagera de ne pas tout garder pour toi, tu verras ». Des clous, oui ! Il se sent mieux quand il n'a pas besoin d'y penser. Il l'a quand même fait, parler... mais juste un peu et pas très très longtemps. Il a commencé mais s'est arrêté quand il a vu leur tête lorsqu'il a dit ce que Jacques faisait... et il s'est senti mieux après ça, après s'être tu. S'il se sent mieux quand il ne parle pas et si les adultes n'aiment pas entendre ça : tout le monde est content, non ?
Non.
Les autres enfants – parce que tout finit toujours par se savoir – ont appris qu'avec son frère, Clinton s'est enfui de son ancien foyer : le rêve de presque tout le monde, se casser d'ici. Ils ont aussi su qu'ils ont rejoint un cirque et, franchement, c'est encore plus génial ! Que Clint soit pénible à les réveiller la nuit, avec ses cris, était presque excusé après ça.
Ce n'est pas pour autant qu'il veut retourner là-bas.
Il n'est pas non plus encore sûr de vouloir rester ici.
Mais ici, il a son arc.
« Impressionnant. » L'encourage Jarvis, une fois que Clint a terminé. Il n'a plus de flèches, toutes sont plantées dans la cible. Il n'y a aucun nouveau trou dedans.
« J'ai raté la troisième. » Clint s'approche, suivi d'Edwin, et lui montre le trou fait juste à côté d'un autre (d'une balle, cette fois, et non d'une flèche).
Comment a-t-il pu voir d'aussi loin que son tir était raté ?
« Ça reste impressionnant. »
« Jacques aurait pas été content. »
« Jacques a pas l'air d'être souvent content, hein. » :
Le gamin, qui regardait l'autre homme du coin de l'œil, au cas où, sourit. C'est un beau et grand sourire. Un qui fait plaisir à voir, un qui ne devrait pas être si rare mais qui, pense Jarvis, l'est certainement. Clint confirme, sans un mot.
« Tu veux continuer ? »
Encore une fois, il répond d'un signe de tête. De bas en haut, positif, oui, il veut. Edwin et Clint restent dehors un bon quart d'heure. Après chaque salve de tirs, Edwin demande à l'archer ce qu'il souhaite faire (continuer ou arrêter) et l'objectif qu'il s'est cette fois fixé. Très peu des flèches n'atteignent pas le point visé et aucune ne manque la cible. À onze ans, ses compétences sont remarquables. Peggy et Daniel pourraient peut-être voir ça avec lui ? L'aider, l'épauler, le suivre. Il continue à tirer des plans sur la comète, il faut qu'il arrête. S'ils finissent par rentrer, c'est surtout parce que Tony a hurlé après Jarvis. Il demandait à Edwin d'arriver, et vite, car « promis, pas d'étincelle, mais j'ai foutu le feu à mon circuit imprimé et fait cramer ma carte mère et j'ai tout lâché sur mon tapis. M'en veux pas, Jarvis, teuplait ».
Avant d'aller s'occuper de l'énième début d'incendie de Tony (rectification : super-héros, super-vilain ou pyromane, voilà les trois choix de carrière possible pour le jeune Stark), Edwin va installer Clint devant un film. La chambre d'Anthony n'est manifestement pas en train de prendre feu, Maria et lui ont veillé à ce que Tony sache comment réagir pour ça après le deuxième. Tony a déjà mis la VHS des Aventuriers de l'Arche Perdue dans le magnétoscope ; avec les dialogues incrustés en bas de l'écran, merci Howard de préférer multiplier les moyens de suivre les films, même lorsque son fils est le seul à les regarder.
« Je suis désolé. Je sais pas comment ça a pu prendre feu. Je te jure que c'était un incendie involontaire, cette fois. »
« Parce que d'habitude c'est le cas ? »
« Je plaide le cinquième amendement. Ou le quatrième. Je sais jamais lequel c'est. » Tony secoue la main. « Tu vois duquel je parle. »
Jarvis soupire. Encore. Toujours. Il ne fait que ça, il a l'impression. Ça va finir par être son mode par défaut, à force. Entre Peggy, Howard et maintenant Tony, il n'en a pas fini. Heureusement que la première a toujours refusé les avances du second ! Edwin ouvre toutes les fenêtres, pour faire partir le reste de fumée, et renvoie Tony dans le salon, avec Clint, pendant qu'il évalue les dégâts et remet un semblant d'ordre.
Envoyer Antony regarder Indiana Jones après avoir provoqué son huitième incendie n'est pas une punition mais Jarvis s'occupera de ça après. Réparer le désordre avant, punition ensuite.
« JARV ! » L'appelle Tony, du rez-de-chaussée. « Jaaaaaaaaaaaaaarv' ! »
« Dans le salon, Tony. J'arrive. » Pas dans le salon, Tony. Le fils de Howard (certainement car il est le fils de Howard) grimpe deux à deux les marches et regagne sa chambre. Jarvis secoue la tête quand il le voit derrière lui. C'est pas possible, ça... « Reste avec Clint et regarde le film, toi aussi. Tu n'as pas raté grand chose. Et tu le connais déjà par cœur. »
« C'est le soucis. Pas que je le connais, hein, mais j'pense que Clint fait qu'ça. R'garder le film. »
« Lire, Jacques. Il doit lire pour trier. »
« On apprend à déchiffrer les lettres à l'école élémentaire. Qu'il déchiffre. »
Aw... sous-titres... non.
o o o
Les yeux ronds, Tony regarde son père qui vient de se laisser tomber sur le fauteuil près de la cheminée. Comme ça. L'air de rien. Comme si c'était normal pour lui de faire ça. D'accord, il s'agit de son fauteuil attitré mais, même comme ça, ça ne l'est pas... normal. Le fauteuil est très souvent (trop souvent) laissé vide car Howard a mieux à faire que de ne rien faire. Tony regarde donc son paternel qui s'installe, surpris de le voir prendre ses aises.
« Bonne journée, les garçons ? »
Les deux enfants sont sur le canapé, côte à côte. Tony est en train de montrer à Clint ce qu'il s'amuse à fabriquer dans sa chambre – quand il ne s'amuse pas à y mettre feu. Il en fait la démonstration plus qu'autre chose. Howard sourit quand il constate que l'attention du petit blond est entièrement focalisée sur Tony et qu'il n'est pas inquiet par son intrusion dans le salon.
« Ouaip. » Tony fait traîner le 'p' de sa réponse et donne un coup dans son voisin. Il sourit un peu, presque timide (ce qui ne lui va pas au teint) tandis que Clint, vraiment intimidé pour le coup, se ratatine sur lui-même, désireux de se faire tout petit voire oublié. « Je... j'avais un truc à te montrer mais j'ai tout fait cramer. »
« Tu avais un extincteur ? »
« Oui. »
« Rien de grave, alors. »
Les lèvres de Tony se lèvent face à la réponse de son paternel, un peu plus franc cette fois, puis tape sur l'épaule de Clinton et attend qu'il se tourne vers lui pour recommencer à l'ensevelir sous son incessant flot de parole. Howard sourit. Son fils le surprend énormément, ces derniers temps. Et en bien ! Jardis lui dit souvent que Anthony est trop méfiant vis-à-vis des autres enfants de son âge. Il ne se mêle jamais à eux, les quelques fois où il y est confronté, ou, s'il le fait, préfère leur signifier à quel point ils sont ignorants et stupides.
Clint, pourtant, semble trouver grâce. Pire encore : il arrive à faire que Tony veuille rester avec lui.
« Hmm... pa ? » Tony se décide à parler, à profiter de l'exceptionnelle apparition de son père. Trop tard. Howard est déjà en train de se relever pour retourner... pour retourner... pour retourner Tony ne sait où. Il s'en fout. Il s'en fout vraiment. Ça ne l'embête pas de voir que son père est venu seulement pour savoir comment ça s'était passé avec Clint et rien d'autre. Ça ne le dérange pas de passer après quelqu'un que son père ne connaît pas. Ça ne l'agace pas qu'après passer après Captain America, il passe aussi après l'archer. Son père doit avoir un truc pour les gens blonds et qui utilisent des armes bizarres. Un arc ? Totalement dépassé ! Un bouclier ? OK, ça marche aussi comme arme... mais dans ce cas l'arc aussi et... non, ça ne l'embête pas.
« Oui ? »
« Non. Rien. »
« Qu'est-ce que tu as à me dire, Anthony ? »
« Rien. »
« Tony... » Il n'est pas d'humeur.
« Rien. Tu dois retourner bosser, t'façon. Tu t'en fiches, comme d'hab. »
Howard souffle. Son regard croise rapidement celui d'Edwin. À l'air pincé de celui qu'il considère désormais comme un vieil ami, il comprend (et comment ne pas le faire) que c'est un soucis, un vrai, un gros, un de premier ordre, aux yeux de son fils. Qu'il pense réellement ce qu'il vient de dire.
Tony pense vraiment que lui, son père, se moque de son sort.
« Tony, tu... tu es ma plus belle réussite. »
L'enfant rit jaune. « C'est ça, ouais. »
« Tu es ma plus belle réussite, mon grand. Je... je n'ai pas le temps de t'accorder tout le temps que tu mérites mais tu es ma plus belle réussite. Vraiment. »
« Sauf que je suis pas Captain America. »
« Steve est ma deuxième plus belle réussite. » Howard sourit. « Et ce n'est même pas la mienne. »
À la façon dont Anthony regarde son père, Edwin sait que rien est encore gagné pour monsieur Stark... pas avant un moment. C'est que c'est borné comme son père, un petit Tony. Le gosse se renfonce dans le canapé. Il s'approche un peu plus de Clint, collant son épaule contre celle du petit blond qui ne suit absolument pas ce qui se dit. Du moins, c'est ce que se dit Jarvis, sinon quoi Clint aurait déjà mal réagi, non ?
« Clint est sourd. Faudrait que tu lui bricoles des aides... si tu as le temps. » Marmonne Tony dans sa barbe.
Howard reste cette fois bouche bée. « Pardon ? »
« Fais-le pour lui, steuplaît. T'as... je te demanderai rien pour Noël ni mon anniversaire. Même pas de t'en rappeler. »
Il cligne plusieurs fois des yeux, perdu. Perdu tant par la demande de son fils que par l'information qu'il lui communique. « Les éducateurs du foyer ne m'ont rien dit à ce sujet. »
Tony roule des yeux. Et c'est bien parce que Howard est Howard qu'il ne s'offusque pas de ce geste. « Parce qu'il le cache. Pas si bien vu que je l'ai vu mais vu que personne l'a vu ça doit pas être si mal que ça non plus. Juste... je suis moins con que les autres. »
« Langage, Anthony. » Soupire, machinalement, Jarvis.
Pour rien.
Howard dévisage son fils, encore et toujours. Il n'a pas l'habitude de voir ni d'entendre Tony lui demander quelque chose aussi directement. En quelques mois, pourtant, il lui a déjà demandé à deux reprises l'équivalent d'une faveur énorme. Et toujours en rapport avec la crevette assise sur le canapé, à moitié disparue contre Tony.
Lorsqu'il est passé le chercher la veille, on lui a bien parlé des cauchemars récurrents, qui le mettent dans tous ses états, de la facilité avec laquelle sortent les coups de poings, de son soucis avec les hauteurs et de son caractère aussi mauvais que bagarreur. On lui a dit aussi qu'il ne répondait pas toujours quand on l'appelait, qu'il se ratatinait toujours en présence d'un adulte et qui, bien qu'il semble manger de tout et n'avoir aucune allergie connue à ce jour, mange également trop peu. On lui a transmis les coordonnées du médecin qui le suit pour ses problèmes alimentaires ainsi que ceux de son thérapeute, à qui il ne parle jamais de rien si ce n'est du tir à l'arc. Le malheureux, qui n'y connaissait pas grand-chose à la base, a bien comblé ses lacunes maintenant.
« Avant de faire quoi que ce soit, il doit d'abord voir un médecin qui évaluera son audition. On... on avisera après ça. »
« Mais... »
Howard voit que sa réponse déçoit son fils. Il n'aime pas voir ce visage sur son petit génie. Il s'approche de Tony et se baisse près des deux enfants. L'homme d'affaires soupire quand Clint se recule.
« Si Clint a vraiment besoin d'aides auditives, il vaut mieux qu'il commence avec celles sur le marché. Il faut que j'ai le temps d'étudier la technologie utilisée, comment elles fonctionnent. Il faut que j'ai le temps de lui créer les meilleures, après tout. »
« Mais papa, il... »
« Ce que Clint a besoin, Clint l'aura. » Howard sourit. « Et sans que tu n'aies à me soudoyer ou me le demander comme des faveurs personnelles. Entendu ? »
La surprise est maintenant l'expression qui peint ses traits plus que toute autre. Howard soupire. Edwin et Ana ont raison. Ils ont tellement raison. Il savait déjà, avant, qu'ils avaient raison mais le voir est une autre histoire. Une preuve supplémentaire dont il n'avait pas besoin. Howard caresse, affectueux, les cheveux de Tony.
« Tu es un bon gamin, mon grand. »
L'enfant se détend au contact de la peau froide de son père. Il appuie sa joue dans sa paume de main, profite de ce contact, sent qu'il pourrait rester comme ça longtemps. Mais pas trop non plus. Il ne faut pas pousser. Il n'aime pas ne pas bouger. Howard est cependant le premier à rompre cette position. Il s'éloigne et, en quelques enjambées, quitte le salon sans plus de cérémonie. Lorsqu'il passe devant Edwin, Howard lui souffle juste d'appeler Obadiah pour décaler leur rendez-vous du lendemain et, si possible, qu'ils se rencontrent plutôt au siège de l'entreprise. Clint n'est pas prêt à voir de nouvelles personnes ici. Surtout pas Obie qui ne serait pas le plus rassurant pour un gamin abusé et terrifié comme l'archer.
« Jarvis ? »
« Tony ? »
« Tu crois que ça veut dire que pap' m'aime ? »
« Votre père vous aime quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse. Il a du mal à le montrer mais il vous aime. »
« C'est ça, ouais... »
« Tony... »
« Il a jamais de temps de pour moi. Ce que je fais, c'est jamais assez bien. Il a jamais le temps pour moi et il a jamais le temps pour moi. Même pas cinq minutes. » Tique Tony, pas convaincu pour un sou. « Y est juste v'nu pour savoir comment ça s'était passé avec Clint ! Moi ? Rien à foutre. » Il ramène ses jambes contre son torse. Le petit blond à côté de lui le regarde faire, surpris. On ne met pas les pieds sur le canapé !
« Il sait que les autres enfants de ton âge ne sont pas ceux que tu préfères. » Plaide Jarvis.
« Donc il vérifiait que j'avais pas tué Clint. »
« Non. Il vérifiait que tu étais toujours d'accord avec sa présence ici. » Sourit Edwin.
« Pour que je le traumatise pas. »
« Pour que tu sois heureux... » Soupire le majordome.
« Mais je suis pas heureux ! » Crie et s'énerve Tony. « Je veux mes parents ! Je veux qu'ils me veuillent ! Je veux qu'ils soient là ! Je les veux eux, pas toi. » Il serre les dents et les poings et même Clint qui se recule ne le calme pas. « Pas toi. C'est pas toi que je veux. »
This Much Is True - - - Emeli Sandé
Fin du neuvième chapitre.
Si vous avez la moindre question, la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, surtout, surtout pas! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :)! Surtout que je suis sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel!
J'ai une page facebook sur laquelle j'ai posté une fois par jour une fanfic (souvent anglaise, très souvent avec Clint); où je poste également des extraits d'OS à venir (il ya une paire Avengers / AoS); également aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.
Skayt
