Bonjour bonjour,
Ouais, les délais sont faramineux, je suis désolée ... surtout vu tout ce qui est déjà fait pour cette fic et qu'il me suffit juste de revoir pour ajouter des détails et vérifier la cohérence etc. A la rigueur ajouter quelques scènes ici et là mais pour la première partie de CFJB le plus gros est fait, pourtant.
En postant ce chapitre j'ai remarqué que j'avais appelé le chapitre précédent "chapitre 10" ce qui est évidemment une erreur. Je ne vais pas changer car c'est quelque chose de mineur et que FF une tendance à se schtroumpfer de ma schtroumpf en ce moment donc je préfère ne pas prendre le risque qu'il me massacre le chapitre :) (et j'ai raison de pas le faire vu qu'il me faut 20 minutes pour poster sur FF en ce moment vu qu'il me sucre voire me change le titre ; modifie des mots ; supprime des mots etc. C'est ce qui me donne vraiment de plus en plus envie de passer exclusivement sur AO3 qui est nettement plus pratique)
Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel ! Pas actuellement, à part peut-être quelques menues références à la série Marvel - Agent Carter
Un grand merci à LiliEhlm qui corrige ce chapitre, telle la Lili-ninja qu'elle ne prétend pas être (mais elle est quand même); et à chocobi6 de moi laisser parler toute seule quand j'ai mes doutes à la schtroumpf et mes lubies à encore plus schtroumpfantes et schtroumpfées
Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi: j'en pleure tous les soirs)
Chapitre 10 - The Other Side
Novembre 1984
Edwin et Anthony sont chacun d'un côté de Clinton et essaient, à leur niveau, d'aider le petit blond. Nerveux, celui-ci n'a de cesse de se trémousser sur sa chaise. Il cherche une meilleure position. Il cherche la position parfaite. Il cherche à être parfaitement bien... sans se dire que sa posture n'a rien à voir. Sans se dire que c'est la situation toute entière qui le rend mal à l'aise et non l'inconfort de son siège. Le gamin regarde partout dans le cabinet. Les murs d'un bleu pâle, qui tend vers le gris, où sont accrochés quelques cadres sur lesquels il n'arrive pas à distinguer ce qui y est peint. Trop abstrait... ou trop mal dessiné ? Clint tend vers un « trop mal dessiné » mais bon... qui irait acheter un truc mal dessiné donc ça doit juste être trop abstrait pour l'imbécile qu'il est. Son regard est souvent happé par les mains de l'homme qui parle à Jarvis, par Jarvis lui-même ou par Tony qui gribouille sur le carnet qu'il a sur les genoux.
Le petit Barton ne se sent pas bien, ici. Il sait que ce n'est pas pour le renvoyer au foyer, et encore moins pour le rendre à Carson, qu'ils sont ici mais ça n'empêche. Il ne se sent pas à l'aise en dehors du manoir Stark. Il n'est pas à l'aise dans le monde extérieur, en face d'un parfait inconnu qui parle, qui parle, qui parle alors qu'il ne comprend rien. Le petit flyer qu'il a sous les yeux ne l'intéresse pas le moins du monde. Il ne saisit pas la plupart des mots qui y sont inscrits. Ça ne doit même pas être de l'anglais, de toute façon ! Il n'y a pas de mots aussi compliqués en anglais.
Clint sourit timidement à monsieur Jarvis quand celui-ci se tourne vers lui et lui sourit. La main qui se pose sur son genou, pour le secouer gentiment, c'est tout, force le jeune adolescent à prendre sur lui pour rester de marbre. Il n'a aucune raison de se tendre ou de se braquer. Tout va bien. Il va bien. Il ne risque rien. Il commence à y croire un peu plus fort lorsqu'il avise l'air inquiet de Jarvis, qui a retiré sa main avec précipitation, et qu'il s'aperçoit que même Tony a cessé de dessiner pour les regarder. Le majordome lui demande si ça va. Il acquiesce d'un signe de tête et se décale un peu pour se rapprocher de Tony.
Tony n'aurait même pas dû être là. Tony était supposé rester au manoir, calme et autonome. Il était supposé rester seul et ne pas profiter de ces quelques heures pour (re)mettre le feu à son tapis ou inonder sa chambre (oui, c'est déjà arrivé). Il était supposé rester là-bas, avec son père qui travaille dans son bureau, au cas où... il était supposé être là-bas et certainement pas ici et, pourtant, le voilà ! Clint est content qu'il soit là. Il est content que Tony soit là parce que Ana n'a pas pu se libérer pour les accompagner. Il est presque content (quoiqu'un peu honteux) de s'être accroché à Tony, au moment de partir, afin qu'il ne le laisse pas seul.
Depuis le début du rendez-vous, Clint reste sage et silencieux, pas immobile mais adorable. Edwin n'est pas surpris. Clint l'est toujours. Probablement trop. Probablement aussi car il craint les conséquences qui suivraient un faux pas, même infime. Jarvis est, en revanche, plus étonné pour Tony. Même s'il a de quoi s'occuper les mains et l'esprit, le jeune monsieur Stark n'est guère friand des longues périodes où il ne peut pas parler ou lancer ses idées à voix haute à qui peut l'entendre. Assis sur la chaise du milieu, les pieds qui pendouillent dans le vide et les mains sous les cuisses, le dernier arrivé au manoir Stark inspire et expire doucement. Il travaille sa respiration pour ne pas perdre le fil d'une conversation qu'il ne suit même pas. Anthony va lui prendre les mains et serre les doigts qui apparaissent timidement. Il reconnaît les signes avant-coureurs d'une crise d'angoisse. Clint ne prend vraiment pas bien ce rendez-vous. Chaque fois que sa surdité est un peu trop mise en avant, l'enfant commence à s'inquiéter d'être une plaie pour eux... et Tony le sait, Tony l'a remarqué. Tony s'en soucie.
« Je vais te montrer comment les mettre, si tu veux bien. » Explique lentement le médecin.
L'homme commence à se lever pour contourner son bureau. Le voyant faire, Clint se renfonce dans sa chaise. Sa main tremble dans celle de Tony. Jarvis passe doucement une main dans les cheveux blonds et essaie de lui faire comprendre que tout ira bien.
« Clint ? Je peux m'approcher ? »
Le plus jeune secoue la tête. Oui, il peut s'approcher. Évidemment qu'il peut s'approcher. C'est son bureau, il fait ce qu'il veut. Et puis c'est un adulte, aussi, il n'a pas besoin de demander. Ou peut-être que si ? Il ne sait pas. Il ne sait plus. Il n'a jamais vraiment trop su. Sa respiration s'accélère et la panique monte en flèche lorsque le docteur s'approche pour de vrai et vient se baisser pour être à son niveau. Edwin se lève lui aussi et tâche de rassurer l'enfant mais c'est encore Tony qui y arrive le mieux. Il ne fait que lui tenir la main.
Ces deux-là sont quelque chose !
De petites larmes viennent faire briller les yeux bleus de l'orphelin dont la poitrine se lève et se baisse vite. Trop vite. Clint n'est pas sûr de ce qu'il doit faire et de ce qu'il doit dire et de ce qui va se passer et de s'il veut que ce qui va se passer se passe. Il ne sait pas, il ne sait plus. Il croit en Tony (Tony est cool) et en Edwin aussi (Edwin est gentil). Il suppose qu'il croit en Edwin aussi. Il veut croire en Edwin aussi. Il ne croit pas en le médecin, par contre. Il ne peut pas le laisser s'approcher. Non. Il ne peut pas. C'est beau- c'est beaucoup trop. Ses mains tremblent. De son avant-bras libre, il s'essuie les yeux. Ses mains tremblent encore. Jacques déteste quand ses mains tremblent et elles tremblent d'autant plus à ce souvenir. Jacques dé- il dé... Jacques...
« Clint ? » Edwin a ses mains de part et d'autre le visage du plus petit dont les larmes commencent à dévaler les joues. « Clint. Regarde-moi. » Jarvis secoue la tête et le félicite quand il croise le regard un peu trop perçant du gamin un peu trop petit. « Tu ne risques rien. On ne t'oblige à rien. Si tu ne veux pas en avoir, il suffit de nous le faire savoir. C'est ton choix, d'accord ? » Clint secoue la tête. « C'est d'accord ? »
Ce n'est pas Jacques. C'est monsieur Jarvis. Ce n'est pas Jacques et ça ne sera plus jamais Jacques parce que monsieur Jarvis est gentil. Ce n'est pas du tout comme à Carson, où la plupart du temps il n'était pas avec des gens gen... enfin il n'y a que Jacques qui était vraiment méchant. Buck était surtout indifférent.
« Clint ? »
Clint se mord les lèvres mais finit par accepter d'un signe de tête un peu hésitant.
« On essaie ? »
Oui. On essaie.
Une fois les appareils glissés dans ses oreilles et allumés, Hawkeye sursaute, quand bien même le son soit il au minimum. Il saute au bas de son siège, tremblant de tous ses membres, et regarde les trois personnes autour. Tony veut l'imiter et le suivre, Edwin le retient en place. Clint est allé se recroqueviller dans un coin. Comme d'habitude, il se fait tout petit et essaie de ne pas faire de bruit. Les mains sur les oreilles, s'ajoute à présent la volonté de se protéger du monde extérieur. Jamais ça n'a été aussi bruyant, le monde. Pas dans ses souvenirs.
« Ba'ney. » Il sanglote. « Ba'ney. Barney. »
Las, Edwin se passe une main sur le visage. À côté, Tony fronce le nez et les sourcils et s'interroge. Est-ce que Jarvis a raison de vouloir laisser de l'espace à Clint ? Clint a l'air d'avoir surtout besoin d'un des gros câlins qui font du bien qu'il lui faisait quand il se réveillait à cause d'un cauchemar (à l'époque où il trouvait les dinosaures effrayants, maintenant ça va beaucoup mieux, merci). Le majordome doit suivre le même train de pensées vu que, lent et prudent, il s'approche de Clint comme d'un petit animal blessé. Ce que Clint est. Une fois à son niveau, Edwin s'assoit par terre, juste à côté de lui. Il passe un bras autour des épaules de l'enfant, lui frotte les épaules et, l'air de rien, essaie d'éteindre les aides après avoir décalé les doigts du plus jeune.
Une fois débarrassé de ça, du bruit aussi étouffant qu'assourdissant, Clint lève les yeux vers Jarvis.
« Pardon. » Il souffle en se blottissant contre lui malgré tout.
« Non, Clint. »
« Si, Clint. » Insiste Clint. Jarvis sourit un peu à la réponse. C'est vraiment dans ces moments-là qu'il ose se dire que tout n'est pas perdu. « Je gâche tout toujours. »
« Tu n'as rien gâché. C'est la première fois. C'est normal d'avoir peur, la première fois. Ça ira mieux la prochaine. »
Clint secoue la tête avec une énergie toute retrouvée. Il ne veut pas de deuxième fois. Il n'aime pas ça. C'est trop. Trop de bruit, trop de sons dans tous les sens, il préfère son monde silencieux. C'est moins oppressant. C'est plus rassurant. C'est ce qu'il connaît. Contre toute attente, Hawkeye se jette tout bonnement dans les bras de Edwin et sanglote sur son épaule. Jarvis soupire et l'étreint en retour.
« Je v-veux pas. » Il dit, tout bas, pas certain d'avoir ce droit.
« D'accord, Clint. D'accord. »
« Par-don. »
« Non. » Souffle Jarvis. Clint ne peut pas l'entendre et ne le regarde pas, tout ce qu'il dira n'aura absolument aucune utilité. Peu importe. Il répétera. Il a l'habitude de répéter, il s'occupe de Tony tous les jours. « Non. La décision te revient. »
o o o
Howard est, contre toute attente, celui qui arrive encore à convaincre Clint de redonner une chance aux aides auditives. Cela n'a pas été facile mais il n'y a apparemment personne que Howard Stark ne saurait convaincre... Peggy Carter mise à part. Il lui a dit qu'il n'était pas obligé de les garder pour toujours, qu'il n'était même pas obligé de les garder longtemps. Un petit peu, pour commencer, c'est déjà très bien. Un petit sourire sur les lèvres, l'enfant recroquevillé à l'opposé du canapé, l'homme d'affaires lui a dit que c'était comme rester à la maison : il peut attendre un peu, essayer pour voir, décider ensuite.
Aujourd'hui est apparemment un de ces moments où Clint accepte de les essayer. Ou essaie de les essayer. Il ne sait pas trop comment les mettre. Il a peur de les casser. Les adultes, ici, sont peut-être gentils mais il n'y a aucun moyen qu'ils continuent à l'être s'ils voient à quel point il peut être bête et casser ses affaires. Surtout celles qui coûtent cher ! Clint n'ose pas aller demander de l'aide à monsieur Jarvis, qui sera beaucoup top plein d'espoir, et il ne sait pas si Tony saurait comment faire. Même si, bon, Tony sait tout faire donc certainement que ça aussi. Avec quelques petites hésitations, il va frapper à la porte du bureau de Howard.
Après quelques instants d'attente, la haute stature de l'adulte apparaît dans l'embrasure de la porte. Les lèvres pincées de Howard font baisser les yeux à Clint. Il n'aurait pas dû le déranger. Tony a dit qu'il ne fallait pas le déranger. Pourquoi il est venu le déranger alors qu'il savait ! Ce qu'il peut être bête ! Jacques avait tellement raison. Tellement, tellement, tellement raison.
« Il y a un problème ? » Demande-t-il. « Clint ? »
L'enfant secoue la tête. Non. Aucun problème. Howard se détend un peu et se baisse.
« Tu as besoin d'aide pour les mettre ? »
Penaud, Clinton confirme d'un nouvel hochement de tête. Howard soupire.
« Viens. »
Le chef d'entreprise hésite avant de poser une main sur l'épaule du petit archer et le pousser à l'intérieur du bureau. Il dirige machinalement Clint vers le canapé installé dans un coin. En règle générale, il sert davantage aux longues, pénibles et (parfois) houleuses conversations avec Obadiah en ce qui concerne les directions empruntées par Stark Entreprises. Pour une fois, ça ne sera pas le cas.
Clint regarde ses pieds et non Howard. Il ne se sent pas légitime à être ici. Pas alors que Tony lui a dit et redit qu'ils n'avaient pas le droit d'être là.
Pas qu'il ait le droit d'être nul part...
« Voilà. » Sourit, et dit tout bas, Howard après les avoir glissées dans les oreilles de l'ancien – et pourtant si jeune – forain et les lui avoir allumées. « Tu peux rester ici, si tu veux. Je vais faire un peu de bruit mais ça devrait être plus supportable qu'ailleurs dans le manoir. » Il sourit à l'air surpris qu'il reçoit en retour. « Pour t'habituer, ça peut être pas mal, tu crois pas ? »
Clint le dévisage, les yeux ronds comme de petites balles de ping-pong et l'air un peu hagard. Il regarde Howard comme la première fois où il l'a vu arriver, au foyer, lorsqu'il était venu rencontrer le gamin auquel Edwin comme Tony ne cessaient de penser. Il le regarde différemment, aussi. Avec une légère stupeur qui fait chaud au cœur. Pour la première fois, il entend réellement et correctement la voix de monsieur Stark. La bouche du gamin se tord un peu. Il sourit, maladroit et pas trop sûr. Une larme coule lentement sur sa joue, qu'il essuie avec virulence. Il ne pleure pas. C'est les bébés qui pleurent !
« Bar-Barney... »
Howard prend cet appel pour ce qu'il est : l'appel d'un gamin un peu paumé qui découvre une vie à laquelle il pensait ne jamais avoir droit et qui souvient du grand absent, son frère. « Ça va ? »
Clint acquiesce. « C'est... c'est biza'e. »
« J'imagine. » Lui dit Howard. « Tu veux que je reste un peu à côté de toi ou je peux retourner à mon bureau ? »
Il entend tous les mots (ou presque). Il comprend tous les mots (ou presque). Il a le message dans sa globalité (ou presque) plutôt qu'une petite partie dont il ne peut même pas être vraiment sûr. Il ne doit pas combler les blancs ou essayer de trouver un moyen de faire comprendre à son locuteur qu'il n'a pas compris. Tout est si... étrange.
« Reste ici mon grand. » Dit le PDG. « Si tu as le moindre soucis, ou peu importe, interromps-moi. »
L'enfant agite la tête. De haut en bas. De gauche à droite. Positif. Négatif. Un peu des deux. Tout à la fois. Tout à la fois, oui. Il ne s'en va pas pour autant. Clint se met en boule sur le canapé, son bras posé sur l'accoudoir lui faisant office d'oreiller de fortune. Souvent, il va triturer les deux appareils qu'il a dans les oreilles et qui lui font tout bizarre.
C'est plus fort que lui. Il est habitué à être seul dans le bureau, à travailler tranquillement sur les plans des prochaines armes produites par Stark Industries ou prévoir la prochaine expédition de recherche pour Captain America. Avoir un autre être vivant près de lui le perturbe. Howard jette fréquemment un œil vers le canapé et apprécie d'y trouver un Clint calme mais pas apeuré. Le gosse sursaute parfois, lorsqu'un tiroir se ferme trop brutalement ou qu'il jette son stylo sur le bureau, agacé de n'arriver à rien... mais il reste. Il reste et garde ses aides. Il ne les éteint pas et ne s'enfuit pas.
« J'aurai de nouveaux prototypes à présenter lors du prochain conseil d'administration. Occupe-les en attendant, Obadiah. »
« Je ne peux pas m'occuper d'eux si tu ne me donnes rien pour les occuper. »
« Eh bien tu trouveras. »
« Howard ! Bon sang ! »
Clint glapit de surprise et sursaute sur son morceau de canapé. Il n'avait pas prévu cet éclat soudain et abandonne sa position semi-affalée pour se remettre en boule, aussi petit que possible. Il s'essuie les yeux d'une paume de main énervée et son visage disparaît entre ses jambes. Les larmes, peu nombreuses, arrivent au coin de ses yeux et s'écrasent directement sur les genoux de son pantalon.
« Je vais raccrocher, Obie. »
« Howard, ne fais pas ç- » Commence à refuser Obadiah. « On en a pas fini avec... »
« Stop. » Claque Howard. « Le gamin est avec moi. Tu lui fais peur. Je raccroche. »
« Ton- »
Il claque le combiné du téléphone sur son socle et vitupère après son ami. L'adulte se lève ensuite, laisse sa chaise de bureau aller claquer contre le mur le plus proche, et va rejoindre Clint. Les mains plaquées sur les oreilles, l'enfant appelle son frère, comme à chaque fois qu'il rencontre un problème ou qu'une situation devient « trop », tout simplement, pour lui. À chaque fois, l'estomac des adultes qui l'entourent se noue un peu. Ils n'ont toujours pas réussi à faire parler le gamin de son frère aîné et ça les inquiète. Ce qui a pu arriver à Charles Barton est un mystère des plus total, à leurs yeux comme à ceux des services de l'enfance, et pas des plus rassurants. Lorsqu'ils voient les nombreuses traces d'abus chez Clint et son refus obstiné à leur raconter ce qui est arrivé à Barney... leur imagination fait le reste.
« Là... là... tout va bien. Tout va bien. » Howard passe son bras droit autour des épaules de l'archer. Il l'attire vers lui, maladroit et peu habitué à ces gestes. « Ce n'est rien. »
« Il. Il criait. Il criait. Il... » L'enfant pleure et répète, en boucle, exactement les mêmes choses. « Papa. Pap-papa aussi et, il va... il... Jacques.. et... je... Barney. »
« Chh. Chhh. »
La main droite de Clint, bien que totalement opposée à Howard, va s'accrocher à l'épaule de sa veste. L'adulte profite du poids plume du petit blond pour l'attirer sur ses genoux et le bercer. Il fait rapidement taire la petite voix, insidieuse et désagréable, qui lui susurre à l'oreille qu'il n'en a jamais fait autant avec son propre fils. Il étreint Clinton et continue de le rassurer, de lui assurer que tout va bien et qu'ici il ne risque rien, qu'ils ne laisseront rien lui arriver et personne l'emmener.
Le forain, Hawkeye (et bon sang, on ne devrait pas avoir de nom de scène à son âge), sanglote. Il continue de sangloter jusqu'à finalement s'endormir, épuisé et toujours sur les genoux de monsieur Stark. Le gamin ne doit pas s'en être rendu compte, pense amèrement l'homme d'affaire, conscient qu'il serait parti se réfugier dans un coin depuis bien longtemps s'il en était autrement. Howard n'a pas le cœur de le déplacer pour le porter dans sa chambre ou l'allonger sur le canapé. Il garde Clint sur ses genoux et continue à le bercer un petit moment. Il fait au mieux pour l'installer convenablement, le caler comme il faut dans ses bras. Et dieu qu'il manque d'habitude !
Au bout d'un moment, tout en lui caressant d'une main les cheveux pour le garder calme, Howard essaie de lui retirer les aides. Clint n'en a pas encore l'habitude et pour dormir il sera forcément mieux. L'enfant s'agite un peu mais ne se réveille pas, à la place, il cale mieux sa tête dans le creux de l'épaule du chef d'entreprise qui sourit. Tout va bien aller... ils ont juste besoin d'un peu de temps.
o o o
On tambourine contre la porte avec une énergie et une vigueur qu'on ne devrait plus pouvoir avoir à cette heure-ci de la journée. Avant que Howard puisse inviter l'autre à entrer, la porte s'ouvre déjà et Tony apparaît dans l'entrebâillement.
« Le repas est pr- » Commence-t-il mais sans aller plus loin.
Anthony reste coi quand il voit que son père n'est pas à son bureau, comme d'habitude, comme tous les jours de l'année (jours fériés inclus), mais sur le canapé avec Clint endormi dans les bras. Le bureau est normalement un espace prohibé. C'est seulement, et vraiment seulement, lorsqu'il faut venir chercher Howard pour le dîner que c'est autorisé d'y entrer. C'est... Tony n'a jamais pu tomber endormi dans les bras de son propre père et Clint, lui, peut, alors qu'il est ici depuis deux mois à peine ? C'est... c'est pas juste. C'est pas juste ! Qu'a-t-il fait de mal pour que son père se désintéresse autant de lui ?
« Pa... papa ? »
« Dis à Edwin que j'arrive tout de suite. » Lui sourit Howard, inconscient de ce qui se passe dans la tête de sa progéniture. « Le temps de réveiller Clint et de lui dire qu'on mange et nous arrivons. »
« O-ok. » Tony fait demi-tour sans rien dire de plus. Il ne ferme pas la porte derrière lui. Il part et c'est tout.
Edwin ne sourit pas quand Ana arrive dans la cuisine. Elle s'étonne silencieusement et s'approche de lui. Edwin sourit toujours, normalement. Pas cette fois, pourtant. Aujourd'hui, son époux semble contrarié. Peut-être un peu inquiet, aussi ? Arrivée derrière Ed, Ana passe ses bras autour de sa taille, pose son menton sur son épaule et lui demande ce qui ne va pas. Avant d'avoir sa réponse, le plus jeune Stark entre à son tour et semble, lui aussi, avoir un problème. C'est la soirée !
Sourire aux lèvres, malgré les deux qui tirent une tête de six pieds de longs, madame Jarvis demande à Tony ce qui se passe. Il ne répond pas. À la place, il se laisse tomber sur sa chaise après l'avoir tirée d'un air grincheux. L'absence de réponse est totale : elle n'a même pas droit à un regard blasé ou courroucé. L'air toujours un peu ailleurs, Edwin pose le premier plat sur la table et fronce les sourcils quand il voit que Tony n'a pas l'air dans son assiette.
« Tout va bien, Anthony ? »
Les Jarvis commencent tous les deux à comprendre ce qui se passe peu de temps après. Du moins... ils commencent à en avoir une idée plutôt claire et précise lorsque Howard arrive dans la cuisine avec Clint sur ses talons. Le regard un peu vitreux, les yeux pas vraiment grands ouverts et les cheveux en l'air, il devient clair que le petit archer vient de se réveiller.
« Oh merci mon dieu. » Souffle Edwin qui se précipite sans y penser vers Clint. Il fait pour le prendre dans les bras, le serrer fort, aussi fort qu'il a eu peur que le petit se soit enfui, mais l'enfant recule avant que l'étreinte arrive.
Tony, assis sur sa chaise, observe la scène. Sourcils froncés, il est aussi perplexe qu'agacé par les conclusions qu'il tire. Clint accepte que Howard le prenne sur ses genoux mais refuse un bête câlin d'un Edwin inquiet ? Lui rêverait que son père le prenne dans ses bras ne serait-ce que quelques instants mais seul Jarvis le fait vraiment. Pas qu'il s'en plaigne, hein, il adore Jarvis mais... c'est juste que... que Jarvis n'est pas son père.
Il voudrait juste compter un peu aux yeux de ce dernier.
« Clint a essayé ses aides. » Explique doucement Howard pour rassurer Edwin. « Il a légèrement paniqué lorsque Obadiah a commencé à hausser le ton. Et il s'est endormi pendant que j'essayais de le calmer. »
Si ça justifie plutôt bien le câlin protecteur aux yeux et aux oreilles de Tony... c'est encore loin de dire pourquoi Clint était même dans le bureau de Howard à la base. Ça ne dit pas pourquoi son père a accepté qu'il reste sur le canapé alors qu'il était supposé travailler. Ça n'explique pas pourquoi l'archer a le droit à ce traitement de faveur quand lui récolte des « va jouer dans ta chambre, Tony, je suis occupé ».
« Je n'ai pas l'impression qu'il dorme très bien la nuit. » Ajoute son paternel. « Il ne fait pas de cauchemars, la nuit ? »
C'en est trop. Tony quitte précipitamment sa chaise, qui recule d'un bon demi-mètre, et s'empresse de quitter la cuisine. Le manoir, même. Il file trouver refuge dans le parc, près de la zone humide que Bernard a l'habitude d'occuper.
The Other Side - - - The Greatest Showman
Fin du dixième chapitre.
Dans le prochain chapitre, de nouveaux personnages arrivent (et reviendront plus d'une fois, évidemment). Des pronostics? Des envies / attentes particulières?
Si vous avez la moindre question, la moindre remarque, le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :)! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !
J'ai une page facebook ... il faut que je reprenne (je suis dans une phase "awww fleeeemme" donc ...)
Skayt
PS. INFINITY WAR EST TELLEMENT GÉNIAL
