Bonjour bonjour,
Et voilà le chapitre 13. Comme quoi tout est possible, hein (bon, remercions quand même tous les orages qu'il ya eu par moi et qui ont fait péter la boîte et m'ont coupé donc des joies d'Internet). Le chapitre 14 est d'ores et déjà terminé (et super Lili l'a déjà déjà corrigé). Les chapitres 14 à 18 est en bonne voie (il faut juste que j'arrive à moi décoller des Sims). Pour qui me suivent sur facebook et ont vu le lien vers la liste de lecture spotify, il y a quelques modifications car de nombreux ajouts sont faits avec entre temps OOPSIE: D
Il y a, du coup, un risque de spoilers; notamment sur les films et les séries Marvel! Pas actuellement, à part peut-être quelques menues références à la série Marvel - Agent Carter
Si vous avez des gens à qui je n'ai pas répondu aux critiques, j'en suis désolée ... je me suis laissée submergée par les mails et parfois je ne sais plus où j'en suis. Normalement Maintenant ça devrait aller (normalement) Mais sachez qu'elles m'ont fait très plaisir à each Fois: D
Un grand merci à LiliEhlm qui corrige ce chapitre, telle la Lili-ninja qu'elle ne prétend pas être (mais elle est quand même); et à chocobi6 de moi laisser parler toute seule quand j'ai mes doutes à la schtroumpf et mes lubies à encore plus schtroumpfantes et schtroumpfées
Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi: j'en pleure tous les soirs)
Chapitre 13 - Suit and Jacket
Décembre 1984
Sur le grand bureau, déplacé il y a quelques semaines pour être installé dans un coin de la chambre de Clint (SA chambre, sa chambre à lui, avec que des affaires pour lui et même un paquet de biscuits caché dans le deuxième tiroir de son armoire), plusieurs livres sont éparpillés. Des stylos décapuchonnés et inutilisés traînent un peu partout. Des feuilles de cours et un cahier d'exercices sont également de sortie. Assis juste en face, un chouïa désespéré (pas qu'il le dirait à qui que ce soit) : Clint.
L'adolescent a un bras tendu sur ce qui est supposé être son espace – plus que sa surface de sieste, en tout cas. Sa tête est posée sur son biceps et ses doigts jouent machinalement avec le bout des pages du livre le plus proche. Les yeux grands ouverts, Clint regarde le mur opposé avec la fascination étrange de ceux dont l'attention est partout sauf là où il faut. Il souffle. Il s'ennuie. Il n'arrive pas à se concentrer sur ces exercices à la gomme. Il y comprend rien. C'est du chinois, ce qu'il a sous les yeux. On lui a menti, c'est impossible que ce soit de l'anglais, ce truc. Ça ne ressemble à rien sauf à du charabia. Il ne parle pas le charabia. Il commence à se cogner la tête contre son cahier. Il... comprend... rien ! Pourquoi il comprend rien ?
« Hey ! Tu veux venir un peu dehors ? » Sourit Tony qui, comme d'habitude, entre dans la chambre sans frapper. « Y a commencé à neiger et... »
« Peux pas. Dois finir ces exercices. » Marmonne Clint sans lever la tête.
Curieux comme sceptique, Tony s'approche derrière l'archer (il est en pleine discussion avec sa mère pour avoir le droit d'essayer de tirer avec l'arc de Clint – si Clint accepte – car Edwin et Ana refusent de le laisser faire s'il n'a pas l'accord de Maria... soi-disant que Howard dira oui sans savoir ce qu'il accepte donc ne peut pas compter, n'importe quoi) pour voir ce qu'il en est. À première vue, Clint n'a pas tellement l'air d'être en train de bosser et semble plus rêveur qu'autre chose. Lorsque le fils Stark arrive juste à côté de lui, c'est pour constater qu'effectivement... son exercice est encore vierge de toute réponse, même fausse. Tony va pour ouvrir la bouche, pour se moquer un petit peu de cet avancement pas bien flagrant, mais s'en abstient quand il voit les yeux brillants du blondinet. Sa grandeur d'âme n'y est pour rien mais, bon sang, le regard que Clint lui jette ferait même taire son père (son père !). L'ancien forain est au bord du désespoir.
Ce qui est un peu exagéré. C'est jamais que de la grammaire.
« C'est du chinois. »
« Je suis presque sûr que c'est bien de l'anglais. » Sourit Tony en attrapant la feuille la plus proche.
« Je comp'ends rien quand même. »
« Comprends. » Corrige Tony. « Il y a un R. »
« J'aime pas les R. »
« Ouais, moi j'aime pas les carottes. » Clint fronce les sourcils. Hein ? « Mais un R comme dans Maria, rien, Jarvis, Howard, Stark... carottes aussi, d'ailleurs. Tu sais les dire. »
Clint souffle longuement et donne un petit coup dans le stylo le plus proche, dépité. « Ouais. » Il a pas l'air très convaincu.
Le plus petit des deux enfants tressaille lorsqu'une main se pose dans son dos, au niveau des omoplates. Certain qu'il s'agit de celle de Tony, et qu'il n'a pas à s'en faire, Clint le regarde... seulement pour le voir sourire à quelqu'un derrière. Ça ne doit pas être Tony, alors. Plutôt que directement regarder de qui il s'agit, il réfléchit et essaie de le comprendre tout seul. Il écarquille les yeux. Stupide Clint. Stupide. Ana. Ça doit être elle. Qui d'autre qu'elle ? Elle devrait pourtant être en bas en train d'empêcher Edwin de préparer un repas pour une garnison alors qu'ils ne seront que huit au dîner ce soir. Dont deux qui sont sur la marge d'erreur en ce qui est de la nourriture (et dont l'un des deux est même sur la marge d'erreur de la marge d'erreur). Elle ne devrait pas être ici.
Madame Jarvis est peut-être ici pour s'assurer qu'il travaille comme il faut et n'est pas en train de ne rien faire et rêvasser. Si c'est ça, elle risque de ne pas apprécier et de s'énerver. Clint rentre la tête dans son cou, prêt à protéger les parties les plus douloureuses de son corps.
« Clint ? » Appelle Ana, qui retire rapidement sa main. « Je suis désolée mon cœur. »
Il sourit. Il est désolé de réagir comme ça. Il essaie de ne pas le faire, il commence à comprendre qu'il n'a pas à le faire mais il n'arrive pas à ne pas le faire.
« Qu'est-ce que vous faisiez, tous les deux ? » Demande Ana, pour détendre l'atmosphère.
« Je v'nais le chercher pour aller dehors. »
Elle regarde le troisième. « Tu veux aller jouer ? »
Clint tique et montre, penaud, ses affaires. « J'ai pas terminé. » Il grogne. « Même pas commencé. J'a-j'arrive pas. J'arrive pas à comprendre. »
« On regardera à deux demain, si tu veux. Tu veux ? » Il secoue la tête. « On fera ça demain matin et on laissera Edwin s'occuper tout seul de faire faire son travail à Tony. Ça va être amusant, tu vas voir. »
Le jeune Barton sourit et ne doute pas que ce soit vrai. S'il y a une chose que Tony aime plus que ne pas faire le travail que ses professeurs lui demandent de faire... c'est forcer monsieur Edwin de le forcer à les faire. La main de Ana s'approche de nouveau de Clint pour, timide, commencer à peigner ses cheveux du bout des doigts. Maintenant qu'il sait qu'elle est là, il ose se laisser aller et se rapproche même un peu.
« On peut aller jouer ? » Presse Tony, au grand désarroi de Ana. L'instant est aussitôt brisé, Clint s'éloigne et c'est comme si rien ne s'était passé. C'est pourtant arrivé ! Edwin va être aux anges quand elle va lui dire. Le fils Stark attrape le poignet de l'autre adolescent et le tire déjà hors de sa chaise, vers la sortie.
« Une minute, Tony, s'il-te-plaît. » Elle le stoppe dans son élan. Un scandale, à en juger le regard qu'il lui jette. « Je peux te demander une minute ? »
« Pour quoi faire ? »
« Laisser le temps à Clint de se mettre quelque chose d'autre sur le dos. Je peux te faire confiance et espérer que tu restes encore un peu ? »
« Oui. Mais juste une minute. »
« Tony... » Elle souffle.
« Une seconde... Deux secondes... Trois secondes... » Commence à compter Tony. Clint ricane, juste à côté.
« J'aurai probablement besoin d'un peu plus d'une minute. »
« Forcément, si tu perds du temps. Quarante secondes. » Il pouffe à son froncement de sourcils. « Je t'ai donné une pénalité. »
« Vous restez là, hein. » Répète-t-elle, en se mettant en marche mais sans les quitter des yeux. « Je te fais confiance, Clint, pour empêcher cet énergumène de n'en faire qu'à sa tête. »
Le fils de Howard roule des yeux, et arrête son chronomètre. Pourquoi les Jarvis doutent ils toujours de lui comme ça ? Bien entendu qu'il peut faire ce qu'on lui demande... parfois. Pas tout le temps mais parfois ça arrive. Ils exagèrent. C'est un truc de grandes personnes, ça, d'exagérer tout le temps pour un rien. Ana ne dit plus rien et va ouvrir la grande armoire de la chambre. Elle cherche un pull à donner à Clint. Elle hésite un instant à lui donner celui de son frère mais préfère finalement qu'il ne sorte pas faire le zouave dehors avec. Même couvert d'un blouson, mieux vaut ne pas risquer ce genre de mésaventures avec. C'est le seul souvenir que Clint a de son frère. Ana finit par prendre le premier de la pile et puis tant pis.
« Je peux... ne... ne pas garder ça ? S'il-vous-plaît ? » Murmure Clint en désignant ses oreilles, après avoir enfilé la couche supplémentaire tendue par Ana. « J'ai p-peur de les ca- »
« Tu les retires quand tu veux. » Elle lui sourit avec douceur. « Quand tu veux. »
Il fronce les sourcils. « Même si... je peux pas entendre si problème ? » La façon dont il lui dit, c'est comme s'il lui rappelait ce détail.
« Je vais faire attention pour nous deux. » Propose Tony qui s'impatiente. Il veut juste aller dehors, lui, pas partir visiter le Groenland ou parcourir l'Alaska à dos de poney (bien que ça puisse être cool... mais il préférerait quelque chose d'un peu plus classe qu'un poney). Il veut aller jouer et profiter de la neige avant que Peggy et Daniel arrivent. « Promis. On peut y aller maintenant ? »
Clint passe d'un pied à l'autre, mal à l'aise, attendant l'autorisation de Ana pour vraiment y aller. Il regarde ses pieds et se mordille les lèvres. Madame Jarvis recommence à doucement lui caresser les cheveux. « Ne fais pas ça, mon cœur. Tu vas te faire mal. »
o o o
Tony commence à se précipiter vers le manoir lorsqu'il entend arriver la voiture de Peggy et Daniel sur les cailloux neigeux de l'allée. Il veut être le premier à leur dire bonjour. Avant son père c'est certain. Avant Ana et sa mère ça serait bien. Avant Jarv' avec un peu de chance. Ou beaucoup de chance, tout compte fait. Jarvis est beaucoup plus près que lui.
« Peeegg ! »
L'agent Carter se tourne, tout sourire, vers le gamin trempé de neige fondue qui vient les rejoindre alors qu'ils sortent à peine de la voiture. Il court, il court, il glisse sur une plaque de verglas et se rattrape in-extremis. Daniel a un petit sourire en coin lorsque son épouse doit réceptionner, tant bien que mal (mais elle s'en sort comme un chef), la furie brune qui se jette sur elle et réclame son bisou. Edwin sourit. C'est toujours génial de voir à quel point Tony se sent à l'aise et en joie avec le couple Carter-Sousa.
« Clint te suit ? » Demande Jarvis à Tony, quand il s'est éloigné de Peggy et fait sensiblement le même numéro avec Daniel, en un peu plus calme, attentif à la béquille de l'homme.
Tony écarquille les yeux. Sa bouche s'entrouvre puis se tord en une grimace malhabile. « Oopsie ? »
Edwin se décompose. Sans daigner prendre ne serait-ce que le temps d'attraper sa veste d'hiver accrochée au porte-manteau tout proche, il se précipite dehors. Il pense savoir où étaient en train de jouer les deux enfants, ils restent souvent dans le même coin, malheureusement éloigné du manoir. Il croise les doigts pour ne pas se tromper car il s'y hâte. Traverser le parc n'est pas une partie de plaisir. Surtout pas avec la simple chemise et le veston qu'il a sur le dos.
Le majordome cherche où peut être le petit blond. Il regarde après lui, tout en sachant très bien que si Clint ne veut pas être trouvé, il ne le sera pas. Avantage du terrain ou pas. Le gosse a presque une demi-décennie de cache-cache à son actif, et pas de gaieté de cœur. Personne ne peut rivaliser avec lui. Pas au manoir. Pas s'il n'implique pas Margaret. Edwin finit par le trouver, perché dans un arbre, sur une branche qui, si elle n'est pas parmi les plus hautes, reste difficile d'accès. Très vite, trop vite même, Clint a les yeux braqués sur lui.
Jarvis a été repéré depuis un moment, on dirait.
« Clint ? Tu peux descendre s'il-te-plaît ? »
Le gamin, dont le côté têtu et borné refait sporadiquement irruption, hausse les épaules et reste juché sur sa branche. Il le défie du regard de l'obliger à remettre pied à terre. Edwin souffle. Le jour où Clint se sentira assez à l'aise pour laisser tomber toutes ses défenses signera sa perte. Tony et lui auront sa peau, lorsque tout ira bien (si tout va bien un jour). Il sait ce qui se passe dans cette jeune caboche. Il pense savoir. Il pense l'avoir compris, maintenant qu'il commence à cerner le gamin. Clint est plein de doutes et avoir été laissé seul un moment, parce qu'il a été oublié par Tony, est un très mauvais point pour eux.
« Clint ? Clint, mon grand, Tony n'y pensait plus. Tony oublie facilement, tu sais. »
Et Clint ne bouge toujours pas. Il reste planté dans son arbre et lui jette un regard blessé, maintenant.
« S'il-te-plaît... »
Edwin ne sait pas si c'est ce qu'il a dit (qu'a-t-il dit ?) ou quelque chose que Clint a repéré, mais le petit forain, confiant dans ses capacités, se laisse basculer en arrière, continue en cochon-pendu puis ramène ses jambes contre lui et descend de son endroit sûr. L'archer s'approche alors timidement de Jarvis et commence à retirer son écharpe et ses gants.
« Hep hep... » Il l'arrête net. « Qu'est-ce que tu penses faire, là ? »
« Vous... ff-froid. »
Jarvis fond quand il entend cette explication mal assurée. Tout de suite après, sans réfléchir, il se baisse pour prendre Clint dans ses bras. D'abord tendu, comme toujours, le petit se détend finalement. Il commence à se sentir plus à l'aise avec eux et accepte plus volontiers qu'auparavant les marques d'affection qu'ils ont pour lui. S'il a toujours ce premier geste de recul, ce dernier passe de plus en plus vite.
« Garde tes affaires pour toi. » Il sourit. « On va rentrer, plutôt, d'accord ? »
Clint secoue pourtant la tête de droite à gauche. Négatif, monsieur Jarvis. Il ne veut pas rentrer.
« Allons... » Insiste Edwin. « Ana doit être en train de préparer un chocolat pour Tony. Tu en voudrais un aussi ? » Le petit blond secoue la tête, de gauche à droite, encore, mais aussi de bas en haut. La réponse est... tout sauf évidente. Clint enfouit son visage contre Edwin, son nez disparaissant dans le cou de l'adulte. « Allez. Viens avec moi. »
« Mais Tony ne... il ne... »
La lèvre du plus jeune tremblote. La précipitation de Tony a blessé sa confiance et sa maigre assurance de ne pas déranger, que, peut-être, pour une fois dans sa vie, sa présence est désirée. Une main derrière sa tête, Edwin la fait se poser sur son épaule. Il ne fait pas attention à son genou trempé et gelé à cause de la neige dans laquelle il repose. Il tente de ne pas se focaliser sur les frissons qui lui parcourent le corps et ses dents à deux doigts de claquer. Jarvis essaie aussi de cacher sa surprise quand une voix méfiante l'appelle, derrière.
« Tout va bien, Edwin ? »
Il regarde par-dessus son épaule et sourit à la femme qui arrive.
« Oui oui. »
« Vous êtes bien sûr ? »
« Clint a juste eu un petit instant de panique. Tout va bien maintenant. » Jarvis regarde Clint. « Tout va bien maintenant ? »
L'autre secoue la tête. De bas en haut, cette fois. Il y a du mieux, c'est certain. Quand Peggy se prépare à voir le gamin, qui a su rendre les deux Stark (presque) plus sociables et agréables, finir de s'enrouler autour d'Edwin et demandé à être porté malgré son âge, elle le voit plutôt s'en éloigner d'un air si fier que ça ne lui sied pas. Pas après la scène à laquelle elle vient d'assister.
Ils retournent, d'un bon pas, vers le manoir. Ils sont tous, plus ou moins (Edwin plus, Clint moins) pressés de retrouver sa chaleur réconfortante. Edwin, tout grelottant de froid, arrête une seconde de frissonner quand une petite main gantée vient se faufiler dans la sienne. Clint lui sourit maladroitement.
« Pourquoi n'a-t-il pas suivi Tony quand il est rentré ? »
« Il n'a pas dû l'entendre. »
« Et pourquoi.. il connaît le chemin, non ? » Insiste Peggy. Elle veut juste comprendre ce qui s'est passé. Comprendre comment ils en sont arrivés là. Comprendre pourquoi, au lieu de l'accueil chaleureux mais fatiguant habituel, Daniel et elle ont vu Edwin se précipiter dehors, Tony se confondre en excuses et Howard aller sortir une couverture pour la poser sur un fauteuil du salon.
« Clint a beaucoup de soucis. » Explique tristement Jarvis sans s'appesantir sur les détails. « Vous les comprendrez assez vite. »
Comme prévu et attendu, la chaleur du manoir est bienvenue comme rarement elle l'a été. Les trois Stark, en rang d'oignon dans le hall, les regardent les yeux ronds ou désolés. Edwin est trempé, notamment au niveau des genoux, et à les mains et le bout du nez tout rouge. Peggy, comme toujours, a l'air si bien que ça ne devrait pas être possible de lui ressembler. Clint se cache derrière le premier, toujours emmitouflé dans ses affaires d'hiver.
« Allez vous changer Edwin. Vous me donnez froid. » Commande Howard, d'un air grognon. Il se détend après pour sourire à Clint. « Enlève-moi tout ça, pose tout en tas là, tu t'en fous, enlève tes chaussures et viens prendre une bonne boisson chaude pour te remettre de tes émotions. »
La lèvre de nouveau tremblotante, il n'est pas certain de ne pas être en tort, tout compte fait. Clint reprend néanmoins un peu de poil de la bête, quand il voit ce que monsieur Howard dit, et se précipite dans les bras de celui-ci. Tous les autres les regardent, surpris. Ils n'en reviennent pas. Leur stupéfaction augmente encore d'un cran lorsque l'ingénieur se baisse et que, à son tour, il encercle de ses bras le petit archer et le berce doucement. Peggy n'en revient pas. Elle n'a jamais vu Howard agir de la sorte avec son propre fils... et ce geste semble déjà d'un tel naturel avec un parfait inconnu ! Elle n'est pas la seule à ne pas y croire ses yeux, Daniel lui demande à voix basse s'ils sont tombés dans une autre dimension.
Le PDG de Stark Industries, Clint contre lui, commence, l'air de rien, à lui retirer son bonnet. Il doit mourir de chaud avec tout ça sur le dos. Il continue avec les gants (et ça avait l'air beaucoup plus facile à faire dans sa tête qu'à faire réellement), lui dénoue son écharpe et retire enfin, tant bien que mal, le gros blouson noir, le tout sans mettre fin à l'étreinte. Howard éloigne un peu Clint de lui pour lui permettre de comprendre sa proposition.
« On va dans le salon ? Tu pourras te mettre à l'aise, t'enrouler dans une grosse couverture, recroquevillé sur ton fauteuil, et c'est tout. On ne va rien te demander de plus aujourd'hui. Tu en penses quoi ? » Le plus petit de la maison persiste à faire dans le non-verbal et répond d'un signe de tête. « Oui ? »
« Oui. » Murmure-t-il, incertain.
Howard sourit. « C'est parfait, ça. »
L'air de rien, Peggy passe un bras autour des épaules d'Anthony et l'approche d'elle. Elle lui fait un bref câlin, lui ébouriffe les cheveux pour le faire râler et essaie de faire passer la pilule. Howard est tellement à l'aise, naturel et protecteur avec Clinton qu'elle craint la réaction de Tony, de ce qu'il pourrait ressentir face à ça. Depuis tout à l'heure, elle essaie de l'observer du coin de l'œil. Elle l'a vu observer toute la scène d'un drôle d'air renfrogné. Pas tout à fait jaloux, pas tout à fait coupable, c'était comme si Tony ne savait pas sur quel pied danser et comment se sentir.
Les baskets mouillées de l'archer disparaissent finalement de ses pieds et le plus jeune reste en chaussettes sur le tapis. Howard se relève et, une main dans le haut du dos du blondinet, le guide jusqu'au salon. Clint va s'installer sur le fauteuil le plus en face de la télévision. C'est sur celui-ci qu'il a l'habitude de s'installer, le soir. Il reste en compagnie des autres mais sans risque qu'ils s'approchent un petit peu trop de lui ou que lui se montre trop envahissant vis-à-vis d'eux et de leur espace personnel. La lèvre tremblotante, encore et toujours, Clint ramène ses jambes contre son torse et pose son menton sur ses genoux. Il ferme les yeux et inspire et expire lentement, à plusieurs reprises. Peu importe son objectif, c'est un cuisant échec. Agacé, le plus jeune fils Barton s'essuie les yeux.
C'est d'un air pressé que Tony s'éloigne finalement de Peggy et Daniel pour retrouver les autres. D'une secousse sur le genoux de Clint, il le fait se pousser un petit peu pour pouvoir s'installer à côté de lui malgré la place restreinte. Clint le regarde sans comprendre. Ses lèvres s'étirent d'un chouïa. Barney s'excusait comme ça avant, au début, quand il l'aimait encore bien. Il venait et il essayait de faire comme si de rien était. Très vite, donc, les deux jeunes finissent blottis l'un contre l'autre. Maria, souriante et rassurée, prend la couverture sortie par son mari et vient la leur apporter. Elle la déplie et la pose sur le duo qui s'emmitoufle dedans sans attendre.
« Je pensais pas. J'y pensais plus. Ça se reproduira pas. Pardon. »
Clint continue de mordiller ses lèvres qui ne ressemblent plus à grand chose et saignent à deux endroits. Il n'est pas à l'aise. Il jette un regard en biais à Tony, se tortille, gesticule et finit par descendre du fauteuil où ils sont. Anthony reste bouche bée face à ce comportement. Pourquoi Clint le rejette de la sorte ? C'est... c'est dégueulasse et pas juste. Il l'a simplement oublié dans le parc et il s'est excusé pour ça. Il aurait jamais fait ça avec quelqu'un d'autre, hein. Hope Pym ? Elle serait restée dans la neige. Sharon ? Il aurait essayé de la faire être mangée par Bernard (on sait jamais, sur un malentendu, le flamant rose pourrait vouloir essayer la chair humaine plutôt que ses crevettes et peut-être qu'il deviendrait rouge... ou d'une autre couleur. C'était pour la science).
« Qu'est-ce que tu fais, Clint ? » On lui demande, sans penser à mal.
« Je... » Il se décompose. Il n'est pas encore assez à l'aise pour oser se permettre pareilles choses, d'habitude. Ni pour oser demander des choses à madame Stark. Howard ça passe et il commence à réussir avec les Jarvis. « Pardon madame. »
Maria souffle. « Maria. Tu peux m'appeler Maria. Je te l'ai déjà dit. »
L'orphelin secoue la tête avec énergie. Oui, d'accord, il sait, il ne le fera probablement pas mais il sait. Il détourne les yeux. Clint n'est pas à l'aise avec tout ce qui se passe aujourd'hui et toutes ces personnes, dont plusieurs qu'il ne connaît pas. Il n'aime pas les gens qu'il ne connaît pas. Il n'est pas à l'aise avec les gens qu'il ne connaît pas. Déjà qu'avec ceux qu'il connaît c'est pas trop ça... alors ceux qu'il ne connaît pas, c'est l'horreur. Il se souvient de la dernière rencontre, avec monsieur Stane, comme si c'était hier et réitérer l'expérience si tôt ne lui dit trop rien.
Alors qu'il va rejoindre Howard pour lui demander quelque chose (à lui il peut demander quelque chose, c'est pas flippant), Clint trébuche dans un bout de l'immense tapis qui habille le salon et s'étale, sans grâce, de tout son long par terre. Edwin, qui était en train de redescendre, apprêté de vêtements secs, dévale les dernières marches et se précipite vers le petit blond dont la chute à fait un boucan du diable.
« Clint ! »
L'homme inconnu, celui qui est assis sur le canapé, à côté de la femme inconnue, se dépêche d'en sortir pour voir comment va le môme. Son épouse se relève juste, et le laisse approcher. Ils jureraient avoir vu sa tête claquer contre le parquet. Sitôt a-t-il posé ses mains sur Clint que le petit blond se recroqueville sur lui-même. Il ramène ses jambes contre son torse, rentre sa tête dans ses épaules et la cache entre ses genoux. Ses mains sont croisées derrière sa nuque et il ferme les yeux. Daniel retire sa main et tourne la tête vers Peggy. Margaret, quant à elle, déglutit.
Un court instant, ce n'est plus « Clint, le nouveau protégé de Edwin » qu'elle avait sous les yeux mais Steve.
« Clint ? » L'appelle Edwin. » Hey ? Hey ? Tu n'as rien ? Hawk ? Regarde-moi mon grand. »
« Il va bien ? » Demande Daniel, inquiété par le silence.
« Il n'a pas ses aides. » Ana, qui arrive avec un plateau plein de tasses de café, thé ou chocolat pour tous, a un sourire crispé quand elle parle. Edwin pensait que Clint les avait déjà remises.
Jarvis s'assied tant bien que mal à même le sol. La terre est basse. Il appuie son dos contre un côté du canapé et attire précautionneusement le jeune archer contre lui. Il ne fait rien pour lui faire réviser sa position et oublier son cocon de protection. Clint a besoin de temps. Si s'occuper de Tony lui a appris une chose, c'est au moins ça, la patience. Le blondinet laisse quelques minutes s'écouler comme ça avant d'oser revoir leur position et s'installer plus confortablement contre monsieur Jarvis, assis sur ses jambes.
« Je t'ai descendu le pull de Barney. Si tu veux on peut faire l'échange. »
La petite tête blonde secoue la tête avec ardeur. Malgré sa fatigue de plus en plus évidente, en témoignent ses petits yeux et son air plus détendu (Jarvis est conscient que ce n'est pas sa présence qui le met dans cet état), Clint arrive quand même à montrer à quel point il en a envie. Edwin lui met tout de suite le sweat entre les mains et espère qu'il ne s'est pas trompé et que l'effet sera celui attendu. Un Clint détendu mais pas parce qu'il n'a plus la force de laisser ses barrières mais parce qu'il se sent bel et bien à l'aise. Ana vient ensuite glisser la petite boîte avec les aides auditives de Clint, qu'elle a gardées sur elle tout le temps, dans la main de son mari qui s'empresse de les proposer à son propriétaire légitime. Le jeune forain les remet en place sans attendre. Il embête son monde a être coupé des autres comme ça.
« Tu ne t'es pas fait mal ? » Redemande Edwin, pour vraiment être sûr.
Clint secoue la tête.
« C'était d'elles dont tu avais envie. »
L'enfant confirme d'un nouveau dodelinement positif. Il n'est toujours pas à l'aise avec les inconnus, même s'ils sont des amis des Stark et des Jarvis. Il n'est pas encore certain de pouvoir demander les choses... mais ne pas leur mentir, ça il peut.
« Qu'est-ce que tu dirais de retourner sur le fauteuil ? » Sourit Edwin. « Ou sur le canapé. Peu importe. »
Clint s'éloigne de Jarvis. Il reste par terre. « Je... oui... »
« Et après on pourra faire les présentations. »
« Pardon. » Souffle l'enfant. « De... de pas faire bien. »
Peggy et Daniel, spectateurs aussi impuissants que les autres mais qui ne se sont pas attendus à ce déroulement, restent silencieux et seulement observateurs. Dans quoi se sont-ils donc fourrés, avec Clinton ?
Clint se réinstalle dans le même fauteuil que précédemment. En face du téléviseur, un peu à l'écart des autres mais toujours avec eux, dans un angle qui lui permet de voir toutes les autres personnes présentes. Il accueille à cœur joie Tony quand il retourne s'y mettre aussi. Complices, ils n'ont pas grand chose à se dire pour trouver la position qui correspond. Maria prend soin de mettre la couverture sur les deux, quand ils cessent de gigoter, sans que ça les empêche de boire leur tasse.
Peggy et Daniel essaient de se faire le moins imposants possible. C'est plus facile à dire qu'à faire. En deux-trois mots, Howard leur a expliqué le fiasco qu'a été la rencontre de Clint avec Obadiah et tout le monde est d'accord pour dire qu'il vaut mieux éviter que ça se reproduise.
« J'ai entendu dire que tu étais très doué avec un arc. » Sourit Daniel. Seul le blondinet reste désespérément silencieux, même Tony participe à la conversation.
Le sourire qui éclaire le visage du concerné fait plaisir à voir. Il n'y a que quand on lui parle de son arc et ses flèches qu'on peut avoir ce sourire. Il acquiesce.
« Tu pourras me montrer, un jour ? Quand il fera plus beau qu'aujourd'hui ? J'ai toujours voulu savoir tirer avec un arc. » Il continue. « Comme Robin des bois. »
« J'aime bien Robin des bois. » Accepte Clint.
« Moi aussi j'adore Robin des bois. »
Suit and Jacket - - - Judah & the Lion
Fin du treizième chapitre.
Si vous avez la moindre question, la moindre remarque, le moindre truc, quoi, surtout, surtout pas! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :)! Surtout que je suis sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel!
J'ai une page facebook ... que je recommence petit à petit. J'ai aussi fait une playlist sur spotify (le nom de la fic) avec les titres des chapitres ... et celui des deux-trois suivants.
Skayt
PS. Je pense à plus en plus à mon compte sur AO3 donc, à terme, il n'est pas impossible que les chapitres arrivent plus vite là-bas qu'ici;)
PPS. (parce que j'aime les post-scriptum alors que, techniquement, sur un ordinateur et un traitement de texte ils ont plus de raison d'être) Si ce chapitre contient des trucs à la voiture de "voiture" et d'autres pas-joyeusetés) Je ne suis pas vraiment à la merci de FF (et si c'est vraiment trop récurrent, voir le premier PS)
