Je ne possède aucun des personnages de la série TV.
Post saison 1 : Alors que le trésor est sur le point d'être révélé, Cameron et Jonathan sont sur le point de se retrouver, mais tout ne se passe pas comme ils l'avaient prévus.
Dans ce septième chapitre, nous allons suivre pour la première est unique l'histoire du point de vue d'un personnage hors série, puisque c'est au travers des yeux du chirurgien qu'elle se continue.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
.
JE NE T'AI PAS TRAHI
Chapitre 7 : Monroe
Donovan Monroe est chirurgien aux urgences de l'hôpital central depuis plus de 18 ans. Cela n'est pas tous les jours facile. Il y a des hauts et des bas, des situations difficiles à gérer, des cris et des larmes parfois, mais c'est son quotidien et il a appris à vivre avec. Il a appris à se protéger en affichant un masque impassible parfaitement travaillé.
Pour lui, le jeune patient à la peau livide et au corps recouvert de sang que les secouristes déposent sur la table de son bloc n'est qu'un parmi d'autres. Son cœur s'est arrêté une minute avant de repartir faiblement. Pour le moment, il est en vie, mais il paraît plutôt mal parti ! La balle a perforé son poumon gauche. Le sang le rempli doucement, lui provoquant une détresse respiratoire grave. C'est presque un miracle qu'il soit encore en vie. Les secouristes l'ont intubé et posé un drain, mais son état est précaire. Son cœur peut relâcher à tout moment et le pire est à venir. La balle n'est pas ressortie. Oui, plus il le regarde en enfilant ses gants et en donnant ses premiers ordres, plus il a l'impression que son nouveau patient ne peut pas s'en sortir. Encore un règlement de compte ou…
- Il est du FBI, le coupe dans ses pensées l'un des secouristes avant de sortir de la pièce.
Monroe sursaute et regarde une nouvelle fois son blessé d'un œil nouveau. FBI, ce n'est donc pas un criminel ou ce genre de chose. Sans y penser, il pose sa main sur son front.
- Allez, il faut tenir bon.
L'opération est longue, difficile, minutieuse… Monroe transpire. Le blessé est si faible qu'il ne veut prendre aucun risque et même là, même en prenant toutes ses précautions, il n'est pas à l'abri d'une mauvaise nouvelle : la preuve ! Au bout de trois heures, alors qu'il pense qu'il a fait le plus gros, qu'il a fait le plus périlleux, les machines s'affolent subitement.
Le médecin relève la tête pour croiser le regard de son infirmière.
- Il s'enfonce. Son cœur lâche.
Monroe relève un peu ses mains et frémit. Sous le masque qui tente de le maintenir en vie, il fait si jeune et sa peau est si blanche. Il est en train de mourir et, pour la première fois depuis longtemps, sans savoir vraiment pourquoi, il se sent touché par ce constat. Ses yeux ne le quittent pas lorsqu'il prononce d'une voix grave.
- Faites le tenir. On va le tirer de là.
OooooO
Avec un frémissement qui lui permet de relâcher la pression, Monroe jette ses gants dans la poubelle avant de se laver, de se changer et de passer une blouse blanche immaculée par-dessus sa tenue de chirurgien propre. Le blessé a tenu bon. Il doit parler à ses proches et il attrape machinalement le dossier pour le consulter. Dans l'urgence de la situation, il a paré au plus pressé sans prendre le temps de vraiment analyser. Cameron Black ? Pourquoi ce nom lui dit quelque chose ? Monroe hausse les épaules, ça lui reviendra peut-être plus tard.
En entrant dans la salle d'attente, il cherche à localiser la famille du blessé du regard. Il a développé une aptitude singulière qui lui permet de la trouver assez vite sauf qu'aujourd'hui, il a un indice. Un indice qui le fait frémir. En face de lui, portant une tenue de chirurgien semblable à la sienne se tient son patient. Enfin, pas vraiment son patient en l'occurrence, mais son double parfait. Un frère jumeau… Un frère auquel on a donné des vêtements pour se changer, sans doute parce que les siens étaient tâchés de sang. Son sang ? Il y a des chances vu la manière dont il semble dévasté par la situation.
Monroe déglutit. Annoncer des nouvelles plus ou moins bonnes n'était jamais facile et devant ce jumeau, cela lui paraît presque pire. Comment lui annoncer que son frère est en vie pour le moment, mais qu'il doute qu'il passe la nuit ? Ils sont jumeaux. Annoncer la perte de la moitié de son âme est une tâche dont il se passerait bien, mais qu'il doit assumer. Alors, il se rapproche… et tous les regards se braquent sur lui.
- Famille de Cameron Black ?
Le médecin attend une réaction bien évidemment, mais il est surpris par le bond qu'effectue le jumeau de son patient pour se lever, lui qui semble pourtant au bord du malaise.
- Il est en vie ?
La question est directe et les larmes ne sont pas loin. Monroe prend une inspiration. Il lui semble si fragile et ses mots vont sans doute l'ébranler un peu plus, alors il tente de les choisir avec soin et répond d'une voix qu'il tente de garder neutre et apaisante.
- Pour le moment nous l'avons stabilisé, mais son état est précaire. S'il passe les prochaines 36 heures peut-être que nous pouvons envisager qu'il puisse sans remettre.
- Peut-être ?
Monroe lit la douleur dans ses yeux. Il a essayé de ne pas être trop brutal, mais il a comprit et il le regarde se mettre à trembler tout en ajoutant.
- C'est une manière détournée qu'il ne passera pas ces 36 heures ?
Le médecin soupire et contrairement à son habitude, il n'a pas envie de chercher de belles phrases toutes prêtes. Il se contente donc de répondre avec une sincérité assez singulière.
- Je ne sais pas.
Il aurait pu, il aurait dû peut-être dire autre chose, mais il n'en avait pas l'envie. Il est touché par le sanglot qui échapper au jumeau qui lui murmure d'une voix faible.
- Je veux le voir.
Cela ne l'étonne pas. Il s'est préparé à cette demande dés qu'il a posé les yeux sur lui et là, il sait exactement quoi répondre.
- Je suis désolé. Il est en réanimation et…
- Je veux le voir !
Monroe sursaute presque malgré lui. Le jeune homme semble tellement affligé qu'il ne pensait pas qu'il pouvait être capable de mettre autant de rage et de désespoir dans une simple phrase. Une rage qui se transforme en supplique quand sa voix se brise.
- Je vous en prie.
- C'est impossible, mais…
- Je ne gênerais personne, le coupe de nouveau le jeune homme en pleurs.
- Je suis désolé !
- Mais vous ne comprenez pas !
Le cri est soudain, douloureux, bestial et les larmes presque de trop. Monroe regarde son interlocuteur s'effondrer à moitié tout en étant soutenu par ses amis. Se larmes lui font mal et il l'entend à peine quand il murmure faiblement :
- Il ne peut pas partir sans que je lui tienne la main.
Jumeau… Ce sont des jumeaux, mais il ne peut rien faire de plus. Il reste là encore quelques minutes, essayant de ne pas être trop touché les émotions qui se dégagent autour de lui et puis, à un moment, il sait qu'il doit partir. Toutefois au moment où il tourne les talons il est retenu par un bras et son regard croise un regard aussi froid et déterminé que le sien.
- Et moi je suis sûr que vous pouvez lui accorder quelques minutes !
Le soupir qui lui échappe est presque un soulagement.
- D'accord.
Monroe pivote en direction de Jonathan toujours soutenu par Mike.
- Je vais vous emmener.
Monroe marche à côté de Jonathan. Ce n'est pas son habitude, mais il a prit soin de glisser une main sous le bras du jeune homme pour le soutenir, parce qu'il voit bien que ses émotions sont à fleur de peau et que la douleur a tendance à lui couper les jambes. Sans un mot, il le guide dans les couloirs pour arriver au service de soins intensifs. L'atmosphère et l'odeur sont particulières. Monroe sent un frémissement parcourir le jeune homme à ses côtés et il se demande si c'est une bonne idée d'avoir fini par céder. Bien sûr, il comprend sa demande. Ce frère qui est un autre lui-même ce doit être terrible d'imaginer qu'il est en train de mourir loin de soi. C'est bien pour ça qu'il a accepté au final, pas pour l'insigne du FBI, juste pour lui et la douleur de ses larmes. Il n'a pas l'habitude d'être touché de cette manière, mais là. Il sent tout l'amour qui les uni et… et il lui a été impossible de le laisser continuer à pleurer dans cette salle d'attente, surtout qu'il sait à quel point les chances de son frère sont infimes.
En arrivant devant la porte, il s'immobilise, tentant de capter le regard anxieux et épuisé de…
- Quel est votre nom ?
- Jonathan…
Monroe hoche la tête.
- D'accord. Vous savez Jonathan, il y a des raisons pour que nous laissions les familles hors de ce service habituellement. Ce qui vous attend dans cette chambre pourra peut-être vous choquer, mais dites-vous que les machines sont là pour l'aider.
- Pour l'empêcher de souffrir ?
- Oui, ça aussi.
Jonathan hocha la tête et prend une longue inspiration qui ne parvint pas à calmer son angoisse que le médecin sent dans les tremblements qui agitent son corps. Il lui presse les bras tout en penchant doucement la tête.
- On y va ?
Jonathan hocha la tête sans dire un mot et le médecin poussa la porte. Ses tremblements se font plus forts, mais il entre dans la pièce avant de se figer totalement.
Cameron est là, étendu à demi-assis dans un lit médicalisé. La position permet de soulager son poumon en facilitant sa respiration, mais elle accentue surtout la pâleur de sa peau et la taille imposante du masque qui couvre une partie de son visage. En le découvrant, Jonathan sent que son cœur est sur le point de s'arrêter. Ses jambes tremblent de plus en plus, mais il ne refuse de s'effondrer ou de faire demi-tour. C'est son frère qui est là, dans ce lit... son frère, son double, son jumeau...
En tremblant de plus en plus, il se rapproche, ne pouvant plus contenir ses larmes qui le reprennent en traitre. Cela fait tellement mal de le voir comme ça. Le médecin avait bien essayé de le prévenir, mais il se sent défaillir. Pour s'éviter la chute, Jonathan pose la main sur le lit de son frère. Ses doigts tremblent quand il lève la main pour effleurer sa joue à côté du masque à intuber dont le tube est enfoncé dans sa gorge. Cette simple vision le terrasse presque et il continue de lui caresser la joue timidement tout en murmurant.
- Ça ne lui fait pas mal ?
- Non, répond Monroe, admiratif de la réaction du jeune homme dont il perçoit de plus en plus clairement la douleur et toute la volonté qu'il lui faut pour ne pas lui céder.
Pourtant, il tente de tenir, de ne pas s'effondrer et il l'admire pour ça. Jonathan se penche doucement, déposant un baiser sur le front de son frère, à la racine de ses cheveux tout en se revoyant faire le même geste quand ils avaient 7 ou 8 ans. Un geste et une phrase qui lui revint "Dors bien et fait de beaux rêves". Cameron lui souriait et lui répondait toujours la même chose : "Dans mon rêve nous sommes les deux plus grands magiciens du monde"... Magicien... Tu parles d'une idiotie... Les magiciens ne se retrouvent pas dans ces situations-là ! Ils ne se retrouvent pas à demi-mort dans un lit d'hôpital. Jonathan attarde ses lèvres sur le front de son frère pour lutter contre ses larmes. A cet instant précis, c'est de la haine qu'il ressent, de la haine contre ce père qui n'a jamais aimé ses fils ! Sinon, il les aurait protégé, il aurait fait en sorte qu'ils ne se retrouvent jamais dans cette situation.
Jonathan se redresse un peu, brossant à l'arrière les cheveux de son frère, tentant de rester fort et digne, mais les émotions se déchaînent en lui et les larmes finissent enfin par exploser.
- Cam ! Ce n'est pas possible ! Dans quel état tu es ! Pardonne-moi ! Je voulais tellement te protéger. Pardonne-moi !
La main de Jonathan prend doucement celle de son frère et lui presse les doigts pour tenter de le faire réagir, mais ce dernier reste inerte, dramatiquement inerte. La douleur est de plus en plus forte et le jeune homme est à deux doigts de s'écrouler. Il tremble de plus en plus tout en serrant sa main.
- Tes doigts sont tellement froids... Ne meurs pas ! Cam ! Je t'en supplie. Il faut que tu tiennes bon. J'ai tellement de choses à te dire. Je t'aime... Reste avec moi. Je t'aime...
Cette fois, il manque de s'écrouler et le médecin le rattrape juste à temps. Jonathan ne réagit pas et se penche un peu plus sur son frère.
- Je... Je ne veux pas vivre sans toi. Ne lâche pas. Tu es bien plus fort que tout ce que tout le monde pense. Il faut que tu survive Cameron. Tu ne peux la laisser gagner. Tu ne peux pas la laisser nous séparer. Je t'en prie... Ne meurs pas.
Hélas, comme si la vie se moquait bien des suppliques déchirantes de ce frère perdu et bouleversé, c'est précisément à ce moment que tous les moniteurs se mettent à sonner. Jonathan sursaute, redressant la tête en direction du moniteur cardiaque qui ne montre plus qu'une ligne plate et un hurlement jaillit sans qu'il ne puisse le retenir.
- Non ! Cameron ! Non !
Mais les hurlements de Jonathan ne servent à rien. Il sait, il comprend que le cœur de son frère vient de s'arrêter de battre et, à cet instant précis, il a l'impression que le sien est aussi en train de lâcher.
Merci à tous pour vos lectures et vos review. Elle me font vraiment plaisir et me pousse donc à continuer cette histoire !
Alors, une petite review en plus de la mise en favori ?
A bientôt peut-être !
