Bonjour à tous,
Désolé pour ce retard (quoi que, je suis quand même toujours dans la semaine, ça passe) mais j'ai eu une semaine de merde ! J'ai cumulé tout ce qui était humainement possible avec des déboires sentimentaux, des professeurs pourris, des devoirs encore plus pourris, des bleus à causes de ma trop grande motivation au foot (sport que je n'aime même pas soit dit en passant), manquer de mourir dans un accident de voiture pour finir par tomber malade! Bref, cela expliquer pourquoi je n'ai pas eut le temps avant.
Mais c'est oublié! Cette semaine touche à sa fin et nous repartons sur de bonnes bases. Je suis aussi contente que cette partie de la fic soit finie, on quitte enfin la prison. Bon, vous le remarquerez en lisant mais par "la magie de la fanfiction", ça se passe plutôt bien et les règles de la prison sont plutôt assouplies. Mais je ne voulais pas m'éterniser longtemps sur cette partie alors j'espère que vous serez compréhensif.
Cecilia411: A quand la suite? Bé maintenant ! ;)
Guest: Merci :) j'essayerai de garder cela passionnant pour toi!.
N'hésitez pas à me laisser vos impressions ou vos suggestions sur certains évènements ou couple car même si les 44 chapitres sont déjà rédigés, je les relis toujours avant de les publier et fais de légères modifications alors, il se peut que je puisse intégrer vos suggestions (si ça ne m'oblige pas à réécrire 10 chapitres bien sûr hein).
Voilà, c'est tout, j'arrête de vous embêter.
Bonne lecture,
Letki
L'enfer, le vrai, commença le jour de la mort de Jean.
Blaise luttait contre la morsure qui pouvait s'avérer mortelle. Il était fiévreux et alternait les phases d'inconscience et de délire. J'avais passé trois jours à son chevet, à éponger son front avec mon tee-shirt de détenu que j'avais roulé en boule et que j'humidifiais dans le petit lavabo de notre cellule. Il convulsait même dans son sommeil et appelait Jean. Mon nom apparaissait de temps à autre dans sa folie mais c'était bien moins fréquent que celui du rouquin.
J'essayais de l'aider du mieux que je pus mais je dus rapidement me faire à l'idée que mes efforts ne serviraient à rien si Blaise mourrait de faim et de soif. Trois jours que nous ne sortions pas de notre cellule et bien entendu, l'eau d'Azkaban n'était pas potable. Pire, maintenant que « l'aura » (je ne sais pas trop, je n'ai jamais compris Jean réellement) de Jean n'était plus là, la présence des détraqueurs se révéla être deux fois plus pénible que pour un homme lambda.
Je ne pouvais plus dormir, mon corps tremblait constamment et si le corps de Blaise était bouillant à cause de la fièvre, le mien était gelé si bien que je le déshabillais et que je me couchais contre lui tous les soirs pour tenter de me réchauffer. Mais rien à faire, je vivais dans la peur et l'angoisse. Dès que je fermais les yeux, je revoyais des images de la guerre, sujet qui ne m'avait jamais réellement tracassé à vrai dire, je voyais des images très saisissantes de mon père mort, alors que bien entendu, je ne l'avais jamais vu, ou de ma mère folle. Je voyais surtout, le Lord noir qui prenait un malin plaisir à me torturer. Il aimait sincèrement me voir me tordre de douleur à ses pieds, ça le rendait extatique. Je me souvins également du sort de découpe de Potter qui aurait pu me tuer ou encore simplement de la mort de Jean. De tous les morts que j'avais vus depuis que j'étais à Azkaban.
Des souvenirs que je n'avais pas ressassés depuis 4 ans remontaient dans ma mémoire et je ne pouvais rien y faire. Les détraqueurs m'affaiblissaient trop et ça à cause du petit lien que j'avais partagé avec Jean. Il avait eut raison tout compte fait, ça ne m'avait changé en rien physiquement, mais je ressentais le besoin cuisant de me protéger. Quelque part, ça m'avait affaibli. J'essayais de combler le manque dans les bras de Blaise mais avec un gars fiévreux et inconscient autant dire que je n'étais pas rassuré.
J'avais peur de mon ombre et c'était très déstabilisant.
-Réveille toi, suppliais-je Blaise en essuyant son front couvert de sueur.
Il ne réagissait plus depuis déjà une petite heure, c'était une des rares phases de calmes qu'il avait depuis 3 jours. Généralement, il ouvrait les yeux après et restait conscient pendant quelques minutes avant de replonger dans sa lutte contre le poison du loup-garou. Mais il perdait, je le voyais. Il n'avait plus l'énergie suffisant pour lutter et il était fou de chagrin surtout. Il n'avait versé aucune larme mais il cherchait désespérément la présence de Jean, je le voyais.
C'est pourquoi, je me résignais à sortir de ma cellule. Je décidais que ça suffisait cette pseudo-dépendance à l'aide et à la protection des autres. Toute ma vie je me suis cachée derrière quelqu'un, même à mon procès on m'a aidé. Cette fois-ci, bien que je n'en avais aucune envie, je devais sortir pour nourrir Blaise sinon il mourrait et ironiquement, s'il mourrait, il n'y aurait plus aucune barrière entre moi et les prisonniers. Et il n'aurait pas été dans cet état sans moi. Il aurait encore coulé des jours heureux avec Jean et voilà. Bien entendu, je ne me lançais pas dans une phase d'apitoiement mais j'accumulais le peu de courage et de volonté que j'avais pour mettre les pieds dehors.
C'était terriblement difficile car tout mon être me criait de retourner me cacher derrière Blaise. Encore une chose qu'il allait falloir que je corrige plus tard. Je n'aurais pas repoussé Jean (car il me terrifiait secrètement) mais j'en ai le pouvoir avec Blaise, il est mon meilleur ami et point barre. Je ne le laisserais pas mourir mais je ne serais pas son amant éternellement, ça suffisait. Je ne voulais pas dépendre de Blaise.
Quand j'entrais dans la grande salle, elle était presque vide car j'avais attendue l'heure limite pour me faufiler dehors. Le stress retomba un peu et je me glissais à pas de loup jusqu'aux self pour prendre deux plateaux et les remplir. Après tout, je n'avais pas mangé non plus, j'étais affamé. Je fis le chemin inverse sur la pointe des pieds, en courant presque mais je n'eus pas la chance de sortir de la salle sans être vu.
Je m'étalai de tout mon long, le contenu des plateaux se rependant sur le sol quand on me frappa dans le dos. Je n'eus même pas le temps de me retourner qu'on attrapa mes cheveux pour me relever (je t'aime beaucoup père mais les cheveux longs n'ont pas que des avantages).
-On ose enfin sortir Malfoy ? Et seul en plus ? Je comprends mieux pourquoi il a fallut trois jours pour te décider, se moqua Greyback.
Le loup-garou était assis sur une table et c'était un de ses nouveaux larbins qui m'avait frappé. Génial, j'étais dans la merde. Tant pis pour ce soir, je tenterais une sortit une prochaine fois. J'écrasais mon coude dans les côtes du type et rejetais la tête en arrière avec toute la force que j'avais pour lui donner un cou de tête. A peine m'eut-il lâché que je m'enfuis à toute jambe sous le rire cruel de Greyback qui ne se leva même pas pour aider son pote.
Je rentrais dans ma cellule le souffle court, terrorisé et je refermais la porte derrière moi. Azkaban n'avait rien à voir avec les prisons moldus, ont avait les pire joaillier qui soit, et il n'y avait aucune issus bien entendu. Cela faisait 4 ans que je n'avais pas vu la lumière du jour et que la seule information du monde extérieur qui me parvenait était le fracas des vagues contre les parois de pierre. J'avais cru devenir fou les premiers jours avec ce bruit incessant mais j'avais fini par m'y habituer. Bref, les cellules étaient toute renforcée magiquement et le seul moyen de quitter Azkaban était par transplanage ou par la voie des airs, autrement dit, impossible car dans le premier cas, nous n'avions plus de baguette et dans le deuxième, les détraqueurs nous attendaient au tournant.
-Je suis désolé Blaise, mais on ne mangera pas ce soir non plus, dis-je en m'agenouillaient prêt de son lit.
Il gémit faiblement et tenta d'ouvrir les yeux mais ceux-ci roulèrent aussitôt dans leur orbite. Il ne tiendra plus infiniment. Quoi qu'il se passe, demain, il devait manger. Je le découvris prudemment et saisit son poignet pour inspecter la morsure. Ce n'était pas infecté dieu merci, mais il y avait clairement une marque de dents profondes et à vif. Son sang pulsait fort à cet endroit et les veines qui partaient de la morsure étaient si sombres que j'arrivais clairement à les suivre sous sa peau noire.
-Tu dois encore tuer Greyback avant de lâcher prise, tu m'entends ? Dis-je en le bousculant. Il a tué Jean.
Dès qu'il lâchait prise et que la morsure manquait de l'emporter, je lui rappelais la raison pour laquelle il était dans cet état. Généralement, la rage et le chagrin le réveillaient et la douleur repartait mais au moins, il n'abandonnait pas.
-C'est bientôt fini, tient bon, chuchotais-je alors avant de gagner mon lit.
Je regrettais de ne pas avoir posé à Jean plus de question sur son peuple. Je n'avais jamais voulu savoir car je n'en voyais pas l'intérêt mais maintenant ça nous aurait été si utile… Je me maudis pour mon désintérêt et je tentais de dormir. Bien entendu, je n'y parvins que deux petites heures, lorsque les détraqueurs s'éloignaient de ma fenêtre mais c'était bien peu et je sentais que j'arrivais moi aussi à ma limite.
Je changeais alors de tactique et je décidais de sortir dès que la serrure magique s'ouvrira. Dès que j'entendus le déclic, je bondis hors de la petite pièce et je dévalais les couloirs pour atteindre la salle commune. Bien, elle était vide. Je remplis deux plateaux comme la dernière fois au pas de courses et je revins sur mes pas sans jamais m'arrêter de courir. Je pus entrer dans ma cellule en ayant croisé que trois personnes en tout. Parfait.
Je déposais les plateaux sur mon lit et je m'autorisais à souffler. Je savais qu'une fois vide, les plateaux disparaitrais donc je n'avais pas à m'inquiéter pour le retour. Je soulevais donc Blaise du mieux que je pus car il était vraiment lourd et je réussis à l'adosser contre le mur. Là, je le fis manger lentement, très lentement car il était si faible qu'il menaçait de s'étouffer à chaque bouché.
Il mangea la moitié du plateau et je le finis. Même ça n'arrivait pas à combler ma faim, mais je ne pouvais pas me permettre de manger plus. J'humidifiais encore le front de Blaise et le laissait dormir. Lorsqu'il eut un nouveau moment de conscience, je lui fis manger la moitié du second plateau et une fois la nuit tombée, il finit le reste. Je notais que son sommeil était moins agité et je pus me coucher plus sereinement ce soir là.
Je recommençais mon petit manège le lendemain et le matin d'après. Blaise se remettait lentement mais surement. Il n'était toujours pas capable de se lever mais il ne mourrait pas. C'était l'essentiel. J'avais repris quelques forces aussi rien de bien probant vu que j'avais la peau sur les os mais je me sentais mieux. Pas au point de tenter l'impossible bien entendu, mais je pouvais dormir maintenant plus de deux heures.
Allé Drake ! M'encourageais-je pour ma petite sortie matinale.
Je fis le chemin de l'allée en deux temps trois mouvements. J'étais habitué maintenant et je dois dire que je courrais plutôt vite. Mais ça ne se passa pas du tout comme prévu. On m'attendait. Je pilais devant la porte en voyant l'attroupement et je fis demi-tour. Mais ils avaient tout prévu et je reçus un cou dans le nez qui le cassa instantanément. Je m'étalais sur le sol alors que la douleur irradiait dans ma tête. Oh putain que ça faisait mal bon dieu !
-Tu cours plutôt vite Malfoy, les années de fuite ça aide j'imagine, se moqua Greyback.
Je ne pus me relever car on me traina jusqu'à lui avant de m'agenouiller face à lui mes deux bras retenus par deux détenus.
-Zabini t'envoie faire le sal boulot ? S'étonna-t-il en essuyant le sang qui coulait de mon nez avant de le lécher (écœurant). A moins qu'il soit mort pendant la débâcle.
Ah il ignorait donc tout de ce qui était arrivé à Blaise. Bien, il aurait l'avantage de l'effet de surprise. Je retins mon petit sourire hautain made in Malfoy et je le priais poliment de me relâcher. Il ricana et reporta son attention sur un clou rouillé qu'il était entrain de tordre depuis tout à l'heure.
-Pourquoi ne manges-tu jamais avec nous ? S'enquit-il en me présentant une place libre.
-Je préfère manger en bonne compagnie, dis-je prudemment, je ne suis pas vraiment … ami avec tes camarades.
Vallait mieux ne pas le froisser. Et les abrutis aimaient toujours les flatteries c'est bien connus.
-Ah j'admire sincèrement ça chez les Malfoy. Cette façon d'être classe à n'importe quel moment.
Je n'aimais pas son sourire, je ne l'aimais pas du tout.
-On m'a dit qu'on ne t'a jamais entendu crié, me dit-il sur le ton de la confidence, à part la nuit avec ton loup mais ce n'est pas le même registre n'est-ce pas ? C'est vrai que les rares fois où je suis allé au manoir, tu ne disais jamais rien. Mais vois-tu, si le Lord aimait tant te malmener c'était pour ta petite voix de sirène, conclut-il.
-Il avait une branche, claquais-je pour ne pas le laisser partir dans ses délires.
-Laisse moi en juger.
Je paniquais quand on m'allongea sur la table alors que la salle se remplissait petit à petit. Il m'enleva mon haut encore trempé par les soins de Blaise et me demanda ce que je pouvais bien foutre avec mon haut. Je n'avais malheureusement pas de réponse à lui fournir.
-Tu te donnes en spectacle, lui dis-je sèchement en le toisant avec toute la classe des Malfoy (enfin autant qu'on puisse le faire avec un nez cassé).
Personne ne viendra me sauver cette fois-ci. Je le savais. Alors j'endurerais en faisant honneur à mon nom.
-Ne me prend pas de haut Malfoy.
Il plaqua son genoux sur ma main droite et me chevaucha sous les hurlements infernaux des détenus surexcité avant d'enfoncer son clou dans la chaire de mon avant bras. J'écarquillais les yeux sous la surprise et serrait la table le plus fort possible. Je réussis à grande peine à retenir un cri de douleur alors qu'il s'amusait à fouiller ma chair.
-C'est vrai que tu ne dis rien, tu en as plus dans le ventre que ce qu'il parait on dirait, il me félicita comme s'il était extrêmement fier de moi et continua à tourner et tirer sur le clou.
Seigneur que c'était douloureux. Je cherchais désespérément quelque chose à quoi me raccrocher mais il n'y avait rien. Rien du tout hormis une centaine de personnes qui me voulait du mal. S'il continuait ainsi j'allais certainement tourner de l'œil, c'est certain. Je n'étais plus habitué à souffrir et seul ma fierté me permettait actuellement de tenir le coup. Je ne criais certes pas mais les larmes glissaient sans que je puisse les retenir et mon corps convulsait librement à chacun de ses assauts. Il cessa sa torture au bout d'un temps qui me parut infiniment long et me remis mon haut avec tout le naturel du monde.
-Bon appétit Malfoy.
Il fit un geste de la main et les détenus s'éloignèrent de moi. Je me relevais, les genoux tremblant et le tint blafard et je me dirigeais à pas mesurer vers les plateaux. Mon bras me faisait affreusement souffrir et le sang gouttait le long de ma main, tachant mon haut orange. Ils me regardèrent partir, des moqueries au bord des lèvres. Je regagnais la cellule sans encombre, comme si le mot avait été passé que Greyback était le seul à pouvoir abimer le petit Malfoy.
Je déposais les plateaux sur mon lit et j'allais nettoyer mon bras dans le lavabo. « Lâche », voici ce qu'il avait gravé dans ma chair avec son clou. Je détournais mes yeux du mot humiliant et je le dissimulais derrière la manche de mon haut. Je n'avais pas de quoi me soigner de toute façon. J'enroulais le bas de mon haut orange et le coinçait entre les mains avant de plaquer prudemment mes doigts de chaque côté de mon nez en regardant mon reflet dans l'eau calme des cabinets et comptais silencieusement jusqu'à trois. Prenant mon courage à deux mains, je remis d'un coup sec mon nez en place et étouffait mon cri de douleur en mordant mon tee-shirt. Les larmes me vinrent immédiatement et je me rinçais le visage en m'aspergeant d'eau, ne supportant plus le moindre contact sur ma peau abimée.
-C'est quoi cette odeur ? Demanda Blaise qui était particulièrement alerte pour une fois.
-Rien, répondis-je.
Il tourna faiblement la tête vers moi et me détailla longuement avant que son regard fiévreux ne s'arrête sur ma manche taché de sang et mon nez violacé. Il voulu se redresser mais j'appuyais sur ses épaules pour le retenir.
-Qu'est-ce qui c'est passé Drake ? Demanda-t-il en agitant les mains comme s'il cherchait quelque chose sur lequel s'appuyer.
-Greyback c'est un peu amusé, répondis-je évasivement, rien de bien méchant.
Un grondement sonore s'échappa alors du thorax de Blaise et je bondis en arrière sous le choc. Il semblait également surpris et cela eut au moins l'effet de le calmer. Il se reposa sur le lit, épuisé et je revins m'asseoir prudemment à côté de lui.
-J'étais censé te protéger.
-T'as fini ? Le coupais-je. Je ne suis pas une princesse ou un truc du genre, sinon je ne serais pas en prison d'accord ? Alors tu t'occupes de toi et tu la fermes. Encore un mot et je t'étouffe avec ta purée.
Il me regarda longuement et … et je détournais les yeux. Moi ! Draco Malfoy ! Qui n'a pas cillé devant Greyback j'ai détourné les yeux devant Blaise Zabini ! Un mec malade qui ne peut même pas se torcher tout seul ! FOUTU LIENS A LA CON DE MES DEUX !
-Maudit loup-garou, l'insultais-je avant de saisir le plateau et une cuillère pour le nourrir.
Je l'insultais longuement après et ça lui redonna le sourire. Ce qui bien entendu, m'énerva encore plus.
-Un Draco qui se plaint est un Draco qui va bien, conclu-t-il alors que je vociférais.
Je roulais des yeux et le laissa se reposer.
Le lendemain, j'essayais d'y aller à la fermeture mais Greyback m'attendait. Ça ne servait à rien de l'éviter, j'étais sa petite distraction du jour. Il prit soin à repasser sur le mot écrit avec le clou dans mon bras pour être certain que ça cicatriserait comme il le souhaitait et trouva ça trop drôle alors il décida de m'écrire un autre mot dans le dos avec son foutu clou rouillé. Je ne sais pas ce qu'il avait bien pu écrire mais les autres rigolèrent beaucoup lorsqu'ils me laissèrent partir. J'avais vraiment mal mais je pouvais le supporter, j'avais connu pire.
Blaise était furieux et rien de ce que je pus dire ne plus le calmer. Il brisa une assiette en me la prenant des mains, il ne contrôlait pas sa force. Il commençait à m'effrayer. Contrairement à Jean, il n'avait aucun contrôle et son caractère était nettement moins pacifique que celui du rouquin.
Et les jours défilèrent ainsi durant les premières semaines qui suivirent la mort de Jean. Chaque jour, Greyback testait une nouvelle torture sur moi puis me laissait partir. C'était devenu un petit diner spectacle pour les détenus qui s'amusaient visiblement de ma souffrance. Etrangement, il veilla à ne jamais blesser mon visage ou toute zone qui dépassait de mes vêtements, comme s'il voulait préserver à l'extérieur, l'image du fier Malfoy que je me forçais à être.
Je crois que je dépérissais. Et je serais surement mort si Blaise n'était pas avec moi. J'avais de plus en plus de mal à supporter les petites attentions et les moqueries, lentement, mais surement, je devenais fou. L'effet des détraqueurs avait redoublé, je ne dormais plus, je maigrissais à vu d'œil et surtout, surtout je faiblissais.
Mais tout bascula réellement un jour où Greyback se lassa des tortures physiques habituelles. Il voulait m'humilier et j'eus finalement droit à ce qui me pendait au nez depuis le premier jour, un viol public. Oh pas par la centaine de détenus comme ce que je craignais, mais par Greyback uniquement, il ne partage pas ses jouets. J'avais cru mourir. J'avais si mal, si honte que les larmes coulaient toute seul alors que je me retrouvais incapable de prononcer le moindre son. Le loup-garou n'avait absolument rien de doux et cherchait au contraire à me faire mal, je sentais le sang qui coulait abondamment entre mes jambes et le bruit … les commentaires des détenus. Je devenais fou.
Je ne me relevai pas quand il eut fini. Il me poussa simplement sur le côté et je m'écroulais sur le sol, souillé et le regard vide. Il rigola et me demanda si j'étais cassé. Avais-je un jour répondu à ses pics pour qu'il insiste autant ? Je ne saurais le dire mais à cet instant, un truc c'était éteint dans mon cerveau et j'étais resté là, immobile à fixer droit devant moi. J'y serais resté d'ailleurs et je serais mort à cet endroit, à moitié nu sur le sol avec du sang séché entre les cuisses si on ne m'avait pas tiré de ma torpeur.
C'est la main de Blaise qui s'abattit violemment sur ma joue qui me réveilla. Il avait les avant bras couvert de sang. Je me risquais à jeter un regard derrière lui et je découvris une dizaine de corps, tailler en pièce dont celui de Greyback. La fureur des loups avait dit Jean un jour, oui j'étais heureux que la fureur de Blaise soit si vive. Je partis alors dans un grand rire hystérique alors que je me levais pour piétiner le cadavre de ce sal chien. Je ne sais pas trop ce qui se passa ensuite, j'avais des période d'absence mais je me réveillai de nouveau dans la cellule qu'on partageait avec Jean.
Blaise m'apprit qu'on le lui avait donné quand il avait révélé sa nature de loup. Il m'a dit qu'il avait sentit ma détresse et qu'il était venu et qu'à partir de là, il avait enfin pu dominer la morsure. Il avait lavé mon corps et mes blessures et m'avait dit que le médicomage qu'ils avaient fait venir pour le recenser en tant que loup m'avait également soigné car je faisais une septicémie et que mon état était critique. Pas étonnant.
J'avais encore les marques des sévices de Greyback sur mon corps, Lâche, inscrit dans ma chaire et d'autres blessures. Mais pire, ce souvenir cuisant de cette matinée dans la grande salle. Je ne voulais plus sortir de ma cellule, plus jamais. Je ne le fis pas pendant une longue semaine où Blaise prit soin de moi mais la pleine lune arrivait. Je devais m'en aller. Et, bien entendu, comme si je n'avais pas assez souffert, des détenus, des potes de Greyback m'avait attrapé et enfermé avec Blaise.
J'avais alors assisté pour la première fois de ma vie à la transformation d'un homme en loup. Cette nuit marquait la première d'une longue suite pour Blaise. Mais si ce n'était que ça. Il tenta de me tuer et il failli bien réussir. Mais mon instinct de survie était bien plus développé que ça et j'étais par chance assez fin pour pouvoir me glisser contre les barreaux de sa fenêtre (l'une des rares chambres à en avoir pour soulager les effets de la lune car c'était une torture que d'essayer que de se cacher à la lune apparemment. Je m'accroupie donc contre les barreaux de la fenêtre et j'attachais le lit contre moi et les barreau avec les draps pour qu'il ne puisse pas me voir.
Cette nuit fut horriblement longue. La chambre d'un loup est toujours renforcée magiquement, c'est pour ça que le lit m'offrit un semblant de protection. Je réussis à tenir contre les barreaux dans le minuscule espace qui m'était réservé alors que Blaise se déchainer dans la chambre à la recherche d'une proie et qu'il hurlait à la lune. J'eus à peine le temps d'apercevoir le magnifique animal au pelage brun qu'il était. Mais le cauchemar ne s'arrêta pas là, les détraqueurs m'attendaient à la fenêtre. Ils aspirèrent toute la joie que j'avais pu un jour ressentir et ne laissèrent que la peur perfide et cruel. J'ai vraiment failli mourir.
Le froid congelait mes os et je n'avais bientôt plus rien à offrir aux créatures encapuchonnées. J'avais le choix, me faire dévorer vivant ou perdre mon âme. Je songeais alors au mot inscrit avec le clou dans mon dos « rat » parce que je survivais toujours, voilà ce que m'avait dit Greyback. Comme de la vermine, je ne disparaissais jamais.
Je voulais qu'il ait raison à l'heure qu'il est et qu'on ne dise jamais plus qu'un Malfoy est un lâche, je choisis de me faire dévorer. Je détachais les draps au prix d'un effort qui me parut insurmontable et je me laissais retomber en arrière avec le lit alors que je voyais une petite lueur lumineuse commencer à s'échapper de ma bouche. Mon âme, j'avais été à un cheveu de la perdre.
Blaise n'attendit pas une seconde de plus pour me sauter dessus. Je ne pouvais même plus bouger tant j'avais froid et que j'étais affaiblie. Je me contentais de fixer ses yeux ambrés dans les miens alors qu'il me reniflait soigneusement. Il grogna soudainement et plongea ses crocs vers mon visage. L'instinct encore, je tournais la tête vivement sur le côté et j'entendis les dents claquer contre mon oreille.
-Prend soin de ma mère, lui dis-je tout de même.
Un bruit raisonna dans le couloir et il sembla immédiatement se désintéresser de moi pour venir frapper contre la porte. Je n'attendis pas plus pour me glisser entre le matelas et le sommier pour tenter de me cacher, attachant les deux précipitamment avec les draps. Il me chercha une fois que son attention revint. Il renifla partout dans la chambre jusqu'à ce qu'il me trouve. Il mordit dans le vide et tenta de retourner le lit. Fort heureusement pour moi, le lit ne céda jamais sous la force de sa mâchoire même lorsqu'il réussi à le retourner. Et c'est par miracle qu'il ne put me mordre. Oui il me bava dessus, oui il me brisa surement une côte ou deux en tentant de me déloger mais le lit magique ne céda jamais. Las de se battre dans le vide, il posa finalement sa lourde tête sur le sommier à quelques centimètres de mon visage et se mis à geindre bruyamment et je compris que mêmes sous cette forme, Blaise continuait à chercher Jean. Mon cœur se serra pour mon ami.
C'est lui qui me trouva le lendemain après avoir repris forme humaine. Son visage était brouillé de larme à l'idée de m'avoir tué. Il souleva le matelas qui ne résista pas une seconde maintenant qu'il était un homme et il me trouva.
-Oh mon dieu ! Drake je suis tellement … tellement désolé !
Je lui dis que ce n'était pas sa faute (plus pour le rassurer que par réelle conviction) mais il s'en voulait. Je devais faire vraiment peur à voir pour que Zabini verse une larme. Je ne sortis plus de cette cellule jusqu'à la pleine lune suivante où Blaise me raccompagna personnellement à ma cellule avant le début de la pleine lune. C'était difficile, j'étais toujours blessé, je ne guérissais pas vraiment. Il voulu me lécher mais je refusais, je n'avais aucune envie de devenir un chien.
Blaise n'avait pratiquement aucun contrôle sur son loup. Il lui manquait beaucoup de pratique pour atteindre le calme de Jean mais il faisait beaucoup d'effort pour ne pas me blesser d'avantage. Il avait changé. Ses yeux noisette étaient devenus ambrés, il était devenu aussi solide qu'un bloc de marbre et son caractère en avait été raffermi. Il était un dominant pur et dur.
Seul le respect qu'il avait pour moi faisait qu'il gardait un minimum de contrôle. Il veillait à ne plus me toucher et se faisait violence pour réfréner ses pulsions animales mais ça ne le rendait que plus violent à l'approche de la pleine lune si bien qu'on rallongea sa peine de deux mois pour avoir tué trop de détenu. Ça encore j'aurais pu l'ignorer, mais il me blessais également. Par mégarde certes, mais le résultat était le même. Il ne supportait pas que quelqu'un m'approche de trop prêt, ou que mon odeur ne soit pas celle qu'il désirait. En voulant me pousser légèrement sur le côté, il m'assommait sur un mur, en voulant m'embrasser, il me laissait un hématome sur la joue, en me tenant le poignet, il me déboitait la main … il perdait face au loup. Je finis par prendre les choses en mains quand je vis que ses efforts ne servaient à rien. Je lui dis un jour dans les douches communes de me prendre. Il parut surpris mais je pus lire dans son visage tout l'effet que ça lui faisait. Il en mourrait d'envi. Il tenta de refuser mais je voyais tout l'effort que ça lui demandait. J'insistais alors et il ne put bientôt plus se retenir.
On s'envoya en l'air ce jour là dans les douches, sous les regards de tous ceux qui passaient par là. J'avais déjà connus ça mais c'était tout à fait différent avec Blaise. Et je me disais aussi que je ne reverrais jamais aucun détenu (entre ceux qui mourraient ici ou qui ne sortirais pas avant une petite cinquantaine d'années… c'était vite réglé). Blaise avait un besoin vital d'affirmer sa domination et quoi de mieux qu'une petite baise en public où on soumet Draco Malfoy en personne ?
Non il ne pouvait rêver mieux et ses instincts se calmèrent. J'avais compris qu'un Alpha avait besoin de ça et Blaise encore plus et que se retenir faisait ressortir l'animal qui était en lui. Il avait besoin de laisser s'exprimer ce côté de sa personnalité pour ne pas céder à la violence et ça marchait efficacement. Bien entendu, faut pas déconner et c'était la dernière fois que je lui accordais ce droit. Mais je l'invitais souvent à une partie de jambe en l'air ou je lui laissais totalement le contrôle. J'étais docile avec lui et me pliais à ses quatre volontés. Il était horriblement gêné au début et s'excusait sans cesse, tentant de contrôle le loup mais fini par s'y habituer et comprendre que c'était nécessaire. Et moi, j'étais prêt à tout pour survivre alors ce n'était pas faire un massage à monsieur une fois qui allait me déplaire.
Puis j'en vis le bout, la fin de l'enfer. Ma peine avait été purgée et le 13 février, on me relâcha.
