Bonjour à tous,

Je ne comprends pas, j'ai des lecteurs mais vous êtes étonnamment silencieux sur cette fiction. Je commence sérieusement à douter. Mais je n'abandonnerai pas promis é.è.

MatMan55: Voici un commentaire qui m'a fait très plaisir! Malheureusement je ne creuse pas beaucoup le sujet du loup alpha mais plus le lien qui l'uni avec son compagnon vu que tout se passe du point de vue de Draco. Sinon, je pense que j'aurai eu beaucoup plus à dire. J'espère que la suite te plaira cependant :)

Bonne lecture,

Letki


La première chose que je remarquais en rentrant chez moi ce soir là, trempé jusqu'aux os, c'est que ma mère n'était pas rentrée. Bien, je ne voulais pas qu'elle me voit dans cet état. Je me débarrassais de mes vêtements sur le seuil de la porte et essora mes cheveux. Je montrais ensuite silencieusement les escaliers et je me glissais dans un bain chaud. J'étais épuisé, tant physiquement qu'émotionnellement parlant. Je restais dedans une bonne heure à fixer le mur si bien que je finis par m'endormir. Ce fut Blaise qui me réveilla quand il enroula une serviette autour de moi après avoir vidé le bain. Il me souleva comme si je ne pesais rien et il se glissa jusqu'à ma chambre et me coucha sur le lit avant de disparaître une nouvelle fois. Il revint avec des serviettes et enroula mes cheveux dedans et mes jambes avec une autre avant de se coucher avec moi pour réchauffer mon corps avec sa propre chaleur corporelle.

-Est-ci si difficile de s'imaginer heureux avec moi ? Demanda-t-il alors que je fixais obstinément le plafond.

C'était une question à laquelle je n'avais pas de réponse. Mais il n'avait pas besoin de le savoir. Etait-ce réellement du bonheur quand mes émotions étaient influées par un lien magique ? Mais même si ce n'était pas le cas, se serait toujours plus simple pour moi d'y céder.

-Je ne veux pas de ce type bonheur, dis-je alors pour ne pas heurter ses sentiments.

Je sentis sa main se crisper sur ma taille et je me tendis à mon tour ayant peur qu'il retourne dans un accès de colère que je me savais incapable d'endurer une fois de plus. Il desserra sa prise et caressa ma taille avant de rigoler silencieusement. Je sentais son corps se secouer légèrement contre moi.

-Tu es plus attaché que tu ne veux l'admettre, dit-il, le lien ne te force pas à m'aimer ni à y prendre plaisir mais si effectivement c'est le cas, il amplifie tous tes sentiments pour te pousser vers moi.

Je me redressais vivement surpris et il se redressait également pour me regarder.

-Le lien fait juste en sorte que je te reconnaisse, m'expliqua-t-il. Tu pourrais me détester corps et âme que je te considérerai toujours comme faisant parti de ma meute et bénéficiaire de ma protection c'est tout ce que sa signifie Draco. Et si c'était le cas, je ne te toucherai pas plus que nécessaire. Tes regards ne trompent personne.

Il mentait. Sinon je ne me serais pas fait autant de soucis pour lui inutilement. Il devait me dire ce qu'il me plaisait d'entendre.

-Tu m'aimes, conclut-il alors. Pourquoi refuses-tu de l'admettre ?

Je le repoussais et me levais d'un bon dans mon enchevêtrement de serviettes en ramassant ma dignité piétinée. Je gardais quand même une serviette serrée autour de mes bras pour dissimuler le haut de mon corps et je lui lançais un regard venimeux. Je n'étais pas comme lui, je ne voulais simplement pas aimer. Ne pouvait-il pas respecter ça ?

-Quand bien même ce serait le cas, répondis-je méchemment, je ne suis pas le bouche trou qui servirait à te conforter dans l'illusion que tu pourrais être aussi heureux que si Jean avait été là.

J'étais dur et c'était volontaire. Je ne voulais pas de Blaise. Je voulais d'une gentille fille comme Astoria avec qui je pourrais avoir des petits héritiers. Pas un loup-garou, pas un homme, pas mon meilleur ami. Je ne voulais pas de son bonheur et s'il continuait à me l'agiter sous le nez, je lui jetterais à la figure après lui avoir marché dessus.

-Ce n'est pas ce que j'ai voulus dire par là Draco, dit-il en s'asseyant sur le lit profondément blessé. Je sais très bien que tu n'es pas Jean mais ça ne m'empêchera pas de-

-Tu es ainsi parce que Jean n'est plus là, lui répondis-je, arrête de te leurrer avec tes illusions d'amour Zabini. Tu ne m'aimes pas et je ne t'aime pas. On se tolère par intérêt. Ferme la, hurlais-je alors qu'il s'apprêtait à répliquer, sinon tu n'aurait pas réagit comme ça en voyant Finnigan.

Il écarquilla les yeux à l'allusion de l'irlandais et se leva lentement avant de me lancer un dernier regard et quitter la chambre. Satisfait, je retournais me coucher et je cherchais une manière de me débarrasser de Blaise.

J'avais été blessant avec lui, je le savais mais je pensais sincèrement que j'avais raison. Si Jean avait encore été parmi nous, nous aurions vécu ensemble mais ils m'auraient laissé partir. Ils n'avaient pas besoin de moi pour être heureux et l'inverse était réciproque. Depuis le décès du loup-garou, Blaise s'accrochait à moi et il croyait m'aimer, mais je savais que c'était faux. Il ne me regardait pas comme il avait regardé Jean. Il ne me regardait pas comme il avait regardé Seamus.

Je devais arrêter ça avant d'en souffrir. Je crois avoir droit au vrai bonheur après tout ce que j'avais vécu et une illusion faiblarde d'amour avec Blaise ne me comblerait certainement pas.

Je m'allongeais alors en étoile, investissant le lit pour la première fois depuis le retour de Blaise et je me mis à cogiter alors que je souhaitais dormir. J'avais envoyé chier Blaise mais il avait raison et je le savais depuis longtemps. Bien sûr que je l'aimais. Peut-être pas du grand amour car il ne m'avait pas manqué quand il n'était pas là, mais suffisamment pour m'inquiéter pour lui. Et j'avais cru pouvoir me détacher totalement de ça durant le mois où il était encore à Azkaban mais force est de constater que non. Et un Malfoy ne sera jamais un lot de consolation. Je refusais d'être celui qui serait là pour lui par dépit. Après tout, c'est avec Jean qu'il voyait sa vie et il ne l'avait pas nié. Il suffisait de voir comment il avait réagit face à Finnigan.

Je me redressais donc, mal à l'aise de m'être disputé avec lui et je me dirigeais vers sa chambre en tenant la serviette autour de ma taille. Il fallait que je mette les choses au clair et que ce soit moi qui tire les ficelles. J'ouvris la porte de sa chambre sans frapper et je le trouvais assis au bord de sa fenêtre à observer la lune. Il m'avait entendu arriver pourtant, il ne me regarda pas.

-Tu as peut-être raison sur certains points Zabini, mais tu n'en reste pas moins un putain d'enfoiré et je t'interdis de jouer avec moi, lui dis-je en le pointant d'un doigt impérieux alors qu'il haussait un sourcil, alors soit tu tombe éperdument amoureux de moi au point que je devienne le centre de ton univers et que tu cherches par tous les moyens à me retenir, soit je trouve un moyen de me débarrasser de toi. Et je te préviens tout de suite, je commence à chercher dès demain.

Je crois que je ne pouvais pas être plus clair non ? Je claquais la porte derrière moi, apaisé et fier et je regagnais ma chambre. J'enfilais un bas de pyjama et je me glissais dans mes draps avec un petit sentiment de bonheur. Quoi qu'il fasse je me ferais un plaisir de réagir en conséquence et c'était une situation que je pouvais contrôler. Voilà, c'est bien, tout était de nouveau normal. Je pus donc m'endormir sereinement et je me surpris à faire de beaux rêves.

J'ouvris les yeux le lendemain lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit brusquement. J'allais envoyer chier Blaise pour m'avoir tiré de mon petit cocon de bonheur quand je compris que le poids que je sentais contre moi n'était rien d'autre que le loup et que la personne qui avait ouvert la porte ne pouvait donc qu'être ma mère. Je devins livide et je poussais Blaise du lit à coup de pied avant d'enfiler un peignoir et de courir pour rattraper ma mère qui était partit. Elle était dans le salon avec Potter et sa clique. Elle ne se tourna même pas vers moi quand je vins la rejoindre, refusant simplement de me regarder. Je sentis mon cœur se serrer et j'eus peur qu'elle me rejette.

-Mère, dis-je en m'agenouillant face à elle pour prendre ses mains dans les miennes, ce n'est pas ce que tu crois.

-Que dois-je croire ? Demanda-t-elle alors en ancrant son regard dans les miens.

J'eus toutes les peines du monde à ne pas détourner les yeux alors que je restais silencieux. J'entendis Blaise descendre l'escalier et venir s'asseoir dans le salon, saluant brièvement les intrus. Finnigan qui était debout derrière le canapé face à moi se trémoussa visiblement peu rassuré et eut un mouvement de recul qui ne m'échappa pas. Ainsi donc Finnigan était sensible à la présence de Blaise ? Bien voilà un détail qu'il était bon de noter.

-Draco ! Claqua sèchement ma mère. Tu couches avec Zabini sous mon toit ou pas ?!

Je grimaçais en songeant à toutes les oreilles indiscrètes présentes ici et encore une fois je me dis que je détestais ma vie. Je cherchais une histoire qui pourrait justifier que Blaise se trouvait dans mon lit ce matin en moins de 10 secondes mais je ne trouvais rien qui tienne la route. Je commençais sérieusement à stresser.

-C'est-à-dire, commençais-je, mère si nous pouvions avoir ce genre de discussion en privée …

-Draco Lucius Malfoy, répondit-elle avec toute la froideur du monde, répond moi immédiatement.

-Oui, soupirais-je, oui on couche ensemble sous ton toit. Heureuse ?

La gifle ne me surprit pas. J'avais rarement été aussi insolent avec ma mère et généralement, c'était mon père qui se chargeait de me rappeler à l'ordre. C'était peut-être pour cela que cette gifle me sembla bien plus douloureuse qu'une quelconque punition de mon père.

Blaise se leva immédiatement et je fis de même pour le retenir en lui lançant un regard noir. Je ne lui permettais pas de toucher à ma mère et je trouvais qu'il avait déjà assez fait de dégâts comme ça. Les autres restèrent silencieux, gêné au possible alors que les Weasley s'amusaient apparemment de ma situation délicate. Après tout, ils pourraient se venter d'avoir vu le grand Draco Malfoy se faire gifler par sa maman.

-Qu'aurait dit Lucius, gémit-elle en se massant le front.

Je tressaillis et voulu parler mais elle leva sa main d'un geste impérieux et je fermais la bouche. Elle se leva ensuite avec grâce, lissa sa robe et nous fis face.

-Quand je descendrai de ma chambre, vous serez tous partit. Quand à vous deux, dit-elle en se tournant vers Blaise et moi, on en rediscutera.

Elle fit volte face dans une envolée de boucle blonde et disparue dans l'escalier. Je restais saisi, pétrifié sur place face à la réaction négative de ma mère avant de passer la main sur ma joue douloureuse.

-Draco, me dit Blaise en faisant un pas vers moi.

-Ne pense même pas me toucher, sifflais-je en lui lançant un regard glacial.

Il se ravisa en se mordant la lèvre et j'allais dans la cuisine me faire un café noir et serré. J'en avais grandement besoin. Je ruminais des idées noires quand on me mis sous le nez un drôle d'ustensile moldu que je ne connaissais pas.

-Que veux-tu que je fasse avec ça Finnigan ? Demandais-je sèchement en me tournant pour faire face au rouquin.

Il sortit le drôle de petit tube blanc de la boite, coinça une entre ses lèvres et m'en confia une avant d'en allumer les extrémités. Je le regardais inspirer puis expirer de la fumer et je vis ses trais se détendre. Je me dis que ça ne pouvait me faire de mal et j'essayais de prendre une inspiration en l'imitant. Je faillis m'étouffer et je toussais beaucoup. Il me tapota gentiment le dos avant de s'éloigner de moi.

-Ça me détend toujours dans les situations de crises, dit-il, et tu as l'air d'avoir eut une semaine plutôt merdique dans le genre.

Je le remerciais à contrecœur et je m'employais à fumer ce truc qu'il appela cigarette. Je me sentais un peu mieux mais terriblement las. Je l'observais du coin de l'œil fumer pensivement quand mon esprit eut un déclic. La voilà ma façon de me débarrasser de Blaise. Il suffisait simplement qu'il s'attache assez à quelqu'un d'autre pour me laisser tranquille moi. Et quoi de mieux qu'un mec qui ressemblait à Jean ?

Merci Finnigan, tu le regretteras surement, mais tu viens de me rendre un énorme service.

Je me mis à rigoler et il me regarda étrangement. Je secouais la tête pour lui faire signe de ne pas s'occuper de ça puis je retournais dans le salon avec lui. Blaise n'avait pas bougé et il me lança un regard pénétrant que j'ignorais avec superbe. S'il croit que j'allais lui tomber dans les bras alors qu'il venait de tout foutre en l'air alors il s'enfonçait le doigt dans l'œil et bien profond.

-Malfoy, m'appela Granger en se tournant vers moi, c'est fascinant ! Zabini est un alpha ! Je ne savais même pas que les alphas pouvaient reconnaître leur compagnon en dehors de la meute.

-Fascinant Granger, raillais-je, maintenant ferme la, ma mère n'a pas besoin d'entendre ça.

Elle ferma la bouche dans un claquement bruyant et rougit alors que Weasmoche me lançait un regard noir. Je continuais de fumer le truc de Finnigan, c'était agréable dans la mesure ou ça me distrayait de mes problèmes maintenant et que je m'étais habitué à la sensation. Je m'assis à côté de lui dans la dernière petite place disponible du canapé. Potter semblait extrêmement mal à l'aise, tout comme Finnigan alors que Blaise et la belette femelle semblaient s'ennuyer ferme.

-Alors t'as changé de bord en prison Malfoy ? Demanda Weasley avec une touche de mesquinerie. Vu ton physique efféminé je n'en ai jamais douté.

-Allons Weasley, ne m'insulte pas, tu sais bien que personne ne peut résister au charme de Blaise, l'attaquais-je encore plus sournoisement, même ta sœur pourra confirmer.

Les Weasley rougirent furieusement alors que tous les regards convergèrent vers Ginny qui me foudroya du regard. Le regard de son frère était lourd de reproches et Potter sembla blesser d'apprendre une telle chose ainsi. Ginny lança un regard à Blaise mais ce dernier s'en fichait comme de son premier balai. Je décidais d'enfoncer encore un peu le clou.

-Il est le meilleur pour les premières expériences après tout, insistais-je en enroulant une mèche blonde autour de mon doigt. Il détournerait n'importe qui du droit chemin, n'est-ce pas ?

La belette femelle se leva, humiliée et disparue dans un craquement sonore. Bien, on ne vient pas chercher des noises à un Malfoy. Je m'appuyais contre le dossier du canapé, pleinement satisfait et Weasley se leva pour me saisir par le col.

-Je ne ferais pas ça si j'étais toi, dis-je en prenant un air détaché.

-Comment peux-tu dire ça de ma sœur !? Siffla-t-il en froissant ma chemise un peu plus si possible.

Il avait une cicatrise à la base du cou. Elle semblait nouvelle et je déduis que c'était la blessure gagnée hier en essayant de calmer le loup-garou. J'étais étrangement satisfait de le savoir blesser et je me demandai si il n'y avait pas quelque chose qui tournait pas rond chez moi.

-C'est un fait, je ne fais que le répéter, dis-je en roulant des yeux.

Il me souleva violemment et je fus sur la pointe des pieds alors qu'il levait son poing pour me frapper. La suite ne tarda pas, il fut projeté à travers la pièce alors que je fus arraché de sa prise par un bras puissant et heurta le mur de plein fouet alors que Blaise se postait devant moi en grondant furieusement.

-Je te l'avais dit, lui rappelais-je en rejetant mes cheveux sur mon épaule.

-Ron !

Granger s'élança à ses côtés et émis un petit cri quand elle vit l'étendue des dégâts. Je ne doutais pas qu'il devait y avoir quelques os cassés. Je me rassis donc à côté d'un Seamus livide et je lui demandais une autre cigarette. Je ne me souciais que peu de l'agitation et je négociais avec l'irlandais, visiblement choqué, l'obtention de son paquet de cigarette quand Potter revint vers moi furieux.

-Tu es détestable Malfoy ! Siffla-t-il plein de rancœur, on essayait juste de t'aider ! Pourquoi tu dois toujours t'en prendre aux gens ?!

-Et jusqu'ici vous avez plus que médiocrement réussi, répondis-je en braquant mes yeux gris dans les siens. C'est très aimable à toi Potter mais nous sommes quitte, lui dis-je plus doucement.

Il allait répliquer mais une ombre passa sur son visage alors qu'il rougissait progressivement. Il se rappelait ce que j'avais sacrifié pour arrêter Blaise avant qu'il ne fasse plus de dégâts. Il hocha la tête et m'offrit une poignée de main que je saisis fermement. Ça y est, nous avions effacé nos ardoises.

Il disparu avec Granger et Weasley, sûrement pour aller à St-Mangouste et Finnigan se leva pour partir mais je le retins. Je ne le laisserais pas filer, j'avais des projets pour lui. Je le trainais donc par le bras en ignorant ses protestations et le regard brulant de Blaise jusqu'à dehors. Je marchais le long du champ un moment jusqu'à ce qu'il soit assez curieux pour arrêter d'essayer de partir et qu'il me pose des questions.

-Pourquoi sommes-nous là ? Demanda-t-il finalement.

-J'ai cru comprendre que tu avais quelques problèmes financiers.

J'avais écouté aux portes hier quand il déjeunait avec Potter. Il avait une entreprise d'objet moldu adapté à la magie un truc du genre, qui avait fait faillite et il croulait visiblement sous les dettes. Il vivait chez Potter car il avait vendu sa maison pour rembourser je ne sais pas trop quoi et un de ses employés l'avait arnaqué et avait fait du détournement de fond. En gros, il avait désespérément besoin d'un travail.

-Hum, marmonna-t-il en adoptant une posture clairement défensive, on va dire ça comme ça.

-J'ai une proposition à te faire.

-A moi ? S'étonna-t-il en plaquant sa main sur son torse d'un air incrédule.

-Tu vois quelqu'un d'autre autour peut-être ?

-Oui, enfin non ! Dit moi, se reprit-il en bafouillant.

Je ne pus m'empêcher de sourire légèrement et je restais un moment silencieux quand le vent vint balayer mes cheveux. Je m'arrêtais devant la lisière du bois fraichement déboisé et je me tournais vers lui.

-Je vais me construire un empire, dis-je, mais pour ça j'ai besoin d'un minimum de magie. Ici, dis-je, je vais agrandir le champ de tournesol, là bas, je vais faire un élevage d'hippogriffe. Ma mère a refusé les dragons, ajoutais-je avec un petit sourire, et derrière, une serre magique. Je vais coupler les produits moldus à ceux magiques et me remettre aux potions. Blaise s'occupera des champs mais j'ai besoin d'un sorcier pour m'aider avec le reste.

Il m'écouta attentivement puis me dit qu'il se souvenait que j'étais excellent en potion et que ça pourrait sûrement fonctionner mais il sembla hésiter. L'idée était plaisante pour lui qui avait désespérément besoin d'argent je le voyais bien mais il calculait les risques que ça prenne trop de temps à décoller ou que ça échoue tout simplement.

-Si tu acceptes, dis-je, rendez-vous demain matin à 8 heures. Tu seras payé au minimum pour commencer, le reste dépendra de toi. Et si Potter veut s'isoler avec sa belette femelle, je peux te fournir le gite et le couvert.

C'était peu, mais je n'avais pas les moyens d'avoir un employé et je préférais qu'il l'ignore pour le moment. Il parut surpris et rougit en se souvenant visiblement que j'avais été dépossédé. Il hocha finalement la tête et me dit qu'il y réfléchirait avant de glisser dans ma main son paquet de cigarette et de transplaner. J'étais au moins satisfait de cela.

Je regagnais ma maison à reculons, songeant à l'affrontement imminent avec ma mère et je soupirais. Je n'avais pas le choix. Je passais le seuil et je fus surpris de voir qu'elle m'attendait déjà dans la cuisine. Blaise était assis sur le côté face à une tasse de thé. Il adoptait un air tranquille et d'une nonchalance insultante.

-Assieds toi Draco, m'ordonna-t-elle en me servant également une tasse de thé.

Je m'exécutais et serra la tasse brulante dans les mains en me préparant mentalement à ce qu'elle allait dire.

-Depuis quand ? Demanda-t-elle soudainement après avoir versé une cuillère de sucre dans son thé.

-5 ans, répondit Blaise.

Je fermais les yeux en retenant une grimace et j'écrabouillais le pied de Blaise sous la table. Ménager ma mère ! C'est tout ce que je lui demandais ! Il ne pouvait pas annoncer à la pauvre malheureuse qu'il se tapait son fils unique depuis 5 longues années !

Elle resta interdite, remuant son thé calmement alors qu'une boule se formait dans mon estomac. Blaise grimaça et éloigna sa jambe de la mienne.

-Depuis … Draco raconte moi, demanda-t-elle alors.

-Quoi donc mère ? Demandais-je en priant sincèrement qu'elle ne veuille pas la vérité.

-Tout ce que tu m'as caché, dit-elle alors. Je savais bien que tu ne me disais pas tout mais je pense que je mérite de savoir ce genre de chose.

-Je ne t'ai pas tout dit pour ton bien, lui répondis-je alors en baissant la tête honteusement.

Il y a des choses que je ne pourrais pas dire. C'était aussi simple que cela. Je continuais à fixer ma tasse sans rien dire quand Blaise se décida à tout raconter à ma place. Il dit la vérité, sans far et en toute objectivité. Je revis le mois passé avec Greyback durant son récit et mon estomac se retourna. Je vidais mon thé d'un coup pour tenter de faire redescendre la bile qui remontait dans ma gorge, ignorant ma langue brulée, avant de reposer ma tasse. Trop fort. Elle se brisa dans ma main et me coupa profondément la paume de la main. Ma main tremblait. Je n'aimais pas qu'on dévoile ainsi mes faiblesses.

-Par Merlin Draco ! Souffla ma mère en se précipitant pour aller chercher sa trousse de secoure.

Je retirais le morceau de porcelaine de ma main en fixant le sang couler en une épaisse flaque écarlate sur la table. Je me sentais vide, je n'avais même pas mal. J'aurais regardé ma main encore longtemps si Blaise ne l'avait pas pris dans la sienne et porté à sa bouche pour embrasser le dos de ma main. Il pressa ses doigts sur la coupure pour stopper le saignement et caressa le dos de ma main avec ses pouces.

-C'est fini Draco, me chuchota-t-il. Tu n'as plus à avoir peur.

Je n'avais pas peur. J'avais … mal. Dans le cœur.

-Je ne laisserais plus rien de mal t'arriver.

Mais oui, je n'étais pas une femme pour croire à ses belles paroles. J'étais rationnel et je savais que la vie était injuste, plus encore quand on s'appelait Malfoy. Je me tournais en entendant le bruit de la porte. Ma mère était appuyée dans l'encadrement de la porte et nous regardait. Une fois qu'elle eut notre attention, elle tendit la boite à Blaise qui en sortit du désinfectant et du coton pour nettoyer tout ça.

-J'ai vous ait peut-être bien mal jugé, dit-elle en l'observant nettoyer ma main. Je n'aime pas … votre relation.

Blaise ne sembla pas perturbé et se contenta de me serrer la main alors que mon cœur sombrait dans ma poitrine. Le rejet de ma mère me tuerait, la famille était tout ce qui comptait pour moi. Tout.

-Mais je me dis finalement que l'éducation que nous t'avons donné n'est peut-être pas si bonne que cela.

-Mais non ne dites pas ça mère, la suppliais-je.

-Quelles sont tes intentions à l'égard de mon fils Zabini ? Demanda-t-elle soudainement.

-Je compte l'aimer éperdument au point qu'il en devienne le centre de mon univers et que je passe chaque jour de mon existence à chercher un moyen de le retenir, répondit-il sans hésitation en plongeant ses yeux dorées dans les miens.

Je déglutis et me forçais à empêcher mon visage de rougir. Il avait employé exactement la formulation que je lui avais donnée hier. Son visage s'éclaira comme s'il avait vaincu et j'émis un petit reniflement dédaigneux avant de tourner la tête. Il se pencha de nouveau sur ma main et l'enroula dans une bande de gaz.

-Et toi Draco ? Que comptes-tu faire ?

-Me débarrasser de lui à la première occasion, répondis-je sans hésiter, puis j'épouserais une gentille femme digne du nom Malfoy et j'aurais des héritiers comme vous le souhaitiez père et toi.

Elle eut un petit sourire triste avant de passer tendrement sa main sur ma joue, là où elle m'avait giflé un peu plus tôt. Le contact fut aussi doux que douloureux pour moi.

-Mais ce n'est pas ce que toi tu souhaites, me dit-elle. Tu as vécu des choses … terribles Draco et ce futur que tu cites, c'est celui que tout parent souhaite à son petit garçon mais … si après tout cela c'est Zabini qui te rend heureux alors soit simplement heureux …

-Mère …

J'avais la gorge nouée par l'émotion. Elle venait simplement de m'annoncer que 23 ans d'éducation rigide pouvaient bien aller au placard si j'étais heureux en tant qu'homosexuel à tendance zoophile.

-Mais ça ne te plait pas, lui rappelais-je.

-J'ai déjà été heureuse avec ton père, me répondit-elle, c'était son rôle de me rendre heureuse, pas le tien. Toi, tu n'as cas être heureux pour que je le sois.

Je ne savais que dire. J'étais complètement déboussolé et étrangement apaisé.

-J'aurais simplement souhaité devenir grand-mère, dit-elle avec un soupire résigné.

Je déglutis en songeant à ce point et je me dis que je refusais que la famille Malfoy s'éteigne avec moi… Mais Zabini ne me laissera jamais avoir des enfants à côté. Il fallait que je trouve une solution à ce problème.

-Je te donne ma bénédiction, dit-elle enfin, mais si jamais, Ô grand jamais, je vois où j'entends quelque chose dans ma maison je vous mets dehors tous les deux vous m'avez entendu ?

-Oui madame, répondit sagement Blaise alors que j'hochais la tête précipitamment.