Bonjour à tous :),
Nous progressons ici dans la relation entre Blaise et Draco qui est compliquée. Car après tous, ils sortent de prisons et c'est difficile à gérer émotionnellement parlant pour eux. Mais ils se sont trouvés et ça ira. D'ailleurs, Blaise reprend le contrôle de la relation!
Paprika Star: J'ai adoré Jean et la relation qu'il avait avec Blaise. Et comme ce n'est pas dit explicitement dans cette fiction mais que je pense que c'est compréhensible et que Draco l'a compris et exprimé (bien qu'indirectement), Jean était l'équivalent de âme soeur de Blaise. Cela rend la relation Blaise/Draco d'autant plus compliquée car Draco sait que Blaise ne l'aimera jamais comme il a aimé Jean et que même si ses sentiments sont sincères, qu'il n'arrivera jamais à le rendre aussi heureux que si Jean avait encore été parmi eux.
Bonne lecture,
Letki
Je surchargeais Blaise et l'irlandais de travail durant la semaine qui suivit, l'un s'occupant du champ et des vaches que nous avait gentiment passé le fermier et l'autre mettant en place un compartiment de potion au fond de la serre qui s'aménageait doucement. Moi, je me plongeais dans les études poussées sur la potion, l'herbologie et les soins aux créatures magiques. Cela ne demandait généralement pas l'usage de la magie mais j'exigeais tout de même que Finnigan replonge son nez dans les bouquins de potions pour me venir éventuellement en aide. Encore une fois, lorsque le mois toucha à sa fin, ce fut le salaire de ma mère qui nous nourrit mais nous avions en plus les petits cadeaux des villageois qui se comptaient généralement en nourriture que j'avais réussi à obtenir en échange du bois. Je pus payer Finnigan avec les économies du professeur Rogue et je lui donnais trois jours de congés. Le temps que la pleine lune passe. Avec ma mère, nous primes un hôtel en ville pour pouvoir surveiller les possibles débordements de Blaise mais encore une fois, ça se passa bien. Il réapparu seulement à la fin de la semaine qui suivit, totalement perdu et épuisé.
Finnigan m'aida à le mettre au lit après l'avoir nettoyé et je confectionnais ma première potion depuis 5 ans pour Blaise. Cela me permettait de me dérouiller et de juger un peu le travail que j'avais à faire. Je craignais d'avoir tout perdu mais il s'avéra que mon talent en potion était bel et bien réel et avec ce que je lui fis, le loup-garou fut debout en une trentaine de minute. Je me lançais donc dans la confection de potion durant la semaine qui vint. Je trouvais dans un livre sur l'herbologie une potion qui augmentait la croissance des plantes, l'urine de Blaise suffisait à éloigner les animaux qui auraient l'idée saugrenue de saccager mon champ et la magie de Finnigan se chargeait du reste. C'est ainsi qu'on agrandit le champ de tournesol, et que je me lançais dans la plantation de lavande.
Lorsque le mois de Juin toucha à sa fin, nous travaillions depuis maintenant 2 mois avec Finnigan et nous fîmes nos premières recettes grâce au champ. J'étais satisfait. Blaise aimait réellement passer du temps dehors, son loup réclamant un peu de liberté et je pouvais me consacrer à ma passion. J'avais étudié sans relâche pendant ces deux mois, n'octroyant plus de temps à Blaise (qui réussissait toujours à obtenir un peu de mon attention cependant). Nous avions couché ensemble quelques fois mais bien peu par rapport à notre ancienne moyenne. Je pouvais maintenant payer Finnigan (ce n'était pas grand chose, mais ça lui permettait de vivre tout en remboursant ses dettes lentement mais surement). Et petit à petit, il avait fini par s'intégrer. Ma mère avait fini par s'habituer à sa présence et l'aimait bien maintenant. Il ne fuyait plus la présence de Blaise et je pouvais affirmer que nous avions franchi le premier cap de l'amitié naissante. Nous avions maintenant un petit rituel tous les trois. On s'asseyait sur le perron, face au champ de fleur jaune et violette et nous fumions (nous étions devenu accro Blaise et moi au grand damne de ma mère). C'était un moment très agréable et je me disais que ça ne me dérangeait finalement pas si la vie continuait ainsi, calme et simple. Mais malheureusement, rien ne va jamais comme je l'entends.
J'avais passé les deux mois à consolider ma relation avec Seamus sous le regard sombre de Blaise. J'avais toujours un petit geste prévenant pour Seamus, une petite parole agréable ou un regard appuyé qui ne manquait pas de le rendre maladroit. Il n'était pas insensible et je m'étais félicité tous les jours de mon talent. Quand je fus certain qu'il me regardait plus longtemps que nécessaire quand il pensait que mon attention était portée ailleurs, je commençais à le pousser vers Blaise. Je m'arrangeais pour créer des petites rencontres fortuites, je lâchais toujours une anecdote positive à l'un ou à l'autre et je faisais remarquer habilement à Seamus les charmes du métis. Seamus avait d'abord été terriblement gêné pour finalement lancer des regards à la dérobée au corps puissant de mon ami. J'en avais sourit. Quand ils se touchaient par hasard, le rouquin bafouillait toujours et tentait de détendre l'atmosphère avec une petite boutade qui tombait toujours à l'eau. Blaise lui … Blaise le regardait. Pour Blaise, je n'eus pas à le convaincre. La présence du rouquin le hantait. Quand il pensait être seul, je le voyais suivre Seamus des yeux avec sur le visage un air à la fois torturé et tendre. Il était confus et souvent, il nous abandonnait tous les deux après avoir fait un geste trop familier envers le rouquin qui rougissait furieusement et me lançait un regard apeuré, de peur que je prenne mal leur proximité.
Mais il fallut qu'à force de séduire Finnigan, ce soit moi qui soit séduit.
Je ne pouvais me détacher de Blaise sans que lui ne se décide à rompre le lien, mais désormais Finnigan occupait autant mes pensées que lui désormais. J'étais habitué à sa présence et je pouvais dire que je le connaissais plutôt bien désormais. Il avait laissé tomber son malaise et sa gêne habituelle envers nous, il était détendu et normal. Nous n'abordions jamais les sujets fâcheux grâce à un accord tacite mais c'était suffisant. Et Merlin seul savait comment j'adorais le faire rougir de gêne.
-Il nous faudra attendre la prochaine récolte pour avoir nos propres vaches, m'informa Blaise en soufflant un nuage de fumée. J'ai parlé avec le vieux Simon, il accepte de traiter notre lait dans son usine si nous continuons à laisser paitre ses bêtes sur notre champ. Il est prêt à nous vendre les prochaines portées à moitié prix.
-C'est très bien, le félicitais-je, dit lui que je lui donnerais mon remède pour ses vieux os pour le remercier.
Il acquiesça avant de me tendre sa cigarette. Je l'acceptais et la coinça entre mes lèvres. Avec le temps, j'avais fini par abandonner la direction du champ à Blaise, il s'en sortait très bien tout seul et il aimait ça. Alors que moi, dès que j'avais pu me débarrasser de cette corvée qui me rendait sale et puant, je n'avais pas hésité.
Les villageois nous avaient définitivement adopté et je leur avais concocté un bobard affreux comme quoi j'avais fait des études de médecine à l'étranger pendant 5 ans (personne ne savait que j'avais été en prison) et ainsi, je leur offrais des potions inoffensive dissimuler sous un remède de grand-mère en échange de leur aide (j'avais sauvé pas mal de vies mine de rien vu que le village était principalement constitué de vieillards). Nous ne manquions plus de rien grâce à ça et on m'avait même proposé de me joindre à une liste pour l'élection du prochain maire. J'avais accepté, j'aimais le pouvoir, même à petite échelle.
-On s'en sort bien, conclu Blaise en se laissant aller sur le transat avec son verre de jus de tomate que Kreattur lui avait fait.
-Oui, répondis-je alors, … je pourrais m'y faire.
Il se leva d'un bond et me regarda longuement. Pour mettre fin à sa surprise, je lui retendis sa cigarette qu'il repris machinalement avant de me demander tout de même.
-Même de m'aimer ? Demanda-t-il. Ouvertement ?
Espèce de sans gêne. Il n'avait vraiment aucune pudeur face à ses sentiments tellement que s'en était parfois révoltant.
Nous n'avions plus parlé de notre relation depuis que j'avais commencé le jeu de séduction avec Seamus. J'avais vu Blaise fulminer silencieusement et contenir sa colère. Cependant, j'avais également vu la colère du loup-garou s'éteindre comme la flamme d'une bougie qu'on aurait soufflé à chaque fois qu'il regardait le visage de Seamus. Encore une fois me disais-je tristement, Blaise aimait pour les mauvaises raisons. S'en rendra-t-il compte un jour ?
-Qui sait, répondis-je en haussant finalement mes épaules.
Il allait répondre mais il fut coupé par un craquement sonore. Nous tournâmes la tête d'un même mouvement pour découvrir Seamus (oui je me permettais de l'appeler par son prénom maintenant) debout sur le porche avec son sac sur le dos. Il s'effondra dans la même seconde et Blaise et moi fûmes à son chevet. Un grondement sourd s'éleva du torse de mon ami lorsqu'il le retourna pour voir le visage du rouquin. Il avait été tabassé, c'était plus qu'évident. Je ne pris pas le temps de voir l'ampleur des dégâts et j'ordonnais à Blaise d'aller le coucher dans ma chambre pendant que j'allais chercher des potions de soins et contre la douleur.
Je regrettais de ne pas avoir ma baguette pour lancer un sort de diagnostique mais je n'en eus pas besoin. Il ne fallait pas être sorcier pour voir que son bras faisait un angle bizarre avec son épaule. Blaise m'ordonna de le tenir et il remit son épaule en place d'un geste assuré qui fit un craquement sonore qui me retourna le cœur (c'était un geste que j'avais appris en prison et j'en fus pour une fois content). Il s'assit ensuite à ses côtés et attrapa sa mâchoire avant de remettre son nez en place. Seamus réagit à peine grâce aux potions et s'endormi profondément. Kreattur m'apporta un bol d'eau et un gant et je nettoyai son visage du sang sécher qui commençait à coller à sa peau. Il était salement amoché.
-Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver ? S'enquit Blaise en repoussant ses cheveux sur son front. Il est fiévreux.
-Je vais chercher une potion, lui dis-je alors sans pouvoir répondre à sa question.
Je descendis rapidement et trouvais ma mère qui me demanda pourquoi je n'étais pas à la serre à cette heure de l'après midi. Je lui expliquais pour Seamus et elle me demanda si c'était grave. Pour l'instant j'avais la situation bien en main et je la rassurais. Quand je remontais, Seamus dormait toujours profondément. Blaise lui fit boire la potion puis nous restâmes assis sur le lit. Je déposais par précaution un gant humide sur le front du rouquin après avoir écarté les mèches de cheveux de son front avant de me redresser.
-Je vois comment tu le regardes.
Je sursautais. Je relevais mes yeux vers Blaise et j'eus soudainement peur de le regarder. Mon cœur s'emballa alors qu'il me fixait durement de son regard doré. Je voulus répondre mais mon souffle se bloqua dans ma gorge et je ne pus rien faire d'autre que de baisser les yeux.
-Tu comptais me le dire ou attendre que le loup s'énerve ?
Je me sentais minuscule. Il m'intimidait tellement à ce moment. Il esquissa un geste vers moi et je reculais machinalement. Je n'aimais pas me sentir si vulnérable face à lui. Et je détestais encore plus le fait qu'il savait très bien l'effet qu'il me faisait et qu'il en jouait.
-Je ne comptais rien faire, avouais-je dans un souffle.
C'était vrai. J'avais séduis Seamus dans un but purement égoïste et j'avouais sans peine que l'idée de l'abandonner à Blaise me paraissait révoltante. Et l'inverse me demandais-je brièvement ? Pourrais-je abandonner Blaise à Seamus ? Oui me dis-je. Oui car Blaise me reviendrais toujours, je le sais.
Je fermais les yeux, sentant ma bouche se remplir de salive acide alors que mon cœur sombrait dans mon estomac. J'avais l'impression d'avoir échoué. Je ne pouvais finalement pas me résoudre à me séparer de tout ça. La prison m'avait … considérablement ramolli, je me rendais compte aujourd'hui que j'étais terrorisé par la solitude.
-Je te connais Draco, répondit-il d'une voix grondante, ne me ment pas.
Il leva sa main si brusquement que je n'eus pas le temps de réagir quand il emmêla ses doigts dans les cheveux à la base de ma nuque pour pencher ma tête en arrière. Je tombais en travers du corps de Seamus qui était entre nous et Blaise approcha son visage du mien pour me regarder dans le blanc des yeux. Je sentais son souffle brulant s'écraser sur mon visage à chaque inspiration et réchauffer mes joues.
-Tu comptais partir avec lui ? Me demanda-t-il alors avec cruauté en serrant mon crâne dans sa main. Ou tu préférais peut-être me mettre dehors une fois que j'aurais fini de te rapporter de l'argent pour que tu coules des jours heureux avec lui ?
-Non, soufflais-je en essayant de ne pas écraser le corps de Seamus. Contrôle toi !
-Dit moi la vérité ! Ordonna-t-il en tirant un peu plus fort sur mes cheveux me faisant grimacer.
-Tu me fais mal ! M'exclamais-je en tordant mon cou pour tenter de détendre la pression sur mon crâne.
-Réponds moi ! Ordonna-t-il alors qu'un grognement animal s'échappait de sa gorge.
-Je n'allais pas m'enfuir avec lui ou quelque chose du genre ! Répondis-je en attrapant son poignet dans mon dos pour tenter de lui faire lâcher prise.
Il soutenait tout le poids de mon corps d'une seule main. Sa force était terrifiante. Il pouvait m'écraser la boite crânienne d'une simple pression. Je me mis à trembler.
-Alors pourquoi tu t'es obstiné à le charmer pendant 2 mois. Je ne t'ai pas autorisé à prendre un amant.
La surprise du se lire sur mon visage car ses pupilles se fendirent pour adopter le regard du loup. Il était en colère, terriblement en colère. Sa prise devint si forte que je dus me résoudre à me laisser tomber sur Seamus pour soulager ma douleur. Cela réveilla le rouquin qui sursauta.
-Où- Draco ? S'inquiéta-t-il en voyant Blaise.
Il tira sa baguette et la pointa sur Blaise ce qui ne servit qu'à énerver le loup un peu plus. Il allait attaquer Seamus, ce n'était plus qu'une question de temps. Il donna une claque dans la main de l'irlandais qui glapit de douleur au moment où sa baguette lui échappa des mains et que son poignet émettait un petit craquement sonore.
-Tu l'apprécie aussi, dis-je soudainement en tenant mes cheveux d'une main et en abaissant le bras de Seamus. Alors ne t'énerve pas.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta le rouquin.
Je l'ignorais et je tentais de lever la tête vers Blaise. Ses yeux luisaient dangereusement et il me redressa, me mettant à genoux dans une position douloureuse sur le matelas.
-Pardon ? Demanda-t-il alors que sa capacité de raisonnement revenait lentement.
-A la base, je voulais le charmer pour que tu le reconnaisses et que tu t'attaches à lui, ainsi tu aurais accepté de rompre le lien avec moi.
Cela eut l'effet d'une douche froide pour eux deux et ils me dévisagèrent avec gravité. La poigne de Blaise se desserra et je pus me dégager. Je sautais à l'autre bout du lit et réfléchissant à peine une petite seconde, je m'enfuis sans demander mon reste. J'appelais Kreattur et je lui ordonnais de m'amener en ville. Je passais ma soirée dans un bar, redoutant la confrontation. Je retombais sur une ancienne conquête qui tenta de me draguer de nouveau. Je n'avais pas la tête à ça même si ça aurait été plaisant. J'étais épuisé moralement et physiquement, littéralement. Kreattur revint me chercher sous ordre de ma mère et je dus me résoudre à rentrer. J'avais peur que Blaise soit en colère et qu'il devienne violent. Avait-il réussit à se calmer d'ailleurs. Je ne savais même pas.
-Va les voir, m'ordonna ma mère qui m'attendait dans le salon. Je ne sais pas ce que tu as fait mais excuse toi.
-Blaise ?
-Il a pris sur lui pour ne pas démolir la maison.
-Qu'est-ce qui est arrivé à Seamus ?
-Je ne sais pas mon cœur, va les voir.
-Mère, dis-je alors que l'angoisse me tordait le ventre. Je ne veux pas y aller.
-Il t'aime sincèrement Draco, tout ce passera bien, lui dit-elle pour le rassurer alors même que l'inquiétude brillait dans ses yeux. Mais s'il abime ma maison une fois de plus, il dormira dehors.
-Oui mère.
Elle se retira dans sa chambre et je montais les marches l'une après l'autre avec inquiétude et lenteur. L'appréhension me contractait douloureusement le ventre. Allaient-ils m'abandonner ? Je me figeais au milieu du couloir alors que l'air me manquait. Ce n'est pas vrai ? J'avais l'impression de me noyer. Le monde tangua dangereusement au moment où j'arrivais au sommet de l'escalier et je sentis mes genoux flageoler dangereusement. Je ne compris même pas ce qui se passait lorsque j'heurtais la porte de ma chambre avec mon épaule, ma respiration sifflante s'emballant un peu plus. Je ne sentis même pas le choc quand je tombais sur le sol lorsque la porte s'ouvrit.
-Draco !
J'entendis à peine mon nom alors que j'essayais de retrouver mon équilibre. Le sol tanguait me donnant la nausée et l'impression d'étouffement était toujours aussi oppressante. Je perdis toute notion du temps au moment où un voile noir couvrit mon regard. Lorsque la lumière revint, j'étais allongé sur mon lit, au dessus de moi, une masse de cheveux blond vénitien et un regard doré. Je pris une longue minute à les identifier et cela me fit paniquer.
-Calme toi, tout va bien.
On appuya une fiole contre mes lèvres et je sentis le gout d'un liquide atroce s'écouler dans ma gorge. Je toussais plusieurs fois pour libérer mes poumons engorgés jusqu'à ce que je retrouve mon calme et par la même occasion mes esprits. C'était une potion de sommeil sans rêve. J'eus à peine le temps de cligner des yeux trois fois que je m'endormis.
Je me réveillais le lendemain aux petites lueurs du jour et j'eus la surprise de trouver Blaise et Seamus allongés dans mon lit de chaque côté de mon corps. Je me redressais, trouvant mon corps étrangement engourdi et cela ne manqua pas, les deux hommes qui dormaient à mes côtés se réveillèrent également. Blaise se redressa d'abord et entoura ma taille de ses bras chaud et puissant. Je tressaillis. Je voulus me dégager mais il me retint fermement contre lui.
-Je crois qu'on a tous eut une très longue journée hier, chuchota-t-il contre mon oreille. Nous devrions en discuter.
Je finis par hocher la tête à contre cœur et je me retournais pour m'asseoir en tailleurs face à eux. Les blessures de Seamus s'étaient presque entièrement résorbées grâce aux potions mais son nez avait tout de même une étrange couleur violacée qui jurait effroyablement avec ses taches de rousseurs. Il paraissait fatigué mais semblait aller bien.
-Que c'est-il passé hier ? Demandais-je finalement alors qu'un silence pesant planait entre nous trois depuis déjà un moment.
-Tu as fait une crise d'hyperventilation et tu t'es évanouis, répondis Blaise, ça faisait longtemps.
C'est vrai, j'avais fait quelques crises d'angoisse après l'épisode Greyback. Je n'en avais pas fait depuis pas mal de mois déjà, Blaise avait l'habitude de ça. J'hochais la tête lentement avant de passer ma main dans mes cheveux emmêlés pour essayer de les discipliner.
-Et Seamus ? Demandais-je alors.
-Je n'ai pas pu tout rembourser en temps et en heure, répondit-il, ceux a qui je dois de l'argent me sont tombés dessus devant chez Neville. J'ai préféré m'enfuir de chez lui pour qu'ils ne sachent pas que j'y habite.
-Je vois, répondis-je alors en hochant la tête péniblement à cause des engourdissements. Tu peux rester ici le temps que ça se calme.
-Draco, arrête de gagner du temps, me coupa alors Blaise.
-Que veux-tu que je te dise ? Demandais-je alors d'un ton glacial.
-Que veux-tu ? Dit moi simplement ce que tu désires et arrête d'agir aussi … stupidement.
J'ouvris la bouche mais aucun son n'en sortit. J'étais simplement incapable d'exprimer le moindre de mes désirs tout comme j'étais incapable d'accepter le simple fait que Blaise pouvait m'aimer. J'avais un problème je crois, un sérieux problème. Je refermais la bouche et secouais négativement la tête.
-Tu veux encore te débarrasser de moi ? Demanda-t-il surprenant l'irlandais qui avait apparemment du mal à nous imaginer l'un sans l'autre.
-Pourquoi il ferait ça ? Demanda Seamus.
-Il n'accepte pas le fait que je puisse l'aimer et inversement, répondit Blaise.
Je n'aimais pas qu'il réponde ainsi à ma place. Mais que pouvais-je dire honnêtement ? J'étais aux pieds du mur, dans la pire situation qui soit.
-Ce n'est pas ça, dis-je tout de même félicitant ma voix de ne pas avoir tremblée, finissons-en une fois pour toute.
-Alors c'est quoi ?
Je l'avais là, ma chance de me débarrasser de Blaise et de vivre dans ma sécurité. Dans mon fort émotionnel que les Malfoy s'obstine à construire depuis des générations. Je pouvais retrouver mon calme et ma sécurité, je pouvais vivre seul avec mes certitudes. Je n'avais juste à choisir les bons mots maintenant. Il fallait simplement que j'ouvre la bouche et que je l'envoie balader.
-Tu n'es même pas capable de répondre, dit-il doucement, tu es fragile Draco. Du moins tu l'es devenu. Accepte le, accepte le fait que tu ais besoin de moi, et de Seamus également si c'est nécessaire.
Je fermais les yeux de toutes mes forces et je pris ma tête entre mes mains. Il avait tort n'est-ce pas ? Je n'étais pas ainsi, j'étais Draco Malfoy, le froid, l'imbuvable, l'hautain, le prétentieux serpentard, ennemi juré du survivant, pas … pas cette lavette incapable d'ouvrir la bouche face à un foutu hybride. J'étais … la réponse me sauta au yeux quand mes manches descendirent assez sur mes poignets pour que je vois apparaître sur ma peau blanche, d'un côté la marque des ténèbres et l'autre, la cicatrice claire où était gravé « lâche ». D'une main tremblante, je glissais mes doigts sur les lettres irrégulières et rugueuses avant de passer mes doigts dans mon dos pour en soulever mon tee-shirt et trouver l'autre mot gravé dans ma peau « rat ». Je craquais, pour la première fois de ma vie. Même en prison j'avais réussi à tenir bon, mais là je craquais lamentablement et j'éclatais en sanglot face aux deux personnes que je voulais le moins qu'ils me voient dans cet état. Je posais mon avant bras sur mes yeux et je me mordis la lèvre pour retenir mes larmes mais une main chaude vint dégager mon visage.
-Pleure, m'ordonna-t-il. Ça fait longtemps que tu aurais du le faire.
-Ne … ne me regardez pas ! Aboyais-je avec toute ma hargne entre deux reniflements.
Blaise glissa ses mains sous mes cuisses et me retourna pour que je me retrouve dos à eux. Là, je fis en sorte de pleurer silencieusement, pour préserver les miettes de ma fierté qui s'éparpillaient au vent. Ils ne dirent rien pendant ce temps mais j'entendis l'irlandais se lever et quitter la pièce silencieusement. Blaise s'approcha de moi une fois que la porte fut refermée et il glissa ses mains autour de ma taille pour me ramener contre lui.
-Je suis autant dépendant de toi que tu l'es de moi sinon plus, me chuchota-t-il en se laissant tomber en arrière pour qu'on se couche sur le lit, je ne t'abandonnerais pas Draco, et si tu veux Seamus, je le prendrais. Je suis là pour te protéger, tu n'as plus à avoir peur.
-Menteur, hoquetais-je en tendant la main pour trouver un mouchoir.
Blaise en glissa un dans ma main et je marmonnais un merci avant de me moucher avec peu d'élégance. Il attendit que je me calme tout en caressant mon bras avant de me tourner vers lui.
-Je ne mens pas Draco. Un alpha à besoin d'une meute. Je t'ai choisi comme compagnon, ça signifie que j'ai besoin de toi pour ma santé mentale. Le loup déteste la solitude autant que nous tu sais. Et sa folie peut être nettement plus dangereuse. J'ai compris pourquoi Jean avait fini à Azkaban et je ne peux que m'estimer heureux que tu sois là, alors ne compte pas sur moi pour te laisser maintenant. Et je te garderais à mes côtés même si cela signifie que je dois me battre avec toi.
Il fit une pause dans son discours avant de glisser ses doigts dans mes cheveux pour les caresser. Cela m'apaisa et je pus enfin me détendre.
-Et si tu as besoin de Seamus pour te sentir mieux, alors prenons Seamus. Mais une fois qu'il sera avec nous, il ne s'en ira plus, tu le sais ça ?
J'hochais la tête et il continua à caresser mes cheveux avant d'embrasser mon front.
-Je suis désolé.
-De quoi ? Demandais-je d'une voix rauque.
-De ne pas avoir su te protéger face à Greyback.
-Tu l'as tué, lui fis-je remarquer.
-Il avait déjà eut le temps de te laisser une blessure indélébile, répondit-il alors avant d'embrasser chacune de mes paupières puis d'essuyer mes larmes.
Que pouvais répondre a cela ? Je ne dis rien et pour la première fois depuis longtemps, je me laissais entièrement allé. Sans retenue, j'appréciais la chaleur de Blaise et j'essayais de la lui rendre. Il remarqua mes marques d'affection maladroites (et carrément bizarre venant de moi) et il me félicita comme on félicite un enfant qui apprend à marcher. Je faillis me vexer et reprendre toute ma bonté mais je craquais face à son sourire bêtement heureux. Il me tuera. Je ne sais pas comment mais il y arrivera.
-Tu aimes Seamus ? Me demanda-t-il soudainement.
On y est. Le sujet qui fâche. Je réfléchie un moment et je choisis de répondre franchement.
-Pas à ce point.
Oui c'est vrai, je pourrais supporter de perdre l'irlandais. Ce serait mentir que de dire que je ne ressens rien pour lui mais je ne sacrifierais pas ma relation avec Blaise pour lui. Blaise, je le connaissais depuis 11 ans, je le connaissais presque par cœur et je savais que la loyauté de Blaise était pratiquement sans faille. Je n'avais pas cette sécurité avec Seamus … pouvais-je même penser que mes sentiments pourraient être partagés ? J'en doute. Je le savais homosexuel et je savais que je lui faisais de l'effet pour m'être amuser tant de fois à l'embarrasser avec un sourire au coin ou en le fixant intensément. Mais il n'avait jamais initié le moindre petit geste envers moi.
Cependant, Seamus avait quelque chose que Blaise ne pourrait jamais m'offrir. Jamais. Simplement car Seamus ignorait tout de mon histoire et il me traitait avec ce même respect craintif qu'il avait à l'égard de n'importe quel serpentard. Bien entendu, il savait que j'étais inoffensif (sauf avec des couteaux, il avait cru comprendre que je pouvais encore me débarrasser d'un homme de façon artisanal) et que j'avais perdu toute ma fortune qui faisait la fierté des Malfoy, mais il me considérait toujours de la même façon. Il n'osait pas me parler de mes allégeances, il me respectait car je me montrais courtois avec lui, il me craignait pour ce que je représentais simplement et en même temps il m'aimait bien car je lui avais tendu la main dont il avait cruellement besoin à un moment de sa vie même si c'était par pur intérêt. Pour lui je suis simplement resté le même. Quand il me regarde, j'ai de nouveau l'impression d'être le Draco Malfoy plein et entier que j'aurais du être pas la petite chose cassée et précieuse que j'étais pour Blaise.
Bien entendu, ce n'est qu'une douce illusion et j'imagine que j'avais besoin de ces deux visions pour mon équilibre mais je détestais ma fragilité. Cette façon que Blaise avait de me protéger et de prendre soin de moi, je la chérissais autant que je la haïssais. Je ne voulais pas être le boulet qu'il se traine. J'avais toujours été devant lui, depuis notre rencontre, j'étais le meneur, j'ordonnais il exécutait. Maintenant, il me laisse toujours ordonner mais il est loin devant moi, je marche dans ses pas et j'ai une peur viscérale de quitter le sentier sûr et confortable qu'il me trace. J'étais totalement dépendant de lui. Corps et âme j'étais sien.
-Mais tu l'aimes, conclu Blaise. Même un peu.
Je me sentais mal par rapport à lui maintenant, me maudissant d'avoir eut une idée aussi stupide en premier lieu, mais pourtant c'était ainsi et je n'y pouvais rien.
-Je suis désolé, soupirais-je, oublie ça. Je le renverrais demain si tu veux.
-Et porter encore un poids sur ta conscience ? Demanda-t-il en saisissant doucement mon menton pour embrasser chastement mes lèvres. Ne t'inquiète pas pour ça Draco, j'adorerais avoir quelqu'un d'autre dans la meute.
-Je ne suis pas un chien, marmonnais-je.
-Non tu es ma chienne, répondit-il avec un sourire arrogant et vicieux.
Je poussais un petit cri offusqué et je le frappais sur le torse alors qu'il rigolait. Je finis par rire aussi jusqu'à en avoir mal au ventre. Cependant, il coupa court à mon hilarité en venant enfouir son visage dans mon cou et frotter affectueusement mon nez contre la peau sensible de mon cou (J'avais été attaché de nombreuse fois par Greyback et j'avais développé une ultra sensibilité du cou à force d'être attaché et de subir les changements de pressions sur ma gorge). Je frissonnais et il grogna contre moi faisant vibrer son torse.
-Ne bouge pas, m'ordonna-t-il.
Je me figeais alors que j'entendais sa respiration saccadée contre mon oreille. Il me serra un peu plus contre lui et je sursautais en sentant son érection proéminente contre ma cuisse. Je rosie et reculais brusquement.
-Arrête de faire ça, se plaignit-il, je sais tout ce qu'il y a savoir de toi même l'intérieur de toi je peux le dessiner avec une carte alors arrête d'être aussi gêné.
-Par Morgane Blaise !
Je me redressais alors et attachai un élastique à la base de mes cheveux tout en quittant la pièce. Je n'avais pas du tout la tête à m'envoyer en l'air. Je sais que je le privais beaucoup et je savais qu'il avait … des désirs monstrueux à satisfaire mais là tout de suite maintenant, je faisais la grève. Qu'il utilise sa main pour une fois par Salazar.
Je traversais le salon sans attendre pour sortir et pénétrer dans le compartiment arrière ma serre qui était hermétiquement clos (à cause des vapeurs des potions qui pouvaient s'avérer dangereuses). Je me délestais de mes vêtements dans l'antichambre et enfila une blouse par dessus mon jean.
J'étais entrain de boutonner ma blouse quand je trouvais Seamus avec un arrosoir à la main entrain de soigner les plantes magiques de la serre. Il laissa tomber son ustensile et je blêmis soudainement, il venait de me voir torse nu.
