Bonjour à tous,

Les jours passent affreusement vite vous ne trouvez pas? J'ai eu l'impression de poster un chapitre hier! Enfin bref, voilà un petit chapitre qui permet d'un peu mieux comprendre l'attitude de Seamus. Draco aussi, il se rend compte que malgré tout, il n'est pas aussi fort qu'il veut bien le laisser paraitre et qu'il est irrémédiablement attaché à Blaise. Mais ça, on s'en doutait. Ce n'est pas le chapitre le plus joyeux de cette fiction qui est déjà pas super heureuse vu le thème abordé, mais il est nécessaire. Après je vous rassure, ils ne vont pas resté dépressif éternellement sinon cette fiction serait grave déprimante. L'action et l'amour seront au rendez-vous, mais plus tard.

Bonne lecture,
Letki


Je sentis avant même de pouvoir attester par mes propres yeux que quelque chose n'allait pas. J'étais dans une torpeur agréable certes, mais elle n'avait rien de naturelle. Je n'arrivais pas à me réveiller et le sentiment de calme qui m'habitait jusque là commençait lentement à s'estomper.

J'arrivais peu à peu à me situer et je me tournais à tâtons dans mon lit pour entrer en contact avec le corps fraie de Seamus. Je n'eus pas de mal à le reconnaître, Blaise avait des cheveux plus crépus et moins longs, il était également plus massif, mieux bâti, et terriblement chaud honnêtement. Je me tournais dans l'autre sens et ma main tomba sur le côté du lit. Je me retournais alors pour tâtonner derrière Seamus mais il n'y avait rien. La place était froide. Blaise, il manquait Blaise.

Je m'entendis gémir de détresse et je commençais à m'agiter en tentant de m'extirper des voiles du sommeil. Je n'eus cependant pas le temps de bouger plus que cela car je sentis deux mains frêles me retenir par les poignets. Je sentis de la sueur froide couler dans mon dos et je commençais à me débattre farouchement en clignant des yeux. Je ne voyais pas grande chose, mais je savais que cette personne n'était pas Blaise. Je ne la reconnaissais pas.

Je gémis un peu plus fort et je tentais de m'éloigner en la repoussant avec les pieds. Je tentais de protéger mon visage avec mes bras et sans le vouloir, je sentis mon contrôle s'effriter. J'étais transi de peur, mon corps entier tremblait et je revis involontairement ce long mois passé sous le joug de Greyback. Rien que le fais de d'y penser me glaça d'effroi et je fus pris de haut le cœur. J'avais cruellement besoin de Blaise, je ne me sentais pas en sécurité, l'air me manquait. Je réussis à me dégager et j'eus tout de même la présence d'esprit de faire rempart de mon corps devant Seamus. Même si mon esprit était encore assommé par la fatigue, je voyais sa forme allongé et inconsciente sur le lit. Blaise n'étant pas là, c'était à moi de le protéger même si je devais faire peine à voir à lutter pour reprendre mon souffle et à trembler comme un fou. Je protestais vivement quand je sentis qu'on appuyait une fiole contre ma bouche et je me débattis avec un peu plus de vigueur.

-Immobilise le, entendis-je.

Terrifié, j'étais terrifié. J'appelais Blaise mais je savais qu'aucune réponse ne me viendrait. Je sentis une fois de plus qu'on me retint par les poignets mais cette fois-ci je fus incapable de bouger. On appuya de nouveau une potion sur mes lèvres et on me pinça le nez si bien que je fus obligé de boire pour ne pas m'étouffer. Les effets me vinrent rapidement car je sentis le calme me gagner et je retrouvai ma capacité à raisonner normalement.

C'est là que je la reconnus. Ma mère, je l'avais frappé en me débattant à en juger par l'état de ses cheveux et elle me retenait fermement avec Kreattur. Je sentis mes yeux me bruler involontairement et sans que je ne puisse les retenir, les larmes inondèrent mes yeux, sans pour autant déborder sur mon visage à mesure que je reprenais mon souffle. Je n'avais même pas reconnus ma propre mère. La honte me terrassa et je me recroquevillais contre Seamus.

-Blaise est partit ce matin, m'expliqua-t-elle en me caressant tendrement les cheveux, il voulait s'éloigner pour la pleine lune. Il savait qu'il ne pouvait pas vous laisser seul, il m'a demandé de rester et il est partit.

-Il … ma voix se hacha alors que je n'osais la regarder.

-Ne te blâme pas Draco, nous y avons tous laissé quelque chose.

Elle me réconforta et me dis que ce n'était pas grave, qu'en tant que mère c'était comme le lot quotidien de surprise qu'il fallait être prêt à affronter. Elle m'affirma qu'elle m'en voulait moins que le jour où je lui avais vomis dessus étant enfant. Elle me dit que ce n'était pas grave, l'essentiel c'est que j'aille mieux.

-Au début je ne l'ai pas cru, finit-elle par m'avouer, mais il avait raison.

-Sur quoi ? Demandais-je péniblement.

-Tes crises d'angoisses Draco. Tu l'appelais même dans ton sommeil, tu les appelais, Blaise, Seamus et Jean.

Je lui avais menti il y a de cela quelques mois en lui disant que seul Blaise avait été le compagnon de Jean, du moins au niveau du caractère sexuel de la chose mais au vu du regard qu'elle me lança, je su qu'elle savait. J'en rougis de honte et je n'osais plus relever la tête.

-Si ces hommes font que tu es heureux mon fils, alors ils ont ma bénédiction. S'ils ont fait que tu as survécu à la prison, s'ils ont fait que tu es le bel homme que j'ai devant moi aujourd'hui, si c'est eux que tu appels quand tu as peur et non plus moi ou ton père, alors tant mieux Draco car je compte bien quitter ce monde avant toi et je suis rassurée de voir que quelqu'un sera là pour toi.

-Mère …

Ma gorge se serra et elle continua à caresser mes cheveux. Elle me parla de mon père et me dit à quel point je lui ressemblais encore et il me dit que même s'il était froid et ronchon, il savait qu'il serait fier de moi. Elle ne pouvait surement pas l'imaginer, mais ses paroles firent fondre mon cœur aussi surement qu'un glaçon ne résistait pas à la chaleur de l'été. Elle me rassura et finit par venir aux choses sérieuses lentement mais surement.

-Tu fais régulièrement ce genre de crise Draco ?

-Plus … pas quand Blaise et Jean étaient avec moi, plus depuis que Semaus est là, avouais-je sombrement.

-Et Blaise ? Qu'en est-il de son côté.

-Il nous protège, il est celui qui doit être fort pour nous trois. Sa seule faiblesse, c'est nous, terminais-je. Bien entendu, il ne se remettra jamais totalement de la perte de son premier compagnon mais il va parfaitement bien tant que nous allons bien et que nous l'entourons. C'est compliqué mère … mais il semblait que nous soyons sa garantit d'un équilibre mental.

-Je me suis permise de faire quelques recherches Draco, m'avoua-t-elle.

-Qu'as-tu trouvé ? M'inquiétais-je.

-Rien, avoua-t-elle, rien que tu ne saches pas déjà. Mais je pense qu'on aurait trouvé cela dans la bibliothèque du manoir … mais hum, je pense que tu devrais contacter Potter si tu as des questions. Après tout sa maison appartenait à celle du meilleur ami d'un loup-garou alors peut-être a-t-il quelques informations. Blaise réagit encore à l'instinct, me dit-elle quand je m'apprêtais à la contredire, il ne sait pas plus que toi ce qu'il fait et je ne dis pas que ses actes sont mauvais, mais vous êtes tous les trois en grande détresse émotionnelle et vous avez besoin d'aide plus que n'importe qui. Et d'une aide sérieuse Draco. Je ne me suis pas sortit de Ste-Mangouste avec l'unique promesse de te revoir saint et sauf, je n'y croyais pas, m'avoua-t-elle. J'ai suivis un traitement, j'ai vu des psycomages et vous, vous en avez cruellement besoin.

-Seamus ?! M'inquiétais-je soudainement quand elle fit l'allusion à Ste-Mangouste.

-Il a eut une crise en se réveillant également. Plus violente. Je lui ai redonné une potion calmante et de sommeil sans rêve. Blaise m'a dit de ne pas prévenir le médicomage tant qu'il ne sera pas de retour. Il a rouvert ses blessures, m'avoua-t-elle tristement, on l'a soigné avec Kreattur et j'ai été contrainte de l'attacher. Son état est stable, mais que physiquement. Et tu n'es pas en meilleur état.

Je me tournais vers Seamus, le cœur au bord des lèvres et constatai que ses mains étaient solidement attachées avec du ruban adhésif gris. Celui-ci recouvrait entièrement ses doigts et ses poignets et je vis des traces de griffures sur son propre visage. Je passais le bout de mon doigt sur le ruban qui entravait sa bouche et ma mère m'apprit qu'il avait tenté de mordre … En plus du ruban, il était retenu à la tête du lit avec une corde qui, en jugé par la couleur marron et l'aspect sal et usé, devait servir à Blaise à déplacer ses vaches.

-Respire !

Je repris pied quand une grande claque dans le dos me fit tousser. Je me rendis alors compte que j'avais oublié purement et simplement de reprendre mon souffle et je me retournais vers ma mère, complètement perdu et paniqué. Que nous arrivait-il ? Elle ne me laissa pas plus m'engouffrer dans la peur et elle m'attrapa le menton après m'avoir redressé en position assise et elle fit couler une potion dans ma bouche. Je reconnus sans peine les effets d'une potion de sommeil sans rêve. Elle me dit de ne pas m'inquiéter et que tout allait bien puis elle m'allongea contre Seamus et passa un de mes bras autour de lui et sur ses bonnes paroles, je m'endormis avant d'avoir pu dire le mot Quidditch.

Mon deuxième réveil se fit en sursaut. J'eus une sorte de pressentiment et j'ouvris les yeux, complètement hébété. Je pris un long moment à retrouver mes moyens et mes repères et je me redressais prudemment car je me sentais nauséeux à cause de la trop forte dose de potion prise en un trop court lapse de temps. Je tournais ma tête vers la fenêtre et j'y vis Blaise, assis, ou plutôt affalé en travers de l'ouverture. Je me levais prudemment en m'assurant que Seamus dormait toujours et je m'approchais de Blaise en titubant légèrement (j'avais le tournis). Je lui pris la main en m'agenouillant près de lui. Je l'entendis gémir sourdement et il se hissa tant bien que mal dans la chambre et s'écroula sur le sol. Comprenant son besoin, je l'aidais à ramper jusqu'au lit et je le hissais le dessus en usant de toutes mes forces. Il s'allongea à côté de Seamus en laissant échapper un long soupire de soulagement. Il s'étendit alors, les bras en croix après avoir poussé l'irlandais sur le côté pour me laisser en place à ses côtés. Je vis alors qu'il était blessé en plus d'être fatigué. La transformation était toujours très éprouvante et la deuxième transformation, lorsque le soleil se levait était toujours beaucoup plus douloureuse car le loup ne voulait pas céder la place à l'homme. Je pouvais presque toujours voir les os se mouvoir sous sa peau alors qu'il gémissait de douleur.

Généralement, Blaise ne revenait qu'une fois bien stabilisé après une longue nuit de repos mais là, il semblait être rentré aussitôt sa transformation achevée. Il devait être véritablement inquiet pour nous. Je me levais et j'allais dans la salle de bain remplir un verre et une bassine avec de l'eau. Je revins silencieusement et j'humidifiais une serviette que je posais ensuite sur son front brulant. Je savais bien qu'aucune potion ne pourrait apaiser son mal. Il attrapa ma main et la serra plus fortement qu'il ne le voulu car il me brisa les doigts en une fraction de seconde. Mes yeux se remplir de larmes et j'hurlais à plein poumons avant de me reprendre dans la seconde et de serrer les dents. Il me lâcha comme si le contact l'avait brulé et il s'éloigna de moi d'un bon avant de s'écrouler sur le sol, ses faibles forces ne pouvant supporter son poids.

-Non ! Non, le rassurais-je en cachant ma main dont les doigts prenaient des angles bizarres dans le dos, un nerf pincé, ce n'est rien.

Il ne me croyait pas mais je voyais bien qu'il n'était toujours pas lui même. Blaise aurait reconnu immédiatement un vrai cri de douleur alors que là, il hocha la tête avec hésitation et se traina jusqu'à moi pour frotter affectueusement son nez contre mon mollet. Il n'arrivait même pas à parler tant la transformation était fraiche mais je me sentis sincèrement mieux maintenant que je le voyais à nos côtés. La douleur rendait mes yeux humides alors que le sang qui battait dans mes veines me donnait l'impression de me faire souffrir deux fois plus à chaque impulsion. C'était insupportable. Mais la douleur avait au moins le mérite d'avoir éclaircit mon esprit.

-Se…Sea-…Seamus, finit-il par articuler.

Je le redressais avec mon bras valide, prenant garder à ne pas hurler alors que la douleur me vrillait le bras et je le fis s'asseoir sur le lit. Il poussa un petit couinement de détresse avant de redresser la tête et de pousser une longue plainte à la lune. J'en tremblais encore tant celui-ci était proche du loup. Cela réveilla Seamus qui s'agita immédiatement, terrorisé par les hurlements du loup et je me souvins alors que les loups avaient participé à la guerre, aux côtés de Voldemort. Cela pouvait très bien être la cause de la terreur de l'irlandais. Peut-être ne nous craignait-il pas vraiment mais que c'est le loup qui le terrorisait. Mais je ne savais pas, je ne pouvais que spéculer.

Je m'assis donc sur le lit au côté de Blaise et sans ôter le ruban adhésif de sa bouche, je posais ses lèvres sur les siennes. Il se figea, terrorisé. Je sentis Blaise bouger à mes côtés et il reprit son petit manège, il frotta affectueusement son nez contre sa joue. Seamus pris tant de temps à réagir que je crus que c'était sans espoir mais il finit par cligner des yeux, puis à me regarder vraiment pour la première fois et enfin, il ferma les yeux et je vis des larmes perler au coin de ses yeux. Je me redressais alors lentement et je retirais le ruban adhésif d'un coup sec, le faisant tressaillir.

-Tout va bien Seamus, lui murmurais-je au creux de l'oreille pendant que Blaise se couchait contre lui face à moi et qu'il l'entourait de ses bras. Nous sommes là, plus rien ne t'arrivera.

J'essayais de mettre le plus de conviction possible dans ma voix car moi même, j'étais en proie au plus grand doute. Je n'avais jamais été courageux, c'était un fait avéré, c'était même gravé dans ma chair au sens propre du terme alors savoir Seamus dans cet état et Blaise aussi inquiet ne faisait rien pour me rassurer.

-Je ne te détacherais pas, lui dis-je tout de même, car nous ne sommes pas en mesure de prendre soin de toi et tu peux être dangereux pour toi. Tu es important Seamus, autant que Blaise l'est pour moi, autant que je le suis pour lui. Tu es notre compagnon, nous ferions tout pour toi. Alors laisse toi aller, pleure si tu en as besoin, nous sommes là.

J'eus à peine finit ma phase qu'il pleura comme un enfant, bercer entre les bras de Blaise. J'essuyais ses larmes avec mon pouce et je lui dis alors de parler librement, de ce qu'il voulait. La douleur ne me quittait pas, je n'étais plus habitué à souffrir alors je crus sérieusement que j'allais tourner de l'œil mais je resta fort car actuellement, j'étais le seul à pouvoir l'être. Il refusa catégoriquement au début, pleurant même un peu plus fort, tremblant et entravé per ses liens. Blaise continuait de le câliner et peut à peut il se détendit. Blaise avait souvent ce genre d'effet sur moi, même après l'épisode Greyback alors je ne doutais pas que Seamus craquerait.

Et il craqua. Et il nous raconta finalement son calvaire. Il avait participé à la guerre de Poudlard bien entendu, comme chaque sorcier de notre génération. Il nous dit qu'il avait aidé activement Potter et nous raconta l'épisode du pont qu'il avait fait sauté avec une petite touche de fierté qui me remplit de joie je dois l'avouer.

Puis tout devint plus sombre. Il nous conta qu'il avait été blessé et que durant l'accalmie où chacun s'était retiré dans son camp juste après les revendications du lord noir (oui je sais, j'y étais encore), lui n'avait jamais pu regagner le château. Greyback et Rodolphus Lestrange et quelques mangemorts l'avaient trouvé et c'était amusé avec lui des heures durant. Il nous dit son calvaire et je ne pus que le comprendre ayant moi même goutté à la cruauté du loup. Il nous dit qu'ils l'avaient torturé, qu'il lui avait fait subir des sévices sexuels (mais apparemment, il n'avait pas été violé). Il nous dit qu'il avait encore été torturé pour découvrir l'endroit où se cachait Potter et qu'il n'avait rien dit car de toute façon il ne savait rien. Il nous raconta alors qu'il c'était servis de lui comme exemple pour ceux qui gardaient courageusement les portes de Poudlard et qu'il l'avait humilié et blessé devant ses professeurs et ses amis. Qu'il avait même utilisé la legilimencie pour lui envoyer des images dans la tête qu'il n'arriva même pas à décrire sans s'étouffer dans ses propres larmes. Il nous dit que le loup avait alors proposé de le mordre pour s'amuser, pour voir s'il résisterait à la morsure avec le corps déjà détruit. Rodolphus lui avait dit que ce serait un prisonnier inutile et avait utilisé un des trois sorts impardonnables sur lui, l'imperium (le Doloris ayant déjà été utilisé à outrance ainsi que divers sort de magie noir). Qu'il l'avait forcé à tuer lui même ceux qui gardaient les portes et à tenter seul une percer vers la Grande salle de Poudlard. Il nous dit alors que MacGonagall lui avait lancé un sort foudroyant en s'excusant qui lui avait brisé les 4 membres pour être certain qu'il ne s'en relève pas. Là, ses deux tortionnaires s'étaient désintéressé de lui car il ne pouvait de toute façon plus bouger et l'avait abandonné dans les gravas. Il m'a dit avoir entendu l'annonce de la mort de Potter et d'avoir perdu connaissance à ce moment là, il avait perdu tout espoir et la douleur lui avait fait perdre la tête. Il nous dit qu'on l'avait récupéré après la bataille finale car on ne pouvait prendre aucun risque tant qu'on ne savait pas si l'imperium était toujours actif. Il nous dit qu'il n'eut aucune charge contre lui grâce aux témoins du spectacle morbide dont il avait été la victime. Mais cela n'empêcha pas d'avoir la conscience torturée. Il connaissait chacune des 4 personnes qu'il avait tué, des élèves pour la plupart, plus jeune que lui. Chaque année il allait sur leur tombe.

Il nous dit qu'il avait passé sept longs moins aux soins intensifs de Sainte-Mangouste pour effacer toute trace de magie noir et pour réparer son corps brisé. Il avait frôlé la mort. On tenta de lui apprendre l'occlumencie pour lui permettre d'oublier ou du moins de renforcer son esprit mais la conclusion du médecin était qu'il était dors et déjà trop fragile. Il n'avait jamais pu oublier et la seule solution qu'on lui proposa fut le sort d'oubliette qui lui ferait oublier tous les évènements de la guerre à partir du moment de sa capture jusqu'à son réveil à St-Magouste. Mais, cela n'était pas une solution définitive car l'oublie n'était jamais nette et ça l'aurait hanté tout de même. Cependant il avait refusé d'oublier car il avait tué, il voulait se souvenir de sa culpabilité.

Ensuite il en revint à ce qu'on savait déjà. Il avait tenté de reprendre une vie normal et au début cela fonctionnait plutôt bien. Il avait une petite entreprise spécialisée dans la recherche et développement des sortilèges mais qu'il craqua le jour où il apprit que ses inventions avaient été utilisé dans la guerre civile qui sévissait dans l'Irlande Moldu. Il nous dit qu'il en avait été malade et que tout l'équilibre qu'il pensait avoir acquis avait volé en éclat. Qu'il avait tenté de mettre fin à ses jours mais c'était sans compter sur Dean Thomas, son ancien petit ami qui l'avaient découvert dans sa baignoire. Il avait alors enchainer les séjours à Ste-Mangouste. Il nous dit qu'il ne supportait plus cela, qu'il avait souhaité mourir entre les mains de Greyback et qu'il avait toujours regretté jusque la d'avoir eut le culot d'en réchapper.

-Tu allais pourtant mieux avec nous, dit Blaise qui avait retrouvé la capacité de parler même si son visage oscillait toujours entre la douleur et l'inquiétude.

-Hermione, finit-il par avouer, m'a lancé un sort à ma troisième tentative, sur mes souvenirs, précisa-t-il, c'est sa spécialité. Ils étaient toujours présents mais … moins. Je ne peux pas vous dire ce qu'elle a fait mais elle m'a aidé. J'étais le même, mais je ne souffrais plus autant, c'était supportable. Elle m'a fait venir chez Harry et je vous ai rencontré et … et nous voilà.

-Comment te sens-tu réellement avec nous ?

-Bien, répondit-il sur le coup. Je … on est pas mieux l'un que l'autre et je me sentais mieux, finit-il par avouer, je n'étais pas le seul à avoir subit ça.

Je voyais un peu ce qu'il voulait dire mais cela n'empêcha pas ses mots de me blesser aussi sûrement qu'un coup de poignard en plein coeur. Il nous avait réellement approché par intérêt et peut-être un peu par pitié.

Je pris alors l'initiative de lui raconter ma propre expérience en détail et il m'écouta sans m'interrompre. Je n'omis même pas le viol, chose que j'avais volontairement mis à l'écart jusque là. Mais Seamus était plus fragile que nous, son esprit était brisé et il avait besoin qu'on lui montre qu'on était assez fort pour le soutenir. Il avait recommencé à pleurer à la fin de mon récit et je me sentis soulagé car il versait toutes les larmes que mon corps refusait de verser. Il était si expressif. Blaise raconta sa version, son premier mois horrible jusqu'à ce que Jean se lie à lui, ma venue, son bonheur d'être tous les trois, sa volonté de rester auprès de Jean, sa douleur à sa mort, sa volonté de me protéger, sa décision de devenir un loup, de tuer Greyback, le combat contre la morsure. Tout. Il leva alors le bras et nous montrâmes la morsure qui était aussi distinct que si Jean venait de le mordre à l'instant. Jamais la peau et le muscle n'avaient rempli les trous creusés par les dents de notre ancien compagnon et il ne le voulait pas.

-Je suis désolé, murmura-t-il entre deux sanglots.

-De quoi ? Demandais-je en essuyant son visage patiemment.

-De … de vous avoir inquiéter.

J'estimais que nous avions assez avancé et j'ordonnais à Blaise de le détacher. Je les embrassais ensuite tendrement sur le front prétextant une fin dévorante et je sortis lentement de la pièce pour ne pas laisser transparaitre ma douleur à travers ma démarche tremblotante. J'ouvris la porte et je tombais nez à nez avec ma mère qui semblait être postée là depuis longtemps. Elle me fit signe de me taire et ferma doucement la porte avant de m'amener dans le salon où Kreattur avait déjà disposé toutes les potions soignantes que j'avais.

-Je suis monté dès que je t'ai entendu hurler, m'avoua-t-elle. Comment te sens-tu ?

-Mieux, répondis-je honnêtement. Beaucoup mieux.

-J'ai entendu, m'avoua-t-elle.

Elle faisait allusion à nos histoires respectives et au viol. Je ne lui avais pas dit cela non plus. Je finis faillis faire une crise de panique mais je réussis à reprendre mes esprits, une potion supplémentaire aurait des effets secondaires désastreux. Je m'assis donc et respirais lentement en lui demandant de ne jamais y faire allusion et de faire comme si elle ignorait tout. Je comprenais très bien Seamus actuellement et je comprenais que ses maigres défenses aient cédés face à Granger. Rien que le fait d'entendre une tierce personne (autre que Blaise et Seamus j'entends) en parler me mettais dans tous mes états.

-Qu'est-il arrivé à ta main ? Demanda-t-elle alors en suivant mon vœu alors que ses yeux étaient brillants de larmes contenues.

-Blaise ne contrôlait pas sa force, il a voulu me prendre la main et il l'a cassé.

-Nous n'avons pas de potion pour soigner les os maitresse, croassa l'elfe en fouillant dans ma réserve.

-Donne lui quelque chose contre la douleur, ordonna ma mère en rejetant nerveusement ses cheveux en arrière, nous appellerons un médecin moldu demain.

-Non, dis-je alors après un instant de réflexion, appel Granger.

Elle eut un moment d'arrêt et me jaugea du regard. Elle le fit jusqu'à trouver ce qu'elle y cherchait et finit par ordonner à Kreattur d'aller chercher la né-moldu pour moi. Cette soirée avait en quelque sorte raffermie les résolutions que j'avais déjà prises et je me sentais prêt à affronter le monde entier s'il le fallait.

Je ne quitterai plus jamais Blaise et Seamus resterais auprès de nous. Ce seraient eux mon bonheur, ils l'étaient déjà.