Bonjour à tous,

Cynderel: Merci, ça me fait plaisir de voir que des gens aiment cette histoire vu que je l'aime bien aussi x). J'espère que la suite te plaira car notre trio va en voir des vertes et des pas mûres incessamment sous peu.

Draconis86: Et oui, Seamus a été écorché par la guerre et c'est inconsciemment ce qui fait que Draco a pu l'aimer. Car vous verrez qu'il à le "choix" en terme de troisième partenaire si l'envi lui en prend, mais qu'il est simplement incapable de choisir quelqu'un plus "fort" que lui. En réalité, ils ont besoins de temps, d'amour et d'un environnement stable sous peine de s'effondrer comme un château de carte. Et malheureusement, le petit monde de Seamus c'est presque écroulé et il va avoir besoin d'aide. Mais il est bien entouré, n'est-ce pas?

Bonne lecture,

Letki


Granger arriva au milieu de la nuit accompagnée de Potter et je pus conclure deux choses de cette visite. D'une, elle me considérait comme le pire insecte que la terre ait pu porter malgré ses valeurs morales sur la seconde chance et j'en passe et qu'ensuite, je ne pourrais jamais travailler avec elle. Elle ne me faisait pas confiance, pire elle était persuadée que je profitais de Seamus. Elle n'arrivait pas à faire entrer dans sa petite tête que je ne lui voulais pas de mal et elle était persuadée que c'était une petite manigance à la Serpentard. Que voulait-elle que je fasse de lui sérieusement ? Si je voulais sincèrement en tirer quelque chose, j'aurais plutôt baisser mon pantalon devant Potter (et je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'il n'aurait pas dit non) ou même Weasley ! Pas un vulgaire sorcier sang-mêlé sans titre et sans le sou.

-Que veux-tu que je lui fasse ? Dis-je pour la n-ième fois alors qu'elle remettait mes os en place d'un coup de baguette.

Merlin merci, je ne sentis rien car j'avais déjà pris une potion mais elle avait clairement mis beaucoup de mauvaise volonté dans ce sort. Je voyais les os se mouvoir sous ma peau et j'entendais des craquements sonores peut rassurant mais au moins, je voyais que ça commençait à prendre forme. Mes doigts reprenaient un angle normal également et là où les os avaient percé la peau, elle passa un baume cicatrisant.

-Je ne sais pas ce que tu lui veux Malfoy, mais je sais que tu y tires du profit, répondit-elle froidement avant de m'administrer une potion. D'ailleurs où est-il et que t'est-il arrivé ?

-Il dort, répondis-je sur le ton de l'évidence, il est 2h du matin Granger. Si je voulais en tirer du profit, j'aurais sucé Potter comme le monde sorcier s'emploie si bien à la lui faire briller. Pardonnez moi pour le langage mère.

Ma mère fit un geste d'indifférence même si je voyais ses lèvres pincées alors que Granger devenait verte après être passée par une jolie couleur rouge « grosse colère ». Potter ne répondit pas quand a lui mais je trouvais qu'il me fixait un peu trop à mon goût. Il faudra que je songe à lui rappeler que j'étais son pire ennemi à l'occasion avant qu'il ne veuille tester sa chance. Et puis il y avait Ginny. J'étais curieux de savoir comment les choses c'étaient réglées entre eux finalement. Mais je me doute bien que c'est quelque chose que je ne saurais sûrement jamais.

-Ça ne répond pas à ma deuxième question, dit-elle sur le ton de la suspicion alors que ses sourcils se rejoignaient presque en une ligne tellement ils étaient froncés.

-C'était la pleine lune, Blaise ne mesure simplement pas sa force.

-Il t'a blessé ?! S'étouffa-t-elle. Mais …

-Tu sais quelque chose, conclu-je.

Elle pinça les lèvres alors que trois paires d'yeux se posaient sur elle. Ma mère et moi la scrutions avec tant d'intensité qu'elle en rougit et ce fut Potter qui réussit à la faire parler finalement.

-Tu devrais nous le dire pour qu'on sache si Seamus cours un danger en présence de Zabini, dit doucement Potter en s'asseyant à ses côtés.

Elle sembla hésiter longuement avant de soupirer alors que je me retenais d'étrangler quelqu'un. Seul un petit regard en biais de la part de Potter me fit rester assis, apparemment, il disait ça pour rassurer Granger plus qu'autre chose.

-J'ai fais quelques recherches quand j'ai appris que Zabini était un alpha.

-Ça on s'en doute Granger, raillais-je méchamment.

On se foudroya du regard et Potter me fit signe de se taire pendant qu'il l'a priait de continuer.

-Les alphas sont une chose extrêmement rare chez les loups-garous. Dans toute l'histoire il n'y en a eut que 5 de connus, dit-elle, les livres laissent sous entendre qu'il y en a eut beaucoup plus, et là je parle de centaines d'individus car il semblerait que le gène soit héréditaire, mais que leur espérance de vie était assez courte.

Je comprenais mieux pourquoi Blaise était devenu un Alpha. Jean, en le mordant, lui avait transmis son gène. Ce n'était pas forcément une information très rassurante car au moindre débordement de Blaise, nous n'aurions pas un loup-garou nouveau né à éduquer, mais bien un futur rival qui cherchera à s'en prendre à Blaise et peut-être à nous récupérer Seamus et moi ...

-Pourquoi ? Demandais-je soudainement inquiet.

-Car la bête et l'homme sont constamment en conflit, répondit-elle avec gravité. A chaque instant et il arrive que l'un ou l'autre gagne. A partir du moment où l'Alpha se retrouve coincer dans une forme il n'en bouge plus et perds son titre, il devient un homme amélioré ou un loup plus intelligent si tu préfères. Mais ça reste rare. Le plus souvent, l'homme et le loup finissent par se confondre et ils finissent simplement fou l'un comme l'autre et ça crée généralement des psychopathes et toutes les folies usuelles.

-J'avais cru comprendre, dis-je en repensant aux paroles de Jean. Mais le rapport avec nous ?

-Et bien j'ai cru comprendre que les Alpha avait besoin pour leur équilibre mental de respecter les instincts du loup et le caractère de l'homme, répondit-elle en fronçant les sourcils avec un air concentré, la solitude va à l'encontre de ces deux principes justement et plus l'Alpha essaye de s'isoler plus il a de chance de perdre la raison. Alors qu'au contraire, s'il … crée une meute avec des membres définitifs, le loup sera comblé en tant que chef de meute car ses instincts pourront s'accomplir et l'homme pourra garder le contrôle. Mais honnêtement, je ne pourrais pas l'expliquer. Ce que j'ai lu a été rédigé par un médicomage qui n'était ni un loup ni un compagnon ni faisant parti d'une meute alors je ne peux pas prendre ce qu'il dit pour acquis.

Je lui comptais alors l'épisode de l'attaque de Blaise et elle m'écouta patiemment avant de réfléchir. Je voulais qu'elle m'explique la raison pour laquelle lorsqu'il m'avait sauté dessus sous sa forme de loup primaire (manquant de me défoncer la cage thoracique), qu'il c'était soudainement calmé et mieux encore, il avait eut une trique d'enfer.

-C'était un signe de soumission.

-Pardon ?!

Oh je vais le tuer !

-Lui offrir l'accès à ta nuque en tournant la tête, m'expliqua-t-elle, chez les loups c'est fréquent que les mâles réaffirment leur domination en saisissant la nuque de leur compagne pendant l'accouplement ou des plus jeunes pendant leurs premières années. Les combats entre loup s'achèvent également sur ça, dit-elle. Ainsi, tu lui as montré que tu te soumettais à sa volonté et que j'imagine, que tu ne le quitterais pas.

Je restais un instant silencieux à réfléchir aux paroles de Granger et je me dis qu'accepter de vivre avec Blaise serait comme accepter de mener un combat quotidien contre le loup. Blaise n'en ratait vraiment pas une !

-Mais ce n'est pas le plus important Malfoy, me dit-elle, je laisserais un livre pour toi à Harry. Mais j'ai beaucoup lu sur les compagnons des Alphas, m'expliqua-t-elle, il n'y a pas grand chose mais j'ai cru comprendre que du moment que l'alpha choisissait de se lier, il agissait comme un Veela face à son âme sœur ou un vampire avec son calice. Il ne vous blessera pas s'il peut l'éviter

-Comment ça?! M'étranglais-je alors que mes yeux s'écarquillèrent d'horreur.

-Le loup-garou est de nature sauvage, grimaça-t-elle en me lançant un regard étrangement compatissant, et surtout, il n'a pas besoin de vous pour sa survie contrairement à un vampire avec son calice ou de l'âme soeur et du Veela, juste pour son équilibre. Vous lui êtes précieux mais pas indispensable, expliqua-t-elle en me lançant un regard désolé qui me hérissa le poil, il pourrait très bien être cruel si l'envi lui en prenait mais ça ne l'aiderait pas ... je pense que c'est la seule raison qui fait que le loup-garou est ... moins ... violent? Enfin moins sauvage avec son compagnon. Mais le cas d'un Alpha violent avec ses compagnons c'est déjà vu, soupira-t-elle, il s'agit du tristement célèbre Barbe bleu. Mais, il est tout de même écrit qu'il cherchera simplement votre bonheur et n'ira pas voir ailleurs mais contrairement au Veela, il dominera la relation et vous lui devrez une obéissance sans faille sous peine de lourdes représailles. Il peut également choisir de dissoudre le lien sans aucun risque pour vous. Mais il y a quelque chose qui me perturbe… Dans le livre, il était dit en gros que le lien devenait tangible avec le temps.

-Tangible, répétais-je en fronçant les sourcils.

-Tu as une petite idée de ce que ça veut dire ? Après tout tu es lié à lui depuis plus d'un an.

-J'ai une petite idée.

-Alors ?

-C'est privé, répondis-je sèchement.

Oh oui ça l'était. Cette façon de ressentir Blaise, de connaître ses humeurs, qu'il me connaisse aussi, qu'il me sente aussi bien que je le sente. Que je ne me sente réellement en sécurité que par sa présence … et comment j'arrivais à ressentir Seamus également. C'était léger mais c'était bien là et j'avais la vive sensation que c'était quelque chose d'intime que je n'avais aucunement envi de partager. Oui, comme un Veela hein ? Effectivement je voyais à peut près ce qu'elle voulait dire.

-Mais … est-ce que le lien à le même effet que celui d'un vampire ou d'un veela ?

-Pardon ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Granger ! Moi qui la croyait fine d'esprit ! Je voulais volontairement éviter de poser ce genre de question si ouvertement et voilà que c'était pile là que son cerveau décidait de partir en pause café !

-Est-ce que le loup à un charme similaire à celui d'un vampire ou d'un veela qui pousse son compagnon à le désirer ou ressentir des choses pour lui ?

Elle me regarda longuement et je masquais toute émotion devant un petit regard hautain prêt à lui répondre si jamais elle faisait la moindre petite allusion.

Blaise m'avait déjà dit que le lien n'influençait en rien mes sentiments à son égard (ce qui n'est pas le cas pour un vampire ou un veela) mais je voulais être totalement sûr. Car si jamais c'est le cas, il faudra effectivement que je me sépare de lui et de Seamus.

-Tu … tu couches avec Zabini, conclu-t-elle en me regardant bouche bée, et tu penses que c'est à cause du lien ?

Tien ! Elle l'ignorait ? Ainsi donc Potter et Weasley on réussi à la fermer par rapport à l'épisode de la cuisine. J'y songerai à l'occasion et je leur revaudrait ça (enfin, autant que faire ce peu).

-Répond et tu sauras peut-être pourquoi Seamus partage notre lit ou pas, répondis-je de mon ton le plus goguenard en lui offrant mon plus beau sourire arrogant.

-Le loup n'a pas de charme, répondit-elle sèchement. Il crée simplement un sentiment de dépendance affectif et de … soumission. Mais il peut choisir de se lier à son meilleur ami ou à son dentiste, ça ne changera rien. Il est même arrivé qu'un alpha se lie aux enfants de sa compagne sans que cela n'affecte en rien leur … libido. Une fois lié, le compagnon ressent simplement le besoin d'être présent auprès du loup normalement et de satisfaire le lien.

Ce n'était pas encore clair mais j'étais soulagé de savoir que je n'avais pas été manipulé par une quelconque magie d'enchainement.

-Je vois, répondis-je en lui lançant un petit sourire moqueur, ainsi je peux penser que Seamus partage des nuits ardentes avec nous de son plein gré si Blaise n'y est pour rien.

Elle enrageait ! Ah je me sentais si … puissant. Je lançais un regard complice à ma mère qui s'amusait visiblement des réactions de la né-moldu (quoi que n'aimant pas mes commentaires sur ma vie sexuelle, je m'en excuserais plus tard).

-Le lien se communique entre compagnon, finit-elle les dents serrées.

-C'est-à-dire ? Demandais-je d'une voix trainante en lui montrant un intérêt poli qui laissait transparaitre mon ennui pour cette conversation qui trainait en longueur.

-Il pourra se lier à autant de personne qu'il est physiquement capable de gérer, il connaît lui même sa limite. Enfin je disais donc que si il avait 10 compagnons, chacun serait lié aux 9 autres comme il est lié à son loup et ressentiraient les mêmes besoins. Après il y a une certaine hiérarchie dans le lien mais je crois qu'il s'agit de l'ancienneté. Je n'en sais pas plus.

Hum je comprends mieux la soudaine complicité que j'avais avec Blaise (enfin je veux dire que mes premiers rapports sexuelles avec lui ont du être facilité par le fait qu'il avait été lié avant moi et que je ressentais en quelque sorte son besoin de me protéger). Cela se vérifiait également par son attitude qui devint plus dominatrice au fil des ans passé avec Jean et son besoin de continuer à me protéger une fois celui-ci mort. Et à mon réflexe de protéger Seamus durant ma crise de panique.

-Alors je ne comprends pas comment il a pu te blesser, dit-elle en changeant brutalement de sujet.

-Il a voulu me serrer la main, je te l'ai déjà dit Granger, il n'a pas mesuré sa force. C'est tout, ne cherche pas plus loin.

-Et Seamus ? S'inquiéta-t-elle.

-Il dort ! Bon sang Granger ne te fais pas plus bête que tu ne l'es déjà ! Maintenant je suis désolé de vous avoir réveillé, je vous souhaite une bonne nuit et bon vent, répondis-je sèchement pendant que ma mère bandait ma main.

Je les raccompagnais à la cheminée en parfait maitre de maison que j'étais et je coupais court à toutes les questions de Granger. Potter s'attarda un peu et me fit par de son inquiétude à notre sujet (ce qui eut au moins le mérite de me surprendre). Et justement, devant mon air surpris de tant de sollicitude venant d'un homme à qui j'avais mené la vie dur pendant 7 ans et avec qui j'avais été le plus infect possible, il me répondit avec un petit sourire affable qu'il avait grandit. Et que moi aussi, mais visiblement pas assez car je continuais à m'obstiner à repousser toutes les mains qu'on me tendait. Il s'en alla ensuite et je m'installais dans le salon pour dormir (la chambre de Blaise sentait trop le renfermé pour que je puisse y finir ma nuit). Je ne voulais pas prendre le risque de réveiller Blaise ou Seamus en remontant (surtout qu'ils avaient le sommeil très léger pour des raisons différentes : l'un car il avait l'ouïe affuté et l'autre car la peur le tenait en haleine). Je ne voulais pas qu'ils voient l'état de ma main (nettement mieux maintenant que Granger m'avait soigné). Elle avait dégonflé mais mes doigts étaient encore tout raide et violet et l'endroit où les os c'étaient brisés étaient sensible.

Je saluais ma mère et je m'allongeais sur le canapé en faisant tourner et retourner les paroles de Potter dans ma tête. Il avait raison, mais je ne voulais pas de son aide, ni de la sienne ni de ses amis les Griffondors. Certes, Seamus est l'un de ses amis depuis le début et il dort maintenant dans mon lit (comme quoi tout peut arriver) mais nous avions au moins de la souffrance en commun. Les autres ne me comprenaient pas, pour eux j'avais passé 5 années de rêve à Azkaban à attendre simplement la fin de ma peine pour me pavaner et préparer des coups foireux comme avant ou il pensait simplement que ma vie avait toujours été géniale et que c'était un juste retour des choses. Oui c'est cela, vivre dans la peur et le mensonge ? L'angoisse de recevoir une correction pour ne pas avoir plus au maitre ? Ou au contraire d'en recevoir une parce que vous lui plaisiez trop ? Oui je connaissais ça, oui j'ai tenté de tuer pour sauver ma propre vie, mais je n'appelais pas le fait d'avoir de l'argent et une bonne situation parmi les sangs purs, une belle vie. Loin de là. Mais cela, personne ne le savait, personne ne voulait le savoir hormis ceux qui avait vécu la même expérience comme Blaise, Pansy (elle ne me manquera pas celle là surtout qu'elle était un peu trop apte à faire du zèle quand le lord noir ordonnait) ou encore Théodore, Astoria et bien d'autres.

Seamus lui savait, il avait compris. Potter aussi en quelque sorte mais à mes yeux, il ne pouvait que spéculer sur ma situation. Pour avoir revu son parrain qui c'est évadé d'Azkaban et qui lui a surement raconté une version édulcoré de son séjour (et encore, lui étaient aux étages supérieures des prisonniers à vie ou seul la présence des détraqueurs et l'isolement rendait la chose terrible), il pouvait entrevoir la vie que j'avais pu mener pendant ma peine. Mais il ne pouvait que se l'imaginer. Nos rapports n'avaient pas changé, il compatissait mais ce n'est pas pour autant qu'il me considérait comme un égal. Je n'avais plus de magie, j'étais déshérité et je survivais grâce à sa charité. Non, nous ne pouvions décidément pas être sur un pied d'égalité malgré toute la bonne volonté qu'il semblait vouloir mettre.

Etonnement, même en ruminant mes pensées, je finis tout de même par m'endormir (j'ai passé beaucoup de temps à dormir ces derniers jours quand même). Cela me fit beaucoup de bien car je n'avais pour l'instant pas eut droit à un sommeil naturelle et c'était donc la première fois où je pouvais affirmer être vraiment reposé. A mon réveil, je m'étirais longuement et demandais à Kreattur de disposer le petit déjeuner sur un plateau, ensuite j'allais me doucher et j'enfilais un tee-shirt à manche longue (volontairement trop grand pour moi donc un tee-shirt de Blaise, pour dissimuler mes doigts dans la manche). J'allais ensuite dans la chambre, accompagné par les plateaux que faisait léviter Kreattur et je réveillais mes deux compagnons qui dormaient étroitement blottit dans les bras l'un de l'autre.

L'elfe s'en alla dans un claquement de doigts après avoir déposé les plateaux sur une commode qui trônait en face du lit au dessous d'un gigantesque miroir. Je m'assis sur le côté du lit, prenant soin de garder ma main blesser sous ma manche et je secouais doucement Blaise et Seamus de l'autre. J'avais inspecté mes doigts dans la douche, ceux-ci n'étaient pas guéris, preuve évidente que Granger avait bâclée le sort (et la connaissant, je ne suis même pas sûr que ce soit par esprit de vengeance, elle devait simplement être terriblement inquiète pour son ami ce qui fait que je ne peux même pas lui en vouloir pleinement … tsss ). Bien entendu, les potions avaient fait effet et la peau c'était refermée mais je pouvais compter bien un jour voir deux pour une guérison complète. Mes doigts avaient dégonflés, Merlin merci, mais ils avaient toujours cette affreuse couleur violette et étaient encore douloureux mais ce n'était rien d'insurmontable.

Seamus s'éveilla le premier et voulu se lever. Mais le fait qu'il bouge suffit à réveiller Blaise qui referma ses bras autour de sa taille sans plus de cérémonie. Il ouvrit les yeux en marmonnant et s'adossa contre la tête de lit, Seamus assis entre ses jambes. L'irlandais me dévisagea un moment, cherchant visiblement à savoir ce qu'il se passait et je lui offrit un de mes rares sourires (chose qui suffit à le déstabiliser complètement, sinon je ne me serais pas fatigué à le faire). Je m'assis ensuite en tailleurs face à eux et je glissais les jambes de Seamus autour de ma taille avant de prendre un plateau bien garni et d'entreprendre de les nourrir tout à tour.

-Qu'est-ce qui t'es arrivé ? S'enquit Blaise soudainement.

Je me doutais qu'il ne serait pas dupe longtemps mais quand même.

-Tu m'as serré la main un peu trop vigoureusement, répondis-je en tendant un verre de jus à Seamus qui le pris d'une main tremblante.

-Tu as mal ?

Il prit la main et tira sur la manche pour voir l'état de ma main. Il grimaça et il me lâcha comme si le contact le brulait. Je sentais qu'il s'en voulait affreusement et je m'empressais de le rassurer sur ça en lui disant que c'était rien. Pour le lui prouver, je pliais et dépliais mes doigts un moment avant de m'arrêter quand la douleur se rappela à moi plutôt vicieusement. Il le sentit car il attrapa tout de suite mon poignet pour m'arrêter et me lança un regard sévère. Oh oui, je voyais vraiment ce que Granger voulait dire quand elle parlait du lien tangible. C'était presque palpable, j'avais la sensation qu'il voulait que j'abdique, que sa volonté m'écrasait lentement mais surement et je finis par baisser les yeux et tirer la manche sur ma main. Aussitôt, Blaise se détendit quand j'arrêtais de bouger et je marmonnais.

-Et toi ? Demandais-je à Seamus. Comment te sens-tu ?

-Bien, je crois.

Pendant que Blaise continuait à le nourrir patiemment, je pris l'un des poignets de mon compagnon pour défaire le bandage. La blessure cicatrisait bien grâce au baume (je n'avais pas encore les ingrédients pour faire la potion de cicatrisation instantanée mais je songeais qu'il fallait clairement que j'en fasse une priorité). Cependant, même en ayant cicatrisée, la coupure restait profonde. Il avait du aller jusqu'à l'os … Je tirais un peu sur sa manche et mon regard tomba sur d'autres coupures plus ancienne. Comment pourrais-je m'en sortir avec lui ?

Je refermais le bandage et appuyai ma tête contre son torse. Je le sentis se tendre puis se détendre progressivement. Blaise arrêta de bouger dans le dos de Seamus et il referma finalement ses bras sur nous. Je crois qu'il sentait notre besoin de protection et ce n'était surement pas agréable pour lui.

-Je t'interdis de mourir, lui dis-je alors, Blaise ne le supporterait pas.

-Et toi ? S'enquit-il timidement après un instant de silence.

Je ne répondis pas car un Malfoy a sa fierté et un Malfoy ne dit pas à quelqu'un qu'il est sa faiblesse. Jamais.

-Il ne te diras jamais qu'il serait affecté plus que de raison, conclu Blaise.

Je n'eus même pas la force de lui lancer un de mes fameux regards noirs tant j'étais épuisé moralement. Je me contentais de rester appuyé contre Seamus puis, finalement, celui-ci referma ses bras dans mon dos et me dit qu'il essayera d'être aussi fort que nous.

-On est faible individuellement, lui dis-je alors (je le savais, j'en tenais une belle couche), c'est ensemble qu'on réussit à surmonter la difficulté même de vivre. Alors ne souffre pas silencieusement.

-Oui, répondit-il docilement.

Je me redressais ensuite et je continuais à nourrir mes compagnons. Nous finîmes par rigoler car j'avais raté la bouche de Blaise car il n'arrêtait pas de s'agiter (il reprenait possession pleinement de son corps et à chaque fois il devenait intenable) et il avait maintenant une moustache de Nutella (il était fan de ce truc moldu que Seamus nous avait fait découvrir). Nous nous moquâmes gentiment jusqu'à ce qu'il se mette à marmonner et je me redressais sur mes genoux, appuyant ma main valide sur l'épaule de Seamus pour venir lécher la lèvre supérieure de Blaise soigneusement pour venir ôter toute trace du méfait.

-N'y pense même pas, le coupais-je alors qu'il s'avançait vers moi pour me rendre mon baiser, ni Seamus ni moi ne sommes en état.

L'irlandais hocha vivement la tête alors qu'il rosissait à vu d'œil. Je savais qu'il n'était pas indifférent lorsqu'il me voyait avec Blaise mais je ne lui faisais pas souvent cet honneur. Blaise aussi s'enflammait à la moindre petite initiative de ma part mais je me gardais bien d'en faire car je ne voulais plus être le soumis par excellence du groupe. J'avais déjà donné avec Jean. Certes, ce n'était pas désagréable mais ma fierté me faisait si mal que c'était intolérable. Pour l'instant nous n'avions pas bien définie les rôles avec Seamus et je ne l'avais jamais laissé me prendre même si je sentais que ce n'était pas l'envi qui lui manquait alors je tenais à ne pas trop l'exciter avec ses fantasmes à peine dissimuler. Je tenais à avoir le rôle que Blaise avait lorsque nous étions avec Jean, celui du juste milieu.

-A la douche, ordonnais-je en déposant le plateau à côté.

Blaise souleva Seamus sans plus de cérémonie et celui-ci émit des plaintes qui tombèrent dans l'oreille d'un sourd. Je ramassais des vêtements propres pour eux et je leur fis couler un bain auquel j'ajoutais quelques huiles essentielles. J'ordonnais à Seamus de ne pas mouiller ses poignets et Blaise se déshabilla en deux temps trois mouvements et entra dans l'eau. J'aidais Seamus à entrer également (il était très affaiblie et ses jambes peinaient à supporter son poids). Il s'assit entre les jambes de Blaise et j'allais chercher des potions dans mon tiroir. Je m'assis contre le bord de la baignoire alors que Seamus laissait dépasser ses deux bras sur le côté pour ne pas les mouiller et je versais dans les mains de Blaise une huile de massage à l'extrait de lavande (on ne pourrait pas dire que je n'exploitais pas mon champ). Il pétrit soigneusement tout le corps de Seamus pour le détendre et je versais dans ma main une potion de rasage que je passais sur leur visage. Je tenais à ce qu'ils soient à mon goût quand même.

Je fis ensuite le shampoing de mes deux compagnons patiemment et j'allais ensuite leur chercher des serviettes que je déposais sur le tabouret. Ils tenaient à rester dans l'eau et je voulais que Blaise reste le plus possible avec Seamus. Je savais que le lien pousserait Seamus à rechercher la protection de Blaise et c'était exactement ce que je voulais. Plus il serait dépendant des bons soins de Blaise moins il pourra penser au suicide et c'était ma principale priorité. Je tenais également à passer du temps avec Seamus car si ce que Granger avait dit, j'était le « supérieur » de Seamus et il devrait se reposer pour moi. Je me devais de me préparer pour le protéger. J'avais déjà remarquer que j'avais instinctivement besoin de le protéger (comme lorsque j'avais fait parade de mon corps en pensant que ma mère était un quelconque agresseur). Il allait falloir que je m'endurcisse, la belle affaire !

-Comment va-t-il ? Demanda ma mère qui m'attendait pour partager le petit déjeuner (je n'avais pas encore mangé).

-Mieux, répondis-je en acceptant la tasse de café qu'elle me tendait, Blaise s'occupe de lui.

-Granger a-t-elle raison ? A propos du lien qui vous unis je veux dire.

-Elle a raison.

Nous restâmes un moment silencieux et elle me tendit une assiette remplie de gaufre. Et du sirop. Hum, ça me donnait l'eau à la bouche rien que d'y penser. Je savourais tranquillement mon petit déjeuner quand ma mère recommença à parler.

-Que comptes-tu faire Draco ?

-Me rendre à St-Mangouste.

Elle releva les yeux vers moi apparemment surprise et me dévisagea longuement.

-Tu …

-Je vais prendre rendez-vous avec un psycomage pour Seamus Blaise et moi. Nous ferons une thérapie de … de couple.

-Je te donnerais les coordonnées de mon psycomage, proposa-t-elle.

Je la remerciais avant de replonger dans mon café.

-Tu as eut si peur que ça ? S'enquit-elle en fronçant les sourcils.

-Je n'avais plus eut peur ainsi depuis un an, répondis-je en repensant à la sombre période qui avait succédé la mort de Jean.

Elle me regarda longuement avant de se lever et se poster derrière pour passer ma main dans mes longs cheveux.

-Tu es heureux Draco ?

C'était une question qu'elle me posait souvent. Très souvent même. Mais pourtant, bien que j'y réponde à chaque fois, il semblerait que ce ne soit jamais satisfaisant. Je me demanda l'espace d'une seconde si je devais me vexer ou non avant de me résigner. Si elle me posait la question c'est qu'elle voyait des choses que j'ignorais ... je sais, malgré tout ce que je dis, que je ne suis pas un exemple de stabilité et que je suis plein d'insécurités alors il est compréhensible qu'elle doute de mes réponses. Surtout que mes sentiments avaient tendance à faire la girouette et à la moindre péripétie, tout ce que je pensais avoir patiemment construit s'écroulait comme un château de carte ... alors suis-je heureux?

-Je crois … que je suis amoureux ?

Je n'étais même pas certain de ce que j'étais entrain d'avancer mais j'espérais qu'elle pourrait me répondre. Après tout elle était ma mère, elle était censée me connaître mieux que je ne me connaissais moi même.

-Tu es amoureux, répondit-elle placidement. Et je suis heureuse d'avoir vécu aussi longtemps pour t'entendre dire ça.

-J'ai l'impression de te causer bien du soucis quand je t'entends.

-Tu es mon unique source de tourment mon cœur, dit-elle avant de m'embrasser sur le front. Et c'est très bien ainsi.

-Je te rendrai heureuse mère, insistais-je tout de même, je te donnerai des petits enfants, je ne sais pas encore comment, mais je trouverai.

-Blaise n'acceptera jamais, me fit-elle remarquer. Et je suis déjà très heureuse.

-Il ne voudra pas me perdre, lui fis-je remarquer avec un petit sourire en coin, n'est-ce pas ?

-Le digne fils de ton père, répondit-elle en me retournant le sourire.