Bonjour à tous,

Alors je suis sincèrement désolée! Je vous ai comme qui dirait oublié. Enfin pas vraiment! J'ai été débordée et quand j'ai été pour poster hier soir ... et bien je me suis endormie devant l'écran ! Sorry. Mais promis, il y aura un deuxième chapitre cette semaine pour compenser .

Paprika Star: On retombe un peu dans ce chapitre. Draco pensait avoir remonté la pente mais il n'a pas encore définitivement tourné la page. Tant qu'il n'aura pas tiré un trait sur son passé, il ne pourra pas continuer. Et ouiiiii je parlais bien de Théodore. Ma meilleure amie en est fan et me menace pour que j'arrête de lui faire du mal! Mais ce serait pas marrant si les personnages ne souffraient pas un peu non?

Bonne lecture
Letki


-Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?

-Comme le jour d'avant, et celui d'encore avant, répondis-je au psycomage qui venait maintenant me consulter à domicile depuis mon alitement.

Je n'étais pas sortit depuis bientôt 2 mois. J'avais cessé toute activité et Blaise avait repris du service dans le champ. Je crois qu'il travaillait beaucoup pour m'éviter, ou plutôt pour faire en sorte que je n'ai pas à le croiser. Seamus avait repris la pyrotechnie avec brio ce qui nous faisait une petite entrée d'argent et ma mère travaillait ardemment à convaincre Potter de se présenter aux élections (ce qui n'était pas gagné). Moi je ne faisais rien. Je m'étais vite rendu compte que j'étais incapable de travailler quand Neville m'avait rendu visite il y a deux semaines pour me présenter sa fabuleuse herbe à fer. Mon esprit tournait à plein régime et j'avais échafaudé tout un plan dans ma tête, ça me paraissait parfait, jusqu'à ce que j'arrive devant le chaudron du moins. J'avais été incapable de réaliser la potion. Mes mains tremblaient, mes gestes étaient hésitants, je m'emmêlais dans l'ordre des ingrédients et dans le sens de remuage. J'ai d'abord pensé que c'était du à la faiblesse de mon corps, qu'une nuit de sommeil et un bon repas ferait l'affaire. Mais non, même la plus basique des potions, je me retrouvais incapable de la faire et ça, c'était un gros choc. La seule chose pour laquelle je n'avais jamais été bon venait de me filer entre les doigts.

Le suicide m'avait de nouveau paru si tentant, une idée si douce et si facile.

Mais Blaise avait de l'instinct. Il a sentit que je dérapais de nouveau et il a tout de suite organisé une rencontre quotidienne avec le psycomage, je ne l'avais appris que très récemment. J'avais replongé aussi vite que lors de mon réveil à l'hôpital et j'y étais encore. Je passais mes journées, attablé dans la cuisine, sous l'œil attentif de Kreattur. Seamus et Blaise passaient me voir régulièrement et ma mère, même si elle était très occupée, faisait toujours en sorte d'avoir un œil sur moi si bien que le portrait de mon père se trouvait maintenant dans le salon. Mais ça ne marchait pas avec moi. Sentir le regard de mon père, aussi compréhensif ou affligé soit-il, était le pire des poisons pour moi. La honte et le désespoir me rongeaient aussi surement que de l'acide et je regrettais presque les jours où j'avais cru la folie à porté de main.

Après tout, est-ce mieux de passer sa vie surveillé ou de s'évader dans ses pensées ? Je l'ignorais mais je pensais sérieusement pouvoir répondre à cette question dans les prochains jours.

-Vous pouvez toujours le faire , ce qui vous arrive est une réaction post-traumatique. Certain patient perde l'usage de leur voix après un gros choc, vous vous perdez votre habileté à faire des potions. Ce n'est que temporaire.

Des mots encore des mots. Il était sympathique ce Benneth et je pense même pouvoir dire que s'il n'avait pas été mon psycomage, j'aurais eu envi de le connaître, mais je n'avais pas envi de l'écouter. Je ne voulais rien entendre.

-Quand vous aurez retrouvé la sérénité nécessaire à votre équilibre, cela reviendra tout seul. Parlez en à vos comp-

-Taisez-vous, lui ordonnais-je en songeant à la présence de mon père dans mon dos.

Il ne disait généralement rien pendant les visites du psycomage mais je ne l'oubliais pas. Je savais qu'il était là, qu'il écoutait et qu'il me jugeait. Je ne pouvais pas me permettre de le décevoir plus encore sinon je n'aurais qu'à me trancher la langue avec les dents.

-Pourquoi refuser d'en parler ? Ce n'est un secret pour personne ici ce qu'il se passe entre vous et vos com-

-Taisez-vous ! Claquais-je un peu plus sèchement.

-Je vois, avez-vous discuter des différents bouleversements de votre vie avec eux ?

-Non, répondis-je en me reculant sur la chaise comme pour échapper à son regard inquisiteur.

-Pourtant ce serait salutaire, ils s'inquiètent pour vous ils ont le droit de sa-

-Ne me parlez pas d'eux.

Je savais que j'étais injuste envers Seamus qui au final, était surement aussi fragile que moi mais je ne pouvais que l'inclure. C'était la faute de Blaise ce qui ce passait maintenant et je n'arrivais pas à me détacher de cette idée.

-Pourquoi ? Insista-t-il.

J'essayai de me soustraire à ses questions mais il continua d'en poser. Je voulus me lever pour quitter la pièce mais la voix de mon père claqua sèchement à mon oreille, me tétanisant sur place. Je restais donc debout face au portrait, dos au psycomage qui continuait cruellement à parler et je sentais la pression monter. C'était devenu tellement fréquent que je ne cherchais plus à lutter. L'étau autour de ma poitrine, cette sensation d'étouffement, ce grésillement dans mes oreilles, une nouvelle crise de panique.

-Pourquoi ?

J'entendis le bruit d'une chaise qu'on racle sur le sol ainsi que le bruit de pas alors que je commençais à haleter bruyamment. Je me retins sur le bord de la table quand je sentis le monde tanguer dangereusement sous mes pieds et je tentais d'appliquer les exercices de respiration que m'avait conseillé le psycomage. Je sortis précipitamment de ma poche la chevalière de mon père que ma mère m'avait donné et je la tournais entre mes doigts pour me donner un encrage.

-Pourquoi ?

Mais plus il insistait, plus je trouvais l'exercice difficile. Si difficile.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il a gâché ma vie, soufflais-je tout bas en ayant la peur idiote que Blaise s'énerve et vienne finir le travail. Et … Et Seamus m'a abandonné face à lui.

Le psycomage m'avait déjà ouvert les yeux sur ma peur viscérale des loups-garous, et avec mon incident, cela ne c'était pas arrangé. J'avais peur de Blaise, je n'osais pas le contrarier même en sachant qu'il ne me ferait rien. Bien entendu, je le repoussais, tout le temps, mais c'était plus fort que moi, l'aversion que j'avais pour lui était plus saisissante que la peur elle même et je préférais le savoir loin de moi. Et Seamus, même si je le savais innocent, je lui en voulais au plus profond de moi, pour ne pas être resté avec moi même si je lui avais clairement dit de partir. Je lui en voulais car il aurait pu me sauver s'il était resté. Je lui en voulais parce qu'il m'avait tourné le dos si facilement. Et je m'en voulais de lui en vouloir alors que je savais pertinemment qu'il était allé chercher de l'aide et que Seamus était l'une des personnes les plus gentilles que je connaissais avec Luna et Neville et qu'il ne méritait surement pas mon ressentiment.

-Et vous avez gâché la sienne, répondit-il d'une voix douce.

-Quoi ?

Cela eut le mérite de me calmer au moins. Je le regardais alors, sans comprendre et il m'aida à me réinstaller sur ma chaise. Il me fit pratiquer les exercices de respiration jusqu'à ce que je retrouve mon calme avant de me répondre.

-Il avait des projets avant vous, m'expliqua-t-il, sûrement de vivre sa vie avec Jean. Mais cela n'a pas été le cas, c'était la faute de Greyback, soyons clair, ne vous fustigez pas pour cela. Mais il était comme vous. Un sang-pur et jusqu'à preuve du contraire, il partage les mêmes convictions que vous. Pourtant, il a accepté de se faire mordre pour vous protéger et n'a jamais exprimé de regrets jusqu'ici, même quand l'homme pour lequel il a sacrifié sa vie et ses convictions le repousse pour un incident, certes grave, mais un incident tout de même. Comment croyez-vous qu'il ait vécu ces 2 dernières années ? En tant que loup solitaire, en tant que votre protecteur, en tant qu'hybride ? Avez-vous pensé une seule seconde à lui ?

-Non, répondis-je honnêtement après un instant de silence.

-Et vous savez pourquoi ?

-Parce que je m'en fiche ?

-C'est cela. Vous êtes égocentrique, narcissique et pessimiste. Et vous êtes surtout un homme solitaire.

Je lui lançais un regard sombre et cela ne sembla pas le perturber. Il m'avait parlé de sa même voix douce alors que son expression restait ouverte et sympathique. Je ne lus pas dans son expression un quelconque jugement sur mon caractère mais cela restait déplaisant à entendre.

-J'essaye juste de vous expliquer que la réponse à vos soucis est la communication. Parlez donc avec votre compagnon, parlez avec Blaise, parce qu'il sait mieux que qui conque ce que vous traversez et il est le plus qualifié pour vous aider. Ce que vous vivez n'est pas insurmontable, et je ne peux pas en tant qu'homme vous le faire comprendre car je suis sûrement insignifiant à vos yeux. Mais votre compagnon le peut lui et vous devez l'écouter.

Ses paroles me laissèrent pensif et je dois dire que je méditais longuement sur ce qu'il m'avait dit cet après midi. Je ne bougeai pas de la cuisine, assis face à la fenêtre à regarder le jour décliner. Le psycomage me quitta assez tôt cette fois-ci, avant la fin de notre rendez-vous et me dit de bien réfléchir à ce qu'il m'avait dit. Il me dit qu'il ne passerait cependant pas avant la semaine prochaine car la pleine lune arrivait, et avec la pleine lune venait l'anxiété et la peur. Je jetais des coups d'œil paniqué à mes doigts toutes les deux minutes de peur de les voir subitement remplacés par les pattes griffus que j'avais entraperçu la dernière fois, mon estomac se contractait à chaque fois que mon épiderme réagissait un peu trop sensiblement à un contact quelconque. J'appréhendais terriblement cette deuxième transformation car si la première avait été totalement une surprise celle-ci arrivait et je le savais.

-Mange, me dit Seamus que je n'avais pas entendu entrer en s'assoir devant moi.

-Pourquoi tu restes avec nous ? Demandais-je en regardant Seamus qui m'avait épluché une pomme.

-Parce que je vous aime, répondit-il sur le ton de l'évidence en me tendant un quartier de pomme.

-Je ne comprends pas, répondis-je honnêtement en prenant le morceau pour le porter distraitement à mes lèvres.

-Comme je n'ai pas compris pourquoi vous restiez avec moi quand j'étais au plus mal, répondit-il en jetant les pelures dans la poubelle, et pourtant vous l'avez fait et je vous en suis reconnaissant. Alors, même si vous avez été des mangemorts, même si nous n'avons pas les mêmes convictions, même si vous êtes des hommes et des loups, je vous aime.

-Tu n'as pas peur ? Insistais-je tout de même après avoir avalé un morceau de pomme.

-De quoi ?

-De nous.

-Pourquoi j'aurais peur ?

-Qu'on te blesse.

-Je guérirais si jamais ça arrive, répondit-il, et je saurais que c'est un accident.

Il vint s'asseoir à côté de moi et me pris le morceau de pomme des mains avant de le porter à ma bouche, il trouvait que je ne mangeais pas assez. Mon physique était déplorable si bien que Seamus était plus balèze que moi maintenant. Quelle déchéance.

-Tu guériras Draco, ce n'est qu'une blessure, me dit-il en coupant la pomme en petit morceau pour me faciliter la tâche.

Nous restâmes silencieux le reste du temps jusqu'à ce que Blaise nous rejoigne. Il puait franchement (et ma nouvelle sensibilité aux odeurs ne m'aidait pas vraiment), il nous dit qu'une des vaches du voisin était pleine et qu'un de ses veaux avaient des tics. En tant normal, je lui aurais fait une potion contre ça mais j'en étais tout bonnement incapable alors je lui conseillais de faire appel à un vétérinaire ou de simplement passer au chemin de traverse. Il nous appris également que le champ de lavande serait bon pour le printemps et qu'il laissait les terres en jachère pour le tournesol. Il avait trouvé dans la boite au lettre un flacon d'huile, c'était l'huile de nos tournesols. L'usine du village nous avait laissé une carte disant que nous bénéficierons toujours d'échantillon gratuit de l'huile faite à base de nos tournesols. Nous reçûmes également un joli bouquet de la fleuriste, une amie de la vendeuse de tissus avec qui ma mère c'était liée d'amitié et dont le fils était ébéniste et venait souvent profiter du bois que nous avions à offrir en échange d'un peu d'aide. Elle nous remerciait pour le bois généreusement offert par Blaise.

J'aimais beaucoup ce village, cette vie simple où les gens étaient agréables et ne me jugeaient pas. Je m'y habituais petit à petit et le monde magique me semblait de moins en moins attrayant. C'était étrange de voir dans la simplicité une forme de liberté.

-Tiens, me dit Blaise en me confiant le bouquet de rose et le flacon d'huile, je vais me doucher.

Je les pris et les contemplais longuement. Blaise m'avait offert un bouquet, je sais que ça ne venait pas de lui mais c'était tout de même étrange comme sensation. Seamus partit à la recherche d'un vase pendant que Blaise allait se doucher et je restais seul avec mon bouquet de roses entre les mains.

-Abandonne Draco, me dit soudainement mon père.

-Pardon ? Demandais-je en sursautant.

-L'éducation que je t'ai donné ne te convient pas, tu n'es pas heureux avec ça. Lâche prise, ta mère et moi ne t'en voudrons pas de vivre ta vie comme tu l'entends.

-Père…

-Je suis mort Draco, il n'est plus question d'héritier de la prestigieuse lignée Malfoy, elle c'est éteinte quand nous avons perdu la guerre. Tu ne me dois rien, tu ne dois rien à personne.

Pourquoi faisaient-ils tous en sorte de me perturber aujourd'hui ?

Je n'en trouvais pas le sommeil, ni cette nuit ni celle d'après. Je n'étais pas triste, ni dépressif ou je ne sais quoi, j'étais juste perturbé. Je ne savais plus trop quoi faire ni quoi penser et c'était extrêmement désagréable. J'avais l'impression de devenir lunatique. Un coup, je voulais faire quelque chose, la seconde d'après non, puis j'avais envi soudainement d'autre chose. Mon esprit me faisait l'effet d'un shaker secouant et embrouillant mes idées. Et l'approche de la pleine lune ne m'aidait pas. J'avais vraiment du mal à me concentrer, beaucoup de mal. Seamus avait abandonné ses occupations momentanément pour me consacrer tout son temps. Blaise avait l'habitude et un sang-froid de chef, il ne laissait percevoir les signes de la pleine lune que le jour même alors que moi, trois jours avant, j'étais incapable de me brosser les dents sans déraper sur ma joue tellement je me sentais faible et agité à la fois. Etrange et désagréable non ?

Donc Seamus s'occupait de passer derrière moi inlassablement quand je laissais tomber une assiette, quand je trébuchais quand j'avais l'esprit ailleurs. J'étais un assisté. Et dieu que je détestais ça. Et étant comme je suis, voyant que je devenais une catastrophe ambulante, j'avais décidé de ne plus rien faire, donc je restais assis sans bouger, enfin autant que mon agitation me le permettait.

L'après-midi qui précédait le soir de la pleine lune était pénible. Ma peau était sensible et elle me déménageait en même temps qu'elle me faisait mal. Ce n'était pas une douleur insupportable, c'était celle désagréable, celle qu'on a de temps en temps sans aucune raison et qui fait mal une petite fraction de seconde, sauf que là c'était constant. Je frottais mes mains sans cesse, craignant de voir mes ongles remplacés par des griffes à tout instant et là, même les petites attentions de Seamus ne pouvaient rien y faire.

-Arrête Draco, me répéta Seamus pour la quinzième fois.

-Hum.

J'entendis des bruits de pas dehors, mon ouïe s'acérait aussi à l'approche de la pleine lune et c'était extrêmement désagréable. La porte s'ouvrit après et Blaise entra. Je le reconnus à son odeur si particulière, c'était une odeur forte, musquée, masculine, boisée. Elle me prenait le nez et je la trouvais dans toute la maison, même sur Seamus ou moi après la douche, c'était étrange.

-Montons, dit-il en se dévêtant dans l'escalier.

Seamus m'aida à monter et nous gagnâmes notre petit nid. Je m'allongeais dans les draps entassés dans le coin de la chambre, m'entourant de coussin et Seamus s'allongea sur le ventre à côté de moi pour pouvoir jouer dans mes mèches blondes.

-L'accouchement est prévu pour décembre. Il faudra qu'on aille voir Luna à l'hôpital, dit-il en enroulant mes cheveux autour de ses doigts. Il faut qu'on achète un cadeau pour le bébé.

-On ira, lui confirmais-je, que veux-tu lui acheter ?

-Je ne sais pas trop, des petits vêtements moldus, c'est trop mignon non ?

-Une grenouillère, lui expliquais-je avec un petit sourire en voyant ce à quoi il faisait allusion. Nous irons voir en ville, peut en faire sur mesure.

-Tu connais les petits vêtements moldus ? Me demanda-t-il avec surprise. D'où connais-tu ça ?

-Et bien, répondis-je évasivement, je pensais que ce serait utile si jamais on avait eut un bébé.

Il parut heureux de ma réponse et s'enthousiasma à l'idée d'acheter une grenouillère. Il me fit rire en s'imaginant la tête qu'aurait pu avoir notre bébé s'il venait de nous vraiment. Il me dit que ce serait un petit métis roux aux yeux gris qui s'appellerait Liam Scorpius Nathan Malfoy-Zabini-Finnigan.

-C'est un petit prénom à rallonge ça, me moquais-je. Et qui te dis que ce sera un garçon ?

-Ce sera un garçon, répondit-il avec un air sûr, tu veux un héritier et Blaise aussi il doit en avoir un, alors il faut que ce soit un garçon.

-Alors se sera un garçon, souris-je.

Nous continuâmes à parler un peu jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur Blaise. Il sortait apparemment de la douche vu sa nudité apparente et la serviette enroulée autour de ses cheveux. Il se laissa tomber à côté de nous et se tourna vers nous.

-Un petit garçon ? Demanda-t-il alors.

Et ça suffit à relancer Seamus sur le sujet. Il parla de tout ce qu'on venait de parler et Blaise l'écouta avec un petit air amusé et tendre sur le visage. Il le prit ensuite dans les bras, se leva et le souleva en le faisant tournoyer dans la chambre. Seamus riait au éclat et Blaise souriait joyeusement. Je les regardais simplement, allongé sur le dos.

-Vient, me dit soudainement Blaise en s'arrêtant.

-Quoi ?

-Vient.

Il ne me laissa pas hésiter plus longtemps qu'il me tira par le bras pour me soulever de la même façon que Seamus. Un dans chaque bras, sans trop de peine, il nous fit tournoyer. Je m'accrochais à Seamus qui rigolait alors que je voyais la pièce danser devant mes yeux. Quand je basculais en avant et que mes cheveux tombaient devant mes yeux, je ne pus m'empêcher de rigoler face à l'absurdité de la situation quand je vis notre reflet dans le miroir.

-Vous êtes lourd, finit-il quand même par dire avant de nous déposer sur le sol.

-Tu te surestime, le contredis-je en massant mon ventre endolori.

-Il faut bien quand on voit avec qui je suis obligé de vivre.

-Personne ne te force, répliquais-je avec amusement.

Il se mit à ronchonner avec le sourire et ça me fit rigoler. Notre première conversation normale depuis 2 mois. C'était si étrange qu'au moment même où l'idée me traversa, je cessai tout de suite de rigoler. Blaise et Seamus perçurent le changement d'attitude et nous nous retrouvâmes rapidement tous les trois allongés sur notre petit tas de couvertures.

-Veux-tu rester avec nous ce soir ? Proposa Blaise en regardant Seamus.

-Tu es fou ?! Hurlais-je presque en me redressant.

-Oui, répondit tout de même Seamus en appuyant sur mes épaules pour me rallonger.

-Je refuse, répliquais-je, tu n'as pas à assister à ça, tu n'as pas à te mettre en danger inutilement.

-Je resterais Draco, répondit-il avec un air déterminé qui me fit frémir, et demain matin, je serais exactement dans le même état dans lequel vous m'aurez laissé.

-Pourquoi tu fais ça ?! Explosais-je.

-Tu n'es pas dangereux Draco ! Hurla-t-il presque. Et je le ferais si ça te permet de te rendre compte que tu es le même !

-Comment peux-tu le savoir ?!

-Je l'ignore, répondit-il alors sincèrement, mais j'ai confiance.

-Ah oui ? Et bien les seules personnes qui m'accordaient leur confiance ont été bien déçues ! répliquais-je vertement en leur tournant le dos.

Ma réponse eut au moins le mérite de jeter un froid sur notre petit groupe et Blaise se redressa pour s'éloigner de moi d'un bon mètre. Je ne tolérais pas sa proximité dès que le ton montait à propos de ma récente mutation et il n'insistait pas. Seul Seamus le faisait et parfois, ça m'irritait. En tant qu'homme à part entière, il n'avait pas le droit de me faire les reproches qu'il me faisait. Mais c'était ce que m'avait dit le psycomage quelques jours plus tôt finalement.

-As-tu déjà trahis une de ces personnes volontairement ?

-Non … enfin pas celles que j'estimais.

-Alors cesse de te blâmer. Ce n'est pas de ta faute Draco et honnêtement, s'il y a quelqu'un à condamner pour ce qui t'es arrivé dans la vie, et bien c'est ta famille justement Draco.

-Je ne te per-

-JE ME PERMETS !

Je restais saisi tout comme Blaise. Nous regardâmes Seamus sans comprendre. Il était le plus tempéré des trois, il était souvent le médiateur entre Blaise et moi et jamais nous ne l'avions entendu hausser le ton. Et je dois avouer que c'était quelque chose d'extrêmement désagréable surtout qu'il avait un petit quelque chose d'intimidant car ce n'était pas du tout le genre de personne à hurler.

-Je sais qu'on pourrait refaire le monde avec des si et que ce n'est sûrement pas ressasser le passer qui va nous aider. Mais songe tout de même Draco, que même en ayant les convictions qu'ils avaient, ta famille ne t'a jamais laissé le choix.

-Mais bi-

-NE ME CONTREDIT PAS !

Je me tus encore une fois en pinçant les lèvres. Je n'aimais pas du tout ce ton et je comptais le lui faire savoir mais Blaise me retint en posant ma main sur mon épaule. Il se pencha à mon oreille et me dit que Seamus était à bout nerveusement et que je devais le laisser décharger son trop plein d'émotion, qu'il viendra s'excuser de lui même plus tard. Je remarquais pour la première fois les cernes sous les yeux de l'irlandais, son teint blafard, son air fatigué et les petits tremblements légers de ses mains. Je ne devais pas être facile à vivre dans cet état et il en payait le prix. Quel amant lamentable je fais.

-Est-ce que tu as choisis de devenir Mangemort à 16 ans ?

-Je le serrais devenu tôt ou tard de toute façon, répondis-je évasivement (je n'aimais pas aborder ce sujet avec lui sachant que nous étions ennemis à cette époque).

-Donc non, tu ne l'as pas choisis. Est-ce que tu as choisis les missions que tu as du effectuer ?

-Non personne ne les choisis.

-Est-ce que tu as choisis ta fiancée ?

J'entendis Blaise grogner dans mon dos mais je n'y prêtai pas attention. Le sujet l'énervait toujours autant alors qu'à cause de lui, je n'avais pas pu prendre contact avec Astoria.

-Nous étions bébé quand on nous a promis l'un à l'autre, répondis-je excédé.

-Bon sang, est-ce que tu as même choisi d'être ami avec Crabbe et Goyle ?!

-C'étaient les enfants des « amis » de mes parents. Forcément il fallait que je les approche pour garder des relations cordiales pour le bon déroulement des plans de mon père.

-Mais tu t'entends Draco ?! S'époumona Seamus en me saisissant par les épaules pour me secouer comme un prunier. Est-ce que tu as fait un putain de choix une seule fois dans ta vie ?!

-Oui, répondis-je dans un souffle une fois qu'il eut arrêté.

Je cherchais dans ma tête quoi lui dire. J'avais pris ma vie en main une fois arrivé en prison. J'avais choisis Jean pour survivre et ainsi revoir ma mère, voilà un choix que j'avais fait car j'aurais pu choisir de mourir de la main des détenus. Cependant, c'était de l'instinct de survis alors est-ce que ça comptait ? Et puis j'avais le devoir de revenir pour ma mère alors est-ce que ça comptait ? Est-ce que c'était réellement mon choix ou celui d'une éducation trop bien intégrée ? Non, je ne pense pas. Je voulais vivre et ça, je ne pense pas que ça puisse être dicté par une quelconque forme d'éducation.

En outre, je n'avais pas choisis de me lier à lui et à Blaise. Je n'ai pas choisi la relation qui en a découlé, ni les conséquences. Je n'ai pas choisis d'être lié au loup-garou qu'est devenu Blaise à la suite de la mort de Jean, je n'ai pas choisi de continuer ma relation avec Blaise après la prison. Je n'ai pas choisi de ne pas voir ma fiancée attitrée, je n'ai pas choisi d'être avec Seamus aujourd'hui. Je n'ai pas choisi de perdre mon droit d'utiliser la magie, je n'ai pas choisi de revoir Théodore, je n'ai pas choisi de fréquenter Potter & co, je n'ai pas choisi d'être griffé par un loup-garou.

-Te suicider pour ta transformation n'est même pas ton choix Draco, me souffla-t-il en libérant soudainement mes épaules, c'est le résultat de ton éducation et tous ce qu'on t'a imposé dans ta vie. Alors réponds moi, quel choix as-tu fait de ton propre chef ?

-J'avais choisi de me suicider avec mes parents avant notre jugement, avouais-je alors. Mais … mais je n'ai pas pu à cause des prisons du ministère. Et j'avais choisi Jean.

Sans que je ne comprenne réellement pourquoi. Seamus fondit en larme et se jeta dans mes bras. Presque immédiatement, Blaise vint se coller dans mon dos en faisant des petits cercles sur le dos de Seamus avec sa main alors que de l'autre, il nous tenait contre lui.

-Pourquoi tu pleures ? Demandais-je alors confus.

-Je pleure pour toi, renifla-t-il dans mon cou, parce que tu es un abruti et … et … et … les deux seuls choix que tu as fait dans ta vie c'est celui de vivre ou de mourir.

J'eus presque un sursaut de surprise en comprenant le sens de ses paroles. Je les retournais encore et encore dans ma tête et je me rendis cruellement compte de la justesse de sa conclusion. Sans que je ne puisse les retenir, je sentis les larmes perler au bord de mes yeux et quelque chose se brisa en moi.

-Maintenant, souffla Blaise contre mon oreille en caressant les cheveux de Seamus qui tenait mon vêtement d'une main et sûrement celui du métis derrière, tu as le choix.