Bonjour à tous,
Je poste un peu plus tôt que prévu cette semaine car j'aurai un week-end chargé et je ne veux pas prendre le risque de vous oublier (encore). Donc voici le premier chapitre avec Teddy :) mais on le reverra souvent. Théodore sera également de la partie dorénavant (pour le plus grand plaisir de ma meilleure amie).
olga2000: Encore un chapitre doux mais qui m'a fait bien rigoler en écrivant. Draco est plein de sarcasme et il a un humour pince sans rire qui me plait beaucoup et malheureusement pour Harry et Ginny, ils en sont souvent la cible. Mais ce serait moins drôle sinon non?
Bonne lecture,
Letki
Que faire ?
C'était la question que je me posais alors que Ted Lupin se débattait dans mes bras et que Blaise grondait contre ma jambe. Je dus le lever au dessus de ma tête pour que Blaise ne puisse pas l'atteindre. Mais le loup n'était pas de cet avis, il me renversa sans trop de mal et mon souffle se coupa quand mon dos heurta le parquet. L'enfant m'échappa et roula sur le sol. Je l'entendis heurter le mur, faisant les cadres se secouer. Je n'eus pas le temps de me retourner que Blaise me marcha dessus pour bondir sur l'enfant. Je poussais un cri de détresse et m'écrasais sur le sol, les griffes avaient percé ma peau et la douleur était telle que je ne pouvais pas me redresser. Donc je rampais, pour un marmot que je ne connaissais même pas. J'essayais d'attraper les pattes de Blaise mais le loup s'échappa. Il prit le petit dans sa gueule et le secoua dans tous les sens alors que le gamin pleurait et hurlait.
-NON ! Hurlais-je en m'agenouillant tant bien que mal. Blaise lâche le !
Le loup se mit à gronder furieusement et je me jetais sur lui. Je le ceinturais avec mes bras et fourrais mes mains dans sa gueule pour la maintenir ouverte. Merci Merlin, j'avais la force du loup maintenant et même si Blaise restait plus fort que moi, il avait maintenant du fil à retordre quand je mettais un peu de volonté à la tâche. L'enfant tomba mollement sur le sol et j'eus une première absence, signe que le loup était plus près de prendre le contrôle que je ne le pensais. Quand je repris mes esprits moins d'une petite minute plus tard, le garçonnet pleurait et hurlait en se tordant de douleur sur le sol. Moi même je n'en menais pas large. Par contre, Blaise ne l'attaquait plus. Il avait du sentir le loup en lui et le reconnaissait comme l'un de ses semblables. Je m'allongeais sur le sol et ramenais le petit garçon contre moi. Je constatais avec soulagement qu'il ne semblait pas blessé outre mesure (quelques vilaines égratignures mais rien qu'une potion ne saurait soigner) et je le serrais contre moi autant que mes bras douloureux me le permettaient. Il referma ses petites mains sur mes mèches de cheveux blonds et trembla contre moi. J'eus une nouvelle absence, la dernière de la nuit.
Quand je repris de nouveau mes esprits, j'étais allongé dans notre nid dans la forêt. Je grelotais de froid, il avait neigé cette nuit et le tapis de feuille morte que je m'étais constitué était glacé. Je me levais en gémissant de douleur sous les courbatures que j'avais encore suite à une transformation. Blaise était debout devant moi, recouvert de plusieurs couches de vêtements d'hivers que nous avions stocké dans cette grotte et il tenait contre lui le petit garçon de la veille. Il me balança des vêtements et je me jetais dessus comme un désespéré. Mais le froid était déjà profondément encré dans mon corps et même l'épais manteau que je mis n'y fit rien sinon blesser un peu plus mon épiderme sensible.
-Que c'est-il passé ? Demandais-je.
-Son gène est plus pur que le tien dans la mesure où il est né loup, il c'est transformé avant toi et il nous a suivit. Il était là quand j'ai repris mes esprits, il commençait à peine à redevenir humain. Ça a été très éprouvant, commenta-t-il en frottant le dos du petit. Je l'ai accompagné.
-Il va bien ? Demandais-je en me penchant sur son épaule pour voir son visage.
Il n'avait plus rien de la furie que j'ai vu la veille. J'avais maintenant devant moi un petit roux avec un nez pointu qui dormait paisiblement contre Blaise emmitouflé dans le manteau de Seamus.
-Il c'est endormi juste après sa transformation, précisa-t-il. Ne tardons pas.
J'acquiesçais et nous primes lentement le chemin de la maison (mes jambes ne coopéraient pas trop bien à cet instant). Lorsque j'arrivais, j'ordonnais à Kreattur de nous faire couler un bon bain et j'allais fouiller dans mon armoire pour trouver de quoi habiller le petit. L'elfe de maison alla ensuite faire un bon petit déjeuner consistant. Blaise retira le manteau du petit et le glissa dans la baignoire en soutenant sa tête, il était frigorifié. Il se mit à pleurer immédiatement et cela me fendit le cœur. Je le laissais donner un bain au garçonnet et j'allais passer un coup de cheminette à Potter. Il ne tarda pas à arriver avec sa belette femelle.
-Il va bien ? S'inquiéta Potter.
-Il est un hybride ? Demanda la belette avec crainte.
-Qu'est-ce que tu crois Ginny ? S'énerva Potter, c'est le fils de Remus, c'était couru d'avance. C'est déjà un miracle que le gène ne se soit vraiment activé aussi tard. Il va bien ?
-Blaise lui donne son bain, répondis-je passablement irrité. C'est la dernière fois que tu nous fais un coup comme ça Potter, je ne me mettrais plus entre Blaise et sa proie pour toi ! Mais à quoi tu as pensé?! Blaise aurait pu le tuer si je n'avais pas été là pour le retenir! Dis-je furieusement en enfonçant un doigt dans son torse. Et toi, tu n'es pas la bienvenue ici, dis-je en sifflant tout mon venin à la pétasse rousse qui lui servait de femme.
Elle rougit de colère et Potter s'empressa de calmer le jeu en nous rappelant que nous étions là avant tout pour Teddy. Cette fille ne c'était même pas occupé de la santé du gamin, elle n'avait fait que demander si c'était un hybride. Je ne sais pas ce qui me retenait de la mettre dehors … oui c'est vrai, je n'avais pas ma baguette et elle oui. Mais je pouvais toujours lui enfoncer un couteau de cuisine dans le bide non ? Personne ne m'en tiendra rigueur. Et je connaissais un bon petit coin dans les bois où on pourrait l'enterrer en plus … à considérer sérieusement.
-Que c'est-il passé ? Demanda-t-il en montant à l'étage sans attendre.
-Je ne sais pas Potter, dis-je en roulant des yeux, quand le loup prend le contrôle nous ignorons tout. Mais d'après Blaise il nous a suivit toute la nuit et sa transformation est plus rapide que la mienne car il est né loup. Il doit surement accepter naturellement le loup-garou.
-Il a souffert …
-C'est inévitable Potter, dis-je en ouvrant la porte de la salle de bain.
Teddy Lupin, car c'était bel et bien le fils de Remus Lupin (je l'avais deviné) était sagement assis dans son bain, absorbé par le regard doré de Blaise. Il me calmait comme ça parfois, avec son autorité d'alpha, apparemment ça marchait bien avec le gamin aussi. J'allais prendre une serviette dans le placard et je vidais la baignoire pendant que Blaise le sortait du bain. Je l'enroulais dans un drap et j'augmentais le chauffage de la salle de bain.
-Parrain ? Demanda le petit garçon d'une voix fluette en reconnaissant Potter.
Hum ceci expliquait cela. Potter était sans doute son tuteur légal. Ça ne m'étonnerait pas. Potter le récupéra dans la minute et lui fis un câlin qui se voulait réconfortant. Ginny les toisa sévèrement du regard. Je vis alors avec stupeur les cheveux du petit garçon passer du roux flamboyant des Weasley au brun corbeau et ébouriffé de Potter.
-Qu'est-ce que- ?!
-Sa mère était une métamorphage, m'expliqua Potter alors qu'il asseyait Ted sur une armoire pour l'habiller avec des vêtements qu'il avait ramené. Jusqu'ici, expliqua-t-il, il était si jeune que la potion Tue-Loup que je lui donnais était assez efficace pour étouffer le gène, mais ça n'a pas eut l'effet habituel hier soir. Il a commencé à devenir agressif, il a démoli notre argenterie et hurlait de douleur. Je ne savais pas quoi faire pour le soulager et je me suis dit qu'il serait mieux en présence d'autres loups.
-Tu as bien fait, le conforta Blaise dans son idée, les loups répondent à l'appel de leur semblable et c'est encore plus le cas pour les louveteaux, dit-il en pinçant la joue du gamin avec ce qui me semblait être de l'affection.
Et il me semblait que c'était réciproque. Teddy Lupin était en admiration devant Blaise Zabini. Lupin devait se retourner dans sa tombe, hum quoi que, il était trop gentil pour ça. Son fils ressentait très bien l'aura de Blaise, comment ne pas le sentir d'ailleurs ? Elle m'écrasait à chaque seconde et me donnait envi de courber l'échine face à lui, dieu merci, ma fierté restait plus forte que mes instincts. D'ailleurs, je n'avais pas couché avec eux depuis si longtemps … depuis ma morsure en fait. Wow, je me rendais maintenant compte du temps que ça faisait. Mais je ne ressentais plus aucun désir … je m'en rendis compte maintenant avec inquiétude.
-Je pourrais vous le confier les soirs de pleine lune ? Demanda alors Potter.
-Tu es fous Harry ! S'exclama alors la belette alors qu'elle tenait la serviette de Teddy. C'est Malfoy et Zabini !
-Ce sont deux loups-garoux expérimentés Ginny, répondit-il avec une infinie patiente, nous ne pourrons pas gérer Teddy, il a failli te mordre hier. Et tu connais d'autres Loup-garou? Qui savent se contrôler qui plus est?
-Il doit voir des spécialistes.
-Il n'est pas malade, répondit Potter avec une pointe de dégout, c'est la malédiction du loup-garou, on ne peut rien y faire Ginny, il n'y a aucun remède, on peut juste alléger sa douleur.
-Oui je sais Harry, dit-elle avec un soupire, c'est juste … c'est Malfoy et Zabini, tu leur donne trop de crédit, ce sont des mangemorts.
-Ne t'en fait pas Ginny, je m'inquiéterais plus de ton sort que de celui de Teddy si tu veux mon avis.
-Perspicace Potter, il faut croire que tu t'arranges en vieillissant, dis-je en rigolant. Ce n'est pas que je n'ai pas envi de vous voir, mais vous avez détruit notre réveillon et vous voir me donne la nausée. Alors dehors, dis-je en les conduisant (en les poussant plutôt vers la cheminée).
Potter avait l'habitude de se voir jeter dehors donc il ne fit pas trop de commentaires. Par contre, Ginny m'insulta et je dois dire qu'elle avait un sacré vocabulaire. Blaise m'aida à les raccompagner dehors quand les flammes de la cheminée devinrent vertes. Nous nous figeâmes tous alors que Theodore Nott sortait de la cheminée avec la classe et l'élégance d'un Serpentard chevronnée, c'est à dire dans une envolée de tissu noir de sa cape. Il se figea brièvement en voyant le couple avant de les contourner et se planter face à moi dans un mépris parfait de leur présence. Je vis Potter se figer en le suivant des yeux et je fus fier de l'effet de Théo, Potter n'hésitera plus à le contacter comme ça.
-Il faut qu'on parle, dit-il d'une voix excessivement trainante.
Théodore Nott était ce qu'on pouvait appeler un solitaire, un agoraphobe, ou plutôt un coincé. Il détestait la foule et à Poudlard, il me suivait comme un poussin suit la poule. J'avais ce qu'on pouvait appeler de l'affection pour lui. J'avais perdu contact avec lui quand la guerre avait commencé. J'avais été sincèrement heureux de le revoir quand ils avaient fêtés mon « rétablissement » (et je me demandais toujours comment il avait pu convaincre Potter de lui livrer mon adresse et de ne pas le trainer à Azkaban) et je ne lui souhaitais que du bien. C'est pourquoi je voulais qu'il fréquente Potter. Potter m'avait sauvé, moi, ma mère, Blaise et bien d'autres. Même si ça m'écorche la bouche de le reconnaître, Potter est un type bien et Théo est dans la merde. Les aurors étaient toujours à ses trousses et j'imagine que la belette ne se privera pas de balancer ce qu'elle sait aux autorités.
-Mais parlons Théo, dis-je d'une voix égale.
-Une réunion de mangemorts, cracha Ginny, on ne peut pas les laisser se réunir comme ça, dit-elle à son compagnon, Nott n'a même pas été jugé, on doit prévenir les aurors.
Je vis les traits de Théo se crisper et avec une vitesse que je ne lui connaissais pas, il pointa sa baguette sur la rousse et prononça un sort. Celle-ci cligna des yeux deux fois avant de s'affaisser sur le sol et de s'endormir. Elle était tombée plutôt brutalement, aucun de nous n'avait réagit, Potter par stupeur, et Blaise et moi par envie. Il coupla son sort d'un puissant oubliette avant de lancer un regard noir à Potter, semblant réfléchir quel sort il lui réservait quand ses yeux s'arrêtèrent sur le petit corps de Teddy Lupin, apparemment épuisé et terrorisé. Cela sembla le convaincre de ne pas maudire Potter et de les enterrer dans le jardin. Il se détourna alors de lui avec tout le mépris qu'il lui inspirait et se concentra de nouveau sur nous. Je pris alors la parole.
-C'est bon de te revoir, une tasse de thé ?
Mon elfe de maison de se matérialisa et poussa le corps endormi de la jeune femme dans la cheminée avant de prier (pousser) Potter de l'y rejoindre. J'entendis les flammes crépiter et je sus qu'ils avaient disparu.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda alors mon ami de sa voix trainante en me fixant de ses yeux bleu glaciaux (on se ressemblait un peu je trouve).
-Quoi donc ?
Il fouilla dans sa poche pour en sortir une lettre froissée. Je la dépliais et Blaise se pencha par dessus mon épaule pour la lire. Potter lui avait écrit. Je ne pus m'empêcher de sourire et, sans même lire la lettre je me redressais vers Théodore. Blaise continua à lire et je l'entendis rigoler avant de dire que Potter savait « formuler » une demande.
-Réponds lui.
-Hors de question.
-Réponds lui Théo, claquais-je sèchement. C'est ta chance.
-Il veut clairement me draguer, dit-il d'un air dégouté, voir plus.
-Beaucoup plus si tu veux mon avis, dit Blaise à qui j'écrasais le pied pour qu'il ne l'effraie pas encore plus.
-Et alors ? Tu n'es pas obligé de lui céder, entretient son envi et met le dans ta poche. Rend le fou amoureux, dépendant, mourant d'amour pour toi, fait le tromper sa femme dans ses rêves, fait le se languir de toi, remuer ciel et terre pour te contenter et là, dis-je après ma tirade, tu gagneras la meilleure protection qui soit. Le grand héros que personne n'ose contredire. Mieux, le ministre de la magie d'ici peu, tu seras en sécurité, à l'abri d'Azkaban et de tous les dangers.
-C'est donc ça que tu avais en tête, dit-il en se radoucissant.
J'avais toujours pris soin de Théo en quelque sorte. Il ne refusait jamais rien venant de moi. Il se détendit et passa sa main dans ses cheveux bruns. Je voyais la tension lentement disparaître.
-Tu es diabolique, ricana Blaise en me plaquant un baiser sur la bouche. J'aime ça.
-Je sais, dis-je avant de demander du papier et une plume à Kreattur. Réponds lui Théo.
-Je lui répondrais, dit-il en acceptant la plume que je lui tendais, merci.
-Je t'en prie.
-Laisse moi t'aider, proposa Blaise, je sais comment chauffer quelqu'un à l'écrit.
Théodore haussa un sourcil septique alors que Blaise prenait place à côté de lui.
-Ma mère m'a fait entretenir une relation épistolaire avec un de ses ex, dit-il pour toute réponse.
-Ah, ceci explique cela.
Oui, Théo comme moi même savions comment avait élevé son fils. Bien entendu, sa réputation de « veuve noir » n'avait échappé à personne dans le monde sorcier et je me demandais toujours comment un homme pouvait avoir le courage de s'approcher de cette vipère. Mais il semblerait qu'il reste quelques téméraires dans le monde (quelques abrutis quand même). Quoi que, l'époux actuel de , le ministre, était bien plus fin que je le pensais. Il était gay et voulait préserver son image, elle voulait son image, son argent et tuer son mari ou du moins l'avoir dans sa poche. Mais comment le faire quand le dit mari vous détestait et se méfiait de vous comme la peste ? C'est pourquoi elle avait voulu que Blaise le rencontre et le charme. Elle voulait un moyen de pression pour le faire chanter. Malheureusement pour elle, Blaise avait refusé. Enfin, la conclusion est que cette femme, d'aussi loin que je me souvienne, c'est toujours servi de son fils quand elle ne pouvait elle même répondre aux « attentes » de ses fréquentations. C'est pourquoi Blaise avait une solide expérience sexuelle dès son arrivée à Poudlard. Il s'en ventait beaucoup à l'époque et cela avait eut le mérite de lui attirer plus de conquête que je ne pouvais en compter. Je trouvais ça dégoutant. Blaise était quelqu'un de « facile » pour moi à l'époque, mais je dois dire que mon avis avait changé. Comment n'aurait-il pas pu avec Azkaban ? Dieu merci, « l'expérience » qu'il avait acquise à cause ou grâce à sa mère lui avait permis de s'attirer les faveurs de Jean, sans quoi lui et moi serions mort à l'heure qu'il est. Il faudra un jour que je pense à remercier cette garce.
-Non il va se douter de quelque chose, dis-je.
-Alors je dis quoi ? Demanda Théodore en levant la plume.
-Rembarre le.
-Pardon ? Demanda-t-il.
-Potter n'est pas fait pour la facilité, ça se saurait sinon. C'est surement ça qui l'ennuie chez sa femme. Rembarre le, il reviendra à la charge, et continue à le repousser.
-Tu veux que je joue les vierges effarouchées ? Demanda-t-il alors.
-Hum soit sincère, dit lui tout ce que tu pensais en arrivant, que c'est un fou et qu'il a intérêt à ne plus écrire. Ne répond pas tout de suite, laisse le mijoter, même te renvoyer des lettres, rend le fou.
-C'est tout ? Juste … être moi même ?
-Oui Théo, juste toi. Ah, tu passeras plus souvent à la maison, il faut qu'il te croise brièvement. Comme aujourd'hui c'était parfait. Tu l'as à peine regarder alors que lui te suivait du regard tout du long.
-Très bien, dit-il alors.
Il prit le temps de réfléchir un instant avant de se mettre à rédiger une réponse. Je le laissais faire et tirait Blaise dans mon bureau. Hier, avec tout ce qui c'était passé je n'avais même pas eut le temps de lui offrir son cadeau.
-Tien, dis-je en lui tendant le paquet.
Il le prit sans rien dire et déchira l'emballage avant de lâcher le cadeau comme si celui-ci l'avait brulé. Le verre explosa à nos pieds et je jurais avant d'appeler Kreattur. Je me baissais pour ramasser le cadre mais la grande main de Blaise recouvrit la mienne pour m'empêcher de toucher les morceaux de verre. Il tira la photo du cadre brisé et tint le papier devant lui.
-Merci, dit-il alors la voix pleine d'émotion.
-Je t'en pris.
Il ne m'étreignit ni ne m'embrassa. Il alla s'enfermer dans notre chambre et je le laissais faire. Je savais ce que ce cadeau représentait pour lui. Quand je revins dans la cuisine, Théo était partit et la lettre envolée. N'ayant rien à faire, j'allais prendre mon bain puis me remis au travail. Je touchais au but, je le sentais.
-Comment as-tu trouvé ça ? Demanda Blaise me faisant sursauter.
Il rattrapa la fiole que j'avais lâché sous la surprise et siffla quand le contenue se répandit sur sa main. La potion était brulante. Mais il ne semblait pas s'en préoccuper outre mesure. Il me parlait de son cadeau. J'avais trouvé un portrait de Jean, le seul au monde surement. Il n'était même pas animé comme celui de mon père, c'était juste une photo jaunie de lui posant devant une vieille bicoque avec un homme lui ressemblant beaucoup. J'en avais déduit que c'était son frère vu la jeunesse du personnage. Sur la photo, Jean devait avoir à peine 30 ans, une barbe naissante, des cheveux roux en bataille, des yeux bleus encore pétillant … oui je savais que j'avais bien fait de choisir ce cadeau à Blaise. Il l'avait tellement aimé et il devait surement l'aimer encore. Et je pense qu'il n'aimera plus jamais aussi fort. Pour moi, Jean et lui étaient des âmes soeurs. Et quoi qu'on en dise, une partie de Blaise était morte avec Jean à Azkaban.
-J'ai demandé à Kreattur de travailler avec Longdubas pour cette affaire. Ils sont allés au département des créatures magiques et ont eut l'autorisation de fouiller dans les archives vu qu'il est décédé. Et de là, j'ai pu retrouver son nom et ses affaires. C'était la seule photo.
Je pris sa main et je l'essuyais avec un chiffon rapidement. Il me laissa faire avant de retirer sa main.
-Attend ça va te bruler, dis-je précipitamment.
-De quoi tu parles ? Demanda-t-il en me montrant sa main intacte.
-C'est … de l'herbe à fer dilué, dis-je alors en écarquillant les yeux.
C'était de l'argent synthétique. J'avais testé une nouvelle formule la veille et je la laissais reposer, la refaisant bouillir ce matin. C'était ça qui c'était renversé sur la main de Blaise et il me disait ne rien sentir. Je m'empressais de lui faire une prise de sang et versais une goutte de la solution dessus. Je pus observer alors que l'agitation moléculaire se calma et adoptait un comportement plus humain. Fasciné je pus constater que le phénomène d'empoisonnement était assez lent, j'avais réussi à le ralentir … J'incorporais cet ingrédient à ma potion tue loup et je l'injectais dans un flacon de mon propre sang que j'observais longuement. Jusqu'à présent, soit le sang se mettait à pourrir, soit à bouillir soit à se désagréger durant la seconde qui suivait. Là, le sang commençait à pourrir mais le phénomène était si lent que le sang avait apparemment le temps de se renouveler. Pourquoi n'y avais-je pas pensé ? Une simple réaction d'oxydo réduction, voilà ce que j'avais incorporé à la dilution, une simple transformation chimique déséquilibré qui balançait entre l'argent pure nocif pour le loup et le cuivre qui lui était totalement indifférent. N'ayant pas d'équilibre chimique, ces deux constituants balançaient de l'un à l'autre en permanence ce qui permettait au sang du loup d'avoir le temps de se reconstituer. Et le catalyseur que j'avais ajouté hier permettait d'avoir un balancement rapide pour ne pas laisser le temps à l'empoisonnement de se répandre. J'avais trouvé !
-J'ai trouvé, soufflais-je abasourdi. J'ai trouvé.
-Quoi ? S'enquit Blaise.
Je me tournais alors vers lui et sautais dans ses bras en hurlant ma joie. J'avais trouvé la formule de la potion Tue-Loup améliorée, j'avais trouvé comment vaincre le loup ! Il partagea mon engouement et me fis tourner un moment dans ses bras avant de me plaquer un baiser sonore sur les lèvres. J'avais réussi ! Un an de recherche pour finalement trouver. Non, non il ne fallait pas trop m'avancer. Je me précipitais dans le salon et passais un coup de cheminette sous le regard indulgent du portrait de mon père qui demandait à Blaise pourquoi une telle agitation.
-Neville ! Hurlais-je presque en plongeant ma tête dans les flammes, j'ai réussi !
-Quoi donc ? Demanda-t-il alors qu'il était clair que je l'avais pris au saut du lit (et vu les pleurs que j'entendais derrière lui, Elianore m'avait devancé de peu).
-La potion Tue-Loup.
Ça eut le mérite de le réveiller car dans les minutes qui suivirent, la famille Longdubas se trouvait dans mon salon. Le botaniste était aussi excité que moi alors que Luna nous regardait avec un amusement non fin en berçant leur fille d'à peine 1 mois dans ses bras.
-Montre moi ça.
C'est ainsi que je me retrouvais dans mon labo avec Blaise et Neville, Luna ne voulant pas exposer leur bébé à des mélanges toxiques. Il observa à l'aide de sa baguette les résultats sur le sang de Blaise en répétant que c'était tout simplement prodigieux.
-Il faut faire les essais sur l'homme, dis-je alors.
-Oui, tu as raison, le plus tôt sera le mieux.
-Hors de question, me contredit alors Blaise. Tu n'essayeras pas ça sur toi.
-Pourquoi pas ? Répondis-je vertement. Je suis le créateur.
Il émit un grondement si grave que Neville et moi bondîmes en arrière sous son regard jaune plein de colère. J'avais oublié qu'il avait « tout pouvoir » sur moi. J'avais envi de rentrer la tête dans les épaules et demander pardon mais je me redressai au contraire, fierté oblige et je le défiais en le regardant dans les yeux. Mauvaise idée me hurlait mon cerveau. Mais j'avais l'habitude des situations catastrophe non ?
-On l'essayera sur moi, dit-il d'un ton qui ne souffrait pas de réplique.
-La formule est peut-être encore trop agressive pour un Loup-Garou complet, essayais-je d'argumenter.
J'eus droit cette fois-ci à un véritable grognement. J'abdiquais et baissais la tête en signe de soumission. Il sembla satisfait et ordonna à ce que tout le monde quitte le laboratoire. Neville et moi sortîmes précipitamment, Blaise était vraiment effrayant quand il le voulait. Il resta en arrière le temps de reprendre le contrôle de lui puis nous rejoins dans le salon où Kreattur préparait un biberon pour Elianore.
-Alors ? Demanda Luna qui essuyait la bouche du nourrisson.
-Draco est un génie des potions ! S'enthousiasma son époux.
-Je sais je sais.
-Mais l'autre potion, dit-elle en appuyant fortement sur le mot « autre ».
-Et bien, je touche au but, répondis-je évasivement. J'aimerais te parler à propos de ça d'ailleurs Luna.
-Quand tu veux Draco.
Cette nouvelle année s'annonçait bien pour l'instant, très bien même.
