Bonjour à tous,

Je n'ai pas grand chose à dire ... hormis que je rêve de vacances. De longue vacances! J'ai des fictions en tête mais pas le temps pour les écrire et ça me désespère!

kymaniwu: C'est vrai que ça fait quelques chapitres que Draco essayait de trouver une solution à ce problème. Après qu'il soit également enceinte n'était pas fait exprès, mais ça lui apprendra.

Khoumba: Tu n'as pas fini avec les états d'âmes de Draco. Il se rend enfin compte qu'il n'est pas le nombril du monde (même si il est pleins de bonnes intentions à la base), et que ses actes peuvent blesser des gens.

Bonne lecture,
Letki


Je crois que j'étais choqué. Véritablement choqué.

Je m'allongeais sur le canapé, ne pensant à rien pendant une durée qui me parue être une éternité. Je m'étais fustigé au début de ne pas avoir penser à comment mettre l'enfant au monde, puis je m'étais mis en colère contre Blaise, puis un désagréable sentiment de culpabilité m'avait envahit et maintenant, j'étais juste las. Ma mère était allée me préparer une bonne tisane, la joie se lisant encore sur son visage, et maintenant elle en discutait avec le portrait de mon père. William, en bon second était resté dans le salon pour veiller à mon confort mais voyant qu'il ne pouvait visiblement rien pour moi, avait appelé Théodore.

Celui-ci c'était agenouillé à côté de moi et j'avais sursauté quand il avait posé sa main sur mon ventre encore plat. Seigneur ! Il y a un enfant qui grandit en moi ! Ça réchauffait mon cœur en même temps que ça le glaçait d'effroi.

-On ne sent rien, dit Théodore.

-Ça ne fait que 11 semaines, ces mots sonnent étrangement dans ma bouche, sucré et acide à la fois.

-Draco, me dit-il. Tu vas avoir un bébé.

Et je craquais. Je ne pleurais pas non, j'avais encore ma dignité et j'étais heureux de la nouvelle quelque part. Mais je me rallongeais et cachais mon visage dans mes mains, respirant profondément et lentement. Puis, je remerciais Théo d'être là pour moi et je montais à l'étage, dans notre nid. Blaise était couché contre Seamus, il caressait son bras et lui chuchotait des choses que je ne pouvais entendre à l'oreille. Quand j'entrais, je me figeais sur le pas de la porte, ne sachant pas si j'étais le bienvenu mais Seamus se décala simplement. J'enlevais alors mes chaussures après avoir refermé la porte et j'allais m'allonger contre le rouquin. Je lui demandais pardon, que je n'avais pas mesuré tout ça et il me dit de ne pas m'inquiéter. C'était une merveilleuse nouvelle après tout n'est-ce pas ?

-Tu vas arrêter les potions, me dit Blaise avec tout le sérieux du monde, ainsi que le chantier pour tous les deux. Et toi Seamus, plus d'expérience, tu t'en tiendras à ce que tu as déjà.

Comment dire non à Blaise quand il prenait une décision avec le rôle du père? Seamus et moi hochâmes la tête et restâmes silencieusement pressé les uns contre les autres jusqu'au dîner. Je n'avais pas faim, mais je devais manger, après tout je devais manger pour deux maintenant. C'était si étrange …

-J'ai une nouvelle à vous annoncer, dit Blaise en plein milieu du dîner.

Je relevais la tête en même temps que tous les autres, surpris et portais mon attention sur notre alpha qui c'était mis debout. Il mangeait en bout de table, Seamus et moi à sa gauche et William à sa droite.

-Mes compagnons sont enceints, dit-il simplement comme si c'était normal alors ça ne l'était pas du tout.

Diane qui était entrain de boire de l'eau faillit s'étouffer et Grace lui tapa dans le dos avec force. Hugues, le retraité nous regardait comme si nous étions sénile et les autres ne savaient simplement pas quoi dire. Je tapais quand le dos de Seamus qui avait également avalé de travers et portait mon attention sur lui pour cacher ma gêne. Il était d'une adorable couleur rouge qui me fit sourire. Blaise leva la main pour ramener le calme et reprit simplement.

-Nous ne pouvions avoir d'enfant pour une raison évidente, dit-il s'attirant un regard de sympathie de certain et un petit rire même. Alors Draco a travaillé sur une potion secrète, dont l'existence restera bien évidemment entre nous, dit-il sur le ton de l'évidence, et les résultats sont là. Donc, termina Blaise, je compte sur vous pour prêter serment à William qui sera notre gardien du secret pour le bien de nos enfants et de mes compagnons.

Le choc passé, les loups nous félicitèrent chaleureusement et proposèrent toute l'aide nécessaire et inimaginable. J'étais sincèrement soulagé et heureux. Seul Potter ne semblait pas remis, il me regardait comme si j'étais le Messie et ses regards en coin à Théo ne me trompèrent pas. Je foudroyais Potter du regard et il eut la décence de reporter son attention sur son assiette avec un air coupable. Je ne voulais pas qu'il fantasme sur mon ami si c'était pour retourner sauter sa belette.

-Il faudra déménager la chambre d'ami, dit Grace avec une excitation non feinte, elle trépignait sur sa chaise.

-Théo dort dedans, lui fis-je remarquer.

-On lui construira une maison alors, dit William qui avait une affection non feinte pour le petit brun, elle pourra lui servir aussi longtemps qu'il le désirera et elle sera à la disposition des invités. Enfin si Potter accepte de nous céder encore un peu de son terrain et que Blaise le veut bien, dit-il avec un regard plein de déférence envers son alpha qui hocha la tête.

-C'est une bonne idée William, je te laisse te charger de ça avec Théo.

Le petit brun lui sourit, ses yeux bleus lui transmettant toute l'affection qu'il avait pour le vieux loup solitaire et je vis avec étonnement le regard de William s'adoucir également. Je ne fus visiblement pas le seul à le remarquer vu que le regard de Potter se chargea de haine. Je me promis de discuter de cela avec Théo plus tard mais pour l'instant, j'étais trop occupé à essayer de me cacher du regard des autres dans mon assiette. Moi qui me pensais doué à ce jeu là, je crois bien que Seamus se noierait dans sa soupe si on lui posait une question de plus. Je décidais de venir à son secours et à satisfaire la curiosité de Grace.

-Vous êtes à combien ? C'est une fille ou un garçon ?

-Je suis à 11 semaines, dis-je alors que le ton de ma voix sonnait étrangement à mes oreilles, Seamus à une semaine, on ne sait pas encore.

-Ohhh, c'est génial ! S'enthousiasma-t-elle. Mais il faudra faire attention, une semaine … il y a des risques.

Blaise vint à notre secoure et nous regagnâmes la chambre. Seamus était toujours aussi rouge et ce n'est que quand je me moquais de lui qu'il revint à la normal pour me foudroyer du regard. Nous nous préparâmes pour la nuit et nous restâmes à discuter dans le noir.

-C'est rare que les Malfoy aient plus d'un enfant, enfin ça arrive quand le premier né est une fille généralement, dis-je.

-Sexiste, m'attaqua Seamus me faisant rire.

-Seamus ? Dit Blaise.

-Quoi donc ?

-Tu sais que Draco est le « père » de ton bébé ? Dit-il en passant une main affectueuse sur le ventre encore plat du rouquin qui me foudroya du regard (je devais faire profil bas, il m'en voulait encore).

-Oui, répondit-il avec tout le venin que pouvait contenir ce petit mot.

Mais je notais qu'il n'avait jamais parlé d'avortement alors je pense qu'il en était heureux au fond, il n'arrivait juste pas à se faire à l'idée, ce que je comprenais.

-Et que je suis celui du bébé de Draco, continua Blaise.

-Viens en aux faits.

-Donc tu n'auras pas eut d'enfant de moi ce qui est impensable, dit-il en enfouissant son visage dans son cou tout en commençant à caresser son ventre d'une façon autre, donc on devra arranger ça une fois celui-là né.

-Même pas en rêve Zabini, siffla-t-il en lui attrapant l'entre-jambe d'une manière qui me fit frémir (je préférais reculer alors que Blaise se faisait tout petit et poussait un petit couinement tout sauf masculin). Garde ta queue loin de moi !

Morgane … Seamus était effrayant quand il le désirait.

D'un accord tacite, nous n'en parlâmes plus. Bien entendu, Seamus et moi faisions attention, Kreattur nous faisais de merveilleux petits plats pour le petit héritier comme il aimait l'appeler et je crois que derrière ses airs grognons, ce brave elfe nous appréciait vraiment. Nous ne buvions plus d'alcool, nous prenions soin d'avoir une hygiène de vie irréprochable.

Blaise avait une interdiction formelle de nous toucher car Seamus était irritable. Il ne c'était pas fait à l'idée. Il l'aimait certes, et j'avais déjà surpris Seamus dans la douche qui fixait son profil et touchait la peau de son ventre du bout des doigts. Oui, Seamus aimait l'enfant qui grandissait en lui, mais ça restait encore trop surréaliste pour lui. Donc Blaise et moi respections ça, et moi encore plus vu que c'était ma faute même si, après mûre réflexion, je ne regrettais rien.

Moi, j'avais de nouveau du mal avec ma sexualité qui était déjà un sujet délicat avec tout ce que j'avais vécu, mais maintenant que j'avais ce tout petit être fragile dans mon ventre, j'avais peur. Je sais que c'était idiot mais j'avais l'inquiétante sensation que si jamais je laissais Blaise me prendre, ça pourrait blesser le bébé. C'était une peur irrationnelle, je le savais, mais je n'arrivais pas à m'en défaire.

On m'a dit que c'était les inquiétudes de « nouvelle maman ». Luna avait tenté de me rassurer mais je n'y croyais pas, mais j'avais tout de même accepté son conseille qui était d'en parler à Blaise. Mon compagnon m'avait écouté patiemment et accepté mes craintes sans me juger. Il m'avait simplement pris dans ses bras et avait posé ses deux mains à plat sur mon ventre, disant qu'il ne blesserait jamais notre enfant et que je ne devais pas m'inquiéter. C'était à lui de nous protéger, moi je devais juste être en bonne santé et aimer notre bébé. Ça m'avait fait du bien, beaucoup de bien. Et j'avais découvert une nouvelle facette de ma vie de compagnon, la vie de famille. Je savais que nous réussirions, Blaise serais un chef de famille formidable, Seamus celui qui nous tempérait et qui donnerait de l'amour sans concession et moi et bien j'essaierais. Je ne sais pas vraiment quel était mon rôle dans tout ça mais je savais que j'y arriverais.

J'avais malheureusement du abandonner la création de potion, me contentant de faire celle connu et sans danger. Je m'occupais également de la préparation de la conférence sur les potions. J'avais été sélectionné pour faire un discours donc je tenais à peaufiner la formule et à créer quelque chose d'exceptionnel. J'avais 10 jours pour ça. Blaise avait ordonné à William et Hugues de m'accompagner pour me protéger et servir d'exemple. Seamus travaillait toujours sur son feu liquide, il voulait réussir à en faire des figures et les fixer tout en maintenant l'écoulement. Il avait du fil à retordre apparemment.

Blaise gérait le village d'une main de maître. David le boucher s'occupait de l'approvisionnement en nourriture du village, les filles faisaient leur étude, Tommy, un petit jeune sans diplôme assistait à sa boutique, Peter travaillait à la boulangerie en ville et nous ramenait souvent des petits pains chauds croustillants, Charles était notre comptable et Hugues notre retraité passait ses journées à s'occuper de la serre et du jardin fleuri de ma mère avec qui il s'entendait bien, les 5 derniers s'occupaient du champ et du troupeau. Blaise voulait investir dans des moutons et des lapins en plus des vaches ce qui semblait ravir les loups. Mais d'abord, ils finissaient de construire le village.

Moi j'étais fatigué, mon bassin me faisait constamment mal mais d'après Luna, c'était parce qu'il s'élargissait pour laisser passer le bébé au plus grand plaisir de Blaise qui adorait me prendre par la taille. Seamus n'avait rien pour l'instant, il ne s'en plaignait pas mais je le voyais souvent me lancer un petit regard circonspect. Il surveillait mon état. Je le voyais bien mais je ne disais rien, je pense qu'il avait besoin d'être rassuré.

Il bondit presque quand un matin, deux semaines après l'annonce de notre grossesse, mon pantalon refusa de se fermer sans un minimum d'effort. J'étais surpris et c'est peu dire. La veille encore, je n'avais pas besoin de détacher le bouton pour entrer dans mon pantalon et maintenant, il ne glissait plus aussi facilement. Je touchais avec fascination la peau tendue de mon ventre, appréciant la très légère courbe sous mes doigts. C'était un miracle.

J'en fis part à ma mère après que Seamus ait fini son inspection et elle fut folle de joie. Elle en discuta avec animation avec le tableau de mon père. Elle c'était mise au tricot depuis qu'elle fréquentait et j'avais déjà vu qu'elle avait commencé à faire des petits vêtements de bébé. J'ai l'impression qu'elle était même plus impatiente de rencontrer ses petits-enfants que nous. Elle qui appréciait déjà Seamus pour tout le bien qu'il nous avait apporté, elle l'avait définitivement adopté dans la famille. Je les avais surpris ensemble un après-midi à discuter de prénoms. Seamus refusait catégoriquement que je l'appelle Scorpius à mon plus grand malheur et refusais également que nos enfants portent celui de mon père. J'aurais bien appelé mon fils (je ne doutais pas que j'aurais un garçon, les Malfoy ont rarement des héritières) Lucius, mais ce serait un mauvais départ dans la vie de lui donner le nom d'un ancien Mangemort, bras droit du lord et mort du baiser des détraqueurs. Mon père était d'accord avec moi et m'avait dit qu'il n'aimerait pas non plus que je lui donne le nom de mon grand père, Abraxas. Blaise n'avait pas d'idée de son côté, sa mère ayant tué son père et ses beaux pères, niveau nom masculin, il ne voulait pas lui donner le nom de personne assassiné par la « veuve noire », ce serait mauvais pour le karma. Enfin, nous n'avions pas d'idée.

Luna qui nous suivait pour l'instant nous avoua qu'elle n'avait pas plus de connaissance en gynécomagie parce qu'elle ne c'était pas spécialisé dans cette branche. Elle faisait une thèse sur l'influence du gui dans les traitements usant la magie de l'esprit. J'étais septique quand à l'existence même des nargols mais je ne lui en fis pas part en bon ami que je suis. Donc, j'étais en somme livré à moi-même car je ne pouvais décemment pas aller voir un médicomage. J'ai bien demandé de l'aide à mon psycomage qui était devenu finalement un bon ami de la famille mais il n'avait pas étudié cette branche de la magie. Il me félicita d'ailleurs sur mes découvertes et m'avoua qu'il serait intéressé par la conférence sur les potions car il pourrait faire une intervention sur le comportement des Loups-Garous. Apparemment, il était inspiré depuis qu'il était avec nous et il avait commencé des recherches sur notre relation avec le loup et notre comportement. Je l'avais d'ailleurs invité à venir. J'avais encore quelques jours avant de devoir y aller.

Sinon, il y avait le problème Potter. Potter qui retournait tous les soirs chez sa femme et qui bouillait de jalousie en voyant Théo parler à William. Il avait un certain toupet quand même à exiger une « fidélité » à mon ami alors qu'il allait sauter sa vache le soir venu. Moi qui avait du respect pour lui … il commençait sérieusement à m'insupporter. C'est pourquoi j'étais allé parler avec William. Il était en plein aménagement de sa maison et avait passé un accord avec le fils de , en échange du bois qu'il lui fournirait (comme le roux était bucheron), le fils de lui fournirait des meubles en fonctions des chutes de bois récupérables et du temps libre qu'il avait. Il avait déjà une table à manger étonnement bien travaillé ainsi que des chaises et quelques meubles de cuisines. Il dormait sur un matelas à même le sol pour l'instant car il voulait avancer dans la maison des autres plutôt que finir la sienne. Théo dormait chez lui, il avait tenu à quitter la chambre d'ami. D'ailleurs nous avions décidé de la refaire entièrement pour les enfants donc elle était également en chantier. Nous avions retiré le papier peint et Blaise tenait à refaire la moquette. Enfin bref, nous avions de quoi faire.

-William ? Appelais-je en poussant la porte de chez lui.

-Oui ? Répondit-il de sa voix grondante.

Il était entrain de prendre des mesures pour la pose d'une cuisine. Kreattur était le seul elfe de maison du village, les loups n'avaient d'autre choix que de cuisiner eux-mêmes si on ne voulait pas tuer l'elfe d'épuisement.

-Je peux te parler ? Demandais-je.

-Bien sûr, dit-il en déposant sa baguette, assied toi je t'apporte du thé.

J'attendis qu'il me serve pour commencer à parler. Il s'assit devant moi et bu une gorgée, je l'imitais, appréciant le goût sucré avant de rassembler mes idées.

-Que ce passe-t-il entre Théodore et toi ? Demandais-je de but en blanc.

Il fut décontenancé par la question, c'est le moins qu'on puisse dire mais il me regarda un long moment pour savoir si j'étais sérieux avant de partir dans un grand éclat de rire qui me faisait plus penser à un aboiement qu'autre chose.

-Théodore ? C'est un chaton, dit-il en déposant sa tasse, il est plus fragile qu'une brindille … il est même plus fragile que le louveteau (il faisait référence à Teddy).

Je souris à l'appellation. C'était exactement comme ça que je pouvais décrire Théo. Une petite créature fragile mais fière, à la fois timide et caractérielle. Il était un serpentard, il cachait ses faiblesses derrière un visage froid et inexpressif mais en réalité, il était plus doux et calme que Seamus. Il ne m'avait jamais demandé de l'aide, il était trop fier pour le faire, mais il m'interrogeait sur mes intentions d'une manière détournée de façon à ce que je le conseil. Il faisait toujours ce que je lui disais quand la situation devenait compliquée. Il aimait se sentir protéger par Potter. Il avait besoin de tendresse et d'affection.

-Ça ne répond pas à ma question, lui fis-je remarquer en ramenant mes cheveux en arrière.

-Je me suis lié à lui.

Je manquais de m'étouffer avec ma gorgée de thé et je reposais la tasse précipitamment, acceptant avec gratitude le mouchoir que me tendait mon béta pour essuyer ma bouche. J'avais du mal comprendre parce que là …

-Pardon ? Demandais-je après avoir repris contenance.

-Je me suis lié à lui, répondit-il, mon loup est très satisfait.

-Mais … lié comme lié ? Comme je suis lié à Blaise et Seamus ?

-Non, lié comme tu l'es à Seamus, répondit-il.

-Tu couches avec Théo ! Hurlais-je presque.

Il rigola encore une fois, j'avais l'impression que son rire faisait trembler la maison.

-Non, bien sûr que non, dit-il, tu n'es pas obligé de coucher avec Seamus tu sais, tu le fais parce que tu l'aimes. Ta seule obligation envers lui est d'être proche et de le protéger. Tu es juste … plus possessif, Seamus fait pour toi partie de ta meute.

Ah oui … c'est vrai. Le lien était quelque chose de plutôt obscur pour moi. Seul les alphas avait l'air de pleinement en prendre conscience et je me rappel que Blaise m'avait dit un jour qu'il aurait pu choisir de se lier avec son dentiste s'il le voulait sans avoir besoin du moindre échange physique.

-Je l'ai intégré à ma meute, m'expliqua-t-il pour m'éclairer, aucun loup qui ne soit pas mal intentionné ne lui fera du mal s'il le croise, il ne doit cependant pas jouer avec le feu, il est toujours déconseillé d'être là le soir de pleine lune. Blaise le tolère mais n'a aucun pouvoir sur lui. Théodore est mon compagnon, il doit respecter les règles de Blaise mais Blaise n'a pas à lui donner d'ordres directs, c'est à moi de le faire. En contrepartie, bien que je sois devenu plus proche de lui et plus possessif ce qui est inévitable, je le protège et il apaise mon loup.

-Pourquoi tu as fait ça ? Demandais-je alors rassuré par ses explications.

-Parce qu'il en avait autant besoin que moi, dit-il sérieusement, mon loup était instable il avait besoin de quelqu'un et Théodore a peur … continuellement. Il est rassuré comme ça.

-Je vois, dis-je sincèrement soulagé.

Je ne pense pas que mon ami survivrait à un triangle amoureux. Après, peut-être que je le couvais trop mais j'avais cette sensation que son cœur était trop mou pour être partagé entre deux affamés comme Potter et William.

-Mais comment t'es-tu lié à lui ?

Ce fut à son tour de s'étouffer dans son thé. J'haussais un sourcil en le toisant, attendant une réponse.

-Tu as surement du remarquer que l'odeur de Théo a changé, me dit-il un peu gêné en passant sa main dans sa barbe hirsute.

-Oui, répondis-je c'était discret mais désagréable, j'avais pris du temps à me rendre compte de cela mais je m'étais habités, pensant simplement que le brun avait changé de schampoing.

-J'ai déposé mon odeur sur lui, dis-je, le loup doit le revendiquer pour ça. Ça passe souvent par un acte sexuel dans ce but là, mais ni lui ni moi n'étions prêt à cela donc on a simplement fait des préliminaires. J'aurais pu lui uriner dessus ou encore le mordre simplement mais j'avais peur de ne pas me maitriser et de lui transmettre le gène.

J'en perdis mon latin.

-Tu as … tu as …

-Calme toi, c'était basique et désintéressé, me dit-il réellement gêné, je ne suis pas gay.

-Mais qu'est-ce qu'il a dit ?

-Rien, il a simplement prit mon tee-shirt pour garder mon odeur et il est allé dormir. Je l'aime bien, mais pas comme tu le penses Draco et c'est réciproque.

Je ne sais pas si j'étais rassuré maintenant. J'étais juste abasourdi. Je me laissais tomber sur le dossier de ma chaise et posait ma main sur mon ventre. Ses yeux bleus se braquèrent sur ma main avant de remonter sur mon visage.

-Ton odeur a changé aussi, me dit-il.

-Comment ça ?

Il fit un mouvement de tête et je compris qu'il faisait référence à mon état.

-C'est un miracle.

-C'est une potion, dis-je placidement.

Il n'ajouta rien et la conversation devint plus légère. Je m'en allais en fin d'après midi, ayant une envie pressante d'aller aux toilettes. J'en sortis quelques minutes, plus tard soulagée et les mains propres et je sursautais en tombant nez à nez sur Potter. Il me regardait fixement. J'allais parler mais il m'attrapa la main et me fit entrer de nouveau dans la salle de bain et ferma la porte derrière moi.

-Je peux savoir c'est quoi ton putain de problème Potter ? Demandais-je en le foudroyant du regard.

-Qu'est-ce que tu sais ? Demanda-t-il en m'ignorant royalement.

-Sur quoi ?! Aboyais-je agacé par son comportement.

-Sur Théodore et William.

Ah je comprenais mieux. J'eus un petit rictus amusé et je laissais échapper un petit rire narquois. Cela fit rougir Potter de rage et ça eut le mérite d'ensoleiller ma journée. Sa magie commença à crépiter dangereusement autour de lui et je reculais précipitamment lui offrant mon dos après avoir croisé mes bras sur mon ventre. Je rigolais moins maintenant, j'avais peur qu'il blesse mon enfant.

-Je suis désolé, dit-il d'un air penaud alors que sa colère semblait retomber d'un seul coup, apaisant ainsi sa magie. Je ne veux pas te … vous blesser.

-Dégage Potter, dis-je la colère manquant de me faire suffoquer, retourne chez toi baiser ta salope de copine et laisse Théodore tranquille.

-Je t'interdis d'insulter Ginny !

Ça me fit doucement rire. Un rire amer.

-Il n'est pas un jouet Potter, ni un yoyo. Il n'est pas un trou dont tu peux te servir quand ta rouquine est trop grosse pour pouvoir la monter.

-Arrête de l'insulter, dit-il les dents serrées en me foudroyant du regard.

Il avait envie de me frapper, je le lisais dans ses yeux. Mais il ne le fera pas. Il avait trop de principe pour ça, il s'en voudrait s'il le faisait.

-Tu as raison, c'est pas elle qui se joue des gens, c'est toi Potter. T'arrive à dormir en allant courir après Théo en journée une fois que t'es glissé dans les draps de ta femme ? Tu te sens bien ?

-C'est toi qui m'a conseillé de la tromper ! Finit-il par hurler.

Je plaquais mes mains sur mes oreilles quand le miroir explosa dans mon dos. Il me faisait peur mais pour rien au monde je ne lui avouerais.

-De la tromper Potter pas de t'amuser avec l'autre personne. Tu n'as aucun respect pour Théodore ! Répliquais-je en haussant tout de même la voix.

-Comment veux-tu tromper quelqu'un autrement !

-J'en ai rien à battre qu'elle meurt de dépression parce que tu découches Potter mais tu n'as pas le droit de faire souffrir Théodore ! Abandonne la, fais genre en public si ça peut te consoler, mais arrête de te comporter en époux aimant alors que tu essayes de te faire Théodore. Et tu sais quoi ? Tu n'as aucun droit sur lui, tu joues au connard en le prenant pour la troisième roue du carrosse parce que t'as pas les couilles de rompre avec cette garce, mais il n'a aucun compte à te rendre. Et je lui donne ma bénédiction s'il veut coucher avec William, au moins il a du respect pour lui.

Il avait blêmit pendant mon monologue, serrant les points convulsivement. Il avait envi de réagir mais il ne pouvait pas sans risquer de me blesser.

-Je ne laisserais pas la mère de mes enfants, dit-il d'un air si glacé que je tressaillis alors que son regard devenais aiguisé, mais Théodore est à moi.

Mon sang se glaça dans mes veines. Je ne connaissais pas ce Potter possessif et colérique. Je ne connaissais pas cette puissance qui s'échappait de son corps et son regard froid. Et cette fois, j'eus peur, mais pas pour moi, pour Théo.

Je le giflais pris d'une impulsion soudaine et regrettais mon geste dans l'instant. Je crois qu'il aurait oublié ses principes si Blaise n'avait pas défoncé la porte à cet instant la, le visage déformé par la colère et grognant d'un air menaçant. Potter avait battu en retraite précipitamment et je n'eus pas le temps d'aller le chercher pour lui ordonner de quitter ma maison. Blaise se jeta presque sur moi pour vérifier que j'allais rien.

-Je veux qu'il s'en aille, soufflais-je alors que Blaise me serrait dans ses bras.

-Draco, soupira-t-il, laisse les.

-Il va jouer avec Théo !

-Et alors ? Me dit-il durement. Qu'il joue si ça épargne à Théo des années à Azkaban où le baiser du détraqueur, ton idée première était la bonne Draco, n'ait pas pitié de Théo, il sait ce qu'il fait. Et Azbakan le détruirait plus aisément qu'une histoire de cœur avec Potter.

-Mai-

-Ça suffit Draco. Si Théodore n'a pas éprouvé le besoin de le remettre à sa place c'est qu'il est satisfait, ne t'en mêle pas.

-Alors tu ne vas rien faire ?

-Si, bien sûr, je vais rappeler à Potter qu'il n'a aucun droit de te toucher, dit-il d'un air qui me fit frissonner.

Il m'embrassa ensuite et sortit de la pièce le pas rageur. Il était en colère, je l'avais sentit dans son baiser. J'appelais Kreattur pour qu'il ramasse les morceaux de miroir et j'allais m'allonger. Cette journée était trop riche en émotion pour moi. Je n'eus pas le temps de me reposer longtemps que quelques coups timides se firent entendre à la porte.

-Entre.

C'était Théodore comme je m'en doutais. Il s'approcha, enleva ses chaussures et s'allongea sur le tas de couverture et de coussin qui faisait notre nid. Il était allongé face à moi et on se regardait sans rien dire.

-Tu sais Drake, me dit-il, je suis grand.

-Je sais, répondis-je.

-Tu n'as plus besoin de surveiller mes arrières.

J'allais répliquer mais il me fit taire avec un sourire éblouissant qui éclaira ses yeux bleus.

-Merci de toujours t'inquiéter pour moi, dit-il.

Je ne savais pas quoi lui répondre. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point il comptait pour moi, c'étai un ami. Un vrai.

-Tu l'aimes ? Demandais-je.

-Un peu, répondit-il. Il est jaloux, possessif … et terriblement maladroit, me dit-il avec un petit rire qui me fit sourire, mais il n'est pas méchant Draco. Il m'a déjà dit qu'il ne veut pas priver son fils de sa mère et qu'il t'était reconnaissant pour lui avoir donné la chance d'être vraiment heureux.

-Tu veux faire partie de son bonheur ? Demandais-je alors.

-Non, répondit-il avec une honnêteté qui me fit mal au cœur pour Potter.

Ça crevait les yeux que le survivant était fou amoureux de mon ami. Mais ce que j'avais pris pour de l'amour était en fait une sincère affection de la part de Théo.

-Mais je ferais semblant, me dit-il. Il demande juste un peu d'amour, et moi … et bien me sentir aimé est suffisant.

-Ça te suffira ?

-Oui, répondit-il, toi mieux que personne sait que la vie est cruelle Draco, vivre une petite vie d'amant rangé est plus que ce à quoi je peux prétendre. Quand il me demandera si je l'aime je lui dirais oui, quand il voudra me serrer dans ses bras je le laisserais faire, et j'aurais mon illusion de bonheur. Et regarde, tes parents ont fini par s'aimer malgré leur mariage arrangé, peut-être que ça viendra.

-Tu seras toujours le dernier Théo. Il aura sa femme et son fils.

-Je sais. Mais je n'ai pas besoin de lui, c'est juste plus agréable.

-Si ça te suffit … acceptais-je à contre cœur. C'est Blaise qui t'a dit de venir n'est-ce pas ?

-Non, sourit-il, j'ai croisé Harry, il était complètement défait, tu l'as secoué apparemment. Il ne voulait pas me laisser venir de peur que tu réussisses à me convaincre mais Blaise lui a passé un tel savon …

-Au final, moi qui avait peur qu'il te blesse, c'est lui qui risque de tomber de haut.

Cela le fit sourire et je retrouvais en lui le serpentard qu'il était.

-Ce qu'il ignore ne peut lui faire de tort. Je l'aime bien Draco, vraiment, ne le blesse plus.

-D'accord, concédais-je.

Nous restâmes silencieux un moment puis je relevais vivement les yeux vers lui. Il me regarda l'air surpris et je lui posais la question qui me brulait les lèvres depuis un moment déjà.

-Tu veux bien être le parrain de mon bébé ?

Et toutes les mauvaises ondes de la journée semblèrent me quitter quand je vis le sourire de Théo.