Bonjour à tous,

Je n'ai pas grand chose pour une fois à par que je suis contente que nous soyons arrivé au chapitre tant attendu!

Khoumba: Hé hé Merci :)

Kymaniwu: Pour Ginny on aura des nouvelles bientôt ne t'en fais pas. Elle a réussi à se mettre tout le monde à dos. Blaise devra attendre que Draco ait fini avec elle avant de pouvoir lui expliquer sa façon de penser. Et Draco, il a besoin de force et courage maintenant.

Bonne lecture,
Letki


Le réveil fut brutal.

Je n'avais jamais expérimenté une transformation sans Tue-Loup avant et je dois dire que c'était beaucoup plus douloureux. Mon épiderme était sensible au possible, mes gencives saignaient encore d'avoir du réabsorber des canines démesurées, je « sentais » mes ongles sous ma peau, c'était désagréable et sensible. Et le pire de tout je crois, fut qu'après avoir affronté le regard de Théo (qui pourtant se passa de commentaire en portant un Teddy vaincu sur son épaule) quand je me levais, les genoux tremblotant et l'estomac tordu par la nausée je sentis quelque chose céder. Je baissais les yeux, paniqué, pour découvrir la flaque rougeâtre qui se formait à mes pieds.

-Non, dis-je dans un souffle, non pas maintenant.

Théo réagit à ma place. Il réveilla Teddy malgré le fait que le petit garçon avait cruellement besoin de repos et me porta comme une princesse. Il se mit à marcher d'un pas sûr malgré son boitillement et ordonna à Teddy de ne pas lâcher son pantalon. Nous étions terriblement lent mais je n'avais simplement plus la force d'avancer. Théo du faire plusieurs poses pour reprendre des forces mais il n'abandonna pas.

-Les mangemorts ? Demandais-je en posant mes deux mains sur mon ventre pour tenter de contenir une vague de douleur.

-Ils nous ont poursuivit toute la nuit, répondit-il en butant sur les mots, j'ai tenté de vous éloigner comme tu l'avais demandé, mais Teddy et toi …

-Quoi ? Demandais-je inquiet quand il ne termina pas sa phrase.

-Vous leur avez fait la chasse, vous en avez tué deux avant qu'ils ne décident de fuir. Puis nous avons atterrit ici, on a dévié, on doit être plus prêt de l'endroit d'où on c'est enfuit qu'au départ.

-C'est pas vrai, soupirais-je vaincu.

-Combien de temps avant l'accouchement ? Demanda-t-il visiblement soucieux et désirant changer de sujet.

-Je ne sais pas, mais les douleurs sont présentes depuis hier … c'est proche.

-Je ne pourrais pas te porter longtemps, dit-il après un instant de silence.

-Je sais, répondis-je alors qu'un horrible sentiment me prenait la gorge, avançons, c'est la seule chose à faire.

Il faut croire que la chance ne nous avait pas totalement abandonné. Théo commençait sérieusement à fatiguer et j'avais eut deux contractions en l'espace d'une heure, c'était très proche et j'étais terriblement inquiet. Je n'avais aucune des potions que j'avais préparé pour m'aider, Blaise et Seamus n'étaient pas là, ma mère qui avait de l'expérience non plus et nous étions en plein milieu d'une forêt. Autant dire que ça s'annonçait mal.

Pourtant, des bruits nous alertèrent. Un train. Il y avait un train pas loin. Théo du me déposer et nous avançâmes comme nous pûmes, c'est-à-dire lentement, notre marche étant coupé par des pauses due à la douleur.

-Encore un peu, attend encore un peu, suppliais-je en caressant mon ventre.

Mais je ne pouvais pas le retenir. Nous arrivâmes près d'une voix ferrées et par chance, la gare n'était pas loin. Nous suivîmes les railles et Théo dû me porter de nouveau quand je ne pus plus avancer. Il fallait qu'on réussisse à atteindre la ville coûte que coûte.

-Encore quelques mètres, me dit-il alors que lui même tremblait de tout son corps.

Sa jambe le faisait souffrir, il luttait pour ne pas lâcher prise mais je ne pouvais plus marcher.

-Stop, lui ordonnais-je en remarquant un petit lotissement d'une dizaine de maison fleurie derrière une station de bus.

C'était la seule des environs, il y avait un parking, la gare, des bus, des gens allaient et venaient mais nous ne pouvions prendre le risque d'être vu. Nous y arrivâmes par le couvert des arbres et Théodore me déposa devant une porte. Cette maison était en bordure de forêt, c'était la plus éloignée du lotissement. On ne nous voyait pas de la rue. Teddy frappa à la porte plusieurs fois mais il n'y eut aucune réponse. J'avais les larmes aux yeux, je ne voulais pas accoucher ici, pas comme ça. Je relevais la tête vivement en entendant le bruit. Il venait de casser une vitre en donnant un coup de poing dedans.

-Passe par la fenêtre Teddy et ouvre nous.

Il enleva le reste des morceaux de verres à main nue et porta le petit garçon qui se faufila à l'intérieure sans broncher. Je l'entendis étouffer une plainte et je ne pus que penser qu'il était courageux comme son parrain. On attendit un peu avant de voir la porte s'ouvrir. Théo n'attendit pas, il me fit entrer et referma la porte derrière lui.

-Va manger, ordonna-t-il à Teddy en ouvrant toutes les portes jusqu'à trouver celle qui l'intéressait.

Il me porta jusqu'à une chambre. Je ne fis pas attention à la décoration et me concentra plutôt sur Théo qui m'aidait à retirer mes vêtements. Les contractions étaient proches, nous avions mis plus de deux heures à quitter la forêt.

-Que dois-je faire, demanda-t-il après avoir couvert mes jambes avec un drap.

-On attend, lui dis-je en m'allongeant heureux d'être au chaud. Va manger.

Il hésita à me laisser seul mais j'insistais. Il finit par disparaître dans la cuisine avec Teddy, nous n'avions pas mangé depuis notre évasion, un jour plus tôt. Pour me distraire d'une contraction plutôt insistante, j'essayais de me concentrer sur la décoration, plutôt sobre en soit mais définitivement ancienne. Des vieux meubles en bois, des photos jaunies, même un tourne-disque. La personne qui vivait la ne devait pas avoir moins de 50 ans. Je sursautais en entendant un vacarme venir de la cuisine mais je ne pus me relever, la douleur m'arrachant un cri. La réponse à mes interrogations vint tout de suite quand Teddy et Théo entrèrent dans la chambre à reculons, un vieil homme pris de léger tremblement pointant une carabine (une arme moldue que possédais les villageois de chez moi) sur le brun. Il était vraiment vieux, une grosse moustache, les cheveux blancs, un appareil auditif dans l'oreille, le dos vouté par les années et les yeux cernés de bleu, un début de cataracte.

-Qui êtes-vous ? Demanda-t-il dans une langue que je reconnus comme étant du français.

-S'il-vous plait, supplia Théo en même temps que moi alors qu'il poussait le petit garçon vers lui, gardez Teddy, juste l'enfant, s'il vous plait.

Il posa immédiatement son fusil et nous regarda tous les trois. Ses traits se déridèrent et un air sincèrement soucieux se peignit sur son visage. L'aisance avec laquelle il réagit me fit penser qu'il était un homme qui avait déjà connu la misère et le désespoir. Et un bon point pour nous, c'est qu'il comprenait l'anglais apparemment et savait le parler.

-Il y a une salle de bain au fond à droite et des vêtements propres, dit-il finalement. Que vous arrive-t-il ?

-Va, ordonnais-je à Teddy, va te cacher.

Il comprit ce que je voulais dire et s'enfuit aussi vite que lui permettait ses petites jambes. Je choisis de ne pas mentir. A quoi cela nous servirait-il de toute façon. Heureusement, Théo et moi, comme tous les héritiers de familles de sang purs, nous avions de solides bases en français et ce vieil homme semblait également maitriser l'anglais et cela étonnamment bien malgré son accent très prononcé.

-On est anglais, dis-je, on a été enlevé il y a … plus d'une semaine, on c'est enfuit mais ils sont à notre recherche. On devait se cacher quelque part et –

Ma phrase fut coupée par une contraction et je me pliais en deux, serrant les dents. Je commençais à transpirer, je ne savais honnêtement pas quoi faire, je ne connaissais que la théorie et il avait toujours été prévu que ma mère et Luna m'accompagnent dans cette épreuve. Je ne voulais cependant pas que Blaise et Seamus voient cela, je voulais que l'image déjà bien abimée qu'ils avaient de mon corps reste intact. Au moins là, j'étais suis servi, c'est un parfait inconnu qui regardait mon entrejambe, ne s'apercevant pas, grâce au sortilège (Merlin merci), que j'étais un garçon.

-Depuis quand ? Demanda-t-il soudainement en soulevant le drap me faisant rougir jusqu'aux oreilles alors qu'il inspectait mon intimité d'un air tout à fait chirurgical.

-Les douleurs depuis hier quand on a sauté du premier étage, les contractions depuis ce matin quand j'ai perdu les eaux.

-Va me chercher de l'eau chaude, des ciseaux, des serviettes et de la morphine, ordonna-t-il à Théodore en lui disant où il peu trouver tout ça.

-Morphine? Demanda Théodore visiblement perdu.

-C'est pour la douleur, le rassura-t-il.

-Vous étiez médecin ? Demandais-je avec un soupçon d'espoir.

-Non petite, j'ai fais la guerre, j'en ai vu d'autre.

Il resta à mes côtés et je fus soulagé de voir qu'il avait quelques notions en accouchement. Pour me distraire il se présenta, il s'appelait Eugène, il avait fait la seconde guerre mondiale (nous n'étudions pas la version moldu à l'école donc j'hochais la tête en faisant mine de savoir de quoi il parlait). Il m'avoua que sa famille avait déjà caché des gens pendant la guerre et qu'il n'abandonnerait jamais une mère qui suppliait pour ses enfants. Il lança de la musique pour me détendre, Charles Aznavour, je ne connaissais pas les paroles mais c'était agréable.

-C'est votre fils ? Demanda-t-il en cherchant dans le placard une trousse de secours.

-Non, mon petit cousin, dis-je, il était avec moi au moment de l'enlèvement, il a été pris alors qu'il n'a rien à voir dans tout cela.

-Je vous aiderai à rentrer chez vous.

-Il faut réparer la vitre, si jamais ils passent ils trouveront ça suspect, dis-je en me rappelant soudainement de ce détail.

Il hocha la tête et passa un appel avec son téléphone (Seamus avait tenté de m'initier mais j'étais imperméable à la technologie moldue et maintenant je regrettais). Théo revint avec tout ce qu'il avait demandé et s'assit à côté de moi.

-Soigne tes mains, dis-je en voyant les coupures.

-Ça va aller ? S'enquit-il.

-Je n'ai pas le choix.

Il fit d'abord venir Teddy pour désinfecter ses blessures et Eugène, le vieux français, le félicita et lui offrit des caramels, puis il l'amena dormir dans la chambre d'à côté. Je m'excusais pour le dérangement et il me dit que c'était normal, tout le monde dans son village en aurait fait autant. C'est vrai, dans le mien aussi.

-Pourquoi vous a-t-on kidnappé ?

-Il y avait un … conflit armé chez moi qui faisait rage, bien sûr à l'abri des médias mais cela a dévasté des familles et des lieux magnifiques.

-La guerre, dit-il d'un air entendu alors que j'hochais la tête.

-Il y a quelques années, un homme que je ne supporte pas soit dit en passant, a vaincu. Mais il est droit et généreux, il nous a épargné de l'emprisonnement alors que d'autres souhaitaient simplement nous éliminer, moi et mon compagnon. Vous savez, je n'ai jamais voulu cela, dis-je alors qu'il m'écoutait attentivement, juste protéger ma famille. Mais c'était un désastre, mon père est mort en prison, ma mère a fait une dépression dont elle a réussi à sortir grâce au vainqueur et moi, j'ai fais 5 ans de prison et j'en suis ressortit … différent. Je suis allé m'installer avec ma mère et mon compagnon dans un petit village, nous n'avions plus rien.

Il ne m'interrompit pas, ne portant aucun jugement à mon récit, il m'écoutait simplement et pour cela, je lui étais reconnaissant. Ça m'aidait à penser à autre chose que les contractions qui se rapprochaient dangereusement.

-Alors on a travaillé à la force de nos bras, on a réussit à produire des tournesols, échanger du bois contre des services, on a élevé des vaches, j'ai pu reprendre mes recherches grâce à l'héritage que mon parrain m'avait laissé … nous avions réussi à créer quelque chose d'unique dans ce petit village, et cela envers et contre tous. Et là, dis-je, j'ai appris à connaître l'homme qui a vaincu et à le respecter, je voulais qu'il aide Théodore qui était dans la même situation que moi, obligé de participer à la guerre sans le vouloir. Les deux camps l'ont condamné et ceux qui nous cherchent ont décidé de se faire justice eux-mêmes quand Théo a choisi de ne pas les suivre dans leur plan de vengeance. Ils nous ont enlevé pour faire payer Théodore mais … ils ont voulu faire chanter mon compagnon et l'homme. Je ne pouvais pas les laisser faire ça, alors on c'est enfuit et nous voilà. Si nous ne rentrons pas très vite, mon compagnon tuera le vainqueur ! C'était les conditions des kidnappeurs. Mais ils allaient nous tuer quand même. Il faut absoluement l'en empêcher.

-Vous êtes courageuse, c'est admirable de savoir se relever et d'apprendre de ses erreurs.

-J'essaye.

-Avez-vous le numéro de chez vous?

Je fis une tête dépité quand j'avouai ne pas savoir utiliser les téléphones et donc, ne pas connaître le numéro. Nous demandâmes à Théo mais c'était pareil. Eugène conclu qu'il nous ramènera le plus vite possible pour éviter qu'une catastrophe se produise. Mais il tint à envoyer une lettre tout de même. Mais là ... nous n'avions pas de boite au lettre. Je me maudis d'avoir été si réfractaire au monde moldu. Ça nous aurait épargné bien des complications.

-D'où venez-vous, me demanda-t-il.

Je lui donnais le nom de mon village et il me dit qu'il chercherait comment s'y rendre et comment les contacter. Puis, à partir de là, tout se passa très vite. Les contractions se rapprochèrent et le travail commença. Je n'en garde pas beaucoup de souvenirs occuper que j'étais à pousser sans faillir alors que la douleur me déchirait. Je refusais de prendre de la morphine car je ne voulais pas faiblir, je devais mettre au monde mon bébé. J'ai pleuré de douleur, j'étais en sueur et je voyais du sang sur les draps. J'aurais donné un bras pour les potions que j'avais préparé. Théo me tenait la main et je voyais par la fenêtre le soleil avancer dans le ciel, je ne savais pas depuis combien de temps je poussais. Je me sentais épuisé. Puis ce fut finit. Je l'entendis pleurer et ce n'était plus la douleur qui nourrissait mes larmes mais bien la joie.

-C'est un garçon, me dit le papi exténué.

Je voulus tendre les bras pour le voir mais la douleur me cloua au sol. Je pensais qu'une fois cela fait, ce serait finit. Théo obéit sagement au papi et pris les ciseaux pour couper le cordon et amena mon fils vers la bassine d'eau pour le laver. Je ne l'avais toujours pas vu mais je l'entendais et c'était l'essentiel. J'essayais de l'apercevoir par dessus l'épaule de Théo mais je n'étais pas bien placé.

-Pourquoi ça ne s'arrête pas ! M'écriais-je alors que mon corps se contractait de nouveau.

-Continuez ! M'incita le français, il faut enlever le placenta.

Et je poussais encore et encore au rythme de ses encouragements.

-Ça alors ! Souffla-t-il.

-Quoi ? Demandais-je inquiet.

-Des jumeaux, ce sont des jumeaux.

-Quoi ?!

Je n'avais jamais fait de visite médicale car je suis un garçon et que je devais garder le secret et malheureusement Luna ne s'y connaissait pas. Mais c'était fou que je ne m'en sois jamais rendu compte ! J'avais un ventre énorme mais je pensais que c'était parce que le bébé était grand ou quelque chose dans le genre, ou simplement qu'il était gros. Jamais cela m'était venu à l'esprit que c'était des jumeaux. Blaise et Seamus non plus, nous n'avions choisi qu'un seul nom. Je fondis en larme, n'ayant plus les forces nécessaires, je voulais le faire, mais j'étais simplement trop fatigué. Je poussais mais cela ne servait à rien.

-Appuie sur son ventre petit, elle n'a plus de force.

Théo grimpa sur le lit après avoir posé mon fils près du papi qui le surveillait du coin de l'œil en s'occupait de mon autre enfant à naitre. Théo appuya à deux mains et je me retins de hurler. Mais ce fut rapide et bientôt je vis le petit être dans les bras du français, si petit, si immobile.

-Il… il va bien ? Demandais-je en tendant les bras vers lui.

Pour toute réponse, le grand-père claqua ses petites fesses et il se mit à pleurer. J'en pleurais une nouvelle fois de soulagement, j'étais à fleur de peau, épuisé mais comblé. Théo partit une nouvelle fois avec le bébé après avoir coupé le cordon et quelques minutes plus tard, mes enfants étaient allongés près de moi, emmitouflé dans des serviettes chaudes.

-Deux garçons, me dit Théo avec un sourire, félicitation.

Je dus arriver au bout de mes forces pas longtemps après car il faisait nuit quand je repris mes esprits. Le grand-père dormait dans une chaise à bascule à côté du lit. Théodore était allongé de l'autre côté du lit, mes garçons entre nous qui s'agitaient. Je ne les avais pas nourris. Hésitant sur la marche à suivre, je me dévêtis, dévoilant mon torse et gémis faiblement quand je tentais de me redresser. Mes bras étaient faibles, mes jambes de la bouillie et j'avais mal partout mais peu importe. Prenant mes enfants dans mes bras avec une facilité qui me surpris (ma mère m'avait dit que j'y arriverais forcément et je voulais bien la croire), je les guidais timidement vers mon torse. Mais il faut croire que pour eux aussi c'était instinctif car après trois échecs, ils trouvèrent seul la marche à suivre.

Mes enfants.

Ils avaient un tint plus foncé que le mien, une jolie couleur café au lait avec deux cheveux bruns qui se battaient en duel sur le crane lisse. Aucun sourcil, des petits doigts potelés, un petit nez retroussé, une petite bouche en cœur, ils étaient parfaits. Je croisais enfin le regard d'un de mes enfants et je vis des yeux couleurs argent en fusion, des petits loups-garous Malfoy, il n'y a aucun doute non plus. Leur regard était trop brillant pour être totalement humain.

-Vous allez mieux ? M'interrogea le papi.

-Autant qu'on puisse l'être après cette épreuve, répondis-je en regardant amoureusement mes enfants.

-On a failli vous perdre, c'est un miracle que vous vous soyez remis après avoir perdu autant de sang.

Pour une fois, j'étais heureux d'être un loup-garou. Je ne doutais pas que c'était la capacité de guérison spectaculaire des hybrides qui m'avait sauvé.

-Il paraît que les gens de ma famille sont difficiles à enterrer, répondis-je pour une fois heureux de cette constatation.

-Teddy attend avec impatiente d'arrêter de se cacher, m'informa-t-il, il a refusé de bouger tant que vous ne l'appeliez pas.

Je rigolais.

-Je lui ai dis que c'était un secret de femme, que si je lui disais comment naissait les bébés, il ne pourrait plus en avoir.

Il rigola avec moi et cela réveilla Théo. Le brun s'assit contre la tête de lit et passa son doigt tremblant sur la joue d'un bébé. Celui-ci le regarda et attrapa son doigt. Théo poussa un petit son étranglé qui me fit sourire. Il réagissait toujours bizarrement au trop plein d'émotion.

-Tu l'as fait, dit-il, tu l'as fait, bégaya-t-il.

-Et Blaise et Seamus ne sont pas là pour les voir, constatais-je avec tristesse.

-L'essentiel c'est que vous alliez bien, tu penserais à la même chose si c'était Seamus.

-C'est vrai.

J'entendis des bruits de pas dans le couloir et la porte s'ouvrit à la volée sur un Teddy surexcité. Cependant, sa fougue retomba, intimidé devant les bébés si petits.

-Il y en a deux ! Constata-t-il avec étonnement. Tu m'avais pas dit qu'il y en avait deux.

-Je ne savais pas, lui répondis-je avec une tendresse qui me surpris. Viens là, viens dire bonjour à tes petits cousins.

Il ne se fit pas prier pour monter sur le lit. Je remis mon haut après les avoir posé délicatement entre nous et Théo souleva Teddy qui se pencha avec curiosité vers les louveteaux.

-Ils sont tout petits ! Même plus petit que James !

-James est déjà un grand bébé, il à plus de 3 mois, lui dis-je.

Je pris sa main et je le guidais vers la joue de mon fils. Teddy était en admiration, heureux de rencontrer ses cousins, sa plus proche famille avec moi et ma mère. Et les garçons semblaient absorbés par Teddy. Je les soupçonnais de ressentir un loup-garou en Teddy.

-Comment ils s'appellent ?

Une larme m'échappa. Blaise et Seamus n'étaient pas là pour choisir le nom du deuxième. Mais peut importe, ils seront heureux si nous revenons tous en bonne santé.

-Hyacinthe Eugène Malfoy, dis-je en omettant les deux autres noms de famille.

-Mon prénom, dit le vieil homme alors que l'émotion lui serrait la gorge.

-Pour ce que vous avez fait pour nous, dis-je, nous avons une dette de vie envers vous.

Il ne comprenait surement pas la portée de mes mots mais peut importe. Je n'oublierai jamais Eugène, le vieux français qui avait fait la guerre. Hyacinthe était le prénom que nous avions choisi tous les trois, nous voulions quelque chose de doux pour briser avec l'image entaché des Malfoy, et quoi de mieux que le nom d'une fleur ?

-Et le deuxième ?

-Hellébore Jean Malfoy, dis-je.

Je venais de trouver ce prénom, je pensais à des fleures, ça m'était venu naturellement. Et Jean … car Blaise n'avait jamais pu l'oublier.