Yooo!
Et voilà la suite jeunes gens!
Merci à Nadja et Phebe83a pour leurs reviews!
Nadja: Salut toi^^ De rien et merci avant tout pour ta review! Eh oui fallait bien qu'il se réveille un jour :P Ravie de l'apprendre, il prend cher Rhadamanthe avec tous les surnoms que les fans lui affublent xD Pourquoi Milo est-il toujours représenté avec cet air gamin? Qui sait, je ne le sais moi-même xD Il fut un temps où ce Milo là m'insupportait, car je n'en voyais pas la signification, mis à part pour le côté humoristique. Mais au fil du temps, après avoir lu beaucoup de fics, je me suis créé une image de chaque perso qui est resté gravée au fer rouge dans la tête. Du coup je n'ai pas pu m'en empêcher, et je trouve ça même marrant de l'écrire ainsi. Pour être honnête j'ai le même problème avec Kanon qui dans le manga est un personnage froid et sérieux, pourtant les fics l'ayant complètement décrédibilisé, je n'arrive plus à le voir comme tel^^'Mais rassures-toi, il va lentement, mais surement regagner son sérieux dans les prochains chapitres, tu vas vite comprendre pourquoi dans celui-ci ;) Merci c'est gentil^^ J'ai passé les deux mois de l'été sans toucher à mes docs Saint Seiya, alors oui j'en ai bien profité lol. J'espère que tu as profité des tiennes également!
Bonne lecture!
Chapitre 13
Papillonnant des yeux, le jeune homme émergea d'un sommeil profond. La blancheur de la pièce lui aveugla les pupilles, tellement qu'il dut refermer plusieurs fois les yeux, essayant de s'habituer à la lumière du jour qui traversait la baie vitrée de la fenêtre.
Étant désormais bien réveillé, il essaya de s'orienter. Mais la pièce lui resta inconnue, enfin non, mais elle était semblable à tant d'autres qu'il ne pourrait les différencier convenablement. Des murs vierges, aucun mobilier pour la caractériser, juste un lit et une commode. Difficile de faire la différence dans ces conditions.
De plus, le monde semblait tourner autour de lui et les sons de l'extérieur ne lui parvenaient qu'à peine. Au vu des formes floues et du brouhaha soudain, il en conclut que des personnes avait fait irruption dans la chambre. Ou étaient-elles déjà présentes? Le juge ne pourrait le dire.
Les silhouettes se mouvaient et il aurait aimé pouvoir se relever pour les identifier, il aurait voulu parler, leur demander qui ils étaient, pourquoi il était là et bien un tas d'autres questions.
Mais son corps resta immobile, sa gorge sèche et nouée. Depuis combien de temps était-il là, couché et inerte?
Une personne s'approcha alors de lui, il lui sembla la reconnaître. Mais ses souvenirs restaient vagues.
Tout ce qu'il pouvait faire, c'est garder cette position et regarder les personnes dans la pièce courir dans tous les sens pour son plus grand désarroi.
Au fil des secondes, sa vue se fit plus précise et le visage familier du chevalier du scorpion apparut dans son champ de vision. Il cligna des yeux, n'étant pas encore habitué à la luminosité et à son "retour".
"Eaque! Tu m'entends? Eaque, regarde-moi ok?"
Le chahut incompréhensible se changea en mots et le brun dirigea son regard vers le huitième gardien, encore fatigué il mit du temps à comprendre le sens des paroles de son ami.
"Mi...lo?"
Les yeux du scorpion s'agrandirent alors avant de troquer sa mine inquiète pour un franc sourire.
"Ouais c'est ça, bon retour Eaque!"
Le grec se retint de justesse de l'étreindre, le corps tout endolori et l'esprit toujours pas très clair du juge risquait de ne pas le supporter.
"Bon...retour…?"
"Oui! Tu ne te rappelle pas? C'est dommage que Rhad' et Minos ne soient pas là, ils…"
Eaque s'était arrêté d'écouter à la mention de ses frères, les souvenirs enfouis dans un coin de sa mémoire se réveillèrent subitement. Des innombrables flashs lui vinrent, des moments juste avant qu'il ne perde connaissance. Tout, absolument tout lui revint en mémoire. Ses frères disparus, les guerriers d'Arès, Demio, Arès, la clé, le changement radical de ses frères, l'arrivée de Kagaho et du seigneur Thanatos et puis...le néant.
Sans s'en rendre compte, son entourage avait comme disparu, son corps s'était figé. Il flottait, incapable d'esquisser le moindre geste. Il revoyait sans cesse ces moments où il avait tout abandonné, jusqu'à sa vie. Alors...que faisait-il ici? Que s'est-il passé avec Rhadamanthe et Minos? Et Arès, avait-il atteint son but?
Il fut alors abruptement sorti de ses pensées par des bras lui secouant vigoureusement les épaules.
"He Eaque, ça va? Eh oh, ne nous refait pas le même coup, reste éveillé vieux!"
"Milo, ne le brutalise pas comme ça."
"Grand pope !?"
-xXx-
Après s'être rendu chez Shion, le jeune couple était allé voir le jeune Garuda qui n'avait pas bougé d'un pouce depuis une bonne semaine.
Parlent joyeusement, ils arrivèrent alors au-devant de la porte. Abaissant la poignée, ils entrèrent et alors que le Verseau prit la responsabilité de fermer la porte que son compagnon avait brutalement ouverte, pour ne pas changer. Le Grec, lui se précipita à la chaise près du lit où le corps du juge reposait.
Il commença alors son monologue, c'était devenu une habitude. Chaque jour, ils venaient le voir et Milo lui raconta alors ce qui se passait aux enfers, les nouveaux potins, les nouvelles qu'ils avaient des groupes partie au sanctuaire du Dieu de la guerre et encore pleins d'autres choses.
"Et donc Shion nous a punis parce que j'ai renversé de la soupe sur sa nouvelle toge, non mais t'imagine, il en a des milliers similaires en tout point! Il ne devrait pas en faire tout un fromage! Sinon, toujours pas de nouvelle de Kanon, je jure que si je ne l'entends pas d'ici demain, je me téléporte de suite chez eux pour lui apprendre les bonnes manières, non mais oh! Il n'empêche que ça me démange aussi de me battre, je...OH PUTAIN DE MERDE!"
Adossé à un mur, non loin de la chaise, le verseau leva les yeux sur son meilleur ami.
"Qu'y a-t-il Milo? Ne cri pas comme ça, bien qu'Eaque soit dans le coma, ce n'est pas un endroit pour brailler à tout va." le réprimanda-t-il.
"J'EN AI RIEN A FOUTRE! RAMÈNE TON CUL ICI!"
"Milo!" s'offusqua le onzième gardien
"Bouge Camus! Il a ouvert les yeux!"
"Comment?"
"Si tu tiens tant à le savoir, viens le voir de tes propres yeux."
Peu ravit des vulgarités du grec, le verseau consentit à faire ce qui lui a été demandé.
Se détachant de son mur, qu'il trouvait ma foi assez agréable il avança de quelques pas et put en effet constater que bien qu'étant dans la même position, les yeux du juge étaient bien ouvert.
"Il s'est réveillé?!"
"Bravo, t'as deviné tout seul?"
Le Français se pinça l'arête du nez. Qu'est-ce que son amant pouvait être désagréable quand il était paniqué ou tout juste envahi d'une trop grande émotion.
"Calme-toi, Milo."
"Que je me calme? Que je me CALME?! Mais...mais..mais…"
Claquant sa langue contre son palais, Camus attrapa le col du huitième avant de l'attirer sans ménagement à lui pour plaquer simultanément ses lèvres aux siennes.
Ravi de son effet, il se retira et frappa son compagnon au front.
"C'est bon, ta crise est fini?"
"Je ne suis pas sûr, tu peux recommencer histoire que ça soit fixé?"
"Idiot." le verseau détourna son regard, cachant les rougeurs de ses joues "Occupe-toi d'Eaque au lieu de faire l'imbécile."
"Ah oui, merde! He Eaque, mec, ça va? He oh Eaque?! Pourquoi il ne réagit pas?"
"C'est bizarre Camus, c'est comme si seul ses yeux s'étaient ouvert, mais qu'il est encore et toujours endormi."
"C'est problématique, en effet." fit le verseau pensif
"Eaque! Tu m'entends? Eaque, regarde-moi ok?"
"Bon sang, Milo, tu vas arrêter d'hurler?!"
Ce comportement immature avait le don d'exaspérer le onzième gardien. A son plus grand dam, il devait faire avec. Mais là, la situation recourait à ce qu'ils restent calmes. Ils devraient aller prévenir le seigneur Hadès, la déesse et le pope. Mais pourraient-ils laisser Eaque dans cet état? Laisser son scorpion tout seul n'était pas une option aussi. Mais avaient-ils le choix? De toute façon, ça ne lui prendrait qu'un instant, le temps de se téléporter et de revenir à la vitesse de la lumière.
"Et qu'est ce que je devrais faire monsieur je-sais-tout?"
"Réfléchir, essaie un peu. Tu vas voir, tu te sentiras immédiatement plus serein."
"Ho c'est bon, tu…"
"Mi...lo…?"
Pris dans leur querelle, ils avaient presque raté le premier signe de vie du juge.
Rassuré et heureux, Milo en oublia son amant pour se tourner vers le spectre, un grand sourire scotché aux lèvres.
"Ouais c'est ça, bon retour Eaque!"
"Bon...retour…?"
"Oui! Tu ne te rappelle pas? C'est dommage que Rhad' et Minos ne soient pas là, ils sont parties en missions, tout comme Kanon, 'Lia et les autres. On a divisé nos troupes, équitablement ils disent, tu parles. J'en ai marre de croupir ici moi, m'enfin y a Camus avec moi, alors c'est pas trop grave. Tu sais que tu nous a fait une belle frayeur? D'ailleurs ça va? Pas trop endolori, bordel mec, ça fait quand même une semaine que tu pionces dans ce lit, on avait commencé à désespérer avec les autres. Ha bah oui, j'oubliais faudrait peut être prévenir le pope… Camus tu peux le faire?"
Le scorpion s'était retourné en terminant sa phrase, s'attendant à trouver le verseau en face, mais il n'y avait personne.
"Camus? Ou est ce qu'il est passé?!"
Le chevalier d'or s'était levé, ne comprenant pas la disparition soudaine de son confrère.
"Tant pis, il est sûrement déjà parti prévenir les autres que tu étais réveillé, l'est pas bête mon Camus!" s'exclame fièrement l'or
Le bleuté soupira et revint s'asseoir en continuant à parler, néanmoins, il dû bien s'arrêter à un moment donné. Et pour cause, le juge n'avait pas ouvert la bouche depuis le début de son monologue.
Ses yeux restaient fixés sur un point au loin, Milo avait bien compris qu'une fois encore il n'avait eu que les murs et les meubles comme oreilles attentives. C'est triste, mais il y a plus urgent pour l'instant, alors le chevalier d'or ne s'en formalisa pas.
S'approchant du juge perdu dans ses sombres pensées, il passa plusieurs fois sa main devant son visage.
"Youhou, la terre appelle Eaque."
Déconcerté par son air absent et son manque de réaction, il se décida à passer à la manière forte.
Il entreprit alors de le secouer d'abord légèrement aux épaules avant de doubler d'intensité. Pendant ce temps, il ne faisait que ressasser en pensée les derniers événements ainsi que sa discussion récente avec le brun.
Merde, où est-ce que j'ai gaffé? J'ai dit quelque chose qui fallait pas pour qu'il soit en mode bug? Nan c'est pas ça, réfléchis, Milo, y a sûrement autre chose.
"He Eaque, ça va? Eh oh, ne nous refait pas le même coup, reste éveillé vieux!"
Réfléchissant à ce qu'il pouvait faire, il ne remarqua pas la présence pourtant très imposante des personnes qui venaient d'entrer dans la pièce.
"Milo, ne le brutalise pas comme ça."
"Grand pope! Et...seigneur Thanatos?"
"Tch, quelle façon barbare de se comporter, ôtes-toi de mon chemin humain."
Silencieux, Milo obéit instantanément et rejoignit le chevalier du Verseau qui était resté en retrait.
"Tu es parti les chercher Mumus?"
"Oui, fallait bien que quelqu'un le fasse. J'étais parti dans l'intention de prévenir le seigneur Hadès et la déesse, mais ils sont occupés. Je suis tombé sur Shion et je lui ai expliqué la situation et parce qu'ils étaient présents, les dieux jumeaux ont également été mis au courant."
"Depuis combien de temps le juge Eaque a-t-il repris connaissance?" s'immisça l'ancien bélier
"Il y a peu, nous ne saurons le dire avec précision, nous n'y avons pas fait attention pour être honnête." s'excusa Camus
"Je vois, ce n'est rien." lui sourit-il avec un sourire bienveillant
"Le seigneur Hypnos, n'est-il donc pas venu avec?"
"Non, je ne devais vous mettre au courant que demain, mais nous préparons déjà le deuxième assaut. A l'heure qu'il est, le premier groupe a sûrement déjà engagé le combat. Nous sommes un peu pressés par le temps, nous n'avons envoyé qu'une seule divinité pour les soutenir, si Arès déploie ses forces dès le début, j'ai bien peur que nous nous retrouverons en position de faiblesse."
"Yeees, enfin!" se réjouit le scorpion, cet enthousiasme ne fut que moyennement apprécié par le dieu de la mort
"Silence avorton, ne vois-tu pas que tu déranges? Quelle est la raison de cette joie, es-tu stupide? "
"Milo, il est déjà tard et je doute que nous puissions encore être d'une quelconque aide. Retirons-nous pour le moment." proposa solennellement Camus
Il n'eut pas le temps de protester et fut entraîné de force dehors par le onzième gardien qui lui intima le silence d'un geste du doigt.
Désormais hors de portée du Dieu de la mort qui aurait fini par assombrir l'entièreté de la pièce de par son aura hargneux, les deux purent souffler un peu.
"Sincèrement Milo, tu devrais calmer tes ardeurs, surtout en présence d'une divinité."
S'attendant à une réponse immédiate de son comparse, il fut surpris de n'avoir que le silence en retour.
"Milo? Tout va bien?"
"Camus, tu ne trouves pas ça étrange que le seigneur Thanatos accorde une si grande attention et prévention à Eaque? C'est un juge, certes, celui qu'il a lui-même trouvé, c'est le détenteur des clés, je veux bien le croire que c'est quelqu'un d'important qu'il faut protéger à tout prix et sur qui il faut garder un oeil. Mais même les seigneurs Hades et Hypnos ne sont pas derrière lui comme l'est le seigneur Thanatos."
Ce serait un euphémisme de dire que le verseau était surpris. Déconcerté par la question soudaine, son cerveau eut besoin de quelques secondes de répit pour se reconnecter.
"Pourquoi t'interroges-tu à ce sujet ? Les affaires des divinités ne sont en aucun cas de notre sort, le seigneur Thanatos doit avoir ses raisons."
"J'ai juste trouvé ça bizarre, rien de plus." lui répondit Milo pensif.
"N'y pense plus, fouiner dans la vie privée d'un Dieu est bien la dernière chose à faire si tu ne veux pas subir son courroux."
"Hm hm."
Le ton faible de la réplique du scorpion inquiéta légèrement son amant.
"Qu'y a-t-il? Pourquoi ce manque de répondant?"
"Dis Camus, tu comptes venir avec?"
"C'est-à-dire?"
La question du grec était vague, c'est pourquoi Camus n'était pas sur d'où voulait en venir son petit ami.
"Je pensais juste que le seigneur Thanatos n'avait pas tort. Je ne devrais pas me réjouir autant à l'idée d'une guerre…"
Il est rare de voir son ami d'enfance troquer son sourire de petit garçon heureux pour cet air sérieux. Ses traits se crispaient un peu et l'étincelle dans ses yeux qui pétillait d'innocence enfantine s'envolait de suite. En soi, ce n'est pas si choquant, le Français connaît son amant depuis l'enfance. Il a donc pu voir nombreuses facettes du caractère de l'homme dont il s'est épris bien malgré lui. Dont celle du tueur sanguinaire, plein de fougue et d'espièglerie, c'est ce qui fait son charme, aussi destructeur soit-il. A ces moments-là, il abordait un sourire sadique, excitée à l'idée de se battre et à faire couler le sang.
A la fin, il restait un enfant, un gosse qui s'amuse comme il le peut. Tuer un insecte pour le plaisir, tout le monde l'a déjà fait, sans pour autant mesurer l'importance d'une vie, aussi insignifiante soit-elle.
Camus n'approuvait pas vraiment ce genre de comportement, mais tel est son compagnon et bon courage à ceux qui essayeront de le changer.
Là, en ce moment, ce n'est pas un sourire candide, ni celui d'un prédateur auquel le verseau fait face, mais à un visage mortellement sérieux.
Ce qui lui fait appréhender l'état mental dans lequel son amant s'est plongé depuis leur départ précipité de la chambre du juge.
"Je ne vois toujours pas ce que tu essaies de me dire, Milo."
"Reste ici." ordonna presque le Grec.
"Je te demande pardon?"
"La bataille contre Arès, l'assaut que nous allons mener prochainement. Tu comptes en faire partie, n'est-ce pas?"
"Évidemment." répliqua Camus.
"Reste ici, ne viens pas avec."
"Pourquoi? Il n'y a pas de raison à ce que je reste ici alors que tout le monde est en train de risquer sa vie."
"Tu ne comprends pas." souffla-t-il.
"Non en effet."
"S'il te plaît, c'est un service que je te demande Camus."
"Mais...pourquoi? C'est mon devoir Milo, en tant que chevalier d'or d'Athéna je me dois de me battre jusqu'au bout pour la cause en laquelle nous aspirons, et cela même au prix de ma vie."
Le scorpion s'arrêta alors brusquement, le visage à moitié caché par des mèches de cheveux rebelles. Sa mâchoire se crispa douloureusement alors que son poing vint brutalement à la rencontre du mur le plus proche. L'écho qu'avait provoqué l'impact résonna un instant dans le couloir désert et le verseau, bien trop prit au dépourvu n'avait pipé mot.
"Tu n'as...vraiment rien retenu de la dernière fois...n'est-ce pas? Comment peux-tu encore parler de ça si indifféremment !? Comment peux-tu encore dire ce genre de chose !?" cria le scorpion avec colère.
Si l'éclat de voix prit le Français de court, il ne s'en laissa pas démonter pour autant. Il n'avait jamais apprécié d'accusations à son égard, encore moins s'il n'en connaissait pas les motifs.
"Je ne comprends rien à ton charabia, sois plus clair." claqua froidement le maître du cygne
"Eh bien bravo, je vois que notre dernière dispute t'as marqué." ironisa-t-il "Qu'est que tu ne comprends pas dans : je ne veux pas que tu ailles risquer ta peau dans une bataille sanglante? Nous sommes nombreux, plus que nombreux, nous pourrions nous passer de ton aide sans problème."
Le Verseau serra machinalement les poings. Est-ce que son ami d'enfance se rendait-il seulement compte de l'ampleur de ses paroles? Pourquoi est-ce que la situation avait-elle envenimé à ce point...
"Qu'insinues-tu au juste, que je ne suis pas assez fort pour me battre? Je te signale que je suis chevalier d'or au même titre que toi et les autres."
Sa voix s'était faite plus sèche, s'il n'avait été que agacé au début, il était désormais clairement touché dans sa fierté. Il était hors de question de laisser le scorpion s'en tirer comme ça.
"Ce n'est pas la question, Camus. Je dis juste que je n'ai pas envie que tu viennes avec et que ce n'est pas nécessaire. Je n'insinue rien du tout et ça n'a absolument rien à voir avec tes capacités à combattre. Reste en dehors de cette guerre, c'est tout."
"Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi à ce que je sache."
"Bordel, Camus, est-ce que ça t'est déjà arrivé de m'écouter ne serais-ce qu'une seule fois dans ta vie?"
"Ne prend pas ce ton avec moi Milo, si tu as quelque chose à me reprocher dis-le-moi directement."
"Ce que je te reproche Camus? C'est de parler de ta vie comme si elle n'avait aucune espèce d'importance. Je t'ai perdu, combien de fois, deux, trois fois? J'ai dû assister à ta mort plusieurs fois et faire le deuil de mon meilleur ami à plusieurs reprises, est-ce que tu peux imaginer ça? Je ne pense pas. Alors non, je ne te laisserai pas partir."
"Je suis encore maître de mes propres décisions, de quel droit oses-tu m'interdire quoi que ce soit? Je comprends ta douleur et tes sentiments, mais ils n'ont pas lieu d'être sur un champ de bataille. Ton comportement est égoïste et indigne d'un chevalier d'or digne de ce nom."
"Egoïste? Peut-être que je le suis, qu'est-ce que ça changes, les humains sont égoïstes en général. Alors oui, je suis égoïste de vouloir garder l'homme que j'aime en sécurité. Le truc, Camus, c'est que tu ne sais pas ce que sait de perdre quelqu'un. C'est facile de mourir en laissant les autres derrière avec de maigres souvenirs lointains."
"Facile de mourir!? Mais tu as perdu la tête? Nous avons déjà eu cette discussion et tu sais très bien que perdre la vie n'est aucunement une partie de plaisir. Je l'ai fais parce que c'était nécessaire, parce que c'était mon devoir."
"Encore et toujours le devoir. Tu n'as vraiment pas changé si précieux devoir passe-t-il donc avant moi?" le défia le grec
En retour, le Verseau essayait de garder son calme. Ses sourcils froncés, il n'hésita qu'une seule seconde avant de prononcer ses prochaines paroles.
"Je pense que tu t'es mépris quelque part, Milo. Nous sommes des chevaliers avant des hommes. Le devoir passe avant les sentiments. Et quand ceux-ci deviennent hors de contrôle et donc néfastes, il vaut mieux s'en débarrasser avant que cela ne devienne une vraie nuisance."
"Viens-en aux faits." gronda le scorpion
Camus soupira, il n'aurait jamais cru que cela arrivera de sitôt et dans de telles conditions qui plus est.
"C'est fini, Milo. En tant que chevaliers d'or, nous faisons partie de la garde rapprochée d'Athéna, nous ne pouvons nous permettre un tel affront aux règles du sanctuaire. Faisons une pause, tu n'es pas dans ton état normal et ce n'est pas bon pour le mental d'un chevalier qui se doit d'être imperturbable et sans pitié."
Le scorpion parti alors dans un rire gras et sonore au plus grand désarroi de son interlocuteur, mais celui-ci se reprit bien vite et il aborda à nouveau après un long moment ce masque indéchiffrable et impassible.
"Alors c'est comme ça que ça fini? Je ne te pensais pas aussi lâche, Camus."
"A la prochaine, chevalier du scorpion."
Le ton était froid, sec, indifférent. Comme s'ils étaient dorénavant de parfaits inconnus. Camus passa à côté de son désormais ex petit-ami en lui disant ces mots qui mit fin à leur discussion et aussi à un lien qu'ils avaient chéri et gardé précieusement pendant de longues années.
-xXx-
"Ne vas-tu pas rejoindre tes camarades Demio?"
Une jeune femme d'apparence douce, mais qui détenait pourtant des traits sévères entama la discussion avec cette première question. Les apparences sont trompeuses, bien trop par moments. Assis à une table au balcon d'un magnifique jardin, la brune sourit, tasse de thé fumante dans la main.
Malgré tout, le silence persistait, le jeune homme assis en face d'elle restait muet comme une carpe et se contenta de fixer le vide.
Loin de s'en offenser, la femme continua à siroter sa boisson chaude.
Le vent léger et le parfum des différentes fleurs émanant du jardin riche en couleurs étaient des plus agréables et elle ferma les yeux pour s'en délecter.
"Tu devrais tu sais? Les troupes d'Hadès et de ses alliés de pacotille sont déjà arrivés."
Encore une fois, elle n'eut pas de réponse. Le jeune guerrier se trouvait intouchable aux paroles de la brune.
Mais étonnamment il sortit de son mutisme la minute qui suivit, non pas pour répondre comme l'aurait pensé la personne en face de lui, mais pour aborder un autre sujet.
"Vous l'avez réveillé, n'est-ce pas?"
Question rhétorique qui fut posée anodinement.
"Evidemment, il n'a jamais été question de le tuer ou de le laisser dans cet état." claqua-t-elle froidement.
Décidément, elle n'avait toujours pas digéré le fait qu'ils aient pris l'initiative de dérober la clé sur ordre d'Arès derrière son dos.
"Tout se déroulera selon mes plans et Eaque n'a pas le droit de mourir." s'exclama-t-elle.
"Pourquoi lui accordez-vous autant d'importance."
"Tu devrais le savoir."
Demio se renfrogna, bien sûr qu'il le savait, mais ça le mettait toujours hors de lui.
"Je pense qu'il est temps pour toi de rejoindre le champ de bataille, Demio, nous avons assez perdu de temps." fait-elle remarquer calmement, un sourire étirant ses lèvres fines.
Le jeune homme grinça des dents. Quelle hypocrisie, ça le révulsait au plus haut point. Encore il y a quelques heures, ses yeux doux intimant la passivité dardaient des yeux colériques et emplis de haine à son géniteur. Le masque est réversible et le jeu qu'elle s'amuse à jouer le fit serrer les poings de fureur.
Il se leva abruptement, manquant de renverser sa tasse fumante et encore remplie sur la table blanche et scintillante, comme si même la poussière ne pouvait entacher la brillance du marbre.
Sans aucun mot, il tourna le dos à la femme et s'en alla aussitôt.
Laissant celle-ci désormais seule, admirant le paysage féérique d'un air serein alors qu'un fin sourire vicieux prit place sur son visage.
"Bientôt. Bientôt tout sera fini et je pourrai enfin te rejoindre à nouveau dans les cieux."
à suivre...
J'ai fini ce chapitre plus tôt que prévu et je viens de remarquer quelque chose. Cela fait un an, jour pour jour, que j'ai commencé cette fic. Ca fait donc un an que cette fanfic existe, c'est fou ce que ça peut passer vite une année!
Merci à tous ceux qui suivent cette histoire depuis le début, et bien entendu aussi à ceux qui ont rejoint l'aventure par la suite!
J'espère que ce chapitre très centré sur le Camilo vous a plu :)
A la prochaine!
