Note : Bonjour les gens !
Pour le moment, vous remarquerez que je me tiens à mon planning de publication.

Alors... le résultat des votes pour la fic à traduire a donné Marque Sœur, avec une différence de seulement 3 voix.
J'ai commencé et pour le moment, j'ai pas avancé des masses parce que... bah c'est super dur. Eh oui, comme je le disais, c'est une fic avec pas mal d'humour, des jeux de mots, des tournures ironiques, et c'est sans doute un des trucs les plus difficiles à traduire, juste derrière la poésie. Ahahaha, dans quoi je me suis embarquée. XD

Bref, vos reviews sont plus que bienvenues niveau motivation ! ^^

Bonne lecture !


Chapitre 2

C'était une journée bizarre. Ou plutôt, c'était bizarre à quel point cette journée était normale si on réfléchissait à la façon dont elle avait commencé. Drago commençait à se dire qu'il avait imaginé le tout. Potter n'avait même pas eu l'air d'avoir conscience de son existence après ça. Drago l'avait vu à midi, au repas du soir, et sur le terrain, mais Potter n'avait pas regardé vers lui.

Avec les éléments dont Drago disposait, il n'y avait que trois possibilités. Potter avait essayé de lui tendre un piège. Ou quelqu'un avait tendu un piège à Potter et lui avait jeté un sort qui lui faisait croire qu'il voulait rouler des patins à Drago. Ou quelqu'un avait jeté un sort à Drago qui lui donnait des hallucinations.

C'était cette dernière qui faisait que Drago se taisait et n'avait rien dit à Pansy. Il n'avait pas franchement besoin qu'elle commence à l'accuser de perdre la boule. Et cette théorie commençait à être la plus plausible, parce que Drago avait passé la nuit à penser au baiser de Potter, et c'était simplement pas normal.
Enfin, pour être honnête, ce n'était pas la première fois que ses pensées prenaient cette direction, mais avoir des fantasmes un peu bizarres quand on se branlait, c'était normal. Ça, par contre, cette nuit à se réveiller en sueur, le cœur battant à tout rompre, complètement incapable de distinguer le rêve et la réalité, c'était pas normal.

Le lundi matin, il s'était décidé à oublier toute l'histoire. Ce n'était qu'un mystère à la noix, indigne de son temps et de son attention. Au début, on aurait pu croire que ça allait marcher. Tout avait été normal pendant le cours de Métamorphose du matin : Potter l'avait ignoré comme il faisait d'habitude. Mais Drago aurait dû savoir que ce n'était pas si facile. Il y avait eu un moment en Potions où Drago, presque par accident, avait regardé dans la direction de Potter, et leurs regards s'étaient croisés. Potter lui avait adressé un petit sourire timide avant de détourner le regard.
Drago avait passé le reste du cours à se demander si c'était vraiment bizarre ou s'il devait simplement l'ignorer. Il avait fini par conclure qu'il ne pouvait tout simplement plus faire confiance à son propre jugement. Pas quand il s'agissait de Potter.

Il n'en pouvait plus d'attendre que la cloche sonne. Quand ça arriva enfin, il attrapa Pansy par la main et la traîna dans l'alcôve la plus proche pour lui raconter tout ce qui s'était passé la veille. Elle écouta patiemment avec une expression indéchiffrable.

— Je vois, dit-elle enfin.

Elle le regardait avec une telle fixité que Drago fut certain qu'elle était en train de vérifier si ses pupilles n'étaient pas dilatées.

— Je ne suis pas fou ! se dépêcha-t-il de dire, même s'il se rendait bien compte que c'était exactement ce qu'un fou dirait.

Pansy prit la main de Drago dans la sienne. Elle la serra doucement.

— Bien sûr que non ! Mais… peut-être que tu devrais aller voir Mme Pomfresh malgré tout ?

Elle sourit. Drago connaissait ce sourire. Il avait fait le même à sa mère quand elle l'avait accompagné à la gare en septembre et qu'elle avait dit, l'air sérieux :

— Peut-être que tu devrais essayer de devenir ami avec Potter cette année. Il t'a sauvé la vie ; j'ai sauvé la sienne. Il y a un lien entre vous maintenant, et ça ne pourrait t'apporter que des avantages.

C'était le sourire qu'on adressait à quelqu'un qui avait visiblement complètement perdu contact avec la réalité.
Drago libéra sa main de la prise de Pansy en fronçant les sourcils.

— Ce n'est pas moi qui ai un problème. Je suis complètement rationnel. Ce n'est pas comme si je pensais que Potter était secrètement amoureux de moi. Et je ne suis pas en train de dire que c'est un de ses plans machiavéliques non plus. Quelqu'un lui a fait quelque chose, c'est évident. On lui a lancé un défi, ou alors c'est un maléfice.

— D'accord. Bien sûr. Mais pourquoi ne pas vérifier ? Si on se dépêche, on pourrait choper Pomfresh avant qu'elle parte déjeuner.

— Pansy ! Si quelqu'un m'avait jeté un maléfice, je le saurais.

— Ou pas. Et je ne suis pas en train de parler de maléfices. Je pense juste que tu subis énormément de stress.

— De stress, répéta Drago, perplexe. Je ne suis pas stressé, hurla-t-il. Et si je le suis, c'est ta faute. Tu es juste tellement… parano. Ça se répercute sur moi. Ça se passe bien cette année, tu sais. Pas de Seigneur des Ténèbres, pas de Carrof. J'apprends des trucs que je sais déjà, et j'ai plein de temps pour bosser. Et il y a un sentiment d'unité entre les maisons assez impressionnant, au cas où ça t'aurait échappé.

Drago décida de ne pas parler de son impression de « calme avant la tempête ».

— Les Gryffondor et les Serpentard n'ont jamais eu d'aussi bonnes relations.

— Les autres Serpentard, Drago. Ça ne marche ni pour toi, ni pour moi. On est ceux qui avons essayé de livrer Potter au Seigneur des Ténèbres. Même les gens de notre Maison nous tiennent à l'écart parce que c'est mal vu de traîner avec nous.

— Oh, ne sois pas aussi grandiloquente. C'est pas aussi désespéré que tu le dis.

— Oh, vraiment ? Tu as des amis que je ne connais pas ? Des gens à qui parler ? Avec qui jouer au Quidditch ?

— Il y a Goyle.

— Il ne fait que grogner. Ça ne compte pas comme des dialogues.

— Tu es trop difficile. C'est ça ton problème. Et puis il y a Blaise. Il me fait des clins d'œil.

— Il fait des clins d'œil à tout le monde.

Pansy se mit à crier, perdant son sang-froid.

— C'est son truc. Mais crois-moi, il ne va pas te parler en public.

— Alors c'est à propos de Blaise, tout ça ? Tu as craqué pour lui, ou quoi ?

Pansy prit une profonde inspiration et ferma les yeux. Ses lèvres bougeaient en silence.
Drago fronça les sourcils.

— Qu'est-ce que tu fais ?

— Je compte jusqu'à cent.

— Pansy, je suis désolé d'avoir à te dire ça, mais je crois que tu es en train de faire une dépression nerveuse. »

Pansy rouvrit les yeux.

— C'est déjà fait, idiot. Ça fait des mois que je prends des potions.

— Oh.

Ça expliquait beaucoup de choses. Il aurait dû remarquer. Pourquoi n'avait-il pas remarqué ?

— Elles ne t'aident pas beaucoup, si ?

Pansy grimaça.

— Il y a une limite à la quantité que tu peux prendre. J'ai dû faire une pause. Mais elles aident. Et je pense vraiment que tu devrais…

— Je ne suis pas en train de faire une dépression nerveuse. C'est Potter qui est fou, pas moi.

Pansy ne l'écoutait pas.

— Je pensais que tu allais mieux. Tu avais l'air beaucoup plus calme ces derniers temps. Mais voilà que tu recommences.

— A cause de Potter. Parce qu'il m'a attiré dans un guet-apens pour m'embrasser.

— Drago, est-ce que tu t'entends ?

— Je ne suis pas en train de faire une dépression nerveuse !

— Eh bien moi, si ! cria une voix.

Drago sursauta et regarda aux alentours avec effroi. Une petite fille très énervée se tenait à côté d'eux, un morceau de parchemin dans la main.

— On m'a demandé de te donner ça.

Elle lui colla le parchemin dans les mains, le forçant à le prendre. Ça faisait probablement un moment qu'elle était là à essayer d'attirer son attention.

— C'est ça, dit Drago. Ou bien tu étais juste en train de nous espionner.

Elle fit une grimace dédaigneuse.

— T'as raison, Malefoy.

— Oh, petite peste.

Drago fit semblant de sortir sa baguette.

— Dégage.

Elle glapit et déguerpit. Drago poussa un juron dans son sillage.

— Oh, pour l'amour de Dieu ! Qu'est-ce qui cloche chez toi ? s'écria Pansy. Tu vois, ça ? C'est ça qui nous rend la vie aussi difficile. Pour tous les deux. Tu ne peux pas tyranniser des premières années. Ça te fait passer pour un méchant.

Drago était totalement indigné.

— C'est elle qui me tyrannisait ! M'appeler Malefoy, comme ça ? Pour qui elle se prend ? Qu'est-ce qui lui donne le droit de me parler sur ce ton ?

Pansy le regardait fixement.

— Elle fait un mètre de haut, Drago !

Drago résista à l'envie de taper des pieds. A la place, il dit, plus calmement :

— Excuse-moi. Il faut que je lise ce mot.

C'était court, mais Drago fit traîner sa lecture une bonne minute, espérant que Pansy en aurait marre et partirait. Ça n'arriva pas.

— Alors ? demanda-t-elle avec impatience.

— C'est une lettre d'amour. De la part de Potter.

Elle lui arracha le mot et le parcourut rapidement, en faisant la gueule. En vérité, c'était de la part de Slughorn. Il voulait que Drago passe à son bureau pour parler de son devoir de Potions. Drago lui avait rendu son essai ce vendredi, et il n'y avait rien à en redire. Il était superbe, pour autant qu'un essai puisse être superbe.

— Tu vois ? Lui non plus il ne t'aime pas.

— Peut-être qu'il veut me voir pour me dire qu'il n'a jamais rien lu d'aussi génial.

Drago récupéra le mot et sortit de l'alcôve.

— Drago.

Son ton s'était radouci.

— Je veux juste t'aider. Tu le sais, ça, hein ?

Drago lui fit au-revoir de la main et prit le chemin des cachots. Il regrettait de lui avoir parlé. Comme si ça pouvait l'aider. Il n'avait pas besoin que Pansy lui dise que plus personne ne l'aimait. Il était parfaitement capable de s'en rendre compte tout seul. Ce que Pansy ne parvenait pas à comprendre, c'était qu'il était inutile de s'appesantir là-dessus. Ils savaient pourquoi personne ne les appréciait, et il n'y avait rien à faire pour améliorer ça de toute façon. Le comportement de Potter, par contre, était un mystère qu'il importait de résoudre, et c'était ce que Drago comptait faire dès qu'il saurait ce que Slughorn voulait. Ça ne pouvait pas être lui faire des louanges sur son essai.

Il pensa à ignorer le message, mais ça n'aurait pas été une bonne idée. Son père n'arrêtait pas de dire que si seulement Drago essayait, Slughorn l'accepterait dans son petit club. Son père, tout comme sa mère, avait perdu de vue les réalités, Drago s'en rendait bien compte, mais il ne voulait pas prendre le risque que Slughorn envoie un hibou à ses parents.

La porte de la classe de Potions était entrouverte et Drago se glissa à l'intérieur, en regardant autour de lui. Il n'y avait personne, ce qui était logique. Pourquoi avait-il pensé que Slughorn se mettrait en retard pour le déjeuner ?

La porte se referma en claquant derrière lui. Drago pivota sur lui-même.

Au moment où il vit Potter, tout devint clair. La petite fille qui lui avait donné le mot tout à l'heure était une Gryffondor, et Drago ne s'était pas interrompu pour analyser l'écriture. Ça avait été bien trop facile pour Potter de le piéger.

— Désolé pour la méthode, dit Potter. Je me disais que tu ne voudrais pas me parler.

— Tu avais raison. Laisse-moi passer, gronda Drago.

Il s'avança mais il n'osait pas s'approcher trop près de Potter.

— Attends.

Potter avait l'air inoffensif cette fois-ci, ce qui n'empêchait pas le fait qu'il bloquait la sortie. Il avait l'air nerveux et gêné, et Drago n'était pas certain de savoir s'il devait s'en sentir soulagé ou s'inquiéter encore plus.

— Je veux juste parler.

— Tu veux dire t'excuser, dit Drago en se demandant s'il y avait une chance qu'il arrive à se faufiler derrière Potter.

Il faudrait qu'il soit rapide.
La mâchoire de Drago se raidit, mais il hocha la tête.

— Oui. C'est juste que je ne m'attendais pas à ce que tu sois en colère hier, alors j'ai même pas remarqué que tu l'étais.

Drago était en colère maintenant et il ne pensait pas que ce soit possible de ne pas le remarquer.

— Tu es incroyable !

Est-ce que Potter pensait sérieusement qu'il pouvait juste se jeter sur les gens et les molester et qu'ils lui en seraient reconnaissants ? La colère donna du courage à Drago et il essaya de passer la porte. Potter lui bloqua aussitôt le chemin.

— Attends, s'il te plaît. J'y ai réfléchi et je crois que je sais ce qui s'est passé.

Drago secoua la tête avec incrédulité.

— Et moi qui pensais que Goyle était lent.

— C'est à cause du match de Quidditch, c'est ça ?

Drago n'avait pas vu ça venir. Il n'arriva pas à faire autre chose que regarder fixement Potter tandis qu'il poursuivait :

— Drago, je suis d'accord, c'est injuste. Ils n'auraient pas dû te virer de l'équipe. Le nouvel Attrapeur des Serpentard est nul. C'était super facile de le battre. Mais…

Potter se rapprocha, avec sur le visage une expression à la fois suppliante et vindicative.

— Ce n'est pas ma faute. Ce n'est pas juste de ta part de m'en vouloir pour ça. Qu'est-ce que j'étais censé faire ? Ne pas jouer ? Laisser Serpentard gagner ? En quoi ça aurait arrangé les choses. Le seul truc que ça aurait fait c'est que le capitaine de Serpentard aurait pensé qu'il avait pris une bonne décision. Tu ne comprends pas ? Il doit se sentir assez con maintenant. Et avec raison. Te battre aurait été une autre paire de manches.

Drago faillit faire remarquer qu'il n'avait jamais réussi à attraper le Vif avant Potter, alors pourquoi diantre est-ce que ça aurait fait une différence, mais tout le discours de Potter était incroyablement hors de propos. Drago choisit ses mots avec précaution et parla très lentement.

— Tu penses que je t'ai repoussé hier parce que je suis en colère à cause du Quidditch ?

Le front de Potter se plissa.

— C'est pas ça ? Mais quoi alors ?

Il se rapprocha encore, touchant le bras de Drago avec précaution.

— Drago.

Sa main glissa jusqu'aux doigts de Drago et il les serra délicatement.

— Parle-moi.

Il s'était mis à supplier pour de bon, le visage plein de franchise.
Drago contempla la main de Potter qui tenait la sienne. Pansy avait tort. C'était bien Potter qui était fou, pas lui. Un maléfice sentimental ou un truc du genre. C'était forcément ça. Potter délirait complètement. Il se montrait super proche de Drago, comme s'il pensait qu'ils étaient amis. Ou amants.

Drago se retira, la mâchoire serrée. Il fallait qu'il explique ça à Potter, qu'il lui fasse comprendre. Et qu'il l'emmène chez Pomfresh ou Slughorn. Qu'il prévienne ses amis, peut-être. Parce que ça devenait vraiment ridicule. Et tout le monde dirait que c'était de la faute de Drago. Il le savait. On conclurait que c'était lui qui avait ensorcelé Potter. Peut-être que c'était le plan. Celui qui avait fait ça à Potter voulait causer de sacrés ennuis à Drago. Ce n'était pas une blague, c'était une catastrophe. Potter allait le tuer. Les amis de Potter allaient le tuer. Son père allait le tuer. Il serait renvoyé. Envoyé à Azkaban…

Potter se pencha en avant, son visage si proche que Drago pouvait sentir la chaleur de sa peau.

— Tu peux tout me dire, murmura-t-il.

Son expression était tendre, sa voix intime, elle s'immisçait en Drago comme un sortilège chaud et envoûtant, lui enjoignant de s'abandonner, de laisser Potter l'envelopper dans cette protection qu'il lui offrait. L'espace d'une seconde complètement folle et merveilleuse, Drago crut qu'il pouvait vraiment simplement lui dire. Lui dire que quelque chose n'allait pas, mais que ce n'était pas la faute de Drago, et peut-être que Potter le croirait, lui jurerait que tout irait bien, et ils règleraient ça sans passer par la case meurtre ou Azkaban.

— Tout va bien, dit Potter comme s'il avait lu dans ses pensées.

Comme s'il y avait quelque chose qui le poussait à dire exactement ce que Drago voulait entendre.

— Dis-moi ce qui se passe, et on règlera ça.

C'était trop cruel. Ce n'était pas juste un baiser à la con dans un placard, pour lui faire bien sentir tout ce qu'il ne pourrait jamais avoir. C'était bien pire. C'était Potter se conduisant d'une façon à laquelle Drago n'osait pratiquement jamais rêver. Il ne le faisait que quand il était vraiment mal. Quand ses cauchemars étaient trop vifs, et que les images refusaient de se dissiper, même après qu'il eut ouvert les yeux. Dans ces moments, son cerveau ne faisait confiance qu'à Potter. Il était le seul qui pouvait convaincre Drago que tout allait bien, qu'il était en sécurité maintenant, que le Seigneur des Ténèbres ne reviendrait pas. Seul Potter pouvait le sauver de ses cauchemars comme il l'avait sauvé des flammes.

Leurs fronts se touchaient. La peau de Potter était tiède, et l'odeur de son shampooing trop délicieuse pour que Drago ne l'inspire pas à pleins poumons. Quelque soit le sortilège qui affectait Potter, il était clairement contagieux. Ou alors, Drago faisait vraiment une dépression nerveuse.

Dire à Potter qu'il avait été ensorcelé aurait été la meilleure chose à faire. Il valait mieux le faire le plus tôt possible pour faire le moins de dégâts possible.
Un des mains de Potter se faufila derrière Drago. Sa paume fermement posée au creux de ses reins avait quelque chose de rassurant.
Peut-être que lui dire n'était pas la meilleure des idées. Drago avait déjà vu les effets de sortilèges sentimentaux auparavant. Ils n'étaient pas considérés comme dangereux sans raison. Essayer de convaincre une personne sous l'influence d'un de ces sortilèges que ce qu'elle ressentait n'était pas réel, ça se passait rarement bien. Souvent, la personne se mettait en colère ou devenait dangereuse. Si Drago devait dire à Potter que ce n'était pas réel, il serait plus sage de le faire à un endroit où un professeur pourrait intervenir quand Potter péterait un câble.
De toute façon, il était déjà dans la panade.
Et il n'aurait jamais une autre chance.

— Dis-moi, dit-il. Je suis vraiment si difficile à battre ? Je suis plutôt épatant au Quidditch, hein ?

Potter se mit à rire.

— Alors c'est vraiment le Quidditch, le problème.

— Ouais. C'est toujours le Quidditch…

Les lèvres de Potter se posèrent délicatement sur celles de Drago, et il frissonna.

— Tu es sans aucun doute un challenge. Dans tous les sens du terme. Et tu sais à quel point j'aime ça.

— Je ne suis pas sûr que ce soit un compliment.

— Ce sont les faits.

Potter l'embrassa à nouveau, pour de vrai cette fois, de telle façon que Drago se dit qu'il risquait de fondre et de disparaître dans le néant.
Potter se retira avec un air soupçonneux. Après tout, Drago n'avait pas répondu au baiser. Il n'osait pas. C'était comme une ligne qu'il ne devrait pas franchir.

— Est-ce que tu te prépares à me repousser encore ? demanda Potter.

— Je devrais, répondit Drago en toute franchise.

— Pourquoi ?

Potter inclina la tête de façon à ce que ses lèvres soient à un emplacement parfait pour que Drago se penche et les embrasse. C'était forcément délibéré.

— Parce que tu es Potter.

— En voilà une vieille raison à la con. Tu sais ce que je crois ? Je crois…

Potter venait de glisser quelque chose de froid dans la main de Drago.

— Je crois que tu devrais arrêter de réfléchir autant et juste prendre ce qui est offert.

Drago regarda sa main. Potter lui avait donné un petit flacon empli d'un liquide opalescent. Drago avait déjà ouvert la bouche pour demander qu'est-ce que c'était encore, bordel – il imaginait Potter se métamorphoser en Pansy et lui donner une potion calmante pour apaiser ses nerfs – mais le flacon portait une étiquette qui ne laissait aucun doute sur son contenu. Drago avala sa salive. Potter avait les joues roses et mordillait sa lèvre inférieure.

— Tu…

Drago n'arrivait pas à faire fonctionner ses cordes vocales.

— Tu veux…

Il regarda à nouveau le flacon.

— Maintenant ?

Potter se mit à rire, mais d'un rire un peu nerveux.

— La classe de potions, en plein milieu de la journée ? Je crois qu'être ici sans permission c'est déjà assez d'aventure pour aujourd'hui. Je mène une vie simple et tranquille, désormais.

Il hocha la tête.
Les yeux de Drago effectuèrent un nouvel aller-retour entre le flacon et le visage de Potter.

— Ce soir.

Potter se lécha les lèvres.

— Après le couvre-feu. Va simplement… où tu veux. Je te trouverai.

Drago regarda à nouveau le flacon. Potter voulait du sexe. Du sexe. Avec pénétration, qui plus est. Son corps tout entier lui semblait soudait brûlant et collant de sueur.

— Ou peut-être que tu ne veux pas ?

Potter se pencha en avant et leurs nez cognèrent l'un contre l'autre. Tout ça était tellement ridicule que ça arracha un rire à Drago. Potter prit sa voix la plus grave.

— Parce que je suis Potter, ronronna-t-il avec un sourire taquin, comme si qui ils étaient n'avait véritablement pas d'importance.

— Je…

Il ne pouvait pas. A l'évidence, il ne pouvait pas simplement se laisser aller. Il fallait qu'il trouve quelque chose pour se sortir de là sans que ça mette Potter en colère.

Mais… Voilà qu'il se trouvait dans la classe de Potions avec la réserve de Slughorn à portée de main. Il pouvait choper un antidote aux sortilèges sentimentaux et le donner à Potter. Plus tard. Une fois qu'il aurait un plan pour se carapater. Ce rendez-vous était l'occasion parfaite.

— Ok, dit-il.

Le visage de Potter s'illumina comme un lever de soleil.
Il déposa un baiser rapide sur ses lèvres.

— Super. A ce soir, alors.

Il recula comme pour partir, mais Drago ne le laissa pas faire. Il avait enroulé ses bras autour de Potter, le maintenant dans une étreinte serrée. Il ne s'en était même pas rendu compte.

— Tu appelles ça un baiser ? demanda-t-il parce que Potter l'avait toujours détesté, et qu'il le détesterait encore plus après avoir bu l'antidote.

Alors un baiser de plus ou de moins… Pourquoi ne pas en profiter tant qu'il le pouvait ? C'est ce que Potter lui avait dit de faire en plus.

Potter n'avait pas besoin de davantage d'encouragement. Il entraîna Drago dans un baiser dévastateur qui n'avait rien à voir avec le truc vite fait dans le placard ou le baiser super doux de tout à l'heure. Celui-ci était lent et plein de promesses, c'était un baiser expert qui donnait l'impression à Drago d'être un débutant maladroit. Cela dit, une fois qu'il se détendit et se laissa aller, sa langue se mit à glisser contre celle de Potter avec une facilité déconcertante, comme si son corps avait un temps d'avance sur son cerveau et gérait la situation bien mieux que son esprit. Embrasser Potter semblait aussi instinctif que respirer.

— Mmh.

Potter sourit contre ses lèvres.

— D'un autre côté, je ne suis pas fait pour une vie simple et tranquille, et on a au moins une demi-heure devant nous.

Ses hanches s'incrustèrent davantage contre celles de Drago et il sentit que Potter bandait. Il se mit à paniquer, poussa légèrement Potter et se hâta de faire un pas en arrière.

— Tu me repousses encore, commenta Potter.

— C'est juste… Je…

— Ce n'est ni le lieu, ni le moment, finit Potter pour lui. Je sais, je blaguais, c'est tout.

— C'est ça. D'accord. A ce soir, dit Drago parce qu'il fallait vraiment que Potter s'en aille.

Il avait le sentiment désagréable que si Potter restait une minute de plus, Drago se mettrait à supplier pour qu'ils continuent. Les baisers de Potter étaient dangereux.

Potter n'avait pas l'air super content de se faire mettre à la porte, mais il hocha la tête.

— Je vais y aller en premier.

Il se mit à avancer vers la porte, à reculons.

— Il vaut mieux qu'on ne nous voie pas ensemble. Parce que je suis Potter et que tu es Malefoy.

Là-dessus, il sortit, et Drago s'effondra sur un banc pour reprendre sa respiration et se forcer à se calmer. Il avait survécu au Seigneur des Ténèbres, à la guerre et au feu ; il pouvait survivre aux baisers d'Harry Potter.