— Tu sais ce qui serait vraiment chouette ? demanda Drago. Que tu dises bonjour à Pansy, et que tu lui demandes comment elle va en ce moment.

Cette suggestion lui valut un regard en coin de la part de Potter. Il hocha la tête.

— Si, je t'assure.

Ils étaient étendus sur son lit dans le dortoir des Serpentard, avec encore pas mal de temps devant eux a priori. Blaise avait bien voulu occuper Nott et Greg pour qu'ils ne se pointent pas au dortoir. Ça ne l'enchantait pas, mais Drago avait fait une grimace triste et dit :

— Mon propre père m'a jeté un Oubliettes. Tu ne crois pas que je mérite un peu de réconfort ?

Blaise avait aussitôt fait remarquer qu'il était capable de reconnaître une tentative éhontée de manipulation psychologique, mais il avait quand même accepté.

— Est-ce que tu essaies de faire jouer tes relations ? demanda Potter d'un air faussement vexé.

Il souriait. Il avait l'air de très bonne humeur. C'était généralement le cas quand il venait juste de sauter Drago.

— Sans vergogne aucune.

— Mmh, je sais pas. Tu devrais y mettre plus d'efforts. Me proposer un truc tentant en échange.

— J'ai totalement l'intention de te récompenser. Maintenant que je sais ce que tu veux.

— Ah oui ? Et qu'est-ce que je veux ?

La main de Drago descendit en-dessous des couvertures, et vint se poser sur la hanche de Potter.

— Ce que tu voulais faire hier soir.

Potter plissa les lèvres.

— Ce truc pas bien du tout et très gay ?

— Précisément. Et tant qu'on y est, même si je suis désolé d'avoir dit ça, j'arrive pas à croire que tu aies pu penser que je trouvais que ça c'était pas bien et très gay, et que les autres trucs qu'on faisait ne l'étaient pas. En plus, c'était mon idée.

Potter fronça les sourcils.

— Comment je suis censé prédire ce qui se passe dans ta tête ? Tu t'es vu ? Je suis sûr que même toi tu n'arrives pas à gérer les incohérences de ta logique.

Drago ne pouvait pas nier. Pas après avoir passé deux jours à mitonner les théories les plus folles.

— Admettons. Mais quand même, maintenant que j'y ai réfléchi, je trouve ta réaction révélatrice.

Drago passa ses doigts plus bas pour caresser la peau douce de l'intérieur des cuisses de Potter et celui-ci s'agita.

— Comment ça, révélatrice ?

Potter avait l'air agacé, mais c'était probablement parce que Drago avait enlevé ses doigts. Son regard suivit le moindre de ses mouvements tandis que Drago attrapait sa baguette de l'autre côté du lit pour faire apparaître la fiole que Potter lui avait donnée la veille. Avec un sourire, Drago rejeta les couvertures et admira le corps nu de Potter tandis qu'il débouchait la fiole avec ses dents. Il versa le liquide dans sa paume d'un geste théâtral.

— Tu vois, dit-il sur le ton de la conversation en enduisant ses doigts de lubrifiant. Il m'a semblé que nos activités sexuelles étaient un peu monotones parce que tu es Harry Potter et que Harry Potter ne se la prend pas dans le cul. Et certainement pas celle de quelqu'un avec un passé aussi dégoûtant que le mien.

Drago fronça les sourcils.

— Ce qui en dit certainement assez long sur mes problèmes d'estime de moi, et je vais travailler là-dessus. Mais pas aujourd'hui.

Il eut un grand sourire.

— Mais ensuite, tu t'y es mis pour de bon – un lit, et des bougies et des draps en soie. Et tu t'es fait repousser.

Drago fit tss tss du bout des lèvres.

— Tu as fait une sacrée crise à ce propos. Et c'est la pauvre Granger qui a dû t'écouter.

Potter qui jusque-là l'avait écouté, comme hypnotisé, cligna des yeux.

— Comment tu sais ça ?

Drago fit un geste négligent.

— Je me faufile en douce, j'écoute les conversations privées. Tu fais la même chose alors ne me juge pas. La seule chose qui importe, c'est que je sais.

Drago glissa lentement sa main lubrifiée entre les jambes de Potter. La respiration de celui-ci accrocha, et son sexe à demi durci frémit. Il écarta les cuisses. Les doigts de Drago effleurèrent ses testicules, et puis descendirent plus bas, jusqu'à la raie de ses fesses.

— Je connais la vérité, et la vérité c'est que tu as la trouille.

Son doigt passa plus fermement entre ses fesses et il caressa doucement la peau un peu fripée qui se trouvait là.

— J'ai quoi ? demanda Potter.

Il essaya d'avoir l'air indigné, mais ça sortit davantage comme un hoquet troublé.

— Tu es mort de trouille, répéta Drago. Mort de trouille de me montrer à quel point tu crèves d'envie que je te baise.

Il pénétra Potter de son doigt et apprécia la pression qui l'entourait. Potter frémit. Il ferma les yeux et agrippa les draps. Il ne réfuta pas l'affirmation de Drago, et celui-ci se sentit encouragé. Il fit lentement aller son doigt plus loin.

— Cela dit, ça serait vraiment super si tu voulais bien le reconnaître, dit-il.

Il écarta les jambes de Potter de façon à pouvoir s'agenouiller entre elles.

— Pourquoi, si c'est tellement évident ?

Potter eut un petit hoquet et replia les jambes. Son corps se contracta autour du doigt de Drago.
Celui-ci avait une sacrée vue. Il pouvait voir son doigt sortir et rentrer, comme avalé par la peau rose et plissée. Le sexe de Potter, qui reposait maintenant lourdement sur son bas-ventre, frémissait chaque fois que Drago le pénétrait. Le moindre muscle de son corps semblait se contracter et se détendre tandis que Potter gigotait en réponse aux mouvements de Drago, tout en luttant de son mieux pour rester immobile.

— Parce que, dit Drago d'une voix très basse, ça me ferait plaisir de l'entendre.

Il retira son doigt et en mit deux à la place.
Potter eut un sursaut. Il s'arc-bouta et ses fesses décollèrent du lit.

— Je veux que tu me baises, lâcha-t-il. Oh putain, oui.

Drago sentit une partie de ses forces l'abandonner. Sa gorge était sèche. Il avait imaginé Potter disant ça, mais sans vraiment y croire. Surtout pas avec une telle avidité et une telle honnêteté dans la voix.

— Comment tu as pu croire que je ne voulais pas le faire ? Merlin, Potter, si tu pouvais te voir…

Drago se força à se taire avant de dire quelque chose de gênant. Son cerveau ne fonctionnait pas très bien. En même temps, avec Potter tout nu devant lui, qui agitait les hanches en réponse au moindre mouvement de Drago, c'était plutôt normal.
Potter parvint à ne pas rire.

— Je croyais que tu ne voulais pas mettre ton joli petit pénis de Sang Pur dans un endroit aussi sale et honteux.

Drago s'arrêta, ne sachant pas comment réagir. Il ne savait pas qu'est-ce qui était une blague, qu'est-ce qui était une pique, et si Potter ne venait pas juste d'avouer avoir encore des problèmes avec qui il était.
En même temps, ils avaient tous les deux des problèmes, et Potter était là, à laisser Drago le pénétrer de ses doigts et à adorer ça. Il n'y avait qu'une seule chose à mettre au clair.

Petit pénis ? demanda-t-il en ajoutant un autre doigt.

Le gémissement de Potter fut si sonore que Drago se demanda s'il ne devrait pas jeter un sortilège insonorisant. Mais il n'avait pas très envie de s'embêter avec ça à cet instant.

— Tu veux que je m'arrête et que j'aille chercher un mètre ?

— Non, non, non, gémit Potter en tordant les draps de ses mains.

Sa peau était luisante de sueur et ses cheveux encore plus en bataille que d'habitude. Il semblait incapable de rester immobile, gigotant en tous sens. Ses lèvres étaient rouges comme si elles avaient été mordues, et quand Drago apercevait ses yeux, ils étaient sombres.

— Il est gros. Très gros, balbutia-t-il, comme enfiévré. Tu as la plus grosse bite du monde.

Drago sourit et profita de la situation :

— Plus grosse que la tienne ?

— Tellement, tellement plus grosse, approuva Potter.

Il gémit tandis que Drago le pénétrait encore plus loin, écartelant son corps.

— Oh, vraiment. Tu vas pouvoir la prendre ?

— Oui. Ouiouioui.

— Très bien, alors.

Drago fit de son mieux pour calmer sa respiration et prit son sexe dans sa main. Il semblait vraiment plus gros et plus lourd que jamais, et Drago avait peur de le toucher, craignant que tout se termine au moment où il le ferait. Il frissonna en étalant le lubrifiant, mais il parvint à se contrôler.

Potter s'était tu et était devenu étrangement immobile. Il fixait le sexe de Drago du regard.

— Ça va aller, lâcha celui-ci, sans savoir si Potter avait besoin d'être rassuré où s'il allait être vexé que Drago pense que c'était le cas.

— Je sais. Je sais, dit Potter.

Il sourit, et cela donna indéniablement du courage à Drago.
Mais le courage n'aidait pas des masses pour essayer de calculer la meilleure position dans laquelle faire cela.

— Viens là, dit Potter.

Et il s'avéra que tout ce que Drago avait à faire était de rapprocher un peu ses genoux. Son corps sembla agir tout seul, ensuite. Il saisit Potter par les fesses et le tira contre ses cuisses. Potter était prêt, lubrifié et détendu. Drago appuya le bout de son pénis contre lui. Potter frémit.
Drago poussa, juste un peu, et Potter gémit. Alors Drago recommença, et gagna quelques centimètres. C'était le jeu le plus agréable auquel il ait jamais joué. Chaque poussée, chaque petite pression, chaque mouvement de ses hanches avait pour conséquence une réaction légèrement différente, un gémissement ou un hoquet surpris.
Drago aurait voulu continuer ce jeu encore longtemps, mais il ne pouvait pas pousser plus loin, il était arrivé tout contre Potter. Il ne s'était pas attendu à ça. Il s'était dit que ça serait serré et chaud, mais pas aussi serré et chaud que ça, et il ne s'attendait certainement pas à être si incroyablement conscient qu'il était à l'intérieur de Potter. Et que Potter voulait ça et n'était pas en train de le repousser.

Potter respirait fort, et son corps se contractait tandis qu'il s'ajustait à la sensation. Drago savait comment ça, ça faisait.

— Oh, que fait mon pénis dans cet endroit sale et honteux ! dit Drago.

Le rire essoufflé de Potter sembla parcourir son corps sous la forme de tremblements qui se répercutèrent sur le sexe de Drago.

— C'est pour ça qu'il a l'air de pas savoir quoi faire et qu'il reste immobile comme ça ?

Drago n'avait pas besoin de se le faire dire deux fois. Bougeant avec précaution, il s'appuya en avant et plia Potter en deux. Les jambes de celui-ci s'enroulèrent autour de lui, et ses talons s'enfoncèrent dans les fesses de Drago.

— Hey, dit Drago en contemplant le visage rougi de Potter.

Avant que celui-ci puisse répondre, Drago fit rouler ses hanches. Potter battit des paupières et sa main vint s'accrocher dans les cheveux de Drago.

— Recommence, pour voir, dit-il en posant ses pieds sur le lit pour se soulever.

Drago obéit. Il trouva rapidement un rythme dans ses va-et-vient que Potter suivit en lançant ses hanches vers le haut. C'était tellement bon. Trop bon. Drago fut saisit de panique en sentant son plaisir monter à une vitesse incroyable : il n'allait pas durer longtemps. Mais Potter fit passer une main entre leurs deux corps, et Drago put la sentir bouger frénétiquement contre son ventre. Les gémissements de Potter se faisaient plus forts à chaque mouvement.

Mais Drago jouit le premier malgré tout, un plaisir qui le terrassa, impossible à arrêter. La sensation reflua lentement ; ses muscles se détendirent, son corps se laissa aller. Il lui fallut un moment pour se rendre compte que Potter donnait toujours des petits coups de hanche, et que sa main essayait de bouger en dépit du poids de Drago.

— Attends. Attends, dit Drago en rassemblant ses forces.

Il descendit et donna une petite tape sur la main de Potter. Celui-ci ne semblait pas ravi de la retirer mais quand Drago se pencha de façon à ce que sa bouche plane au-dessus du pénis de Potter, il laissa retomber sa main avec un gémissement désespéré. Drago referma ses lèvres autour de l'extrémité de son sexe tandis que ses doigts jouaient avec ses testicules, avant de descendre jusque là où Potter était brûlant, ouvert, et collant de sperme. Il le pénétra de trois doigts et Potter cria, il parvint à articuler :

— Putain !

Et puis son corps se crispa autour des doigts de Drago et ses hanches tressaillirent. Il enfonça son sexe loin dans la gorge de Drago et jouit.

Drago se retira en étouffant. Ses yeux étaient pleins de larmes et il avala, la gorge douloureuse. Mais son agacement se dissipa devant la vue qui s'offrait à lui. Potter avait l'air perdu dans son plaisir, tel une épave tremblante, et il continuait à baiser les doigts de Drago avec des mouvements non contrôlés. Drago se mit à bouger ses doigts dès que Potter arrêta ses mouvements. Il adora la façon dont celui-ci gémit et s'agita, comme s'il ne savait pas s'il avait envie de lui échapper ou de le laisser aller encore plus loin en lui.

— Arrête arrête arrête, finit-il par décider, et Drago se retira avec un grand sourire.

Il remonta s'allonger à côté de Potter, et s'essuya machinalement la main sur les draps.
Potter lui jeta un regard de côté. Il n'avait pas encore repris le contrôle de sa respiration.

— Ce n'est pas la peine d'avoir l'air aussi satisfait de toi.

Drago rayonnait.

— Je t'ai fait voir les étoiles, admets-le.

— Où sont passés ces problèmes d'estime de soi dont tu parlais tout à l'heure ?

— Désolé, je ne peux pas répondre à cette question. Je suis trop occupé à remarquer que tu n'as pas nié avoir vu les étoiles.

Potter rit et ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose mais Drago se pencha et l'embrassa pour l'en empêcher. Potter ne parvint à émettre qu'un petit « hum » qui se transforma en un bourdonnement satisfait quand Drago approfondit le baiser.

— Cela dit, annonça Drago quand ils se séparèrent, il va falloir qu'on ait une sérieuse conversation à propos de tes hanches. Elles sont incontrôlables et carrément dangereuses.

— Ah bon ? J'ai souvenir que tu m'as montré ton appréciation de mes mouvements de hanches par le passé, souvent et à voix très haute.

— Il y a un temps pour tout.

Potter renifla.

— Très bien, alors. Une conversation sérieuse à propos de mes hanches. Qu'est-ce qu'on peut faire.

Drago bougea de façon à pouvoir caresser l'une des hanches en question.

— Eh bien, on pourrait les attacher.

— Mais si elles sont trop violentes et qu'elles parviennent à se détacher ?

— Alors il faudra qu'on les dresse. Plus on travaillera là-dessus, le mieux ça sera.

Potter étrécit les yeux.

— Est-ce que c'est ta façon de demander si on va recommencer ? Tu avais bien compris que c'était juste pour une fois ?

Drago cligna des yeux.
Potter éclata de rire. Agacé, Drago roula sur lui et le plaqua contre le matelas.

— Tu es vraiment un petit con.

Potter pencha la tête de côté, le regard adouci.

— Oui, mais ton petit con à qui tu as fait voir les étoiles.

Drago ne put réprimer un frisson en entendant ça.

— Je te promets que je ne vais pas te laisser oublier ça à nouveau.

Potter passa ses doigts dans les cheveux de Drago.

— Tu ferais mieux de tenir cette promesse.

Potter l'attira à lui.

— C'est juré.

Fin


Voilà, c'est tout pour cette fois !

La traduction de "Marque soeur" (le titre définitif sera probablement Tatoué sur mon cœur) avance. J'en suis à 2 chapitres, et je pense commencer à publier quand j'en aurais 4. Pour progresser, j'ai besoin de motivation et de temps. Pour la motivation, vos reviews aident énormément. Pour le temps, eh bien, vous pouvez m'aider à en dégager en me soutenant sur Tipeee. Je ne peux pas mettre de lien, mais vous trouverez en tapant "Tipeee Viviane Faure" sur Google. Bien sûr, les dons Tipeee financent la publication de mes textes originaux, mais mieux je gagne ma vie en tant qu'autrice, moins j'ai besoin de passer du temps sur des jobs purement alimentaires, et donc plus j'ai de temps à passer sur mes fics, donc indirectement, ça aide aussi à ma productivité en ces lieux. ^^

Et puis si vous êtes curieux de mon avancement, vous pouvez me suivre sur Twitter, (Viviane Faure, toujours), j'y parle pas mal de mes fics en ce moment.

À bientôt j'espère pour le lancement de Tatoué sur mon cœur ! :D