Ladybug quitte Chat Noir en lui affirmant qu'elle parlera à son ami dès le lendemain. Finalement, ce n'est que trois jours plus tard qu'elle trouve le courage d'appeler Adrien pour lui proposer de se rencontrer chez elle.

Que les choses soient claires : Marinette est une super-héroïne, aguerrie au combat et capable de se sortir des situations les plus périlleuses en un battement de cil. Elle n'est pas nerveuse à l'idée d'exposer son plan à son ancien camarade de classe.

Pas du tout.

Elle préfère juste se donner un peu de temps pour se convaincre qu'elle ne s'apprête pas à commettre une monstrueuse erreur, ainsi que profiter de ces quelques jours pour s'entraîner à plaider une crise de folie passagère au cas où les choses tourneraient à la catastrophe.

En toute honnêteté, Marinette n'a aucune idée de la réaction potentielle d'Adrien.

Se ridiculiser devant son fidèle coéquipier est une chose.

Le faire devant l'un de ses amis en est une autre.

Marinette sait que Chat Noir l'aime inconditionnellement. Elle pourrait se balader sur les toits de Paris vêtue d'un costume de poulpe rose à paillettes, armée d'une paire de pompons et chantant la Marseillaise qu'il ne la jugerait pas.

(Enfin, si. Il la jugerait certainement.

Mais il l'aimerait toujours.)

En revanche, elle comprendrait tout à fait qu'Adrien se pose de sérieuses questions sur sa santé mentale et qu'il décide de mettre une légère distance entre eux – ne serait-ce que par précaution.

Dommage qu'elle ne puisse pas se passer de sa coopération pour son plan.


Lorsqu'arrive enfin le jour fatidique de son rendez-vous avec Adrien, Marinette tient plus de la pile électrique shootée aux amphétamines qu'à la jeune femme sereine et débordant de confiance en soi qu'elle rêverait d'être.

Elle ne cesse de parcourir son appartement en long, en large et en travers, casse deux tasses en voulant ranger un peu histoire de tromper cette attente qui la rend folle, tombe presque en trébuchant sur une chaise et manque d'écraser la malheureuse Tikki par la même occasion.

C'est une mauvaise idée.

Une très, très mauvaise idée.

Comment Chat Noir a-t-il pu la laisser s'embarquer dans une pareille galère ?

Marinette est à deux doigts d'appeler Adrien pour tout annuler quand soudain, le bruit de la sonnette de sa porte résonne dans tout l'appartement.

La jeune femme aurait pu jurer qu'à cet instant précis, son cœur a bondit hors de sa poitrine avant de revenir se fracasser entre ses côtes. Il lui faut quelques secondes et une main machinalement posée sur son torse pour réaliser qu'elle ne vient pas de mourir foudroyée par une crise cardiaque.

Comme dans un état second, elle s'approche de l'entrée de chez elle, pose ses doigts sur la poignée de la porte et prend une profonde inspiration.

Ce n'est pas le moment de paniquer.

Marinette rassemble tout son courage et ouvre la porte pour faire enfin face à Adrien, qui la salue d'un geste nonchalant.

« Bonjour », l'accueille-t-elle avec un sourire crispé.

« Bonjour, Marinette », réplique joyeusement le jeune homme, avant de porter machinalement la main à sa bouche pour étouffer un léger bâillement. « Désolé », s'excuse-t-il aussitôt. « J'ai eu une séance photo qui s'est pas mal éternisée hier, je n'ai pas beaucoup dormi. »

« Tu veux un café ? », propose immédiatement Marinette, ravie de saisir une occasion de commencer ce rendez-vous avec un semblant de normalité.

Alors qu'Adrien accepte son offre avec un sourire reconnaissant, la jeune femme l'invite à le suivre dans son salon. Il faut impérativement qu'elle profite de ce bref instant de répit pour reprendre le contrôle de ses nerfs.

Mais hélas, entre les vœux pieux de Marinette et la triste réalité, il y a un monde.

Loin de se calmer, la jeune femme est au contraire la nervosité incarnée. Ses gestes sont fébriles, sa conversation fiévreuse, et elle renverse la moitié du contenu de sa cafetière sur son plan de travail. Et quand elle se dit que les choses ne pourraient pas être pires, elle renverse de nouveau du café sous le regard mi-indulgent, mi-soucieux d'Adrien.

« Est-ce que ça va ? », s'inquiète ce dernier en fronçant légèrement les sourcils. « Tu veux de l'aide ? »

« Non, non, ne t'en fais pas », le rassure aussitôt Marinette. « C'est juste… »

Marinette pousse un lourd soupir et se laisse tomber sur une chaise face à Adrien. Plus question de reculer à présent.

« C'est juste que je voulais te parler. »


A quelques détails près, la discussion que Marinette amorce avec Adrien ressemble atrocement à celle qu'elle a déjà eu avec Chat Noir.

La même gêne, le même rouge incendiaire sur ses joues, la même envie de s'enfuir pour aller mourir tranquillement de honte dans un coin.

Rarement Marinette s'est retrouvée aussi embarrassée devant son ancien camarade de classe (et ce malgré son lourd, très lourd passif d'adolescente énamourée), et elle n'a plus autant bafouillé devant lui depuis ses 16 ans.

Mais à sa grande surprise, au lieu de s'enfuir en courant comme le ferait certainement n'importe quelle personne sensée, Adrien l'écoute patiemment jusqu'à ce qu'elle ait fini son douloureux discours. Il l'écoute, ET, plus surprenant encore, il semble trouver son idée parfaitement raisonnable.

Marinette n'aurait pas pu être plus stupéfaite par la tournure des évènements.

« Donc, tu acceptes de jouer le rôle de mon faux petit ami le temps qu'Alya et les autres me laissent tranquille ? », insiste-t-elle en haussant un sourcil dubitatif, peu certaine qu'Adrien ait bien saisi le sens de sa requête.

Après tout, peut-être s'est-elle mal exprimée. Peut-être a-t-il mal compris.

Ou peut-être vient-elle juste d'avoir une hallucination auditive particulièrement réaliste (après tout, qui sait quelles conséquences exactes peut avoir une impressionnante dose de stress ?).

« Oui », approuve Adrien d'un ton décidé, enterrant les derniers doutes de Marinette.

La jeune femme ne pourrait pas être plus confuse.

Elle se serait attendue au mieux à un minimum d'hésitation, au pire à une injonction à consulter un psychologue de toute urgence. Pas à ce que tout se passe plus parfaitement que dans le plus parfait des scénarios qu'elle avait envisagés.

« Mais… Mais… Et ta copine ? », bredouille-t-elle lamentablement. « Je suis contente que tu acceptes de m'aider, mais… tu ne devrais pas en parler avec elle d'abord ? »

Sans se démonter le moins du monde, Adrien agite distraitement la main dans les airs en signe de dénégation.

« C'est un sujet dont on a déjà discuté », explique-t-il posément. « On est tous les deux célèbres et on tient tous les deux à protéger notre vie privée. Comme on ne peut dire à personne qu'on est ensemble, on s'est mis d'accord sur le fait de pouvoir utiliser une fausse relation si jamais la situation l'exige, juste le temps de faire diversion. A condition que la relation en question reste purement platonique, bien sûr », conclut-il avec un sourire en coin.

« Oui, bien sûr », acquiesce vigoureusement Marinette.

Après cette vive approbation, la jeune femme reste un instant silencieuse.

Quoiqu'inattendue, la remarque d'Adrien ne manque finalement pas de logique. Entre les journalistes, les fans et la constante pression du public, il est normal que sa compagne et lui aient déjà envisagé une façon de préserver au mieux le secret de leur relation.

Ils en ont certainement déjà parlé à de nombreuses reprises. Et probablement sur plusieurs mois.

Poussant un léger soupir, Marinette se laisse retomber contre le dossier de sa chaise. Manifestement, les faux couples sont une chose bien plus courante dans le monde des célébrités qu'elle ne l'aurait jamais cru.

Si elle avait su, elle se serait fait bien moins de soucis à l'idée de parler de son plan à Adrien.

« Pour être tout à fait honnête, ta demande tombe à pic », lui confie soudain son ami avec un petit rire. « J'étais moi-même en train de songer à quelque chose comme ça. Chloé insiste de plus en plus pour qu'on sorte ensemble et elle vraiment s'est mise en tête que mon père pourrait l'aider à me convaincre. De là à ce qu'il essaye de me forcer la main juste pour avoir la paix… », lâche-il avec une grimace.

« Oh, non ! », s'exclame Marinette, horrifiée.

« Du coup, tu comprendras que je suis très intéressé par ta proposition », conclut malicieusement Adrien.

« Et bien, tant mieux si on y trouve tous les deux notre compte », approuve Marinette avec un profond soulagement.

En toute honnêteté, jamais elle ne serait attendue à ce que les choses prennent une aussi bonne tournure.

A présent, elle se sent légère. Merveilleusement, incroyablement, miraculeusement légère. Toute sa nervosité s'est envolée, et elle peut désormais se concentrer sur la suite des évènements.

Son esprit se met en branle, parcourant une à une toutes les phases de son plan.

« Maintenant qu'on est d'accord pour faire semblant d'être en couple et sur le fait que ce sera une relation extrêmement platonique, je te propose de parler de combien de temps on devra jouer la comédie », lance-t-elle à son ami, suivant le fil de ses pensées.

« Marinette ! On vient à peine de décider de sortir ensemble et tu me parles déjà de rupture ? », s'exclame Adrien d'un ton faussement horrifié.

« Précisément », rétorque la jeune femme sans se démonter le moins du monde, tandis qu'Adrien éclate de rire.

« En tout cas, je vote pour que ce soit une rupture de commun accord », lui lance-t-il joyeusement, les yeux pétillant de malice. « Je tiens trop à ma vie pour risquer de me fâcher avec Alya. »

« Sages paroles », approuve Marinette en riant. « Et plus sérieusement, je pense aussi que c'est la meilleure solution », poursuit-elle en se passant distraitement la main sur le menton. « Je ne veux pas que nos amis se sentent obligés de choisir un camp si jamais on venait à simuler une dispute et je ne veux pas non plus faire semblant d'être fâchée contre toi. »

« Bien vu », acquiesce Adrien avec un léger hochement de tête. « Je propose donc qu'on parte sur le simple mais efficace 'On a vraiment essayé de s'investir dans cette relation et on y croyait très fort, mais finalement on s'est rendu compte qu'on n'était pas compatibles'. »

« Ça me va très bien », rétorque Marinette avec un sourire amusé.

« J'aurais le cœur brisé par cette belle mais impossible histoire », poursuit Adrien en posant dramatiquement sa main sur son torse, « et il me faudra certainement des mois pour m'en remettre. »

« Pareil pour moi », renchérit Marinette en souriant de plus belle. « Et ne m'en veut pas, mais je vais peut-être même pleurer une fois ou deux en te voyant après notre rupture. »

« Je te comprends », approuve Adrien d'une voix pompeuse, que contredit la lueur espiègle qui danse dans son regard. « Si je sortais avec quelqu'un d'aussi extraordinairement extraordinaire que moi, il me faudrait aussi des mois pour remonter la pente. »

Cette ultime pitrerie est tout ce qu'il fallait à Marinette pour éclater de nouveau de rire.


Après une brève négociation, Marinette et Adrien se mettent d'accord pour fixer la durée de leur fausse relation à six semaines. C'est suffisant pour justifier du sérieux apparent de leur couple et de l'intensité de leur future peine de cœur, sans pour autant les contraindre à jouer la comédie trop longtemps.

Ils passent encore quelques jours à peaufiner les derniers détails, avant d'annoncer à enfin tous leurs proches qu'ils sortent désormais ensemble.

Les réactions de leurs familles et de leurs amis ne se font pas attendre.

(Enfin, sauf en ce qui concerne le père d'Adrien, qui daigne à peine les gratifier d'un rictus dont ils ignorent s'il faut l'interpréter comme une marque d'approbation ou comme juste un signe qu'il a bien entendu ce qu'ils lui disaient.)

Les parents de Marinette prennent la nouvelle avec tant de joie que les deux jeunes gens culpabilisent presque de les tromper ainsi. Ils réussissent l'exploit de souhaiter à Adrien la bienvenue dans la famille, tout en lui donnant l'impression qu'il y a en réalité été adopté depuis des années.

Du côté du reste de la famille de la jeune femme, l'accueil est tout aussi chaleureux. Oh, certes, il y a bien un « alors, maintenant la prochaine étape c'est le mariage ? » qui fait grincer des dents à Marinette. Mais à cette unique exception, tous semblent d'accord pour laisser au couple fraîchement formé le temps de se découvrir un peu avant de lui faire subir de nouvelles pressions.

Chez les amis de Marinette et Adrien, les réactions sont elles aussi (presque) toutes très enthousiastes.

Alya, bien sûr, est extatique.

« OHMONDIEU ENFIN ! », hurle-t-elle avec tant de force que Marinette craint un instant avoir sacrifié ses tympans sur l'autel de sa fausse relation avec Adrien.

Mais heureusement pour elle – et pour son audition -, sa meilleure amie redescend aussitôt à un volume sonore à peu près acceptable.

« Je suis tellement, tellement contente pour vous ! », poursuit-elle en bondissant de joie. « Je savais que vous étiez faits l'un pour l'autre. »

Sans perdre un instant de plus, Alya se rue dans les bras de Marinette pour la serrer contre elle de toutes ses forces. Elle ne s'écarte d'elle que pour réitérer son geste avec Adrien, qu'elle libère après une dernière claque approbatrice sur l'épaule.

Les deux complices échangent un regard amusé devant tant d'excitation, avant de se décomposer complètement lorsque leur amie leur demande de s'embrasser devant elle pour pouvoir immortaliser ce glorieux moment.

Ce n'est qu'au prix d'une prétendue timidité qu'ils arrivent à négocier un chaste baiser sur la joue, qui, à leur grand soulagement, suffit à satisfaire les instincts journalistiques d'Alya.

Nino prend quant à lui la nouvelle bien plus sobrement.

(Ce qui n'est guère une surprise, dans la mesure où Marinette n'imagine pas comment il serait humainement possible d'avoir une réaction plus excessive que celle de sa meilleure amie.)

Mais s'il fait preuve de bien plus de calme qu'Alya, Nino n'en tient pas moins à faire savoir à ses amis qu'il est heureux pour eux. Il les félicite d'une rapide étreinte, tout en leur souhaitant sincèrement tout le bonheur possible pour cette nouvelle avancée dans leur relation.

Dans l'ensemble, les réactions de la plupart des anciens camarades de Marinette et Adrien sont dans la même veine que celle de Nino.

A la grande absence de surprise générale, Rose déclare qu'il s'agit là de la nouvelle la plus romantique qu'elle ait entendu ces dernières semaines. Elle est aussitôt secondée par Mylène, qui s'empresse d'affirmer qu'elle est elle aussi ravie d'apprendre la formation de ce couple inespéré.

De façon plus sobre – mais non moins sincère -, Juleka et Ivan se contentent quant à eux de marmonner quelques paroles de félicitations à l'attention de Marinette et Adrien.

Max se perd dans des probabilités dont le calcul n'a cessé de varier depuis la troisième.

Nathaniel félicite chaleureusement ses anciens camarades de classe.

Alix taquine joyeusement le jeune couple, Kim taquine joyeusement Alix - avant de se rappeler brusquement de dire à ses amis qu'il est content pour eux.

La seule exception à ce déferlement de retours positifs n'est nulle autre que Chloé.

(Ce qui, honnêtement, ne surprend personne.)

La réaction de la fille du maire est pour le moins… pittoresque.

La connaissant, Marinette s'attendait à des cris, des larmes, des hurlements de colère indignée. A la place, elle a plutôt droit à une attitude étrange, au croisement parfait entre la crise de nerf et un solide déni de la réalité.

Au début de la conversation, tout est normal. Chloé toise Marinette avec mépris, Marinette fusille Chloé du regard, l'air crépite d'une hostilité non dissimulée et le malheureux Adrien tente comme il peut de tempérer l'animosité des deux jeunes femmes.

Bref, rien de bien inhabituel.

Ensuite, vient la grande annonce pour laquelle Adrien et Marinette s'infligent ce pénible rendez-vous (seul moyen, hélas, de convaincre Chloé que quelqu'un n'a pas piraté le téléphone de son ami pour lui faire une terrible blague ou kidnappé le jeune mannequin pour le forcer à lui faire une fausse annonce).

« …ensemble ? », répète machinalement Chloé, refusant visiblement d'en croire ses oreilles.

« Oui », confirme Adrien avec un sourire timide, tout en passant un bras autour des épaules de Marinette pour mieux illustrer son propos.

Sans ajouter un mot de plus, Chloé se lève brusquement. Elle s'avance d'un pas mécanique vers un mini-bar qui trône dans un coin de la pièce, en sort une bouteille d'un liquide ambré, remplit un verre jusqu'à ras bord et vide ce dernier d'un trait avant de le reposer brutalement sur une table.

Alors que Marinette et Adrien échangent un regard inquiet, Chloé revient à sa place et se laisse tomber lourdement dans son fauteuil.

« Chloé, est ce que ça va ? », lui demande Adrien en se penchant instinctivement vers elle.

« Oui, bien sûr », rétorque sèchement la jeune femme. « Pourquoi est-ce que ça n'irait pas ? »

Elle croise les jambes, laisse échapper un reniflement irrité et passe sa main parfaitement manucurée dans sa chevelure blonde.

« Donc », reprend-elle laissant retomber son bras devant elle pour admirer ses ongles, « tu étais en train de me parler de la prochaine collection de ton père. »

Un silence gêné s'installe dans la pièce.

« Heu, non », la corrige Adrien en se passant la main derrière la nuque, « on parlait de… »

« De la prochaine collection de ton père », le coupe Chloé avec autorité.

De nouveau, Marinette et Adrien marquent une pause.

« Chloé… », soupire la jeune femme.

Mais faisant fi de l'intervention de sa visiteuse, la fille du maire reprend le fil de son discours. Elle parle mode, coiffure, shopping, vacances, éludant la moindre tentative de remettre la conversation sur ses rails initiaux et posant obstinément les yeux partout sauf sur Marinette.

Rapidement, l'évidence frappe le jeune couple.

Si elle parle volontiers avec Adrien, Chloé a manifestement décidé d'ignorer royalement la présence de celle qu'il présente désormais comme sa compagne. Seul le tic nerveux qui fait tressauter sa paupière trahit encore le fait que malgré ses efforts pour prétendre que Marinette n'existe pas, Chloé a parfaitement conscience qu'au contraire, Marinette existe.

Marinette ne saurait dire si cette soudaine indifférence est de bon ou mauvais augure.

Peut-être Chloé lui laissera-t-elle une paix inespérée.

Peut-être cette étrange attitude n'est elle que le prélude à la pire crise de rage que Paris n'ait jamais connu.

Finalement, décidant de ne pas forcer leur chance plus longtemps, Marinette et Adrien prennent congé de Chloé.

La fille du maire ordonne à son majordome d'aller chercher la veste d'Adrien – obligeant Marinette à aller chercher elle-même ses affaires à la réception -, remercie son ami pour ce charmant tête-à-tête et claque la porte derrière Marinette avec tant de force que la jeune femme peut entendre le panneau de bois vibrer dans son dos.

Digérant doucement les évènements de cet étrange rendez-vous, les deux jeunes gens sortent du bâtiment où loge Chloé.

Ils descendent lentement la rue, marchant bras dessus, bras dessous par mesure de précaution. Une pareille proximité n'est peut-être pas nécessaire, mais ils connaissent trop de monde dans cette partie de la ville pour se permettre de prendre le risque de compromettre leur couverture.

« Bon, dans l'ensemble, les choses se sont plutôt bien passées », lance finalement Adrien avec un sourire timide.

« Oui », approuve Marinette en laissant échapper un soupir de soulagement. « Maintenant, plus que six semaines à tenir ! »