Coucou tout le monde. Me revoilà avec le chapitre 3. J'ai eu du mal à le terminé. Je n'arrivais pas à me décider sur la fin et j'avoue l'avoir modifié plusieurs fois. Celle-ci est celle qui me convenait le plus, alors je vous la livre.

Bonne lecture, ou tout du moins je l'espère.


Chapitre 3

Harry mentirait s'il disait réellement s'inquiéter pour son professeur de potion. Après tout, celui-ci, bien que désigné comme « protecteur », était loin d'être tendre avec lui à Poudlard. Et puis, surtout, Harry n'arrivait pas à imaginer que Rogue, espion depuis presque dix ans, ait pu se laisser prendre. Mais jamais il n'avouerait aux autres la considération qu'il portait à cet homme.

Bien sur, Severus Rogue était un connard acariâtre, un professeur tyrannique mais il n'en restait pas moins un espion sacrément doué et un sorcier au très bon niveau. Alors oui, Harry ne le supportait pas mais il reconnaissait sa valeur. Sans lui, l'Ordre n'aurait jamais pu survivre aussi longtemps et, par la même occasion, lui non plus. Le jeune sorcier n'oubliait pas qu'il devait parfois son salut à cet homme qui, malgré tout, le protégeait aux mieux. Néanmoins, il n'irait pas jusqu'à dire qu'il faisait totalement confiance à Rogue (il était réaliste, pas fou).

Il devait également avouer qu'il ne comprenait pas l'inquiétude des membres de l'Ordre. Après tout, simplement parce que l'information de l'attaque prévue à son encontre ne venait pas de Rogue ne voulait pas obligatoirement dire qu'il avait été découvert. En y réfléchissant bien, si la couverture de Rogue était tombée, personne n'aurait été au courant de l'attaque. Et puis, Voldemort ne se serait pas gêner pour leur annoncer la nouvelle.

Mais pendant que les membres s'agitaient dans la cuisine, Harry se préoccupait plus du fait qu'une tierce personne était intervenue dans l'histoire. Si on se posait la question, qui parmi les Mangemorts, à part son professeur de potion, était dans leur camp ? Personne à sa connaissance. Si l'information avait été donnée par une autre personne que Rogue, celui-ci avait un complice depuis longtemps et n'en avait informé personne. Et il avait beau se triturer le cerveau, personne ne lui venait à l'esprit.

« Bon, nous devons nous calmer, déclara soudainement Remus. La priorité en ce moment, c'est de mettre Harry en sécurité. »

A l'entente de son prénom, Harry releva la tête et il put voir Maugrey acquiescer.

« Il est en sécurité ici, s'agaça Molly. Dumbledore a lancé des sorts de protection autour de la maison.

-Les boucliers se détruisent, fit remarquer Tonks. Aussi fort soient-ils, ces sorts ne sont pas indestructibles et à un moment ou à un autre, les Mangemorts réussiront à passer. De plus, n'oublions pas qu'ils connaissent cet endroit et ils savent parfaitement que Harry vient souvent s'y réfugier. Alors, niveau planque, nous avons vu mieux. »

Harry s'amusa du rouge qui s'étala sur le visage de Molly et celle-ci aurait sûrement répliqué si Arthur n'était pas intervenu pour adhérer à ces propos. Il résonna calmement sa femme qui, au bout de plusieurs minutes d'argumentations infructueuses, se résigna. Le jeune sorcier suivait tout cela sans dire un mot, sachant parfaitement qu'il ne pouvait pas rester ici. Même si au fond, il l'aurait souhaité. Car il savait où les membres allaient l'emmener. Et plus il y songeait, et plus il se disait que ce serait une très mauvaise idée pour son morale. Mais quelle meilleure planque que le Square Grimmauld ?

« Harry, dit doucement Remus. Je sais que cela va être dur d'y retourner depuis la mort de Sirius mais nous n'avons pas réellement le choix. »

Harry avait réussi à surmonter son chagrin suite au décès de son parrain, mais il ignorait s'il allait avoir la force d'y résister en retournant dans des lieux imprégnés de son souvenir. Hermione posa une main sur son épaule qu'elle serra doucement, lui montrant son soutien. Et il devait bien se l'avouer, cela le rassura. Il ne serait pas seul là-bas. Jamais Ron et Hermione ne le laisserait y aller sans eux.

« Quand partons-nous ? Demanda-t-il simplement.

-Demain, à l'aube. Pendant que Hermione, Ron, les jumeaux et toi vous rendrez à Square Grimmauld, nous irons chercher tes affaires restées chez toi. Cela te convient-il ?

-Attendez un instant, intervint une nouvelle fois Molly. Si Severus a bien été capturé, Vous-Savez-Qui saura bien assez vite où se trouve notre QG.

-Peut-être, soupira Remus. Mais cela reste la meilleure planque que nous ayons pour le moment. Si les Mangemorts débarquent, avec toutes les protections que nous avons mises en place, nous aurons le temps de voir venir. Et on agira alors en conséquence. Molly, arrête de t'obstiner. La décision est prise. Harry partira demain, avec ou sans ton accord.»

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Lucius sentait bien qu'une lourde atmosphère pesait sur son manoir. Il avait d'abord pensé que le Maître était déjà au courant que l'opération avait échouée et il s'attendait donc à le voir apparaître brusquement, en lançant des Doloris à tout va. Mais après avoir angoissé durant plusieurs minutes dans son salon, il devait bien se rendre à l'évidence. Voldemort ne descendrait pas pour l'instant.

Et cela ne voulait dire que deux choses pour Lucius. Soit Severus avait réussi son coup et avait filé avec le médaillon. Soit il s'était fait prendre. A cette idée, il sentit sa gorge se serrer. Il ignora les regards qui se tournèrent vers lui lorsqu'il commença à se tordre les doigts d'angoisse. Au diable les manières malfoniennes ! Son ami était peut être en train de se faire torturer en ce moment même.

Lucius tendit l'oreille, cherchant à percevoir des gémissements ou des plaintes de douleurs. Mais il n'entendit rien. Bon, si Severus était entre les mains de Voldemort, Lucius doutait fortement que ce dernier ait lancé un sort de silence pour camoufler les cris du traître. A bien y réfléchir, il l'aurait sûrement torturé devant une assemblée, pour assoir son autorité. Et surtout parce qu'il y aurait prit un plaisir sadique. Légèrement rassuré, le Mangemort cessa de se maltraiter les doigts.

Mais il se raidit aussitôt. C'était sûr maintenant. Ils allaient tous passer un très sale quart d'heure. Que Merlin ait pitié d'eux ! Celui-ci devait être parti en vacance, puisqu'à peine eut-il formulé cette pensée qu'il vit apparaître le Seigneur des Ténèbres. Un frisson de peur le parcourut lorsque le regard rouge de son Maître passa sur lui. Et il en déduit que les autres paniquaient tout autant que lui en les entendant prendre une brusque respiration. Puis, comme un seul homme, ils s'agenouillèrent au sol, fixant le tapis.

Lucius pouvait se vanter d'avoir survécu à beaucoup de colère de Voldemort sans en sortir trop amoché. Et quand il disait beaucoup, c'était loin d'être un euphémisme. Après tout, ce mage était l'un des plus coléreux qui ait pu exister, ça, il ne pouvait en douter. Mais après toutes ces années d'expérience, le Mangemort se doutait que cette colère atteindrait le paroxysme de la cruauté dont le Maître pouvait être capable. Habituellement, ce dernier se positionnait devant eux, le visage figé et le regard froid avant de commencer un discours doucereux qui ne manquait pas à chaque fois de faire frémir l'assemblée. Et seulement après il explosait de colère.

Sauf que cette fois, Voldemort montrait déjà sa colère. Ses yeux s'assombrissaient à chaque inspiration, son visage blanc s'était contracté. Merlin qu'à l'instant même il était laid…et terrifiant ! Certes, le Seigneur des Ténèbres terrifiait constamment tous ceux qui l'approchaient. Mais ce soir, Lucius en aurait presque fait une crise cardiaque. La peur l'assaillait, le figeait sur place. Il sentait les battements irréguliers de son cœur, sa respiration erratique. Il en était presque à regretter d'avoir fait échouer la mission.

« Vous n'êtes que des incapables ! » Hurla Voldemort, faisant sursauter Lucius qui se crispa d'autant plus.

Il leva sa baguette et envoya plusieurs Doloris. Lucius frémit en entendant plusieurs corps chuter au sol puis des hurlements de douleurs. Le Seigneur des Ténèbres continua à lancer des sorts, tout en les insultant, et soudain, Lucius s'écroula à son tour. La torture continua durant un long moment, au point qu'il se demanda s'il ne deviendrait pas fou à la fin de la séance.

« Comment avez-vous pu échouer de la sorte ? Continua Voldemort, dans un sifflement de rage. Vous êtes la honte des Mangemorts. En cet instant, Queudver est bien plus utile que vous, c'est dire à quel point vous n'êtes que des incompétents ! »

Il resta quelque instant silencieux, savourant les cris résonnants dans le salon, avant de reprendre, d'une voix plus douce, presque venimeuse :

« D'ailleurs, en parlant de rat, il est temps de nourrir Nagini. »

Il cessa les sorts et regarda ses Mangemorts, tremblant et gémissant, se redresser tant bien que mal pour reprendre leur position initial. Essoufflé, le corps endoloris, Lucius prit quelque instant pour reprendre ses esprits. Et il se risqua à jeter un rapide coup d'œil à son Maître. Celui-ci, habituellement, étirait ce qu'il restait de ses lèvres en un sourire cruel. Mais le Mangemort n'y trouva rien de tel. Juste une colère gigantesque qui tordait son visage.

« Par Merlin, on est mal, pensa Lucius. Au moins, cela confirme bien ma théorie pour Severus et le médaillon. Mais par pitié, qu'il n'applique pas réellement sa menace ! »

Voldemort produisit un sifflement strident, qui donna la chair de poule à Lucius et se fit se dresser les cheveux sur sa nuque.

« Merde. Il utilise le Fourchelang. »

Lucius vit avec effroi Nagini ramper jusqu'à son Maître. Il sembla écouter les paroles de Voldemort qui continuait de produire le même sifflement aigue. Le serpent se tourna alors vers les Mangemorts.

« Je vous avais prévenu, reprit le Seigneur des Ténèbres. Je ne tolérerais pas l'échec. Quoique, aujourd'hui, vous faites un heureux, n'est-ce pas mon cher Nagini. Bien, qui va donc servir de repas ? »

Son regard glissa sur les Mangemorts et Lucius pouvait jurer qu'il s'était attardé un peu trop sur sa personne. Il déglutit à grande peine et ferma brusquement les paupières, comme si cela pouvait écarter toutes menaces. Quelques instants plus tard, il entendit de nouveau Voldemort parler en Fourchelang.

« Severus, si je meurs, je reviendrais te hanter jusqu'à te rendre fou. »

Alors qu'il maudissait son ami pour avoir entraîner cette situation – la raison plus que valable du vol étant très loin dans son esprit –, il sentit avec affolement une peau écailleuse frôler sa main. Puis, il eut presque honte du soulagement qui le prit lorsque Nagini ne s'intéressa pas à lui. Presque.

« Relevez les yeux, ordonna sèchement Voldemort. Regardez le spectacle que je vous offre. »

Avec réticence, les Mangemorts obéirent. Lucius fut le dernier à redresser la tête et ses yeux parcoururent son salon, à la recherche de la victime du serpent du Mage Noir. Il ne pouvait nier qu'au fond, il était satisfait de ne pas avoir été choisi et qu'il remerciait celui qui serait sacrifié. En mourant, il lui permettait de survivre un jour de plus.

Nagini s'arrêta près de Jugson, qui prit brusquement un teint cadavérique. Le serpent se jeta sur sa gorge, crocs dehors. Lucius vit avec horreur ces derniers s'enfoncer dans sa carotide, laissant son venin s'échapper dans le corps du malheureux. Puis Nagini arracha une partie du cou de la victime, sa tête se faisant éclabousser par le sang carmin. Beaucoup de Mangemorts fermèrent les yeux devant la scène.

« J'ai dit d'observer, cria Voldemort. Ouvrez les yeux… Ouvrez-les ! »

Lucius qui s'était fait violence pour soutenir la vision retint un haut le cœur. Jugson s'était écroulé, gesticulant dans tout les sens, une flopée de sang s'échappant de sa gorge arrachée. Très rapidement, son corps cessa de se mouvoir, s'affalant tel une marionnette aux fils coupés. Nagini sembla siffler de satisfaction.

« Mon cher Nagini, combien de part en veux-tu ? »

En l'entendant, Lucius se tourna légèrement vers lui, se demandant ce qu'il se passait dans la tête de son Maître, effrayé par ce qu'il voulait dire par là. Le serpent lui répondit et Voldemort leva sa baguette. Le Mangemort hésita à regarder de nouveau Jugson mais quand il entendit un gémissement d'horreur à sa droite il se résolut, pris d'une curiosité morbide. Un sortilège avait fait se séparer les deux bras du corps du pauvre malheureux. Ce dernier continuait de se vider de son sang alors que Nagini s'en rapprochait de nouveau. Son ventre glissa sur la flaque rouge qui s'était formé et attendit. Dès que le Seigneur des Ténèbres transforma les bras inertes en rats morts, le serpent ouvrit sa gueule et, l'un après l'autre, avala les membres métamorphosés, son corps rampant dans le sang.

Une fois le repas terminé, Voldemort rappela son serpent près de lui et jeta un regard froid à ses Mangemorts. Ceux-ci avaient les yeux fixés sur le cadavre au milieu du salon, dont le sang commençait à s'imprégner dans le tapis, y laissant une trace qui sera sans doute indélébile.

« Vous vous occuperez de ça, et sans magie, déclara-t-il. Je ne doute pas dorénavant que vous ferez mieux la prochaine fois ou sinon le repas de Nagini risque d'être plus copieux. »

Il se détourna d'eux, laissant sa menace en suspend. Lucius, quand il considéra qu'il avait attendu assez longtemps et que son estomac ne pouvait plus tenir, se leva précipitamment, rapidement suivit par d'autres. Ne pouvant plus supporter la vision devant lui, il quitta la pièce d'un pas qu'il tenta de maîtriser misérablement. Il monta les escaliers aussi vite et aussi silencieusement possible puis, une fois à l'étage, se précipita vers sa salle de bain, claquant la porte derrière lui. S'agrippant au lavabo, il vomit.

Quand il n'eut plus rien dans l'estomac, il se lava le visage et se rinça la bouche pour s'enlever le goût amère qui s'y était installé. Lucius releva lentement la tête et se trouva affreusement plus pâle que d'habitude dans le miroir.

« Par Merlin ! Il faut vraiment que je parte. »

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Il s'était bien douté que le médaillon ne serait pas sans protection, mais il avait compté sur le sentiment de sécurité de Voldemort, qui, sous toute logique, n'aurait pas mis toute sa puissance dans les sortilèges. Or, Severus devait bien avoué qu'il s'était lourdement trompé. Certes, il avait bien réussi à voler le médaillon, mais à quel prix ! Sa réserve de magie était totalement épuisée et c'était par pur miracle qu'il avait pu transplaner pour quitter le manoir en entendant les pas de Voldemort se rapprocher précipitamment de la chambre. D'ailleurs, il ne se souvenait plus de l'endroit auquel il avait pensé en transplanant.

Pour récupérer le médaillon, il avait tout d'abord dû faire face à un bouclier qui se désactivait au contact du sang. Classique. Puis un sort de barrière de feu. Severus s'était laissé surprendre et ses manches n'y avaient pas survécu. Et encore, il s'en sortait bien. Ensuite, il avait dû puiser une grande partie de magie pour réussir à annuler le sort d'ancrage et pouvoir prendre le médaillon. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est les sortilèges de Sectusempra en attente, qui ne devaient s'activer que si l'objet était retiré par un autre que son propriétaire. Il avait bien fini par faire un bond en arrière pour s'éloigner de la zone active mais sans avoir été touché plusieurs fois. Mais, bien que les entailles soient profondes, sa vie n'était pas en danger dans l'immédiat. Il en avait connu d'autres. Par contre, il avait frôlé la catastrophe. Un sortilège avait failli le toucher à la gorge, ce qui lui aurait entaillé la jugulaire. Chose qui aurait été très mauvaise. Il utilisa ce qu'il lui restait de magie pour lancer un sortilège gelant sur les blessures qui pourraient très vite devenir dramatique. Le sang de ces dernières, sous l'effet de la magie, cessa de couler. Mais Severus savait que ce ne serait pas éternel. Le sort pourrait rester en place tout au plus une heure. Et encore, ce n'était pas sûr vu l'état de sa réserve magique.

Mais, actuellement loin du Manoir, il devait gérer deux autres problèmes. Premièrement, la colère d'Albus quand il apprendrait qu'il ne pourrait plus assurer son statut d'espion. Car, même si Severus avait réussi à partir avant que Voldemort ne pénètre dans sa chambre, celui-ci avait passé tellement de temps près de son aura magique qu'il saurait très rapidement reconnaître l'identité du voleur. Fini les renseignements pour le compte de l'Ordre. Et, si Lucius l'avait aidé sur ce coup là – du moins l'espérait-il –, il doutait fortement qu'il ne recommence. De plus, ils auraient désormais du mal à communiquer. Voldemort connaissait parfaitement leur amitié et surveillerait de près le Mangemort.

Deuxièmement, savoir où il se trouvait et le moyen de rejoindre le QG de l'Ordre. En plus de sa magie épuisée, il n'était pas vraiment en état de se déplacer. Son corps le faisait atrocement souffrir du fait de ses blessures et sa main serrant le médaillon le brulait. Écartant légèrement quelques doigts de sa prise, Severus comprit avec horreur que ce n'était pas qu'une sensation due à la magie noire. Sa paume était recouverte de cloques qui menaçaient de se percer. Le sorcier ne doutait pas que s'il ne se soignait pas rapidement, sa main serait très bientôt brûlée au troisième degré. Mais il ne pouvait pas lâcher le médaillon. Celui-ci, en raison du sortilège d'Attraction permanent qu'avait lancé Voldemort dessus, retournerait immédiatement près de lui et Severus aurait tout fait pour rien. Et c'était hors de question.

Severus se mit à réfléchir, observant les alentours. Il avait transplané dans une ruelle qui semblait à priori déserte. Ce qui l'arrangeait. Il n'était pas envisageable de demander de l'aide avec son bras portant la marque des Ténèbres dénudé. Maladroitement, Severus s'appuya contre le mur auquel il était adossé pour se relever. Il ignora le tremblement de ses jambes et avança prudemment pour atteindre le bord de la ruelle où il voyait des passants. Restant le plus possible dans l'ombre, et sa tenue sombre aidant, il faisait tout pour ne pas se faire voir. Il ignorait encore s'il se trouvait chez les Moldus ou chez les Sorciers. Dans les deux cas, il fallait absolument qu'il ne se fasse pas remarquer. Des yeux, il chercha un panneau, une indication de l'endroit où il se trouvait. Tout en ignorant la douleur sans cesse grandissante que lui procurait le médaillon et les blessures sur son corps. Il avait toujours aimé porté du noir et ce soir, il s'en félicita d'autant plus que cette couleur camouflait en grande partie les tâches de sang qui se formait sur sa tenue. Quand il obtint sa réponse, il recula de nouveau au fond de la ruelle, toujours aussi lentement. Mais cette fois, plus par fatigue que par réelle précaution.

Maintenant qu'il savait où il se situait, il fallait prévenir des membres de l'Ordre. A coup sûr, ces derniers pensaient qu'il avait été découvert puis capturé par Voldemort. Puis il se souvint du Galion de communication dans sa poche. Suite à la création de la jeune Granger, Dumbledore avait demandé à ce que les membres de l'Ordre en garde toujours un sur lui. En cas d'urgence. Quand Lucius avait appris son existence, sa première réflexion avait été de dire que le Directeur de Poudlard pouvait parfois avoir un bon résonnement. Bien qu'il répugnait à demander de l'aide, Severus devait bien s'avouer qu'il n'avait pas d'autre choix s'il ne voulait pas mourir. Alors il se résigna à le sortir et rédigea un message le plus concis possible.

« Blessé. Ruelle à Tottenham Court Road. SS »

N'y tenant plus, Severus se laissa glisser au sol. Il était tellement fatigué. Et sa main qui continuait de le brûler. Merlin qu'il avait mal. Et même pas assez de magie pour se soigner. Il se reposa un long moment contre le mur, guettant les secours. Il resta ainsi presque une heure, la fatigue l'envahissant petit à petit. L'espion finit par sentir avec horreur son sort gelant cesser d'agir et il appuya immédiatement sur sa blessure au ventre pour tenter d'arrêter l'hémorragie tout en continuant à tenir le médaillon. Mais il n'avait pas assez de main pour s'occuper de ses autres blessures. Rapidement, un tournis le prit et Severus se demanda si on le retrouverait à temps, avant qu'il ne se vide de son sang et finisse par en mourir. Au bout de quelques minutes, des points blancs brouillèrent son champ de vision et il eut l'horrible impression que le sol disparaissait sous lui. Le sorcier savait qu'il pouvait s'évanouir à tout moment.

Il était encore assez conscient quand Remus et Arthur apparurent devant lui, essoufflés. D'instinct, Severus camoufla sa main tenant le médaillon dans sa manche.

« Merde ! Severus, que t'es-t-il arrivé ? » S'exclama Arthur Weasley.

Son état n'empêcha pas Severus de lui lancer un regard noir qui voulait clairement dire : tu ne crois pas qu'il y a mieux à faire pour l'instant.

« On n'a pas le temps pour ça, » Rétorqua Remus en sortant sa baguette.

Il jeta rapidement plusieurs sorts de soin avant de se pencher vers lui pour l'inspecter rapidement.

« Bien, les blessures ne saignent plus mais tu vas avoir des cicatrices Severus… Ne me jette pas ce regard, je sais bien que tu t'en fous royalement. Arthur, aide-moi à le soutenir tant qu'il est encore conscient. Nous allons le ramener au QG. »

Arthur acquiesça immédiatement et, de concert, les deux hommes soulevèrent l'espion avant de le maintenir debout. Les jambes de Severus se dérobèrent sous son poids et, sans eux pour le soutenir, il se serait écroulé. Il se sentait tellement faible, tellement misérable en cet instant.

« Tu as intérêt à rester conscient, mon vieux, continua Remus. Le transplanage va être horrible pour toi mais tu vas devoir le supporter. Dumbledore veut absolument te questionner avant de repartir pour plusieurs jours.

- Rien à foutre de ce qu'il veut, réussit à marmonner Severus.

-Tu lui diras toi-même. »

Sur ces paroles, Remus fit signe à Arthur et ils transplanèrent. Quand ils arrivèrent au Square Grimmauld, Severus se défit brusquement de leur emprise et, s'écroulant à genoux, vomit. Le transplanage n'était vraiment pas une bonne idée dans son état. Lupin l'aida à se redresser et, sans faire un commentaire, nettoya son visage et le sol d'un sortilège.

« On t'emmène là-haut. Tiens le coup. Nous allons très vite te remettre en état. »

Arthur le reprit par le bras et ils le transportèrent à l'étage, y allant doucement pour ne pas lui donner plus le vertige. Après avoir traversé le couloir, ils entrèrent dans une chambre inoccupée et le déposèrent sur le lit, l'aidant à s'allonger.

« Qu'est-ce qu'il est pâle, marmonna Arthur, penché au-dessus de lui. Tu penses pouvoir tenir le coup Severus ? »

Ce dernier s'abstint de répondre. Maintenant qu'il se trouvait au QG, il se demandait si Lucius avait prévenu Dumbledore de l'attaque contre le jeune Potter. Si c'était le cas, ce dernier devait sûrement se trouver ici. Et Severus devait absolument le voir pour lui parler tant qu'il arrivait à avoir l'esprit assez clair. Connaissant parfaitement les limites de son corps, l'homme savait qu'il ne pourrait pas rester éveillé encore bien longtemps. C'était déjà assez dur de garder conscience alors que son corps ne réclamait qu'une chose, que son subconscient prenne le relais. Il ne pourrait pas rester ainsi éternellement. Mais comment faire ? Il n'eut pas le temps d'interroger les deux hommes que ces derniers quittaient la pièce, l'un précisant aller chercher Dumbledore alors que le second allait informer les autres membres de l'Ordre de leur retour. Il se demandait ce qu'il allait faire quand une tête passa le bas de sa porte. Et, pour la première fois de sa vie, Severus trouva une qualité à un Potter.

« Potter, approchez et ne dîtes rien, demanda-t-il doucement. Je ne pourrais pas parler éternellement. Je suis épuisé et je n'attends qu'une chose : me reposer. »

Ce dernier, bien que sa curiosité le poussait à l'interroger, fit ce que son professeur de potion demandait. Severus le vit se pencher vers lui et crut avoir imaginé l'inquiétude qui perçait dans le regard vert au-dessus de lui. Il sortit sa main tenant le médaillon de sa manche et quand il la leva vers le jeune sorcier, il lui sembla qu'il soulevait un objet de plusieurs kilos.

« La confiance est quelque chose que vous ne m'avez jamais accordé, mais pour l'amour de Merlin, cette fois, j'ai besoin que vous me fassiez confiance Potter. Et si ce n'est pas pour l'amour de Merlin que vous le faîte, faîte le pour l'amour de votre mère. Non, ne dîtes rien. Prenez ce médaillon et mettez-le dans une boite scellée par le sortilège le plus puissant que vous pourrez lancer. Ce n'est pas un piège de ma part, je le jure. Et surtout, Potter, j'ai besoin que vous n'en parliez à personne. Ni à Dumbledore, ni aux membres de l'Ordre, ni à vos amis.»

Malgré ces paroles, Potter ne semblait pas résigner à prendre son fardeau. Et il parût encore moins enthousiasme en apercevant à travers ses doigts écartés l'état de sa paume. Son bras se faisait de plus en plus lourd et, quand Severus réalisa qu'il ne sentait plus la moindre douleur dans son corps, il sût qu'il allait très bientôt perdre connaissance.

« Il n'aura pas le temps de vous blesser si vous le mettez immédiatement en sûreté, reprit-il néanmoins. Je l'ai juste tenu trop longtemps. Prenez-le Potter. »

Constatant l'hésitation du sorcier, Severus se résigna à utiliser sa dernière arme, quitte à nier ces paroles par la suite, les mettant sur le compte de son état actuel. Il leva un peu plus sa main vers le jeune homme et la posa contre la sienne, le forçant presque à attraper l'objet.

« Prenez-le et n'en parlez à personne. Je vous en supplie. »

Finalement, la main de Potter s'ouvrit et il y déposa le médaillon, y laissant sa paume jusqu'au moment où les doigts du jeune sorcier se refermèrent dessus. Satisfait, il laissa retomber son bras et ferma les yeux, se laissant enfin aller à la fatigue. Severus se sentit partir, ayant l'affreuse sensation que le lit disparaissait sous lui puis plus rien.