Note de l'auteur :

Bonjour (ou bonsoir) tout le monde, cela fait un moment dis donc. Même un très long moment je crois. La dernière fois remonte à…

Euh, aussi longtemps que ça ?

J'aimerais bien vous dire que mon absente est due à un internement dans un asile ou à un kidnapping par des extra-terrestres. Mais bon, avouons-le, je ne leurrerai personne avec ça.

Du coup, je m'excuse platement.

A genoux même si vous le souhaitez (mais ayez pitié, penser à ces petits genoux qui, eux, n'y sont pour rien).

J'ai été pas mal prise, entre mes études et mon travail en parallèle (plus des petits soucis du quotidien). Bon, comme tout le monde me direz-vous. Mais rassurez-vous ! Ma dernière année d'étude touche à sa fin et ça va déjà grandement allégée mon emploi du temps. Je vais pouvoir reprendre du service et vous évitez un aussi long moment d'attente. Le chapitre 5 est déjà bien avancé, pour ne pas dire qu'il est presque terminé. Néanmoins, je ne m'avance pas sur le délai de publication mais j'ai bon espoir pour la suite.

Surtout que je sais que vous êtes légèrement intrigué par mon histoire qui, pour l'instant, n'avance pas assez pour vous donner des explications. Ça viendra, je vous le promets. Et puis, je vous rassure, je ne compte pas laisser tomber cette histoire (connaissant déjà toutes les grandes lignes et ayant deux idées de fin, ça serait dommage tout de même !).

Sur ce, je vous réitère mes plus sincères excuses pour cette désertion et vous souhaite bonne lecture !


Chapitre 4

Il l'avait supplié.

Harry n'en revenait toujours pas. Jamais il n'aurait pu imaginer, ne serait-ce qu'un jour, qu'un homme de cette envergure supplie. Et qu'il le supplie, lui ! Dans son esprit, Rogue ne s'y serait jamais résolu, même face à la Mort elle-même. Cela ne concordait pas à l'image qu'il avait de son professeur. En un sens, cela le dérangeait un peu. Rogue lui semblait plus…humain, plus accessible. Comment Harry devait-il dorénavant se comporter avec cet homme qu'il avait toujours mis à part des autres ? S'il savait que Rogue voudra faire comme si rien ne s'était passé, lui en serait incapable. Ca allait devenir un souvenir marquant de sa vie. Sûr qu'il s'en souviendrait jusqu'à la fin de son existence, quant bien même il aurait la mémoire défaillante.

Son armoire tressauta brusquement, le faisant sursauter. Harry y jeta un regard, mi-agacé, mi-anxieux. Dès qu'il était sortit de la chambre après l'évanouissement de son professeur de potion, il avait rangé le médaillon dans une bourse, sur laquelle il avait lancé un sortilège d'ancrage. Puis il l'avait placé tout au fond de sa valise, sous ses livres. Il l'avait cadenassé d'un autre sortilège puis l'avait difficilement glissé sous son armoire. Qui, depuis, ne cessait de tanguer. Il finit par coller les pieds au plancher pour la maintenir en place. Pour éviter d'ameuter du monde, il y jeta un sort de silence.

« Bon sang, qu'est-ce qu'il m'a refilé ? » se demanda Harry en voyant l'armoire vibrer.

A priori, cela semblait dangereux. Harry se souvenait parfaitement de l'état de la main de Rogue. Ce drôle de médaillon était également enchanté. Il avait très vite réalisé qu'il y avait un puissant sort d'attirance dessus. S'il n'avait pas eu une poigne d'attrapeur, il se serait sûrement fait avoir, et encore il avait eu du mal à ne pas le lâcher. D'autant plus, qu'il avait dû se convaincre qu'il n'allait pas se retrouver avec une main carbonisée.

« Dans quoi me suis-je embarqué encore une fois ? »

Pour que Rogue revienne dans son état actuel juste pour ce médaillon, il fallait vraiment qu'il soit important. Mais s'il était si important, pourquoi le lui confier ? Et surtout, pourquoi lui avoir demandé de ne rien dire à Dumbledore ? C'était suspect. Surtout de la part d'un soit disant espion de leur camp. Harry n'avait pas détecté ne serait-ce que la moindre trace de traitrise dans les yeux de son professeur. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il ne s'agissait pas d'un piège de Voldemort.

Harry se leva de son lit en soupirant. C'était n'importe quoi. Bien qu'il ait passé son temps, depuis sa première année, à douter de la loyauté de son professeur, il savait, au fond de lui, que Rogue n'était pas du côté du Seigneur des Ténèbres. Cependant, cela n'enlevait rien au fait que cette demande était particulièrement singulière. Harry devait bien l'avouer, s'il n'y avait eu cette supplique, il serait immédiatement allé voir Dumbledore. Peut-être pas pour lui donner le médaillon, mais pour le tenir informé.

Mais voilà, il y avait eu ce « Je vous en supplie ». Pourquoi y avait-il cédé ? Peut-être parce qu'il avait lu dans les yeux de Rogue un besoin désespéré qu'il ait confiance en lui. Cela aurait été tellement plus simple s'il avait refusé. Non, mieux, il n'aurait pas dû aller le voir au préalable. Cela lui apprendra à être inquiet pour Rogue. Il voyait déjà des problèmes se profiler et il devait maintenant se battre contre sa conscience. Que devait-il faire ? Pouvait-il vraiment faire confiance à Rogue ? Ou fallait-il qu'il parle de cette histoire à Dumbledore ou, du moins, à ses meilleurs amis ? Cela reviendrait alors à ne pas respecter la promesse tacite qu'il avait faite en acceptant de prendre le médaillon. Sûr que son professeur ne lui aurait jamais donné s'il avait crû qu'il pourrait le trahir. D'ailleurs, ça serait un point qu'Harry devra éclaircir avec Rogue à son réveil. Pourquoi lui avait-il fait confiance sur ce coup là ? Comment pouvait-il être sûr qu'il n'irait pas voir Dumbledore ? Certes, pour l'instant, il n'avait pas pris de décision mais ça restait une possibilité.

Bon sang, il se détestait tellement d'être comme ça. Tout aurait été plus simple s'il n'était pas aussi consciencieux, aussi respectueux de sa parole. Venez à Gryffondor, maison du courage et de la loyauté, vous serez intègre et honorable, qu'ils disaient ! Et bien, cela lui faisait une belle jambe maintenant. Il pouvait presque comprendre pourquoi les Serpentards se foutaient de lui, avec ses grands principes. Eux, ils avaient compris que cela n'engendrait que des problèmes. Quoique Ron, lui, n'aurait jamais été dans sa situation. Il n'avait pas guetté comme lui le retour de Rogue et il se fichait de savoir dans quel état il était. D'ailleurs, il n'avait pas compris pourquoi Harry s'en était préoccupé. Mais comment Harry aurait-il pu lui expliquer qu'en dépit de toutes ces années de remarques acerbes et de retenues injustifiées, Severus Rogue restait le plus impliqué dans sa sécurité ? L'espion lui avait bien souvent lancé au visage son dégoût de sa personne pour sa ressemblance – autant physique que mentale – avec son père. Harry savait que, s'il ne voulait pas sa mort, son professeur ne le portait pas dans son cœur. Et il le comprenait d'autant plus qu'il ressentait la même chose. Et leur rancœur réciproque faisait que cette implication de sa part était d'autant plus impressionnante.

Harry décida finalement d'attendre. Avant de faire quoique ce soit, il devait discuter avec Rogue. Il ne pouvait clairement pas juger la situation avec le peu d'éléments qu'il avait. Il l'avait déjà fait avant et combien de fois s'était-il trompé ? Il n'arrivait plus à compter. Cela ne lui coûtait rien de reporter sa décision pendant quelques jours. Avec les soins de Remus, son professeur serait rapidement remis sur pieds. Il lui suffisait donc d'attendre jusque là. C'était la décision la plus sage qu'il pouvait prendre à l'heure actuelle.

« Et la plus facile surtout, lui souffla sa conscience. Tu as juste trop peur de prendre une décision tout seul. Pauvre petit qui est perdu sans quelqu'un pour lui tenir la main. »

Harry se retint de lâcher un « Oh ! La ferme », conscient qu'il s'insurgerait lui-même et que ça serait franchement ridicule. Il devait quitter cette pièce avant d'en arriver à faire un débat avec son reflet dans la fenêtre. C'était bientôt l'heure du repas et il y avait sûrement du monde à la cuisine. Et du monde, c'était tout ce dont il avait besoin pour oublier Rogue et son foutu médaillon. Après un dernier regard à son armoire tremblotante, il quitta la chambre. Alors qu'il descendait les escaliers, il espéra que ses sortilèges tiennent le coup le temps du dîner.

« Harry, te voilà enfin ! sourit Molly en le voyant entrer dans la cuisine. Viens donc aider Ron et Hermione à préparer les légumes. »

Ces derniers lui firent un petit signe de bienvenue, occupés à couper des tomates et – oh misère – des courgettes. Pourquoi avait-il fallu que Molly ait eut le temps de remplir la réserve de ces choses là ? Harry se glissa sur le banc en face d'Hermione. Ron, à sa droite, lui tendit un couteau, l'air ennuyé. Il détestait faire la cuisine et encore plus lorsque sa mère restait dans les parages.

« Qui sera là pour le repas ce soir ? demanda Harry tout en attrapant plusieurs tomates.

- Nous serons peu, lui répondit Molly. Maintenant que tu es en sécurité et que Severus n'est plus dans la nature, beaucoup sont repartis. Il reste Remus, Tonks, Maugrey, Arthur et les jumeaux. D'ailleurs, ils devraient être là pour vous aider. Je vais les chercher. Hermione, ma chérie, si tu pouvais t'occuper des pommes de terre. »

Harry la regarda quitter la cuisine et commença un décompte. Hermione, une fois que Molly eut disparut dans les escaliers, se tourna vers lui en posant son couteau.

« Ron ma dit que tu avais rendu visite à Rogue. Alors, comment va-t-il ? Est-ce qu'il t'a dit quelque chose ? »

Quatre secondes.

Et bien, elle n'avait pas tenu longtemps. Harry vit du coin de l'œil Ron cesser de travailler pour le regarder. Ah ! Finalement, aurait-il changé d'avis à propos de Rogue ou était-ce une trop bonne occasion pour lui de ne pas cuisiner ? Connaissant son meilleur ami, la réponse n'était sûrement pas la première hypothèse.

« Harry ! s'agaça Hermione en le voyant garder le silence. Ne te fait pas désirer. Que s'est-il passé lorsque tu l'as vu ? »

Sur le coup, il fut tenté de lui dire la vérité. Ca serait tellement plus simple de partager ses doutes avec eux. Mais il se souvint de sa décision d'attendre d'en avoir discuté avec Rogue avant d'ébruiter quoique ce soit. Néanmoins, cela lui était étrange de mentir à ses meilleurs amis. Après tout ce qu'ils avaient vécus ensembles, il n'aurait jamais crû qu'il aurait besoin de leur cacher quelque chose. Ce n'était pas lui ça. Que Merlin maudisse Rogue et sa supplique pour l'avoir compromis. Mais il s'y tint tout de même.

« Il avait déjà perdu connaissance. » Répondit-il donc simplement.

Il n'ajouta rien de plus. Si Harry arrivait facilement à lire le mensonge dans les yeux des autres, il savait aussi que les siens n'étaient pas très compliqués à découvrir. C'est pourquoi, par mesure de prudence, il prit le parti de parler le moins possible. Il valait mieux éviter de s'embrouiller dans de longues explications. Cela n'empêcha pas Hermione de lui jeter un regard suspicieux.

« Vraiment ? »

Bon sang ! Est-ce qu'elle était un radar à mensonge ou un truc dans le genre ? Fallait-il qu'elle aussi sache décrypter le regard des gens ? A moins que ce soit sa curiosité – maladive selon son point de vue – qui la pousse à toujours mettre en doute ses réponses. Harry retint un soupire. Il savait qu'elle ne lâcherait pas l'affaire avant qu'elle ne soit certaine qu'il dise la vérité. Il adorait Hermione mais qu'est-ce que cela l'agaçait lorsqu'elle prenait cet air têtu. Pas de doute, c'était une Gryffondor.

« Pourtant, reprit-elle, Arthur nous a dit qu'il était encore conscient quand il a quitté la chambre. Tu y es allé immédiatement. Ne me dis pas qu'il a eu le temps de s'évanouir entre temps. »

Harry ne supportait pas lorsqu'Hermione mettait sa parole en doute. Certes, elle avait raison de le faire sur ce coup là mais cela n'empêche, ça avait le don de l'énerver.

« Non, tu as raison, il dansait la gigue sur son lit ! ironisa Harry d'un ton agacé. Honnêtement Hermione, tu penses que Rogue m'aurait laissé entrer dans la chambre impunément pour me laisser le voir dans un état aussi pitoyable au lieu de me menacer de tortures inimaginables ? »

Ron approuva vivement, surement dans l'espoir de mettre fin à cette dispute naissante mais Hermione ignora royalement son intervention. Elle continua à regarder Harry sans ciller, pas totalement convaincue.

« Le connaissant, même à l'article de la mort, continua Harry, il serait capable de me lancer un impardonnable pour me tenir éloigné de lui. »

Ce qu'il aurait sûrement fait à bien y penser s'il n'avait pas eu besoin de lui refiler un médaillon qui semblait être une bombe à retardement. Mais ça, Hermione ne le savait pas. Elle savait donc que sa réflexion était parfaitement sensée. Rogue avait déjà du se faire violence pour faire appel aux membres de l'Ordre à l'aide alors il n'aurait pas pût supporter que Harry le voie dans cet état. Il vit bien qu'Hermione hésitait mais elle ne pouvait pas nier ce fait.

Remus entra dans la cuisine, empêchant sa meilleure amie de renchérir. Ron reprit le travail alors qu'Hermione persistait à fixer Harry, comme si elle cherchait à le sonder. Ce dernier prit le parti de l'ignoré. Il se tourna vers le lycanthrope qui lui sourit.

« Je vois que Molly vous a recruté pour le dîner. Sachez que vous aller sûrement vous occuper de tout, elle n'arrive pas à mettre la main sur les jumeaux. »

Ron lâcha un soupir désespéré avant de marmonner des phrases inintelligibles. Harry crû entendre plusieurs fois le mot « traître » et il se retint de rire.

« Il sont passés maître dans l'art de se cacher. » l'informa Harry, amusé.

Remus ne put qu'approuver en souriant. Il passa derrière le jeune homme et en profita pour poser une main amicale sur son épaule. Il la serra un instant avant de se diriger vers l'évier. Harry appréciait beaucoup ce geste simple que lui offrait Remus dès qu'il le pouvait. D'autant plus ici, à Square Grimmauld. Quant bien même le loup avait été affecté par la disparition de Sirius, il n'en avait pas oublié le chagrin d'Harry. Bien qu'auparavant, il ait été d'un grand soutien, cela s'était intensifié à la mort de son parrain. Et, surtout, Harry n'oubliait pas que dorénavant, il était son dernier lien avec sa famille. Certes, il y avait bien Rogue qui avait connu ses parents, mais Harry ne se voyait pas discuter tranquillement du passé avec son professeur de potion. Non seulement ce dernier l'aurait envoyé balader, mais avant il lui aurait sûrement rappelé combien il détestait son père en lâchant des remarques blessantes.

« Alors qu'avez-vous prévu ce soir, à part cuisiner ? leur demanda Remus.

- Que voulez-vous que l'on fasse puisque l'on est enfermé ici ? » répondit Ron.

Harry leva les yeux au ciel. Ce qu'il ne fallait pas entendre tout de même. Remus lâcha un rire en ouvrant un placard en hauteur. Il farfouilla dedans avant d'en ouvrir un autre, n'ayant pas trouvé ce qu'il cherchait.

« A vos âges – Merlin, cela ne rajeunit pas – je peux vous assurer qu'avec James et Sirius nous trouvions toujours quoi faire pour nous occuper, même enfermé entre quatre murs. Est-ce que vous savez où sont rangées les tasses ? Depuis que Molly a pris ses habitudes ici, je ne retrouve plus rien. »

Ron rougit d'embarras pour sa mère alors qu'Harry eut un sourire amusé. Hermione se détourna de ce dernier et lui désigna le placard sous l'évier. Remus grogna d'agacement.

« Quelle idée de les ranger là. »

Il en sortit deux tasses et referma la porte d'un coup de talon. Hermione l'observa un moment avant d'oser lui demander pour qui était la deuxième.

« Pour Severus lorsqu'il se réveillera. Je sais qu'il va vouloir s'ingurgiter des tonnes de potion alors je compte lui proposer du thé pour faire passer le goût. La dernière fois, je lui ai fait du chocolat mais il a refusé de le boire. Alors, je tente autre chose.

- Peut-être, dit Harry dans un sourire, qu'il ne veut rien boire du tout. Je crois que Rogue est capable de boire les potions les plus affreuses gustativement parlant sans broncher. »

Remus le regarda en haussant un sourcil. Et Harry comprit très bien ce que son expression disait : « Tu crois que je ne le sais pas ? ». Il éclata de rire.

« Je ne désespère pas d'arriver un jour à mes fins, finit-il par dire en se dirigeant vers la sortie. Sur ce, je vous laisse. Je vais aller veiller le mourant.

-Ce n'est pas drôle, fit remarquer Harry, trouvant également que cette remarque était étrange de la part de Remus. Cela lui faisait plutôt penser à Sirius.

-Peut-être, mais le terme que j'ai employé est proche de la réalité.

-Pourquoi faites-vous ça ? » demanda Ron, surpris qu'on veuille rester au chevet d'un tel homme.

Remus lui jeta un regard où Harry put lire des reproches tacites.

« Parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse et que personne ne s'est proposé. Et que, malgré ce que pensent Severus et les autres, je n'ai jamais rien eu contre lui. »

Harry était tenté de lui proposer de s'en charger. Il attendait le réveil de son professeur avec impatience afin de lui poser des questions sur l'étrange médaillon. Il était tenté d'ajouter à sa liste des interrogations sur ce qu'il s'était passé pour qu'il revienne dans un état pareil. Cependant, Harry savait parfaitement qu'il se ferait renvoyé sur les roses s'il osait cela.

Il se retint néanmoins. Après tout, s'il se proposait de lui-même pour veiller Rogue, Hermione n'allait définitivement pas le lâcher. Cela aurait semblé trop étrange. Et ca aurait suffit pour sa meilleure amie d'en déduire qu'il savait des choses qu'elle ne savait pas. Après tout, si Hermione savait qu'une infime partie de lui – toute petite, minuscule même – respectait le professeur de potion, elle savait aussi qu'il se refusait de s'en approcher plus que nécessaire. Alors, il se retint de dire quoi que ce soit et regarda Remus quitter la cuisine après leur avoir souhaiter une bonne soirée.

« Vous pensez qu'il va se réveiller quand ? demanda Ron en se tournant vers eux.

-Bonne question, » lui répondit Hermione en jetant à nouveau un regard à Harry.

Ce dernier s'empêcha de lever les yeux au ciel. Il voyait bien qu'elle mettait sa parole en doute. Qu'elle pensait qu'il avait eu une discussion avec leur professeur. Néanmoins, il ne comprenait pas pourquoi elle semblait en être aussi sûre. Certes, il n'était pas un bon menteur. Loin de là même. Mais il n'avait pas eu l'impression de se trahir lorsqu'il lui avait répondu que Rogue était inconscient lors de sa visite. Il se leva pour aller chercher le sac de pomme de terre dans la remise et les étala sur la table, espérant que cela serait un message assez clair pour Hermione.

.

.

Voldemort était furieux. Entre la défaite de ses Mangemorts incompétents et la traitrise de celui qu'il croyait le plus loyal parmi ses serviteurs, il expérimentait un nouvel état de fureur. Il ne savait même plus sur quoi se défouler. Rien ne l'apaisait. Ni la scène macabre dans le salon, ni la torture de ses prisonniers dans les cachots du manoir Malefoy n'avaient réussi à le calmer, ne serait-ce qu'un peu. Il sentait sa magie bouillonner à l'intérieur de lui, ne demandant qu'à sortir, et il avait beaucoup de mal à la contenir. Il ne fallait surtout pas qu'elle s'échappe et qu'elle tue tous ceux sur son passage. A son grand désespoir, il avait encore besoin des larbins présents au manoir, quand bien même ils étaient incapable de remplir une mission correctement.

Il allait retrouver Severus et se faire un plaisir de lui faire payer sa trahison. Mais surtout, au-delà de sa vengeance personnelle, il devait l'interroger. Pour qui avait-il agi en lui volant son médaillon ? Dumbledore ou… l'Autre ? Voldemort n'arrivait pas à déterminer quel cas était le pire à envisager. Dans le premier cas, bien qu'il ne craignait pas que le vieux fou n'arrive à ouvrir le médaillon – ou en ait même l'envie – il aurait du mal à le récupérer. En revanche, dans le second cas, Severus allait vouloir le donner à ce sale gamin de Potter et ce ne serait plus qu'une question de temps avant que ce dernier n'arrive à lever le sortilège. Mais il avait encore une chance de le reprendre avant. Il allait devoir intervenir personnellement pour retrouver le garçon, puisque ses Mangemorts en étaient incapables. C'est ce qu'il aurait dû faire depuis le début d'ailleurs. Après tout, ces derniers ne faisaient que lui prouver depuis son retour leur incompétence. S'il n'avait pas eu un problème plus urgent à régler – comme déménager ses Horcruxes – Potter serait déjà dans ses cachots.

Encore fallait-il qu'il découvre où se trouvait la planque de l'Ordre. Elle ne pouvait certainement pas se trouver chez les Weasley. Tous savaient que Potter y passait ses vacances. Et puisque c'était de notoriété publique, le garçon ne s'y trouvait pas. S'il avait su que Severus le trahirait, il l'aurait obligé à dire où elle était située, sans se préoccuper du serment inviolable qu'il avait dû prêter à la demande de Dumbledore. C'était son rôle important qui l'avait empêché de lui faire trahir son serment. Cela lui apprendra : ne jamais faire confiance à quelqu'un. Pourtant, c'était une leçon qu'il avait apprit depuis longtemps. Il allait d'ailleurs faire une petite introspection parmi ses troupes. Une bonne séance de légimancie et de torture lui permettrait de faire le point entre ses fidèles et les éventuels traîtres.

Et il allait commencer par Lucius Malefoy. Il était ce qui se rapprochait le plus d'un meilleur ami pour Severus. S'il pouvait avoir des informations de quelqu'un, c'était bien de lui. Et la torture serait un petit bonus, puisqu'il ne pouvait pas se venger de Severus pour l'heure. Il le fit appeler dans son bureau.

Quand Lucius se présenta, il était plus pâle que jamais – son numéro dans le salon en devait être la raison. Le voir trembler tellement violemment qu'il avait du mal à se tenir debout calma un peu sa colère. C'était un spectacle tout à fait intéressant et s'il avait su que ca serait le remède pour contrôler sa pulsion meurtrière, il serait sans doute allé faire un tour parmi ses Mangemorts. Beaucoup devaient être dans le même état que le « grand » Lucius Malefoy. Ce dernier allait s'agenouiller mais, avec un sourire mauvais, il lui ordonna de rester debout. Il n'allait certainement pas lui laisser la possibilité de prendre un appui au sol. Au diable le protocole et les marques de respect, c'était bien plus plaisant à le voir si effrayé et si faible. S'il faisait attention, il était certain qu'il pourrait l'entendre claquer des genoux.

« Lucius, dit-il dans un sifflement, sais-tu pourquoi tu es là ? »

Il s'approcha de lui et il entendit avec satisfaction le Mangemort déglutir. Il commença à lui tourner autour, sa baguette dans la main le démangeant affreusement. Quel sort allait-il lui lancer en premier ?

Lucius se força à maintenir son regard face à lui – tenté de suivre les mouvements de son Maître pour anticiper un quelconque sortilège. Il essaya de maîtriser son corps qui voulait concurrencer de la gelée. Quel traître celui-là ! Le sorcier savait parfaitement pourquoi il était là. Ca ne pouvait pas être pour l'opération, la chose ayant été réglée dans son salon. Alors, à moins que quelqu'un l'ait vu lancer le sort de confusion à Bellatrix – que Merlin l'en préserve – il l'appelait pour Severus. Mais il ne pouvait clairement pas avouer qu'il le savait au risque de se trahir. Et il ne fallait surtout pas qu'il se trahisse. Déjà qu'il savait qu'il ne sortirait pas indemne de cette entrevue, ca serait pire s'il se compromettait. Il avait toujours crû qu'il avait connu toute la cruauté du Lord. Mais dorénavant, il n'en était plus sûr. Surtout lorsqu'il pensait au corps inerte et ensanglanté qui se faisait enterrer dans son jardin. Alors, il n'avait plus qu'à prier pour sortir vivant de cette pièce.

Un sort l'envoya vers le mur d'en face, contre lequel son nez s'éclata. Un gémissement lui échappa alors qu'il sentit quelque chose couler sur ses lèvres et son menton. Lucius n'eut pas le temps de faire un geste que déjà il se faisait propulser en arrière. Il glissa sur le sol et se cogna contre la porte. Voldemort se posta face à lui, le toisant avec un regard noir.

« Quand je pose une question, dit-il énervé, on y répond ! Ou devrais-je couper ta langue afin de te permettre de justifier ton silence ?

-Non Maître. » Balbutia Lucius.

En cet instant, il se sentait misérable. Il se serait fustigé pour son comportement s'il n'avait pas été sûr qu'il ne s'agissait pas d'une menace en l'air. Voldemort en serait parfaitement capable. Il se redressa pour tenter d'avoir une posture plus convenable mais il ne devait pas avoir très fier allure avec ses cheveux ébouriffés et son visage en sang. Quoique, pour l'heure, il s'en sortait bien. Vu l'état dans lequel était son Seigneur, ca ne serait plus le cas dans quelque temps.

Voldemort s'approcha de lui, se demandant à quelle question Lucius avait répondu avec son non. Il observa son visage mais il ne put rien lire d'autre que de la terreur. Cela n'allait pas grandement l'aider. Il fit tourner sa baguette entre ses doigts, pensif avant de décider de lui laisser le bénéfice du doute. Et s'il constatait que son Mangemort mentait, il se ferait un plaisir de le lui faire regretter dans la seconde.

« Severus Rogue. »

Lucius n'eut aucune première réaction. Il continua de le fixer, encore tremblant face à la colère sourde qui transparaissait dans ses yeux rouges. Il finit néanmoins par prendre un air surpris. Qui se traduisit par un petit froncement de sourcil, comme pour souligner son incompréhension. Niveau jeu d'acteur, il pouvait repasser. Lucius cachait quelque chose, il devait juste déterminer si cela concernait son affaire. Il restait également à savoir si sa « loyauté » à Severus était plus importante que sa soumission à sa personne. Il pouvait utiliser immédiatement la légimancie mais, honnêtement, ce serait beaucoup moins amusant. Le test pouvait commencer.

« Sais-tu où il se trouve ? »

Lucius allait secouer la tête pour répondre mais se retint en repensant à la menace de Voldemort. Surtout, ne pas lui donner l'occasion de la mettre en pratique.

« Non Maître » Répéta-t-il.

Il ne tenta pas de camoufler les trémolos de sa voix, espérant ainsi amadouer le Seigneur des Ténèbres. Ce dernier adorait voir la peur qu'il provoquait chez ses fidèles. Néanmoins, cela ne le dérida nullement.

« Merlin que j'aimerais être à la place de Severus actuellement, pensa-t-il en frémissant sous le regard rougeoyant du Seigneur des Ténèbres. Je suis sur qu'il est tranquille au QG et qu'il ne doit pas avoir la moindre pensée pour son meilleur ami qui risque de se faire tuer par un mage noir psychopathe possédant un saleté de reptile mutant qui mange des membres humains. Manquerait plus qu'il y ait pris goût ce monstre. Avec la chance que j'ai, il va vouloir me croquer si par miracle je sors vivant de cet entretien."

Il retint une grimace a cette pensée. Merlin ne pouvait pas être si cruel n'est-ce pas ? Alors qu'il se disait que sa vie était définitivement désastreuse, Voldemort lui envoya un Doloris. Lucius gémit et bascula lourdement en arrière. Son corps entier se contracta sous l'assaut du sortilège. Son Maître attendit, jusqu'à le voir se recroqueviller en hurlant. Puis il leva sa baguette et le sort cessa. Lucius, le corps endolori et le souffle court, se redressa péniblement et se repositionna face à Voldemort. Ce dernier s'approcha de lui :

« Tu as tout intérêt à répondre honnêtement à la prochaine question si tu ne veux pas rejoindre Jugson dans l'estomac de Nagini. »

Lucius eut un haut le coeur en renvoyant la scène, avec lui en rôle principal, et il se retint péniblement de vomir sur les chaussures de son Lord, conscient que ça serait une très, très mauvaise idée. Voldemort, sans se préoccuper de l'état de son Mangemort, passa le bout de sa baguette sur son cou.

« Ce sera la première chose que je couperai, reprit-il, implacable, avec un air mauvais. Ensuite... »

Sa baguette descendit sur son torse. La respiration de Lucius se bloqua et il eut toutes les peines du monde à se rappeler comment respirer. Voldemort s'arrêta lorsque la pointe désigna sa virilité.

« Pendant que tu te décomposeras du fait des sucs gastriques de Nagini, je m'en prendrais à ta descendance. Imagine donc comment j'empêcherai Draco de poursuivre ta lignée. Je suis certain que ce n'est pas ce que tu souhaites. »

Voldemort recula de plusieurs pas pour constater l'effet de ses paroles sur son Mangemort. Il regarda avec une certaine satisfaction le choc se peindre sur le visage de Lucius. Ce dernier, perdu dans un brouillard de peur, réalisa qu'il n'aurait jamais dû revenir après la mission. Il aurait fallu qu'il fasse fuir sa famille et qu'il disparaisse un long moment.

« Maudit sois-tu Severus avec ton casse précipité ! Tu n'aurais pas pu attendre que je comprenne dans quel merdier j'allais me retrouver ? Y a intérêt à ce que, cette fois, ce soit la bonne, histoire que je ne subisse pas ça pour rien ! »

« Sais-tu pourquoi je recherche Severus ? »

Lucius devait bien l'avouer : il fut tenté de parler. Finir dans l'estomac de Nagini n'était clairement pas un de ses plans de carrière. Néanmoins, il se contint. Trahir son meilleur ami et Lui par la même occasion ? Ce n'était pas envisageable. Il n'avait pas tout supporté - les meurtres, les tortures, les insomnies - pour tout sacrifier parce qu'il avait peur de mourir. Il avait toujours su que c'était une probabilité lorsqu'il avait rejoint Voldemort après Sa disparition. Certes, il n'avait jamais pensé à une telle méthode de la part du Seigneur des Ténèbres. Mais quand bien même, cela ne changeait rien. La finalité était la même. Alors, avec une pensée pour la virilité de son fils, il répondit :

« Je l'ignore Maître. »

Voldemort tiqua. Lucius était-il assez stupide pour oser lui mentir ou disait-il la vérité ? Honnêtement, il ne saurait le dire avec certitude. Il leva sa baguette et le sort fusa. Lucius s'y attendait mais cela ne l'empêcha pas de se crisper en voyant l'éclair rouge. Voldemort regarda son Mangemort se recroqueviller une nouvelle fois sur le sol. Il était perdu, du fait, il ne profita pas du spectacle. Il se mit à tourner autour du corps tremblant, n'écoutant les gémissements que d'une oreille distraite.

Lucius était un trouillard. Il avait peur de perdre sa position sociale, son argent, sa famille et sa vie. Ce qui arriverait si Voldemort le décidait. Il n'y avait, de ce fait, aucune raison pour qu'il lui mente. N'est ce pas ?

Oui, Lucius était un trouillard. Et un Serpentard. Ce qui signifiait qu'il se rangeait toujours du côté des plus forts. En l'occurrence, lui. Quel intérêt aurait-il de le trahir ? Il n'imaginait pas la famille Malefoy se rallier à Potter ou à Dumbledore. Il connaissait parfaitement la haine de Lucius envers le directeur de Poudlard. Et ne parlons pas du jeune Harry qui n'avait eu de cesse d'humilier sa progéniture depuis son arrivé dans le monde magique. Et en ce qui concernait l'Autre ? Cela faisait presque vingt ans qu'il avait disparu. Lucius ne pouvait décemment pas se ranger du côté d'un abonné absent et sans puissance. Ce n'était clairement pas la meilleure chose à faire pour lui et sa famille. Severus avait pu le faire - si on supposait qu'il n'avait pas agi pour Dumbledore. Après tout, qu'avait-il à sauvegarder à part sa vie ? Mais Lucius n'était pas Severus. Il avait beaucoup trop à perdre. Il n'y avait donc aucune raison logique qui justifierait la trahison de Lucius Malefoy. Mais pourquoi avait-il l'impression qu'il cachait quelque chose d'important ?

Il leva le sortilège et s'arrêta devant Lucius qui tentait de reprendre une respiration normale. Voldemort l'observa un moment. Lucius n'était pas le plus fidèle de ses Mangemorts, il le savait - la première fois il avait retourné sa veste à une vitesse incroyable. Il ne l'avait pas trop puni puisque aujourd'hui ses relations lui étaient utiles. Mais Lucius allait là où ses intérêts se trouvaient. Pourrait-il se tromper en pensant que les intérêts de Lucius étaient parallèles aux siens ? Et quand bien même, cela le pousserait-il jusqu'à la trahison ? En sachant les risques que cela comportait ? Lucius ne pouvait pas être aussi stupide. Quoique...

Voldemort releva le menton de Lucius du bout de sa baguette et plongea son regard rouge dans le sien plus métallique. Il en avait assez ! Il pénétra son esprit pour y trouver une réponse. Une grande satisfaction le prit lorsqu'il vit une grimace de douleur tordre le visage de son Mangemort.

Lucius sentit l'intrusion de son Maître comme si on lui ouvrait le crâne. Il retint un cri et tenta de dissimuler ses pensées à Voldemort. Mais celui-ci fouillait sans ménagement, s'assurant au passage de lui faire le plus de mal possible, mais ne trouvant rien d'intéressant pour l'heure. La douleur amplifiait à chaque instant, Lucius n'arrivant plus à contrôler ses cris. Il sentait que ses barrières allaient s'écrouler face à ce viol mental et il ne fallait surtout pas que son Seigneur apprenne pour Lui. Néanmoins, s'il avouait savoir quelque chose à propos de Severus, il y avait de grande chance pour que Voldemort pousse plus loin les recherches pour être sûr qu'il ne camouflait rien d'autre. Il était acculé et surtout, il ne tiendrait plus longtemps sous le traitement mental que lui infligeait le Seigneur des Ténèbres. Sous une impulsion, Lucius se mordit durement la langue, ravalant ses cris, et un goût métallique se répandit dans sa bouche. La douleur fut si violente que son esprit se focalisa dessus. Et il comprit. Plus il se ferait mal, et moins ses pensées seraient éparpillés.

Voldemort grimaça, se retrouvant presque projeter en dehors de l'esprit de Lucius. Ce dernier devait forcément cacher quelque chose pour se battre à se point contre lui. Alors, il se concentra et poussa un peu plus les barrières mentales de son Mangemort. Et il tomba enfin sur quelque chose…d'intéressant. Ainsi, Lucius avait protégé le gamin Potter et il avait fait échouer la mission ? Quel petit traître ! Il fut tenté de le tuer sur le champ. Parce que, avouons-le, cela lui aurait fait un bien fou. Mais, à bien y réfléchir, il avait une bien meilleure idée.

Lucius sentit avec surprise Voldemort se retirer de son esprit. Avec un soulagement certain, il cessa de se mordre. Il eut quelque difficulté, ses dents semblaient être collées à sa langue du fait du sang. Pour éviter de cracher sur les pieds du Seigneur des Ténèbres - ce qui serait une très mauvaise chose - il se força à déglutir. Ce fut une bonne idée puisque, dès qu'il se redressa, Voldemort lui jeta un Doloris.

Lucius hurla, postillonnant sur le sol, y laissant des gouttes rouges. C'était trop pour son corps qui allait finir par se briser. Il était trop faible après la séance de légimancie. Il s'affala sur le sol, ses muscles crispés à la limite de la rupture. Par Merlin, si cela continuait, il allait mourir. Puis tout cessa.

« Tu peux partir. » déclara Voldemort.