Note de l'auteur :

Bonjour à tous ! (Ou bonsoir, selon vos horaires).

C'est décidé, j'arrête d'espérer pouvoir vous délivrer rapidement les chapitres.

Je vous assure, je n'abandonne pas cette histoire. J'ai juste beaucoup de mal à me remettre à l'écriture depuis un moment maintenant (que ce soit pour cette fanfiction, ou pour mon nouveau roman). Je suis désolée de vous imposer un temps de publication aussi long.

La rédaction de ce chapitre a été longue et fastidieuse. Le début est venu tout seul et au fur et à mesure, il m'est devenu de plus en plus difficile d'enchaîner les phrases. J'ai eu des doutes terribles sur la psychologie de mes personnages, sur leur façon de réagir aux propos et sur ce que je devais dévoiler ou non. Je crois que j'ai dû le recommencer une bonne dizaine de fois.

Et je ne vous cache pas que, même cette présente version, je n'en suis pas totalement satisfaite. Néanmoins, c'est ce que j'ai réussi à faire de mieux pour l'instant. Je vais être en vacance pendant trois semaines, dont une à l'étranger. J'espère pouvoir me ressourcer et retrouver mon envi d'écrire.

Mais, ne pouvant rien garantir, je préfère tout de même vous poster ce chapitre. Quitte à le retravailler à mon retour pour en faire une amélioration.

Je vous présente une nouvelle fois mes excuses pour le délai d'attente et pour ce chapitre. Mais au moins, je pars en sachant vous avoir laissé quelque chose.

Sur ce, je vous laisse à votre lecture.

A la prochaine.

Chapitre 6

A peine eut-il fermé la porte de la chambre où se trouvait Severus que Remus sentit un sentiment de culpabilité s'insinuer en lui. Il resta figé quelque instants, son regard fixé sur le bois de la porte, la main toujours sur la poignée.

« Il faut que tu sois en forme. »

Comme si c'était au bon vouloir de Severus. Comment avait-il pu dire une chose pareille avec autant de légèreté ? Lui qui considérait qu'on abusait de l'espion, jouant de sa culpabilité d'avoir joué un rôle dans la mort de Lily. Lui avec ses grands airs de bienveillance, ne venait-il pas de faire ce qu'ils reprochaient en silence aux autres membres de l'Ordre ? Il ne valait pas tellement mieux.

« Il faut. »

Son hypocrisie lui apparût aussi brusquement qu'une gifle, le déstabilisant. A bien y regarder, n'était-il pas pire que ses congénères ? Sous ses airs de bienveillance et de respect de la personne humaine, avec sa préoccupation hypocrite, il était le plus horrible de tous. Il ne méritait pas les remerciements de Severus. Il ne méritait rien de sa part. Parce qu'il n'avait rien dit quand on le poussait à bout, en lui rabâchant sans cesse les mêmes questions. Il avait obéi, sans protester, à Dumbledore pour tenir une réunion dès son réveil. Il avait vu Severus se redresser péniblement sur son lit, ses lèvres pincés pour ne pas trahir sa douleur. Il avait observé la scène, sans jamais prendre son parti. Sa seule intervention avait été pour tenter de défendre piteusement Arthur. Il n'avait rien fait, strictement rien pour le maître des potions. Alors non, définitivement, il ne méritait pas ces mots.

Pourquoi s'était-il de nouveau rangé du côté de Dumbledore ? N'aurait-il pas put simplement lui dire qu'il en discuterait avec le directeur pour lui laisser un peu plus de répit ? Etait-il aussi stupidement dévoué pour volontairement ignorer l'état de Severus ? Pourtant, il savait qu'une nuit de plus ne changerait rien à l'état de l'ancien espion. Il lui fallait beaucoup plus de temps pour se remettre des tortures subis. Il le savait et il n'en avait pas pris compte un seul instant avant de se retrouver seul avec sa conscience. Mais qu'à cela ne tienne. Dumbledore n'était sûrement pas encore parti. Il avait encore le temps d'aller lui parler. Oui, il irait le voir et il lui dirait le fond de sa pensée. Il était hors de question de soumettre Severus à un nouvel entretien tant qu'il ne serait pas en état. Pas si il avait son mot à dire.

Fort de cette décision, Remus lâcha la poignée et se retourna vivement. Il renifla, comptant sur son odorat de loup-garou pour déterminer par où était allé Dumbledore. Par la même occasion, il sentit le parfum caractéristique de Harry. Il s'en amusa en comprenant que ce dernier n'était pas loin. Il fut tenté d'aller le débusquer pour lui sommer de laisser Severus tranquille mais l'odeur citronnée du directeur de Poudlard accapara son attention, se faisant plus présente. Il sut alors que Dumbledore se préparait à quitter le Square Grimmaurd. Il hésita quelques instants avant de finalement s'élancer dans les escaliers. Severus n'avait sûrement pas besoin de lui pour jouer la nounou et, s'il était encore éveillé, il n'hésiterait pas à mettre Harry à la porte si ce dernier décidait de tenter sa chance. Il dévala les marches jusqu'à arriver dans le hall d'entrée au moment où Dumbledore ouvrait la porte.

« Albus, attendez ! »

Le directeur de Poudlard se retourna et attendit que le loup-garou se fût arrêté devant lui, l'observant avec intérêt.

« Remus, que me vaut l'honneur d'autant d'empressement ? demanda Dumbledore. Cela doit vous sembler urgent pour descendre l'escalier à cette vitesse.

- Pourriez-vous m'accorder quelques instants ? Je souhaiterais discuter avec vous.

- Je m'en doute mon ami, mais à propos de quel sujet ?

- Severus. »

Dumbledore garda un instant le silence, semblant réfléchir. Puis, il s'écarta de la porte et invita Remus à la franchir avec un sourire aimable.

« Que diriez-vous d'une petite ballade ? Il fait très agréable à cette heure de la soirée. Cela vous fera du bien de prendre un peu l'air, après autant de temps enfermer à l'intérieur de ces murs. »

Le loup-garou comprit immédiatement l'intention du directeur et il se demanda pourquoi ce dernier souhaitait ne pas être entendu des autres membres rester au manoir. Mais il ne fit aucun commentaire. Il acquiesça et retira sa robe de sorcier pour la laisser sur le porte-manteau afin de n'être habillé que de son costume. Avant de franchir la porte, il se demanda s'il ne devait pas faire remarquer au directeur que sa tenue purement sorcière n'allait pas attirer l'attention avant de renoncer. Albus Dumbledore savait toujours ce qu'il faisait. Et si il comptait se promener dans cette tenue, c'était qu'il ne craignait pas le regard des Moldus. Remus sortit donc sur le perron sans dire quoi que ce soit.

Le vieux sorcier sortit à sa suite et referma la porte. Il observa un instant la rue tranquille avant d'entamer la descente des quelques marches les séparant du trottoir, Remus sur les talons. Les deux sorciers s'éloignèrent. Ils marchèrent plusieurs minutes sans qu'aucune parole ne soit échangée entre eux. Ils finirent par arriver dans un quartier résidentiel aux pelouses tout justes tondus. Remus, tout à ses pensées, se laissait guider sans faire vraiment attention à l'environnement. Il se demandait comment aborder le délicat sujet de l'espion. Il n'avait pas peur de discuter avec Dumbledore, mais son respect pour lui l'empêchait souvent de parler franchement. Il cherchait toujours ses mots pour paraître le plus respectueux possible tout en ayant une argumentation de taille. Le vieux sorcier, bien que jamais agressif, avait souvent le dernier mot. Il arrivait à imposer son point de vue, sans grande difficulté, son assurance, ses antécédents et son âge jouant sans conteste en sa faveur.

« Il n'est rien de plus appréciable que l'odeur de l'herbe fraichement coupé, ne trouvez-vous pas ? » déclara soudainement Dumbledore.

Remus fut un instant déstabilisé. Pourtant il était habitué à ce que l'homme dise toujours des choses inattendues. Il finit par acquiescer sans grande conviction.

« Oui, sans doute. »

Sa réponse sembla amuser le directeur qui renchérit, son regard parcourant les pelouses.

« C'est l'odeur de la renaissance, du renouveau. »

Une fois de plus, Remus resta interloqué. Décidément, il n'était pas encore arrivé le jour où il comprendrait Dumbledore. Hésitant sur quoi répondre, il prit finalement le parti de ne rien dire. Autant il s'était toujours targué d'être assez intelligent pour comprendre le sous-texte, autant il était capable de reconnaître lorsqu'il était dépassé par des propos. Ce qui était manifestement le cas. L'herbe tondue, une renaissance ? Quel était le cheminement de pensée du vieil homme ?

« Nous nous débarrassons de l'ancien pour laisser la place à une herbe plus jeune, continua le directeur. Tout en conservant ses racines. Et si nous y prenons soin, chaque brin sera au moins tout aussi touffu et verdoyant que celui qui l'a précédé. »

Remus fronça les sourcils. Face à ce geste, Dumbledore lui adressa un sourire malicieux avant de reporter son attention devant lui.

« Vous vouliez me parler de Severus je crois. » dit-il en changeant brusquement de sujet.

Remus acquiesça vivement, mettant de côté ses interrogations.

« Ne pensez-vous pas qu'il serait plus resp… raisonnable d'attendre un peu avant de l'interroger à nouveau ?

- Il serait plus respectueux en effet d'agir de la sorte. »

Rien n'y fit, Remus se sentit rougir. Il détourna son regard des yeux rieurs du directeur pour regarder devant lui, gêné.

« Cependant, continua Dumbledore, je vous assure que mon délai est plus que raisonnable. Outre le fait que je voulais calmer les esprits, je lui laisse un temps suffisamment correct afin de lui permettre de peaufiner son mensonge. »

Le loup-garou fut tellement surpris par ses propos qu'il s'étouffa avec sa salive. Il se figea sur place et observa le vieux sorcier avec un air ahuri.

« Qu'est-ce que… comment pouvez-vous croire… Son mensonge ? Enfin Albus, je pensais que vous aviez parfaitement confiance en Severus ! s'écria Remus, consterné. Je ne comprends pas. Pourquoi doutez-vous de lui ? Quel intérêt aurait-il à vous mentir, après tout ce qu'il a enduré pour vous… pour nous ? Severus n'est certes pas le meilleur des hommes mais c'est quelqu'un de droit. Il a bravé tous les dangers qui se dressaient devant lui afin de nous aider au mieux, remettant sa vie en jeu à chaque fois qu'il retournait auprès de Vous-Savez-Qui ! »

L'homme était tellement offusqué des propos de Dumbledore que sa langue s'était totalement déliée. Il n'éprouvait aucune difficulté à exprimer le fond de sa pensée, sans détour, sans formule de politesse extrême. Cela amusa une fois de plus Dumbledore qui écoutait sa tirade – qu'il qualifia intérieurement de passionnée – avec un sourire bienveillant.

« A-t-il donc fait tout ça pour ne récolter que suspicion et mépris ? Devons-nous vraiment continuer à exiger de lui des preuves de son honnêteté ? Faut-il donc que nous continuions toujours à mettre en doute sa parole ? Comment pouvons-nous lui infliger ça, après ce qu'il a subi ? Il a failli mourir Albus. Tout seul dans cette ruelle, en sachant sûrement qu'il ne manquerait à personne ! Ne trouvez-vous pas cela injuste ? Ne pensez-vous pas qu'il mérite plus que ce qu'on lui accorde actuellement ?

- Vous devez vraiment l'apprécier pour perdre votre sang-froid. » Interrompit calmement le directeur.

Remus se tut, incrédule, et, quand il prit pleinement conscience du sous-entendu, il rougit violemment. Les joues incandescentes, il fit les gros yeux à Dumbledore qui ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit :

« Ou alors, est-ce toujours votre culpabilité qui guide votre réaction ? Non pas que cela ait une grande importance, puisque dans les deux cas, le constat est le même : vous vous voilez la face. Votre affection ou vos remords vous empêchent clairement de voir la situation telle qu'elle est.

- Et cette situation serait donc que tout ce que nous a raconté Severus serait un pur mensonge ? rétorqua Remus, en croisant les bras d'un air furieux.

- Même si vous ne voulez pas le croire, Severus nous a bel et bien menti.

- Quelles preuves avez-vous Albus ? Parce que, à mes yeux, ses blessures ne sont pas des mensonges. Le fait qu'il se vidait de son sang dans cette ruelle sordide, ce n'est pas un mensonge. »

Face à la flamme colérique qu'il pouvait lire dans le regard de son interlocuteur, le directeur de Poudlard garda un instant le silence. Puis ses yeux se détachèrent du loup-garou pour parcourir les environs. Tout à coup, il eut l'air fatigué. Il passa une main dans sa barbe, dans un geste lent de vieillard. En d'autres circonstances, Remus aurait compati pour cet homme qui portait depuis des années tellement de responsabilité sur les épaules. Au point que lorsqu'il se relâchait, lorsque son masque se fissurait, il ne ressemblait plus qu'à un homme épuisé, ayant trop vécu, n'aspirant qu'à un peu de repos. Mais Remus était trop en colère pour se laisser toucher par le relâchement du sorcier.

« Il y a encore tellement de choses que vous ignorez mon ami, déclara doucement Albus. Tant de choses. Sans doute trop pour que vous puissiez comprendre. Néanmoins, je peux vous assurer que Severus ne nous a pas dit la vérité. Vous avez souvent fait confiance à mon jugement, Remus, et sans que j'ai eu besoin de vous fournir des preuves. Je vous demande de me croire une fois de plus.

- Je vous fais confiance, répondit Remus, s'adoucissant légèrement. Je ne mettrais jamais en doute que vous œuvrez pour notre cause. Mais je ne peux pas croire que Severus nous ait menti. Je ne peux tout simplement pas.

- Au contraire, vous le pouvez… mais vous ne le voulez pas. »

.

.

« Il s'agit là de beaucoup de question à la fois, dit calmement Severus. Néanmoins, je doute que nous ayons suffisamment de temps devant nous. »

A peine eut-il fini sa phrase que le potionniste vit le visage de son élève se contracter en une grimace d'agacement. Et il devina immédiatement ses pensées. Il leva les yeux au ciel et ajouta, avant que Harry ne dise quoique ce soit :

« Ce qui ne veut pas dire que je n'y répondrai pas. Si je ne souhaitais pas satisfaire vos interrogations, Potter, il n'y aurait aucune raison qui me pousse à tolérer le fait que je respire le même air que vous. Je pensais pourtant que vous l'aviez compris, alors si vous pouviez éviter de sauter à des conclusions erronées à chaque phrase qui ne vous convient pas, ça m'arrangerait.

- Je n'ai rien dit, s'offusqua le jeune homme.

- Pas besoin de mots. Votre visage trahit souvent vos pensées. »

Le jeune sorcier se renfrogna alors que son professeur continuait :

« D'autant, Potter, que, comme souligné précédemment, je ne vous donne pas une heure avant que vous ne soyez appelé par vos amis, hystériques à l'idée de ne pas retrouver leur Sauveur. A cela, j'ajouterai que ce n'est pas vraiment le lieu non plus pour les grandes confidences. Entre des murs, il n'existe jamais de certitude de ne pas être écouté. Vous connaissez l'adage Monsieur Potter.

- Les murs ont des oreilles, » récita-t-il d'instinct.

A peine eût-il prononcé ces mots qu'il réalisa à quel point le sorcier alité avait raison. Le Square Grimmaurd était une forteresse pour les attaques extérieurs, mais, comme n'importe où, à l'intérieur, nulle protection. N'importe qui pouvait écouter, d'autant plus que le sortilège de silence avait sûrement été levé. Il comprit alors que si explications il allait avoir, elles ne seraient que partielles et succinctes. Ce qui l'agaça. Lui qui attendait si impatiemment le réveil de l'espion pour avoir enfin des réponses, il allait devoir encore une fois se réfréner. Mais pas question de sortir de cette pièce avant d'avoir une idée de ce qu'il se passait.

« D'accord, dit-il. Mais je veux tout de même des explications assez convaincantes. Pour l'instant, je n'ai parlé à personne de ce que vous m'avez confié. Ni à mes amis, ni à Dumbledore. Aussi étrange que cela paraît – tant pour vous que pour moi – j'ai décidé de vous mettre « en sursis ».

- Et moi qui croyait que vous aviez opté pour une confiance aveugle, ne put s'empêcher de railler Severus.

- Je sais bien que vous me considérez comme un idiot fini suicidaire, mais je ne le suis pas au point d'avoir confiance en vous. » Rétorqua immédiatement le jeune sorcier.

Les deux sorciers se toisèrent quelques instants avant que Harry ne lève les mains, en un geste d'apaisement. Après tout, il était là pour avoir des réponses. S'agacer mutuellement n'allait lui servir à rien, surtout si son professeur était tout à fait disposer à discuter.

« Il vaut mieux éviter ce genre de commentaire, faisons comme si je n'avais rien dit, reprit-il. Bon, puisque vous ne pouvez pas répondre à toutes mes questions comme je le souhaiterais, vous pourriez déjà m'expliquer pourquoi m'avoir confié ce médaillon ? Aux dernières nouvelles, je dois être la dernière personne sur cette planète à qui vous souhaiteriez confier quelque chose. »

Il se retint de parler de la supplique de son professeur, sachant que ça ne serait pas, mais alors pas du tout une bonne idée. D'autant que, si il était à la place de Rogue, lui aussi réagirait très mal à ce rappel.

« Il est vrai que vous, comme moi, nous ne nous portons pas dans notre cœur, répondit l'homme. Néanmoins Potter, vous êtes directement concerné par cet objet. Et si je vous l'ai confié, c'est uniquement parce que vous êtes le seul à qui il revient… Ce médaillon, Potter, est une preuve que je vous donne. »

Harry fronça les sourcils, déjà perdu par les explications de son profession.

« Cette bombe à retardement, une preuve ? Et sur quel sujet ?

- Sur le mensonge de votre existence même Potter. »

Il y eut un moment de flottement, durant lequel seule la respiration sifflante du professeur se fit entendre. Puis Harry soupira et déclara, sur un ton de reproche :

« Ne devions-nous pas tenter d'être courtois l'un envers l'autre ? Vous avez vraiment un problème avec moi, vous savez, vous n'avez pas tenu plus d'une minute. Combien de temps avant de rajouter que mon existence, en plus d'être un mensonge face au monde, est une erreur ? »

A ces mots, le potionniste souffla d'agacement. Il se pinça l'arrête du net, en fermant les yeux, et inspira plusieurs fois, ravalant les mots qu'il était sur le point de lui cracher au visage. Merlin qu'il n'était pas aidé. Fallait-il vraiment que Potter recommence à jouer sa carte de la victime malmenée ? Après quelques instants, il se redressa et plongea son regard dans celui de son élève :

« Ce n'était en rien une agression verbale, ou que sais-je comment vous l'avez pris. Mais, encore une fois, je constate que vous passez à côté de l'information essentielle, trop focalisé sur un potentiel reproche. Alors, installons une précision pour vous aider, avant que je ne regrette complétement d'avoir accepté cette discussion. Ce médaillon est une preuve que votre existence même est fondée sur un mensonge. Et si vous avez besoin de simplification, la voici : tout ce que vous connaissez de vous, de votre rôle de sauveur, ce sont des mensonges qu'on vous a narré depuis votre arrivé dans le monde magique. »

Face à cette déclaration, Harry retint de justesse un « Rien que ça » ironique. Il préféra garder le silence pour intégrer les mots de son professeur. Et plus il se penchait dessus, plus l'incertitude croissait en lui. Comment devait-il réagir face à ces paroles qui lui paraissaient totalement farfelus ? L'homme était-il devenu fou à force de torture ? S'il laissait son professeur aller sur cette voie, allait-il finir par entendre que Dumbledore était en réalité une licorne bipède capable de se métamorphoser ? Que Voldemort n'était qu'une hallucination collective à très grande échelle et que derrière se cachait un gnome doué de magie ?

Il était complétement perdu. Si on omettait l'hypothèse de la folie, son professeur n'avait aucune raison de lui mentir, n'est-ce pas ? Ou alors, se serait-il tromper une nouvelle fois sur la loyauté de l'homme ? Etait-ce vraiment un plan de Voldemort pour le détourner de sa quête ? Il ne voyait pas trop l'intérêt néanmoins. Après tout, le mage noir n'aspirait qu'à une chose : le faire disparaître de son chemin en le tuant. C'était simple. Il ne le voyait pas le manipuler pour l'écarter du conflit. Il serait plutôt du genre à le manipuler pour le forcer à le confronter avant qu'il ne soit prêt à se défendre correctement.

Pouvait-il réellement envisager que son professeur disait la vérité ? Pouvait-on lui avoir menti depuis autant d'années ? Dans cette hypothèse, la question à poser serait de savoir à quel point le mensonge allait-il et qui en était l'investigateur. Mais Harry n'était pas sûr de vouloir savoir. Il n'était même pas sûr de pouvoir encaisser une révélation pareille. Si révélation il y avait bien lieu d'avoir.

Mais comment faire confiance à Rogue ? Surtout si ce dernier n'était pas devenu fou et n'était pas en train de suivre un plan saugrenu. Néanmoins, Harry ne voulait pas y croire. Ce n'était pas possible. Il fut tenté d'écourter l'entretien et de quitter la pièce immédiatement. Sans rien dire de plus. Partir et aller trouver Dumbledore, Remus ou ses amis. N'importe qui qui serait en mesure de calmer l'angoisse qui commençait à naître au sein de lui.

Rogue mentait. Il ne pouvait pas en être autrement. Il ne le fallait pas. Pas après avoir surmonté toutes les épreuves sur sa route. Pas après avoir perdu Sirius pour cette saleté de prophétie qui l'avait condamné définitivement à être le seul à pouvoir destituer le Seigneur des Ténèbres. Pas après qu'il ait renoncé à tout espoir d'une vie différente. Il n'avait pas tout subi et tout supporter pour apprendre que sa destinée n'était pas celle à laquelle il s'était résolu. Etait-il seulement possible….

Il observa attentivement son professeur qui s'était calmé et le regardait avec une certaine…inquiétude ? Harry fronça les sourcils. Avait-il bien décrypté l'homme en face de lui ? Rogue ne pouvait tout de même pas être inquiet de l'impact de ces mots sur lui. Ce n'était pas lui ça. Mais après tout, son comportement dernièrement ne reflétait pas vraiment l'image qu'il donnait habituellement. Tout ceci, en plus de l'angoisser, commençait à lui donner mal à la tête.

Agacé de toutes ses questions, Harry se releva et se rapprocha de la tête de lit. Sans même demandé l'autorisation, il s'assit jusqu'à côté du bras de son professeur et se pencha légèrement pour le regarder bien en face.

« Redite-le ! »

Ce n'était pas vraiment une demande. Plus une exigence. Un ordre, si on voulait être honnête dans les termes. D'ordinaire, Rogue l'aurait envoyé se faire paître pour lui avoir parlé sur un ton aussi autoritaire. Mais il avait vu la confusion des pensées de son élève sur son visage et il savait qu'en cet instant, le jeune homme avait besoin de certitude.

« Regardez-moi dans les yeux, et redite-le, répéta Harry. »

Et pour la première fois de sa vie, Rogue accepta en toute conscience de faire ce qui lui demandait un Potter. Il plongea son regard dans celui du jeune sorcier, sans aucune gêne. Il admira quelques instants ce vert si particulier – ce vert qu'il avait tant aimé lorsqu'il se trouvait dans les yeux de Lily. Puis il parla :

« On vous a menti depuis le début. Ce qui vous a été raconté sur vous-même, sur votre implication dans ce conflit « Lumière contre Ombre », ce ne sont que des mensonges. »

Ce fut avec horreur que Harry ne découvrit aucune trace de mensonge dans le regard de son professeur. Ce n'était pas possible. Il hésita entre se mettre à pleurer ou à crier. Quoique, le rire hystérique restait envisageable. Néanmoins, il avait besoin de plus d'explications. Il avait besoin de connaître l'ampleur de ce mensonge.

« Il va falloir que vous développiez Monsieur. Je n'y comprends rien. En quoi exactement… »

Le jeune homme s'interrompit lorsqu'il entendit quelqu'un l'appeler. Il jeta un coup d'œil vers la porte fermée. Quelqu'un montait l'escalier, semblant le chercher. Se mordant la lèvre inférieure, Harry attendit. Il espérait que personne ne penserait à venir vérifier si il se trouvait dans la chambre avec Rogue. Finalement, les pas passèrent devant la porte sans s'arrêter et il souffla de soulagement.

« Et bien, il n'a pas fallu longtemps, fit remarquer le potionniste, attirant l'attention du plus jeune. A mon avis, nous n'avons plus beaucoup de temps devant nous. J'imagine néanmoins que vous n'allez pas quitter cette pièce sans avoir entendu de ma part plus d'explications. Posez vos questions Potter, et je tenterais de vous répondre de manière claire mais conciste. Nous trouverons une autre occasion, ajouta-t-il en grimaçant à l'idée d'une nouvelle discussion, pour plus de détails. »

Harry acquiesça, conscient que l'homme en face de lui avait raison. Combien de minutes lui restait-il avant qu'on ne commence à fouiller toute la demeure à sa recherche et que des membres de l'Ordre ne débarquent dans cette chambre ? Il espérait juste en avoir suffisamment. Il réfléchit quelques secondes puis commença l'interrogatoire :

« Vous dîtes que ce « mensonge » porte sur mon statut. Cela veut-il dire que je ne suis pas nécessairement celui qui doit…neutraliser le Seigneur des Ténèbres ?

- Oui et non. Vous êtes destiné à le destituer… c'est juste que vous n'avez pas à le faire seul. »

Harry fronça les sourcils, surpris. C'était nouveau ça.

« Que voulez-vous dire ? La prophétie était claire pourtant, je suis le seul à pouvoir le faire. Et, soyons honnête, si Dumbledore lui-même ne peut m'assister, je ne vois personne d'autre pouvant être à mes côtés. »

Rogue leva les yeux au ciel mais ne releva pas plus que cela. Il savait que le jeune homme n'était pas encore prêt pour toutes les révélations, alors il contint sa remarque et poursuivit.

« Vous vous trompez. Quelqu'un d'autre devra être à vos côtés si vous souhaitez espérer vaincre le Lord. Il existe une autre prophétie, Potter, une qui explique bien cela. Une qui existait bien avant celle de Trelawney. »

Et merdre, encore une prophétie, pensa immédiatement Harry. Décidément, il allait de surprise en déconvenue. Le jeune Potter devait bien avoué qu'il détestait particulièrement les prophéties. Non, il les exécrait et si il avait pu enfermer tous les devins qui avaient engendrés des prophéties aussi désagréables que la sienne, il l'aurait fait.

« Si cela est vrai – nous allons faire comme si – de qui s'agit-il ?

- Je ne peux pas vous le dire. Pas ici et pas maintenant. »

Le jeune homme se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de s'insurger. Il jeta un coup d'œil à la porte. Il savait qu'il n'avait pas beaucoup de temps mais il était curieux. Etrangement, si il ne voulait pas savoir plus que cela l'étendu du mensonge (brisé ce sur quoi il s'était construit ne l'enchantait guère), il avait vraiment envie d'entendre qui pourrait le soutenir réellement dans sa mission. Ça avait un côté…réconfortant.

« Bien. Alors, dites-moi à qui vous avez pris ce médaillon. »

Rogue haussa les sourcils.

« Je crois que vous connaissez la réponse Potter. »

Effectivement, Harry se doutait bien d'où provenait l'objet, mais il avait besoin de l'entendre. Alors, il croisa les bras et attendit, faisant comprendre sa position à son professeur. Ce dernier soupira.

« Je l'ai pris au Seigneur des Ténèbres. »

A qui d'autre après tout ? Ce qui expliquait d'autant l'état dans lequel l'homme avait été retrouvé. Cela dit, le professeur avait eu une chance monstre de pouvoir s'échapper avant d'être tué.

« Pourquoi ?

- Pour vous le remettre.

- Vous avez sacrifié votre rôle d'espion et risqué votre vie, juste pour me remettre ce médaillon ? Vous savez que quiconque pourrait vous traiter de fou pour avoir fait cela ? Je ne peux pas croire que ce soit uniquement pour cette raison. Soyez totalement honnête. Outre le fait qu'il soit, soit disant, une preuve de ces mensonges, en quoi d'autre est-il aussi important ? Qu'est-ce qui justifie le sacrifice que vous avez fait ?

- Ce médaillon contient…quelque chose de précieux. Qui vous sera indispensable pour battre le Seigneur des Ténèbres. Pour accomplir la première prophétie. Et si quelqu'un est capable de briser le sort que le Lord y a jeté, je pense que c'est bien vous. Et avant que vous ne posiez la question, je ne connais pas précisément le sort qui pèse sur l'objet.

- Et pourquoi ne devais-je rien dire à Dumbledore ? Ne serait-il pas capable lui aussi de défaire ce sort ? D'ailleurs, d'après mon expérience, il est souvent le plus apte à faire les choses qu'on pense impossible.

- Vous l'estimez beaucoup Potter. »

Peut-être un peu trop, pensa-t-il, avant de poursuivre :

« Pour être totalement franc, oui, je pense qu'il en serait capable également. Le seul souci est que je sais qu'il ne le ferait pas. Dumbledore ne souhaite pas user de… cette chose. Et pourtant, vous en avez besoin. »

Harry ne put s'en empêcher, il regarda son professeur avec de la suspicion.

« Vous sous-entendez que Dumbledore se refuserait à récupérer un objet qui me serait indispensable ? Vous délirez complétement ! »

Sur ce point, il lui était impossible de croire Rogue. Il ne pouvait s'imaginer Dumbledore le mettre dans une telle situation.

« Potter…

- Non ! Vous pourrez dire ce que vous voulez, jamais je ne croirais ça !

- Et pourtant, c'est la vérité. Je ne dis pas qu'il souhaite vous mettre des bâtons dans les roues. Il est sincère dans son envie de voir disparaître le Seigneur des Ténèbres. Il ne souhaite juste pas que la première prophétie se réalise. Il ne veut pas que vous y parveniez d'une autre manière que la sienne. Or, sa manière va à l'encontre de la prophétie qui vous assure la victoire.

- Ce que vous dites n'a aucun sens ! s'écria le jeune homme. Vous mentez ! Ce n'est pas possible autrement.

- Dois-je boire du veritaserum pour que vous daigniez y croire ? répliqua immédiatement Severus. Vous n'avez qu'un mot à dire et je vous donnerais la preuve ultime que je vous dis la vérité ! »

Harry était estomaqué. Avait-il bien entendu ? Severus Rogue ne pouvait pas lui avoir fait une proposition pareille. Il n'en avait pas le droit !

Au fond, Harry savait que si son professeur était prêt à aller jusque-là, c'était qu'il disait vrai concernant Dumbledore et cette prophétie. Ou tout du moins, était persuadé dire vrai. Pourtant, le jeune sorcier ne pouvait vraiment pas y croire. Si cette première prophétie existait et qu'elle assurait qu'il vaincrait avec cet objet, pourquoi le directeur de Poudlard prendrait un tel risque en agissant autrement ? Pourquoi ferait-il une chose pareille ?

Ce n'était pas Dumbledore ça. Certes, il agissait souvent dans son dos, sans toujours le prendre en considération. Et ce, depuis sa naissance, puisqu'il avait tout de même choisi de le tenir à l'écart du monde des sorciers et de le placer dans une famille qui ne l'appréciait guère. Mais ce n'était pas pour autant qu'il le faisait dans une attention de lui nuire. Certes, parfois, il était un peu brusque envers lui. Quoique ce ne soit arrivé que lors de sa cinquième année, lorsqu'il l'avait ignoré.

Néanmoins, jamais il ne pourrait croire une chose pareille. Il secoua la tête, comme pour remettre ses idées en place. Il n'avait jamais douté de Dumbledore, ce n'était pas aujourd'hui que cela allait commencer. Surtout pour préférer croire Severus Rogue.

« Jamais je ne vous ferais confiance au point de renier l'homme qu'est Albus Dumbledore, déclara-t-il fermement.

- Vous jugez donc ma parole inférieure à la sienne ?

- Parce que c'est le cas !

- Et pourtant cette prophétie existe bien et je peux vous assurer que votre vie entière aurait été différente si Dumbledore avait tenté de récupérer ce médaillon pour vous. »

Harry cessa de respirer à ces mots. Il sentit poindre en lui un étrange sentiment, qui anesthésia sa conscience et son désir à défendre coûte que coûte son mentor. Son regard se perdit dans le vague et un léger tremblement saisit ses mains.

Rogue observa le changement opéré chez son élève, avec une certaine surprise et inquiétude. Ce dernier semblait plongé lentement mais sûrement dans une sorte d'apathie et ce n'était clairement pas la réaction que Severus escomptait. Ce calme soudain n'avait rien d'apaisant. Il pensait à devoir continuer à batailler contre ce Potter, persuadé de détenir la vérité absolue, que son professeur était incapable de dire autre chose que des mensonges. Il n'avait clairement pas envisagé une telle réaction. Pourquoi ne criait-il plus au scandale ?

Harry releva la tête, lui faisant suspendre sa main au-dessus de son épaule. Severus réalisa avec choc qu'il s'était penché pour le réconforter. Il n'avait même pas eu conscience du mouvement de son corps. Il émit un petit bruit de gorge gêné, qu'il espéra faire passer pour un grognement. Il se laissa retomber sa main sur son coussin alors que le jeune sorcier, qui n'avait à priori rien remarqué, demanda :

« Sirius… serait-il toujours en vie si on ne m'avait pas menti ? Si j'avais eu cet objet ? Je sais, c'est idiot comme question, on ne peut pas refaire le passé, mais… y aurait-il une chance pour qu'il soit toujours de ce monde ? »

Durant un instant, Severus ne vit plus qu'un enfant perdu en face de lui. Le jeune homme eut-il le temps de voir la pitié qui traversa son visage avant qu'il n'arrive à reprendre son masque de marbre ? Le potionniste ne savait pas trop quoi répondre. Il n'avait pas l'habitude de rassurer, surtout lorsque la personne a rassurée s'appelait Harry Potter. Ce n'était clairement pas dans ses facultés. Néanmoins, sentant que le garçon avait besoin de sa réponse avant de pouvoir continuer la discussion, il se força à prendre un ton apaisant (du moins l'espérait-il) et répondit :

« J'ignore si Black aurait été à vos côtés aujourd'hui. La mort est un évènement incontrôlable. Peut-être aurait-il vécu auprès de vous assez longtemps pour vous voir vieillir suffisamment, ou peut-être qu'il vous aurait quitté bien plus tôt. Néanmoins, ce que je peux vous dire avec une quasi-certitude Potter, c'est que sans ces mensonges qui dictent votre vie, si vous aviez évolué avec ce que contient le médaillon, vous auriez été mieux préparé face au Seigneur des Ténèbres cette année-là et, sans doute, auriez-vous compris qu'il s'agissait d'un piège. »

Severus observa la réaction de son élève à ses mots et il sut avoir faire une erreur lorsque le regard du garçon s'anima d'une colère sourde. Celui-ci sortit de sa léthargie et ses mâchoires se contractèrent, comme si il tentait de s'empêcher de lancer une insulte. Son poing s'était serré et sans nul doute, il avait une folle envie de lui lancer un sort.

« J'aurais été mieux préparé ? répéta-t-il, du venin dans la voix. Mieux préparé ? Vous plaisantez j'espère. C'était votre travail ça ! C'est vous qui aviez la charge de mieux me préparer pour affronter les intrusions mentales de ce malade !

- Et pourquoi moi à votre avis ? répliqua-t-il immédiatement, sachant qu'il ne valait mieux pas laisser le jeune garçon monter trop au créneau. Pourquoi m'a-t-on choisi ?

- Vous le savez très bien ! Car Dumbledore….

- Exactement Potter, Dumbledore ! interrompit Severus. C'est lui qui a choisi de vous confier à moi. Qui m'a imposé ce cours particulier, autant qu'à vous. Pourquoi à votre avis Potter ? »

L'homme savait qu'il n'aurait pas dû réagir aussi violemment. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher, face à l'accusation du garçon. Certes, lors de leurs cours d'Occlumencie, il n'avait pas fait preuve d'une grande patience. Mais il avait tenté. Jusqu'à ce moment fatidique où ses souvenirs de brimades étaient remontés à la surface. Et puis, le garçon n'avait jamais demandé à poursuivre. Et Dumbledore n'avait, de son côté, jamais insisté non plus pour que les leçons reprennent. D'ailleurs, pourquoi l'aurait-il fait ?

Il tenta de calmer la colère de sa voix lorsqu'il poursuivit :

« Pensez-vous que je sois le meilleur des Occlumens ? Meilleur que Albus Dumbledore ? Nous avons, au minima, le même niveau Potter. Alors, pourquoi vous a-t-il confié à moi ? Pourquoi ne pas s'en être chargé lui-même ?

- Il ne souhaitait pas que Volde…

- Ne prononcez pas son nom ! Coupa le professeur. Et par pitié, ne me sortez pas cette excuse. Il ne voulait pas que le Seigneur des Ténèbres l'espionne à travers vous ? Mais que le Lord me voit vous entraîner à vous protéger de lui, ça ne le dérangeait pas. Croyez-vous vraiment qu'il aurait apprécié que le Maître me renie car il m'aurait vu agir contre lui ? Car, Potter, il vient de me faire une crise aujourd'hui car je ne peux plus être espion !

- Quoi ? Vous…

- Il savait pertinemment ce qu'il faisait en vous mettant dans mes pattes, poursuivit le professeur en ignorant l'interruption. Il savait que nous n'arriverions pas à surpasser notre mésentente. Il savait que vous n'apprendriez rien avec moi, car vous ne me faisiez pas confiance. Comment aurait-il pu l'ignorer, alors qu'il nous connait si bien ? Alors posez-vous les bonnes questions Potter. Si Dumbledore vous a confié à moi, c'était uniquement parce qu'il ne voulait pas que vous y parveniez ! »