Paring : T
Paring : DragoxHarry, SiriusxSeverus
Disclaimer : Tous les personnages sont à J. K. Rowling
Attention : Cette fanfiction parle - entre autres - de relations entre hommes. Homophobes, vous êtes prévenus.
NDA : Ce chapitre a été updaté le 18/08/2018, je tiens ma parole! Je réécris tout en ce moment et je compte terminer cette fic. Bonne lecture!
Rencontre
Severus contourna à pas de loup le lit de Drago. A travers les volets, on pouvait voir la lueur rosée qui accompagnait le lever du soleil. Il devait être cinq, six heures à peine. L'ex-maître d'armes tourna la poignée de la porte, et sortit discrètement de l'auberge. Il s'engouffra avec soulagement dans la rue déserte. Avisant un fiacre non loin, il sourit : enfin, la chance lui souriait un peu. Il grimpa souplement dans la cabine et souffla au cocher :
- Direction British Library, s'il vous plaît.
En dix minutes, il parvint à sa destination. Il ordonna au cocher de l'attendre, et disparut à l'intérieur de l'imposante bâtisse. La plus grande bibliothèque de Londres et la plus complète, sans oublier l'une des plus réputées du monde. On trouvait ici tous les renseignements qu'on voulait, et plus encore.
D'un rapide coup d'œil, il observa la pièce : personne, hormis deux ou trois employés derrière leur comptoir respectif. Un vieil homme au coin qui lisait son journal. Severus hocha la tête, satisfait et rassuré. On n'était jamais trop prudent.
D'un pas assuré, Severus se dirigea vers le service des informations civiles. Une bonne femme montée sur une petite chaise en bois le regarda avec un air malveillant. Il lui demanda, en essayant de cacher autant que possible son mépris :
- Bonjour, madame. Je recherche une adresse, s'il vous plaît.
- A quel nom ? grommela la dame.
- Sirius Black.
Il attendit patiemment, pendant que la femme replète se retournait vers ses registres. Au bout d'un temps qui lui parut interminable, elle sortit une fiche d'un dossier. D'une voix neutre, elle déclara :
- Sirius Black. 219b, Leicester Square.
L'homme haussa les sourcils. Le quartier de Soho ? Sirius lui avait caché cela... Il haussa les épaules : tel qu'il connaissait l'homme, ça ne l'étonnait pas tellement, en fait. Il avait toujours eu un côté excentrique... Il remercia poliment l'employée pour son travail, et tourna les talons.
Alors qu'il poussait le battant de la porte, il s'arrêta net. Il sentait comme un regard braqué sur lui.
Faisant volte-face à une rapidité sidérante, son regard rencontra celui du vieil homme qui lisait son journal. La personne le fixait avec malice. Un large sourire se perdait dans la barbe de l'homme.
Severus soutint un moment ce regard, puis pressa le pas afin d'être rapidement hors de vue.
Alors que le fiacre s'ébranlait, Severus ne lâcha pas des yeux le bâtiment jusqu'à ce qu'il soit trop loin. La rencontre avec ce vieillard l'avait rendu nerveux. Cependant, il était impossible qu'il ait entendu sa conversation avec la femme, de ça il était sûr. Au moins cet homme ne pourrait pas rapporter à Lucius – et encore, si cette personne était bien à la solde de Lucius – leur prochaine destination.
Il fixa chaque passant, chaque cheval, alors que la voiture l'emmenait loin du centre de Londres. Au bout d'un moment, Severus se détendit. Qui que soit cet homme, il ne paraissait pas l'avoir suivi.
Severus se réjouit. Quand il verrait Drago, il aurait un chemin à lui indiquer. Un chemin à destination du 219b, Leicester Square.
Bien sûr, maintenant le tout était de convaincre Son Altesse Sérénissime de se faire héberger par un oncle éloigné.
oOo
- Hors. De. Question.
L'adulte soupira. Cela faisait à présent une heure qu'il tentait de convaincre le jeune imbécile qui lui tenait lieu de "compagnon de route", et pour le moment sans résultat. Cette tête de mule semblait éprouver un plaisir indescriptible à le contrarier.
Il inspira un bon coup, puis déclara d'une voix où il s'efforçait de ne pas laisser transparaître son irritation :
- Drago... Vous ne pouvez pas rejeter ainsi un hébergement et une sécurité assurés. Je vous pensais plus intelligent que ça. Nous avons besoin d'alliés. Rester seuls et livrés à nous-même en plein Londres serait du suicide.
- Eh bien quittons la ville, cracha l'héritier Malefoy.
- Sauf que si vous voulez garder un œil sur Lucius, Votre Altesse, il vaut mieux rester dans les parages. La meilleure cachette est celle juste sous le nez de l'ennemi, vous le savez tout aussi bien que moi. De plus, je me permets de vous rappeler que grâce à votre splendide intervention dans la boutique hier soir, Lucius sait que nous sommes dans le coin. Ma main à couper que toutes les sorties de la ville sont bloquées depuis hier soir. Au moins.
Drago rougit de honte en se rappelant de sa bavure de la veille : il savait que son professeur avait raison. Mais en même temps...
- J'entends tous vos arguments. Mais entendez le mien : je refuse tout contact avec ma famille. Et vous voulez qu'on vive pendant une durée indéterminée chez Sirius Black ?! Qui vous dit qu'il ne sera pas appâté par une quelconque offre de Lucius ? Je suis prêt à parier qu'il l'a déjà contacté.
Severus roula des yeux : cela faisait une heure qu'ils argumentaient, ils perdaient un temps fou.
- Je pense également que c'est ce qu'a fait Lucius. Mais, à mon grand déplaisir, je connais bien Sirius. A l'heure actuelle, c'est la personne en qui nous pouvons avoir le plus confiance. Il ne vous livrerait jamais.
L'homme ne put cependant pas s'empêcher de grimacer à ces mots. Dire qu'après tout ce qui s'était passé, il était aujourd'hui acculé au point de devoir recourir à lui…
Drago fit les cent pas dans la chambre, le front plissé. Puis il s'assit sur une chaise comme si c'était un trône et, d'une voix implacable, il déclara :
- Professeur Rogue. Severus. Je vous ai suivi jusqu'ici, mais là, j'ai peur de ne pas avoir encore assez de recul pour me fier à votre parole. Alors nous allons rester ici jusqu'à demain, le temps que je puisse me faire une idée plus précise sur cet homme. Et ce n'est qu'à ce moment-là que nous bougerons. Compris ?
Une veine apparut sur le front de Severus. Ce sale morveux royal lui tapait sérieusement sur le système. Il le prenait pour quoi, un imbécile ?
- Puisque je vous dis que vous pouvez avoir confiance en lui. Vous croyez sincèrement que je vous emmènerais dans un guet-apens ?
- J'ai dit demain. Cessez de me répondre. Si vous tenez tant que ça à y aller, il faudra me passer sur le corps.
- Mais très certainement.
- Que… ?
oOo
Drago observa, morose, le paysage défiler derrière la vitre du fiacre qui les conduisait dans le quartier de Soho. Il tentait d'ignorer tant bien que mal le sourire narquois et légèrement sadique de son ex-professeur d'escrime et, surtout, il tentait d'oublier l'humiliation qu'il venait de lui faire subir. Soulevé avec une facilité déconcertante, c'est, les fesses à l'air et les cheveux dans les yeux qu'il avait vu le fiacre se rapprocher.
Mais Severus pouvait lui faire tous les affronts du monde quant à l'étiquette, il n'en restait pas moins la seule personne sur qui il pouvait compter à l'heure actuelle. En vérité, il l'admirait, même. Car pour lui sauver la vie, l'ancien maître d'armes avait abandonné son travail, son titre… son avenir, en somme.
- Severus..., commença-t-il pour briser le silence qui régnait dans la cabine.
- Hum ? grogna l'homme.
Aïe. De toute évidence, il était encore ronchon d'avoir malmené son dos en le portant. Il brandit le drapeau blanc :
- Mes excuses pour mes humeurs de tout à l'heure. Je vous fais confiance.
Voyant que l'homme se détendait, Drago poursuivit :
- J'aimerais que, pendant le trajet, vous me parliez de ce Sirius Black. Comment se fait-il que je ne l'aie jamais rencontré ? Où se situe-t-il dans mon arbre généalogique ?
Severus resta silencieux un instant, perdu dans ses pensées. Il commença ensuite d'une voix lointaine :
- Sirius Black est le cousin germain de votre mère. Si mes souvenirs sont bons, Cygnus Black, votre grand-père, et Walburga Black étaient frère et sœur. Cygnus a épousé Druella, donnant donc naissance à votre mère et ses… sa sœur Bellatrix, se reprit-il.
Il jeta un coup d'œil à Drago qui n'avait pas remarqué son hésitation. Mieux vaut ne pas l'encombrer avec des histoires d'enfants reniées…
- Quant à Walburga Black, elle prit pour époux Orion Black – un cousin éloigné – et donna naissance à Regulus et Sirius Black. Sirius fut renié par sa mère au moment où il fui sa maison. C'est pour cela que vous ne l'avez jamais rencontré. D'ailleurs… Toute cette conversation reste entre nous. Je ne souhaite pas que vous abordiez ce sujet en sa présence, cela remuerait le passé pour rien.
- C'est entendu.
- La seule chose qui vous importe de savoir, c'est que cet homme ne nous trahira jamais.
L'héritier Malefoy se rejeta en arrière sur sa banquette, et laissa son esprit vagabonder. Il ne parla plus jusqu'à la fin du trajet, perdu dans ses pensées.
oOo
Le 219b, Leicester Square était une maison à l'aspect modeste, voire délabré sur les bords. Drago haussa un sourcil.
- Un Black vit là-dedans ?
- Oui, et bientôt deux si tout se passe bien, répliqua Severus en toquant à la porte.
Le blond sentit son ventre se nouer. Rencontrer cet homme, et surtout dans ces conditions… Il n'eut pas le temps de stresser plus, la porte s'ouvrait déjà.
Un homme d'une quarantaine d'années, plutôt bel homme, apparut sur le seuil. Des cheveux noirs mi-longs entouraient un visage aux traits fins. Sirius Black avait l'œil pétillant, et les rides autour de sa bouche ainsi que les pattes d'oies aux coins de ses yeux laissaient deviner un tempérament joyeux.
Pourtant, sa réaction lorsqu'il les vit arriver fut surprenante : il pâlit à vue d'œil, et son regard semblait ne pas pouvoir lâcher Severus. D'une voix tremblante, il murmura :
- Sev'… C'est vraiment toi ?
Son ex-maître d'armes grogna.
- Je t'ai dit mille fois que je détestais qu'on m'appelle ainsi.
Sirius éclata en sanglots si soudainement que cela les fit sursauter. Il tomba dans les bras de Severus qui, s'il s'était visiblement raidi à ce contact, le laissa faire. Il était évident que son professeur n'avait pas pris la peine d'avertir le Black de leur arrivée.
Se reprenant bien vite, il les invita à entrer tout en jetant des regards appuyés en direction de Drago.
L'intérieur du bâtiment était simple, mais il s'en dégageait une impression de chaleur et de convivialité. L'œil exercé de Drago remarqua quelques touches qui marquaient la situation financière finalement pas si catastrophique de Sirius : des tableaux de qualité, des meubles en bois verni...
L'homme les conduisit dans ce qu'il supposait être la salle à manger, et leur fit signe de s'asseoir. Docile, le blond prit place sur une chaise, sans pouvoir s'empêcher de noter la texture rugueuse de la nappe, si différente de la soie à laquelle il était habitué. Pensif, il caressa la nappe et apprécia cette dureté. Il ne voulait plus être pouponné. Il avait besoin de s'endurcir.
Soudain, il prit conscience du silence qui régnait sur la table. Levant les yeux, il croisa le regard de Sirius qui le transperçait de part en part. Il ne détourna pas les yeux, soutenant froidement le regard de l'homme. Un Malefoy ne détourne jamais les yeux.
- Drago Malefoy, lâcha alors Sirius. Tu as bien grandi.
Drago cilla.
- Vous m'avez déjà vu… ?
- Quand tu étais petit. Une puce aussi blonde que ses parents.
Sirius plissa les yeux. Son ton était douloureux :
- Toutes mes condoléances.
"Toutes mes condoléances". Une formule que Drago n'avait jamais aimée. Et en cet instant, il la haïssait de tout son être. Car elle signifiait trop de choses, bien trop de choses infiniment lourdes à porter pour lui. Cette phrase le pénétra et heurta ce vide qui remplissait désormais son cœur, à l'endroit où, jadis, se logeait son adoration pour sa mère et son admiration pour son père.
- Drago pinça les lèvres et s'enfonça ses ongles dans sa paume jusqu'à saigner. Tout plutôt que de pleurer de nouveau en public.
Severus sentit le danger et relança la conversation :
- Sirius... Nous avons besoin de ton aide. Nous sommes en pleine cavale comme tu dois le savoir, et nous avons besoin d'un endroit sûr à Londres.
- Les sorties de la ville sont bloquées, donc.
Severus hocha la tête, appréciant la vivacité d'esprit de son interlocuteur. Sirius rit :
- Eh bien inutile de tourner autour du pot, ce n'est pas trop ton genre, hum ? Toi, tu es plutôt du genre « je-veux-ça-et-si-je-ne-l'ai-pas-je-vais-te-faire-souffrir ».
Il ponctua sa dernière phrase d'un mouvement de doigts pour mimer les guillemets. Drago décida à cet instant que, malgré son vocabulaire un peu trop vulgaire, il pourrait apprécier Sirius. Ce dernier abattit son poing sur la table en tonnant :
- Bienvenue chez moi ! Ma demeure sera la vôtre autant de temps que vous le souhaiterez. Evidemment que je ne laisserai jamais mon neveu éloigné, ni toi, dans le pétrin.
Le jeune homme blond observa du coin de l'œil Severus se détendre sur sa chaise.
- Nous t'en sommes reconnaissants, lâcha ce dernier. Merci.
Drago fronça les sourcils. Voilà ce qui le chiffonnait depuis tout à l'heure : cette familiarité entre les deux hommes. Se promettant d'interroger Severus à ce sujet plus tard, il s'occupa en premier lieu d'un point dont il désirait être sûr à 100% :
- Lucius vous a-t-il déjà contacté, mon oncle ?
L'homme le regarda et papillonna des yeux, dubitatif.
- Je me doute que tu as toute une éducation derrière, mais laisse tomber le vouvoiement, fiston. De même que toutes tes tournures de phrases rocambolesques telles que « mon oncle ». Appelle-moi Sirius et tutoie-moi. Autrement, tu te feras griller en moins de deux, ici.
- Comme vous voudrez Sirius, répliqua froidement Drago, mais le vouvoiement reste. Vous êtes un ancien et, de surcroît, ce serait irrespectueux de m'adresser à vous autrement que je ne le fais. Je n'ai pas à rabaisser mon éducation pour ma couverture, je me forgerai une couverture au niveau adéquat.
Sirius planta ses yeux dans ceux, décidés, de Drago. Pas besoin de mots. L'homme comprenait bien assez pourquoi Drago tenait à son éducation. Il sourit :
- Ainsi soit-il ! Donc, pour répondre à ta question, j'ai effectivement été contacté par Lucius. Et comme je vous croyais vraiment disparus, je peux te dire que mon expression inquiète était parfaitement crédible. Ils ne reviendront pas de sitôt. Et oui, poursuivit-il en voyant Drago ouvrir la bouche pour une autre question, j'ai été très clair : je ne suis absolument pas intéressé par l'argent de ton père, alors peu importe ce qu'on me propose, jamais je ne lui donnerai de renseignements à votre sujet à tous les deux.
- Voilà qui est parfait, intervint Severus avec soulagement. Nous ne te poserons aucun problème ?
A cet instant, Sirius se trémoussa sur sa chaise. Drago se redressa, intrigué. Il écouta attentivement alors que son oncle faisait part de son malaise :
- Hum... En fait, il se trouve que je ne vis pas seul. J'ai mon filleul Harry avec moi...
- Oh. Harry Potter, je présume ? commenta Severus d'un ton amer.
Drago haussa un sourcil. Qui que soit cet Harry Potter, son professeur ne semblait pas le porter dans son cœur.
- Toujours pas mort, celui-là ?
Ahem. Non, effectivement, Severus ne portait vraiment pas cet Harry Potter dans son cœur. Il esquissa un sourire en voyant Sirius lui décocher un coup de coude.
- Non il n'est pas mort, il va très bien, merci, grommela le Black. Et je voulais vous demander de bien vouloir garder votre identité secrète vis-à-vis de lui. Je ne tiens pas à le mêler à toute cette folie.
- De toute manière, on ne comptait pas le mettre dans la confidence, à la base...
- Severus ! rugit Sirius en roulant des yeux. Peut-être n'aimais-tu pas James, mais ce n'est pas une raison pour juger Harry sans le connaître ! Tu l'as entre-aperçu une fois quand il était gosse, c'est un peu léger pour te faire une idée de la personne !
- En attendant, j'ai pu voir qu'il était brun avec des lunettes. C'est du tout-comme, te dis-je.
Drago souriait franchement, à présent. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus sourit, depuis sa fuite en fait. Sirius se racla la gorge.
- Bref. Là où je voulais en venir, avant d'être interrompu (il coula un regard vers Severus qui grogna), c'est que Harry ne doit rien savoir de tout cela. Mais également, il va vous falloir une couverture en béton si vous comptez rester dans les parages un moment. Car, au cas-où vous ne l'auriez pas vu, un adressé royal est placardé dans tous les recoins de Londres, et votre portrait y sera ajouté au plus tard… demain, je dirais.
Il grimaça.
- Et, sans vouloir vous vexer, vos têtes tout comme vos noms sont plutôt… originaux.
Drago plissa les yeux. Il adorait son prénom. C'était sa mère qui l'avait choisi. Sirius enchaîna :
- Je vous laisse trouver votre alibi et vos noms d'emprunt. En revanche, ce qui saute aux yeux, ce sont tes cheveux blonds, Drago…
Severus eut un hochement de tête approbateur.
- …et les tiens aussi, Severus.
- Quoi ?
- Les tiens aussi, ça ne va pas.
L'ex-maître d'armes se redressa, indigné.
- Mais… Qu'est-ce qu'ils ont, mes cheveux ? Ils sont bruns, on ne peut pas faire plus banal !
- Merci pour mes cheveux et ceux de tous les bruns et brunes de ce monde. Dans tous les cas, les tiens sont repérables : ils sont gras.
- Eh bien ça se lave !
- Non, tu ne comprends pas. Severus, écoute, fit Sirius en grimaçant, gêné. Peu importe le nombre de fois où tu les laves, ils ont toujours un aspect très…. Très…. Vraiment, très gras. Comme je le disais, il va falloir y remédier.
Severus fronça les sourcils. Comprenant alors où voulait en venir Sirius, il écarquilla les yeux :
- Quoi, tu veux que... ? Non ! Je refuse !
- Severus, c'est un ordre. Je suis d'accord avec Sirius. Et vous vous devez d'obéir à mes ordres, il me semble, non ? chantonna presque Draco.
Sirius sourit.
Severus gémit.
oOo
Harry se sentait épuisé. Trop de choses s'étaient passées en trop peu de temps. D'abord, la mort soudaine de Sa Majesté, puis la disparition de l'ami de son parrain, Rogue quelque chose... Sirius avait évoqué cet homme à quelques reprises, restant toujours assez vague – il éludait souvent toute question par des « une de mes connaissances d'enfance travaille au château, je passerai bien lui claquer une bise et à la reine au passage » pour amuser la galerie.
Vraiment, ils allaient traverser une période trouble. Le brun soupira, s'asseyant à côté d'Hermione sur un tonneau.
Ils se trouvaient dans une impasse, lieu qu'ils avaient l'habitude de prendre pour point de rencontre, Harry et son groupe d'amis. Ron les rejoints et s'installa près d'Hermione. Seamus bavardait avec Neville et Dean, adossés à un mur en face. Le regard inquiet et le front plissé d'Harry n'échappèrent ni à Ron, ni à Hermione. Le rouquin donna un coup de poing amical dans l'épaule de son ami :
- Hey, arrête de t'en faire ! Il n'y a aucune raison que la police vous soupçonne, et puis après tout vous n'avez rien fait, donc pas de problème ! Ton parrain a été interrogé car il connaissait le mec qui a disparu avec le prince. Il a répondu sans mentir, l'affaire est close !
- Il a raison, tu sais, continua Hermione. Et puis, si j'étais à la place de ce Severus Rogue, je serais déjà loin de Londres. Les recherches au sein de la capitale n'auront bientôt plus lieu d'être.
Harry sourit. Ces paroles rassurantes lui avaient un peu remonté le moral. Un mouvement à la limite de son champ de vision lui fit lever la tête.
Seamus s'avançait vers eux, l'air mécontent. Il fronça les sourcils.
- Qu'y a-t-il, Seamus ? demanda-t-il prudemment.
- Ce qu'il y a ? Il y a que ça fait vingt putains de minutes qu'on poireaute ! cracha Seamus avec humeur. Luna va se décider à pointer le bout de son nez, ou quoi ?
Harry tiqua et son froncement de sourcils s'accentua. Lui et l'Irlandais avaient déjà eu des différends, et ça ne paraissait pas près de s'arranger : Harry était celui qui avait fondé leur groupe en quelque sorte, il en était donc devenu naturellement le leader. Un rôle qui ne lui plaisait pas particulièrement, étant donnée sa timidité. Cependant, s'il y avait bien quelque chose qu'il ne permettait pas, c'était qu'on touche à ses amis.
Se redressant, il fusilla Seamus du regard. D'une voix basse, il articula :
- De un, si tu n'es pas content, tu n'as qu'à partir, personne ne t'en empêche. Mais tu partiras seul. Nous sommes un groupe, que tu le veuilles ou non. On se doit d'attendre chacun de nos membres avant toute action, point. De deux, au cas où ce n'était pas assez évident, je fais bien sûr référence à ton comportement durant notre dernière mission : à vouloir prendre des initiatives seuls, tu as bien failli nous perdre. Ça ne doit plus jamais se reproduire. C'est clair ?
Seamus affronta son regard pendant de longues secondes où on aurait pu entendre une mouche voler.
Puis, crachant sur le côté, il grommela un « Limpide » puis retourna s'adosser près du mur.
Harry se rassit, évitant de croiser le regard de ses amis. Il n'aimait pas les démonstrations d'autorité, mais parfois elles étaient nécessaires. Maintenant qu'on lui avait attribué le rôle de chef de groupe, pour que celui-ci continue de fonctionner, il était de son devoir que sa position ne soit jamais mise en danger, autrement ce serait la fin pour eux.
Lui, Hermione, Ron, Seamus, Neville, Dean et Luna formaient un groupuscule d'adolescents d'à peu près le même âge, d'une volonté de fer à un but unique : faire en sorte que les enfants des milieux pauvres de Londres aient accès à une éducation convenable. Pour cela, ils rassemblaient livres, craies, tout ce qui pouvait être utile et, si possible, sans avoir à voler.
Ils ne visaient jamais des écoles dont le matériel était déjà réduit au minimum. Les écoles huppées ainsi que les cartables des nobles qu'ils savaient corrompus pouvaient être des cibles, ainsi que tout ce qui était passé à la poubelle et qui était encore utilisable.
Ainsi, ils passaient tantôt des après-midis à patrouiller dans Londres à la recherche de matériel, tantôt à mener des opérations chez des nobles figurant dans leur liste de « pourris ». Et ils occupaient quatre après-midis de leur semaine à donner des cours aux enfants. Le reste du temps, chacun avait ses propres occupations.
Le brun se caressa le menton, songeur : la reine Narcissa était bonne avec son peuple, et il y avait malgré tout des personnes en sérieuse difficulté qui se démenaient à Londres. A présent que c'était Lucius Malefoy qui allait monter sur le trône… Il ne savait pas comment les choses allaient évoluer. Il espérait que les rumeurs qu'il avait entendues sur lui et les doutes d'Hermione à son égard se révèlent infondés...
Une jeune fille aux cheveux blonds presque blancs le détourna de ses préoccupations. Il sourit franchement.
- Luna! s'écria-t-il en s'avançant pour l'accueillir. On t'attendait.
Luna Lovegood le gratifia d'une rapide bise sur la joue, et en fit de même pour tout le monde.
- T'es en retard, grommela Seamus.
Mais il sourit néanmoins : il avait toujours apprécié Luna.
La veinarde.
Harry tapa dans ses mains, s'attirant l'attention du petit comité qu'ils formaient.
- Bien, commença-t-il après s'être raclé la gorge. Maintenant que tout le monde est là, allons-y. Aujourd'hui, on ratisse toute la zone Est de Londres. Comme d'habitude : le moindre matériel utilisable doit être repêché dans le doute, prenez : on fera un second tri ici.
Des hochements de tête lui répondirent. Luna lui sourit alors de toutes ses dents :
- Harry, aujourd'hui je te conseille de rentrer un peu avant nous.
Il fronça les sourcils.
- Pardon ? Pourquoi ?
- Je m'amusais à tirer les cartes au magasin de mon père, et j'ai vu que, ce soir, quelque chose de surprenant allait t'arriver...
Luna se trompait rarement. Harry fronça les sourcils et espéra juste que ce n'était rien de grave...
oOo
Quelques heures plus tard ce soir-là, le brun rentra chez lui un peu anxieux. Que pouvait-il donc bien se passer ? Une surprise agréable ou bien… ?
Il poussa la porte d'entrée qui pivota sur ses gonds en grinçant.
- C'est moi ! lança-t-il tout en pénétrant dans la maison.
Il ôta sa veste et la suspendit au porte-manteau. Des bruits de pas lui répondirent : on descendait de l'étage supérieur. Sirius apparut, l'air penaud. Aussitôt, il craint le pire.
- Sirius, lâcha-t-il, soudain blême. Que se passe-t-il ?
Son parrain se racla la gorge, puis il indiqua de la main l'escalier :
- Harry, nous allons avoir des, euh... invités pendant quelques temps. Mais détends-toi, tout va bien.
Des bruits de pas retentirent, et deux hommes apparurent.
- Je te présente Vincent Moreau et son filleul, David Moreau. Ce sont des amis qui reviennent tout droit de France. Ils parlent parfaitement l'anglais, je te rassure.
Harry mit du temps à assimiler tout ce que son parrain venait de lui dire. Ces deux hommes qui lui faisaient face étaient des français, et ils allaient rester chez eux un petit bout de temps. Deux hommes qui ne passaient pas inaperçus.
Le plus âgé - que son oncle avait désigné comme Vincent - devait avoir à peu près l'âge de Sirius. Grand, bien bâti, il était complétement chauve. Sans le vouloir, Harry fixa son crâne. Puis il se reprit, honteux de son impolitesse, et tourna son attention vers le plus jeune.
D'à peu près son âge à première vue, il était un peu plus grand que lui, et très bien bâti lui aussi. A croire qu'ils faisaient du sport tous les jours, tous les deux. Des cheveux noirs de jais, et surtout… de grandes iris grises, presque acier. Harry cligna des yeux. Il s'était senti comme happé par ce regard.
Ses manières reprenant les rennes, il tendit la main et sourit :
- Bonsoir messieurs, je me nomme Harry Potter. Enchanté, Vincent et David.
Soudain, son regard fut attiré par un mouvement à droite de l'épaule du dénommé David. En regardant attentivement, il découvrit une araignée qui se trémoussait et s'apprêtait à se poser sur l'épaule du beau brun. Il ouvrit la bouche pour l'avertir, quand soudain l'autre découvrit un sourire éclatant et répliqua d'un ton dédaigneux :
- Bonsoir, Potter. Evitons les familiarités, je ne serre pas les mains. N'en sois pas offensé.
Interloqué, Harry pencha la tête, se demandant s'il était sincère ou bien s'il se moquait de lui. Un coup d'œil au dénommé Vincent : il était en train de lever un sourcil dédaigneux et de faire la moue, comme s'il ne lui plaisait pas.
Le brun sentit les joues lui brûler. Ces frenchy n'avaient vraiment aucune manière. Il allait en toucher deux mots à Sirius. Ravalant l'avertissement qu'il s'apprêtait lancer plus tôt, il se contenta de fixer l'araignée qui était désormais sur l'épaule de David. Ce dernier fronça les sourcils en voyant le sourire mauvais d'Harry. Il suivit son regard, curieux, et tourna la tête à gauche.
- Qu'est-ce que..., commença-t-il à dire.
Un hurlement strident retentit.
oOo
- Il l'a fait exprès ! fulminait toujours Drago.
Severus soupira : ce que son filleul pouvait être gamin, parfois ! Sans compter qu'un regret l'habitait : il aurait voulu invectiver le jeune homme comme il le méritait pour lui avoir fait la boule à zéro, et évidemment, il ne pouvait même plus se payer ce luxe !
-Mais non, mais non, se contenta-t-il donc de répéter pour le énième fois. Et puis, on ne peut pas dire que vous ayez fait preuve de courtoisie vous non plus, lui fit-il remarquer. Bien que concernant ce petit Potter, vous pouvez faire ce que vous voulez.
- J'ai été plus que courtois ! continua Drago sans relever. Je vais lui faire payer, à ce... ce… ce sale vermiceau !
Une fois de plus, Severus soupira. Pour une première impression, ce n'était pas une réussite.
oOo
- Explication.
Sirius soupira.
- Oui, mon petit filleul d'amour ?
- Pourquoi tu ramènes deux malotrus bouffeurs de grenouille chez nous ?
L'homme se massa les tempes. La cohabitation s'annonçait rude…
NDA : Voilààààà. J'espère que cette nouvelle version vous plaît. A bientôt j'espère, j'essaie de tout réécrire vite.
