Rating: T
Paring: DracoxHarry
Résumé : UA. Fin du XIXe siècle. Narcissa Malfoy, reine du Royaume-Uni, est assassinée par son propre mari. Draco Malfoy, prince héritier, est le prochain sur la liste. Contraint de fuir, Draco rencontrera au cours de sa cavalcade un mystérieux jeune homme, nommé Harry Potter...
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à cette chère J.K Rowling! ;) Seule l'histoire m'appartient.
Attention: Cette fiction parle de yaoi, c'est à dire de relations entre deux hommes! Homophobes ou si ça vous rebute, passez votre chemin! VOUS ETES PREVENUS!
NDA: Hey! J'ai pas mis tellement de temps, cette fois! Quoi, trois semaines? Hoho, je m'améliore! xD
En fait, c'est les reviews qui m'ont motivée sur ce coup-là. Sinon, je crois que vous auriez eu ce chapitre dans une semaine! x) Alors, un grand merci à tous ceux qui se donnent la peine de mettre des reviews, ça fait vraiment chaud au coeur! =D
Bon. Pas mal de questions m'ont été posées, j'y ai répondu, et celles qui n'ont pas reçu de réponses la trouveront dans ce chapitre... Alors bonne lecture! ^o^
Enterrement chaotique
-Il y a quelque chose de louche avec ce Draco.
-Hein? fit Harry en relevant la tête de son livre.
Hermione et lui se trouvaient chez Sirius, dans le salon. La jeune fille soupira en voyant l'air perplexe de son ami.
-Suis-je donc la seule à trouver ça louche? Un homme de quarante ans débarque du jour au lendemain chez toi, accompagné d'un adolescent de dix-sept ans. Ils disent venir de France, mais Draco n'a pas l'air de tellement s'y connaître, et il n'est même pas capable de dire avec exactitude où est-ce qu'il habite! Et ses parents? Où sont-ils?
Harry se renfrogna.
-Comme me l'a si gentiment fait remarquer mon parrain, ça ne nous regarde pas.
Son commentaire arrêta Hermione un moment, compatissante. Harry lui avait dit que Sirius lui avait répondu un peu sèchement à ce sujet. Elle l'avait consolé en lui disant que ce n'était pas bien grave, mais en réalité la soudaine réserve de Sirius n'avait fait qu'attiser sa curiosité et la confortait dans sa méfiance. D'ordinaire, le Black était un horrible curieux, et il n'avait aucune honte à interroger tout le monde sur leur vie privée. Et maintenant, il était devenu un puriste?
Hermione secoua la tête. Evidemment, seule elle avait vu quelque chose de louche là-dedans. Mais tant pis. Peu importait le fait qu'elle soit seule sur ce coup-là, mais elle saurait exactement qui était ce Draco et ce Vincent Moreau. D'ailleurs, elle avait vu Vincent. Aucune ressemblance avec Draco. D'accord, ce n'était pas forcément obligé qu'il soit le clône du blond, mais c'était tout de même son oncle! Un semblant d'air de famille était obligé! Elle soupira.
-Bon, Harry, je vais y aller. Il se fait tard.
-Tu rentres déjà? s'étonna le brun. Il n'est même pas dix-huit heures!
-Je suis fatiguée.
La jeune fille sentit une pointe de culpabilité lui étreindre le coeur en proférant ce mensonge, puis elle se dit que c'était pour la bonne cause. De toute manière, si elle lui avait dit qu'elle allait à la bibliothèque, il allait lui demander pourquoi. Et elle ne s'imaginait pas lui répondre qu'elle allait fouiller les archives, savoir si il y avait bien un Draco Moreau et un Vincent Moreau qui avaient débarqué à Londres récemment. Peut-être était elle parano. Il n'empêchait que son instinct lui soufflait que Draco n'était pas celui qu'il disait être. Et foi d'Hermione Granger, son instinct ne la trompait jamais!
C'est donc très déterminée que la jeune fille sortit de la maison de Harry, avec pour destination la plus grande bibliothèque d'Angleterre.
oOo
Draco fut tiré de son sommeil brutalement. Un cauchemar. Encore. Et toujours le même, en plus. Il assistait, impuissant, à la mort de sa mère, puis son père se tournait vers lui, crachait avec dégoût avant de poser le canon de son arme sur sa tempe... L'héritier Malfoy secoua la tête, chassant les visions cauchemardesques. Un coup d'oeil à la pendule au-dessus de son lit lui fit savoir qu'il était huit heures. Temps de se lever, donc. Dans un soupir, il attrapa des vêtements dans son armoire et se dirigea vers la salle de bain.
Ce n'est qu'une fois lavé, habillé, rasé et parfaitement coiffé qu'il se décida à descendre en bas pour prendre son petit-déjeuner. Sirius et Severus étaient déjà en bas. Haussant un sourcil, il demanda alors qu'il s'installait :
-Où est le petit Potter?
-Harry est sortit voir ses amis, répliqua Sirius. Il revient ce soir. Ecoute, Draco, ce n'est pas parce que tu es mon neveu que je vais te laisser insulter mon filleul! Il s'appelle Har-ry.
Draco se retint de lever les yeux au ciel; à la place, il se contenta de lui répondre par un sourire moqueur. Sirius grogna en le voyant faire.
-Sev', sérieux, aide-moi! Ton monstre de filleul refuse de m'écouter.
-Je n'ai aucune autorité sur lui, fit tranquillement Severus, alors tu crois que toi, tu pourrais en avoir? Laisse tomber, ça ira plus vite.
Sirius grommela pendant cinq bonnes minutes, puis laissa tomber comme lui avait suggéré Severus. Draco beurrait d'un air innoçent ses tartines, quand soudain le Black demanda à son parrain :
-Dis-moi, Sev'... Où étais-tu passé, hier soir? Tu es rentré très tard. Plus tard que d'habitude, j'entends.
Le blond fronça les sourcils. Effectivement, il n'avait pas vu son parrain de toute la soirée. Il se tourna alors vers lui, attendant sa réponse. Severus reposa tranquillement sa tasse et eut un sourire mystérieux :
-Ho, juste une petite démarche administrative à faire. J'étais à la bibliothèque.
Draco haussa un sourcil sceptique. La bibliothèque? Mais alors qu'il s'apprêtait à creuser un peu plus ce sujet, un soudain brouhaha éclata à l'extérieur. Les gens couraient dans les rues, et on entendait une grosse rumeur se répandre là-dehors. Se levant doucement, le jeune homme se dirigea d'un pas incertain vers la porte, curieux de découvrir ce qui faisait l'objet d'un tel mouvement.
Dehors, les rues étaient noires de monde. Draco fronça les sourcils. Il attrapa sa cape, ne se donna pas la peine de répondre à Sirius qui l'appelait, et sortit. Il ne mit pas deux minutes pour arriver à la grande place, et se dirigea rapidement vers le tableau d'affichage, où les gens se ruaient. Au centre, l'avis de recherche pour Severus et lui. Soudain tendu, il regarda la foule, mais personne ne semblait le remarquer. Et c'est alors qu'il la vit. Une énorme affiche, en noir et or. Le temps sembla se ralentir autour de lui, tandit qu'il lisait encore et encore, que cette phrase résonnait inlassablement dans sa tête.
On enterrait Narcissa Black Malfoy. On enterrait sa mère.
oOo
-Bordel de merde!
-Hermione! cria Ron, horrifié.
-J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai maaaaarre! continuait la jeune fille, indifférente à ses amis qui la regardaient comme si elle était folle. Put...
Elle ne put en dire plus. Harry avait plaqué sa main sur sa bouche et la fixait, ahuri.
-Hum... Hermione? commença-t-il après avoir déglutit. Tu m'expliques pourquoi depuis tout à l'heure tu tournes en rond en hurlant?
Son amie le fixa, ses yeux semblant lancer des éclairs. Dès qu'il la relacha doucement, elle se mit à vociférer :
-Pourquoi j'hurle? Pourquoi je m'énerve? POURQUOI? Mais parce qu'alors que j'étais sur le point de vérifier si Draco et Vincent étaient bien des Français débarquant à Londres, alors que j'étais sur le point... Et bien ils m'ont dit que ce type d'archive était privé. Privé! Tu te rends compte? La bibliothèque, c'est public, bande de...
Harry préféra s'éloigner de son amie transformée en furie. Il soupira intérieurement : ainsi, c'est là-bas que Hermione s'était empressée d'aller en sortant de chez lui, hier soir. Il ne la comprenait vraiment pas : pourquoi était-elle si persuadée que Draco et Vincent n'étaient pas ce qu'ils disaient être? Soudain, la jeune fille poussa un juron particulièrement violent, et il grimaça. Ron était devenu étrangement pâle. Il accueillit avec soulagement Luna qui arrivait en sautillant, offrant une diversion :
-Ha, Luna, enfin te voilà! Dis-moi, il faudrait que tu fasses quelque chose pour ta montre, c'est pas normal que tu arrives à chaque fois avec vingt minutes de retard...
-Désolée, j'ai été prise par les badauds, dit-elle l'air ailleurs, comme d'habitude.
Hermione sembla soudain se ressaisir, et se jeta sur la blonde :
-"Les badauds"? Quels badauds? J'ai remarqué de l'agitation en venant ici, il s'est passé quelque chose? Au fait, tu savais que la bibliothèque avait désormais une rubrique privée? Privée! Où va le monde?
Harry leva les yeux au ciel, puis s'approcha de Luna pour la saluer. Curieux, il écouta attentivement son amie alors qu'elle répondait :
-Tout Londres ne parle que de ça. La Fée va cotoyer la terre dès demain.
Un ange passa.
-Pardon? lâcha Seamus. Traduction, si possible?
D'abord, personne ne répondit. Puis Harry, qui s'était soudain assombri, murmura :
-C'est demain qu'à lieu l'enterrement de la Reine.
Un silence pesant s'installa sur le petit groupe. Tout le monde aimait la reine Narcissa. Bonne, aimante avec le peuple, elle était juste. Sa perte était déplorable. Tandis qu'Harry ruminait et songeait avec amertume à leur nouveau souverain, Luna lui tira la manche, l'obligeant à se baisser pour écouter ce qu'elle lui glissa à l'oreille :
-Ce soir, après l'opération du jour, sois gentil avec Draco.
Le brun papillona des yeux. Luna appréciait vraiment ce sale blondinet. Il haussa les épaules, mais lui promit quand même de s'en rappeler, bien qu'il ne comprenait pas pourquoi il devait être gentil avec Draco pile ce jour-là. Mais il écarta vite le garçon de ses pensées. Aujourd'hui, la cible était un comte; ils n'avaient pas intérêt à se manquer.
oOo
Une dizaine d'heures plus tard, Harry rentra chez lui complétement vanné. Cette fois-ci, ils avaient failli se faire prendre, il s'en était fallu de peu. Le jeune homme grinça des dents : en même temps, qu'est-ce qu'ils avaient à avoir des millions de gardes, ces bourgeois! Il soupira, puis accrocha sa cape au porte-manteau.
-Je suis rentré!
Le silence répondit à son cri. Il fronça les sourcils. Etrange, normalement tout le monde devait être à la maison... Légèrement inquiet, il fouilla chaque pièce du rez-de-chaussée. C'était désert. Un bruit métallique résonna soudain, suivit de plusieurs autres. D'un pas incertain, il se dirigea vers la porte de la cuisine. Une porte de derrière était à moitié dissimulée ici, et elle donnait sur une petite impasse. Harry ouvrit doucement la porte, non sans avoir attrapé un couteau au préalable... Et le spectacle qu'il découvrit le stupéfia.
Son parrain était sagement installé sur un tonneau, le regard dans le vague et le front plissé par l'inquiétude. Et face à lui se tenaient Vincent et Draco, se livrant à un combat à l'épée acharné. Harry écarquilla les yeux. Une force hypnotisante se dégageait des deux hommes. Mais ce qui retenait le plus l'attention du brun, c'était Draco. Sa chemise a moitié ouverte laissait apparaître un torse finement dessiné, et au moindre mouvement on voyait ses muscles se mettre en mouvement avec une facilité déconcertante. De la sueur perlait à son front, ses cheveux d'ordinaire si bien coiffés étaient ébourrifés. Mais le plus fascinant, c'était ses yeux. Deux perles, d'un gris métallique. Harry plongeait littéralement dedans, se délectant de l'expression si sérieuse et en même temps étrangement douloureuse du blond.
Puis l'objet de son attention se mit en mouvement. D'un coup rapide du bras, son épée fusa en direction du torse de Vincent. Harry hoqueta, un instant inquiet qu'il ne blesse l'homme. Mais Vincent esquiva facilement, et para. Face à lui, un véritable ballet se déroulait. Les deux hommes dansaient, gracieux et en même temps si puissants...
-Vous laissez trop d'ouvertures, grogna Vincent. Allons, Draco, faites un effort!
Le blond se contenta de marmonner quelque chose dans sa barbe, et redoubla d'ardeur dans ses attaques. Pendant que Harry s'étonnait du vouvoiement, Vincent s'avança et frappa Draco à l'épaule, du plat de sa lame.
-Je vous ai dit : trop d'ouvertures, cingla l'homme.
-Et moi je vous dit que je vais quand même vous étriper, répliqua le blond du tac au tac.
Le combat continuait, plus rapidement, les adversaires virevoltant de tous les côtés. Le brun ne savait pas combien de temps il était resté planté là, observant chacun des faits et gestes de Draco, admirant intérieurement sa grâce et sa force. Dix minutes? Une heure? Qui s'en souciait? Pourtant, à un moment, le combat cessa. Draco laissa simplement retomber son arme après avoir porté un coup particulièrement violent à Vincent. Il essuya son épée, le regard fier, puis partit sans dire un mot. Harry vit Sirius commencer à l'appeler, mais Vincent l'arrêta d'un geste. Fronçant les sourcils, le jeune homme se cacha en attendant le départ des deux hommes, puis il prit la même direction que Draco, curieux. Où pouvait-il être allé aussi tard?
Mais il n'eut pas à chercher bien loin. En tournant au coin, il l'aperçu, chassant des gamins qui en embêtaient un autre.
-Dégagez! hurlait le blond. Vous n'avez pas honte de vous en prendre à plus petit que vous?
Sans mot dire, trois petits garçons détalèrent, en laissant un gosse tremblant contre le mur. Draco se pencha doucement vers lui et lui dit d'une voix très douce, une voix qui fit frissonner Harry :
-Hé.. Hé, ça va? Ils sont partis. Ils sont partis. Tout va bien, maintenant. Tu as mal quelque part?
Le petit garçon se redressa, laissant apparaître une bouille d'enfant adorable. Il secoua négativement la tête, montrant ainsi qu'il n'était pas blessé. Draco soupira de soulagement, puis le releva :
-Tu devrais rentrer chez toi, petit. Ce n'est pas prudent de traîner dehors à cette heure de la nuit.
-Je veux ma maman, chuchota le garçon.
Draco se figea à ses mots. D'une voix soudainement cassante, il répliqua :
-Et bien rentre chez toi. (Puis, se radoucissant en voyant l'expression du petit garçon :) Dépêche-toi de rentrer. Elle doit être inquiète pour toi.
Sans se faire prier, l'enfant détala dans la rue. Il se retourna pourtant une fois, et agita une main hésitante vers le blond. Ce dernier leva lui aussi la main, et l'agita doucement. Plaqué contre le mur, Harry avait vu toute la scène.
Draco avait encore la main en l'air. Il la reposa doucement. Ses épaules se baissèrent, et il paru soudain extrèmement las. Il y avait un telle tristesse, une telle douleur sur son visage que Harry sentit son coeur se serrer malgré lui. Pourquoi était-il si triste tout d'un coup?
Il se donna alors une gifle mentale : venait-il de vouloir aller serrer le blond dans ses bras? Ce sale con prétentieux? Mais il avait l'air tellement fragile, à cet instant... Et il se surprit alors à penser que Draco n'était sans doute pas qu'un sale con prétentieux.
Derrière chaque façade, il y a une véritable personne qui se cache. Tout le monde a une part d'humanité...
Le coeur lourd, Harry recula et couru pour rentrer chez lui. Une fois dans la maison, il ne regarda même pas si Sirius et Vincent étaient là. Montant directement dans sa chambre, il s'affala sur son lit. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à l'air triste de Draco, et de se demander pourquoi cet air si désemparé. Cela avait-il un rapport avec les paroles de Luna? Savait-elle quelque chose sur le blond, que lui ignorait?
Des images de Draco sauvant gentillement le petit garçon le hantaient. Et puis il le revoyait, seul au milieu de la rue... Un orphelin. On aurait dit un orphelin, qui avait perdu sa famille. Et surtout, surtout, il ne pouvait ignorer les réactions qu'entrainaient cette image sur lui. Il s'enserra dans ses bras, tentant de réfréner cette envie de serrer Draco contre lui, de l'embrasser, de le consoler.
-Mon Dieu, souffla-t-il. Qu'est-ce qui m'arrive?
oOo
Draco rentra tard cette nuit. Ereinté, il entra dans sa chambre et se jeta lourdement dans son lit. Après avoir vu ce petit garçon, des milliers de souvenirs étaient remontés à la surface. Entraînant alors des émotions désagréables, des sentiments dont il se serait bien passé. La nostalgie. La douleur. La haine. L'angoisse. Avec un soupir, l'héritier Malfoy se prit la tête entre les mains : il n'avait pas le temps pour ça. Et surtout, il refusait de se montrer dans cet état. Alors, il avait marché, marché dans les rues de Londres, évacuant toutes ces émotions en courant, criant, tapant du poing contre un mur. Heureusement que personne ne l'avait vu. Sa fierté en aurait prit un coup.
La porte claqua. Draco retint un gémissement, alors qu'il se relevait pour faire face à son parrain. Car oui, Severus avait décidé de le prendre officiellement pour filleul, au grand plaisir de celui-ci, bien qu'il ne le dirait jamais.
-Que me voulez-vous encore? grogna le blond.
-Demain on enterre votre mère, répondit Severus, comme toujours très direct.
Draco se tendit, alors qu'une pointe de douleur lui traversait le coeur.
-Je sais. Et?
Severus s'assit à côté de lui sur le lit, et le regarda droit dans les yeux.
-Si vous ne voulez pas y aller, on peut tout à fait rester à la mai...
-Je veux y aller, le coupa aussitôt Draco.
-Êtes-vous sûr de pouvoir le supporter? répliqua l'ex-professeur. Un enterrement, ce n'est pas de la rigolade...
-Je le sais très bien!
-Vous ne comprenez pas, Draco... (La voix se fit plus douce, compatissante.) Un enterrement est quelque chose de définitif. Voir le cercueil de votre mère, réaliser soudain que vous ne la verrez plus jamais... Êtes-vous certain que vous saurez y faire face?
A côté de lui, le jeune homme avait fermé les yeux. Il savait que ça n'allait pas être facile. En voyant l'affiche ce matin, il avait eu l'impression de réaliser pour la première fois que sa mère était morte. Morte. Il n'osait imaginer ce que ce serait lorsqu'il verrait le cercueil... Severus continua, le tirant de ses douloureuses pensées :
-Sans compter qu'on ne peut écarter l'hyptothèse que Lucius fasse cela dans le seul but de vous attirer... Vous aurez conscience que des milliers de gens seront présents, n'est-ce pas? Il faudra être très prudent. Vous ne pourrez pas vous approcher du cercueil...
Draco ouvrit brusquement les yeux, se leva et ouvrit la porte. Severus le fixa un moment, puis soupira. Le message était clair : dehors. Il se leva. Mais alors qu'il sortait, le blond dit simplement :
-J'irai.
Et il claqua la porte.
oOo
C'était noir de monde. Draco ignorait combien de personnes s'étaient rassemblées en ce jour pour l'enterrement de sa mère, mais il ne s'étonnerait pas si on lui disait que toute l'Angleterre était réunie devant le palais. D'ailleurs, il avait entendu dire que l'enterrement avait été programmé seulement deux jours avant. Il ricana. C'était bien le genre de son p..de Lucius! Demander l'impossible à ses serviteurs, et s'amuser à les voir courir partout pour exécuter ses ordres! Il secoua la tête, chassant le visage de cet homme de son esprit.
En faisant ce geste, il croisa le regard d'Harry, qui s'empressa de se détourner. Il fronça les sourcils : depuis hier soir, Harry était bizarre. Il faisait tout pour l'éviter, et le regardait par en-dessous... Le blond haussa les épaules : ça n'était pas plus mal. Si Potty l'évitait, cela lui permettrait de plus facilement ignorer l'attirance qu'il avait pour le brun. Un mouvement à la limite de son champ de vision lui fit tourner la tête. Severus, flanqué de Sirius, se dirigeait droit vers lui et se plaçait à son côté. Sans desserrer les dents, il lui demanda :
-Tout va bien?
Draco lui jeta un regard noir. Il n'avait pas besoin d'une nounou!
-Je vais très bien, merci, répliqua-t-il séchement. On enterre ma mère, et alors? Je n'ai besoin ni de votre pitié, ni de votre compassion.
Sur ce, il se retourna, près à s'éloigner quand il tomba nez-à-nez avec Hermione Granger.
-Ho, lâcha-t-il.
-Bonjour, Draco, fit Granger en souriant de toutes ses dents.
-Salut, Granger, lui répondit-il avec un petit sourire crispé. Belle journée, n'est-ce pas?
-Oui. Trop belle pour un enterrement, même. Mais tu dois probablement t'en ficher?
L'héritier Malfoy cligna des yeux :
-M'en ficher? Mais... Me ficher de quoi?
Granger plongea son regard dans le sien.
-De l'enterrement de Narcissa Malfoy. Après tout, tu es français non? La politique de ce pays doit te passer par-dessus la tête.
Draco ouvrit la bouche pour répliquer, sentant la colère lui embuer l'esprit. Mais il se retint in extremis. Il plissa les yeux, méfiant : elle le testait. Depuis le début, elle avait sentit quelque chose de louche à son sujet, et à présent elle le testait. Il se composa donc un masque indifférent mais quelque peu outré.
-Tu m'offenses, répondit-il d'un air naturel. D'accord, la mort d'un de vos souverains ne me concerne pas directement, mais ça reste une mort! Je ne peux pas tout simplement être indifférent.
La jeune fille le fixa un long moment. Draco soutint son regard, inflexible. Finalement, un concert de trompettes les interrompit dans leur duel de regard. Alors qu'ils se tournaient vers l'estrade placée pour cette occasion devant les portes du palais, leur regard s'accrocha sur un homme. Lucius Malfoy.
Leur nouveau roi s'avançait, un air triste et déchiré sur le visage, mais gardant néanmoins la tête haute et le regard fier. Un parfait comédien. Aussitôt, Draco sentit une bouffée de haine l'envahir. Il ne vit pas le regard qu'Hermione avait sur lui, le dévisageant. Inconsciemment, le blond s'avança, jusqu'à se retrouver de nouveau à la hauteur de Severus. C'était avec son professeur, son parrain, son sauveur qu'il voulait affronter leur ennemi commun. Lorsque ce dernier arriva en haut de l'estrade, une clameur de la foule rententit. Severus et Draco restèrent muets. Pour rien au monde ils n'acclameraient cette ordure, même pas pour préserver les apparences.
Lucius leva les bras, et la foule se tut aussitôt. D'une voix claire et forte, l'homme commença :
-Mes amis... Mes frères... Je tiens à vous remercier du fond du coeur d'être là aujourd'hui. Car oui, aujourd'hui, nous allons dire adieu à une reine, une femme formidable, une épouse parfaite...
Des sanglots résonnèrent dans le silence.
-La perte de Narcissa a été pour moi... Quelque chose de tout bonnement horrible. Je n'arrive pas encore à réaliser...
La voix de Lucius se brisa. Draco serra les poings : quelle comédie! Il était un vrai manipulateur, sachant comment s'attirer la sympathie de la population. Des journalistes étaient pressées autour de l'estrade, le calepin ouvert et le crayon prêt, notant chaque phrase qui sortait de la bouche du souverain. Une jeune femme décida alors de poser sa question, interrompant avec audace le discours :
-Votre Majesté, et pour votre fils? Où est-il?
Le regard glacial de Lucius se posa sur la femme. Personne ne l'avait remarqué, mais Draco n'était pas dupe : au léger contractement de sa mâchoire, il comprit que la femme avait de la chance qu'ils soient en public, sinon elle serait déjà morte. Entraînés par la femme qui avait ouvert le bal aux questions, les journalistes parlèrent tous en même temps :
-Pourquoi refusez-vous de nous donner le nom de votre enfant?
-Que pensez-vous de la disparition du professeur Snape avec votre fils?
Lucius coupa court aux questions d'un geste. Il leva fièrement la tête et balaya la foule de son regard glacé. Draco se tendit. Il pressentait quelque chose de mauvais... Le père Malfoy déclara, la voix claire et sûre :
-Aujourd'hui est un jour dédié à ma femme. Vous êtes priés de ne pas interférer durant mon temps de parole. Mais je vais quand même vous répondre.
Tous se tendirent, suspendus à ses lèvres.
-Vous n'avez pas à savoir le nom de mon fils. Mes hommes le savent, c'est suffisant. Quant à Snape...
Draco glissa un regard vers son parrain. Il fut choqué de trouver sur le visage habituellement impassible de Severus une expression blessée.
-Nous avons une hypothèse, continuait Lucius. Ma femme est morte suite à une maladie qui la rongeait depuis longtemps, vous le savez. Mais nous avons pensé... Que peut-être Snape a accéléré le processus de la maladie, ce qui expliquerait sa fuite. Et dans sa folie, il aurait emporté mon fils avec lui.
Un silence suivit cette déclaration. Puis ce fut l'explosion : les journalistes bombardaient leur souverain de questions, et des rumeurs montaient de la foule. Les avis étaient partagés : certains protestaient, d'autres se lamentaient, d'autres insultaient Snape et souhaitaient qu'il meure, où qu'il soit.
Mais Draco ne prêtait aucune attention à tout ça. Il voyait rouge. Comment cet ordure osait-il accuser ainsi Severus? Lui qui avait toujours tout fait pour sa mère, qui avait toujours été fidèle? Sans s'en rendre compte, le blond était en train de fendre la foule, aveuglé par sa rage. Peu lui importait d'être découvert. Tout ce qu'il voulait, c'était effacer ce sourire suffisant sur le visage de Lucius. Dans un geste brusque, Draco sortit son pistolet de sous sa cape. Personne ne prêtait attention à lui. Il s'apprêtait à tirer, quand soudain des mains l'entraînèrent dans une ruelle adjacente à la grande place.
Il fut plaqué sans ménagement contre un mur, et sa tête rebondit contre le marbre avec un bruit sourd.
-A quoi jouez-vous? siffla Severus, rouge de colère.
Draco marqua un temps, l'esprit encore flou. Une fois les idées claires, il répliqua avec la même hargne :
-Je tire sur la plus horrible personne sur Terre, ça ne se voit pas?
-Imbécile!
Les deux hommes se fixèrent un moment. Ils étaient absolument pareils, songea alors Draco. Dans leurs yeux, on pouvait lire la même haine, la même tristesse... Le blond se dégagea d'un geste brusque.
-Je ne vous permets pas de me toucher. Ni de m'insulter.
La bouche de Severus se tordit en un rictus moqueur.
-Oh, excusez-moi, votre Majesté, fit-il en s'inclinant bien bas. Si je puis me permettre, votre Majesté, une arme ne saurait convenir à un jeune homme comme vous... Vous pourriez vous blesser.
Draco rougit furieusement.
-Je ne vous permets pas, Severus, répéta-t-il entre ses dents. Cessez de faire l'idiot.
L'ex professeur se releva alors d'un coup. Son ton se fit soudainement très sec, et n'importe qui à part Draco aurait été terrifié rien qu'à l'entente de sa voix :
-Et moi je ne vous permets pas de vous balader avec une arme. Avez-vous seulement songé aux conséquences de vos actes? Et si vous aviez tiré? Hein? Toute l'assistance aurait eu les yeux rivés sur vous, vous vous seriez fait capturer, peut-être même tué. Alors, qui est l'idiot ici?
-Mais il a outrepassé ses droits! hurla Draco. Il a été jusqu'à insinuer que c'était vous qui aviez tué ma mère! Maintenant, c'est ce que tout le monde va penser!
-Un roi a tous les droits, énonça calmement Severus. Ecoutez, je sais que vous avez fait ça en partie pour moi. Et je vous en remercie, Draco, sachez-le. Mais ce ne serait pas m'aider de vous faire attraper, ça non.
L'héritier Malfoy s'adossa au mur et ferma les yeux. Il savait que son parrain avait raison. Il le savait. Et pourtant... Brusquement, il se releva et repartit en direction de l'estrade. Severus s'apprêtait à le retenir, alors il se retourna et lui dit d'une voix rassurante :
-Je ne ferai rien. J'ai compris.
Il continua donc d'avancer, cependant suivit de près par l'homme. Ils retrouvèrent sans mal Sirius, Harry et compagnie, pendant que Lucius baratinait encore sur la douleur provoquée par la perte de sa femme et toutes les joyeusetés qui allaient avec. Draco, conformément à sa promesse, se tint pendant tout le discours. Mais à un moment, une évocation à sa personne le fit se crisper :
-Avoir perdu Narcissa et mon fils a aussi été un coup dur, je l'avoue. Mais hélas, ce n'est pas la seule perte, se lamenta faussement Lucius.
Draco fronça les sourcils. "Pas la seule perte"? Et si... Non, ce n'était pas ça. Ҫa ne pouvait pas être ça. Il sentit son ventre se nouer.
Pitié, que ce ne soit pas ce à quoi je pense...
-Deux personnes en plus ont disparu. Des jeunes hommes innocents, que nous recherchons activement.
Ne le dis pas, ne le dis pas...
-Blaise Zabini et Théodore Nott, tous deux fils de respectables ducs et marquis.
Non!
NDA:Hohohoho! Blaise et Théo ont disparu! Après, la question, c'est de savoir s'ils ont vraiment disparu ou si Lucius ment et les a tués... MOUAHAHAHA! 8D
J'adore faire des fins sadiques, que ce soit pour les personnages, ou pour les lecteurs... Quoique là on puisse pas dire que ce soit une fin sadique pour le lecteur. J'ai faillit faire un truc du genre : "Draco leva son arme et tira", et puis je me suis ravisée, ça collait pas avec ce que je voulais faire par la suite... T.T
Donc, plus sérieusement, j'aimerais vraiment savoir ce que vous pensez de ce chapitre. Parce que moi, je suis perplexe. Quand je l'écrivait, je le trouvais vraiment bidon, et quand je l'ai relu, je l'ai trouvé mieux... -" Sans compter que je m'imaginais les scènes en trois fois méga mieux dans ma tête! Bon, au pire, je développerais dans le prochain chapitre...
Remarques, commentaires, ou juste encouragements : laissez une review, ça me ferait trèèès plaisir! =D
~Erilys allias Louise-chan
